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  • il y a 3 heures
Un débat organisé à la Fête de l'Humanité 2025, animé par Emilio Meslet et Jessica Stephan avec : Robert Vautard, climatologue, coprésident du Giec, Camille Etienne, activiste, Lucie Pinçon, fondatrice de Reclaim France, Cécile Dufflot, Oxfam.

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Transcription
00:00:00Et pour animer ce débat, on a Emilio Mellet qui est journaliste à la rubrique politique
00:00:07et Jessica Stéphane qui est notre journaliste spécialiste des questions environnementales.
00:00:13Bon débat.
00:00:15Merci Laurent, bonjour. Bonjour à toutes et à tous.
00:00:17Merci d'être ici pour cette table ronde à l'agora de la fête de l'humanité.
00:00:22Aujourd'hui, nous voulions vous parler de chiffres.
00:00:25Le premier chiffre dont on voulait vous parler, c'est le chiffre numéro 43.
00:00:28Comme le nombre de reculs environnementaux qui ont été dénombrés par le réseau Action Climat lors des 6 premiers mois
00:00:34de l'année.
00:00:35En face, nous décidons de poser un autre chiffre. Vous l'avez vu, vous êtes probablement signataire.
00:00:39D'ailleurs, 2,1 millions, c'est le nombre de citoyens qui ont signé la pétition cet été contre la
00:00:44loi Duplomb.
00:00:52Et jamais 203, un troisième chiffre, c'est le chiffre 10.
00:00:55Cela fait 10 ans que l'accord de Paris a été signé, mais son principal objectif, à savoir contenir un
00:01:01réchauffement climatique en deçà d'un réchauffement à plus 1,5 degrés Celsius, est déjà enterré.
00:01:08Et c'est dans ce contexte que s'ouvrira au mois de novembre la COP30 au Brésil à Belém.
00:01:13Donc, à l'heure où l'écologie est de plus en plus invisibilisée, et surtout où elle subit les attaques
00:01:18coordonnées des libéraux et de l'extrême droite partout dans le monde,
00:01:22il nous faut ici discuter de la marche à suivre pour remettre l'écologie sur le devant du débat public
00:01:27et obtenir des victoires.
00:01:28Et donc, pour échanger, nous accueillons 4 invités.
00:01:31Donc, Lucie Pinson, vous êtes fondatrice de l'ONG Reclaim Finance et donc spécialiste des questions de finances.
00:01:42On accueille aussi Robert Votard. Robert Votard, vous êtes climatologue et coprésident du groupe numéro 1 du GIEC.
00:01:51Avec nous également cet après-midi, Cécile Duflo, vous êtes directrice générale d'Oxfam France et ancienne ministre du logement.
00:02:03Et Camille Etienne, militante écologiste très investie dans la lutte contre l'exploitation minière des fonds marins, contre les polluants
00:02:10éternels et pour la taxe Zuckmann.
00:02:16Et donc, merci à tous les 4 d'avoir accepté notre invitation à échanger à l'Agora aujourd'hui.
00:02:25Bonjour à toutes et tous.
00:02:27Peut-être pour ouvrir un peu cette rencontre, Robert Votard, on se tourne vers vous.
00:02:33Quel est l'état du monde aujourd'hui ?
00:02:36Quel est l'état du climat alors qu'on commence à voir et à ressentir les effets du changement climatique
00:02:41?
00:02:42Alors que les phénomènes extrêmes s'accélèrent, où est-ce qu'on en est ?
00:02:46Alors, force est de constater que ça ne va pas très fort.
00:02:51Quelques chiffres.
00:02:53On doit être à peu près aujourd'hui à un réchauffement moyen, on va dire, d'environ 1,3 à
00:03:001,4 degrés.
00:03:02On n'est vraiment pas loin des 1,5, qui sont un seuil, certes, c'est un seuil qui a
00:03:08été décidé, mais ce n'est pas parce qu'on le dépasse que tout est fichu.
00:03:15On a aujourd'hui des concentrations de CO2 dans l'atmosphère comme on n'a jamais eu depuis des millions
00:03:21d'années.
00:03:22On a une vitesse de réchauffement aujourd'hui sur le climat global qui est inédite depuis au moins 2 000
00:03:32ans, mais probablement beaucoup plus.
00:03:35qui menacent des équilibres de la vie sur Terre, les sociétés, la faune, la flore.
00:03:41Des vagues de chaleur qui deviennent de plus en plus fortes, on l'a vu cet été, mais c'est
00:03:45vrai partout aussi dans le monde.
00:03:48D'autres extrêmes, la sécheresse, l'augmentation des sécheresses par la plus de chaleur, donc plus de sécheresse, et aussi
00:03:58plus de pluie extrême occasionnant des inondations.
00:04:02Plus de 3 millions de personnes sur Terre qui vivent dans des conditions de vulnérabilité au changement climatique.
00:04:11J'ai deux secondes pour dire pourquoi.
00:04:13En résumé, il faut toujours le rappeler, le gaz carbonique, le fameux CO2, il s'accumule dans l'atmosphère du
00:04:21fait de la combustion des énergies fossiles, principalement, à 90%.
00:04:26Donc, charbon, pétrole, gaz, fabrication du ciment.
00:04:30L'élimination naturelle des émissions que l'humanité, l'humanité, va envoyer...
00:04:38C'est pas nous, hein.
00:04:39L'humanité, voilà. L'humanité va envoyer, pendant ce siècle et les siècles précédents aussi,
00:04:49mettra des centaines de milliers d'années à disparaître.
00:04:54Donc, ce qu'on émet dans l'atmosphère aujourd'hui, ça va mettre des centaines de milliers d'années à
00:04:59disparaître.
00:04:59Voilà. Dans mille ans, il en restera encore, et c'est pour ça qu'on a une responsabilité historique.
00:05:07C'est un processus irréversible à l'échelle de la vie humaine, très clairement.
00:05:12Et c'est aussi un processus très injuste, parce que la responsabilité des émissions, aujourd'hui, incombe à des pays
00:05:22qui ne subissent pas le plus les conséquences.
00:05:28Voilà. Malgré ça, pas se décourager. On continue. Il y a quand même beaucoup de progrès qui sont faits. On
00:05:34pourra y revenir.
00:05:35Si on parle des COP, je vais aussi prendre un ton positif pour ne pas faire croire que tout est
00:05:41foutu. C'est pas vrai. Et voilà. Je rends la parole.
00:05:47Justement, vous parlez des COP. Emilio, tu l'as rappelé en ouverture de ce débat. On approche, à quelques mois,
00:05:54quelques semaines, des 10 ans de l'accord de Paris sur le climat.
00:05:57La COP 30 va s'ouvrir à Belém très prochainement. C'est une question qui s'adresse à vous quatre.
00:06:04Est-ce qu'il y a encore quelque chose à attendre des COP ? Peut-être Camille-Etienne, pour commencer.
00:06:10Bonjour. Déjà, juste en deux secondes, merci, parce que c'est ma toute première...
00:06:15Chaque fois, on avait une malédiction. Je n'étais jamais en France au moment de la fête de l'UMA.
00:06:19C'est ma toute première fête de l'UMA et je suis encore... Je trouve ça... Je suis fan du
00:06:23nombre de gens qui sont là pour nous écouter.
00:06:25Vous êtes incroyables. C'est tout. Waouh, bravo. Vraiment. J'ai l'impression que quand on va sortir, on se
00:06:31dit, ça y est, en fait, on est major.
00:06:35Ça fait du bien, quand même, un peu. Juste, sur la COP, alors, ce sera aussi ma toute première COP,
00:06:40finalement, année des grandes premières fois,
00:06:42où on va partir, là, dans quelques jours en voilier. C'est un moment où les activistes prennent la mer.
00:06:50Je crois que juste avant, on était en direct avec La Flottière de la Liberté, à qui on pense très,
00:06:54très fort. Encore une fois, qui partent vers Gaza.
00:06:58Donc, aussi, on va prendre la mer pour aller en direction de la COP. Et moi, j'ai grandi avec
00:07:05cet accord de Paris.
00:07:08C'est-à-dire que quand j'ai commencé mon activisme, il y a dix ans, je voyais les larmes
00:07:12de Laurent Fabius à la télé et j'avais cette naïve pensée de l'ordre de « ça y est,
00:07:18les adultes prennent en main cette chose qui m'inquiète ».
00:07:21Il y avait ce moment très fort, je ne sais pas si vous avez le souvenir, des chefs d'État
00:07:24qui étaient là, qui scellaient comme ça un accord, vraiment des bonhommes en costume qui avaient une petite larme.
00:07:30On s'est dit « bon, on a merdé toutes ces années, mais ça y est, ils sont en train
00:07:33de prendre la chose à bras le corps ». C'était ça, l'image de l'accord de Paris.
00:07:38Et petit à petit, c'était vraiment les dix ans de la désillusion. Donc, pourquoi est-ce qu'on a
00:07:43décidé d'y aller ? Pourquoi j'ai décidé d'y aller pour la toute première fois ?
00:07:45C'est parce que je crois qu'on vit à un moment particulier où, je ne sais pas si j
00:07:49'ai un souvenir d'avoir aussi peu entendu parler d'écologie, où le climato-scepticisme augmente, où rien que les
00:07:55six derniers mois,
00:07:55on a 43 reculs, vous rappelez, sur la question environnementale, alors que dans le même temps, la situation s'empire,
00:08:03littéralement.
00:08:03Il y a quelques semaines, on avait une étude qui rappelait que respecter les accords de Paris, les fameux 1
00:08:08,5 degrés, c'est officiellement impossible de le faire.
00:08:11Donc la prochaine étape devient les 1,51, puis les 1,52. Mais donc, on est tiraillé entre une situation
00:08:19qui se délite et en même temps, c'est le grand absent.
00:08:24On n'en parle plus, c'est plus présent, ça devient même presque un signifiant d'être anti-écolo. On
00:08:28le voit avec des mouvements politiques qui sont fiers d'être anti-écolo.
00:08:31Je pense que Trump a ouvert un peu la voie à ça et ça me terrifie proprement. Et donc je
00:08:35me dis, on va reprendre l'idée de, on va s'inviter là où on ne nous invite pas.
00:08:40Et donc on va montrer, on va aller exposer pourquoi ces COP-là n'ont pas fonctionné pendant toutes ces
00:08:45années. Il y a de plus en plus de lobbies qui sont présents, de l'énergie fossile, du plastique, des
00:08:49lobbies de la pollution chimique qui sont présents dans ces COP.
00:08:52Puis il y a plus de lobbies de l'industrie que de délégations d'État. C'est quand même complètement
00:08:56fou. On me dit souvent qu'on ne blesse pas des moustiques gérer la malaria.
00:09:00C'est vraiment ce qui est en train de se passer. Donc on a envie d'y aller pour 3
00:09:03raisons extrêmement simples. La première, c'est les exposer. Exposer que ce n'est pas normal qu'ils prennent des
00:09:08décisions qui nous affectent.
00:09:10Ensuite, c'est de soutenir aussi les activistes qui sont en première ligne des conséquences du dérèglement climatique. Au Brésil,
00:09:16non pas avec Amnesty International, sous la rigide.
00:09:19Il faut quand même rappeler qu'au Brésil, c'est là où il y a le plus de morts par
00:09:22an quand on est activiste pour le climat. On risque notre vie chaque jour.
00:09:26Et la dernière chose, c'est peut-être aussi de se dire, on en parlait tout à l'heure en
00:09:32coulisses, c'est de se dire, là, on a essayé tellement de choses.
00:09:35On ne sait plus ce qui marche. Peut-être qu'il faut qu'on arrête la politique de la chaise
00:09:38vide et qu'on aille les embêter là où ils n'ont pas envie qu'on soit.
00:09:40Donc qu'on aille dans ces endroits-là, si on s'inquiète du climat qu'une seule fois par an,
00:09:45on y sera et on va ramener cette question.
00:09:47À force de nos bras, on sera là à la COP et on comptera sur vous pour ne pas les
00:09:51laisser tourner les yeux, dix ans après.
00:09:55Lucie Pinson, la COP, vous en attendez quelque chose, vous ?
00:10:00Alors je pense qu'on ne peut pas ne pas en attendre quelque chose. En revanche, il faut bien replacer
00:10:04les COP dans le contexte.
00:10:05Les COP, c'est que des moments dans l'agenda climatique. La lutte, elle se gagne avant, elle se gagne
00:10:10pendant et elle se gagne après.
00:10:12Bien entendu, ce sont des espaces à investir parce que des décisions vont être prises, mais ces décisions, comme tout
00:10:17espace politique, ne sont que l'aboutissement d'un rapport de force.
00:10:20Et donc c'est vraiment important de se mobiliser chaque jour en France et comme le font nos partenaires, les
00:10:26OPI chez eux, pour influencer l'agenda des COP.
00:10:30Et on sait bien que ça va être un satisfaisant. On le sait déjà. Et il faut rappeler qu'à
00:10:35la COP 21, c'était aussi le cas.
00:10:37La société civile, nous avions décidé de nous mobiliser le 12 décembre, le jour de la signature de l'accord
00:10:43de Paris, parce qu'on savait déjà que l'accord qui allait être adopté,
00:10:47il allait falloir ensuite le faire appliquer et que l'application, la tenue des objectifs ne dépendait que du rapport
00:10:55de force que la société civile allait par la suite engager,
00:10:58jour après jour et que cette pression, il fallait en aucun cas la lâcher. Maintenant, pendant cette COP, sur les
00:11:05sujets financiers,
00:11:06alors je vais faire un pas de côté parce que normalement, je parle plus de finances privées, mais il y
00:11:09a trois gros enjeux.
00:11:11Il y a d'abord la responsabilité historique des pays riches envers les pays les plus affectés par le dérèglement
00:11:17climatique
00:11:18et qui y ont le moins contribué. Donc là, on a mis... Les pays riches étaient engagés il y a
00:11:24des années à verser 100 milliards aux pays en développement
00:11:29pour les aider à faire face aux conséquences du dérèglement climatique et les aider dans leur transition, avec tous les
00:11:36guillemets qu'on peut y mettre, écologiques.
00:11:39Donc ils ont mis quasiment 15 ans à atteindre ces 100 milliards. Aujourd'hui, il faut tripler la somme et
00:11:48donc ça, ça va être le premier enjeu.
00:11:49Alors ça peut paraître conséquent comme chiffre. En vérité, on sait bien que ce montant-là, il est très insuffisant,
00:11:55mais que le problème, c'est pas l'argent.
00:11:57L'argent, il y en a. Encore les banques privées, cette année, les 60 plus grandes banques au monde ont
00:12:02versé quasiment trois fois ce montant
00:12:03aux industriels des énergies fossiles. Mais voilà le premier enjeu. Le deuxième enjeu, ça va être bien entendu que la
00:12:12France et l'Union européenne
00:12:14prennent des engagements forts à leur niveau en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre, puisque
00:12:21cette année, chaque pays doit rendre une nouvelle copie
00:12:25lors de cette COP concernant leurs propres engagements. Or, aujourd'hui, il faut rappeler le rôle délétère joué par la
00:12:31France
00:12:32dans les négociations qui sont en train de se jouer au niveau de l'Union européenne, puisque, alors que certains
00:12:38pays poussent pour que l'Union européenne
00:12:40s'engage d'ici 2040 à baisser de 90% ses émissions de gaz à effet de serre et donc
00:12:45s'engage de manière linéaire à prendre un objectif conséquent
00:12:50d'ici 2035, eh bien la France, au contraire, vise à la baisse l'objectif de réduction des émissions dans
00:12:58les négociations,
00:12:59aux côtés de la Hongrie, aux côtés de la Pologne, etc. Et enfin, peut-être le troisième objectif, c'est
00:13:04ces baisses d'émissions.
00:13:07Est-ce qu'on va vraiment les atteindre à travers des politiques de sobriété, en allant toucher les poches de
00:13:17consommation
00:13:18de notre budget carbone qui ne sont pas nécessaires, les ultra-riches, les yachts, etc., ou est-ce qu'on
00:13:24va faire du business as usual
00:13:26et faire baisser les émissions arithmétiquement en achetant des crédits carbone ?
00:13:31Et là, la question des crédits carbone est aussi à l'agenda de cette COP, un marché appétissant, bien entendu,
00:13:37pour les acteurs privés. Mais il s'agit de se battre pour qu'on aille chercher des vraies transformations
00:13:44du modèle de production et des baisses d'émissions dans le monde réel.
00:13:53Cécile Duflo ?
00:13:56Alors d'abord, moi, c'est la beaucoupième fois que je viens à la fête de l'Huma.
00:14:00Mais je pense que la première fois que je suis venue, en tout cas pour débattre, si je me souviens
00:14:05bien, c'était en 2008,
00:14:06c'était avant la COP de Copenhague. Et c'était plus compliqué de débattre des sujets climat à la fête
00:14:11de l'Humanité.
00:14:12Donc je voudrais quand même, pour le coup, reconnaître le chemin parcouru, la convergence qui s'est faite
00:14:16entre les questions sociales et les questions environnementales. Et ça, c'est une excellente dévalle.
00:14:26Alors je partage évidemment l'insatisfaction que beaucoup d'entre nous ont à l'égard des COP.
00:14:31Mais je pense qu'il ne faut jamais oublier une chose. Le problème climatique, c'est un problème de terriens.
00:14:35Peut-être la première fois dans l'histoire de l'humanité que nous avons un problème de terriens.
00:14:38Pas d'habitants du Nord. Ça ne veut pas se résoudre à un continent. On a un problème de terriens.
00:14:43Donc de façon assez logique, qu'on en débatte et qu'on essaye de trouver des solutions à l'échelle
00:14:47à laquelle ce problème se pose,
00:14:49c'est-à-dire à l'échelle de l'ensemble de la planète,
00:14:51me semble pertinent. Ensuite, je pense que c'est un moment très important,
00:14:55notamment exactement pour faire écho à ce qu'a dit Lucie,
00:14:58parce que la question du rapport entre les pays du Nord et les pays du Sud
00:15:01est particulièrement sensible sur la question climatique.
00:15:05Ce sont les pays du Sud qui sont les principales victimes, mais dès aujourd'hui, du changement climatique
00:15:09en n'étant absolument pas responsables. Il ne faut jamais oublier que toujours aujourd'hui,
00:15:1351% des émissions sont le fait des 10% les plus riches de la planète.
00:15:17Cette situation-là, elle est historique, mais elle est aussi,
00:15:20et toujours aujourd'hui. Donc on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas.
00:15:23Il y a nécessité de réparation de cette dette écologique.
00:15:26C'est quelque chose de très fort.
00:15:28Et d'ailleurs, le débat est en train d'évoluer,
00:15:30notamment grâce à l'initiative Bridgestone de la Première ministre Mia Motelet,
00:15:35vers un débat autour de la justice.
00:15:36Et je pense, et je regarde le visage des gens qui sont en face de moi,
00:15:40qu'il y a aussi une question de justice générationnelle,
00:15:42c'est-à-dire que ceux qui vont devoir faire avec les conséquences du changement climatique
00:15:46ne sont pas du tout responsables, soit parce qu'ils n'étaient pas nés,
00:15:49soit parce qu'ils sont et qui viennent de pays qui ont que très peu contribué
00:15:53à la situation dans laquelle on se trouve.
00:15:55Donc que ce débat-là se pose au bon niveau, c'est-à-dire au niveau international,
00:15:59même avec tout un tas de frustration, je pense que c'est une bonne chose,
00:16:02et c'est une très bonne chose, Camille, de remettre de la pression sur la COP.
00:16:07Pourquoi ? Parce que si on se retourne un peu en arrière,
00:16:09l'accord de Paris, dont on va célébrer les 10 ans,
00:16:12il suit une grande COP qui avait mobilisé énormément d'activistes
00:16:16et qui avait été la première pendant laquelle il y avait eu une manifestation
00:16:19dans le monde entier, qui est la COP de Copenhague, en 2009,
00:16:22qui se termine par un échec, et d'ailleurs une espèce de douche froide,
00:16:26mais qui a créé une sorte de remobilisation collective,
00:16:30dont je pense qu'une partie de cette mobilisation,
00:16:32de cette pression extérieure dont parlait Camille,
00:16:34a été utile pour aboutir au résultat de 2015.
00:16:38Mais c'est aussi, et ça a été très bien rappelé, un point de départ.
00:16:41C'est-à-dire qu'on peut regarder, par rapport à 2015, où on en est,
00:16:45mauvaise nouvelle, on n'a pas tenu les engagements,
00:16:47nous les premiers, la France, mais surtout l'Europe,
00:16:50et la France en ce moment joue un rôle qui est très négatif
00:16:53dans la préparation de la COP, et il faut le redire,
00:16:56la France refuse de mettre des objectifs intermédiaires,
00:16:59la France freine les décisions européennes, et ça, c'est pas acceptable.
00:17:02Donc là, nous tous, on a un rôle vis-à-vis de notre non-gouvernement
00:17:06pour que ce côté très négatif que la France joue
00:17:11dans les négociations nationales se termine,
00:17:13parce que ça, on en a vraiment besoin.
00:17:16Et juste un dernier point.
00:17:21Puisque Camille fait référence à la discussion qu'on avait,
00:17:23je suis devant vous comme une vieille écologiste.
00:17:25Donc évidemment, c'est plus confortable aujourd'hui de dire qu'on avait raison,
00:17:29qu'à l'époque où on paraissait être des gens qui inquiétaient,
00:17:33mais on peut aussi se retourner en se disant,
00:17:35en fait, on n'a pas franchement réussi,
00:17:38quelles que soient un peu les méthodes,
00:17:39parce qu'il y a eu des tas de méthodes qui ont été employées
00:17:41de la part de différentes familles,
00:17:44que ce soit dans les institutions,
00:17:46avec des think tanks,
00:17:47en essayant de travailler au plus près des entreprises,
00:17:49avec de l'activisme, de la désobéissance civique,
00:17:51force est de constater qu'on n'y est pas encore.
00:17:53Donc dans ce genre de situation, soit on baisse les bras,
00:17:55et moi, je sens quand même cette petite tentative,
00:17:57cette petite tentation chez certains
00:17:59de dire, de toute façon, foutu pour foutu,
00:18:02vivons comme on a envie de vivre,
00:18:04soit on se redit qu'on peut faire les choses différemment.
00:18:08Et c'est ça, c'est ce point-là sur lequel je voudrais terminer.
00:18:10Je ne suis pas la même aujourd'hui,
00:18:13notamment parce que j'ai eu l'expérience des politiques publiques.
00:18:16Qu'est-ce que ça veut dire faire l'encadrement des loyers ?
00:18:18Rien à voir avec le débat de ce jour,
00:18:19mais il va y avoir une grosse mobilisation
00:18:20pour éviter que l'essai en cours sur l'encadrement des loyers
00:18:23se termine avant la fin de l'année.
00:18:25Donc, petite parenthèse,
00:18:26mais il faudra une très grosse mobilisation sur ce sujet.
00:18:28Mais la leçon que ça m'a donnée,
00:18:30c'est que c'est possible.
00:18:32Des virages de politiques publiques importants,
00:18:34remettre de la régulation dans le prix,
00:18:35c'était possible.
00:18:36Et la deuxième leçon...
00:18:37Merci, vous pouvez applaudir,
00:18:38parce que franchement, c'était bien.
00:18:46Mais dans cette leçon,
00:18:47il y a un truc intéressant,
00:18:48c'est que parmi ceux qui défendent
00:18:49le maintien de l'encadrement des loyers,
00:18:51il y a des maires de droite
00:18:52qui étaient des grands opposants à l'époque
00:18:53et qui ont dit, il faut reconnaître,
00:18:55en fait, sans ça, on ne s'en sort pas.
00:18:56Donc, il faut accepter aussi que des gens
00:18:58fassent des pas différents.
00:18:59Et la question, c'est de savoir effectivement
00:19:00pas forcément d'où les gens viennent,
00:19:01mais où est-ce qu'on va aller ensemble ?
00:19:03Et là, on a besoin de cette mobilisation générale.
00:19:06Dernière leçon qui va avec le Covid.
00:19:08Avant le Covid, si on nous avait dit
00:19:09qu'on allait mettre des millions de personnes
00:19:11en télétravail en 48 heures,
00:19:12mettre les avions au sol,
00:19:13tout ça, on n'aurait pas pensé que c'était possible.
00:19:15Donc, le Covid a montré,
00:19:17avec plein, plein de problèmes,
00:19:18avec plein de choses à revoir,
00:19:20qu'on pouvait faire des virages
00:19:21dans la politique publique très, très rapide
00:19:24et emmener des gens dans une direction différente
00:19:26très, très vite.
00:19:27Je vais donner un exemple
00:19:28sur la transformation des pistes cyclables.
00:19:30Ça a été des trucs qui devaient prendre
00:19:32avant 3 ans et demi, 4 ans, 5 ans.
00:19:34Ça s'est fait en une nuit,
00:19:36comme diraient certains opposants
00:19:38à l'alors maire de Paris.
00:19:39Donc, on peut le faire.
00:19:40Et c'est ça, mon message, c'est de dire,
00:19:42si on arrive à trouver les clés de mobilisation,
00:19:44si on arrive à installer le rapport de force
00:19:46à l'égard de ceux qui ne veulent pas
00:19:48qu'on bouge les choses,
00:19:49on a la capacité collective de le faire
00:19:51et, Lucie l'a dit, on a l'argent.
00:19:53Donc, en fait, on sait comment il faut faire techniquement.
00:19:55On a l'argent.
00:19:56On a la possibilité d'emmener tout le monde.
00:19:59Et on peut le faire en maintenant la justice sociale.
00:20:01La question maintenant, c'est de créer
00:20:02ce rapport de force politique suffisamment large
00:20:04pour qu'enfin, enfin, on y arrive.
00:20:11Et Robert Votard, même question.
00:20:14Est-ce que les COP, vous en attendez quelque chose,
00:20:16vous aussi, en tant que scientifique
00:20:17et membre du GIEC ?
00:20:19Alors, les COP, comme ça a été dit,
00:20:22on n'a pas grand-chose d'autre pour réunir tous les pays
00:20:25pour qu'ils discutent ensemble de la question climatique.
00:20:29Alors, évidemment, quand on regarde un petit peu
00:20:32dans le passé, moi, je vais être un tout petit peu
00:20:34plus optimiste, on va dire,
00:20:37que les présécesseurs.
00:20:40Union européenne, moins 35 % d'émissions
00:20:43par rapport à 90.
00:20:44bon, les objectifs, c'est 55 % en 2030, là,
00:20:50donc on n'y est pas encore.
00:20:51Et les objectifs, ils doivent être revus à la hausse.
00:20:55En France, on est aussi dans une dynamique de baisse,
00:20:58pas autant que ça, mais bon.
00:21:01Après, il faut bien voir aussi une chose,
00:21:03c'est que ces baisses, elles ont aussi été dues au fait
00:21:07qu'on a beaucoup délocalisé les émissions dans d'autres pays.
00:21:12Et ça, c'est pris en compte.
00:21:14Et si on prend ça en compte, c'est plutôt, en Europe,
00:21:1620 % de baisse que 35 %.
00:21:18Donc, je voudrais quand même dire que les COP
00:21:21ont permis, aujourd'hui, à une soixantaine,
00:21:24au moins, de pays qui baissent les émissions.
00:21:28Bon, c'est pas assez, c'est de loin pas assez,
00:21:31mais il y a un mécanisme,
00:21:32et on n'a rien d'autre, aujourd'hui,
00:21:35comme plateforme pour discuter.
00:21:37Alors, évidemment, c'est envahi, peut-être,
00:21:39par d'autres organisations,
00:21:41mais il faut y voir là aussi, peut-être,
00:21:44le fait qu'il y a des choses qui se passent réellement.
00:21:47Il y a des investissements importants
00:21:49dans les énergies renouvelables,
00:21:51pas assez encore,
00:21:52il y a des baisses d'émissions.
00:21:54Donc, les choses, quand même,
00:21:57si on s'en donne les moyens,
00:21:59eh bien, ça marche un petit peu,
00:22:01ça devrait aller beaucoup plus vite,
00:22:02beaucoup plus vite, et il faut continuer.
00:22:04Moi, c'est le message que je voudrais donner,
00:22:06c'est qu'il n'y a pas rien qui...
00:22:09Enfin, il n'y a pas rien qui marche,
00:22:11il y a des choses qui marchent,
00:22:13c'est pas assez, mais il faut continuer.
00:22:16Donc, les COP font partie de ce système.
00:22:18Je ne suis pas hyper optimiste
00:22:20sur ce qu'on pourrait en attendre cette année,
00:22:24mais voilà, c'est un moment important,
00:22:26c'est le moment de la révision
00:22:28des objectifs nationaux, cette année.
00:22:31Donc, c'est tous les 5 ans,
00:22:32et c'est quand même très, très important.
00:22:34Il faut suivre ça de près
00:22:37et accompagner toutes celles et ceux
00:22:38qui y vont et qui, voilà,
00:22:41qui vont lutter pour ça.
00:22:46Bon, alors, on l'a dit,
00:22:47dans les discours politiques
00:22:49de l'extrême droite et des libéraux,
00:22:51dans leurs actes aussi,
00:22:52l'écologie et les écologistes
00:22:53sont devenus une cible.
00:22:54Cécile Duflo, on va reprendre un tour de table
00:22:57en commençant par vous.
00:22:57Comment est-ce que vous expliquez cette situation ?
00:23:00Est-ce que c'est un vrai recul structurel ?
00:23:01Ou est-ce que c'est un backlash,
00:23:03une réaction à un mouvement profond
00:23:05de prise de conscience et de volonté d'action ?
00:23:08Je pense qu'il y a un peu des deux.
00:23:09C'est-à-dire que, bien sûr qu'on a avancé.
00:23:12Je n'ai pas dit qu'il ne s'est rien passé,
00:23:13mais il y a quand même une grosse part
00:23:14de nos baisses d'émissions
00:23:14qui sont liées à la désindustrialisation.
00:23:16C'est le seul secteur dans lequel
00:23:18on est vraiment très bien sur la trajectoire.
00:23:21C'est compliqué.
00:23:22Et ce n'est pas lié à la baisse des émissions
00:23:24dans un secteur industriel
00:23:26à un niveau constant
00:23:27qui aurait écologisé ces process.
00:23:29C'est dû à la fermeture
00:23:31et au départ d'une grande partie de notre industrie.
00:23:33Donc je ferme cette parenthèse
00:23:34parce qu'il faut essayer d'être objectif
00:23:36et d'être un peu honnête
00:23:38parce que justement,
00:23:39je crois que l'essentiel,
00:23:40et peut-être qu'il y a une part
00:23:41de responsabilité du côté des écologistes,
00:23:43c'est le lien avec les questions sociales.
00:23:45Je pense qu'on a souvent eu tendance
00:23:49à dire du côté des écologistes,
00:23:51il y a une urgence vitale
00:23:52pour l'espèce humaine,
00:23:53donc il faut intervenir,
00:23:55donc il faut agir
00:23:56et un peu,
00:23:57à se féliciter par exemple
00:23:59de la baisse des émissions
00:24:00du secteur industriel,
00:24:01mais si ça se fait au prix
00:24:02de plans sociaux énormes,
00:24:05de chômage,
00:24:06en fait,
00:24:07ça produit un peu de terreau
00:24:08pour ce fameux backlash.
00:24:10Alors le deuxième,
00:24:11c'est qu'il est très alimenté.
00:24:12Il y a quelque chose
00:24:13de totalement cynique.
00:24:14C'est très facile.
00:24:15J'allais dire que
00:24:17l'extrême droite
00:24:18s'est construite
00:24:20sur la xénophobie,
00:24:22notamment le racisme
00:24:24vis-à-vis des immigrés.
00:24:25Elle a transmuté ça un peu
00:24:27en un autre ennemi
00:24:28de l'intérieur-extérieur
00:24:29que seraient les écologistes,
00:24:32parce que ça marche,
00:24:33parce que ça peut être simpliste,
00:24:34si il fait dire
00:24:35non mais ils veulent vous enlever
00:24:36votre bagnole,
00:24:37voilà,
00:24:37ou...
00:24:38Et si je suis honnête,
00:24:40parce que parfois,
00:24:40les écolos ont tendu le bâton
00:24:42pour se faire battre.
00:24:43Je le dis avec toute la sincérité
00:24:45et l'humilité
00:24:46parce que je fais partie
00:24:47de cette famille
00:24:48depuis que j'ai 20 ans.
00:24:50Oui,
00:24:51il y a un certain nombre
00:24:52de moments
00:24:52où je pense qu'on n'a pas pu
00:24:54bien prendre en compte
00:24:55l'ensemble des impacts
00:24:57de certaines décisions
00:24:58ou de certains scénarios.
00:25:00Et donc,
00:25:00je pense que la question
00:25:01pour moi essentielle,
00:25:02c'est vraiment maintenant
00:25:03de lier les questions sociales
00:25:04et les questions environnementales
00:25:06toujours et systématiquement.
00:25:07Alors,
00:25:08c'est facile de le dire
00:25:08à la place où je suis
00:25:09parce que je pense
00:25:10que c'est le cœur
00:25:10du combat d'Oxfam.
00:25:11Oxfam,
00:25:12c'est une organisation
00:25:12qui luttait contre la pauvreté,
00:25:14les inégalités
00:25:14et qui s'est mise
00:25:15à prendre le climat en compte
00:25:17en se rendant compte
00:25:18que tous les efforts
00:25:18qui étaient faits
00:25:19notamment à l'égard
00:25:20des populations du Sud
00:25:21étaient balayés
00:25:22par les conséquences
00:25:23du dérèglement climatique.
00:25:24Donc,
00:25:24c'est instinctif
00:25:25de mêler ces deux dimensions
00:25:26mais je pense qu'il faut
00:25:27faire l'effort
00:25:27dans les deux sens
00:25:28en permanence.
00:25:29Et qu'on n'arrive pas,
00:25:31donc à cet instant,
00:25:32je peux parler
00:25:32des gilets jaunes,
00:25:34ça a été présenté
00:25:34comme un des premiers mouvements
00:25:36fondamentalement anti-écolo
00:25:38puisque la trajectoire
00:25:39d'augmentation
00:25:40du prix du carbone
00:25:41conduisait à augmenter
00:25:42le prix de l'essence
00:25:43que des gens mettaient
00:25:44dans leur voiture
00:25:44simplement pour aller travailler.
00:25:46Mais en fait,
00:25:46si on déconstruit un peu,
00:25:47pourquoi les gens étaient obligés
00:25:49de mettre de l'essence
00:25:49dans leur voiture
00:25:50pour aller travailler ?
00:25:51Parce que l'augmentation
00:25:51du prix du logement,
00:25:52notamment en centre-ville,
00:25:53les avait poussés
00:25:54à habiter loin
00:25:55de l'endroit où ils travaillaient
00:25:56et donc à devenir
00:25:57dépendants de leur voiture.
00:25:58C'est bien pour ça
00:25:59que si on ne pense pas
00:26:00à l'ensemble des sujets
00:26:00en même temps,
00:26:01on se plante.
00:26:02Et donc,
00:26:03je crois qu'il faut,
00:26:03dans la réponse qu'on donne,
00:26:05donner une réponse
00:26:06qui est coordonnée
00:26:07systématiquement.
00:26:08Et à ce titre-là,
00:26:09je suis très heureuse
00:26:09de ce qui a été fait
00:26:10avec l'Alliance écologique
00:26:11et sociale
00:26:12où on a travaillé ensemble
00:26:13avec les syndicats
00:26:14et les ONG environnementales
00:26:15ou le Pacte du pouvoir de vivre
00:26:17pour montrer
00:26:17qu'il y a un scénario
00:26:18qui prend en compte
00:26:20à la fois l'emploi
00:26:22et l'environnement,
00:26:24à la fois les générations
00:26:25d'aujourd'hui
00:26:25et celles de demain.
00:26:27Et je pense que c'est vraiment
00:26:28ça l'enjeu.
00:26:28Et c'est quand on arrive
00:26:30à créer cette histoire-là
00:26:31qu'on va réussir aussi
00:26:32à essayer d'affronter
00:26:34sans naïveté
00:26:35des ennemis
00:26:36qui défendent simplement
00:26:37leurs bénéfices
00:26:39et leurs bouts de gras
00:26:39parce qu'ils existent.
00:26:41Et que donc là,
00:26:41c'est pas un anecdotique
00:26:43si Bardella se fait applaudir
00:26:45au MEDEF.
00:26:45Il y a un deal qui se fait
00:26:47de défendre les intérêts
00:26:48de quelques-uns.
00:26:50Et donc il ne faut pas être dupe de ça.
00:26:51Et là, je suis évidemment
00:26:52totalement d'accord
00:26:53avec ce qu'a dit Camille.
00:26:54Et c'est historiquement
00:26:56l'organisation,
00:26:57l'alimentation
00:26:58d'un backlash écolo
00:26:59par ceux qui n'ont absolument pas
00:27:01intérêt à la réglementation
00:27:02et à des politiques
00:27:03de transformation
00:27:04pour préserver leurs intérêts
00:27:05leur argent, leurs dividendes.
00:27:07C'est très documenté.
00:27:08Donc pas de naïveté,
00:27:09mais ça ne veut pas dire
00:27:10que parce qu'il y a
00:27:11ces ennemis-là,
00:27:12il ne faut pas nous aussi
00:27:12qu'on se dise
00:27:13que les solutions
00:27:14qu'on propose,
00:27:15elles intègrent
00:27:16toutes les dimensions
00:27:17et y compris
00:27:18la dimension de justice sociale
00:27:19depuis le début.
00:27:21C'est comme ça,
00:27:21à mon avis,
00:27:22qu'on peut trouver
00:27:22une réponse
00:27:24à un réel backlash
00:27:25qu'on vit
00:27:26et qu'on vit de manière
00:27:27un peu tétanisée.
00:27:29Alors qu'en fait,
00:27:29il faut se dire
00:27:30que moi je viens à une époque
00:27:32où effectivement
00:27:33la première fois
00:27:33que je suis venue
00:27:34à la fête de l'humanité,
00:27:35il n'y avait pas de backlash
00:27:35contre les écolos,
00:27:36mais parce qu'on ne parlait
00:27:37pas beaucoup
00:27:37et qu'on n'entendait pas beaucoup
00:27:39et que ce n'était pas
00:27:40un vrai sujet,
00:27:40qu'on n'allait pas peser
00:27:41sur la réalité,
00:27:42que donc les écolos
00:27:43n'étaient pas dangereux
00:27:43et des gens pas dangereux,
00:27:44vous n'avez pas besoin
00:27:45de taper dessus.
00:27:45Donc moi je prends aussi
00:27:47ces attaques
00:27:48comme la perception
00:27:50qu'il y a une possibilité
00:27:52justement de mettre
00:27:52en oeuvre
00:27:53un avenir très différent.
00:27:56Lucie Pinson,
00:27:58est-ce que vous êtes d'accord
00:27:59avec Cécile Duflo ?
00:28:04Alors oui,
00:28:04je suis complètement d'accord,
00:28:05je suis complètement d'accord.
00:28:08Que dire ?
00:28:09Je ne sais pas,
00:28:09il n'y a pas d'autres questions,
00:28:10donc je brode à partir de ça.
00:28:12Non, sur le backlash ?
00:28:13Non, mais voilà.
00:28:14D'où il vient ?
00:28:14Comment vous l'expliquez ?
00:28:15Alors,
00:28:17clairement aujourd'hui,
00:28:18on a des élites au pouvoir
00:28:20qui ont fait du climat
00:28:20comme ils font du marketing,
00:28:21comme ils lancent
00:28:22le dernier modèle de la faune,
00:28:23donc globalement
00:28:25Emmanuel Macron
00:28:28qui a été
00:28:29sacré champion de la Terre
00:28:30a vu un intérêt
00:28:31à un moment
00:28:31à montrer pas de verre.
00:28:33De la même manière
00:28:34que les banques également
00:28:35ont à un moment
00:28:36été forcées
00:28:37dans tous les cas
00:28:37de donner des gages
00:28:38de leur action
00:28:41en matière climatique.
00:28:43Et donc jusqu'à présent
00:28:44on arrivait
00:28:45avec un discours
00:28:46purement axé
00:28:47sur l'écologie
00:28:48au sens
00:28:49la baisse des émissions
00:28:50de gaz à effet de serre
00:28:51ce genre de choses
00:28:52à activer
00:28:54un rapport de force
00:28:55et à avancer des victoires.
00:28:56Et des victoires,
00:28:56on en a eu quand même.
00:28:57On en a eu
00:28:58des grosses.
00:28:59Par exemple ?
00:29:00Par exemple,
00:29:01on a quand même poussé
00:29:02les acteurs financiers français
00:29:03à arrêter de financer
00:29:04des centaines d'entreprises
00:29:06dans l'industrie du charbon,
00:29:07non pas parce qu'elles étaient
00:29:09risquées financièrement,
00:29:10mais tout simplement
00:29:11parce qu'elles développaient
00:29:12des projets charbonniers
00:29:14qui mettaient en péril
00:29:16l'avenir de l'humanité.
00:29:17Donc c'était vraiment
00:29:19pas la logique financière
00:29:20qui jouait.
00:29:24On a encore dernièrement aussi
00:29:27quand même poussé
00:29:27le premier et deuxième
00:29:28financeur de Total
00:29:29historique,
00:29:30donc BNP Paribas
00:29:30et Crédit Agricole,
00:29:32à ne plus faire
00:29:33faire d'obligations
00:29:34donc à ne plus
00:29:35fournir un service financier
00:29:37stratégique
00:29:38aux multinationales
00:29:40des énergies fossiles
00:29:41pour Total
00:29:42comme pour BP,
00:29:43comme pour ENI,
00:29:43comme pour Shell
00:29:44et tous les autres
00:29:45producteurs pétroliers
00:29:46et gaziers.
00:29:47Donc ça,
00:29:48c'est aussi une victoire
00:29:49très significative
00:29:50qu'on a pu obtenir.
00:29:55Maintenant,
00:29:56ce backlash,
00:29:57il est certain
00:29:58et il est aussi
00:30:00le résultat.
00:30:01Je suis d'accord
00:30:02avec Cécile
00:30:03sur le fait
00:30:04que du coup,
00:30:05aujourd'hui,
00:30:06on ne pourra pas
00:30:06activer les mêmes leviers
00:30:08pour aller plus loin
00:30:09et qu'il va falloir
00:30:10forcément faire le lien
00:30:11avec les questions sociales.
00:30:12On y reviendra.
00:30:13Mais à bord,
00:30:14pourquoi ce backlash ?
00:30:15Il arrive parce que
00:30:16l'écologie,
00:30:16ça devient gênant.
00:30:17Ça touche aux structures
00:30:18de pouvoir,
00:30:19ça touche au partage
00:30:20de la valeur
00:30:21et du coup,
00:30:23on devient vraiment
00:30:24un caillou dans la chaussure
00:30:26qui n'est plus acceptable.
00:30:28Il faut comprendre
00:30:29que pour la question énergétique,
00:30:32par exemple,
00:30:33on a réussi,
00:30:34comme je disais,
00:30:35à pousser des centaines
00:30:35d'acteurs,
00:30:36enfin des acteurs financiers
00:30:38à arrêter des centaines
00:30:39d'entreprises
00:30:39au motif qu'elles développent
00:30:41des projets
00:30:41dans l'industrie
00:30:42du charbon
00:30:43qui sont à l'encontre
00:30:45de l'objectif
00:30:461,5 degré.
00:30:48Si on réplique la même chose
00:30:49sur le pétrole
00:30:50et le gaz,
00:30:51il faut dire
00:30:52que le lobbying
00:30:53qu'on a fait,
00:30:54nous,
00:30:54ONG,
00:30:55a marché
00:30:56puisque l'arrêt
00:30:58de l'expansion
00:30:59du pétrole
00:30:59et du gaz
00:31:00est également porté
00:31:01pas seulement
00:31:02par les scientifiques
00:31:03du GIEC
00:31:03mais par l'Agence internationale
00:31:05de l'énergie,
00:31:07par le groupe
00:31:09contre le greenwashing
00:31:10des Nations Unies,
00:31:11par énormément
00:31:13d'autres instances
00:31:14normatives
00:31:15qui influencent
00:31:16la tenue du débat
00:31:17dans les sphères
00:31:19financières
00:31:20et politiques
00:31:21et tout aujourd'hui
00:31:22sont obligés
00:31:23de constater
00:31:24que oui,
00:31:25il faut arrêter
00:31:26l'expansion pétrolière
00:31:27et gazière.
00:31:27Sauf que là,
00:31:28on ne parle pas
00:31:28du charbon.
00:31:29Arrêter l'expansion
00:31:30du pétrole
00:31:31et du gaz,
00:31:32ce n'est pas seulement
00:31:33renoncer à tous
00:31:34les profits
00:31:35associés à Shell,
00:31:36à Total et compagnie,
00:31:37c'est aussi
00:31:38devoir passer
00:31:40inéluctablement
00:31:40par la transformation
00:31:41de tous les secteurs
00:31:42de la demande,
00:31:44tous les secteurs
00:31:45industriels,
00:31:46le secteur des transports,
00:31:47etc.
00:31:48Et donc du coup,
00:31:48là, on est
00:31:49sur un niveau
00:31:50de transformation
00:31:51qui est requis
00:31:52qui forcément
00:31:54va à l'encontre
00:31:55des intérêts
00:31:56tels qu'ils sont
00:31:57distribués
00:31:57au niveau sociétal.
00:31:59Et c'est à ce moment-là
00:32:00en fait,
00:32:01qu'on a,
00:32:01ce n'est pas récent,
00:32:02c'est à partir de 2022,
00:32:04qu'on a vu
00:32:05les acteurs financiers
00:32:06remettre en question
00:32:07leur responsabilité
00:32:09dans la lutte
00:32:11contre le dérèglement
00:32:13climatique
00:32:13et à rejeter aussi,
00:32:14bien entendu,
00:32:15leur rôle
00:32:16dans le désastre
00:32:17écologique.
00:32:18Pour le détricotage,
00:32:20il y a quand même
00:32:21le détricotage
00:32:21dont on a parlé
00:32:22au niveau européen.
00:32:24Aujourd'hui,
00:32:25il y a une attaque,
00:32:26un sabordage
00:32:27de toutes les règles
00:32:28du Green Deal
00:32:28en matière
00:32:30finance
00:32:30et climat.
00:32:32Eh bien,
00:32:33ce sabordage-là,
00:32:34alors d'abord,
00:32:35il faut rappeler
00:32:36qu'il ne vient pas
00:32:36de Donald Trump
00:32:37ni des élections
00:32:38européennes
00:32:39et nationales
00:32:41de l'année dernière.
00:32:42Le backlash
00:32:42vient bien d'avant.
00:32:45Donc,
00:32:45il a été,
00:32:47bien entendu,
00:32:47ce sabordage-là,
00:32:48il n'était que
00:32:49au programme
00:32:50des partis traditionnels
00:32:51de l'extrême droite.
00:32:53En revanche,
00:32:54il a été activé
00:32:56et mené
00:32:57par les partis
00:32:58qu'on considérait
00:32:59hier de l'extrême centre.
00:33:01Donc,
00:33:01par exemple,
00:33:02le bloc,
00:33:02on pourrait faire court
00:33:03par le bloc libéral-autoritaire.
00:33:05Et il a été activé
00:33:07dès 2023.
00:33:09C'est en 2023
00:33:10que Macron a appelé
00:33:11à une pause réglementaire
00:33:12et que s'en est suivi
00:33:14ensuite
00:33:14les attaques
00:33:16contre le Green Deal.
00:33:18Et pourquoi cette attaque
00:33:20contre ces réglementations ?
00:33:22Eh bien,
00:33:22c'est parce que
00:33:22pendant des années,
00:33:23on a fait semblant
00:33:24de vouloir agir
00:33:25contre le dérèglement climatique
00:33:27et vouloir reprendre
00:33:29la main
00:33:29sur les financements.
00:33:30Et on le sait,
00:33:31la lutte contre
00:33:31le dérèglement climatique,
00:33:32elle impose
00:33:33de stopper
00:33:35les financements
00:33:36aux énergies fossiles,
00:33:38aux secteurs polluants
00:33:39et de les rediriger
00:33:40intégralement
00:33:41vers les solutions,
00:33:43le tout en mettant en place
00:33:44des politiques
00:33:44de sobriété.
00:33:47Or,
00:33:47jusqu'à présent,
00:33:49on faisait
00:33:49comme s'il suffisait
00:33:50de mettre en place
00:33:51des mesures
00:33:51de transparence,
00:33:53d'information
00:33:53pour activer
00:33:57ce transfert
00:33:58de financement
00:33:59des secteurs polluants
00:34:00vers les solutions.
00:34:02Puisqu'on le sait,
00:34:03les acteurs économiques
00:34:04sont tous
00:34:04des acteurs rationnels,
00:34:05donc une fois
00:34:06qu'ils vont avoir
00:34:06l'information en place,
00:34:08ils vont agir.
00:34:10Le Green Deal,
00:34:11c'est différent
00:34:11parce que le Green Deal,
00:34:12c'est beaucoup
00:34:13de transparence aussi,
00:34:14mais pour la première fois,
00:34:15on va chercher
00:34:16les bonnes informations,
00:34:17on se dote
00:34:18des bonnes lunettes.
00:34:19Pour une fois,
00:34:19on n'est pas seulement
00:34:20dans une logique
00:34:22de gérer les conséquences
00:34:23du dérèglement climatique,
00:34:24mais on va chercher
00:34:26les informations
00:34:26sur comment
00:34:27les acteurs financiers
00:34:28eux-mêmes
00:34:29sont responsables
00:34:31du dérèglement climatique,
00:34:33des pollutions environnementales,
00:34:35des impacts
00:34:36sur les communautés.
00:34:37Et à partir
00:34:38de cette information,
00:34:39on construit
00:34:39un socle réglementaire
00:34:40qui impose également
00:34:42à ces mêmes acteurs
00:34:43des plans de vigilance,
00:34:45donc de réduire
00:34:46leurs impacts
00:34:47sur l'environnement,
00:34:48sur le climat,
00:34:49sur les communautés,
00:34:50quitte sinon
00:34:51à aller devant
00:34:52les tribunaux.
00:34:54Et donc là,
00:34:54on commence vraiment
00:34:55à taper dans le dur
00:34:56des modèles d'affaires
00:34:58des acteurs économiques
00:35:00et des acteurs financiers.
00:35:02Et c'est à partir
00:35:03de ce moment-là
00:35:04vraiment que là,
00:35:05les industriels
00:35:06ou le secteur financier
00:35:06a dit
00:35:07on siffle la fin
00:35:07de la récré
00:35:08parce que jusqu'à présent,
00:35:10ça nous amusait
00:35:10d'avoir l'air
00:35:11d'agir sur le climat.
00:35:12Sauf que là,
00:35:13ce que vous allez nous demander,
00:35:14c'est pas seulement
00:35:15avoir l'air,
00:35:15mais c'est vraiment
00:35:16transformer radicalement
00:35:18ce qu'on est en train
00:35:19de faire.
00:35:19Et donc,
00:35:20c'est à ce moment-là
00:35:21qu'on a une alliance
00:35:21tout à fait classique
00:35:23entre le secteur industriel
00:35:26et financier
00:35:27et les élites
00:35:28qui nous gouvernent
00:35:29pour s'aborder
00:35:31tout ce qui est,
00:35:32tout ce qui allait
00:35:33être mis en place.
00:35:37Camille Etienne,
00:35:38on l'entend,
00:35:39il y a ce backlash,
00:35:40c'est aussi accompagné,
00:35:41ce backlash
00:35:42s'est accompagné
00:35:42ces dernières années
00:35:43aussi d'une répression
00:35:44du militantisme
00:35:46des écologistes.
00:35:48De quoi cette répression
00:35:49et ce backlash
00:35:49sont-ils le nom pour vous ?
00:35:51Qu'est-ce qu'il y a derrière ?
00:35:55Je rejoins tout à fait
00:35:56ce qui a été dit.
00:35:58Je pense que c'est
00:35:59parce qu'on commence
00:35:59à déranger.
00:36:02Et on pourrait voir ça
00:36:04comme un bon signe.
00:36:05On pourrait se dire
00:36:05que c'est cette phrase,
00:36:08je ne sais plus qui l'a dit,
00:36:09tout le monde s'en est revendiqué
00:36:10à un moment donné,
00:36:10mais c'est que d'abord
00:36:12on est ignoré,
00:36:13puis ensuite on est combattu
00:36:14et enfin nos idées
00:36:15adviennent comme étant
00:36:16toujours étranges.
00:36:17Et quand on regarde
00:36:18l'histoire des droits
00:36:19et des libertés
00:36:21qui sont les nôtres,
00:36:22ça a toujours été
00:36:23un combat.
00:36:25Rien n'est dû,
00:36:25ça a été un combat
00:36:26qui continuera d'être.
00:36:27Donc dans les moments
00:36:28où c'est dur,
00:36:30on est entre nous,
00:36:31donc je peux me permettre
00:36:32d'être honnête
00:36:33et sincère,
00:36:33c'est dur.
00:36:34C'est un moment
00:36:35où on se remet en question
00:36:36en se disant
00:36:36mais merde,
00:36:37on essaie depuis tellement de temps.
00:36:39On a tout essayé,
00:36:40on essaie.
00:36:40Les pétitions,
00:36:41on essaie de convaincre,
00:36:43on essaie de rentrer
00:36:44dans les institutions
00:36:45de l'intérieur,
00:36:46on essaie de désobéir contre elle,
00:36:47on essaie de saboter,
00:36:49on essaie tout
00:36:49et on se dit
00:36:50mais pourtant,
00:36:51tout continue de s'empirer
00:36:53alors que ce qu'on fait,
00:36:54c'est uniquement de dire
00:36:55on écoute la science,
00:36:57on écoute l'alerte
00:36:58unanime
00:36:59des meilleurs scientifiques mondiaux
00:37:00qui nous disent
00:37:01nous sommes en train
00:37:02de sortir d'une zone
00:37:03de sûreté
00:37:04pour l'humanité.
00:37:05c'est le fameux
00:37:07Stockholm Resilience Center
00:37:08je le sais tout le temps
00:37:08parce que pour moi
00:37:09seulement cette étude
00:37:11suffirait à ce qu'on soulève le pays
00:37:12c'est à dire
00:37:13qu'ils ont établi
00:37:14neuf limites planétaires
00:37:16quand on sort
00:37:17de ces limites planétaires
00:37:18on sort d'une zone
00:37:19de sûreté
00:37:20pour l'humanité.
00:37:21On en a déjà dépassé six.
00:37:23Juste ça
00:37:24devrait suffire
00:37:25à créer un soulèvement.
00:37:27Et donc quand on a l'impression
00:37:28d'être seul
00:37:28à avoir un tsunami
00:37:29qui arrive
00:37:29enfin là on est 500 000
00:37:31c'est pas mal déjà
00:37:32mais par rapport au pays
00:37:33on pourrait considérer ça
00:37:34comme étant seul
00:37:35un tsunami qui arrive
00:37:36et que le reste reste
00:37:38à sa terrasse de café
00:37:39c'est très troublant
00:37:40et moi ça me terrifie proprement.
00:37:43Une fois que ça s'est dit
00:37:46c'est précisément
00:37:48dans ces moments-là
00:37:49où on doute
00:37:49qu'il faut tenir bon.
00:37:52Il ne faut pas oublier
00:37:53que la fatigue
00:37:55que le découragement
00:37:57c'est des stratégies
00:37:59qui sont aussi utilisées
00:38:00notamment dans des régimes
00:38:01même dictatoriales
00:38:02pour empêcher
00:38:04en soulèvement.
00:38:05Donc il va falloir
00:38:06qu'on tienne sur la durée.
00:38:09Et je ne peux pas
00:38:10faire mémé Camille
00:38:11parce que j'ai un petit point
00:38:12que c'est mémé Cécile.
00:38:13Moi ça fait que 27 ans
00:38:14donc ce ne serait pas
00:38:16très classe de ma part
00:38:17mais ce que j'ai l'impression
00:38:18d'avoir appris
00:38:19du peu de mon activisme
00:38:20déjà c'est que
00:38:22rien ne se gagne
00:38:23sans le temps long.
00:38:25Les victoires
00:38:26qu'on a gagnées
00:38:27grâce à vous
00:38:28et dont je suis tellement
00:38:29tellement fière
00:38:29on peut parler
00:38:30des polluants éternels
00:38:31c'est une plus grande
00:38:32crise sanitaire
00:38:34littéralement
00:38:34de notre génération
00:38:35c'est un scandale
00:38:36immense
00:38:36on n'est qu'au tout début
00:38:37de découvrir ce que c'est
00:38:38on a eu une des lois
00:38:39les plus ambitieuses
00:38:40au monde
00:38:40en France
00:38:41grâce à vous
00:38:42on a gagné
00:38:43et ça s'est fait
00:38:44grâce à du temps long
00:38:45ça s'est fait
00:38:46parce qu'on ne se n'a jamais
00:38:47jamais jamais lâché
00:38:53et ça c'est un exemple
00:38:54très concret
00:38:54sur l'exploitation
00:38:55minière des fonds marins
00:38:56c'est pareil
00:38:57en fait je voulais juste
00:38:58vous dire ces deux exemples là
00:38:59parce que ce qui s'est passé
00:39:00à chaque fois
00:39:01c'est que c'est parti
00:39:02d'une alerte
00:39:03soit pour les fonds marins
00:39:04c'était des biologistes marins
00:39:05qui nous ont dit
00:39:05il y a ce truc là
00:39:06quand même bien flippant
00:39:07et personne n'en parle
00:39:07il faudrait regarder
00:39:08sur les polluants éternels
00:39:09c'est des personnes
00:39:10qui vivent près des usines
00:39:11et qui se rendent compte
00:39:12qu'il y a quand même
00:39:12beaucoup de cancers
00:39:13et que c'est un peu bizarre
00:39:14qu'il y a des cancers pédiatriques
00:39:15qu'il y a des maladies d'Alzheimer
00:39:16qui explosent
00:39:17et qu'ils ne comprennent pas
00:39:18et que quand ils
00:39:19ils essayent d'aller parler
00:39:20à leur mère
00:39:21quand ils essayent d'aller parler
00:39:22à ceux qui
00:39:23à leur patron
00:39:23en fait ils ne sont pas écoutés
00:39:25donc quand l'alerte
00:39:26vient de la base
00:39:27et qu'on a l'impression
00:39:28que tous les vents sont contre nous
00:39:29sur les fonds marins
00:39:30sur les pifas
00:39:31je peux vous dire
00:39:31qu'on s'est battu
00:39:32pour que ça existe
00:39:33que la plupart des médias
00:39:34nous disaient
00:39:35ben oui on en parlera
00:39:36une fois que la loi est votée
00:39:37enfin on va pas
00:39:38enfin là
00:39:39on est six mois avant
00:39:39à quoi ça sert
00:39:40enfin on va pas
00:39:41et donc en fait on s'est dit
00:39:42mais c'est pas grave
00:39:43on va faire sans eux
00:39:45en fait on va s'organiser
00:39:46sans eux
00:39:47on va le faire entre nous
00:39:48et on va faire émerger
00:39:49un sujet de manière
00:39:50avec tellement d'obsession
00:39:52qu'ils n'auront pas
00:39:52d'autre choix
00:39:53que d'y faire face
00:39:54en fait on va s'imposer
00:39:56on va arrêter de demander
00:39:56la permission
00:39:57on va arrêter de jouer
00:39:58avec tous les outils institutionnels
00:40:00on va dire
00:40:00on va imposer les sujets
00:40:02si bien qu'ils ne pourront plus
00:40:03détourner le regard
00:40:04et c'est dans ces moments là
00:40:05qu'on a gagné
00:40:06donc je sais que c'est dur
00:40:08mais ne lâchez pas
00:40:10ne lâchez pas
00:40:10ne lâchez pas
00:40:11parce que c'est quand c'est dur
00:40:13et qu'on ne lâche pas
00:40:15qu'on y arrive
00:40:16j'ai fait pendant 18 ans
00:40:17du ski de fond
00:40:18il y a ce qu'on appelle
00:40:19la relance
00:40:19c'est qu'on dit
00:40:20tout ce qui est clé
00:40:21dans la course
00:40:21c'est la relance
00:40:22c'est le moment où
00:40:23on galère dans la montée
00:40:24on n'a plus de jambes
00:40:25mais mon coach
00:40:26il disait toujours
00:40:27les quelques pas
00:40:28que tu vas donner
00:40:28une fois que tu reviens
00:40:29sur le plat
00:40:30c'est là que tu gagnes ta course
00:40:31et là on est dans ce moment
00:40:32où on a les jambes cassées
00:40:33où ça ne fonctionne plus
00:40:34on se dit comment faire
00:40:35on a tout essayé
00:40:36on est encore derrière
00:40:36on est dans la relance
00:40:38donc je vous en prie
00:40:38ne lâchez pas
00:40:39on a vraiment besoin de vous
00:40:45Robert Votard
00:40:45il y a une phrase
00:40:46qu'a dit Camille
00:40:48Camille vient de dire
00:40:49nous
00:40:49on suit la science
00:40:50mais moi je suis journaliste
00:40:52comme Jessica
00:40:52on entend les discours politiques
00:40:54un peu partout
00:40:54et on entend aussi
00:40:56les libéraux nous dire
00:40:57mais non
00:40:57c'est nous qui écoutons la science
00:40:58les écologistes sont des antisciences
00:40:59l'extrême droite
00:41:00dit la même chose
00:41:01elle est où la science
00:41:02qui la suit la science aujourd'hui ?
00:41:04alors
00:41:06moi j'aime bien
00:41:07ne lâchez pas
00:41:07parce que c'est vrai aussi
00:41:09pour la science
00:41:11c'est fondamental
00:41:13à plusieurs titres
00:41:14un
00:41:16il faut absolument
00:41:17que les jeunes
00:41:18continuent
00:41:18à arriver
00:41:20dans les sciences
00:41:20du climat
00:41:21ça c'est la première chose
00:41:22continuer
00:41:23c'est passionnant
00:41:24quoi qu'il arrive
00:41:25la deuxième chose
00:41:27c'est la communication
00:41:28de la science
00:41:29donc la communication
00:41:30de la science
00:41:32ça peut être
00:41:33un petit peu frustrant
00:41:35parfois
00:41:35ça prend du temps
00:41:36ça demande
00:41:37pas mal d'efforts
00:41:39mais
00:41:40on a face à nous
00:41:41de la désinformation
00:41:42massive
00:41:43aujourd'hui
00:41:44mais
00:41:45c'est pas pour ça
00:41:46qu'il faut essayer
00:41:47de chercher
00:41:47une autre méthode
00:41:48là
00:41:49il faut continuer
00:41:50les scientifiques
00:41:52continuent
00:41:52à communiquer
00:41:53et amplifient
00:41:54cette communication
00:41:55parce qu'il n'y a pas
00:41:56d'autre solution
00:41:57je veux dire
00:41:58à la fin
00:41:59c'est la physique
00:42:01qui aura raison
00:42:02de tout ça
00:42:03là on a des débats
00:42:05mais
00:42:05à la fin
00:42:06c'est la physique
00:42:07qui aura raison
00:42:08de tout ça
00:42:09donc je pense que
00:42:11moi je voulais juste
00:42:12dire
00:42:12la même chose
00:42:13que Camille
00:42:14il ne faut pas lâcher
00:42:15c'est tout
00:42:17sur la com
00:42:22alors le temps
00:42:23file avec vous
00:42:25on a encore
00:42:26beaucoup de questions
00:42:27à vous poser
00:42:27donc on va essayer
00:42:28je suis désolée
00:42:29mais de faire des réponses
00:42:30un tout petit peu
00:42:31plus courtes
00:42:32pour pouvoir
00:42:33aborder tous les
00:42:34tous les sujets
00:42:35importants
00:42:36vous avez pas mal
00:42:37parlé en fait
00:42:38des ennemis du climat
00:42:40qui sont très organisés
00:42:41qui se coalisent
00:42:42qui disposent
00:42:43de moyens financiers
00:42:44de relais
00:42:45dans l'opinion
00:42:46pour faciliter
00:42:48enfin façonner
00:42:49contribuer à façonner
00:42:50l'opinion publique
00:42:51on va enfoncer
00:42:53une porte ouverte
00:42:53à la fête de l'humanité
00:42:54la question
00:42:56c'est de faire face
00:42:57au capital
00:42:57en fait
00:42:58qui investit massivement
00:42:59dans les énergies fossiles
00:43:01peut-être Lucie Pinson
00:43:02vous pouvez nous expliquer
00:43:03en quelques mots
00:43:04l'arnaque
00:43:05du capitalisme vert
00:43:09je vais
00:43:09oui
00:43:10de toute façon
00:43:11c'est
00:43:12je pense que
00:43:13normalement
00:43:13ici ça se passe
00:43:14d'explication
00:43:15que l'écologie
00:43:15elle est forcément
00:43:16anticapitaliste
00:43:17et je pense que
00:43:19d'ailleurs
00:43:25le fait aujourd'hui
00:43:27qu'on ait tant de débats
00:43:28sur la définition
00:43:29ajouter toujours
00:43:30un adjectif
00:43:31pour qualifier
00:43:32l'écologie
00:43:34et peut-être
00:43:34que déjà
00:43:35on est victime
00:43:36de notre propre succès
00:43:37à savoir que
00:43:38le mot par contre
00:43:39a été
00:43:39aujourd'hui
00:43:40utilisé
00:43:41par également
00:43:42les ennemis
00:43:43de l'écologie
00:43:44mais du coup
00:43:45au risque
00:43:46la conséquence
00:43:48c'est que ce mot
00:43:48est aujourd'hui
00:43:49galvaudé
00:43:49et
00:43:50est plus très utile
00:43:52dans le combat
00:43:53le combat quotidien
00:43:55et que peut-être
00:43:55qu'on gagnerait du coup
00:43:56à resserrer
00:43:57à chaque fois
00:43:58les discussions
00:43:59sur des combats
00:44:00extrêmement précis
00:44:01en écho
00:44:02à ce que disait
00:44:03Cécile
00:44:03qui touche directement
00:44:04le quotidien
00:44:06de la majorité
00:44:08de la population
00:44:09sur l'arnaque
00:44:11de la finance verte
00:44:12on peut revenir
00:44:13tout simplement
00:44:14à 2015
00:44:142015
00:44:15la finance
00:44:16découvre le climat
00:44:16voilà
00:44:17et à partir
00:44:19de ce moment-là
00:44:19on entend
00:44:20que les banques
00:44:21les assureurs
00:44:21les investisseurs
00:44:22de toute manière
00:44:23ont intérêt
00:44:23à agir
00:44:24sur la question climatique
00:44:25puisqu'il en va
00:44:26de leurs propres intérêts
00:44:28et tous
00:44:29les uns
00:44:30après les autres
00:44:30vont promettre
00:44:31de contribuer
00:44:32à la limitation
00:44:33du réchauffement
00:44:34à moins de 2 degrés
00:44:36au tout début
00:44:37puis à 1,5 degré
00:44:38après 2018
00:44:40après que
00:44:40les travaux du GIEC
00:44:42aient démontré
00:44:43qu'il y a
00:44:44un monde de différence
00:44:45entre une limitation
00:44:46du réchauffement
00:44:47à 1,5 degré
00:44:48ou qu'à 2 degrés
00:44:49et qu'il est intolérable
00:44:50de viser autre chose
00:44:53que 1,5 degré
00:44:55sauf que
00:44:57on n'a pas transformé
00:44:59le coeur du réacteur
00:45:00le coeur de la finance
00:45:01on va globalement
00:45:02se contenter
00:45:03et d'ajouter
00:45:04des nouveaux
00:45:04produits financiers
00:45:06qu'on va étiqueter
00:45:07comme étant vert
00:45:08ou responsable
00:45:09ou durable
00:45:10et donc déjà
00:45:11il y a un premier problème
00:45:12c'est que
00:45:12se pose la question
00:45:14de la définition du vert
00:45:15est-ce que le produit
00:45:16dit vert
00:45:16est-il véritablement vert
00:45:20lorsque BNP Paribas
00:45:22participe à une obligation
00:45:23une obligation
00:45:24c'est comme un prêt
00:45:26pour l'extension
00:45:27d'un aéroport
00:45:28à Hong Kong
00:45:29est-ce qu'on est
00:45:31vraiment sur une transaction
00:45:32verte quand il s'agit
00:45:33ni plus ni moins
00:45:34d'augmenter le trafic aérien
00:45:36et que cette extension
00:45:37se situe en mer
00:45:39en offshore
00:45:40là où il y a
00:45:41les derniers dauphins blancs
00:45:43d'Asie
00:45:43peut-être que le mot vert
00:45:45est un petit peu exagéré
00:45:47donc il y a déjà un problème
00:45:48de la vérification
00:45:51de la responsabilité
00:45:53ou du caractère durable
00:45:54des activités financées
00:45:56par tout ça
00:45:57et bien entendu
00:45:59le problème
00:45:59le plus fondamental
00:46:00c'est qu'on ne fait
00:46:02qu'ajouter
00:46:03un nouvel étage
00:46:06au gratte-ciel
00:46:08et qu'on ne touche pas
00:46:09à la fondation
00:46:10de la finance
00:46:11qui reste
00:46:13ancrée
00:46:13dans un modèle
00:46:14extractiviste
00:46:15fondé sur l'exploitation
00:46:16des ressources
00:46:19des écosystèmes
00:46:20et des humains
00:46:21et donc ça
00:46:22c'est vraiment
00:46:23caractéristique
00:46:24de la finance
00:46:26de la finance verte
00:46:27on a aussi
00:46:28des acteurs
00:46:30qui vont
00:46:32s'enquérir
00:46:33de la chose climatique
00:46:34vraiment dans une logique
00:46:35de sauver
00:46:36leurs propres fesses
00:46:37de passer
00:46:37entre les gouttes
00:46:38des impacts
00:46:39du dérèglement
00:46:40climatique
00:46:41et le meilleur
00:46:42tout en continuant
00:46:43eux-mêmes
00:46:43d'aggraver la situation
00:46:44le meilleur exemple
00:46:45là-dessus
00:46:46c'est AXA
00:46:47c'est les assureurs
00:46:48aujourd'hui
00:46:49on est dans un contexte
00:46:50d'aggravation
00:46:50du dérèglement climatique
00:46:52les dommages
00:46:52liés aux événements
00:46:53climatiques extrêmes
00:46:55coûtent de plus en plus cher
00:46:56on passe chaque année
00:46:57la barre des 100 milliards
00:46:58qui est une barre
00:46:59un peu symbolique
00:47:00dans le secteur assurantiel
00:47:01parce que ça veut dire
00:47:02qu'à ce moment-là
00:47:03en fait
00:47:03ce n'est plus
00:47:04tenable
00:47:05pour le secteur
00:47:06d'assurer
00:47:08ce qui était
00:47:09auparavant
00:47:10assurable
00:47:11et donc
00:47:12on a dans ce contexte-là
00:47:13pourtant
00:47:14un assureur
00:47:15AXA
00:47:16qui continue
00:47:17d'assurer
00:47:18le dérèglement climatique
00:47:19en rendant possible
00:47:21le développement
00:47:21de nouveaux projets fossiles
00:47:22parce qu'il faut savoir
00:47:23qu'aucun nouveau projet fossile
00:47:25ne peut se développer
00:47:26sans couverture
00:47:27d'assurance
00:47:28et que AXA
00:47:29aujourd'hui continue
00:47:30de rendre possible
00:47:31le développement
00:47:32de grands projets fossiles
00:47:33et il a
00:47:35cette année
00:47:36en 2024
00:47:37marqué le plus grand
00:47:38bénéfice
00:47:39de son
00:47:41histoire
00:47:41le plus grand bénéfice
00:47:43de son histoire
00:47:43comment ça c'est possible
00:47:44alors qu'on a une aggravation
00:47:45du dérèglement climatique
00:47:47et des dommages financiers
00:47:48associés
00:47:48il est possible
00:47:49de faire le plus grand bénéfice
00:47:51de son histoire
00:47:51et bien tout simplement
00:47:52parce que
00:47:53AXA dans le même temps
00:47:54fait deux choses
00:47:55il augmente les primes
00:47:57d'assurance
00:47:58liées au dommage
00:47:59ce qui fait qu'en France
00:48:00on a 1500 collectivités
00:48:02qui ont du mal
00:48:03à s'assurer
00:48:04et qu'on a un nombre
00:48:06croissant
00:48:07de personnes
00:48:08d'agriculteurs
00:48:09mais aussi
00:48:10d'autres secteurs
00:48:11d'activité
00:48:12qui ont également
00:48:13du mal
00:48:13à faire face
00:48:15aux impacts
00:48:15du dérèglement climatique
00:48:17et à trouver
00:48:18une assurance
00:48:19pour les couvrir
00:48:21et dans le même temps
00:48:22AXA a fait autre chose
00:48:23tout simplement
00:48:24fuir
00:48:24certains risques
00:48:26comme aux Etats-Unis
00:48:27on sait que
00:48:28si vous vous habitez
00:48:28sur la côte californienne
00:48:30et bien vous ne trouvez
00:48:31plus d'assureurs
00:48:32pour
00:48:33parce que tous les ans
00:48:34il y a des méga-feux
00:48:35et donc les assureurs
00:48:36désirent de se déserter
00:48:37donc on a
00:48:38cette arnaque là
00:48:39d'acteurs financiers
00:48:41qui d'un côté
00:48:42continuent d'aggraver
00:48:43le dérèglement climatique
00:48:44tout en faisant
00:48:46juste en sorte
00:48:47de sauver
00:48:49leurs intérêts financiers
00:48:50en se protégeant
00:48:51des impacts
00:48:52de celui-ci
00:48:57Alors face
00:48:59face à ces ennemis
00:49:00face à leurs moyens
00:49:02leurs arnaques
00:49:02comment on
00:49:04comment on s'organise
00:49:05pour transformer
00:49:06le rapport de force
00:49:06comment on trouve
00:49:07cette relance
00:49:08dont vous parliez
00:49:08Camille-Etienne
00:49:10Oui
00:49:11Oui c'est vrai que c'est moi
00:49:15comment est-ce qu'on fait
00:49:17et bien
00:49:17en fait je pense
00:49:18que ce qui est en train
00:49:19de se passer
00:49:20là
00:49:20c'est
00:49:21on parle moins d'écologie
00:49:22et ça me terrifie
00:49:24proprement
00:49:24et
00:49:25on va
00:49:26on va se battre pour ça
00:49:27mais
00:49:27peut-être que ce qui est en train
00:49:29de se passer
00:49:29c'est aussi
00:49:30parce que
00:49:31ce mouvement climat
00:49:32c'est-à-dire que
00:49:33la génération climat
00:49:34comme on titrait
00:49:35les grandes marches
00:49:36etc
00:49:36on est nombreux
00:49:38à s'être aussi politisés
00:49:39et à s'être rendu compte
00:49:40que c'était pas qu'une question
00:49:41de sauver les dauphins
00:49:43dans la Méditerranée
00:49:43en laissant mourir des migrants
00:49:45qu'on n'allait pas pouvoir
00:49:46s'atteler à la question climatique
00:49:48de manière sérieuse
00:49:49si on ne faisait pas
00:49:50une question de justice sociale
00:49:52et ce que je trouve fascinant
00:49:53et je veux vraiment
00:49:55rappeler ça
00:49:55ici aussi
00:49:56c'est
00:49:57c'est peut-être
00:49:58que c'est en faisant
00:49:59ces liens
00:50:00qui ne sont pas
00:50:01si attendus que ça
00:50:02ou en tout cas
00:50:03je me rappelle
00:50:03qu'à chaque fois
00:50:04qu'il y a une manifestation
00:50:05agricole
00:50:06par exemple
00:50:07les médias
00:50:08enfin par exemple
00:50:08BFM
00:50:09ou Pascal Praud adore
00:50:10nous mettre les uns
00:50:11contre les autres
00:50:12et à dire
00:50:12bah regardez
00:50:13ou les gilets jaunes
00:50:14ou à dire regardez
00:50:15ils sont contre les écolos
00:50:16et je pense que ce qu'on peut faire
00:50:17c'est leur tordre
00:50:18leur tordre le bras
00:50:19ou tordre le bras
00:50:20on dit ça l'expression
00:50:21leur tordre le bras
00:50:25en faisant des alliances
00:50:26avec justement
00:50:27ce que j'ai trouvé puissant
00:50:28lors de la loi du plomb
00:50:29c'était de dire
00:50:29nous on est allé
00:50:30voir des agriculteurs
00:50:31des agriculteurs
00:50:32qui étaient pas que en bio
00:50:33qui étaient des éleveurs
00:50:34de cochons en Bretagne
00:50:35et de dire
00:50:37mais en fait
00:50:37on a tellement plus
00:50:39de choses en commun
00:50:41qu'on pourrait défendre
00:50:42c'est ce qui s'est passé
00:50:43le 10
00:50:44avec le mouvement
00:50:44bloquant tout
00:50:45quand on était aussi
00:50:45sur des piquets de grève
00:50:46et je pense que là
00:50:47ce qui est en train de se passer
00:50:48on peut montrer
00:50:49on peut montrer
00:50:50ces alliances là
00:50:50donc je voulais juste rappeler
00:50:52au cas où on n'aura pas le temps
00:50:53de le dire après
00:50:53que j'espère que
00:50:54ici je suis pas très inquiète
00:50:55mais essayer de convaincre
00:50:57des amis
00:50:57pour qu'on soit hyper nombreux
00:50:58le 18
00:50:59il faut vraiment
00:51:00qu'on fasse 18
00:51:02une date immense
00:51:03une date immense
00:51:04et qu'on rappelle
00:51:06je rappellerai à chaque fois
00:51:07que j'aurai un micro
00:51:07qu'il n'y aura pas de stabilité
00:51:10dans ce pays
00:51:10tant qu'il n'y aura pas de justice
00:51:11la question climatique
00:51:13est une question viscéralement
00:51:14de justice
00:51:15sinon on n'est pas sérieux
00:51:16et on peut
00:51:17au vu des enjeux
00:51:18qui sont littéralement
00:51:19encore une fois
00:51:19restés dans une zone
00:51:20de survie pour l'humanité
00:51:21on ne peut pas se permettre
00:51:22de ne pas être sérieux
00:51:23pour être sérieux
00:51:24on doit en faire une question
00:51:25de justice sociale
00:51:27on doit rappeler
00:51:28qu'aujourd'hui
00:51:29ceux qui sont le plus responsables
00:51:30sont dans des tours dorés
00:51:32qui les empêchent
00:51:33de voir les conséquences
00:51:34de leurs propres actions
00:51:35et que donc
00:51:36on va s'allier
00:51:36qu'on va les surprendre
00:51:37et que c'est ça
00:51:38peut-être la relance
00:51:42c'est suite du flou
00:51:49je pense que c'est évidemment
00:51:51ça qu'il faut qu'on fasse
00:51:52c'est d'abord
00:51:52qu'on ne mette pas les bras
00:51:53et ensuite
00:51:53qu'on les surprenne
00:51:56depuis André Gorce
00:51:57dans les années 70
00:51:58qui a extrêmement
00:51:59bien expliqué
00:52:00vraiment
00:52:01c'est indépassable
00:52:03à quel point
00:52:03le système capitaliste
00:52:04produit
00:52:05de la crise écologique
00:52:07par son essence même
00:52:08mais on peut maintenant
00:52:09aussi dire
00:52:10que ce même système
00:52:11produit
00:52:12des inégalités
00:52:13il est incapable
00:52:14de s'autoréguler
00:52:15donc on arrive
00:52:16à un système
00:52:17aujourd'hui
00:52:17où des multi
00:52:18multimilliardaires
00:52:19concurrencent
00:52:20la démocratie
00:52:21par l'accumulation
00:52:23de richesses
00:52:24dont ils ont fait preuve
00:52:25mais le système
00:52:26démocratique
00:52:27aujourd'hui
00:52:27est mis en échec
00:52:28par ce niveau
00:52:30d'inégalité
00:52:30et par la question
00:52:33climat
00:52:34parce qu'ils n'arrivent
00:52:35pas à se projonter
00:52:36dans le moyen long terme
00:52:37donc face à ça
00:52:37qu'est-ce qu'il y a eu
00:52:39comme grand moment
00:52:39dans l'histoire
00:52:40où on a pu inverser
00:52:41des tendances
00:52:42et la vérité
00:52:43c'est que ces moments
00:52:44d'inversion de tendance
00:52:45ont été le fait
00:52:46de deux choses
00:52:47un des grands mouvements
00:52:49populaires
00:52:50non violents
00:52:50extrêmement massifs
00:52:52et deux
00:52:53un débouché politique
00:52:54qui
00:52:55sous la pression
00:52:56de ces mouvements
00:52:57a été capable
00:52:58de mettre en oeuvre
00:52:59des régulations
00:53:00des transformations
00:53:00démocratiques
00:53:01et c'est facile
00:53:02de le dire
00:53:03ici à la fête
00:53:04de l'humain
00:53:04mais j'ai déjeuné
00:53:05à midi
00:53:05à côté de l'histoire
00:53:06d'Ambroise Croisa
00:53:08honnêtement
00:53:08si les militants
00:53:11des années
00:53:1320-30
00:53:13on leur avait dit
00:53:14ce que ça allait être
00:53:15réellement la sécurité sociale
00:53:16ils auraient trouvé ça
00:53:18utopique
00:53:18idéal
00:53:18mais ils n'auraient pas
00:53:19imaginé que ce soit possible
00:53:20quand même à ce point là
00:53:21c'est à dire que même nous
00:53:22je pense qu'on s'auto-censure
00:53:24et ce que je veux dire
00:53:25peut-être d'un peu moins
00:53:25évident à tendre
00:53:26c'est que si on arrive
00:53:28à faire ça
00:53:28donc oui je rejoins
00:53:29ce que dit Camille
00:53:30il faut qu'on soit
00:53:31extrêmement nombreux
00:53:32le 18
00:53:33parce que là
00:53:34il y a vraiment l'idée
00:53:34d'essayer de faire peur
00:53:35et on l'a vu notamment
00:53:36dans la manière
00:53:37dont les forces de police
00:53:39ont été driveées
00:53:40décider les choix
00:53:41qui ont été faits
00:53:42pour essayer de faire peur
00:53:43et d'éviter
00:53:44cette mobilisation massive
00:53:45parce que
00:53:46je faisais référence
00:53:47aux gilets jaunes
00:53:48les derniers à avoir obtenu
00:53:4917 milliards
00:53:50et une inflexion de politique
00:53:51c'était les gilets jaunes
00:53:52et malheureusement
00:53:53ça ne s'est pas traduit
00:53:55en un débouché politique
00:53:56c'est pour ça que je dis
00:53:57que les deux doivent être liés
00:53:58il faut absolument
00:53:59qu'il y ait cette mobilisation massive
00:54:01parce qu'elle fait pression
00:54:02parce qu'elle fonctionne
00:54:03Lucille a très bien raconté
00:54:04si les banques ont commencé
00:54:05à prendre un virage
00:54:07que ce soit sur le charbon
00:54:08et certains sur d'autres sujets
00:54:09c'est aussi sous la pression
00:54:10de leurs salariés
00:54:12leur pression de leurs clients
00:54:14et donc ils se sont dit
00:54:15on est un peu coincés
00:54:16donc ça fonctionne
00:54:17il y a plein de choses
00:54:18qui fonctionnent
00:54:18en revanche
00:54:19il n'y a pas une seule chose
00:54:20qui fonctionne
00:54:21je le dis en souriant
00:54:22parce que
00:54:22quand on est mémé Cécile
00:54:24on rencontre très irrégulièrement
00:54:26des générations d'écolos
00:54:27qui ont trouvé la clé
00:54:28le truc que ces débiles de vieux
00:54:30n'ont pas fait
00:54:30et que nous on va faire
00:54:31et vous allez voir
00:54:32tout va changer
00:54:33notamment il y a eu un moment
00:54:35massif de désobéissance civile
00:54:36vous connaissez les histoires
00:54:37des jets de soupe
00:54:38de tout ça
00:54:39en disant
00:54:39ça ça va faire réagir les gens
00:54:40ça n'a pas marché
00:54:41et moi je dis les choses
00:54:42de manière très humble
00:54:43je ne dis jamais
00:54:44que c'est une mauvaise idée
00:54:45parce que vu que
00:54:46ce qu'on a fait pour l'instant
00:54:47ça n'a pas été un franc succès
00:54:48je ne vais pas dire
00:54:49ce truc là c'est débile
00:54:50mais force est de constater
00:54:51avec le temps
00:54:51qu'il n'y a pas un truc nouveau
00:54:53qu'on n'aurait pas essayé
00:54:54et que si on regarde
00:54:55l'histoire longue
00:54:56ces mobilisations populaires
00:54:57très larges
00:54:58donc avec des intérêts
00:54:59parfois pas toujours convergents
00:55:01avec la nécessité de compromis
00:55:03c'est quand même
00:55:04ça reste le plus efficace
00:55:05mais que la suite
00:55:06c'est le débouché politique
00:55:07parce qu'à un moment
00:55:08ou à un autre
00:55:08si on veut être conséquent
00:55:10avec tout ce qu'on dit
00:55:11il faut que ces régulations
00:55:12extrêmement puissantes
00:55:14à l'égard des acteurs privés
00:55:15existent
00:55:16et il faudra faire avec eux
00:55:17c'est ça le moment
00:55:19moins fun
00:55:19c'est bien sûr
00:55:20qu'il faudra un moment
00:55:21dire au système bancaire
00:55:22alors ça, ça, ça, ça
00:55:24c'est plus possible
00:55:24et voilà comment on va le faire
00:55:26ça vaut pour l'industrie
00:55:29je disais
00:55:30moi je préfère
00:55:30que les usines
00:55:31elles divisent par 3
00:55:32leur consommation
00:55:33et leurs émissions
00:55:33plutôt qu'elles se barrent
00:55:35en Chine
00:55:36en Inde
00:55:37ou en Roumanie
00:55:37je le dis franchement
00:55:39et donc ça veut dire
00:55:40qu'il faut travailler aussi
00:55:41avec les industriels
00:55:41donc comment on crée
00:55:43cet arc extrêmement large
00:55:45et qui à mon avis
00:55:46déborde le paysage politique
00:55:48qui va avec les activistes
00:55:50avec la société civile
00:55:51avec les syndicats
00:55:52et qui dit voilà
00:55:53on se lance
00:55:53dans cette aventure-là
00:55:55comment on y arrive
00:55:55comment on crée
00:55:56ce débouché politique
00:55:57pour le coup
00:55:58s'il faut répondre
00:55:59à ton interrogation
00:56:00tout à l'heure
00:56:01je suis très optimiste
00:56:02je pense que l'attention
00:56:03profonde dans ce pays
00:56:04c'est une attention
00:56:05et c'est une volonté
00:56:06de justice sociale
00:56:07c'est pas du tout
00:56:08si on regarde
00:56:08les études des sociologues
00:56:10ce pays n'est pas
00:56:10un pays raciste
00:56:11ce pays n'est pas
00:56:12un pays
00:56:12je vais m'arrêter
00:56:13n'est pas un pays anti-écolo
00:56:15simplement
00:56:15il a un peur
00:56:16parce que la situation internationale
00:56:17est extrêmement difficile
00:56:18deux il sait pas
00:56:20par quel bout
00:56:20prendre le problème
00:56:21et il sait bien
00:56:21que c'est pas lui tout seul
00:56:22en arrêtant de prendre sa voiture
00:56:23s'il peut plus aller travailler
00:56:24sans prendre sa voiture
00:56:25qui va s'en sortir
00:56:26et qui a besoin
00:56:27de politique publique
00:56:28et je pense que donc
00:56:29la solution
00:56:30c'est la régulation
00:56:31par des politiques publiques
00:56:33démocratiques
00:56:34très volontaristes
00:56:35et qui mettent au coeur
00:56:36de leur logiciel
00:56:37la justice sociale
00:56:38et c'est comme ça
00:56:39qu'on peut gagner
00:56:39mais il faut se dire
00:56:40que cet horizon il existe
00:56:41parce que si cet horizon
00:56:42il n'existe pas
00:56:43y compris nous
00:56:43on se ment entre nous
00:56:44parce qu'on se dit
00:56:45on va y arriver
00:56:45on va y arriver
00:56:46et puis bam
00:56:47on se prend le corps nu
00:56:51alors c'est extrêmement frustrant
00:56:53pour nous tous
00:56:53on va bientôt terminer
00:56:55cette table ronde
00:56:55il nous reste très peu temps
00:56:56et si on ne tient pas
00:56:57les délais
00:56:57c'est nous qui allons
00:56:58nous faire engueuler
00:56:58donc on sera intraitable
00:57:00avec nos invités
00:57:01il nous reste donc
00:57:01quelques secondes
00:57:02une intervention
00:57:03chacun très courte
00:57:05la question qu'on
00:57:05on parle ici
00:57:07avec des défenseurs
00:57:09de l'écologie
00:57:12qu'est-ce que vous diriez
00:57:13chacun
00:57:13en quelques mots
00:57:14à les personnes
00:57:15qui sont aujourd'hui
00:57:16pas convaincues
00:57:17qui ne votent pas
00:57:19pour des politiques
00:57:21et des programmes
00:57:21qui défendent
00:57:22ce que vous défendez
00:57:23qu'est-ce que vous auriez
00:57:24envie de leur dire
00:57:24en quelques phrases
00:57:26et je vous préviens
00:57:26on sera intraitable
00:57:28on commence avec Camille Etienne
00:57:29non pas Camille Etienne
00:57:31elle réfléchit
00:57:33Robert Votard
00:57:34vous êtes le seul
00:57:35à ne pas faire nom de la tête
00:57:36donc c'est pour vous
00:57:37moi je dirais
00:57:39il faut continuer
00:57:40bien sûr
00:57:41tous les
00:57:42tous les engagements
00:57:43pour le climat
00:57:44c'est l'amélioration
00:57:45de notre cadre de vie
00:57:46qui est en jeu
00:57:47c'est la justice sociale
00:57:48qui est en jeu
00:57:49également
00:57:50je voudrais dire juste
00:57:51un dernier mot
00:57:52sur attention
00:57:53à la polarisation
00:57:54des débats
00:57:55actuellement
00:57:56c'est
00:57:57dans l'intérêt
00:57:58des politiques
00:57:59de polariser
00:58:00les débats
00:58:01et des médias aussi
00:58:02donc
00:58:03non
00:58:04la transition
00:58:05c'est pas un effort
00:58:06colossal
00:58:07ni punitif
00:58:08ce n'est pas non plus
00:58:09un chemin facile
00:58:10ça demande
00:58:11des réorganisations
00:58:13c'est important
00:58:14et à la fin
00:58:15on aura des bénéfices
00:58:16en termes de justice
00:58:17en termes de santé
00:58:18beaucoup
00:58:19en termes de santé
00:58:20c'est très important
00:58:21aujourd'hui
00:58:22on a déjà
00:58:23une qualité de l'air
00:58:24qui s'améliore
00:58:25malgré tout
00:58:26dans nos villes
00:58:27et c'est très important
00:58:28de le dire
00:58:28quand on fait ces efforts là
00:58:30ça fonctionne
00:58:30voilà
00:58:34Lucie Pinson
00:58:38alors j'ai beaucoup dit
00:58:39dans le passé
00:58:39que le climat
00:58:41c'est la bataille du siècle
00:58:42la mer des batailles
00:58:43j'en suis plus aussi sûre
00:58:45aujourd'hui
00:58:45et je pense que
00:58:46tout le monde
00:58:47doit avoir en tête
00:58:47qu'il ne s'agit pas seulement
00:58:48de se mobiliser
00:58:49pour le climat
00:58:50que les ennemis du climat
00:58:52c'est aussi
00:58:53les ennemis
00:58:54des libertés civiles
00:58:55de notre droit
00:58:56à la mobilisation
00:58:57d'expression
00:58:58à la presse
00:58:59notre liberté de religion
00:59:01et autres
00:59:02qu'on voit que
00:59:02les attaques
00:59:03aujourd'hui
00:59:03contre ces libertés civiles
00:59:04sont massives
00:59:05et que
00:59:07c'est peut-être
00:59:08demain
00:59:08tout simplement
00:59:09notre capacité
00:59:10à vivre
00:59:10dans un semblant
00:59:12de démocratie
00:59:13j'ai jamais été
00:59:14considérée
00:59:15que vraiment
00:59:15j'étais en démocratie
00:59:16puisque les lois
00:59:17qui passaient
00:59:18personne ne m'avait demandé
00:59:19mon avis
00:59:20mais
00:59:21aujourd'hui
00:59:22je pense qu'on peut
00:59:23utiliser ce gros mot
00:59:24et dire que
00:59:25si on ne veut pas
00:59:26que l'histoire se répète
00:59:28on a intérêt
00:59:29de se mobiliser
00:59:30et de bien prendre conscience
00:59:32que les adversaires du climat
00:59:34sont aussi
00:59:35ceux
00:59:36qui sont
00:59:37en première ligne
00:59:39des attaques
00:59:39contre les personnes racisées
00:59:41et contre les libertés civiles
00:59:43Merci Lucie Pinson
00:59:45Cécile Duflo
00:59:47en quelques phrases
00:59:48Juste une phrase
00:59:50on l'a beaucoup entendu
00:59:51et je l'ai beaucoup dit
00:59:51donc moi en fait
00:59:52maintenant
00:59:52je ne veux plus résister
00:59:54je ne veux plus
00:59:54ne rien lâcher
00:59:55je ne veux plus
00:59:56me mobiliser
00:59:57j'en ai marre
00:59:58je dis simplement
01:00:00parce que je pense
01:00:00que c'est possible
01:00:01que je veux qu'on s'organise
01:00:02et je veux que nous
01:00:04gagnons
01:00:09Et le mot de la France
01:00:10sera pour vous
01:00:10Camille Etienne
01:00:14Je dirais juste
01:00:14qu'on n'est pas condamné
01:00:16à ce qui nous arrive
01:00:17et qu'on ne peut pas
01:00:18savoir à quoi ressemble
01:00:19un peuple qui se soulève
01:00:20tant qu'on ne l'a pas essayé
01:00:22donc peut-être
01:00:23que ça peut
01:00:24être le 18
01:00:25seulement un début
01:00:26mais un grand début
01:00:28j'espère vous y voir
01:00:33Merci beaucoup
01:00:34Merci Cécile Duflo
01:00:35Merci Camille Etienne
01:00:37Robert Vautard
01:00:38Lucie Pinson
01:00:38d'avoir participé
01:00:39à cette table ronde
01:00:40et merci à vous tous
01:00:42de l'avoir suivi
01:00:43ici à l'Agora
01:00:43ou sur notre chaîne Twitch
01:00:45Merci
01:00:46A bientôt
01:00:46A bientôt
01:00:46Au revoir

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