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  • il y a 4 heures
Depuis plus d’un mois, un important mouvement contre la vie chère a été lancé par le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens en Martinique. Face aux mobilisations, l'État a encore choisi la répression en envoyant des compagnies de CRS. Dans le stream de l'Humanité, on préfère s'attaquer à la source du problème : l'explosion des prix qui empêche les Martiniquais de vivre dignement. Comment en est-on arrivés jusque-là ? Peut-on parler d'une situation coloniale ? Le point sur la situation sur l'île avec Naïm Sakhi et Pierre-Antoine Valade.

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Transcription
00:00On va commencer d'abord par parler de la Martinique avec notre journaliste maison Naïm qui a passé 15 jours,
00:0610 jours, et t'es rentré il y a une bonne semaine ?
00:11Ouais je suis rentré mardi dernier juste avant que les événements reprennent, parce qu'on va falloir avoir le pif.
00:15T'as l'air.
00:45Qui va nous expliquer un petit peu la dette etc.
00:50C'est que dans un moment où le budget va être voté à l'Assemblée Nationale et c'est le
00:53bon moment pour en parler en tout cas.
00:57Donc mon cher ami Naïm, Naïm comment te présenter ?
01:02Naïm il a deux centres d'intérêt dans la vie, l'Olympique yennais et Sophie Binet.
01:08Qu'est-ce que tu classes en premier ?
01:09Non mais il y en a un, c'est parce que je m'occupe du syndicalisme et des transports dont
01:17j'ai beaucoup à faire avec la CGT dans mon travail.
01:20Et ça c'est professionnel.
01:21Et puis il y en a un autre, c'est évidemment le plus grand club de football français du XXIe
01:26siècle.
01:27Celui qui a rapporté je crois le plus de points de l'indice UEFA depuis l'an 2000.
01:31L'Olympique yennais bien évidemment.
01:34Les statistiques ?
01:35Que les statistiques sur des points, sur des soi-disant points ?
01:41Qui existent ?
01:42Qui existent ?
01:44Mais bon, nous avons joué la dernière finale européenne.
01:47Allez, donc la Martinique, sujet éminemment compliqué.
01:52Je ne suis pas spécialiste de la question.
01:54Naïm, lui, l'est un peu plus que moi.
01:57J'essaie, j'essaie de comprendre.
01:58En tout cas, elle a extrêmement bien travaillé son dossier.
02:01Donc les amis, avant de vous montrer des petites vidéos de ce qui se passe là-bas,
02:05je pense que c'est intéressant de recontextualiser un petit peu.
02:09Donc depuis un mois et demi, il y a un mouvement contre la bichère.
02:13Il y a des manifestations, des révoltes.
02:16Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus là-dessus ?
02:18Oui, alors concrètement, ce qui s'est passé il y a un mois et demi,
02:22c'est qu'il y a un collectif qui s'appelle le ERPRAC,
02:24donc le Rassemblement pour la Protection des Peuples et des Ressources Afro-Africaines,
02:28qui s'est lancé dans l'été, de son leader est Rodrigue Petiteau,
02:32qui sur les réseaux sociaux...
02:34Qui est Rodrigue Petiteau ?
02:35Alors, c'est le président du ERPRAC, mais on en reviendra dans le déroulé.
02:40En fait, dans l'été, ils ont posé un ultimatum au 1er septembre pour baisser les prix,
02:46parce que les prix de l'alimentation sont 40% plus élevés en Martinique qu'en métropole,
02:51et la pauvreté est de 27% et de 33% chez les enfants.
02:56Donc la question de la bichère est un sujet central en Martinique.
03:00Donc ils ont déposé un ultimatum.
03:03L'ultimatum, on a un peu rigolé au nez de ces gens qui s'organisent sur les réseaux sociaux,
03:07qui font des appels sur les réseaux sociaux.
03:08Comme ça a pu être le cas pendant les gilets jaunes, etc.
03:11Quoique à la différence des gilets jaunes, il y a des ressemblances,
03:14mais à la différence des gilets jaunes, c'est que ce qui a créé le mouvement des gilets jaunes,
03:17c'est une taxe sur le carburant.
03:19Là, il n'y a pas eu besoin d'une nouvelle taxe pour créer ce mouvement de colère,
03:22mais oui, il y a des ressemblances frappantes.
03:25Oui, il y a un ras-le-bol, les prix, on pourra en parler plus tard,
03:28mais les prix sont absolument délirants sur place.
03:31Moi, j'ai pu voir que de l'huile de maïs lucière, c'est 5,50.
03:366,50 les 500 grammes de fromage râpé.
03:38La bouteille d'eau, celle qui est produite sur place, c'est 6 euros.
03:43La bouteille, pardon, le pack d'eau, c'est 6 euros le pack.
03:45Et celle qui est importée, c'est 12 euros.
03:48Et là, je parle vraiment de produits de base.
03:51Et donc, il y a des manifestations, des blocages qui ont eu lieu.
03:57Et également, ce que j'ai pu observer, c'est des opérations caddie,
04:01où les gens du Airpac vont dans les supermarchés,
04:04mettent des produits frais, ultra frais, surgelés dans les rayons,
04:08tournent pendant une heure ou deux, vont tous à la caisse.
04:10Donc, ils sont 80 à la caisse, et en fait, ils ne peuvent pas payer.
04:12Et comme à chaque fois, il faut faire une opération, une annulation, etc.
04:15Normalement, le produit est un propre à consommation.
04:18Donc, on va en reparler.
04:19Il y a des rondes de négociations qui ont eu lieu.
04:23On était près à un accord, presque proche d'un accord, le 7 octobre.
04:27Ce problème, c'est que comme il n'y avait pas de gouvernement,
04:29puis après, il n'y avait pas de budget,
04:31les engagements de l'État n'étaient pas forcément suivis.
04:35Bref, toutes les parties n'étaient pas forcément prêts.
04:38Donc, la réunion a été repoussée,
04:39ce qui a précipité de nouveaux événements courants de la semaine passée.
04:44Et là, on va en revenir dans le déroulé en manière plus concrète.
04:50Mais là, chacun joue la montre.
04:52Et chacun joue la...
04:54Du côté de l'exécutif qui envoie les CRS et...
04:58Est-ce que ça te trouve qu'on regarde...
05:00Parce qu'en fait, ce qu'il faut comprendre,
05:02c'est que ces manifestations, elles sont souvent réprimées.
05:06Réprimées très durement.
05:07Oui, en fait, il y a deux types de manifestations.
05:11Quand c'est dans les rayons, en fait, c'est encadré.
05:14Moi, je suis allé dans un carrefour.
05:16Enfin, dans deux carrefours où j'ai suivi le Airpac,
05:18il y a des forders qui observent ça, mais il n'y a pas de casse.
05:21Donc là, ils peuvent rien faire.
05:22Par contre, oui, dans certains quartiers de Fort-de-France,
05:25dans certains ronds-points,
05:27et maintenant, pas qu'à Fort-de-France,
05:28aussi au François, aussi au Lamantin,
05:30donc dans les villes à 20 minutes de voiture,
05:33là, il y a des blocages,
05:34et là, les forces de l'ordre interviennent.
05:37C'est-à-dire que...
05:39Est-ce que toi, par exemple, tu en as vu,
05:41les CRS qui sont intervenus ?
05:42Non, moi, j'y suis allé, en fait,
05:44dans une période où les négociations étaient proches d'aboutir.
05:47Donc, il n'y avait plus de violence.
05:49Et je suis reparti juste avant
05:50que la table ronde soit repoussée,
05:53ce qui provoque les nouvelles.
05:54Donc moi, je n'ai pas vu, je ne peux pas témoigner,
05:56et je me fie à ce que je vois,
05:57ce qui est rapporté par des confrères,
05:59ou ce qu'on peut voir sur la réseau.
06:01Les amis, on va commencer direct par une...
06:03On a sélectionné plusieurs petites vidéos.
06:05Enfin, on a sélectionné notre chère Naïm
06:07à sélectionner des petites vidéos.
06:10On va les regarder
06:11et réagir un petit peu à ce qui s'y passe.
06:15Celle-là, je vérifie que c'est bien là-bas, mais...
06:17Oui, c'est celle-là.
06:18C'est celle-là ?
06:18C'est celle-là, c'est dans la nuit, ça.
06:19Ok.
06:20C'est la bêtise, la bêtise.
06:23Vous vous attendez bien ?
06:50Qu'est-ce qui se passe dans cette...
06:51Bon, alors, en fait, il faut savoir que...
06:53Fin septembre, il y a une compagnie de CRS,
06:56une huitième compagnie de CRS,
06:58une unité d'élite créée en 2021 spécialisée dans les violences urbaines
07:01qui a été envoyée sur l'île.
07:03R7-8 ?
07:04Sans doute.
07:06D'accord.
07:06Sans doute, ouais.
07:08Et c'est un événement, parce que jusqu'en 1974, il y a 50 ans,
07:13les révoltes ouvrières, agricoles et sur la question de la huichère
07:17finissaient toujours dans le bain de sang en Martinique.
07:19Et lorsqu'on a envoyé en 59, l'État français a envoyé des CRS sur l'île,
07:23il y a eu trois jeunes martiniquais.
07:25Et depuis 59, aucun CRS n'avait été envoyé sur l'île.
07:28Donc déjà, le fait de renvoyer des CRS sur l'île,
07:31c'était un message qui a été vu comme une agression et comme une provocation.
07:36Rapport traumatique.
07:37Et là, là, la vidéo qu'on voit, en fait, elle date de cette nuit,
07:42de cette nuit, où il y a de nouveaux renforts de CRS qui ont été envoyés.
07:46Donc, samedi, il devait y avoir, lundi puis samedi,
07:49il devait y avoir un accord sur la baisse des prix.
07:51Il n'y a toujours pas d'accord.
07:53Mais par contre, il y a de plus en plus de forces de l'ordre.
07:57Et ça va dans la droite lignée de ce que Bruno Rotaillot a dit.
08:01À savoir la vie chère, on ne peut pas vivre, il faut rétablir l'ordre.
08:06Ok. Pour essayer de mettre au contexte ces propos de Rotaillot,
08:10je pense que c'est bien de voir cette vidéo.
08:12Intervention des forces de l'ordre, ce lundi, avec une très jolie police.
08:17C'est tout.
08:33Et du coup, est-ce que ces révoltes ont lieu partout à Martinique, ou est-ce qu'elles sont concentrées
08:37?
08:37Non, c'était concentré à Fort-de-France.
08:42Et maintenant, ça commence, dans la seconde vague qui a commencé le milieu de semaine dernière,
08:47ça prend au-delà de Fort-de-France.
08:50Moi, je me suis rendu dans le nord de l'île, vers Saint-Pierre, la semaine, il y a 10
08:55jours maintenant.
08:56Et à 15 minutes où je logeais, il y a une ville qui s'appelle Le Carbet, c'est une
09:01ville touristique de base.
09:03Et il y a la gendarmerie qui a brûlé fin de semaine dernière.
09:07Donc voilà, c'est montrer le niveau de tension qu'il y a sur place.
09:11Ok.
09:13Est-ce que t'es chaud qu'on regarde la dernière vidéo ?
09:14Ouais, non, je pense qu'on peut avancer.
09:17Tu veux qu'on avance ?
09:17Ouais, ouais, ouais.
09:20Moi, je voudrais bien dire un mot sur l'attitude de l'État, et on va passer après au problème
09:25plus structurel.
09:27Il faut quand même savoir que, quand la révolte a commencé, il n'y avait pas de Premier ministre.
09:32Bon, et ensuite, il n'y avait pas de gouvernement.
09:34Donc le préfet naviguait à vue, et il y a un ministre des Outre-mer qui a été nommé, qui
09:39s'appelle François-Noël Buffet.
09:40Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'avant, le ministre de l'Intérieur était aussi ministre de l
09:44'Outre-mer.
09:44Voilà, avant, le dossier des Outre-mer était rattaché à Gérald Darmanin.
09:47Est-ce que ça a été rattaché à Gérald Darmanin ?
09:49En fait, ça a été rattaché parce qu'il y avait la question de Mayotte et la question de la
09:52Nouvelle-Calédonie.
09:53Et on peut quand même dire, d'ailleurs, c'est pas moi qui le dis, c'est Manuel Valls et
09:58Edor Philippe qui disent quand même que ce qui a été fait en Nouvelle-Calédonie, c'est pas top, et
10:01qu'il faut remettre un peu de dialogue.
10:03Donc, il y a un nouveau ministre qui a été nommé, qui s'appelle François-Noël Buffet, qui est sénateur
10:07LR du Rhône, donc bien évidemment, il connaît la situation dans Edom Tom.
10:11Et il a été interviewé, on va le voir, à plusieurs questions au gouvernement, mais surtout, c'est que ce
10:16week-end, il a dit une phrase « Dès lors que les différents acteurs seront tombés d'accord, je viendrai
10:22bien volontiers ».
10:22C'est-à-dire, moi, je ne me mouille pas, mettez-vous d'accord, c'est la loi invisible du
10:26marché qui fixe les prix, comme tout le monde sait.
10:28Par contre, je viens récupérer les fleurs.
10:31J'ai eu, par exemple, un député au téléphone, j'ai eu le secrétaire général de la CGT Martinique, donc
10:36vous pouvez demain retrouver un entretien dans l'humanité.
10:38Et oui, les amis, les élus d'humanité, entretien retrouvé ce soir sur le site internet, c'est ça ?
10:44Demain, ok, voilà.
10:45Bon, ben, bizarrement, en gros, démerdez-vous, moi, je viens ramasser les fleurs, ben, ça ne passe pas trop.
10:52Et d'ailleurs, je crois qu'on va passer sur...
10:54Oui, pour une prochaine vidéo.
10:56Donc, il faut savoir que les quatre députés de Lille, ce sont des députés Nouveau Front Populaire,
11:01qu'il y a eu trois ou quatre questions déjà au gouvernement, donc ça fait trois semaines, je crois, que
11:07la session parlementaire,
11:08et toute l'Espagne, il y a des questions au gouvernement.
11:10Moi, je voulais qu'on voit la question de Marcelo Nadeau, qui siège au groupe communiste, au groupe GDR à
11:17l'Assemblée,
11:17et avec qui j'ai passé une journée entière dans sa circonscription,
11:22dont vous pouvez retrouver un reportage dans l'Humanité Magazine ce jeudi.
11:28Très corpo au Sénat.
11:29Ah oui, oui.
11:30Toujours.
11:31Il ne lâchera jamais ça.
11:33Les amis, situation martinique, aujourd'hui encore, je vous laisse...
11:37Madame la Présidente, ma question s'adresse à monsieur le Premier ministre.
11:40Des hommes, des femmes qui ont commis la faute de ne pas être contents,
11:43d'avoir été si longtemps trompés, abusés, exploités.
11:47Qui veut du pain aura du plomb, au nom de la loi, au nom de la force,
11:51au nom de la France, au nom de la force de la loi qui vient de France.
11:54Ces quelques mots ne sont pas de moi, mais extraits d'un discours prononcé par Feu-Georges Gratian,
12:00le maire communiste de la ville du Lamantin de l'époque, en Martinique,
12:03lors des funérailles d'une jeune ouvrière et de deux jeunes ouvriers,
12:07tombés sous les balles des forces de police et de gendarmerie, le 24 mars 1961.
12:13Ces quelques mots, j'ai tenu à les prononcer ici, pour montrer ou démontrer, s'il en était besoin,
12:19la persistance des éléments de colonialité dans les relations entre la France dite métropolitaine et les dix Outre-mer.
12:27Aujourd'hui encore, la seule réponse du gouvernement face aux revendications légitimes des Martiniquaises et des Martiniquais,
12:35c'est la répression, c'est l'envoi de la CRS 8, sans considération d'ailleurs des traces indélébiles
12:41laissées par les CRS de notre mémoire collective.
12:44Et pourtant, le 20 septembre 2024, vous avez été destinataire de courriers de notre groupe GDR,
12:52vous demandant notamment que l'Etat consente enfin à jouer son rôle face aux positions oligopolistiques
12:58des grands groupes de la distribution qui font les prix dans nos pays.
13:02Pour régler ce problème de vie chère, compte tenu de la gravité de la situation,
13:08le choix du premier trimestre 2025 pour réunir le Sium nous paraît surréaliste.
13:12Et les quatre députés de Martinique attendent de vous une réponse rapide et urgente à leur demande d'audience.
13:19À quand donc les réponses concrètes que nous sommes en droit d'attendre pour qu'à nos revendications légitimes,
13:25l'Etat n'ait une fois de plus la tentation du plomb et de la répression comme seule réponse ?
13:32Et à quand le départ de la Martinique, de la CRS 8, comme demandé par de nombreux élus de notre
13:38pays ?
13:39Une CRS 8 qui a d'ailleurs sévi lundi dernier contre des manifestants passés ?
13:44Merci.
13:45Juste deux mots parce qu'on va voir la réponse du ministre ensuite.
13:49On voit deux choses. On voit d'abord le poids de l'histoire.
13:52Le poids de l'histoire, il cite une citation.
13:54Oui, c'est ce que tu rappelais.
13:55Donc la question sociale en Martinique, elle est particulière, elle est issue de la colonisation.
14:01Et on voit aussi l'urgence de la situation.
14:03Et lui, il dit qu'il faut s'attaquer aux positions oligopolistiques,
14:05parce qu'on va y venir plus tard sur pourquoi est-ce qu'il est pris son cher.
14:08Voilà. Il y a quand même une forme de gravité dans l'intervention de Marcelo Nadeau.
14:13Et je vous invite à écouter la réponse du ministre François-Noël Buffet.
14:27Monsieur le député, la deuxième chose,
14:46La police qui est présente, les forces de l'ordre qui sont présentes,
14:49ont essuyé des coups de tirs d'armes à feu.
14:54Nous avons plus d'une trente...
14:55C'est vrai ça ?
14:58Oui, à ma connaissance, il n'y a pas eu de mort, par exemple.
15:01Il y a une certaine de gendarmes et policiers blessés,
15:06mais force doit rester à la loi, c'est le principe.
15:09C'est le principe sur tous les territoires de la République,
15:11sans exception, je le redis.
15:13Sur le problème de fonds que vous soulevez,
15:15qui est le problème de la vie chère et du prix,
15:17vous avez raison qu'il faut regarder cela avec beaucoup de détails.
15:21Nous avons, je l'ai dit tout à l'heure,
15:23de multiples raisons de traiter dans le fonds tous les sujets,
15:27car il n'y a pas qu'un seul sujet.
15:28Vous en soulevez un en particulier,
15:29mais il n'y a pas que celui-là qui doit être regardé
15:32pour participer à la baisse des prix sur le territoire antillais.
15:37Je voudrais peut-être vous dire que l'Etat reste très engagé depuis longtemps,
15:41que par ailleurs, le bouclier qualité-prix fonctionne,
15:46et que nous sommes très engagés également sur les contrôles qui seront mis en place
15:50pour le respect des règles qui sont fixées sur le territoire.
15:53Enfin, et j'en terminerai par là,
15:55il s'agit aussi de mobiliser l'ensemble des forces locales,
15:58y compris des forces économiques,
15:59et que la réponse viendra, je l'ai redit tout à l'heure,
16:02je l'ai redit tout à l'heure, je le redis,
16:03sur un travail collectif,
16:05et gage que les propositions qui seront faites,
16:07le travail qui sera fait demain par le préfet
16:10avec l'ensemble des élus du territoire
16:12apportera la solution immédiate,
16:14mais sur le fond, je vous promets qu'on regardera
16:16l'ensemble de la situation de manière structurelle.
16:19Si on synthétise un petit peu, c'est rien.
16:22Voilà.
16:23Le vide.
16:23Voilà.
16:25Il vient avec des éléments concrets,
16:26et le ministre ne dit rien.
16:27Et ce qui est très drôle,
16:30c'est que la République travaille pour tous,
16:31sans exception aucune.
16:33Sans doute.
16:34Je pense notamment à Mayotte,
16:35qui n'a pas d'eau.
16:36Sans doute.
16:36Mais quand, par exemple, hier,
16:41il y a l'histoire de l'Iprane,
16:42dont Sanofi veut vendre.
16:45En une du journal du jour.
16:47Voilà.
16:47Ça mobilise deux ministres.
16:50Depuis septembre,
16:51aucun ministre ne s'est rendu en Martinique.
16:53Donc, le travail pour tous, oui,
16:56mais visiblement...
16:57Ça dépend de quelle couleur...
16:59Voilà.
17:00Et je voudrais aussi apporter une précision.
17:04Les quatre députés Nouveau Front Populaire de Lille
17:07ont mis plus de deux semaines à obtenir une rencontre
17:11avec le premier ministre Michel Barnier.
17:13Et pour le moment,
17:14ils ont l'accord de principe,
17:15mais toujours pas de date,
17:16à ma connaissance.
17:18Et en contrepartie,
17:19et on expliquera ce que c'est,
17:21c'est que le R-PRA,
17:21qui est le R,
17:23le Roderick Petiteau,
17:24disent,
17:25« Ah, mais regardez,
17:25les députés ne servent à rien
17:26parce qu'en fait,
17:27ils remènent de Paris
17:28des brouettes de 49-3. »
17:30Donc, ça veut dire que
17:30le mépris du Parlement
17:32à Paris
17:33provoque une défiance
17:34dans la population
17:35parce qu'on pense
17:35que les élus ne servent à rien.
17:37Et ça, c'est extrêmement dangereux
17:39et on voit concrètement
17:40les effets de cette année de macronisme.
17:42Ah, les effets pervers.
17:43De cette année de macronisme,
17:44de mépris du Parlement
17:46et des corps intermédiaires.
17:49Ok.
17:50Du coup, il y a quand même
17:51une question qui se pose,
17:52c'est pourquoi les négociations
17:53s'enlisent ?
17:54Parce qu'on en a parlé,
17:55il y a eu quatre tables rondes déjà.
17:57Donc, les tables rondes,
17:58pour expliquer un peu aux gens,
18:00il y a qui dedans ?
18:01Alors, il y en a eu cinq.
18:03Mais il y a qui ?
18:04Il y a, premièrement,
18:06c'est maintenant Serge Dichimi,
18:08le président de la collectivité
18:09territoriale de Martinique
18:10qui les préside.
18:11Il y a les élus
18:12des représentants des villes,
18:15de la collectivité territoriale
18:16parce que là-bas,
18:17il n'y a pas de département
18:18de région,
18:18il n'y a qu'une seule collectivité.
18:19Il y a les députés,
18:21il y a les syndicats,
18:22il y a le patronat,
18:23il y a le préfet
18:24et il y a le RPRAC.
18:26Donc, il y a ce fameux
18:27collectif, association
18:29qui s'est monté dans l'été
18:30et qui impulse la dynamique
18:32via les réseaux sociaux.
18:34Ok.
18:35Donc, il y en a eu
18:35déjà quatre.
18:37Oui.
18:37La dernière devait se dérouler
18:38le 7 octobre.
18:39Oui.
18:39Elle a été repoussée
18:40jusqu'à aujourd'hui.
18:42Non, alors,
18:43elle a eu lieu
18:44dans la nuit
18:45de vendredi à samedi.
18:46Ok.
18:47Mais,
18:49elle n'a pas été conclusive
18:50et en fait,
18:51chacun reste sur ses positions.
18:52Ok.
18:53Peut-être mettre
18:53l'article que j'ai fait
18:55dans le journal du jour
18:55qu'on va survoler
18:56pour comprendre.
18:57Il y a la nue
18:58qui nous demande
18:58peut-on parler
18:59de situation coloniale ?
19:01Oui, on va revenir plus tard.
19:03Mais oui,
19:03on peut évidemment
19:04parler de situation coloniale.
19:07Voilà.
19:08Donc,
19:09la situation n'a pas abouti.
19:12Vas-y,
19:13descend,
19:13descend,
19:13descend,
19:14descend.
19:14Hop.
19:15Ah,
19:15c'est payant.
19:16et on n'a pas mis
19:18nos comptes.
19:19Bon,
19:19c'est pas...
19:20Bon,
19:20pour la faire simple,
19:21il y a deux points de blocage.
19:22Le premier,
19:23c'est sur le mode de calcul
19:25des prix
19:26entre...
19:27de la différence de prix
19:28entre la métropole
19:29et la Martinique.
19:33Parce que,
19:34il y a...
19:35Selon l'idée,
19:36il y a 40%
19:37sur les prix de l'alimentaire.
19:38C'est 30%,
19:38mais la nourriture,
19:39c'est vraiment 40%.
19:40Voilà,
19:4040% sur le prix de l'alimentaire.
19:41Bon,
19:42pour faire simple,
19:43c'est que
19:43pour baisser les prix,
19:46la collectivité territoriale
19:48est d'accord
19:49pour baisser
19:50l'octroi de mer.
19:51Donc,
19:51c'est une taxe
19:52que la collectivité
19:53et les mairies
19:55encaissent
19:55sur les produits importés.
19:57C'est une mesure protectionniste
19:59pour protéger
19:59les productions de l'île.
20:00Bon.
20:01Elle est prête
20:02à baisser ses taxes
20:03de 9,5%,
20:04sachant qu'au total,
20:06donc nous,
20:06on a la TVA en France.
20:07Là-bas,
20:08il y a la TVA
20:09plus l'octroi de mer.
20:10Les produits sont moins taxés
20:11en Martinique
20:13que dans l'hexagone.
20:15L'octroi de mer,
20:16ça ne touche pas uniquement
20:17la Martinique,
20:18ça touche tous les territoires
20:19ultramarins ?
20:20Oui,
20:21je crois que dans...
20:22Mais en tout cas,
20:23la collectivité
20:24est prête à faire un effort
20:25pour baisser l'octroi de mer
20:26à 0%
20:27sur 54 familles de produits.
20:29Ça fait à peu près
20:296 000 produits.
20:32Et en contrepartie,
20:33l'État passe la TVA
20:34de 2,1% à 0%
20:36sur 60 familles de produits.
20:38OK.
20:38Ça, c'est ce que mettent
20:41sur la table
20:41les organisations.
20:44Pas les organisations,
20:45la collectivité.
20:48En contrepartie,
20:52comment dire ?
20:53Les groupes
20:55de la grande distribution,
20:57en fait, eux...
20:58Oui, c'est quoi
20:59leur proposition finalement ?
21:00Parce que là,
21:00on parle des élus.
21:01Eux, ils disent
21:01si moi je mets à la poche,
21:02je récupère d'une moyen
21:03parce que ce qu'il faut savoir,
21:05c'est que dans la fabrication
21:08du prix,
21:10là où en France,
21:11il y a en moyenne
21:11trois intermédiaires
21:12entre quand le produit
21:14est fabriqué...
21:15Le producteur...
21:16Je ne vais pas rentrer
21:17dans les détails,
21:17mais en gros,
21:18il y a un rapport parlementaire
21:19qui a été fait par un ancien député
21:20de Martinique l'année dernière,
21:22donc preuve que la question
21:23est prise au sérieux
21:24par les parlementaires de l'île
21:25et les élus locaux de l'île,
21:26qui disent que là où en moyenne
21:28il y a trois intermédiaires
21:29en France
21:29dans la fabrication
21:30du prix d'un produit,
21:31il y en a 14 en Martinique.
21:33Et tout le monde se gave sur les...
21:34Et c'est surtout
21:35qu'il y a certaines entreprises,
21:39je prends par exemple
21:42une entreprise qui stocke,
21:44quand ça sort du bateau,
21:45c'est stocké.
21:46D'accord.
21:47C'est la même entreprise
21:48qui peut transporter.
21:49Enfin, le propriétaire,
21:50c'est le même.
21:51Ce n'est pas la même entreprise,
21:51mais le propriétaire,
21:52c'est le même.
21:53D'accord.
21:53Et donc du coup,
21:54en fait,
21:54il y a une accumulation des marges.
21:55Et il manque pour chaque...
21:56Voilà.
21:56Et à chaque fois,
21:57il taxe une marge.
21:58Ok.
21:58Et en fait,
21:59marge plus marge plus marge,
22:00ça va dans la même poche,
22:01in fine,
22:01parce qu'au bout de l'échelle,
22:03ça appartient à ce qu'on appelle
22:03au béquet.
22:04Et donc les béquets,
22:05donc la question dans le chat,
22:06est-ce qu'il y a une question coloniale ?
22:07Oui.
22:08Évidemment.
22:08Pourquoi il y a une question coloniale ?
22:10Parce que,
22:11alors que 80%
22:12de ce qui est importé,
22:14de ce qui est consommé en Martinique
22:16est importé
22:16de la métropole,
22:18de l'Europe,
22:19et que la Martinique
22:20n'est pas du tout intégrée
22:20régionalement
22:21avec les Caribes,
22:22avec l'Amérique du Sud,
22:24donc elle est dépendante
22:24comme ancien comptoir colonial.
22:26Donc ça,
22:26c'est l'échéma économique
22:27qui date de la colonisation.
22:28Elle est dépendante
22:29du marché européen.
22:32Mais en plus de ça,
22:33ce sont les anciennes familles
22:34de nobles
22:35qui sont 3000,
22:37moins d'un pour cent
22:38de la population,
22:39qui détiennent
22:39les moyens de production,
22:40qui détiennent
22:41les moyens
22:42certains,
22:43et on va y revenir
22:44sur les droits
22:45d'importation
22:45des produits
22:46de l'Hexagone,
22:47et qui sont aussi
22:48ceux qui tiennent
22:49les carrefours
22:49et compagnie
22:50qui vendent les produits.
22:51Donc il y a
22:52une opacité
22:53dans la fabrication
22:54du prix,
22:55et c'est ce qui explique
22:56en partie
23:00les 40%
23:01et le fait
23:01que la vie est chère.
23:04Alors les élus
23:04ne sont pas déposés,
23:05par exemple,
23:05Marcelo Nadeau
23:06va déposer
23:06une proposition
23:07de loi antitrust,
23:08parce que c'est à ça
23:09qu'il faut s'attaquer.
23:10Oui, c'est structurel finalement.
23:11C'est structurel.
23:12Alors bien sûr,
23:13la Martinique
23:13est un pays sous-développé,
23:14et ses 350 000 habitants,
23:16c'est une île,
23:17et évidemment
23:17que ce ne sera jamais
23:18la septième puissance mondiale.
23:2027% de la population
23:21est visue au sol
23:22des pauvretés.
23:22Et donc évidemment
23:23qu'il y aura
23:26du fait de sa géographie
23:29des handicaps économiques.
23:31Mais ceci dit,
23:32il faut voir
23:33qui s'en met plein les poches.
23:34Et ça,
23:35on les connaît,
23:36ce sont
23:38les fameux béquets.
23:40Un béquet,
23:41un béquet les amis,
23:42c'est un blanc créole
23:42descendant des premiers
23:43colons esclavagistes.
23:45Voilà,
23:45et je voudrais quand même
23:46dire un mot
23:46parce que,
23:47pour bien comprendre,
23:49concrètement,
23:49l'île,
23:50elle vit de quoi ?
23:50Elle vit des services publics,
23:52de la présence de l'État
23:53et des collectivités.
23:54Elle vit du tourisme.
23:55Et l'industrie ne représente
23:56que 12%.
23:57Mais moi,
23:58j'ai visité par exemple
23:58une zine d'eau.
24:00Ok.
24:00Et ça,
24:01c'est très intéressant.
24:03Donc lui,
24:03je ne vais pas citer la marque,
24:05ce n'est pas un béquet.
24:05Bon,
24:08c'est la bourgeoisie locale.
24:10D'accord.
24:12Lui,
24:14déjà,
24:14rien que le fait
24:15d'importer d'Allemagne,
24:17en l'occurrence,
24:18une machine pour produire de l'eau,
24:20pour mettre en bouteille,
24:21ça lui coûte beaucoup plus cher
24:22que s'il était en France.
24:24Donc rien que ça,
24:24au-delà d'en importation.
24:26Donc bien sûr,
24:27il a lait d'européenne,
24:28le FEDER,
24:29mais ça ne comble pas.
24:30Déjà,
24:30de base,
24:31au moment d'investir,
24:32c'est plus cher.
24:33C'est plus cher aussi
24:34au niveau de la maintenance.
24:36C'est plus cher aussi
24:37parce que
24:37pour pouvoir mettre en bouteille,
24:39il faut des bouteilles d'eau
24:40et des bouchons
24:41et que ça,
24:42c'est importé,
24:43c'est pas produit sur place.
24:44Donc sa bouteille d'eau,
24:46elle est,
24:47quand tu la facture,
24:49déjà de base 15% plus cher
24:51que son concurrent Evian.
24:53Qui lui vend déjà beaucoup.
24:55Voilà.
24:55Alors évidemment,
24:56Evian,
24:57l'eau Evian
24:57ou Vittel
24:58ou Crystalline.
25:00Donc il y a tous les intermédiaires
25:01en France,
25:01jusqu'à ce que ça va au Havre
25:02ou à Marseille.
25:03Après,
25:03il y a les intermédiaires
25:04pour les mettre sur le bateau
25:06et dans les conteneurs.
25:07Ensuite,
25:07il y a le transport.
25:08Ensuite,
25:08il y a,
25:09donc jusque dans les supermarchés,
25:12jusque dans les supermarchés
25:13en France
25:14et en Martinique,
25:15pardon.
25:16et l'eau française,
25:19la Vittel,
25:20c'est 12-13 euros le paquet.
25:22D'accord.
25:23Moi,
25:23la Vittel,
25:24je l'achète,
25:24c'est 2,50 ?
25:26Le paquet,
25:26ouais,
25:26c'est autour de 3 euros
25:27un paquet d'eau,
25:283,50,
25:28ça dépend.
25:30Surtout à Paris,
25:31ça dépend.
25:31Moi, personnellement,
25:31j'adore la Volvic.
25:32Je suis très fan des eaux
25:32et des eaux de verre.
25:34Et donc,
25:34du coup,
25:37déjà,
25:37l'eau,
25:38une marque nationale,
25:39chez nous,
25:39c'est 3,
25:403,
25:402,
25:4050,
25:413,
25:413,
25:4150.
25:41Là-bas,
25:41c'est 12-13 euros.
25:43Sauf que son eau à lui,
25:46du fait de l'insularité,
25:47du fait du faible marché
25:48de 350 000 habitants,
25:50lui, son eau à lui,
25:51elle est à 6 euros.
25:52Donc déjà,
25:53de base,
25:53même l'eau locale,
25:54elle est plus chère que chez nous
25:54parce qu'il y a des problèmes structurels
25:57de sous-développement.
25:58Donc ça,
25:59ça montre bien
26:00pourquoi l'eau 3 de mer.
26:01C'est parce que l'eau 3 de mer
26:01permet de lutter contre...
26:03Donc,
26:03il y a tout ça
26:04qui rend en compte
26:05dans la fabrication.
26:07L'eau 3 de mer,
26:10parce que tu l'as expliqué tout à l'heure,
26:11mais c'est une taxe
26:12sur les importations.
26:13Sur les produits importés.
26:15Et ça pèse,
26:16j'ai regardé,
26:17je me suis bien enseigné,
26:18945 euros par habitant par an.
26:21Alors,
26:21c'est un chiffre que tu me dis,
26:23mais voilà,
26:24mais c'est comme
26:25quand on paye la TVA
26:26quand on fait nos courses.
26:27Donc en fait,
26:28ce qu'il faut retenir là-dedans,
26:30c'est que le problème dans tout ça,
26:32ce sont les grands distributeurs.
26:34Exactement.
26:35En fait,
26:37je vais prendre l'exemple
26:38de la famille Bernard Ayotte.
26:40Bernard Ayotte,
26:41qu'est-ce qu'elle fait à la famille ?
26:42Le groupe Bernard Ayotte,
26:43donc c'est une famille descendante
26:46de nobles colonialistes.
26:48Bernard Ayotte,
26:49le groupe Bernard Ayotte
26:50qui est présent par ailleurs
26:51à la Réunion,
26:52le groupe Bernard Ayotte
26:56détient les licences
26:57d'importation
26:58de certains produits,
27:00intervient dans la logistique
27:04et détient certains supermarchés,
27:06notamment une grande partie
27:07des carrefours
27:08qui vendent les produits.
27:10Donc en fait,
27:11le bout de la ligne,
27:12au milieu,
27:13c'est à toutes les étapes.
27:14Il tient la canapèche.
27:14Voilà,
27:15donc quand il dit
27:15moi je ne peux pas faire d'effort,
27:17bon,
27:18tu peux difficilement
27:19le prendre au sérieux.
27:20les collectivités
27:21sont prêts à baisser la taxation.
27:24Mais attention,
27:25ça veut dire des impacts
27:26pour les finances publiques
27:26et pour notre bien commun.
27:27Parce que les services publics,
27:29c'est le bien de ceux
27:30qui n'en ont pas.
27:31Donc les collectivités,
27:32face à l'urgence sociale,
27:34disent moi je suis prêt
27:34à faire un effort.
27:35mais en face,
27:36on a des gens
27:37qui t'expliquent
27:38que,
27:38ah mais nous,
27:39vous comprenez,
27:40c'est compliqué,
27:40c'est difficile.
27:41On rejoint un peu la,
27:43hier,
27:43je ne sais pas si vous avez,
27:43si vous avez entendu
27:44le patron de Stellantis,
27:46Tavares,
27:47qui disait qu'il ne touchait pas
27:48assez d'argent
27:48pour payer assez d'intos.
27:51C'est toujours les autres.
27:52Les riches ne veulent pas payer,
27:53mais par contre,
27:54il faut aller
27:55détruire les services publics
27:56pour gagner un petit sou
27:57pour qu'on puisse gagner
27:5850 $ sur un pack d'eau.
28:00Voilà,
28:00voilà.
28:00Donc c'est tout.
28:01Voilà,
28:02et donc oui,
28:03je reviens à la question du chat,
28:04je ne sais pas si on a eu depuis,
28:05mais oui,
28:05la question coloniale,
28:06oui bien sûr,
28:07la question coloniale.
28:08Structurellement,
28:09parce que la Martinique
28:10n'est pas intégrée régionalement,
28:12économiquement,
28:13et puis parce que c'est
28:14les familles de nobles
28:15qui tiennent encore l'île.
28:19Tu nous as mis un petit...
28:21Tu veux qu'on fasse
28:22le petit traitement
28:23du mouvement par CNews ?
28:24Ouais,
28:24le petit mouvement
28:25du traitement par CNews
28:27parce que c'est assez sympa.
28:28Ah non,
28:28ce n'est pas elle.
28:29Celui-là,
28:30tu ne voulais pas...
28:32Tiens,
28:32reviens sur elle.
28:33Voilà,
28:33il faut vous montrer aussi
28:34comment se passent
28:35les négociations
28:36parce qu'on n'en a pas dit un mot.
28:37Donc ça,
28:37c'est pendant...
28:38Voilà,
28:38en fait,
28:38il faut savoir qu'en gros,
28:40il y a un collectif
28:41qui s'est monté dans l'été.
28:43C'est des gens
28:43qui n'ont pas de mandat
28:44syndicaux,
28:45etc.
28:45Et ces gens-là
28:46sont à table des négociations
28:49avec le préfet,
28:51avec le groupe Bernard Riot,
28:52avec le président
28:53de la collectivité,
28:54avec les députés.
28:56Déjà,
28:56ça interpelle
28:57sur la puissance
28:57du mouvement
28:58et le fait que...
28:59Parce que ce n'est pas
29:00un syndicat.
29:00Ce n'est pas un syndicat.
29:02D'ailleurs,
29:02comme en France,
29:03au début,
29:03ils étaient en opposition
29:04avec les syndicats,
29:04maintenant,
29:04ils cherchent à marcher ensemble.
29:06Et les syndicats
29:07mènent aussi des opérations
29:08dans les supermarchés,
29:10dans les zones commerciales,
29:11des opérations rond-point.
29:13Il y a un préavis de grève
29:14depuis le 26 septembre
29:15et qui dure jusqu'au 20 octobre
29:17d'appel à la grève.
29:18Donc, ce n'est pas un syndicat.
29:19Mais ces gens-là
29:19qui n'étaient rien,
29:20ils se sont imposés
29:21à la table des puissants
29:22aux négociations.
29:23Non seulement,
29:24ils ont fait ça,
29:26mais en plus,
29:26au début,
29:27ils ont dit
29:27que les négociations
29:28vont être filmées.
29:30Et les autres,
29:31ils ont dit
29:31que jamais de la vie.
29:33Le ARPRAC a fait
29:34qu'on ne tient pas.
29:36Et puis,
29:36ils sont allés
29:36à rechercher.
29:37Et moi,
29:38quand j'ai passé
29:3910 jours sur place,
29:40je peux vous dire
29:41que ce soit
29:41dans une association
29:43féministe
29:44de Fort-de-France,
29:45que ce soit
29:46les syndicalistes
29:46que j'ai rencontrés,
29:47que ce soit
29:48dans les quartiers populaires
29:48de Fort-de-France,
29:49ou que ce soit
29:52aux prêcheurs,
29:53petites communes,
29:54enfin,
29:55petits villages pêcheurs
29:56au nord de la Martinique,
29:57tous avaient vu
29:58au moins une vidéo
29:59des négociations.
30:00C'est-à-dire qu'on a
30:00un moment politique
30:01de conscientisation
30:03des populations
30:03qui est intense.
30:04Et donc,
30:05les négociations,
30:06elles sont filmées.
30:07Et là,
30:08il y a une vidéo,
30:08je veux bien qu'on la voit
30:09pour se rendre compte
30:10de l'église.
30:11C'est la première,
30:13le premier positionnement
30:14que nous avons eu,
30:15c'était de baisser les prix.
30:18Mais il y a
30:18l'aménagement commercial
30:20du territoire
30:21de la Martinique
30:22dont il faut
30:23qu'on discute aussi.
30:25Et là-dessus,
30:27nous avions besoin
30:28de vous rencontrer,
30:29M. Panfil,
30:30avant qu'on arrive
30:31autour de cette table ronde
30:32parce que ça me gêne
30:34d'avoir à vous poser
30:34cette question ici.
30:36Qu'est-ce qui arrive
30:37au maire
30:37de se dire
30:39qu'au nom peut-être
30:40de la création d'emplois
30:41ou peut-être
30:42pour retrouver des recettes
30:43dans leur commune,
30:46eh bien,
30:46la solution,
30:47toute trouvée
30:48au plan économique,
30:49c'est de dilapider
30:50le foncier
30:50dont on a besoin
30:51au profit,
30:53encore une fois,
30:53d'implantation
30:54d'hypermarchés
30:56comme celui
30:57que nous voyons
30:57au Vauclin.
30:58Nous n'avons pas pu
30:59attaquer le groupe
31:00Bernard Ayotte
31:01plus tôt.
31:02Est-ce que toi,
31:03t'as assisté
31:03à ce tableau ?
31:05Moi, je n'ai pas assisté.
31:07J'ai aucun titre qui t'a assisté.
31:08Aucun journaliste
31:09ne peut y assister ?
31:09Je ne pense pas.
31:10En tout cas,
31:11à l'issue,
31:12il y a des micro-tendues,
31:13mais moi,
31:13je n'y ai pas assisté.
31:14Jusqu'au,
31:14pour qu'on sache
31:14de qui on parle,
31:15là, on parle de Haute Goussard
31:16qui est la numéro 2
31:17du Airprac.
31:17Ok, ok.
31:19Tu veux qu'on continue ?
31:21Oui, oui.
31:21Je veux dire qu'on continue.
31:22Ok.
31:23En tout cas,
31:25passe-moi pour côté Rivet.
31:27Mais quand il s'agit
31:28d'implanter
31:29une des filiales,
31:31peut-être,
31:31je parle au conditionnel
31:33du groupe Bernard Ayotte
31:34qui se trouve
31:34en Guadeloupe,
31:35à savoir Vauclil,
31:37c'est malheureusement
31:38un Vauclinois historique
31:41qui a un magasin
31:42d'outillage
31:43devant lequel
31:44on venait implanter
31:45encore
31:45un magasin
31:47d'outillage.
31:505 000 m²
31:51ont été vendus
31:52au groupe Bernard Ayotte
31:53à l'entrée du bourg
31:53du Vauclain.
31:545 000 m²
31:55sur lequel
31:55vous n'avez implanté
31:56que 1 000 m²
31:57pour un hypermarché.
32:00Donc,
32:01les 4 000 autres m²,
32:02c'est pour implanter quoi ?
32:06Rien.
32:07Donc,
32:08vous n'aviez pas besoin
32:08de 5 000 m²,
32:09alors ?
32:11Comment ?
32:13Voilà le ton des discussions.
32:15Et donc,
32:16là,
32:16elles pointent deux choses,
32:17c'est-à-dire que
32:17c'est eux qui importent,
32:18c'est eux qui vendent,
32:19mais c'est aussi
32:20les béquiers
32:21qu'on voit là
32:21qui détiennent le foncier.
32:23Ils sont 3 000,
32:24ils détiennent
32:24plus de la moitié des terres.
32:26Les petits messieurs
32:27qu'on voit là,
32:27c'est ça les béquiers ?
32:28Oui,
32:28là,
32:28c'est Stéphane Ayotte
32:30si je ne me trompe pas,
32:31à gauche,
32:32lui,
32:32qui est le directeur général
32:34du groupe Bernard Ayotte.
32:35Lui,
32:35un directeur de The Office.
32:37Et l'autre,
32:37c'est,
32:38j'ai oublié son nom,
32:40Robert,
32:41je crois,
32:41j'ai oublié son prénom.
32:43C'est un des grands,
32:47des représentants
32:48des grandes familles,
32:48des grandes familles.
32:49Donc,
32:50le Air Prague,
32:50voilà,
32:51ils se sont imposés
32:51à table des négo,
32:52ils mettent
32:53sur le devant de la scène
32:56un certain nombre
32:56de sujets
32:57pour comprendre
32:57la difficulté
32:58de la vie
32:59en Martinique.
33:00Je voudrais simplement,
33:01parce que j'ai été interpellé
33:02sur le chat,
33:02dire qui est Robert Petito.
33:05Il faut savoir que,
33:06bon,
33:06moi,
33:06je l'ai rencontré
33:07deux,
33:07trois fois.
33:08Il faut savoir
33:09qu'il a un passé,
33:10il a un passé
33:12dont il faut mettre
33:13aussi sur la table.
33:14Déjà,
33:15c'est un Martiniquais
33:17de France.
33:18Il est né en France,
33:19en métropole.
33:20On a presque pu l'avoir,
33:21les amis,
33:22il n'aura moins
33:22il des passés,
33:23mais c'était un peu compliqué.
33:24J'ai essayé,
33:24j'ai essayé.
33:25Son programme
33:26était assez chargé.
33:28Rodrigue Petito,
33:29donc,
33:30c'est quelqu'un
33:31qui est né en France,
33:32qui a grandi en France
33:33et qui a été condamné,
33:34notamment pour trafic de drogue.
33:35Sa dernière peine,
33:36il a été condamné
33:36pour 10 ans de prison,
33:37il en a fait 5.
33:38Mais ça,
33:38c'est quelque chose
33:39qu'il faut aussi avoir
33:39comme élément
33:40et que c'est quelqu'un
33:41qui est rentré
33:42par la suite en Martinique.
33:43Moi,
33:43je lui ai posé la question,
33:44il me dit oui,
33:44mais j'ai toujours fait
33:45aller-retour.
33:46Donc,
33:46c'est quand même
33:48quelque chose
33:48qu'il faut mettre
33:48sur le devant de la scène
33:51pour comprendre aussi
33:52ce qui se passe
33:53et bien évidemment
33:53qu'en face,
33:54il se serve de son passé
33:55pour le délégitimer.
33:58Mais,
34:00du coup,
34:01on n'a plus que 20 minutes.
34:03Moi,
34:03ce qu'on a bien présenté
34:04ce que c'était
34:05que les béquets,
34:07je vais citer deux groupes,
34:09donc Bernard Riot
34:09qui détient Carrefour,
34:11Décathlon,
34:11Monsieur Bricovage,
34:12René Trucks,
34:12Gamme Verts
34:13et son principal concurrent,
34:14c'est la Safo
34:15qui est détenue
34:16par la famille
34:17Hugues Despointes
34:18qui, lui,
34:20c'est Carrefour Market
34:208 à 8 promos cachés.
34:22Voilà,
34:22c'est un petit monde,
34:23ils sont 3000,
34:24ils détiennent.
34:25Bon,
34:26je n'ai pas posé
34:26d'accusation
34:27plus que ça,
34:28mais il y a un rapport
34:30parlementaire
34:30qui affirme
34:31certaines choses.
34:32Voilà,
34:33donc là,
34:34y compris
34:35à travers des reportages,
34:37vous avez pu voir
34:38une grille d'analyse.
34:40Moi,
34:40je voulais bien
34:41qu'on voyait
34:41la grille d'analyse
34:42de CNews,
34:43juste pour rigoler
34:44cinq minutes.
34:44Allons-y.
34:45Parce que le traitement
34:46de l'information
34:47diffère,
34:47vous le savez très bien,
34:48en fonction du...
34:49La vie chère
34:51n'intéresse
34:52que quand il y a
34:52des violences,
34:53et donc,
34:54du coup,
34:54je veux juste
34:54vraiment
34:55les 30 premières
34:56secondes.
34:57Voilà,
34:58donc ça,
34:58c'est CNews
34:59qui traite
34:59l'information
35:00en Martinique.
35:01Avec beaucoup
35:02de courage,
35:02il fait face
35:03avec beaucoup
35:03de difficultés
35:04à une situation
35:04difficile,
35:05donc je ne peux pas
35:06dire que le gouvernement
35:08nous ait abandonnés.
35:09Maintenant,
35:10la situation
35:11est chaotique.
35:12On s'est réveillé
35:13ce matin
35:14avec la gueule de bois,
35:15il faut bien dire,
35:16après deux nuits
35:16d'émeutes
35:17d'une violence
35:18inouïe,
35:19où on constatait,
35:20on voyait se dérouler
35:21des incendies
35:22dans différents commerces.
35:24Aujourd'hui,
35:25c'est que centaines
35:25de commerces
35:26ont été brûlés,
35:27ont été saccagés,
35:29ce sont des bâtiments
35:30publics.
35:31Alors,
35:32Emmanuel de Rénal
35:33fait partie
35:34de la famille de Rénal
35:35qui, sur l'île,
35:36possède Speedy
35:37Autokit Pneu
35:38Clique,
35:39et on va le voir
35:40dans le documentaire
35:41après qu'on va
35:42feuilletonner tout à l'heure,
35:44qui est présent
35:45dans la banane,
35:46qui est aussi présent
35:47dans l'immobilier,
35:48dans l'imprimerie
35:49sur l'île.
35:49C'est quoi la banane ?
35:50Alors,
35:50la banane,
35:51c'est que la Martinique,
35:53comme la Guadeloupe,
35:54est productrice de bananes.
35:56Explique-moi
35:56combien coûte
35:58un kilo de bananes ?
35:59Non,
36:00je ne vais pas le dire
36:00comme ça,
36:01parce que moi,
36:02quand je suis arrivé
36:04après 12 heures d'avion,
36:05parce que j'ai eu
36:05un petit problème,
36:07le lendemain,
36:07j'étais dans un supermarché,
36:09je me suis promené,
36:10et je vois les prix
36:11des produits
36:12que moi,
36:12je consomme en France
36:13plus cher,
36:14mais je me dis,
36:14en même temps,
36:15il y a le 3 de mai,
36:16il y a l'importation,
36:17etc.
36:18Et je vois la banane
36:2120-30 centimes
36:22moins chère au kilo,
36:23plus chère au kilo
36:25là-bas
36:25que chez nous.
36:27Vous vous rendez compte ?
36:30Je me suis promené
36:31en voiture,
36:32j'ai fait le nord de l'île,
36:33j'en ai vu des bananes
36:34sur les plantations
36:34de bananes,
36:35mais elle est plus chère
36:36là-bas
36:37que chez nous,
36:38alors que nous,
36:38on l'importe,
36:39c'est à dormir debout.
36:41Pour revenir à CNews,
36:43pour parler du problème
36:44de la bichère,
36:45on l'a vu,
36:46bien évidemment
36:46qu'il y a des violences
36:47et s'il y a des violences
36:47notamment sur personnes,
36:49elles sont à condamner
36:50et c'est évidemment
36:51ce qu'on ne souhaite pas.
36:53Mais derrière ces questions-là,
36:54il y a quelques questions
36:58de colonialisme,
36:59de problèmes structurels
37:01de l'île
37:03qui doivent être
37:04rentrés en...
37:05Pourquoi il y a la violence ?
37:06Et en tout cas,
37:07il faut,
37:07je pense,
37:08à mon humble avis,
37:09faire venir un béquet
37:10pour expliquer
37:11c'est quoi la vie
37:12des Martiniquais.
37:14Bon,
37:14c'est un peu
37:15du foutage de gueule.
37:16Mais justement,
37:17je veux bien qu'on passe
37:18parce que le temps...
37:20On trouve le temps presque ?
37:20Ouais,
37:21sur le documentaire,
37:22alors c'est un documentaire
37:23que je le speech...
37:26Moi,
37:26c'est un documentaire
37:27que j'ai découvert
37:27sur place.
37:28Attendez,
37:29il y a quelqu'un
37:30qui me demande
37:30est-ce que c'est absurde
37:31au point où les bananes
37:32doivent passer par la France
37:33avant d'être vendues
37:34en Martinique ?
37:36mais par contre,
37:36il y a des trucs absurdes,
37:37c'est que juste en face
37:39de la Martinique,
37:40il y a le Venezuela
37:40et la Martinique
37:42n'achète pas de pétrole
37:43au Venezuela
37:43et doit acheter le pétrole
37:44qui vient du Golfe
37:46et qui passe par
37:47le Havre et Marseille
37:48avant de retourner
37:49en Martinique.
37:50Donc voilà,
37:51il y a aussi ce genre de...
37:51quand je dis que c'est pas...
37:54C'est autour de...
37:55Ouais,
37:5590,
37:562 euros,
37:57c'est les tarifs,
37:58mais sauf que c'est ça
37:59plus ça plus ça plus ça
38:00quoi là-bas.
38:02Voilà,
38:02donc juste le temps
38:03que tu mettes le reportage
38:04est à la bonne minute.
38:06Je pise ce reportage,
38:07donc c'est un...
38:08c'est...
38:09Oh là là !
38:10Attends.
38:11Problème technique.
38:12Ouais,
38:13non,
38:13c'est un documentaire
38:14de spéciale investigation,
38:15donc ça c'est quand
38:17Canal n'appartenait pas encore
38:19à Bolloré
38:19et qu'il y avait des émissions
38:20de qualité.
38:21Avant qui vendent
38:21la navigation à l'humour.
38:23Donc spéciale investigation
38:24et moi c'est un documentaire
38:26que j'ai découvert
38:26une fois sur place
38:27avec laquelle,
38:28par exemple,
38:28j'ai pu discuter
38:29avec Marcelo Anado
38:30à tes points
38:31qui montrent
38:31ce que c'est que les béquiers
38:34et vous allez voir,
38:35il y a des moments
38:35assez croustillants
38:37à mon sens,
38:38je veux bien
38:38que tu lui mettes
38:39s'il te plaît
38:39à 1 minute 30.
38:4111.30 ?
38:42Ouais,
38:42c'est bon,
38:43c'est bon.
38:43J'ai pas voulu me spoiler
38:44les amis
38:44parce que Naïm
38:45l'a vendu déjà hier.
38:47Vous pouvez le regarder
38:48hier soir
38:48mais bon,
38:49j'ai pas eu le temps.
38:51Ici,
38:5260 000 personnes
38:53vivent sous le seuil
38:54de pauvreté.
38:56La Martinique
38:57reste un des trois
38:57départements français
38:58les plus sinistrés
38:59avec 22% de chômage
39:01et plus de 30 000
39:03rémistes.
39:07De l'autre côté
39:08de l'I...
39:08Juste,
39:09on est au moment
39:10de la mort
39:10d'Emma Césaire
39:122007-2008
39:13et avant,
39:15déjà,
39:15des mobilisations
39:16très importantes
39:17sur l'île
39:17et en Guadeloupe
39:18qui ont eu lieu en 2009.
39:19Donc,
39:20c'était il y a 15
39:21environ,
39:2215 grosses années en arrière.
39:23Mais vous allez voir.
39:24Avec des problématiques
39:25qui étaient semblables.
39:25bien sûr,
39:26la mobilisation
39:27date du milieu
39:28du 17e siècle.
39:29Allons-y.
39:29les Caraïbes
39:30comme on l'imagine.
39:32de l'eau bleue turquoise
39:33à 30 degrés,
39:35des paysages de rêves
39:36et de grandes villas
39:38les pieds dans l'eau.
39:41C'est le bastion
39:42des béquets,
39:43un monde à part
39:44où les blancs
39:45vivent entre eux.
39:48Nous sommes au Cap-Est,
39:50le havre de paix
39:51des blancs créoles.
39:55C'est ici qu'habite
39:56Alain Huyck des Pointes.
39:58Sa famille
39:58a débarqué en Martinique
40:00il y a 4 siècles.
40:03Au Cap-Est,
40:05il n'y a que de grandes propriétés
40:06à l'abri des regards.
40:08Le Cap-Est,
40:10du coup,
40:10si je me suis bien,
40:11c'est à l'est de l'île ?
40:13Oui.
40:14Le Béc-et-Land,
40:14c'est sur la façade atlantique.
40:16Donc,
40:16l'opposé de Fort-de-France.
40:17OK.
40:18Le quartier bien particulier ici.
40:19Oui, il appelle ça
40:20Béc-et-Land.
40:21Il y a beaucoup de propriétés
40:22qui ont des grands murs.
40:24Mais oui,
40:25parce que les gens s'isolent.
40:26Il y a toujours un petit peu
40:27de délinquance dans ma main.
40:30Même ici ?
40:31Oui, un petit peu.
40:32Mais moins ce qu'ailleurs.
40:35Derrière les clôtures,
40:36de grandes villas
40:37avec piscines
40:38et terrain de tennis.
40:41Impossible d'apercevoir
40:42ce luxe de l'extérieur,
40:44la communauté béquée
40:45se veut discrète.
40:46On est loin des bidonvilles,
40:48enfin, pas des bidonvilles,
40:49mais on est loin des situations
40:49de logements insalubres
40:50à Fort-de-France
40:51que j'ai pu concéder.
40:53Avance, avance,
40:54parce que là,
40:54ça va être grand.
40:55C'est richesse.
40:58Alain Huig des Pointes
40:59est le seul
41:00qui est accepté
41:01de nous ouvrir
41:01les portes de sa maison.
41:03Une demeure
41:04de style colonial
41:06dans un parc
41:07de 3 hectares
41:08avec vue imprenable
41:09sur la baie.
41:11A 82 ans,
41:13cet homme est une figure
41:15de la Martinique,
41:16l'industriel
41:17le plus puissant
41:18de l'île,
41:19issu d'une grande famille
41:20de colons
41:20arrivés ici
41:21en 1650.
41:25Oui,
41:26la Pointe-Jacques,
41:27tout ça m'a appartenu.
41:28Oui,
41:28sur toute la partie
41:29que vous voyez là,
41:31c'était des moutons.
41:32C'était un élevage
41:33de moutons.
41:34Oui,
41:35c'était un bien
41:35qui appartenait
41:36à mon beau-père.
41:37C'est ma femme
41:37qui a hérité de ça.
41:39Aujourd'hui encore,
41:41les grandes familles
41:42béquées d'Étienne
41:42la majorité
41:43du foncier en Martinique.
41:4552% des terres agricoles
41:48appartiennent
41:48à moins de 1%
41:49de la population.
41:50C'est colossal.
41:51Mais voilà,
41:52donc,
41:54Hugues Despoint,
41:55je rappelle,
41:55qui est concurrent
41:55de Berdarayot
41:56et qui possède
41:56les Carreformarkets,
41:58les promocaches
41:59et 8 à 8.
42:00Tu veux qu'on enchaîne
42:02sur cette partie-là encore ?
42:03Oui,
42:04alors,
42:05parce que
42:06le temps file,
42:07je vais juste...
42:12Là,
42:12en gros,
42:12il va expliquer
42:15comment est-ce que...
42:17Voilà,
42:17l'arbre généalique...
42:18Oula !
42:19On a perdu la main.
42:21Attendez,
42:21attendez.
42:24Attendez,
42:24allons-y.
42:25On va prendre...
42:29Non,
42:30voilà,
42:31donc il faut savoir
42:31que ces gens
42:32se...
42:33Je vais pas dire
42:34se marient entre eux,
42:35mais font en sorte
42:38qui se gardent...
42:41Attends,
42:42si je peux prendre...
42:43C'est là ?
42:43Ouais,
42:43vas-y,
42:44vas-y,
42:44continue.
42:47Donc là,
42:47c'est l'arbre généalique.
42:48C'est ça que je voulais voir ?
42:49Ouais,
42:49ouais,
42:49vas-y,
42:49vas-y.
42:50On sent tous
42:51de danser ce qui s'appelle
42:52Jean Acier.
42:54Dix générations
42:55de colons aristocrates
42:56ont façonné
42:57la petite communauté béquée.
43:02Moi,
43:03je peux juste remonter
43:04jusqu'à mon arrière-grand-mère.
43:05Ouais,
43:05donc là,
43:06ils savent très bien.
43:06Donc là,
43:07on va voir sur la question
43:09de la colonisation,
43:10tu vois.
43:11Ah oui,
43:11alors ça,
43:12c'est très important.
43:13Tout commence en 1600...
43:14Très très important
43:15parce que la situation
43:16de l'indépendantisme
43:17est moins présente
43:18en Guadeloupe
43:19qu'en Martinique
43:19et il y a des raisons
43:22à cela historiques.
43:23En 1835,
43:24des aristocrates français
43:25débarquent pour coloniser
43:27la Martinique,
43:28une île volcanique
43:29de 1000 km².
43:31Considérée comme une marchandise,
43:33les esclaves importés d'Afrique
43:35meurent à la tâche
43:36dans les plantations,
43:37les béquets prospèrent
43:38jusqu'à la Révolution.
43:421793,
43:43la terreur s'abat
43:44sur la France
43:44et ses colonies.
43:45Les nobles sont décapités,
43:47l'esclavage est aboli,
43:49sauf en Martinique.
43:51Ça, c'est fou !
43:52Voilà.
43:52Ça, je ne savais même pas.
43:54En gros,
43:56les béquets martiniquais,
43:58donc déjà,
43:58il faut savoir que
44:01l'abolition de l'esclavage
44:02a eu lieu en France
44:03une première fois
44:03sous Maximilien Robespierre
44:05et que les béquets martiniquais,
44:07pour échapper à cette règle
44:08notamment,
44:09ils ont fait venir
44:10les Anglais
44:11pendant six ans
44:12et donc pendant six ans,
44:13la Martinique a été
44:14sous protection anglaise.
44:16En tout cas,
44:17les lois
44:17de la République naissante
44:19n'étaient pas appliquées
44:20pour la Martinique,
44:21à contrairement
44:22dans Guadeloupe,
44:22c'est ce qu'on va voir.
44:25Les béquets martiniquais
44:26échappent à la guillotine.
44:28Ils ont été valés,
44:30ils ont fait
44:31les Anglais rentrer ici.
44:33Les Anglais
44:34nous ont protégés
44:35pendant cinq ou six ans,
44:36pendant la terreur.
44:38Ça n'a pas été pareil
44:40à la Guadeloupe.
44:41Qu'est-ce qui s'est passé
44:42à la Guadeloupe ?
44:42À la Guadeloupe,
44:43il y a eu un gouverneur
44:45qui a été envoyé
44:46par la terreur
44:47et qui a pratiquement
44:50guillotiné
44:50tous les colons
44:51à l'époque.
44:54Donc voilà,
44:56moi je veux juste passer
44:57pour qu'on comprenne
44:58aussi les rapports
45:00au-delà
45:01de l'exploitation capitaliste
45:03entre ceux qui exploitent
45:04la force de travail
45:05et ceux qui la vendent.
45:06Qui dure depuis...
45:07Oui, avant
45:08ce n'était même pas
45:09une exploitation
45:10de la force de travail,
45:10c'était de l'esclavagisme.
45:12Je voudrais juste
45:12qu'on voit cette vidéo.
45:15Les salariés,
45:16mais les béquilles
45:17restent les maîtres
45:17de l'économie.
45:18Le clivage racial
45:20est omniprésent.
45:23En 1960,
45:25voilà ce que déclarait
45:26un parent de Bernard Hayot.
45:27Donc Bernard Hayot,
45:28je le rappelle,
45:29qui est l'un des principaux
45:31importateurs
45:32et vendeur de produits
45:33sur l'île
45:33qui détient la plupart
45:35des carrefours,
45:36qui a la...
45:37une licence exclusive
45:38dans l'importation
45:39de marques nationales.
45:40Devant les caméras
45:41de l'ORTF,
45:44M. Hayot
45:44est un béquet.
45:46C'est facile à mener
45:47des ouvriers noirs ?
45:49Oui.
45:50Le noir,
45:51c'est comme un enfant.
45:53Il faut être au juste.
45:56On en obtient
45:56ce qu'on veut.
45:57Vous êtes un béquet.
45:59Qu'est-ce qu'un béquet ?
46:02C'est ce qu'il y a de mieux.
46:04Les béquets,
46:05ce sont les descendants
46:09des blancs européens
46:11qui se sont reproduits
46:12en race pure
46:14dans les colonies.
46:1715 ans après
46:18la Seconde Guerre mondiale.
46:21Il y a quelqu'un qui nous demande
46:22est-ce qu'on peut être sûr
46:24que ce sont les mêmes
46:25qui revendiquent leur patriotisme
46:26qui se sont vendus aux Anglais
46:27pour avoir le droit
46:28de garder des esclaves,
46:29bien sûr.
46:31Oui.
46:32En tout cas,
46:32là, oui,
46:33ils se patriotes
46:33parce que c'est ce qu'on va voir.
46:35Là, je ne sais pas.
46:35On va pouvoir avancer
46:37à la séquence d'après.
46:39C'est parce que
46:40il y a...
46:40Mais tu m'expliquais ?
46:42Oui.
46:42C'était qu'ils se reproduisent
46:45entre...
46:45Oui.
46:47Moi, je vais vous raconter
46:48une anecdote
46:49très personnelle.
46:52Je louais...
46:52T'as une cousine, le béquet ?
46:54Non.
46:55Malheureusement,
46:55j'ai envie de dire non ou pas.
46:57Moi, un jour,
47:01j'avais un peu de temps libre.
47:02Je quittais le logement
47:03où je dormais
47:04et vu la chaleur,
47:05je cherchais un coin de fraîcheur.
47:06Et j'ai découvert
47:07qu'à 15 minutes de voiture
47:08d'où je logeais,
47:11il y avait ce qu'on appelle
47:12les jardins de Balata
47:13et ça avait l'air
47:14absolument formidable.
47:15Donc, je demande
47:16au propriétaire de la maison
47:17qui était métisse,
47:20je lui dis
47:20les jardins de Balata,
47:21est-ce que ça vaut le coup
47:22d'y aller ?
47:22Je cherchais de la fraîcheur
47:23pour me poser une heure ou deux.
47:25Il me dit
47:25les jardins de Balata,
47:26il faut savoir
47:27que ça appartenait à ma famille.
47:28Moi, mon grand-père,
47:29c'était un béquet,
47:30il est tombé amoureux
47:31d'une noire,
47:31il a été déshérité.
47:34D'accord.
47:35Et bon,
47:35je ne suis pas allé.
47:36Mais voilà,
47:37ce genre d'histoire-là,
47:39ce genre d'histoire...
47:41Juste en discutant avec...
47:42Voilà,
47:43je veux dire,
47:43tout le monde connaît
47:44les béquets,
47:44personne ne les voit.
47:45Mais je veux dire,
47:46c'est omniprésent sur l'île.
47:48Moi, je voudrais qu'on voit
47:49parce que du coup...
47:50Moi, j'ai une petite question
47:51juste avant.
47:52Est-ce que les jeunes
47:55sur l'île
47:55ont conscience
47:55que ces béquets existent,
47:57que c'est eux
47:58qui...
47:58Oui, bien sûr,
47:59mais...
47:59Il y a cette conscience
48:00collective là-ci.
48:02Bien sûr.
48:03Donc là,
48:04on va voir,
48:04c'est notamment,
48:05pour que je recontextualise
48:06la partie qu'on va voir,
48:08c'est au moment
48:08où il y a les négociations
48:09entre l'Union européenne
48:11et le Mercosur
48:12pour le marché transatlantique
48:16de libre-échange
48:17avec l'Amérique du Sud.
48:18Et donc,
48:18il y a la question
48:18des bananes.
48:19Donc, on a vu,
48:20c'est important.
48:22Et donc,
48:23du coup,
48:23il y avait la question
48:24de faire venir
48:24des bananes du Chie
48:25ou du Pérou,
48:25je ne sais pas,
48:26qui ne sont pas concernés
48:28par les droits de douane.
48:29Et donc,
48:29ça venait concurrencer
48:30à bananes martiniquaises.
48:31Donc là,
48:32pour bien comprendre,
48:33c'est le lobby des béquets
48:33et des représentants
48:34de famille de béquets
48:35qui se rendent à l'Élysée.
48:36Vous allez voir,
48:36c'est pas mal.
48:41Sous Nicolas Sarkozy.
48:46Ce matin,
48:47ils ont rendez-vous
48:48au palais de l'Élysée.
48:50Ils s'y rendent
48:51plusieurs fois par an.
48:52À l'Élysée,
48:53nous sommes chez
48:54le président de la République
48:55et chez ses conseillers.
48:57Et je les remercie
48:59de l'accueil
49:00toujours courtois
49:01et attentif
49:02qu'ils nous font.
49:04Son bras droit,
49:05Gérard Bally
49:06est un béquet installé
49:07à Bruxelles.
49:08C'est lui qui assure
49:09le lien entre la Martinique
49:11et les cabinets parisiens.
49:12Ça fait 20 ans
49:13qu'on est installé
49:15dans le jeu institutionnel
49:17et qu'on essaye
49:18de faire entendre
49:18notre voix
49:19sur l'ensemble
49:20des dossiers des DOM.
49:21Et quand il faut faire
49:22avance un dossier
49:23dans un sens,
49:23en général,
49:24on a les moyens
49:26de convaincre
49:27nos interlocuteurs.
49:30Effectivement,
49:30les béquets sont ici
49:31comme chez eux.
49:33On a une pièce d'identité
49:34si vous vous plaît.
49:35Et le plat ?
49:36Une pièce d'identité.
49:36Non, non, laissez-le.
49:37Désolé,
49:38mais moi,
49:38je sais pas pourquoi,
49:39mais ça me fait rire
49:39de voir un blanc
49:41avec un accent
49:43de la Martinique.
49:44Tu vois ce que je veux dire ?
49:45Ouais, c'est la preuve
49:46que le mélange
49:47c'est possible.
49:48Si comme chez eux.
49:50On a une pièce d'identité
49:51si vous vous plaît.
49:52Et le plat ?
49:53Une pièce d'identité.
49:54Et le plat ?
49:58Sans pièce d'identité,
50:00Eric Delucie
50:01pénètre sans encombre
50:02à l'Elysée.
50:04Essayez de faire ça
50:04dans la vraie vie.
50:05Essayez dans le métro
50:07pour prendre une carte d'identité,
50:08je n'en ai pas.
50:09Je suis rendu la part.
50:12les négociations là,
50:12on va le voir.
50:13On va avoir de la concurrence.
50:18Bon, je ne suis pas là pour dire
50:19si c'est bien ou c'est mal.
50:20Moi, je pense que les traités
50:20de libre à chance,
50:21c'est mal.
50:21Mais bon, il y a la question
50:22des Français.
50:23On a des positions françaises
50:24qui vont se faire attaquer.
50:26On demande l'aide
50:27du gouvernement français.
50:28Jusque là,
50:28ceci, c'est normal.
50:29Donc, on va à Bruxelles.
50:31Donc, l'étape d'après,
50:32c'est Bruxelles.
50:33Les amis, Bruxelles.
50:34Voilà, c'est la Commission européenne.
50:35Mener une opération d'envergure
50:37à la Commission européenne.
50:39L'Europe a décidé de baisser
50:41son droit de douane
50:42sur les importations de bananes
50:44en provenance d'Amérique du Sud.
50:46C'est le plus gros concurrent
50:47des producteurs martiniquais.
50:50Gérard Bally mène
50:51la contre-attaque diplomatique.
50:53Qu'est-ce qui va se passer
50:55aujourd'hui d'importants ?
50:57On va renverser la position.
50:59C'est-à-dire ?
51:00On va renverser la position
51:01de la Commission européenne.
51:06On va être très habile.
51:09Les béquets martiniquais
51:10ont eu l'idée
51:11de faire venir à Bruxelles
51:12les pays africains
51:13producteurs de bananes.
51:15Objectif,
51:16renforcer la pression
51:17sur la Commission européenne.
51:19La Côte d'Ivoire
51:20et le Cameroun,
51:21eux aussi des concurrents
51:23de la banane sud-américaine.
51:24On est dans un réel
51:26rapport de force.
51:29La stratégie de Gérard Bally
51:31consiste à envoyer
51:32la Côte d'Ivoire
51:33et le Cameroun
51:33en première ligne
51:35pour défendre
51:36leurs intérêts communs.
51:38Il faut qu'on soit discret.
51:41Il faut être discret,
51:43il faut être discret.
51:43Il faut être discret,
51:44les amis.
51:44Je vais dire
51:45à Léopoldo,
51:46en arrivant tout à l'heure,
51:47de faire une introduction
51:48de 30 secondes
51:49et de laisser la parole
51:50aux Africains.
51:52Ils ont rendez-vous
51:54les Africains.
51:54Il n'y a pas de...
51:56Vous,
51:56chez le président
51:57de la Commission européenne,
51:59José Manuel Barroso,
52:00et jusqu'à la dernière minute,
52:03Gérard Bally motive
52:04ses troupes.
52:07Il faut que ce soit vous
52:08qui interveniez
52:08chez Baroneau.
52:09Parce que votre...
52:10Non, c'était bon.
52:11Votre langage, oui.
52:11Mais là,
52:12il faut que vous le fassiez vraiment.
52:13Parce que votre message,
52:15il est percutant.
52:16Il faut vraiment le faire.
52:19Bon, les Africains,
52:20vous allez au charbon pour nous.
52:21Parce que...
52:22On n'a pas trop envie de...
52:24Parce qu'il reste 3 minutes de live,
52:25je veux juste passer à...
52:26Tu veux qu'on fasse la...
52:27Non, non, juste la...
52:28Ouais, ouais, non.
52:29Je veux juste...
52:30Le dernier extrait,
52:31ça dure 30 secondes.
52:32C'est à 3,20.
52:33Hop, hop, hop.
52:34Et on conclura, les amis.
52:35On laissera la place
52:35à Gilles Raveau, l'économiste.
52:37Tout, tout, tout, tout, tout, tout.
52:39Hop, hop, hop, hop.
52:40Mince, c'est un peu plus loin.
52:41Je me suis trompé dans les chiffres.
52:44Tac, tac, tac.
52:44Donc là, on va...
52:48Samuel et Cyprien.
52:51Et je peux vous assurer que...
52:52Je laisse 30 secondes.
52:53Je ne t'entretiens pas piquer les hanes, tous les autres.
52:54Je laisse 30 secondes.
52:55Ducteur de bananes,
52:56Michel Barnier prend officiellement position
52:58contre la baisse du droit de douane
53:00sur les bananes sud-américaines.
53:01Non, notre cher Michel !
53:04La boucle est bouclée, les amis.
53:05La roue tourne a enfin tourné.
53:07Voilà, Michel Barnier,
53:08qui, je crois que c'est 50 ans
53:10qui a l'air politique,
53:11était à ce moment-là
53:12ministre de l'Agriculture
53:13avant de devenir commissaire européen.
53:15Et donc, voilà...
53:16Je vais redresser ce soir
53:17au président de la Commissaire.
53:18de la Commission européenne,
53:19M. Barroso,
53:20au président du Parlement européen,
53:21M. Potring,
53:21au directeur général de l'OMC,
53:23M. Lamy,
53:24au communiqué commun
53:25que nous avons tous signé
53:26au terme de cette réunion.
53:28Bon, donc, comme quoi,
53:29Michel Barnier connaît bien
53:30le sujet de la Martinique.
53:32Mais c'était vraiment important
53:33de comprendre
53:34le rôle des béquets dans tout ça
53:36parce que, finalement,
53:37c'est à cause d'eux
53:40que la situation,
53:41elle est aussi dramatique aujourd'hui.
53:42C'est-à-dire qu'il y a deux forces politiques
53:45qui se structurelient historiquement.
53:46C'est le parti progressiste
53:48des Mécédaires qui est autonomiste
53:50et le mouvement indépendantiste
53:51d'Afrique de Marie-Jeanne.
53:52Mais je veux dire,
53:54donc, quoi qu'il arrive,
53:54c'est plus d'autonomie
53:56et plus de...
53:57Aïn Martin plus fort,
53:58c'est deux offres politiques.
53:59Mais on peut...
54:00Les gens,
54:00ils peuvent voter à 90%,
54:01mais tant qu'on ne détient pas
54:03les moyens de production,
54:04c'est ça qui compte, en fait.
54:05Et c'est ça dont découlent
54:07les rapports, je disais,
54:09est-ce qu'il y a du racisme sur l'île.
54:11Mais en fait,
54:11c'est une société qui est,
54:14contrairement de chez nous en France,
54:15là-bas, c'est une société
54:16où la couleur de peau est omniprésente
54:18et en fait détermine ta place
54:21dans la société.
54:22Et tout ça découle
54:23de qui possède les moyens de production.
54:26Donc juste pour conclure
54:27sur ce qui se passe,
54:28moi, je voudrais lire une citation
54:30de Rodrigue Petiteau
54:31rapportée par l'AFP dans la nuit.
54:34Il y a trois étapes.
54:35La première, les pillages.
54:37Si ça dure, les destructions.
54:39Et si ça continue,
54:40la traque de ceux
54:40qu'on pense qu'on désigne comme ennemis.
54:43On a déjà passé les deux étapes.
54:45J'espère qu'ils seront raisonnables
54:46et que quand on arrive
54:49à la troisième étape,
54:50les dégâts seront irréversibles.
54:52Donc ce que je veux dire,
54:53c'est que là,
54:54c'est chacun, je vous la montre.
54:55Marcelo Nadeau,
54:56dans l'article qui est paru
54:57aujourd'hui dans l'Humanité,
54:58expliquait qu'en réalité,
54:59la grande distribution fait bloc,
55:01donc les béguets font bloc,
55:02parce qu'ils sont présents ailleurs
55:03dans les dom-toms,
55:04et ils ont peur,
55:04et le Airpac travaille à ça par ailleurs,
55:06ils ont peur que la colère
55:07se propage à la Réunion,
55:09en Guadeloupe, en Guyane.
55:11Et donc, s'ils lâchent,
55:12s'ils voient que les gens sont violents
55:13et qu'ils obtiennent derrière,
55:15eh bien...
55:16Ça ouvrirait encore
55:17une sorte de juriste
55:17sur les nantes martiniquaises.
55:19Voilà.
55:19Et puis, il faut le rappeler,
55:21c'est que la CGTM,
55:22qui a été prise de vitesse,
55:24il y a une période
55:24de gilets jaunes,
55:25Joël Samuel,
55:26je conclue,
55:27je conclue,
55:28qui a été prise de vitesse,
55:29la CGTM,
55:30elle continue ses débrayages,
55:33et donc, la pression...
55:34Donc, ça va continuer.
55:35Et pour le moment,
55:37en fait,
55:37si l'État n'intervient pas
55:39et contraint les béquets,
55:41et visiblement,
55:41ils se connaissent,
55:43visiblement,
55:43quand on voit Michel Barnier,
55:44ils se connaissent.
55:45Depuis très longtemps.
55:45Voilà.
55:46Et si l'État n'intervient pas
55:48et explique que les marges
55:50sur le dos des martiniquais,
55:52ce n'est pas possible,
55:55malheureusement,
55:56et on pourra envoyer
55:58tous les CRS du monde,
55:59mais quand les estomacs sont vides,
56:00les estomacs sont vides.

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