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  • il y a 11 heures
Il flotte comme un trouble parfum d’insurrection sur les réseaux sociaux. Des appels à bloquer le pays le 10 septembre en réaction au projet de Budget du gouvernement fleurissent un peu partout depuis mi-juillet, relayés aussi bien par des groupes proches de la gauche que des comptes liés à l’extrême droite. On fait le point avec Cyprien Boganda et Pierre-Antoine Valade.

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Transcription
00:00Ce 10 septembre, une mobilisation nationale est annoncée dans toute la France, mais contrairement au mouvement classique,
00:05cette fois ce ne sont pas des citoyens, ce sont des citoyens et des citoyennes qui ont lancé l'appel
00:10avant même que les syndicats ne prennent le relais.
00:13Est-ce que ça annonce le retour des gilets jaunes ? On ne sait pas.
00:16Pour en parler, on se retrouve avec Cyprien Boganda, journaliste à la rubrique Capital Travail.
00:22Cyprien, comment vas-tu ?
00:23Ça va et toi ?
00:24Super.
00:25On m'entend bien.
00:26Calcul Réna il n'y a pas longtemps.
00:28Il n'y a plus de calcul, c'est bon.
00:29Je ne l'ai pas encore évacué, mais il ne va pas attendre.
00:33Cyprien, petite question toute simple, pourquoi cet appel il a pris ?
00:36Parce qu'il y avait déjà eu d'autres appels depuis les gilets jaunes qui n'avaient pas forcément pris.
00:41Pourquoi celui-là ?
00:42C'est une bonne question.
00:44Déjà peut-être qu'on peut faire un peu la genèse de ce mouvement.
00:48C'est vrai que comme tu l'as dit, on a l'habitude, surtout nous à l'Huma, évidemment, de
00:51mouvements sociaux classiques,
00:53où tu as des syndicats, des confédérations qui appellent à des journées nationales.
00:57Donc c'est vrai que c'est relativement facile pour nous de les suivre,
01:00parce que tu as des mots d'ordre clairs, des représentants, tu sais à peu près où ça va.
01:05Là, c'est vrai que c'est beaucoup plus diffus, pour ne pas dire confus.
01:11Ce qu'on peut dire, c'est que ça part des réseaux sociaux.
01:12Ce n'est vraiment pas du tout quelque chose qui se fait dans le cadre du mouvement social classique.
01:16C'est en marge de toutes les organisations politiques ou syndicales classiques.
01:20Ça part autour du 15 juillet.
01:22Donc pourquoi le 15 ?
01:23Parce que c'est le jour où François Bayrou fait sa conférence de presse pour annoncer toute une série de
01:27mesures d'austérité,
01:28notamment le fait qu'il va assucrer des jours fériés,
01:30qu'il réfléchit à assucrer au moins des jours fériés.
01:33Et tu as une première vidéo qui part sur TikTok,
01:37qui est un conte qui s'appelle Les Essentiels,
01:43et qui invite les Français à s'autoconfiner le 10 septembre.
01:47Sautoconfiner, ça veut dire quoi ?
01:48Ça veut dire qu'on reste chez soi, on ne sort pas, on ne va pas au boulot,
01:51on ne va pas à l'école, on ne consomme pas.
01:54On dit stop aux abus.
01:56Ça, c'est autour du 15 juillet, grosso modo.
01:59Et ensuite, ça se répand comme une traînée de poudre,
02:02notamment sur X, anciennement Twitter,
02:05où tu as toute une galaxie hétéroclite de gilets jaunes,
02:10d'anciens gilets jaunes, ou toujours gilets jaunes.
02:12Un peu d'antivax aussi.
02:14Il y a des groupes de gauche, notamment liés à l'AFI,
02:17à la France Assoumise, mais pas que.
02:18C'est assez éclectique.
02:19Et puis aussi, quand même, beaucoup de comptes d'extrême droite,
02:22appartenant à ce qu'on appelle la réacosphère.
02:24Et d'ailleurs, il y a l'un des postes qui a le plus tourné,
02:26c'est ce que je raconte dans le papier,
02:27c'est un poste d'un média qui s'appelle Bastion Média.
02:31OK.
02:32Un poste qui a bien marché,
02:33puisque ça a été vu plus d'un million de fois sur...
02:36Ben voilà, ça apparaît à l'écran exactement.
02:38Donc Bastion, c'est un média qui se dit totalement apolitique.
02:42En réalité, c'est vrai que quand tu regardes un peu ce qu'ils produisent,
02:45c'est très très lié à l'immigration et à l'insécurité.
02:48Donc bon, c'est pas très compliqué d'imaginer un peu
02:50quelle est leur appartenance politique,
02:52en tout cas leur orientation.
02:55Voilà, et après, ça tourne beaucoup,
02:58mais s'y compris repris par des groupes
03:01qui pour moi sont vraiment liés à la gauche.
03:03Moi, j'avais discuté avec un...
03:06C'est intéressant ça, parce que ça part...
03:08Le gros du mouvement part de la droite,
03:11voire de l'extrême droite.
03:13C'est compliqué.
03:13En fait, tout le monde s'y racole finalement.
03:15Ouais, c'est vraiment très compliqué de dire honnêtement
03:17si ce mouvement, il est de gauche, de droite,
03:19d'extrême droite, d'extrême gauche, c'est vraiment...
03:20C'est comme les Gilets jaunes au départ, finalement.
03:22Ouais, c'est un peu ça.
03:23C'est-à-dire que c'est vraiment un mouvement
03:24qui agrège plein de colère.
03:25Ok.
03:26Et pour répondre à ta question,
03:27pourquoi maintenant ?
03:28En fait, on sait jamais vraiment
03:29pourquoi est-ce que maintenant plutôt qu'avant.
03:31Ce qui est sûr, c'est que je pense
03:32que tu as un cocktail quand même de plein de...
03:35Il y a une colère sociale qui est très très forte
03:36dans le pays depuis des années,
03:37qui était déjà présente à l'époque des Gilets jaunes
03:39et qui n'est pas du tout retombée.
03:41Les réformes des retraites, après...
03:42On s'est pris les réformes des retraites, voilà.
03:46Il y a toujours un niveau de chômage
03:47qui est très important, de précarité,
03:49une dégradation des conditions de travail,
03:51une perte de sens aussi au travail
03:52qui est très importante.
03:53Les services publics en lambeaux.
03:54Les services publics en lambeaux.
03:55Il y a les hôpitaux qui ne marchent plus.
03:56Enfin, il y a tous les ingrédients,
03:57si tu veux, de cette colère sociale-là.
04:00C'est une colère sociale qui se double aussi
04:02d'une colère politique
04:03et qui était déjà le cas au moment des Gilets jaunes.
04:05Mais je pense qu'aujourd'hui,
04:06on s'est quand même pris la dissolution,
04:09puis derrière, l'espèce de hold-up politique.
04:12Puisqu'en fait, on n'a absolument pas tenu compte
04:14des résultats à des urnes.
04:15Donc, je pense que tu vois,
04:16il y a une agrégation de plein de colère
04:19qui s'exprime sur les réseaux sociaux,
04:21mais pas seulement, évidemment.
04:23Dès que tu vas dans une boîte,
04:24que tu parles à des salariés,
04:26que tu vas, ou tu parles même, je ne sais pas,
04:28sur le terrain, quoi.
04:29Dès que tu sors un peu de chez toi.
04:31Il y a une colère qui est extrêmement présente.
04:33Alors, qu'est-ce qui fera l'étincelle ou pas ?
04:36Par définition, c'est impossible de le dire avant.
04:39Par définition, on ne peut jamais définir
04:41ce que c'est qu'un mouvement,
04:42enfin, une époque pré-insurrectionnelle.
04:44Tu peux le savoir une fois que l'insurrection a eu lieu
04:46et te dire, bah oui, rétrospectivement,
04:47effectivement, il y avait des signes avant-coureurs.
04:50Mais aujourd'hui, personne n'est capable de dire
04:51ce qui va se passer le 10 septembre.
04:52En revanche, il y a une colère sociale et politique
04:54dans le pays qui est réelle.
04:57Et est-ce qu'on assiste ?
04:59Est-ce que ça peut devenir un point de bascule
05:01pour la rentrée sociale, cette mobilisation ?
05:03Bah ça, c'est une bonne question.
05:05Ce qui est sûr, c'est que
05:08les syndicats réfléchissent de leur côté
05:10à faire quelque chose.
05:11Mais j'ai déjà vu, il y avait quelques appels déjà.
05:13Ouais, ouais.
05:13Alors, ça part un peu dans tous les sens.
05:15En fait, il y a Force Ouvrière,
05:17qui est un des principaux syndicats français,
05:20qui a pris un peu les devants
05:21et qui a déposé un préavis de grève national
05:25qui courrait du 1er septembre jusqu'à fin novembre.
05:29Pour couvrir un peu large trois mois.
05:31Ce qui veut dire, par parenthèse,
05:32que les gens qui voudraient se mobiliser le 10 septembre,
05:34tu sais, tu peux pas faire grève dans ton entreprise
05:36quand il n'y a pas de mot d'ordre national.
05:38Enfin, en tout cas, pas de mot d'ordre syndical.
05:40Tu peux pas décider tout seul dans ton coin
05:42de dire, bah voilà, tel jour, j'ai fait grève.
05:43Il faut forcément que tu te greffes
05:45à un mot d'ordre syndical.
05:47Donc, le fait que FO ait dit,
05:49entre septembre et novembre,
05:50on dépose un préavis de grève,
05:52peut-être que ça peut aussi, tu vois,
05:54permettre à des gens qui voudraient se mobiliser le 10
05:55de le faire.
05:57Et parallèlement à ça,
05:58t'as deux fédérations de la CGT,
06:00la fédération de la chimie
06:01et la fédération du commerce
06:02qui ont décidé d'appeler au 10 septembre.
06:06Sauf que c'est pas du tout, pour l'instant,
06:09un appel qui a été relié par la confédération de la CGT.
06:11La CGT, c'est une organisation
06:14avec une fédération et des fédérations.
06:16Fédérations qui ont une certaine autonomie,
06:18d'ailleurs, c'est pas le cas dans tous les syndicats,
06:19mais à la CGT, c'est un peu le cas.
06:20Et ce qui fait que, voilà, t'as deux fédérations
06:22qui ont décidé de partir.
06:24Mais je sais pour avoir discuté
06:26avec des gens de la confédération syndicale
06:27qui suivent ça de très près,
06:29qu'il va y avoir les instances de la CGT
06:31qui vont se réunir à la fin août
06:33et qui vont essayer d'arrêter une position là-dessus.
06:35Et que par ailleurs,
06:36l'intersynicale doit se réunir.
06:37Donc, tous les principaux syndicats français
06:39doivent discuter ensemble début septembre,
06:41le premier, je crois,
06:43pour savoir qu'est-ce qui va se passer en septembre.
06:45C'est un fait tard.
06:46Oui, effectivement, c'est tard.
06:48Ils se sont aussi beaucoup parlé en août,
06:49tu vois, avant les vacances.
06:51Mais bon.
06:52Ce qu'on peut dire,
06:53c'est qu'il y a de fortes chances
06:54qu'il y ait une journée,
06:57tu vois, une journée de mobilisation syndicale en septembre.
07:00Est-ce que ce sera un syndicat, deux, trois,
07:02ça, on ne peut pas le dire,
07:03mais en tout cas, il y aura quelque chose.
07:04Et que par ailleurs,
07:05le 10 septembre,
07:06il y a ce qui est annoncé là.
07:08Mais c'est très compliqué
07:09de savoir à quoi ça va ressembler.
07:10Est-ce qu'on assiste à un retour
07:12des forces de mobilisation horizontales ?
07:15Oui, complètement, oui.
07:17Pour moi, la leçon de ce qu'on peut dire...
07:21Moi, je me dis,
07:22est-ce que les gens, ils se disent
07:23la réforme des retraites, ça n'a pas marché,
07:24l'intersynicale, ça n'a pas marché.
07:26Est-ce que ce n'est pas à nous
07:28de prendre à bras le corps ce truc-là
07:31et de prendre la rue ?
07:34Oui, complètement.
07:35En fait, ce mouvement-là,
07:36pour moi, il s'inscrit vraiment
07:38dans ce que tu dis,
07:39c'est-à-dire qu'il y a une forme de défiance
07:41assez répandue, je pense,
07:42dans une partie de la population,
07:44à l'endroit des corps,
07:47ce qu'on appelle les corps intermédiaires,
07:48notamment les organisations syndicales.
07:49Tous les gens avec lesquels j'ai parlé
07:52sur ce mouvement du 10
07:54te disent,
07:55les syndicats, on en a ras-le-bol,
07:57parce qu'ils sont coupés
07:59des réalités du terrain,
08:00parce qu'ils sont trop bureaucratiques,
08:01parce qu'ils sont trop éloignés
08:03de nos préoccupations à nous.
08:05Des manifestations république-nation,
08:07il y en a qui en ont fait.
08:10On arrête, ça ne sert à rien.
08:11En tout cas, c'est ce qu'ils te disent.
08:13Et donc, eux, ils essayent
08:14de faire autre chose.
08:16Et donc, c'est pour ça que c'est un mouvement
08:17qui est complètement déstructuré.
08:20Ce n'est pas péjoratif dans ma bouche,
08:21c'est dans le sens où ils refusent
08:22toute forme de structuration classique
08:24avec des représentants institués,
08:26des porte-parole, des bureaux, etc.
08:28Ce n'est pas du tout ce qu'ils cherchent.
08:29Ils veulent faire autre chose.
08:33Alors, c'est un avantage
08:34dans le sens où ça colle, je pense,
08:35vraiment à un état d'esprit du moment.
08:38Mais l'inconvénient, c'est que pour nous,
08:40c'est très compliqué de le lire,
08:41de savoir ce qu'il va se passer.
08:41Oui, c'est ça.
08:42Et c'est le fait que ce soit un mouvement
08:44aussi complètement déstructuré
08:46ou astructuré, je ne sais pas
08:47comment est-ce qu'il faut dire,
08:48ça peut aussi l'affaiblir.
08:50On t'en parle, toi, du 10 ?
08:51Mais c'est aussi sa force.
08:52Alors, moi, je sais que...
08:54Moi, le premier...
08:54Enfin, j'ai fait un papier sur le sujet
08:56le 22 juillet, et en fait...
08:57C'est celui-ci.
08:58C'est celui qui est à l'écran.
09:00Et c'est vrai qu'on était
09:00un des premiers médias
09:01à dégainer là-dessus.
09:02Et moi, en fait, j'ai fait ce papier
09:04parce que c'est un représentant syndical
09:06qui m'en avait parlé.
09:08J'ai discuté de façon totalement informelle
09:10avec quelqu'un d'assez haut placé
09:12dans un gros syndicat
09:15qui m'a dit
09:16« Je ne sais pas si tu as vu ça,
09:17mais il y a plein d'appels
09:19sur les réseaux sociaux
09:20pour faire quelque chose le 10 septembre.
09:21Et toi, tu en avais déjà entendu parler ? »
09:22Non, moi, je venais de vacances,
09:23si tu veux.
09:24Donc, j'étais complètement déconnecté.
09:26Et c'est ce camarade-là
09:27qui me dit « Ben voilà,
09:30il se passe des choses,
09:31on appelle au 10,
09:33je ne sais pas ce qui s'y passe.
09:34Si tu as envie de jeter un oeil,
09:34vas-y, ça m'intéresse. »
09:36Et c'est à ce moment-là
09:36que je me suis intéressé
09:37à ce mouvement.
09:39Et donc là, le 22 juillet...
09:40Et depuis, tu as réécrit dessus ?
09:41Non, depuis, je n'ai pas réécrit.
09:43Mais depuis, je suis quand même
09:44pas mal en contact
09:44avec notamment d'anciens gilets jaunes.
09:48Enfin, d'anciens.
09:50Les gilets jaunes,
09:51s'ils nous écoutent,
09:52ils vont m'insulter
09:52si je dis ça
09:53parce qu'ils considèrent eux
09:53qu'ils sont toujours gilets jaunes.
09:54Quand tu parles avec les gilets jaunes,
09:56ils te disent
09:57« Nous, on ne s'est jamais arrêtés. »
09:58Ce qui s'est passé,
09:59c'est qu'il y a eu un temps fort
10:00du mouvement, en gros,
10:01tu vois, fin 2018, début 2019,
10:03il y a eu beaucoup de choses.
10:05Surtout en 2018, d'ailleurs.
10:07Mais les gens qui ont été mobilisés
10:08à l'époque te disent
10:09« Nous, on est toujours là, tu vois. »
10:10Et de fait,
10:11il y a toujours toutes les semaines,
10:12il y a des ronds-points,
10:12des rassemblements,
10:13même si...
10:13Il y en a encore aujourd'hui.
10:14Oui, carrément.
10:15Tu as des coins en France
10:16où tu as des ronds-points
10:17avec des gilets jaunes
10:17qui se réunissent le samedi.
10:19Alors, évidemment,
10:19tu n'as pas 10 000 personnes.
10:20Parfois, c'est quelques dizaines,
10:21quelques centaines.
10:22Mais ils continuent.
10:23Tu vois, c'est un mouvement
10:24qui n'a jamais complètement disparu.
10:27Et les gilets jaunes
10:28à qui je discute me disent
10:29« Nous, on n'attend qu'une chose,
10:30c'est de reprendre du service. »
10:30Tu vois, si jamais
10:32il y a une étincelle,
10:33tu vois,
10:33quelque chose
10:33qui cristallise un peu
10:42qui est plus souterrain
10:43que ce qu'il a été à l'époque
10:43mais qui n'a pas totalement disparu.
10:45En tout cas,
10:46la colère,
10:46elle est toujours présente.
10:47Est-ce qu'il y a d'autres...
10:50Enfin, il y a des secteurs
10:51qui sont vraiment en tension
10:51et tu sens qu'ils vont vraiment
10:52participer à ça,
10:53les secteurs de l'énergie,
10:54j'imagine ?
10:55C'est impossible à dire.
10:56En tout cas,
10:57c'est très compliqué à lire.
10:58Ah oui, c'est illisible.
11:00Et est-ce que tu étais déjà
11:02en capital travail en 2018 ou pas ?
11:03Oui, moi, j'avais couvert
11:04un peu le mouvement
11:05des gilets jaunes.
11:06Et avant les gilets jaunes,
11:06est-ce que tu l'as senti arriver ?
11:08C'est une bonne question.
11:09Je me souviens
11:09d'une conférence de rédaction.
11:11À l'époque,
11:11j'étais à Lumad,
11:13le magazine de Lumad.
11:16Et c'est un red chef
11:17qui nous avait alerté là-dessus.
11:18Et c'était l'été, tu vois.
11:20OK.
11:21Est-ce que ça démarquant ?
11:22Eh bien, c'est octobre,
11:23le premier,
11:24les premières mobilisations,
11:25je crois de mémoire,
11:26c'est octobre 2018.
11:30Et oui,
11:31le copain au journal nous disait
11:33qu'il va se passer quelque chose,
11:34il faut suivre.
11:35Il n'y a pas grand monde
11:36n'en parlait à l'époque.
11:38Mais effectivement,
11:40personne ne pouvait imaginer,
11:41même début septembre,
11:43qu'on allait assister
11:43à ce à quoi on aurait assisté.
11:45C'est-à-dire des scènes.
11:47Non seulement,
11:48il y a eu des manifestations,
11:49l'occupation des ronds-points,
11:50il y a eu ce qui s'est passé
11:51à Paris,
11:51avec l'Arc de Triomphe.
11:53C'était le 18 décembre, je crois.
11:54Non, c'était le 1er, je crois.
11:561er décembre ?
11:56Il faudrait vérifier.
11:57C'était le 1er décembre 2018, quoi.
11:59Oui, je crois que c'est le 1er décembre.
12:01C'est des scènes, moi,
12:02que je n'avais jamais vus de ma vie.
12:03C'est-à-dire, tu voyais quasiment
12:04des scènes d'émeutes, quoi.
12:06Des guerrillas urbaines.
12:07Des gens qui rentraient
12:08dans des hôtels particuliers,
12:10qui les mettaient à sac,
12:11qui retournaient des Ferrari
12:12sur les Champs-Elysées.
12:13Tu voyais des gilets jaunes
12:13se faire fracasser dans des Burger King.
12:15Il y avait des scènes de vous.
12:16Oui, et moi, c'est des scènes, moi,
12:18auxquelles je n'avais jamais assisté
12:19depuis que j'existe.
12:21Et tu étais sur le terrain ?
12:23J'étais un peu sur le terrain.
12:24Ce n'est pas moi qui ai le plus couvert.
12:25C'est plus la rue politique
12:26qui avait beaucoup couvert la chose.
12:28Mais oui, j'y suis allé aussi.
12:30Et c'est vrai qu'on assistait
12:30à des scènes.
12:33Mais c'est d'ailleurs ça qui a fait...
12:35Je pense que ça a fait peur
12:36au pouvoir en place
12:37et à la bourgeoisie
12:38pour parler comme un vieux marxiste.
12:40Je pense que les gens
12:41qui avaient du pouvoir en France
12:43ont vraiment eu peur
12:44à ce moment-là.
12:45Parce que ceux qui étaient dans la rue,
12:46ce n'étaient pas ceux
12:47qu'on attendait de base.
12:48Ce n'étaient pas ceux
12:49que tu voyais d'habitude.
12:51Et tu ne savais absolument pas
12:53jusqu'où ça pouvait aller.
12:55Des gilets jaunes
12:55qui prenaient un renversement
12:57du pouvoir,
12:58qui voulaient vraiment
12:59changer de régime,
13:00marcher sur l'Elysée, etc.
13:02Et je pense qu'à l'Elysée,
13:03à un moment,
13:05ils ont commencé à flipper un peu
13:06parce que c'était totalement imprévisible.
13:09Est-ce qu'il y a une stratégie
13:12du gouvernement
13:13face à cette mobilisation-là ?
13:15C'est une bonne question.
13:16Pour l'instant,
13:16ils regardent, ça c'est sûr.
13:19C'est sûr que les RG,
13:20ça ne s'appelle plus comme ça aujourd'hui,
13:21mais essayent de regarder
13:23ce qui se passe.
13:25Je crois qu'il y a un peu un précédent
13:26depuis les gilets jaunes.
13:27Je crois qu'au pouvoir,
13:29en général,
13:29dès qu'ils sentent
13:29qu'il y a quelque chose
13:30qui commence à rentrer en ébullition
13:32sur le terrain,
13:33sur les réseaux sociaux,
13:34on ne sait pas très bien
13:35à quoi ça va ressembler,
13:36mais il y a des appels.
13:38Je pense qu'ils suivent.
13:39Et par ailleurs,
13:39ils savent très bien
13:40que la situation sociale en France,
13:42elle est explosive.
13:44Après, encore une fois,
13:45personne ne peut dire
13:47ce qui va se passer le 10 septembre.
13:48Ça se trouve,
13:48il ne se passera absolument rien.
13:50On ne sait pas.
13:51Quand tu regardes aujourd'hui
13:52les mots d'ordre...
13:53Oui, c'est quoi ?
13:55C'est un peu tout et n'importe quoi.
13:58Moi, j'avais discuté
13:58avec des gens
14:00qui avaient créé un site
14:01qui s'appelait
14:01Mobilisation 10 septembre,
14:03en juillet.
14:04Eux, ils avaient vraiment
14:05un discours,
14:06une phraseologie très ancrée à gauche.
14:08Donc, ils parlaient
14:09grève générale,
14:10désobéissance civile,
14:11boycott.
14:12Ils voulaient boycotter
14:13des entreprises ciblées,
14:14Amazon, Carrefour, etc.
14:16C'est-à-dire des multinationales
14:17qui...
14:19C'est un vocabulaire
14:20très anticapitaliste.
14:21Oui, oui, exactement.
14:22Il y avait un discours
14:23très anticapitaliste,
14:24même s'il ne se présentait pas comme ça,
14:25mais c'était très, très ancré à gauche.
14:27Et aujourd'hui,
14:28ce qui émerge,
14:28c'est vraiment la volonté
14:30de bloquer le pays, tu vois.
14:32Autrement que par
14:34le répertoire d'actions classiques,
14:36à savoir des manifestations,
14:39c'est plus, tu vois...
14:42Alors, certains parlent
14:42de grève générale,
14:43d'autres de boycott,
14:44des moyens de paiement,
14:45notamment,
14:45c'est un truc qui tourne beaucoup.
14:47C'est-à-dire,
14:47le 10 septembre,
14:48on arrête,
14:49on n'utilise pas notre carte bleue,
14:50on ne consomme pas,
14:52tu vois,
14:52on reste chez nous.
14:53Bon, voilà.
14:55Après,
14:55tu as des gens
14:56qui ont des programmes politiques
14:57beaucoup plus structurés.
14:58Je regardais avant de venir,
14:59là, je jette un oeil
15:00sur un groupe,
15:01le groupe dont je te parlais
15:02tout à l'heure
15:02qui s'appelle
15:03Les Essentiels.
15:03Ils sont combien,
15:04tu sais ?
15:05C'est impossible à dire.
15:06Il y a une boucle Telegram
15:07avec 180 personnes dessus.
15:09Mais à savoir
15:10combien ils sont,
15:11je ne sais pas.
15:14il y a un décompte
15:15heure par heure
15:16où c'est marqué
15:17« Prépare-toi à reprendre
15:18le contrôle de ta vie
15:19dans 33 jours,
15:2022 heures,
15:21etc. »
15:22Ils ont un programme politique
15:24avec des revendications
15:25qui peuvent paraître
15:26complètement légitimes
15:27comme
15:28relocaliser notre production,
15:30redonner le pouvoir au peuple,
15:32j'ai noté des choses,
15:33redonner sa souveraineté économique
15:34à la France,
15:34etc.
15:35Et à côté de ça,
15:36tu sens que la colonne vertébrale
15:37de leur programme,
15:38c'est vraiment le Frexit,
15:40la sortie de l'Union Européenne,
15:41le retour au franc.
15:43Il te parle aussi beaucoup
15:44de baisse de charge patronale,
15:46donc charge,
15:46c'est des cotisations patronales.
15:48Donc ça,
15:49ça les ancre plutôt
15:49à droite de l'échec politique.
15:51Donc tu vois,
15:51c'est très hétérogène.
15:53Il y a un raid de 147 personnes,
15:55désolé de t'avoir coupé.
15:55Ah super.
15:56Merci beaucoup Léo.
15:56Merci.
15:58Donc c'est très hétérogène.
15:59C'est très très hétérogène.
16:00C'est vraiment...
16:03C'est assez compliqué à...
16:04Et là,
16:05j'ai vu quelqu'un dire
16:08« Les Gilets jaunes n'ont rien obtenu,
16:09n'est-ce pas illusoire de penser
16:11obtenir quoi que ce soit
16:12dans une grève massée
16:13et soutenue pendant plusieurs jours,
16:14voire semaines. »
16:16Je tiens à rappeler
16:16que les Gilets jaunes,
16:17ils avaient quand même obtenu
16:18le gel des...
16:20Le prix de l'essence, etc.
16:21Ils avaient obtenu des trucs quand même.
16:23Ce qu'ils ont vraiment obtenu,
16:24c'est qu'effectivement,
16:25Macron...
16:25C'est un prix Macron
16:26ou je ne sais pas quoi.
16:27Mais en tout cas,
16:27oui,
16:28et surtout,
16:29le point de départ
16:30quand même
16:31qui avait vraiment cristallisé
16:32la colère,
16:33c'était la hausse de la fiscalité
16:34sur le carburant,
16:35cette taxe sur le carburant.
16:36C'était surtout ça, oui.
16:37Au départ,
16:37c'est vraiment une révolte fiscale,
16:40comme souvent dans l'histoire,
16:41d'ailleurs,
16:41ça part souvent du portefeuille
16:43de la fiscalité.
16:45Et ensuite,
16:46t'as plein plein de revendications
16:47beaucoup plus politiques
16:48qui se greffent à ça.
16:50Des revendications
16:50beaucoup plus élaborées,
16:52des gens qui demandaient
16:54de la démocratie directe,
16:55des référendums,
16:56d'initiatives citoyennes,
16:58une révolution fiscale,
16:59etc.
17:00à un renversement de régime.
17:02Donc,
17:03ça part sur le terrain fiscal,
17:05un peu poujadiste au début,
17:06tu vois,
17:07on en a marre de l'impôt,
17:08etc.
17:08Et après,
17:09ça prend vraiment de l'ampleur
17:10sur le point politique
17:12avec des revendications
17:13beaucoup plus structurées.
17:14Et à l'arrivée,
17:15qu'est-ce qu'ils obtiennent ?
17:16Pas grand-chose
17:17par rapport à ce qu'ils voulaient.
17:18Non,
17:18par rapport à ce qu'ils voulaient.
17:19Évidemment,
17:19ils cherchaient,
17:20ils voulaient beaucoup,
17:21ils ont obtenu assez peu
17:24parce qu'il a eu peur,
17:25je pense,
17:26de ce que pouvait devenir
17:27le mouvement,
17:27a fini par renoncer complètement,
17:29en tout cas à ce moment-là,
17:30à la hausse de la fiscalité
17:31sur le carburant.
17:32Et puis après,
17:33il a annoncé,
17:34tu sais,
17:34le grand débat,
17:35qui pour le coup
17:36était une mascarade
17:36de consultations citoyennes
17:39dont il n'est absolument
17:39rien sorti.
17:41Mais voilà.
17:41Oh, quelle horreur ce truc.
17:42Ouais,
17:43c'était vraiment un sketch.
17:45Macron qui allait
17:45dans les villages.
17:46Il faisait le tour des écoles primaires,
17:47là,
17:48donneur de le sang.
17:49Jean, parlez-moi,
17:50je vous réponds.
17:51Putain,
17:52c'est vrai qu'il y avait ça.
17:53Ça a duré longtemps.
17:54Ça a duré longtemps
17:54et ça n'a servi à rien du tout.
17:56C'est ça qui est génial.
17:57Plus les cahiers de doléances
17:58qui ont été remplis
17:58et qui n'ont jamais été.
17:59Qui ont été
18:00et qui doivent être quelque part
18:00dans un tiroir à l'Elysée.
18:01On ne sait pas
18:02à quoi ça va servir.
18:06Donc voilà.
18:07Et c'est vrai que chez les Gilets jaunes,
18:08quand tu parles aujourd'hui
18:09avec des Gilets jaunes,
18:09ce qui domine vraiment,
18:10c'est cette idée en fait
18:11d'inachevé,
18:12ce goût d'inachevé.
18:13C'est qu'ils voulaient obtenir beaucoup.
18:14Ils ont obtenu un peu,
18:15mais pas grand-chose.
18:17Et il y a quand même
18:17ce sentiment assez généralisé
18:19qu'ils n'ont pas fini le boulot
18:20pour dire les choses trivialement
18:22et que s'il faut repartir au combat,
18:23ils le feront.
18:24Après,
18:25je ne suis pas en train de te dire
18:25qu'il y aura 100 000 personnes
18:26dans les rues le 10 septembre
18:27ou sur le rond-point,
18:28mais en tout cas,
18:28il y a un goût de revenez-y.
18:31C'est ce que tu ressens.
18:32Ah oui, clairement.
18:33Quand tu discutes avec des gens
18:34qui sont toujours actifs
18:35chez les Gilets jaunes.
18:37Après,
18:37c'est impossible aujourd'hui
18:38de savoir
18:40quelle ampleur ça peut prendre.
18:42Il peut ne rien se passer du tout
18:43encore une fois.
18:43ça peut être un pétard mouillé,
18:45ça peut être le retour
18:46des Gilets jaunes,
18:47ça peut être complètement autre chose.
18:48En fait,
18:48on ne sait pas.
18:49Et c'est aussi ce qui rend
18:50la chose intéressante.
18:52Et le fait que les syndicats
18:53commencent à s'agréger,
18:54est-ce que ça ne peut pas
18:55tuer le truc dans l'œuf ?
18:56Que les gens se...
18:57C'est une très bonne question.
18:59Moi,
18:59je sais qu'il y a pas mal de gens
19:00sur les réseaux qui disent
19:01attention les gars,
19:03les syndicats sont en train
19:04de s'emparer de la chose.
19:05Ils ont peur de la récupération.
19:06Voilà,
19:06ça c'est un truc.
19:07Alors ça,
19:07la peur de la récupération,
19:08que ce soit politique ou syndicale,
19:09c'est vraiment quelque chose
19:10qui est hyper généralisé
19:12dans tous ces mouvements
19:12un peu astructurés
19:14ou déstructurés.
19:15Leur anti,
19:16c'est d'être récupéré.
19:17Parce qu'ils veulent
19:18que le mouvement soit apolitique,
19:20mais ces gens-là
19:21sont politisés aussi.
19:21Bien sûr.
19:22Parce qu'on parlait
19:23tout l'air de bastion,
19:24etc.
19:25Ils ont une couleur politique.
19:26Oui,
19:27et puis surtout,
19:28c'est pas mal d'être politique,
19:29tu vois,
19:29c'est au contraire.
19:30Tout est politique.
19:31Tout est politique,
19:32évidemment,
19:32appeler le 10 septembre dans la rue,
19:33même appeler au boycott
19:35des grandes entreprises,
19:36c'est totalement politique.
19:36Par contre,
19:37c'est vrai qu'il y a une peur
19:38des corps institués,
19:40des organisations politiques classiques,
19:42des syndicats.
19:44Je pense que ça part
19:45d'une frustration
19:46du fait que,
19:48évidemment,
19:48quand tu regardes
19:49le bilan des syndicats
19:50depuis 30 ans,
19:50c'est compliqué.
19:52Ils essayent de faire
19:53beaucoup de choses,
19:53mais c'est vrai
19:53qu'ils ont du mal,
19:55tu vois,
19:56parce que,
19:57pour plein de raisons
19:58sur lesquelles
19:58il serait trop long
19:59de revenir,
20:00mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
20:01les organisations syndicales,
20:02elles galèrent,
20:03elles essayent,
20:03mais c'est compliqué.
20:04Les partis politiques aussi,
20:05à gauche.
20:06Après,
20:06ils n'avaient pas
20:06gagné des membres
20:08des syndicats
20:09après la réforme
20:10des retraites et tout.
20:10Il n'y avait pas eu
20:11un bond.
20:12Ah si,
20:12c'est pour ça
20:13qu'il ne faut pas
20:14enterrer les organisations
20:15syndicales
20:15et que tu as tout un discours,
20:17tu sais,
20:17un peu poujadiste,
20:18anti-syndical,
20:19pour dire
20:20les syndicats,
20:21aujourd'hui,
20:21ils ne représentent plus personne,
20:22ce n'est plus que des structures
20:23complètement bureaucratisées,
20:25c'est faux.
20:27Enfin,
20:27tu vois,
20:27je veux dire,
20:28c'est encore des structures,
20:29c'est encore des organisations
20:30de masse,
20:30ils ont encore des relais
20:31extrêmement puissants
20:32sur le terrain,
20:33ils continuent à organiser
20:34des choses,
20:35se battent déjà
20:35dans les usines,
20:36dans les boîtes
20:37pour faire des grèves.
20:40Et,
20:41je veux dire,
20:42aujourd'hui,
20:42les syndicats,
20:43c'est les seuls en France
20:44à être capables
20:44de faire descendre
20:45300 000,
20:45500 000 et millions
20:46de personnes dans les rues,
20:47tu vois,
20:47il n'y a pas d'autres structures
20:48capables de le faire
20:48à l'heure actuelle.
20:49Donc,
20:50je pense qu'il ne faut pas
20:52taper par principe
20:53sur les organisations
20:54syndicales,
20:54mais en tout cas,
20:55ce qui est sûr,
20:55c'est que ce mouvement-là
20:57a très, très peur
20:57d'être,
20:58entre guillemets,
20:59récupéré par des organes
21:03en tant que casquette,
21:03c'est surtout capital travail,
21:05mais est-ce que
21:06les partis politiques
21:07ont commencé un petit peu
21:08à s'intéresser
21:09à ce truc-là ?
21:10Je sais qu'ils suivent,
21:12je ne veux pas parler
21:13à leur place,
21:13mais je sais qu'ils suivent
21:14ça de très près,
21:15je sais qu'à gauche,
21:15ils suivent ça de très près,
21:16à LFI,
21:17c'est évident,
21:17puisque moi,
21:17je sais que dès le 22 juillet,
21:19quand j'ai fait le papier,
21:21il y avait des groupes
21:22très actifs,
21:23tu vois,
21:23sur les réseaux sociaux
21:24qui étaient liés à LFI,
21:25qui relayaient déjà
21:26l'appel du 10 septembre.
21:28Donc, oui,
21:28c'est sûr qu'ils suivent.
21:29Après,
21:30c'est toujours un peu compliqué
21:31parce que tu ne sais pas
21:32très bien dans quoi
21:33tu mets les pieds
21:33parce que tu as un peu
21:34toutes les revendications,
21:36y compris des revendications
21:37très très à droite
21:38et que par ailleurs,
21:40les organisations politiques,
21:41ce ne sont pas des gens idiots,
21:42ils savent très bien
21:43qu'il y a une telle peur
21:44de la récupération
21:45de la part de ce moment-là
21:47qu'ils savent que
21:47s'ils arrivent avec leur gros sabot,
21:49ils vont se faire dégager,
21:50tu vois.
21:51Donc, ils regardent ça
21:52de très près,
21:52mais aujourd'hui,
21:54je ne sais pas encore,
21:54enfin, tu vois,
21:55je ne peux pas te dire
21:55comment est-ce qu'ils vont
21:56s'emparer de la chose.
21:58Ils vont faire quelque chose,
21:59c'est sûr.
21:59De toute façon,
22:00on verra le 10.
22:01Non, et puis tu as un tel niveau,
22:02encore une fois,
22:02de colère sociale dans le pays
22:03qu'en septembre,
22:05quoi qu'il arrive,
22:05il va se passer des choses.
22:06Plus après,
22:07il va y avoir,
22:07bon, on a parlé avec Bruno tout à l'heure,
22:09mais le budget qui va être voté
22:10fin du mois de septembre,
22:11il s'agit aussi
22:12de mettre un petit peu la pression
22:14avant que ça soit voté.
22:16Oui, oui.
22:17Et de toute façon,
22:17les organisations syndicales
22:18savent très bien
22:19qu'elles ne pourront pas
22:21rester l'arme au pied.
22:21qu'il faudra forcément
22:23répondre à cette colère.
22:24Parce que je pense que
22:25si elles ne le faisaient pas,
22:26leur base leur reprocherait.
22:28Donc évidemment
22:29qu'il va se passer des choses.
22:30Eh bien, on verra le 10 septembre.

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