- il y a 4 heures
Que veulent les quartiers populaires ? Pour en discuter, nous avons invité sur notre plateau Twitch l’ancienne députée Rachel Keke, Emilie Lecroq, présidente du groupe Communiste, Insoumis et Citoyen au Conseil départemental de Seine-Saint-Denis et Olivier Corzani, maire PCF à Fleury-Mérogis.
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00:00Les enfants par exemple qui ont le bac, qui n'ont pas d'université, ou bien les enfants qui sont
00:04obligés de chercher des atteignances pour pouvoir continuer les études, il n'y a pas !
00:08Et ces enfants sont nombreux dans ces quartiers-là, et même en Zongrie ils sont nombreux, il n'y a
00:14pas du tout !
00:14Moi j'appelle aujourd'hui cette famille de ces quartiers populaires et en Zongrie de se mettre ensemble, pour aller
00:20même devant le ministère de l'éducation, pour dire que nos enfants, ils vont, je ne sais pas, ils sont
00:24en train d'aller à la perdition, aidez-nous !
00:27Que veulent les habitants des quartiers populaires et comment le gagner avec eux ?
00:31Pour répondre à cette question, à côté de moi il y a Émilie Lecoq, bonjour Émilie, vous êtes conseillère départementale
00:36PCF de Seine-Saint-Denis, donc même présidente du groupe communiste, insoumis et citoyen de ce conseil départemental, vous êtes
00:45également, c'est les cantons de Saint-Ouen, Saint-Denis, Épinay-sur-Seine, et puis vous êtes également conseillère municipale
00:53à Saint-Ouen.
00:54Tout à fait, voilà. L'un de vos combats, c'est bien sûr l'égalité républicaine, donc vous pourrez développer
01:00sur ce thème et sur les actions que vous avez pu mener au sein du conseil départemental.
01:07Rachel Keke, bonjour.
01:09Bonjour.
01:09Vous, vous étiez jusqu'à très peu de temps, vous étiez députée. Alors, on vous a connu d'abord, passionnariat
01:16des femmes de chambre, un combat de deux ans, victorieux, enfin c'est ce qui vous a amené en politique,
01:23en fait.
01:23C'est l'action collective qui vous a amené en politique. Ensuite, vous avez été députée de la France insoumise,
01:28battue aux dernières élections à 500 voix près.
01:30Voilà, 500 voix contre un LR soutenu par la Macronie. Bon, ça ne vous a pas empêché de vouloir continuer
01:37à faire de la politique ?
01:38Non, pas du tout. C'est la lutte qui continue.
01:41Vous êtes ici, vous continuez. Donc vous nous parlerez de votre parcours, des luttes collectives et également bien sûr des
01:47quartiers populaires où vous vivez d'ailleurs et où vous agissez.
01:49Et puis, à côté de vous, Olivier Corsadie, maire PCF, le local de l'étape de Fleury-Mérogis. Vous êtes
01:56de l'Essonne. Vous avez été élu à 80% des votants quand même aux dernières élections municipales.
02:04Vous pouvez vous saluer de la classe quand même ?
02:05Oui, oui.
02:06Si, si, on peut.
02:08C'est correct.
02:09Voilà. Mais donc, une fois que vous êtes élu, vous avez fait des trucs en plus dans votre ville.
02:14C'est surtout ça. Et vous nous expliquerez comment, en tant que maire, on peut imprimer quand même une politique
02:19collective.
02:21J'allais dire de gauche, mais évidemment de gauche, mais il faut définir une politique au service des citoyens, au
02:26service de la conquête des droits que certains habitants des quartiers populaires ont perdu.
02:32J'invite chacun à regarder votre intervention sur les déserts médicaux parce que ça a été un de vos combats
02:37victorieux aussi pour la ville de Fleury-Mérogis.
02:41C'est ça. Donc voilà, je pose un peu le débat. On dirait qu'il n'y a que moi
02:45qui parle. C'est horrible, Théo.
02:46C'est très bien, mais tu vas leur poser des questions et après, c'est lancé.
02:49Oui, je vais leur poser des questions. Donc voilà, le débat, c'est quand on dit que veulent les habitants
02:54des quartiers populaires, c'est quand même une question un peu rhétorique.
02:57Parce que bien évidemment, les quartiers populaires, c'est juste des gens qui veulent vivre comme tout le monde.
03:00Avoir droit, par exemple, à un avenir pour leurs enfants, à un boulot, à un logement, pouvoir se déplacer, pouvoir
03:07vivre en sécurité,
03:09pouvoir avoir accès à un médecin, s'ils sont malades, pouvoir aller au théâtre, au cinéma, pouvoir avoir accès à
03:17des équipements sportifs,
03:19enfin, juste la vie, quoi. Et en fait, parfois, en discutant avec des habitants des quartiers populaires,
03:24on se dit qu'ils ont renoncé à ces droits qui pourtant sont naturels, normaux et obligatoires, si on parle
03:32d'égalité républicaine.
03:33Et ils se disent, bon, la seule manière où on peut avoir juste ce qu'il nous faut pour vivre,
03:39c'est soit de s'en aller,
03:40soit de l'obtenir par un passe-droit, ou par une fleuve, il faut être pistonné.
03:45Et en fait, en réalité, pour vous qui faites tous les droits de la politique, c'est pas comme ça
03:51qu'on fait.
03:52Mais comment on fait pour sortir de cet impasse, pour ramener les gens en politique,
03:58pour que ce fatalisme disparaisse, comment on remobilise pour faire en sorte qu'avec l'appui des habitants,
04:05vous construisiez des politiques de plus de droits pour tous ?
04:09Qui veut ? Voilà, c'est un débat philosophique.
04:14Moi, je pense qu'au jour d'aujourd'hui, le problème des quartiers populaires, c'est tellement délicat,
04:18parce que moi-même, j'ai vu dans un quartier populaire, Chebigny, la rue, avec mes enfants.
04:23Mais aujourd'hui, quand on parle des quartiers populaires, déjà, les habitants des quartiers populaires
04:29pensent qu'ils n'ont pas de valeur, ils n'ont pas de...
04:31Parce qu'il faut aussi dire que c'est les plus précaires qui vivent dans des quartiers populaires.
04:36Par exemple, ceux qui font le ménage, les éboueurs, la majorité sont dans les quartiers populaires.
04:41Et ils n'ont plus confiance en eux, parce que la politique d'aujourd'hui fait qu'on l'estimatise
04:47beaucoup,
04:47surtout les jeunes. Les jeunes ne croient plus en rien du tout.
04:50Donc, pour qu'ils puissent croire et rentrer en politique, c'est tout un travail qu'il faut faire.
04:54Mais moi, aujourd'hui, je l'ai dit, tout est possible, parce qu'il faut croire en soi.
04:57Et moi, je pense que, finalement, il faut que les habitants des quartiers populaires s'organisent, en fait.
05:03Il faut qu'il y ait des réunions, il faut qu'il y ait plein de choses,
05:06parce qu'aujourd'hui, dans les écoles, rien ne va. Dans les hôpitaux, rien ne va.
05:11Mais si on ne croit plus en rien du tout, eux, qu'on dit, non, c'est pas possible.
05:14C'est parce que j'attends souvent de dire, ah non, mais moi, je suis dans un quartier populaire,
05:18c'est pas la peine, de toutes les façons, je n'ai pas de valeur.
05:20C'est fou. C'est fou. C'est la politique qui met, ce n'est pas un système en place
05:25pour nous déstabiliser.
05:28Moi, j'étais là-bas, moi, j'habite aujourd'hui dans un quartier populaire, et je le dis encore.
05:33C'est de là-bas que j'ai commencé ma lutte.
05:34Parce que c'est de là-bas, je vais au travail, je me lève à 4h du matin, je prends
05:37le premier bus à 5h,
05:39je prends le métro à 5h30, et j'arrive au travail à Ibis-les-Batignans à 6h30 ou 7h.
05:45Mais étant là-bas, ça ne m'a pas empêché de rentrer, par exemple, dans le syndicalisme,
05:49de lutter, de pouvoir changer ma vie pour pouvoir m'occuper de mes enfants.
05:53Donc, tout est possible. Voilà, non, je ne sais pas.
05:56Oui, mais effectivement, tout est possible.
05:58Mais est-ce qu'il y a aussi des solidarités qu'on n'a pas forcément l'habitude de mettre
06:02en valeur dans certains quartiers populaires,
06:04entre les habitants, entre les familles, dont il faudrait s'inspirer pour l'attirer en politique, cette solidarité-là ?
06:10Moi, je pense qu'il y a quand même un peu de solidarité, parce que côté voisinage, c'est comme
06:17un peu, je peux dire,
06:18on se coutoie, bonjour, parce que les enfants entre eux, ça joue, tout ça.
06:22Mais la solidarité, vraiment, pour qu'on dise qu'il est temps, il faut qu'on lutte, par exemple, pour
06:28que l'école fonctionne.
06:29Ça, il n'y a pas cette solidarité-là.
06:31C'est vrai qu'il y a quelques parents qui le font, il y a quelques parents qui le font,
06:35mais ça ne suffit pas.
06:37Si, par exemple, on est 20 000 habitants, normalement, tous les 20 000 doivent se mettre ensemble pour se battre,
06:43pour trouver la solution.
06:45Mais si on laisse 20 000, si on prend 300, 100 personnes, mais ça n'a pas de force.
06:50Alors, on peut laisser la parole à Émilie, parce qu'elle, elle l'a fait.
06:54Ils l'ont fait.
06:54Ils ont juste à agir, parce que les quartiers populaires, déjà, en plus, c'est les gens qui sont populaires.
06:59C'est rarement les quartiers, c'est les gens qui habitent dans les quartiers.
07:01Et souvent, ce qu'ils demandent, c'est juste déjà le droit commun.
07:03C'est-à-dire qu'avant de demander plus, ils demandent déjà l'application du droit commun par rapport à
07:06leur propre vie.
07:08Quand on prend les questions de déserts médicaux, quand on prend les questions d'école,
07:10la première chose, c'est de dire qu'on veut un estil devant chaque classe pour pouvoir avancer.
07:16Et ça, on n'arrive pas à le garantir, par exemple, en Seine-Saint-Denis.
07:18Et c'est déjà un premier débat.
07:19Donc, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, tous les dispositifs de politique de la ville qui existent,
07:23et qu'ils essaient d'ailleurs de mettre à mal,
07:25c'est déjà pour pouvoir rétablir le fait que l'État ne finance pas assez dans ses quartiers
07:29pour faire en sorte que le droit commun soit appliqué.
07:31Et ça, je pense qu'il faut quand même qu'on l'affirme.
07:33C'est-à-dire que les quartiers populaires ne demandent pas plus.
07:35Ils demandent déjà qu'on les respecte pour pouvoir faire en sorte que leurs droits soient respectés,
07:39leurs droits d'accès à l'école, leurs droits d'accès à la santé,
07:42leurs droits d'accès à la citoyenneté.
07:44Et aujourd'hui, il y a une partie de l'État qui le nie,
07:48pour ne pas dire une grande partie de l'État qui le nie.
07:50Et pourtant, je trouve qu'on a énormément de solidarité dans les quartiers populaires.
07:54Énormément.
07:55Moi, je faisais un conseil d'administration dans un collège de Seine-Saint-Denis
07:58qui s'appelle Jean Bigot, qui est à côté d'une grande cité,
08:02la cité Orgemon à Épinay.
08:03Et aujourd'hui, dans le collège, on a des instits qui ont décidé de mettre en place
08:07des cours à l'alphabétisation pour les parents
08:11qui sont complètement ouverts sur le quartier
08:13pour pouvoir permettre que ce lieu ne soit pas qu'un lieu d'école,
08:17mais soit un lieu de vie pour l'ensemble des habitants du quartier,
08:19qu'ils soient des parents, qu'ils soient des enfants,
08:21de façon à ce qu'ils appartiennent à tous.
08:23Et ils vont au-delà de leur mission,
08:26alors qu'eux-mêmes sont en carence par rapport à leurs conditions de travail
08:30pour répondre aux besoins des habitants.
08:32Et je trouve qu'on est quand même, contrairement à ce qu'on imagine,
08:34à un niveau de dévouement des gens par rapport à ce qu'ils font vivre dans leur quartier,
08:39par rapport aux structures où ils sont,
08:41qui est impressionnant et qui bériterait d'être beaucoup plus reconnu
08:44qu'il ne l'est à l'heure actuelle pour pouvoir justement prendre en compte
08:47la richesse qui existe dans les quartiers.
08:49Et sur l'école, justement, vous vous battez pour l'égalité républicaine.
08:53Je regardais les chiffres, il y a 50% des profs absents qui ne sont pas remplacés en Seine-Saint
08:59-Denis.
09:00Il y a 78% de remplacement, ce qui n'est pas terrible,
09:04ça devrait être 100% dans l'ensemble du territoire.
09:07Mais en Seine-Saint-Denis, on imagine qu'un sur deux, ça suffit.
09:10On imagine que perdre un an de scolarité au bout de sa scolarité,
09:13ce n'est pas grave pour ces gamins-là,
09:15qui justement, comme hélas, il y a une corrélation entre le fait d'être en échec scolaire
09:19et de devenir de la quartier populaire, il y aurait besoin de renforcer.
09:23Eh bien non, c'est tout l'inverse qui se passe.
09:24Il y a quand même un truc, on marche sur la tête, il y a du mépris, c'est au
09:27-delà.
09:27Et c'est pour ça d'ailleurs, en effet, c'est assez scandaleux
09:30que sur le territoire de la Seine-Saint-Denis,
09:32qu'on considère comme un territoire qui a besoin d'avoir plus d'écoles,
09:36justement, puisqu'on considère que c'est un territoire qui serait insécurisé
09:39et donc qui mériterait d'avoir une éducation de plus haut niveau,
09:43de service public à la hauteur des besoins.
09:45Donc ça se traduit naturellement sur le manque de remplacement de profs.
09:48On a quand même des endroits où, à partir de la Toussaint,
09:50les poules de remplacement de profs n'existent plus
09:53puisqu'ils ont tous mis sur des postes qui étaient vacants à la rentrée
09:56et qu'il n'y a plus de remplacement de profs possible
09:58à partir de la Toussaint sur une partie du territoire du département.
10:01Ça se fait aussi sur la question des locaux.
10:03C'est-à-dire qu'on a débattis, on est le département de France
10:06qui est le moins bien compensé pour l'entretien des bâtiments
10:09sur les collèges, par exemple.
10:12Contrairement, pour donner qu'un exemple,
10:13la Seine-Saint-Denis est compensée à 10% par l'État
10:15sur les travaux qu'elle fait sur les bâtiments des collèges
10:17quand les Ardennes sont compensées à 81%.
10:2081%-10%.
10:21On voit bien qu'il y a quand même une inégalité
10:22qui est quand même assez flagrante par rapport à ça.
10:25Et ce qu'on a vécu au mois de février,
10:27ce qui était assez formidable,
10:28c'est qu'on a eu un mouvement qui s'est créé,
10:30mais qui s'est créé à partir d'un rapport parlementaire.
10:33C'est-à-dire qu'il a été, qui a été d'ailleurs dirigé par Stéphane Peu
10:36et par une députée, et je pense que c'est important de le dire,
10:38une députée de Renaissance,
10:39puisque ça montre le fait que ce soit deux députés de couleurs différentes
10:43que c'est des faits.
10:44C'est-à-dire que ce n'est pas une exigence, c'est des faits.
10:48Nous sommes dans une situation inégalitaire
10:49qui est reconnue à la fois par un député PCF
10:52et par une députée de Renaissance.
10:53Et à partir de ce rapport parlementaire
10:55qui montrait ce que vous disiez
10:56sur la question du manque de moyens,
10:58du manque de professeurs, du manque de personnel,
11:00du manque d'AESH,
11:01on a un mouvement qui s'est créé à partir des syndicalistes,
11:04une inter-syndicale qui a été large dans le département
11:06et sur lequel les parents d'élèves se sont greffés
11:09et sur lequel les politiques ont également tenté de jouer leur rôle
11:12pour pouvoir exiger un plan d'urgence pour la Seine-Saint-Denis.
11:15Et ça en est où ce plan d'urgence ?
11:16On continue.
11:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, pour être assez franche avec vous,
11:19c'est un plan d'urgence qui demande 358 millions d'euros
11:21et à l'heure actuelle,
11:23les politiques d'austérité qui sont menées nationalement
11:26font que l'État refuse d'augmenter le budget.
11:28Attendez, les uniformes, ça coûte combien ?
11:30Je suis d'accord qu'il y a des choix politiques qui sont faits.
11:32Le Sénu, ça coûte combien ?
11:33Non mais si on fait le calcul, il n'y a pas...
11:34Non, non, je suis d'accord avec vous
11:36qu'il y a des choix politiques qui sont faits par rapport à ça.
11:40Oui, vous avez raison.
11:41Non mais on compte en milliards pour les uniformes.
11:43Tout à fait.
11:43Donc là, 350 millions.
11:45358 millions, oui.
11:46Voilà, ça paraît des sommes énormes comme ça,
11:49mais en réalité, à l'échelle de ce qui est prêt à être dépensé
11:52pour un truc un peu autoritariste et pour militariser la jeunesse...
11:54Tout à fait.
11:55Bon.
11:56Si, je peux juste rebondir.
11:58Mais bien sûr.
11:58C'est un peu, là en tant que maire en plus,
12:02c'est toujours le sujet, c'est qu'on a toujours nous,
12:04enfin dans les villes populaires, les quartiers populaires,
12:08ce que veulent les gens, c'est ce qu'ils se disaient au début,
12:10c'est en fait avoir une bonne éducation pour leurs enfants,
12:14se soigner quand ils sont malades.
12:16C'est des choses extrêmement, finalement, basiques.
12:18Ils ne demandent pas de luxe ou quoi que ce soit,
12:21contrairement à d'autres.
12:21Mais souvent, quand on met en face les sommes,
12:25elles peuvent paraître, quand on les remet individuellement à la personne,
12:28des grosses sommes, mais ce n'est jamais des grosses sommes.
12:30Et moi, je vois les villes, quand on veut se bagarrer pour porter des projets,
12:36le nombre de réunions, de dossiers qu'il faut faire,
12:39de temps de travail d'administration pour à la fin obtenir 15 000 euros ou 20 000 euros,
12:44des fois, on se dit même, gardez-les et on va faire sans vous,
12:47ce n'est même pas la peine.
12:48Donc on est toujours dans du saupoudrage qui, finalement, ne lance rien,
12:51qui permet simplement à ceux qui se saupoudrent de communiquer,
12:55mais pas de lancer de vraies politiques d'accès aux droits égalitaires sur le territoire.
13:00Si je peux, du coup, juste un peu développer sur un ou deux aspects.
13:08Moi, je partage le fait que dans les quartiers populaires,
13:11il y a énormément de solidarité qui se crée sur soit des problématiques,
13:16mais pas que, sur aussi de l'envie de se retrouver, de se rencontrer,
13:20de vivre des moments tout simplement agréables ensemble,
13:24de permettre à des enfants de partir en vacances.
13:26Enfin, il y a énormément de gisements de solidarité dans les quartiers populaires.
13:31Là où on peut avoir une difficulté, c'est comment on passe de la solidarité à l'instant T,
13:36sur un sujet précis, à un projet politique un peu plus global,
13:41et comment on passe d'une lutte un peu de quelques centaines de personnes
13:47contre une fermeture de classe, à une lutte plus globale des parents,
13:51non pas contre l'enseignant qui essaye de faire ce qu'il peut avec les enfants,
13:55mais en exigeant effectivement des remplacements à 100%,
13:59un programme scolaire de qualité, etc.
14:03Et là, c'est une difficulté qui n'est pas liée qu'au quartier populaire.
14:06On est dans une société du consumérisme, on est dans une société du zapping,
14:11et les gens dans les quartiers populaires ne vivent pas en dehors de cette société,
14:14et donc quand ils s'engagent dans quelque chose,
14:18souvent il y a une attente de résultats immédiats,
14:21et c'est difficile de s'inscrire dans une lutte plus longue,
14:24et puis dans le zapping, je veux ça, et puis après ça, et puis après ça,
14:28sauf que les luttes pour les droits, c'est des luttes longues,
14:30c'est des luttes qui demandent du temps,
14:32et je pense que ce qu'on souffre plus globalement dans notre société,
14:36à une époque, il existait des grands partis politiques,
14:40des grands syndicats, des grandes associations d'éducation populaire,
14:43des grandes associations de parents d'élèves, etc., etc., etc.,
14:46qui étaient des relais d'actions politiques sur le long terme.
14:50Ça, aujourd'hui, c'est en mouvement.
14:53Certains sont un peu en déclin, d'autres se cherchent un peu,
14:59et quand il y avait des luttes, on bénéficiait de tout ce travail
15:02d'éducation populaire, où on travaillait un sujet sur du long terme,
15:07où on avait des citoyens qui maîtrisaient aussi bien
15:10qu'un étudiant de Sciences Po un sujet, que ce soit à l'école ou autre,
15:14et tout ça, ça contribuait du mouvement social.
15:16C'est aussi ce qui fait un peu la difficulté du mouvement social,
15:20c'est qu'on ne trouve plus aujourd'hui ces relais d'organisation
15:22et qui s'inscrivent dans le long terme.
15:25Après, il faut être optimiste.
15:28On a des gisements, comme je disais, de solidarité, ce qu'on s'est dit.
15:31On a des vrais points de lutte à avoir et des points de convergence, en plus,
15:35parce qu'il y a besoin d'unité pour mener toutes ces luttes.
15:39Et donc là, je ne vais pas aller plus loin.
15:41Notre discussion, on a encore du temps, elle va évoluer.
15:45Mais bon, voilà.
15:46Mais c'est vrai.
15:46Moi, je veux rebondir un peu.
15:48C'est que moi, je voulais dire, c'est que concernant les quartiers populaires,
15:52par exemple, quand j'ai été élu, quand j'étais élu à l'époque,
15:57il y avait des écoles où il n'y avait pas de prof.
16:00J'étais obligé de voir le ministre de l'Éducation,
16:03où on remplaçait des profs.
16:05Bon, ça, moi, j'étais élu.
16:07Mais ceux qui ne le font pas, parce qu'il y a des députés qui s'en fichent complètement
16:11des quartiers populaires.
16:13Et moi, j'avais décidé de faire le tour des quartiers populaires pendant mon mandat.
16:17J'ai été même dans les zones rurales.
16:18Je suis allé à Caon, je suis allé à Valence, je suis allé à Pépignan.
16:22Mais là-bas, c'est la même situation,
16:24parce que c'est le même problème que les quartiers populaires.
16:27Parce qu'on parle des quartiers populaires, mais en zone rural, c'est encore pire.
16:30Et moi, j'ai vu ça.
16:31Maintenant, pourquoi moi, je dis que la solidarité,
16:34oui, on va faire une sortie, on va manger ensemble, on va aller au parc.
16:39Oui, cette solidarité, il y a.
16:40Mais, par exemple, au jour d'aujourd'hui,
16:43les enfants, par exemple, qui ont le bac, qui n'ont pas d'université,
16:46ou bien les enfants qui sont obligés de chercher des atteignances
16:49pour pouvoir continuer les études, il n'y a pas.
16:52Et ces enfants sont nombreux dans ces quartiers-là.
16:55Et même en zone rural, ils sont nombreux.
16:57Il n'y a pas du tout.
16:58Et qu'est-ce qu'on fait ?
16:59Moi, j'appelle aujourd'hui ces familles de ces quartiers populaires
17:02et en zone rural, de se mettre ensemble.
17:04C'est ce qu'on appelle la conversion de la lutte.
17:07Il faut qu'on se mette ensemble pour aller même devant le ministère de l'éducation,
17:10pour dire, nos enfants, ils vont, je ne sais pas,
17:13ils sont en train d'aller à la perdition.
17:15Aider nous, il faut que ses parents, c'est-à-dire ses pères, ses mains,
17:18trouvent même un jour, ouvrir peut-être un lundi,
17:21on n'est pas obligés d'aller travailler,
17:22même perdre 60 euros un lundi pour aller dire,
17:24je veux que la vie de mon enfant, vous me trouvez une solution.
17:27Et c'est ça, il faut qu'on fasse une violence.
17:30Je ne sais pas pourquoi on nous attend.
17:33Pourquoi on nous attend ?
17:33Parce que moi, je dois, je parle, moi, ma fille, elle a été au Canada
17:35parce qu'elle est restée une année sans université.
17:38J'ai tout fait pour qu'elle trouve une université, il n'y avait pas.
17:42Et j'étais obligée de lui dire,
17:43comme tu ne peux pas rester comme ça, tu es intelligent,
17:45pour ne pas aller à l'école, tu fais quoi ?
17:47Trouve-toi une école, elle est allée sur Internet,
17:49elle essaie de trouver une université à Moral et Trois-Rivières.
17:53Et tout de suite, le Canada l'a pris,
17:54elle est partie le 27 août pour aller faire ses études.
17:57Et là, elle a commencé ses études.
17:59Il y a combien d'enfants comme ça qui sont là, dans ces quartiers-là ?
18:03Bien sûr, mais ça a été depuis...
18:04On fait quoi ?
18:04Après on dit c'est des racailles, après on dit c'est quoi ?
18:06Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que l'État fait ?
18:08Maintenant si l'État ne veut rien, on sait déjà que l'État ne va rien faire,
18:11mais il faut que ses familles s'organisent.
18:13Après ce que vous dites là, Rachel,
18:15c'est aussi la convergence de plusieurs maltraitances.
18:17C'est-à-dire qu'il y a Parcoursup qui sélectionne,
18:19il y a le fait qu'il y a une crise du logement terrible
18:22parce qu'il n'y a pas de construction,
18:23parce qu'il n'y a pas de logement étudiant.
18:24Donc si on est pris à Poitiers alors qu'on habite à Paris,
18:28on ne trouvera jamais un logement à moins d'être milliardaire
18:31pour pouvoir envoyer son enfant et payer une chambre.
18:35Il y a vraiment une convergence aussi de plein de structures
18:41qui sont défaillantes,
18:42qui font que ça pénalise encore plus ceux qui ont déjà peu de moyens.
18:46Ça ne laisse de chance qu'à ceux qui en ont raisonnablement.
18:49Oui, mais en fait, quand on a les difficultés, on les cumule.
18:52Il n'y a pas des endroits où c'est plutôt le logement,
18:55mais tout va bien sur la santé.
18:56Des endroits où c'est plutôt la santé,
18:58et en fait, et particulièrement les quartiers populaires,
19:01et les zones rurales que tu as évoquées,
19:04c'est des problèmes de logement,
19:05c'est des problèmes d'accès à l'éducation,
19:06c'est des problèmes pour avoir un accès aux soins de qualité.
19:10Le médecin, c'est une catastrophe.
19:12Je fais une parenthèse sur le médecin,
19:13pour parler de Fleury-Mérogis,
19:15parce qu'hier, j'ai fait un débat sur le sujet des déserts médicaux.
19:18Et on a comparé trois villes.
19:20Fleury-Mérogis, Neuilly-sur-Seine, c'est pris au hasard,
19:23et la ville de Cassis, dans les Bouches-du-Rhône,
19:25qui est également prise au hasard.
19:26Et on a comparé le nombre de patients par médecin.
19:30A Fleury-Mérogis, on a 2700 patients par médecin.
19:32A Neuilly, on est à 1700.
19:34Et à Cassis, on est à 1200.
19:36Aujourd'hui, il y a trois médecins à Fleury-Mérogis.
19:38Et donc, si on inversait,
19:39si on était autant de patients par médecin que Neuilly,
19:43il n'y en aurait pas trois, il y en aurait huit.
19:45Et si on était autant de patients par médecin qu'à Cassis,
19:48il y en aurait onze.
19:50Donc, il y a des territoires qui sont en difficulté
19:53et qui cumulent les difficultés.
19:55Et il y a des territoires qui ont des facilités
19:57et qui cumulent les facilités.
19:58Et ce n'est pas que le fait du hasard.
20:01C'est aussi des choix de dire...
20:02Enfin, moi, il y a un moment,
20:04j'ai l'occasion à chaque fois que je la vois
20:06de le dire aux préfets, aux représentants de l'État.
20:09Il y a aussi des phénomènes de ghettoïsation
20:12qui sont organisés par l'État et les bailleurs.
20:15Et qui créent des quartiers où ils concentrent.
20:17Ce n'est plus de la mixité sociale.
20:19Et même s'ils en parlent avec des larmes de crocodile,
20:21ils concentrent des catégories de population
20:24qui ont le même à peu près niveau de revenu,
20:26voire les mêmes origines de pays,
20:29sans l'assumer.
20:31La dernière fois que j'ai dit ça
20:33aux représentants de l'État dans notre département,
20:35ils s'est offusqués en disant
20:36« Mais c'est complètement illégal, on n'a pas le droit. »
20:38Mais c'est...
20:38C'est une réalité.
20:40Non, mais c'est se moquer du monde.
20:41C'est une réalité dans tous nos quartiers populaires
20:43où on concentre des gens
20:46qui viennent, qui ont parfois le même nom de famille,
20:48sans être de la même famille,
20:51les mêmes niveaux sociaux.
20:52Et ce n'est pas le fait du hasard.
20:54C'est le fait des bailleurs sociaux et de l'État
20:55qui répartit sur les territoires
20:58des populations de même typologie.
21:00Et ça aussi, c'est un vrai sujet.
21:03Le logement social n'est pas de la guitarrisation.
21:06Dans son idée, c'est de la mixité.
21:09C'est le mélange d'un prof qui vit avec un ouvrier,
21:12qui vit avec...
21:13C'est ça, l'idée initiale du logement.
21:15Avec une députée.
21:16Avec une députée, effectivement.
21:19Voilà.
21:20Mais alors, la question, c'est que par...
21:24Par quel bout on attaque quand on est maire ?
21:27Qu'on croise des gens dans la rue tous les jours
21:29qui me disent « Eh, dites donc, ceci.
21:30Eh, dites donc, cela.
21:32Eh, dites donc, j'ai pas de médecin.
21:33Eh, dites donc, il me faudrait un logement.
21:36Eh, dites donc, l'école de mon fils, là.
21:39Et puis, la voirie.
21:40Et puis, les endroits qui sont insalubres.
21:44Et puis, les problèmes de sécurité.
21:46On attaque comment ?
21:48D'abord, moi, je pense que la porte d'entrée
21:51par des problématiques locales
21:53et d'essayer, en cheminant,
21:55d'amener sur les causes profondes
21:58de ces problématiques qu'on retrouve concrètement sur le terrain,
22:01c'est des fils un peu longs à tirer,
22:03mais c'est des fils nécessaires.
22:04Parce qu'effectivement, il peut y avoir cette tentation...
22:07Alors, comme tous les services publics d'État reculent,
22:11enfin, voilà, la Poste, c'est une vaste blague.
22:14Bon, tous les services publics d'État reculent.
22:16Les gens s'adressent naturellement à leur élu de proximité
22:19et par excellence, le maire.
22:21Et de demander au maire de régler tous les problèmes.
22:25Il y a cette tentation, elle existe dans la société.
22:28Eh bien, il nous faut ça, il nous faut ça, il nous faut ça.
22:30Quand après, on commence à...
22:32En tout cas, quand on est un élu qui a la volonté
22:34d'amener les gens vers la lutte,
22:36ce dont on essaye de faire modestement,
22:40on part d'une problématique locale
22:41et on essaye, en construisant des solutions,
22:44de faire évoluer les gens dans la réflexion
22:47autour de cette problématique locale.
22:48On parlait de la santé.
22:52On était à deux doigts de ne plus avoir du tout
22:54de médecins généralistes dans la ville.
22:56L'action urgente de la commune a permis des médecins généralistes,
23:00mais ça a créé un émoi dans la population
23:03et une mobilisation.
23:04De ça, aujourd'hui, un collectif a réussi
23:07à se structurer un peu, informel,
23:10très souple dans sa façon d'être.
23:13Mais aujourd'hui, il y a la question de la santé publique
23:15qui se pose au sein de ce collectif,
23:17qui est assez diverse,
23:19et dont des gens des quartiers populaires,
23:21et qui ont pris conscience que
23:25la médecine publique est une solution
23:27plus pérenne et plus durable que des médecins libéraux.
23:30Parce que demain, si les médecins libéraux qu'on a
23:31décident d'aller ailleurs parce qu'ils sont mieux
23:35pourvus par la collectivité qui va les accueillir,
23:38qui va leur payer tout le matériel, etc.,
23:39ils partent.
23:40Et on se retrouve dans la même situation.
23:42Et de ça, on arrive aujourd'hui à une réflexion
23:44de centre municipal de santé.
23:46Et de ça, on commence à poser les problèmes
23:48de financement de la sécurité sociale,
23:50non pas qu'il y ait des mauvais cotisants
23:53ou des gens qui coûtent trop cher
23:54parce qu'ils veulent se faire soigner,
23:56mais qu'il y en a une infime minorité
23:58qu'on ne voit jamais,
23:58qui capte des milliards et des milliards
24:01et des milliards qu'on dégage
24:02de nos remboursements et de la sécurité.
24:06Donc c'est un cheminement long.
24:08Je pense que les raccourcis
24:10qui pourraient consister à flatter...
24:14Enfin, après, c'est des choix politiques
24:16de quel chemin on prend.
24:16Mais les raccourcis qui flatteraient
24:18simplement le communautarisme
24:19ou qui iraient sur du clientélisme,
24:21ça existe dans la société.
24:24Mais je ne pense pas que ce soit les bons chemins.
24:26Je pense que c'est des raccourcis
24:27extrêmement dangereux.
24:29Et après...
24:29Et surtout, ce n'est pas pérenne
24:30parce qu'on donne à une personne
24:31notre faille, on aura 10 derrière.
24:33C'est une catastrophe.
24:33Et pour un moment, on ne pourra plus payer.
24:35On ne sert pas à plus d'un que l'autre.
24:36Voilà, c'est une catastrophe.
24:37Je pense que...
24:38Je pense que...
24:38Oui, mais peut-être rapidement
24:39parce que c'est plus large
24:40que la Seine-Saint-Denis.
24:41Je pense que le premier...
24:42Enfin, on a tous des parcours militants.
24:44La première chose,
24:45c'est comment on rend les gens
24:45à acteurs du combat
24:46qu'ils sont en train de mener.
24:47Donc comment on montre
24:48qu'il y a des intérêts communs
24:49et collectifs.
24:49Moi, je ne donnerais qu'une expérience.
24:51Moi, je m'occupais d'une association
24:52des jeunes qui n'avaient pas
24:53d'affectation scolaire
24:54avant d'être élus dessus.
24:56Et donc, l'idée, c'était
24:57qu'on mettait les jeunes ensemble
24:58sur le défaut d'affectation scolaire
25:00qu'ils avaient à la rentrée.
25:01Et à partir de là,
25:02on regardait la palette de formation
25:04qui existait dans le département.
25:05Et on allait à l'inspection académique ensemble
25:07ou pour réclamer des ouvertures supplémentaires
25:09ou pour pouvoir augmenter
25:12la palette de formation qui existait.
25:13Et donc, de fait,
25:14on rendait les jeunes acteurs
25:16aussi de la lutte qu'ils portaient
25:17puisqu'on ne le faisait pas à leur place.
25:19Ce n'est pas nous qui allions
25:20en délégation à leur place.
25:21C'est eux qui venaient avec nous
25:22pour bloquer les ascenseurs, etc.
25:24Mais en tout cas,
25:24pouvoir faire entendre leur voix
25:26à cette occasion-là
25:27pour pouvoir avancer.
25:28Et je pense que le premier rôle
25:29pour nous en tant qu'élus,
25:30c'est de se dire aussi que de façon,
25:31si on n'a pas le soutien de la population,
25:33si les gens ne sont pas acteurs
25:34de la lutte qu'ils sont en train de mener,
25:35on est incapables de la gagner.
25:37Donc, on ne peut pas imaginer
25:39qu'aujourd'hui,
25:39le pouvoir public soit capable
25:41de répondre tout seul
25:42face à la puissance de l'État
25:44si on n'a pas un mouvement populaire
25:46qui s'empare des choses.
25:47Et le mouvement populaire,
25:48il peut être associatif,
25:49il peut être syndical,
25:49mais on a besoin de ce mouvement populaire
25:51pour pouvoir soutenir
25:52face aux difficultés
25:54auxquelles sont confrontés
25:55les gens qui sont dans les quartiers populaires
25:57à l'heure actuelle.
25:59Et après, par contre,
25:59je pense qu'en tant qu'élus,
26:00on a aussi un devoir d'innover.
26:03Je le dis un peu comme ça,
26:03mais on parle de la santé,
26:05des déserts médicaux,
26:08mais pendant un moment,
26:09on parle aussi de l'accès financier,
26:10de la santé.
26:11Moi, je prendrais l'exemple
26:12de Montreuil
26:13qui a créé la première mutuelle communale.
26:16La première mutuelle communale
26:17qui a décidé de dire,
26:18en gros,
26:18faisons de notre nombre une force.
26:20Donc, on fait adhérer
26:23en masse des habitants
26:24à une même mutuelle
26:25pour faire en sorte
26:26de faire baisser les coûts.
26:27Je suis un peu schématique,
26:28mais en gros,
26:29c'est un prix de gros.
26:29C'est-à-dire qu'on adhère en masse
26:32et donc on fait baisser les coûts
26:33pour le dentaire.
26:34Et on permet à chacun
26:35d'avoir aussi accès à une mutuelle,
26:37ce qui n'était pas garanti avant.
26:39Et en vrai,
26:40je pense que
26:40c'est aussi l'élargissement
26:42de la notion de service public
26:43qu'on fait à travers
26:45ces événements-là,
26:46ce type d'innovation-là
26:47et sur lequel
26:49il faut qu'on puisse avancer aussi.
26:50Parce qu'on voit bien
26:51qu'entre les besoins d'hier
26:52et les besoins d'aujourd'hui,
26:53les choses ont changé.
26:54Là, je dis la mutuelle communale,
26:55mais je pense à Montater,
26:56où il y a eu la Montaterbox aussi
26:57sur la question
26:58de la fracture numérique.
26:59On a plein d'exemples
27:00comme ça
27:01qui peuvent exister
27:02et qui montrent
27:02que de toute façon,
27:03aujourd'hui,
27:04pour pouvoir répondre
27:04aux besoins des quartiers populaires,
27:06on a besoin de renforcer
27:06le service public
27:07et d'en faire un élément central
27:08pour pouvoir avancer.
27:10Et juste parce que
27:10je suis un peu taquine,
27:11le fait de demander
27:12à chacun
27:13de prendre une mutuelle
27:14et d'avoir tous
27:15la même mutuelle
27:16et d'avoir une mutuelle
27:17qui sera moins chère,
27:17ça n'empêche pas
27:18de réclamer le 100% Sécu.
27:19Tout à fait.
27:20Les deux vont le faire.
27:22Il y a une réponse à l'urgence
27:23et il y a une perspective derrière.
27:24Exactement ce que vous disiez aussi
27:26qu'on est dans la santé,
27:27une réponse à l'urgence
27:27on fait venir des médecins libéraux,
27:29mais on a l'idée
27:30d'une médecine publique municipale.
27:32C'est absolument
27:34ce qu'il faut faire.
27:35Mais après ça,
27:35il y a le rapport à l'État aussi.
27:37C'est-à-dire que
27:38les collectivités locales,
27:39comme on le sait,
27:40coûtent beaucoup d'argent.
27:41Elles sont responsables
27:42du gros gros trou du budget.
27:43Un pognon de dingue.
27:49On a l'impression que
27:52ces communes,
27:53ces collectivités locales,
27:54ce n'est pas possible.
27:55Elles ne font que dépenser de l'argent,
27:56elles ne rapportent rien
27:56et c'est de la faute des communautés locales.
27:58C'est quand même là
27:59où vivent les gens
28:00et vous l'évoquiez tout à l'heure
28:02mais ce n'est même pas compensé.
28:04Elles donnent de l'argent
28:05à les communautés locales.
28:07Il faudrait peut-être
28:08un peu rétablir.
28:09Comment on fait pour exiger
28:10que l'État finance
28:12les besoins des populations ?
28:14Je ne sais pas
28:15qui veut se lancer là-dedans.
28:16Moi, je pense
28:18comment l'État va faire
28:19pour financer
28:19déjà les associations,
28:21les associations aussi
28:22qui suivent des familles.
28:23Il y a des familles
28:24qui ne savent pas
28:25les créer.
28:25Ces associations
28:26qui sont là
28:26pour les aider.
28:27Ne me lancez pas
28:28sur les assos.
28:30Allez-y.
28:31Ces associations,
28:33ils n'ont pas assez de finances
28:35pour pouvoir s'occuper
28:36de ces familles.
28:37Donc, moi,
28:38je pense que l'État,
28:40quand un élu dénonce,
28:42par exemple,
28:42moi, quand j'étais député
28:43à l'Assemblée nationale,
28:44quand il y a
28:45la question au gouvernement,
28:46quand on dénonce
28:46ce qui se passe
28:47dans les quartiers populaires,
28:49ils ne prennent pas
28:49sauterie, en fait.
28:51Ça, je ne sais pas pourquoi
28:52ces habitants
28:52des quartiers populaires,
28:53des zones ruelles,
28:54ce n'est pas pourquoi
28:55ils sont discriminés.
28:56Moi-même,
28:57quand je suis là,
28:57souvent,
28:57je me pose la question.
28:58C'est quoi le but ?
28:59Pourquoi ils sont discriminés ?
29:01Pourquoi ?
29:01C'est comme si c'était
29:02un peuple qui n'est pas
29:03en Afrique
29:04puisqu'ils vivent
29:05à part,
29:06qui ne font pas partie
29:06du peuple français.
29:08C'est quoi le but ?
29:09C'est quoi le problème ?
29:10Pourquoi ces gens
29:10sont discriminés ?
29:12Voilà,
29:12parce que c'est quand même,
29:13comme j'ai dit tout à l'heure,
29:14les quartiers populaires,
29:15c'est des gens
29:16qui se lèvent tôt le matin.
29:17Qui font les fameux
29:18métiers essentiels.
29:19Voilà,
29:19les métiers essentiels.
29:20C'est eux qui tiennent
29:21ce pays-là debout,
29:23il faut le dire.
29:24C'est tout eux qui tiennent.
29:25Ils n'ont même pas le temps
29:26de pouvoir s'occuper
29:27de leurs enfants,
29:28de pouvoir me prendre soin
29:29d'eux-mêmes
29:29afin de s'occuper
29:30de ce pays,
29:31de l'économie
29:31de ce pays-là.
29:33Donc,
29:33pourquoi en retour,
29:34l'État n'est pas reconnaissant ?
29:36C'est quoi le souci ?
29:38Je ne sais pas,
29:38c'est quoi ?
29:38C'est pour ça que moi,
29:39je dis,
29:40il est temps qu'on s'organise
29:42pour aussi parler à l'État
29:44pour dire,
29:44oui,
29:44nous,
29:45on est là pour l'économie
29:46de la France,
29:46on est là pour travailler,
29:48on est fiers pour travailler
29:49pour la France,
29:49mais en retour,
29:50il faut que la France
29:50nous soit reconnaissante.
29:52Soit envers nous,
29:52mais soit envers nos enfants.
29:54Mais si l'État
29:55n'écoute pas,
29:56qu'est-ce qu'on fait ?
29:56Comme la France,
29:57c'est un pays de révolution,
29:58on se met dans la rue,
30:00on crie pour dire,
30:01on veut que nos vies
30:03ne soient pas faits
30:03et l'État
30:04a les moyens de le faire.
30:05Justement, Rachel,
30:06vous parliez
30:07de votre travail de député,
30:08vous avez eu des paroles
30:09très fortes
30:09à l'Assemblée nationale,
30:10vous avez contribué
30:11à mettre dans l'agenda
30:12des sujets
30:12qui pouvaient en être absents.
30:14On regarde un petit passage
30:16de votre passage
30:17et on en discute après.
30:19Qui a déjà touché
30:20900 euros,
30:211000 euros ?
30:22Personne !
30:27Personne !
30:28C'est pour ça que vous rêvez,
30:29pas moi,
30:29je ne vous ai pas dit
30:30pas jour,
30:31pas moi,
30:33qui a déjà touché
30:34800, 900 euros
30:35par mois ?
30:36Personne !
30:38Vous ne savez pas
30:39ce que c'est !
30:41Vous ne savez pas
30:42la souffrance
30:43des métiers essentiels !
30:45Quand vous demandez
30:46une augmentation
30:46des salaires,
30:47vous parlez !
30:48Vous n'avez rien
30:49à faire ici !
30:52Je vous vois rire
30:53tous les trois,
30:53c'est une séquence
30:54qui a beaucoup marqué
30:55l'espace médiatique.
30:56Est-ce que vous comprenez
30:57pourquoi elle a marqué
30:58autant ?
31:00Parce qu'il y a
31:01beaucoup,
31:01beaucoup quand même,
31:02il y a beaucoup
31:03de personnes
31:03qui sont dans
31:05ces métiers précaires
31:06parce que comme je disais,
31:07moi-même,
31:07j'ai commencé ce travail
31:08avec 400 euros
31:09et on ne peut pas
31:10vivre avec ça.
31:11Et le jour,
31:12c'était le jour
31:12de la niche parlementaire
31:14de la France insoumise
31:15où on parlait
31:16d'augmenter le CIMIC
31:17à 1500.
31:18Et moi,
31:18je suis assise,
31:19je vois quand même
31:20des députés
31:21de la droite,
31:22de l'ESM droite
31:22qui disaient
31:23non,
31:24il faut une prime.
31:25Non.
31:25Et moi,
31:25je suis assise,
31:26je dis,
31:26mais attends,
31:27c'est de la blague
31:28ou quoi ?
31:28C'est-à-dire,
31:29à l'ensemble national,
31:30là où on vote
31:31les lois pour changer
31:32la vie des gens,
31:33les gens ne sont pas
31:33d'accord.
31:34Et c'est ça,
31:35je me suis levée
31:35pour dire non.
31:36Et ça,
31:37ça fait vraiment,
31:37ça a touché vraiment,
31:39même jusqu'au délà
31:40même de la France,
31:41ça a touché vraiment
31:42du monde
31:42parce que les gens
31:43disent,
31:43mais en fait,
31:44quelqu'un qui parle
31:45de notre part,
31:46en fait,
31:46quelqu'un qui dit
31:47les choses réelles
31:48parce que je viens
31:48de là.
31:49Je sais ce que c'est
31:50toucher 400, 500 euros,
31:51on ne peut pas vivre avec.
31:53Non,
31:53mais effectivement,
31:54on ne peut pas vivre avec,
31:55mais c'est le 800 euros,
31:56c'est ce que touche
31:57une assistante
31:59maternelle,
32:00même 700, 600, oui.
32:01C'est ce que touche
32:02une personne
32:02qui s'occupe
32:03des personnes âgées,
32:05les AESH,
32:06tous les gens
32:06qui sont tellement,
32:07qui permettent justement
32:09à des gens fragiles
32:10de ne pas faire partie
32:12de la société,
32:13en fait,
32:13et de ne pas mourir
32:14tout simplement.
32:15Et à même,
32:16pour toucher 1 500 euros,
32:18il faut faire trois boulons.
32:19Oui, bien sûr.
32:21Parce que tu commences
32:21à 6 heures,
32:22tu finis à 9 heures,
32:23tu es dans les bureaux,
32:24après tu vas aller
32:25travailler de l'autre côté,
32:25après tu vas aller
32:26travailler de l'autre côté
32:27et tu finis à 21 heures,
32:28tu arrives chez toi.
32:29Tu n'as même pas le temps
32:30d'éduquer tes enfants.
32:31Même pas le temps.
32:32Et c'est devenu
32:33une accusation
32:34qui fait qu'on va pouvoir
32:35retirer les aides sociales
32:36parce que les gosses
32:37auront fait des bêtises.
32:38Exactement.
32:39Mais voilà,
32:40ils n'ont rien à dire,
32:41en fait.
32:41Donc c'est pour ça
32:42qu'il faut qu'on s'organise,
32:44comme je l'aurais dit encore,
32:45pour pouvoir nous imposer,
32:46pour qu'on puisse
32:47nous respecter,
32:48respecter nos enfants.
32:49Et je pense que c'est possible.
32:51Non mais c'est vrai.
32:52Alors juste,
32:53je fais une parenthèse,
32:54ce n'est pas notre débat,
32:54mais sur les finances
32:56des collectivités,
32:56je suis légèrement concerné
32:59par le sujet.
33:00Il y a une différence fondamentale
33:03entre moi et le ministre des Finances,
33:06qui donne des leçons
33:07à tout le monde.
33:07C'est que moi,
33:08j'ai voté toujours
33:09des budgets équilibres
33:10parce que c'est la loi
33:10et elle m'est oblige
33:11que lui jamais.
33:13Donc les collectivités,
33:14je le redis,
33:15on est sur une chaîne
33:15avec un peu d'audience,
33:17ne font pas de déficit
33:19si ce n'est dans l'investissement,
33:20mais du coup,
33:20c'est comme qu'on investit
33:21dans sa maison,
33:22c'est vertueux.
33:23Mais sinon,
33:24elles ont des budgets à l'équilibre
33:25et elles pallient
33:25aux défaillances de l'État
33:26en permanence.
33:29Sinon, moi,
33:30évidemment,
33:30je m'inscris complètement
33:31dans le propos
33:32et en fait,
33:32ce qui me faisait sourire
33:33aussi dans cette image,
33:34c'est que,
33:36en fait,
33:38j'ai envie de dire,
33:39je vais même élargir
33:40au nouveau frau populaire,
33:41on est des gens pragmatiques,
33:44on est des gens du terrain.
33:45Eux, c'est des idéologues.
33:47Contrairement à ce qu'ils veulent
33:48faire penser.
33:49Ils pensent qu'à chaque fois
33:50sur les plateaux télé,
33:51souvent,
33:52on les entend dire
33:53vous n'êtes pas dans le réel.
33:55Mais on est dans le réel,
33:56on est les pieds dedans
33:56en permanence en fait.
33:57Et là,
33:57c'est un discours
33:58de vérité du réel.
33:59Et ça,
34:00d'abord,
34:00ça fait du bien.
34:01Ça contribue de la mobilisation
34:03aussi des quartiers populaires
34:04parce qu'on est dans ce sujet.
34:06Et il y a un sujet
34:06sur lequel moi,
34:07je suis sensible.
34:08Tu parlais de dignité.
34:10Les habitants des quartiers populaires,
34:12ce n'est pas des victimes.
34:14Ils ne demandent pas
34:16à ce qu'on les excuse de tout.
34:17Ils veulent être respectés
34:18pour ce qu'ils sont.
34:19Moi, avant tout,
34:20quand je circule dans ma ville
34:22ou quel que soit le citoyen
34:24que je peux croiser n'importe où,
34:26je vois un Français.
34:27D'où qu'il vienne,
34:28quel qu'il soit.
34:29Et donc,
34:29je vois un Français.
34:31Pleinement Français.
34:32Et donc,
34:33il y a des Français très bien.
34:34Il y a des Français
34:34avec qui je suis d'accord,
34:35des Français avec qui je ne suis pas d'accord.
34:36Et je ne vais pas l'excuser de tout
34:38parce qu'il vient d'un quartier populaire.
34:40Mais je ne vais pas le condamner a priori
34:42parce qu'il vient d'un quartier populaire.
34:43Je vois une personne
34:44qui doit avoir les mêmes droits
34:45que tout le monde.
34:46Et à partir de là,
34:47s'il y a une inégalité de traitement,
34:49quelle que soit sa provenance
34:51ou sa couleur de peau,
34:52il y a un problème
34:53dans le pacte républicain.
34:55Et je pense que,
34:56enfin, moi en tout cas,
34:57j'en parle parfois aussi comme ça
34:59partout,
35:00mais particulièrement à fleurimérogiste.
35:02Les gens,
35:03ils ont besoin de se sentir respectés
35:05pour ce qu'ils sont.
35:06Et ils sont avant tout
35:07des habitants de la France.
35:08Qu'ils aient la carte d'identité ou pas,
35:10ils travaillent.
35:11Ils veulent que leurs enfants
35:12soient bien éduqués.
35:13Et ils veulent être traités
35:14comme tout le monde.
35:14Ils veulent de l'égalité.
35:16Et de l'égalité de la dignité.
35:18Et ça, pour moi,
35:19ce n'est pas une notion marginale.
35:21Ça se...
35:22Évidemment,
35:23ça s'inscrit dans tout ce qu'on dit.
35:24Mais c'est quand même
35:25assez fondamental.
35:26Ils ont...
35:28Ils ont besoin de cette dignité.
35:30Il a revendiqué qu'ils ont raison.
35:32Ils ne sont pas moins citoyens
35:33que n'importe lequel.
35:34Et ils ne sont pas plus victimes
35:35que n'importe quel autre.
35:38Mais ils sont plus exploités.
35:39Ils sont beaucoup plus...
35:40Le discours que tient Rachel
35:41à l'Assemblée,
35:42je trouve qu'il est...
35:43C'est aussi,
35:45pour être considéré,
35:46il faut aussi être payé correctement.
35:47Et aujourd'hui,
35:48on voit bien
35:48que dans les entreprises
35:49particulièrement de ménage
35:50ou, j'ai envie de dire,
35:51caissière,
35:52ou même à ESH.
35:54L'objectif,
35:54c'est quand même
35:54de réduire le prix
35:55de la main-d'oeuvre
35:56et donc de faire en sorte
35:57d'exploiter des gens.
35:58Et c'est pour ça.
35:59Ce n'est pas une méconnaissance
36:00du mal-vivre qu'ils ont.
36:02C'est surtout une envie
36:03d'exploiter toujours plus
36:04pour aller plus loin
36:05et réduire la marge du travail.
36:07C'est une idéologie.
36:09On en a une autre
36:10puisqu'aujourd'hui,
36:11l'objectif pour nous,
36:12c'est de faire en sorte
36:12que le travail de chacun
36:13soit considéré
36:14pour qu'il se sente aussi
36:15considéré dans la société
36:16parce que la première chose
36:17pour être considéré,
36:18c'est qu'on puisse reconnaître
36:19le travail qu'on fait,
36:20surtout quand on fait
36:20des métiers d'aide comme cela.
36:22Et on voit bien
36:23qu'on a une divergence profonde
36:24entre la droite et la gauche
36:25sur ces questions-là
36:25pour pouvoir avancer.
36:27Et c'est le combat
36:27que tu as pointé
36:28à l'Assemblée nationale
36:30au travers de ton intervention.
36:31Et à mon avis,
36:31c'est pour ça
36:31qu'elle était aussi
36:32si fortement reconnue.
36:34Et c'est surtout
36:35que pour une fois,
36:36on a vu quelqu'un
36:36leur dire en face.
36:37Et personne ne leur dit
36:39jamais en face
36:39puisque à priori,
36:40à l'Assemblée,
36:41c'est tellement peu mixte
36:42qu'effectivement,
36:44vous étiez la seule
36:44à avoir vécu ça.
36:46En fait,
36:46quand je les parle comme ça,
36:48en dehors de l'hémicycle,
36:51les macronistes,
36:51ils viennent,
36:52oui, tu sais,
36:52ma grand-mère,
36:53elle a été femme d'éminaire
36:53et on sait ce que c'est.
36:55allez voter
36:55pour changer la vie.
36:57Il faut aller voter
36:58parce que,
36:59comme j'ai dit,
37:00j'ai l'habitude
37:01de dire aux gens
37:02souvent qui m'approchent,
37:04dire,
37:04il faut s'intéresser
37:05à la politique,
37:06en fait,
37:06pour comprendre.
37:07Moi, aujourd'hui,
37:08des femmes de ménage,
37:09je ne savais pas
37:10que j'allais un jour
37:10arriver à l'Assemblée nationale
37:11pour savoir
37:12que c'est à l'Assemblée nationale
37:13où on vote les lois
37:14et où on change la vie
37:15des gens à l'Assemblée nationale
37:16et qu'il y a trois boutons
37:18sur, on dit,
37:18on veut que la vie
37:19de telle personne change.
37:20Tu votes pour,
37:21tu votes contre
37:21ou tu t'abstiens.
37:22Je ne savais pas.
37:24Mais depuis que j'ai,
37:25on a gagné cette lutte
37:26que je suis rentré en politique,
37:28mais ça m'a ouvert l'esprit.
37:29J'ai commencé
37:29à comprendre
37:30beaucoup de choses.
37:31Il faut dire
37:31que si vraiment
37:33les politiciens
37:34veulent changer
37:35la vie des gens,
37:36ils peuvent le faire.
37:37Pourquoi ?
37:37Parce qu'on a pu
37:38un bouton.
37:39Oui,
37:39on veut que la vie
37:40des gens change.
37:41On veut que
37:41ces métiers essentiels
37:43soient mieux payés.
37:44On veut que
37:45le simic soit augmenté.
37:46Si tout le monde
37:47est d'accord,
37:48on a pu sur un bouton
37:49et ça change
37:49la vie des gens.
37:51Voilà.
37:51Après,
37:52il faut être nombreux
37:53à pousser le même.
37:54C'est ça le problème.
37:56C'est toujours un problème.
37:57Il y a le capitaliste
37:59qui tape
38:00sur les faibles
38:01qui ne veut pas
38:02que tout le monde
38:03soit pareil.
38:04Donc,
38:04c'est un problème aussi.
38:05Oui,
38:05c'est sûr.
38:06Alors,
38:07il y a aussi un problème,
38:07il ne faut pas se cacher,
38:08dans certains quartiers populaires.
38:11C'est le problème
38:12du trafic
38:12qui gangrène
38:14certains quartiers populaires,
38:16qui gangrène
38:16certains immeubles,
38:17qui gangrène
38:18certaines rues.
38:19Bon,
38:19à Saint-Ouen,
38:19on sait bien.
38:20On connaît bien.
38:21Voilà,
38:21à Fleury,
38:21j'imagine aussi,
38:23dans votre quartier,
38:23vous aussi.
38:25Alors là,
38:26il y a le tout répressif
38:28qui est en place
38:30depuis 40 ans.
38:31On n'arrête pas
38:32de faire des opérations
38:33coup de poing,
38:35de pénaliser maintenant
38:36les consommateurs
38:37avec les fameuses
38:38amendes forfaitaires.
38:39On a l'impression
38:40que tout change,
38:41mais rien ne change.
38:42La France reste le pays
38:43où on consomme le plus.
38:44Je parle du cannabis,
38:45uniquement.
38:45Je pense uniquement
38:47parce que c'est quand même
38:48la principale drogue
38:51qui est soumise
38:53au trafic.
38:54Donc,
38:55la France
38:55est le pays
38:56où on réprime le plus
38:58et où est le pays
38:59où on consomme le plus.
39:01Donc,
39:01il y a un truc
39:02qui ne va pas.
39:03En Allemagne,
39:04ils ont fait une loi
39:04pour tenter de légaliser.
39:06On sait qu'en Espagne,
39:07au Portugal,
39:08tous nos voisins
39:09essayent de trouver
39:10d'autres solutions.
39:10et nous,
39:11quand on entend
39:13le ministre démissionnaire
39:15de l'intérieur,
39:18c'est toujours...
39:19Il n'y a aucune autre voie
39:21qui est explorée
39:22que de mettre du bleu,
39:25des gendarmes,
39:26des opérations coup de poing,
39:27une répression.
39:28Et on n'est pas sûr
39:29qu'en plus,
39:29cette répression
39:30touche vraiment
39:31les flux financiers
39:32liés à ce trafic,
39:33mais c'est vraiment
39:34les petits trafiquants,
39:35ceux qu'on voit.
39:37Donc,
39:38vous habitez tous
39:39dans ces quartiers,
39:40vous êtes forcément
39:41au courant
39:41comme on l'est tous.
39:42Donc,
39:43qu'est-ce qu'on fait ?
39:43C'est quand même délicat,
39:44c'est quand même compliqué
39:45parce que ça pourrit
39:46vraiment la vie des gens.
39:47Non,
39:47mais c'est une vraie...
39:47Il faut dire les choses,
39:48c'est une vraie gangrène.
39:49Ça gangrène les quartiers
39:51profondément jusqu'à la racine.
39:54Ça impacte des familles entières.
39:55Bien sûr.
39:56Ça détourne des enfants
39:57à 12, 13, 14 ans
39:58de l'école.
40:00Ça...
40:01C'est...
40:02Évidemment,
40:03c'est un milieu violent.
40:04C'est un...
40:05Donc,
40:05c'est un vrai sujet.
40:08Là encore,
40:08moi,
40:08j'oppose le pragmatisme
40:10à l'idéologie.
40:11On sait ce qui s'est passé
40:12depuis 40 ans,
40:13c'est que tous les ministres
40:14successifs de l'intérieur
40:15ou les gouvernements
40:16ou les premiers ministres
40:17ou les présidents
40:19ont toujours annoncé
40:20avec nous
40:21on va être encore plus durs,
40:22on va être encore plus durs
40:23pour flatter un électorat.
40:25Électorat qui y croit
40:2640 ans après.
40:28Et si,
40:29effectivement,
40:30il n'y a pas
40:30de changement radical politique,
40:32on peut déjà écrire
40:34les scénarios
40:34des futurs ministres
40:36de l'intérieur et autres,
40:37je vais être encore plus dur
40:38face au deal,
40:40tolérance...
40:40Alors,
40:41ça fait 40 ans
40:41qu'on fait de la tolérance zéro.
40:42On va arriver à la tolérance
40:43négative à force.
40:44Parce que...
40:45Il faut être creusé.
40:46Voilà.
40:48Donc,
40:49on a le scénario
40:49qui va se dérouler.
40:50Il faut être dur
40:51face au...
40:52Moi,
40:53je propose,
40:53d'un point de vue pragmatique,
40:54moi,
40:55j'assume complètement de dire
40:56qu'on a besoin
40:57non seulement de légaliser
40:59pour assécher le trafic,
41:00parce qu'au final,
41:01à chaque fois qu'on
41:03démantèle un début de réseau,
41:04il renaît le lendemain
41:05parce que les gamins sont là
41:06et que les dealers sont présents
41:08et que le réseau
41:09se refait immédiatement,
41:12qu'il faut l'assécher
41:13par la racine,
41:14qu'il faut amener ça
41:15pas simplement en disant
41:17légalise et après,
41:18débrouillez-vous.
41:19Il faut contrôler la filière,
41:20il faut axer une filière
41:21de prévention forte.
41:23Enfin, voilà,
41:23il y a toute une politique
41:24à mettre en place.
41:25Ça libérait du temps de policier,
41:27ça libérait du temps de justice,
41:29ça libérait des moyens financiers.
41:30Ça fait un autre rapport aussi
41:32et à la police
41:33et la police au quartier aussi.
41:35Ça apaise un peu
41:36la tension générale.
41:38Et pour autres,
41:39enfin,
41:40ça fait 40 ans
41:40qu'on loupe,
41:41ça fait 40 ans
41:42qu'on échoue.
41:43Il y a aujourd'hui
41:43plus de points de deal
41:44que de McDo.
41:46Mais souvent,
41:47c'est libré ensemble.
41:48Il faut le dire.
41:50Et ça gangrène vraiment
41:51des familles entières.
41:53C'est absolument dramatique.
41:54Et donc,
41:55il faut choisir
41:56une autre solution.
41:57Arrêter d'être dans,
41:59on dirait,
41:59il y a un hamster
42:00qui est dans sa roue
42:00qui tourne,
42:01qui tourne,
42:01qui tourne
42:01et qui ne change jamais
42:02d'option.
42:04Donc moi,
42:05là-dessus,
42:05j'ai un vrai parti pris.
42:08Moi,
42:08je vais...
42:11On ne peut pas traiter
42:12du débat
42:12sur la question
42:12du trafic de drogue
42:13qui sont liés
42:14à la question sociale aussi.
42:15Moi,
42:15je l'ai vu à Saint-Ouen,
42:17le nombre de familles
42:18qui avaient des dettes de loyer
42:19et qui,
42:19pour subvenir à cette question-là,
42:21se retrouvaient sans dettes de loyer
42:23parce que soudain,
42:23elles rentraient dans le trafic
42:24et qu'elles n'avaient plus le choix
42:25en vrai
42:26parce qu'elles sont menacées.
42:27C'est une question sociale,
42:29mais c'est aussi une question de menace.
42:31Et je le dis d'autant plus
42:32que souvent,
42:32c'est des femmes seules avec enfants.
42:33Et donc,
42:34ça pose aussi la question
42:35de la place des femmes seules,
42:36enfin,
42:36des familles monoparentales
42:38féminines dans les villes
42:39qui sont particulièrement
42:40plus souvent soumises
42:41au trafic
42:42parce qu'elles sont
42:43considérées plus fragiles
42:44et donc plus attaquées
42:45par les trafiquants eux-mêmes
42:46par rapport à ces questions-là.
42:48Et donc,
42:48si on pose le débat
42:49de la légalisation,
42:50il faut aussi poser la question
42:51du débat social
42:52qui va avec.
42:52parce que la légalisation
42:54du cannabis
42:57sera remplacée
42:57par autre chose demain
42:58si on ne traite pas
42:59la question sociale
43:00puisque autre chose
43:00prendra le pas
43:01dans les cités,
43:03mais pas que dans les cités
43:04parce qu'honnêtement,
43:05c'est partout dans une ville.
43:06Enfin, moi,
43:06Saint-Ouen,
43:07c'est partout dans Saint-Ouen.
43:08Je le dis assez clairement.
43:11Et donc,
43:11il faut pouvoir traiter
43:12les deux ensemble.
43:15La question de la légalisation,
43:16la question sociale
43:18et la question sécuritaire.
43:19Il y a des réseaux derrière.
43:20Il y a des réseaux violents
43:21et il y a des réseaux mafieux
43:22qui existent pour de vrai
43:23dans ces trafics
43:25et qui sont dangereux.
43:26On a des morts.
43:27Enfin,
43:27on a eu des morts
43:28à Saint-Ouen régulièrement
43:30et pas des morts douces,
43:32des morts très,
43:32très violentes
43:33qui se sont faites.
43:35Et donc,
43:35quand on réclame
43:36plus d'OPJ,
43:39par exemple,
43:39en Seine-Saint-Denis
43:40puisqu'on en manque
43:41par rapport aux autres
43:42territoires de France,
43:43ce n'est pas pour rien.
43:44C'est aussi parce qu'on est
43:45en inégalité
43:45par rapport à ces questions-là
43:47et qu'on est considéré
43:49aussi comme un département
43:50où on sait que le trafic
43:50de drogue est des fois
43:51plus important qu'autre part.
43:53Et je dirais un dernier mot.
43:54On ne peut pas traiter
43:55de la question,
43:56et tu le disais Olivier,
43:58sans traiter également
43:59de la question de la prévention.
44:00Aujourd'hui,
44:01il n'y a pas un conseil
44:01départemental en France
44:02qui ne crie pas
44:03sur la question
44:03de l'aide sociale à l'enfance.
44:04Toutes les aides sociales
44:05à l'enfance
44:06dans tous les territoires
44:07sont mal traitées,
44:08sont mal menées,
44:09sont...
44:09On n'arrive pas
44:10à faire face
44:12à la situation
44:12et plus la situation sociale
44:14s'aggrave,
44:14plus l'aide sociale
44:15à l'enfance est prise à la gorge
44:18et moins elle arrive
44:19à faire ce travail
44:19de prévention aussi
44:20pour sortir des gamins
44:21des trafics
44:22dans lesquels ils sont rentrés.
44:23Et donc je pense que vraiment
44:24si on veut traiter
44:25de la question
44:25du trafic de drogue,
44:26il faut prendre toute la palette
44:28qu'elle englobe
44:28parce qu'elle est large
44:29et qu'elle répond aussi
44:30à un vrai besoin pour le coup
44:31dans les quartiers populaires.
44:33Ah oui, mais c'est...
44:34Elle a tout dit.
44:35C'est que...
44:35Voilà, c'est vrai
44:37parce que par exemple
44:38les enfants...
44:38Moi par exemple
44:39quand un enfant me dit
44:40je cherche du boulot,
44:41j'ai envie de travailler,
44:43et qu'il n'y a pas de boulot
44:45il fait quoi ?
44:46Il va se mettre à la drogue.
44:47Et les enfants par exemple
44:48quand on est espouse
44:49dans les écoles
44:50de 10 ans, 11 ans
44:51qui sont livrés
44:52à eux-mêmes dans la rue,
44:53il n'y a même pas d'éducateurs
44:54pour pouvoir les récupérer,
44:56pour les accompagner,
44:57mais ces enfants à la fin
44:58ils se promènent tous seuls
44:59et là la rue les récupère.
45:01C'est facile.
45:02Voilà, et la rue les récupère.
45:03Donc qu'est-ce que fait l'État ?
45:05C'est bien vrai de dire
45:06on va mettre la sécurité,
45:07on va lutter contre ça
45:09et comme elle a dit
45:09s'il n'y a pas de social dérêt
45:10ça ne marche pas.
45:12Ça ne marchera pas.
45:13C'est bien de faire
45:14de la communication
45:15comme ça à la télévision
45:16mais il faut être sur les terrains
45:17pour vraiment travailler
45:18pour pouvoir
45:20trouver des solutions.
45:22Et si l'État veut,
45:23l'État peut.
45:24Si l'État veut,
45:25elle peut.
45:26Est-ce que l'État
45:26ne fait pas esprit
45:27pour ne pas trouver
45:28des solutions
45:28pour nos enfants
45:29pour les amener
45:30dans le deal de la drogue
45:32et demain
45:33venir dire que c'est des racailles ?
45:34Est-ce que l'État
45:35ne fait pas esprit ?
45:36Parce que comme j'ai dit
45:37le parcours subit,
45:38ça fait que les enfants
45:39ne font rien.
45:40On va dans d'autres familles
45:41souvent elle a dit
45:42ils n'ont même pas de moyens
45:44pour payer le logement.
45:45Les loyers ont augmenté
45:46c'est super cher.
45:47Les familles qui vivent
45:48avec 600, 500 euros
45:49qui n'arrivent même pas
45:50même avec la CAF
45:50ça ne suffit pas.
45:52Et les enfants,
45:53souvent il y a des familles
45:55qui sont dans des loyers
45:56dans des petites maisons
45:57ils sont surchargés.
45:59L'enfant il fait quoi ?
46:00Moi je vais aller vendre la drogue
46:01je peux avoir l'argent facilement
46:02pour pouvoir aider ma famille.
46:04Donc il y a une réalité
46:05qui est là.
46:06Et qu'est-ce que fait l'État ?
46:07Il ne faut pas que l'État
46:07vienne nous endormir
46:09pour dire
46:09oui je cherche de la sécurité
46:11je vais lutter contre ça
46:12mais au fond
46:13l'État ne fait pas le travail.
46:15Donc c'est pour amener
46:16les jeunes dans ce truc de dire
46:18pourquoi on les amène
46:18dans la prison
46:19dans les trucs
46:19pour s'en débarrasser.
46:21Mais ça ne fonctionne pas en fait.
46:22Ça fonctionne pas.
46:23Non moi je pense qu'il faut
46:24que toutes les petites
46:25se mettent ensemble
46:26pour pouvoir trouver
46:27cette solution
46:27pour pouvoir aider ces jeunes-là.
46:29C'est important
46:30parce que les jeunes
46:30ils dégradent leur vie
46:32sans le savoir.
46:33Et comme il a dit
46:34tout à l'Olivier
46:34il y a des familles
46:36qui...
46:36Parce que quand ton enfant
46:37est tué dans la rue
46:38abattu dans la rue
46:39c'est vraiment difficile.
46:41Donc quelle solution
46:42qu'on peut trouver
46:43pour régler ce problème-là ?
46:45Ça commence par l'école.
46:46On se bat pour l'école
46:47on se bat pour des classes
46:48à 40 élèves
46:50qui permettent
46:51que les enfants
46:52ne soient pas déscolarisés
46:52parce qu'ils sont largués.
46:54Ensuite
46:54c'est des éducateurs de rue
46:56c'est des moyens
46:56pour la protection judiciaire
46:58de la jeunesse
46:59j'ai bien dit protection.
47:00Ce volet
47:01qui est complètement
47:03évacués de tout
47:05en fait
47:06c'est en fait
47:07tous les services
47:09de protection de l'enfance
47:10en fait
47:10sont saccagés
47:11il y a d'ailleurs
47:12une mobilisation
47:13le 25
47:13de tous les acteurs
47:14de la protection de l'enfance
47:15j'en profite pour le dire.
47:17Mais ça par exemple
47:18les familles
47:18pouvaient arrêter
47:19de travailler
47:20et puis accompagner
47:21ces éducateurs
47:22pour cette manifestation
47:23par exemple
47:23pourquoi pas ?
47:24Parce qu'il s'agit
47:25de leurs enfants
47:26il s'agit de nos enfants
47:28tu es là
47:29tu vas
47:29pour lutter avec
47:30les éducateurs
47:31pour que
47:33en plus
47:34l'état
47:34ou le peuple
47:35puissent vous entendre
47:36mais si on les laisse
47:37tous ceux-là
47:37que nous
47:37on va vaquer
47:39à nos occupations
47:40il n'y a pas de force
47:41dans ce qu'ils font
47:43c'est vrai
47:43les éducateurs
47:44se battent
47:44ils dénoncent
47:45parce qu'ils en prennent
47:46plein dans la gueule
47:47voilà
47:48on a vu
47:48une éducatrice
47:49qui a tapé un enfant
47:51on ne sait pas
47:52qu'est-ce qui s'est passé
47:53on ne sait pas
47:54peut-être qu'elle en a mal
47:55on ne sait pas
47:55dans quelle situation
47:56elle était
47:57voilà
47:57c'est qu'elle a fait
47:58c'est pas bon
47:58taper un enfant
47:59mais on ne sait pas
48:01on va laisser l'enquête
48:03voilà exactement
48:04on va laisser l'enquête
48:05mais pour dire
48:06que les éducateurs
48:07se sont fatigués
48:08moralement
48:09physiquement
48:10voilà
48:11et c'est l'état
48:11qui permet
48:12en fait
48:12de créer cette division
48:14et de créer
48:15comment je peux dire
48:16de créer cette division
48:17entre les familles
48:18et puis les enseignants
48:19mais est-ce qu'aujourd'hui
48:20on va accepter ça
48:21on va dire
48:22on est chez nous
48:22ça ne nous intéresse pas
48:24on laisse l'état fait
48:25moi je pense qu'il est temps
48:26que les quartiers populaires
48:27et les zones rurales
48:28s'organisent
48:29de sortir
48:30surtout de cette
48:31comment on appelle ça
48:33discrimination raciste
48:33parce qu'il y a un problème
48:35de fond
48:35qui nous détruit
48:36mais il faut qu'on se mette ensemble
48:38et comme on dit
48:39l'union fait la force
48:40pour qu'on puisse trouver
48:40des solutions ensemble
48:41juste pour information
48:42il nous reste à peu près
48:43trois minutes
48:43c'est vrai
48:44j'aimerais absolument
48:45qu'on parle un peu
48:46des assos
48:46parce que là
48:47il y a un gros
48:48vous avez à peu près
48:4930 secondes chacun
48:50je pense
48:50allez 45 secondes
48:51je fais 45 secondes
48:53d'introduction
48:54on a un problème
48:55avec les associations
48:56parce qu'en fait
48:57c'est vrai que
48:58le tissu associatif
48:59c'est beaucoup délité
49:00pour des questions
49:00de financement
49:01il n'y a plus
49:02de financement
49:02de fonctionnement
49:03d'associations
49:04de citoyens
49:05d'associations
49:05de gens
49:05comme vous et moi
49:07les associations
49:08ont aussi été financiarisées
49:10on a maintenant
49:11des actions
49:11à impact social
49:12on a des grosses associations
49:14des gros groupes
49:15qui vont faire
49:17des actions
49:17dans les quartiers
49:18des actions ponctuelles
49:19moi on m'a beaucoup parlé
49:20de zèbres
49:22je ne sais pas quoi
49:22qui raflent tous les marchés
49:24parce que c'est des marchés
49:25d'appels à projets
49:26il reste trois mois
49:27il se casse
49:28quand l'action est finie
49:29et il n'y a plus rien
49:30donc il y a aussi peut-être
49:31en tant qu'élu
49:32à se battre
49:33pour qu'on ne soit pas
49:34dans cette financiarisation
49:37de ce qui est
49:38franchement
49:38le coeur de la citoyenneté
49:39c'est à dire
49:40le monde associatif
49:41quand même
49:41qui est le début
49:42qui est la première
49:44forme d'alliance
49:44pour aller vers le politique
49:46en fait
49:46je ne sais pas
49:48Olivier, Émilie
49:49moi si vous voulez
49:50je lance
49:51enfin vas-y
49:51non non
49:52enfin on a un vrai débat
49:54c'est à dire qu'on a
49:54des associations
49:55qui aujourd'hui
49:55structurent nos quartiers
49:56qui sont en effet
49:57qui sont dépendantes
49:58des appels à projets
49:59qui sont lancés
49:59par les collectivités
50:00ou par l'état
50:01ou par des institutions
50:02et en effet
50:03ça ne permet pas
50:03d'inscrire leur travail
50:04sur du long terme
50:05et ça devient une difficulté
50:06c'est à dire que
50:07je suis désolée
50:08mais un écrivain
50:08femme solidaire
50:09quand elle met en place
50:10des écrivains publics
50:11et bien elle ne va pas
50:12réinventer ça
50:12à chaque appel à projet
50:14c'est un travail de long terme
50:15et qu'aujourd'hui
50:16le fait de le financer
50:18via des appels à projet
50:18ne permet pas
50:19de l'inscrire dans la durée
50:20et donc détruit le lien aussi
50:22en partie de ces associations-là
50:23avec les habitants des quartiers
50:24et donc les empêche
50:25de structurer
50:26de façon collective
50:27on va beaucoup parler
50:28des francs-moissins
50:28où les petites assos
50:29ont été remplacées
50:30et où il n'y a plus ce lien
50:31où il y a la locale
50:32au pied de l'immeuble
50:33et les gens y vont
50:34Oui mais ces associations
50:36aujourd'hui sont
50:36voilà
50:37ces associations
50:37beaucoup se ferment
50:38parce qu'il n'y a pas de moyens
50:39donc moi je pense
50:40qu'il faut que l'État
50:41donne encore plus de moyens
50:42à ces associations-là
50:43parce qu'ils font un travail
50:44tellement formidable
50:45dans ma tournée
50:46des quartiers populaires
50:47j'ai vu des associations
50:48vraiment
50:48qui sont vraiment là
50:50souvent eux-mêmes
50:50ils prennent leurs propres fonds
50:51pour pouvoir aider ces familles-là
50:53dans ces associations
50:54ça n'essaie à rien
50:54de les éteindre
50:55il faut leur donner les moyens
50:56pour plus suivre ces familles
50:58parce qu'ils en ont besoin
50:59peut-être 20 secondes
51:01et après on poursuivra
51:03la discussion après
51:04on a l'impression
51:04qu'on demande la lune
51:05en fait c'est quelques milliers
51:07d'euros à chaque fois
51:08par association
51:08et à l'échelle du pays
51:09c'est quelques millions
51:10en fait dans le budget de l'État
51:11c'est 0,000
51:13donc voilà
51:14les quartiers populaires
51:15comme tout le monde
51:16si je peux
51:17mon mot de la fin
51:19il y a un sujet de dignité
51:20et ils réclament de la dignité
51:21et ils sont français avant tout
51:23et ils ont le droit
51:24d'avoir cette dignité
51:25et de l'argent il y en a
51:26et l'argent il y en a largement
51:28il y en a largement
51:29pour ceux qui font des trous
51:32de 16 millions
51:33merci beaucoup à tous les quatre
51:35d'avoir participé à ce plateau