00:00En tant que vous vous célibrez Zoran Mamdani, quand on lui demande de condamner le 7 octobre,
00:04et bien souvent il bat en touche, il lui répète que le problème c'est l'occupation d'Israël.
00:08Est-ce que ça, ça ne vous choque pas ?
00:09Alors, c'est quoi son problème à Alex Bouillaguet et aux autres ?
00:13Pourquoi ils en veulent à Zoran Mamdani ?
00:16Dans cet épisode, on va essayer de comprendre ce qui s'est joué dans cette élection.
00:19Et ça, grâce à Antonio Gramsci.
00:22Et vous allez voir, l'histoire de New York, c'est aussi un peu la nôtre.
00:26Quand on parle de bataille culturelle, c'est souvent pour parler de la manière dont l'extrême droite l'utilise.
00:30Et ça, on le doit à Alain de Benoît, qui a l'air d'être un petit vieux sympa, mais
00:35qui est en fait un petit vieux pas du tout sympa.
00:36Et il est père de l'écofascisme, du grammichisme de droite.
00:39Et par ailleurs, d'après sa page Wikipédia, il est membre d'une société à QI élevée.
00:46C'est hilarant, non ?
00:47Juste comme ça, si quelqu'un veut faire ma page Wikipédia, merci d'indiquer que je suis membre d'une
00:51société de meufs ultra bonnes.
00:54Mais avant d'être un élément de langage pour tout ce petit monde, la bataille culturelle, c'était un concept
00:58bien de gauche,
00:59bien plus intéressant que ça, et très important.
01:02Notamment parce qu'elle permet de répondre à la question à 1000 euros,
01:05mais pourquoi les gens, ils sont pas de gauche, alors que c'est leur intérêt ?
01:09Les cons !
01:10Antonio Gramsci, c'est un penseur marxiste italien du début du XXe siècle,
01:14un des fondateurs du parti communiste italien.
01:16Pour lui, ce qu'on appelle aujourd'hui la bataille culturelle,
01:18c'est vraiment le cœur de la lutte politique, la bataille pour l'hégémonie.
01:23L'hégémonie, chez Gramsci, c'est la manière dont un groupe dirige la société
01:27en obtenant le consentement des autres groupes.
01:29Ce consentement, c'est pas seulement le fait de croire à une idéologie,
01:33c'est plus profond, c'est tout un ensemble d'habitudes, de pratiques, de valeurs,
01:38de manières de voir le monde qui finissent par sembler normal, évidente, naturelle,
01:42et qui font tenir une société.
01:45Le problème, c'est que si l'État mise trop sur la force et plus assez sur le consentement,
01:49ça finit par craquer.
01:50C'est ce que Gramsci appelle une crise organique.
01:53Les gens n'y croient plus, l'ancien ordre ne tient plus
01:55et il n'y a pas encore de projet alternatif clair.
01:58Et dans ces moments-là, le risque, c'est la montée du fascisme
02:01qui vient combler le vide quand la gauche n'a pas réussi à imposer sa propre vision du monde.