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Florent Le Du explique tous les tenants et les aboutissants du procès des assistants parlementaires européens du Rassemblement national.

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#LePen #RN #procès

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Transcription
00:00Donc, aujourd'hui on va aborder le procès des assistants parlementaires européens du RN.
00:05Est-ce que tu peux éventuellement donner un peu le contexte et l'explication des enjeux de ce procès ?
00:10Oui. Déjà, le procès a commencé lundi, il a commencé surtout avec des questions techniques.
00:17Il y a eu... ça a commencé véritablement à se tendre un petit peu hier, on y reviendra peut-être
00:22un peu plus tard.
00:25Donc, l'affaire en question, ça se passe... l'effet se déroule entre 2004 et 2016.
00:33Pour résumer un petit peu ce que reproche le procureur et l'investigation, c'est que le RN, le FN
00:43à l'époque, le Front National,
00:44ait mis en place un système, le mot système est important pour l'accusation, pour que le parti recrute des
00:54assistants parlementaires pour leurs eurodéputés,
00:58mais qu'en fait, il les fasse travailler pour le parti et pas du tout, ou alors extrêmement peu, pour
01:04leurs députés.
01:05Donc, c'est ça un peu l'idée de base.
01:08Donc, dedans, on peut avoir des assistants parlementaires qui, en fait, avaient un rôle politique dans le parti,
01:15c'est-à-dire qu'ils s'occupaient des campagnes, ils s'occupaient d'animer les militants, des choses comme
01:21ça.
01:22Donc, par exemple, on retrouve des gens comme Julien Oudoul, qui était assistant parlementaire il y a une dizaine d
01:27'années
01:27et qui, aujourd'hui, maintenant, est député.
01:30Et il y a aussi des profils un petit peu plus surprenants.
01:34Par exemple, on y reviendra, le garde du corps des Le Pen.
01:39On a aussi le graphiste, on a eu le chauffeur aussi de Jean-Marie Le Pen.
01:46Donc, des gens qui, en plus, a priori, en tout cas dans ce qu'ils disent, et y compris dans
01:50leurs interrogatoires,
01:51n'ont pas travaillé pour leurs députés.
01:55D'accord. Et du coup, l'enjeu du procès, les conséquences éventuellement pour le RN en cas de condamnation ?
02:03Alors, pour le RN, parce que dans le procès, il y a 29 prévenus.
02:10On va dire presque 27, parce qu'il y en a deux pour lesquels, en fait, l'accusation dit
02:15soit on n'a pas assez d'éléments, soit voilà, il n'y a rien qui nous dit que ça
02:18a été un emploi fictif.
02:19Donc, on laisse tomber pour ces deux-là.
02:21Si on se concentre sur ces 27, donc, il y a des anciens élus, des anciens assistants parlementaires,
02:29quatre personnes qui travaillaient pour le parti, et il y a aussi le RN comme personne morale, donc le parti.
02:37Donc, pour répondre à ta question, le parti, lui, qui risque surtout des sanctions financières
02:44et des dommages et intérêts à donner au Parlement européen, qui, lui, est parti civil.
02:50Et après, celle qui risque le plus, c'est Marine Le Pen, parce que comme tous les autres, donc, qui
02:58ont été députés,
03:00elle risque de la prison ferme, ce qui a peu de chances d'intervenir, mais voilà,
03:05d'une grosse amende et, éventuellement, une peine d'inéligibilité qui peut aller jusqu'à 5, voire 10 ans.
03:16Donc, ça, évidemment, quand on pense à la présidentielle de 2027, c'est un gros enjeu.
03:23Voilà, dans les bancs des journalistes, on n'est pas tous d'accord sur...
03:29Est-ce que c'est possible, vraiment, qu'il y ait une peine d'inéligibilité ?
03:33Ce sera un gros coup, c'est une décision qui sera pas évidente à prendre pour le tribunal,
03:42également, de mettre de côté tous les enjeux politiques, parce qu'il ne doit pas juger en fonction de ça,
03:47mais ça sera compliqué et ça prendra du temps, parce qu'évidemment, s'il y a une telle peine, il
03:51y aura appel.
03:53Voilà, mais c'est vraiment une possibilité qu'il y ait une peine d'inéligibilité prononcée contre Marine Le Pen
04:00à la fin du procès.
04:01On est un peu dans une situation similaire aux affaires qui sont actuellement reprochées à Donald Trump aux Etats-Unis,
04:07sauf que, contrairement aux Etats-Unis, en France, on n'a pas de Cour suprême qui peut déterminer si, oui
04:12ou non, on peut la dire inéligible.
04:17Non, mais après, c'est une condamnation pénale presque comme une autre.
04:23C'est-à-dire que si elle est prononcée et que l'appel confirme, il peut toujours y avoir un
04:31recours auprès du Conseil constitutionnel.
04:34S'il y a vraiment une peine d'inéligibilité qui est confirmée en appel, il y aura forcément ça.
04:40Sur des histoires également de séparation des pouvoirs, est-ce que la justice peut décider que l'assistant parlementaire d
04:50'un politique n'a pas exercé la bonne fonction ?
04:54Là, c'est ce qu'essaye un petit peu de mettre en avant l'ERN.
04:57Et donc là, en fait, le Conseil constitutionnel, s'il juge, lui, je ne juge pas sur le fond,
05:03mais s'il décide que non, tout est conforme, c'est un peu comme la Cour suprême aux Etats-Unis,
05:08même si son rôle est très différent, mais ça enterinerait ça.
05:12Mais il faudra beaucoup de temps avant qu'on en arrive là.
05:15Est-ce qu'un appel éventuel, si elle est condamnée à une peine d'inéligibilité, serait suspensif ?
05:21Alors, il faut que je vérifie, mais ce qu'on a dit hier, c'est que c'était le cas.
05:26D'accord.
05:27Alors toi, du coup, tu es sur place au procès depuis quelques jours, tu suis le procès pour l'humanité.
05:32On va montrer d'ailleurs le premier article que tu as fait, qui est paru le 29 septembre sur le
05:38site de l'humanité.
05:40Donc, est-ce que tu peux, du coup, revenir dans l'ordre un peu chronologique des déclarations et des événements
05:46de ce procès
05:47pour éclairer, du coup, nos amis qui nous suivent sur la chaîne Twitch ?
05:50Donc là, l'article a été fait juste avant, pour le premier jour du procès.
05:58L'idée, c'est de voir un petit peu, développer un petit peu plus que ce que j'ai fait
06:01là, les faits qui sont reprochés, montrer un certain nombre de preuves aussi.
06:10On donne aussi l'exemple de ce monsieur qu'on voit à côté de Marine Le Pen, et que ceux
06:18des journalistes qui suivent le Rassemblement National connaissent très bien.
06:22Un monsieur très sympathique, qui est le garde du corps de Jean-Marie Le Pen depuis 92, ensuite de Marine
06:30Le Pen et maintenant de Jordan Bardella.
06:33Voilà. Donc, dans cet article-là, on a fait un focus un petit peu sur lui parce qu'il est
06:38assez représentatif de l'affaire et permet de bien comprendre.
06:45Je ne sais pas si ça tarde un petit peu sur lui.
06:48C'est toi qui décide. C'est vrai qu'on s'excuse d'ailleurs, on a pris un peu de
06:52retard pour le live d'aujourd'hui.
06:54On a eu des petits problèmes techniques. Voilà, le son de gauche a encore frappé.
06:58Mais oui, oui, n'hésite pas à détailler. On compte sur ton expertise pour éclairer nos chers viewers.
07:04En fait, ce qui est intéressant avec lui, c'est qu'il ne s'est jamais caché.
07:09Il a même écrit un bouquin là-dessus, qu'il est garde du corps, qu'il ne travaille pas dans
07:14la politique.
07:16Et a priori, il n'y a rien qui montre qu'il a fait autre chose qu'être garde du
07:21corps, donc des Le Pen, puis de Bardella.
07:24Sauf qu'il y a eu des périodes où il a été, il y a eu plusieurs périodes même, où
07:30il a été attaché parlementaire d'un député qui s'appelle Le Rachinelle, puis de Jean-Marie Le Pen, puis
07:38à nouveau de Le Rachinelle, puis de Marine Le Pen.
07:40En fait, dans le dossier, je vais lire un petit peu le dossier pénal.
07:47Oui, bien sûr.
07:49Donc, il montre, en fait, les juges d'instruction qui disent que les contrats étaient faits un petit peu au
07:57gré des enveloppes disponibles.
08:01Donc, c'est-à-dire qu'on regardait sur chaque député, bon, lui, on lui a mis trois contrats d
08:08'assistant parlementaire.
08:09Il reste 3000 euros. Je ne donne pas des vrais chiffres, mais il reste, admettons, 3000 euros par mois.
08:17Lui, on peut le mettre sur cette enveloppe-là.
08:19En tout cas, l'accusation présente un peu le système comme ça, où le FN avait un tableau, la liste.
08:28Il voyait s'il pouvait rester un petit peu dessous et dans ce cas-là, le mettre.
08:36Et il y a eu, en fait, ce qui montre le cas de Thierry Légié, ce qui montre que, a
08:43priori, en tout cas, ce que pense l'accusation,
08:45qu'il y a eu un système qui fait qu'on ait voulu prendre le maximum d'argent pour payer,
08:51en fait, les salariés du parti.
08:54Il y a eu un épisode assez frappant quand on lit.
08:59À un moment, Thierry Légié, donc le garde du corps, n'est pas sous contrat.
09:06Ce contrat d'attaché parlementaire, pardon.
09:08En revanche, il y a un monsieur qui s'appelle Jean-Claude Surbecq, qui, lui, est assistant parlementaire de Marine
09:14Le Pen,
09:14et qui, en fait, ou en tout cas, il est aussi le chauffeur de Jean-Marie Le Pen.
09:21D'accord.
09:22Il se trouve qu'il y a un moment, je n'ai plus la date, je crois que c'est
09:25en 2011, oui, c'est ça.
09:27En 2011, ce monsieur est en arrêt maladie.
09:31Sauf que l'ERN ne le déclare pas comme en arrêt maladie, ne déclare pas l'arrêt maladie auprès de
09:38Bruxelles.
09:39Donc, Bruxelles continue d'envoyer les indemnités pour payer ce monsieur Surbecq.
09:45En revanche, le ERN récupère cet argent-là.
09:50Les accusations supposent que cet argent n'a pas été donné à monsieur Surbecq,
09:54qui, par la Sécurité Sociale, a priori, était payé en arrêt maladie.
10:03D'accord.
10:04Mais cette enveloppe-là allait vers Thierry Légy.
10:06Donc, qu'on comprenne bien, il a été déclaré en France en arrêt maladie, mais pas auprès de Bruxelles.
10:10Il y a un flou, il va falloir vérifier ça dans les audiences les prochaines semaines.
10:16Mais c'est ce que redoute, en tout cas, l'accusation.
10:20Il était que ce monsieur était payé par l'assurance maladie,
10:25mais que le ERN continuait à recevoir une enveloppe de Bruxelles pour le payer.
10:29Et donc, pour ne pas le payer deux fois, cette enveloppe-là allait vers Thierry Légy et le garde du
10:34corps.
10:34D'accord.
10:34Donc, en fait, ce que dit l'accusation, c'est que tous les moyens étaient bons
10:38pour prendre le maximum d'argent possible au Parlement européen.
10:42Et que, donc, ça servait à financer les salariés du parti.
10:47À un moment où le parti était au fond du trou financièrement,
10:52ça correspond aussi au moment où ils ont contracté un prêt avec une banque russe.
10:56Ah, oui, effectivement.
10:57Tout se recoupe un petit peu.
11:00On salue le chat, du coup, qui a été activé par la modération
11:03parce qu'il était réservé jusque-là aux abonnés.
11:05Donc, bonjour à Valadinho, bonjour à Masterbug, à Golgoth et à Mandrake Magique.
11:12Et bonjour à Gossine Luce, qui vient sur le chat pour la première fois.
11:15Bienvenue à toi, tu vas voir, ici, on est bien.
11:18Alors, on va reprendre le fil de la discussion concernant cette affaire des assistants parlementaires du RN.
11:23Ce que je te propose, c'est qu'on voit l'intervention de Marine Le Pen devant les caméras de
11:30télévision
11:30au soir du premier jour de procès, c'est ça ?
11:32Si je ne me trompe pas.
11:34Et ensuite, on en discute juste après.
11:37Alors...
11:38J'aborde ce procès avec beaucoup de sérénité.
11:43Nous avons énormément d'arguments à développer
11:46pour défendre ce qui m'apparaît,
11:50la liberté parlementaire qui est en cause dans cette affaire.
11:56Deux mois sont prévus.
11:57Ce procès est pour démontrer que nous n'avons plus violé aucune règle.
12:02Un président exemplaire, c'est quoi pour vous ?
12:04Un peu sur le moralisme.
12:05Alors, oui, petit spoil pour la suite.
12:08Désolé.
12:09Donc, oui, on la sent quand même assez téméraire, assez sûre d'elle.
12:15On a eu son avocat aussi sur BFM qui disait qu'elle était combattante, combative.
12:20Elle est elle-même, elle a une formation d'avocate.
12:22Donc, a priori, elle doit avoir des aptitudes à évaluer ses chances sur le dossier.
12:27Est-ce que c'est toujours le cas aujourd'hui ?
12:31Hier, elle a un petit peu changé d'attitude.
12:35En fait, nous, les journalistes qui suivent un petit peu le RN,
12:40ont demandé si elle allait être présente à ce procès.
12:46On lui disait, bon, elle sera là que le jour de son édition parce qu'elle n'a pas le
12:49choix.
12:50Mais est-ce qu'elle a intérêt à se montrer ?
12:53C'est quand même pas une très bonne chose pour elle, a priori, quand même, ce procès,
12:58même si elle peut toujours se victimiser, etc.
13:01Et en fait, le premier jour, lundi, elle était là.
13:05Mardi, il y avait en même temps la déclaration politique générale de Michel Barnier
13:10où elle a pris la parole, donc elle n'est pas venue.
13:12En revanche, elle était là hier.
13:13Hier, en fait, on est vraiment rentré dans le vif du sujet.
13:18Les deux premiers jours, c'était des questions de procédure.
13:22Est-ce qu'on est vraiment compétent ?
13:26Je passe ça, c'est très technique, ça peut être intéressant,
13:29surtout quand on est-il du endroit.
13:31Mais au final, et dans ce genre d'affaires, c'est toujours un peu les mêmes choses.
13:34On sait que ça ne va pas aboutir, on perd deux jours, bon, bref.
13:37Et hier, on a eu, donc Marine Le Pen était là.
13:43Alors du coup, je vais passer à l'image du coup de ton article sur la journée d'hier.
13:46Ils étaient, ouais.
13:47Alors cette fameuse histoire.
13:49Ils étaient, ouais, voilà.
13:50Donc ils n'étaient pas nombreux, ils étaient deux, trois.
13:54Alors il y a Golnich qui vit à peu près tous les jours,
13:56Julien Oudoul qui passe une tête de temps en temps.
13:59Et là, Marine Le Pen était présente.
14:01En fait, ce qui était prévu, enfin ce qui s'est déroulé même hier,
14:05c'est, donc, on commence à regarder vraiment les faits.
14:08Il y a ce qu'on appelle un rappel des faits de la présidente du tribunal.
14:14Un rappel des faits, en fait, elle se base sur ce que l'instruction donne.
14:18L'instruction, elle s'appelle ça l'accusation aussi.
14:21Donc c'est forcément un petit peu à charge.
14:23Donc ça peut être un moment où pour les prévenus et la défense,
14:29voilà, qu'ils n'aiment pas trop entendre,
14:31donc pour, juste pour donner le planning,
14:34qu'il devait y avoir ce rappel des faits,
14:36un représentant du Parlement européen qui donne sa version des faits
14:40et ensuite un représentant de la défense
14:42qui, pareil, expose lui sa propre version des faits.
14:46C'est un peu des propos liminaires pour que tout le monde donne son cadre
14:50avant qu'on rentre vraiment dans les auditions un par un.
14:55Et Marine Le Pen a décidé que ce serait elle
14:59qui présenterait la version des faits du RN.
15:01D'accord.
15:01Je pense qu'en fait, ce qu'elle veut, c'est de dire
15:05c'est moi qui ai le plus à perdre, c'est moi la représentante.
15:08Je ne veux rien, un devoir à personne.
15:10Je vais aller montrer, je vais en face.
15:13On sent en plus quand elle discutait un peu avec les journalistes,
15:17surtout le premier jour, qu'elle en avait envie.
15:21Elle avait déjà dit il y a plusieurs années
15:22qu'elle pensait à arrêter la politique,
15:25qu'elle reprend que la robe d'avocate lui manquait.
15:28et on sent qu'elle avait envie d'en découdre.
15:33Et hier, elle est arrivée très tôt, la première, dans la salle.
15:40Elle paraissait vraiment très déterminée, très souriante.
15:45Et en entendant le rappel des faits,
15:47elle a un sourire, voire des rires des fois un peu narquois.
15:53un air qu'on connaît bien, nous journalistes qui suivons le RN,
15:57surtout ceux qui, des fois, essayent de la mettre dans ses retranchements.
16:03Sauf qu'elle a un peu cette attitude-là vis-à-vis du tribunal,
16:07comme des journalistes qu'elle peut concevoir comme des adversaires,
16:10elle les a pris comme ça.
16:12Mais elle a paraissé très décontractée.
16:15Et en fait, il y a eu un épisode assez intéressant hier,
16:19à partir duquel elle s'est vraiment tordue.
16:23Je vais essayer d'expliquer ça le plus simplement possible.
16:27Alors, tu as inverse distribution qui parle justement de son sourire de politique
16:30et qu'on voit très bien.
16:31Donc, voilà.
16:32Il y en a qui ont la rêve dans le chat, bien joué.
16:35Concernant, effectivement, le juste, je t'appellerai en deux secondes.
16:38Effectivement, il y a une question que je trouve intéressante,
16:40qui est de Hugo Link, qui dit,
16:41est-ce qu'il n'y a pas un risque qu'ils partent sur une rhétorique complotiste dans leur défense
16:44et qu'est-ce que, justement, elles ne cherchent pas à faire de ce procès,
16:47finalement, un procès politique,
16:48pour essayer encore de gagner en puissance électorale chez les complotistes ?
16:53Il y a un peu de ça.
16:54Alors, si on va sur les axes de défense,
16:59pour l'instant, j'en identifie trois.
17:02Le premier, c'est ça, c'est un peu, on peut dire complotiste,
17:07en tout cas, c'est de dire Bruxelles, les socialistes,
17:13parce qu'au départ, en fait, de l'affaire,
17:15c'est une lettre de Martin Schulz,
17:18qui est à l'époque président du Parlement européen,
17:21et donc qui est socialiste,
17:23qui envoie à Christiane Tebira, garde des Sceaux alors,
17:28un courrier disant qu'il a des doutes
17:30sur la réalité du travail des assistants parlementaires.
17:36Donc, pendant toute l'instruction,
17:39ce que disaient Marine Le Pen et l'ERN,
17:41c'est une cabale politique.
17:43On embête Bruxelles parce qu'on va remettre en cause
17:47le fonctionnement de l'Union européenne,
17:49donc ils nous cherchent des noises, etc.
17:51Et en fait, c'est revenu déjà ça.
17:54Il y a eu même mardi, l'avocat de Marine Le Pen,
18:01quelque chose d'un peu bizarre,
18:03qui disait, mais s'il y avait un problème,
18:06en 2011, vous auriez pu le voir,
18:10sauf qu'à l'époque, il y avait trois eurodéputés,
18:12donc ça ne vous intéressait pas,
18:13et vous avez attendu 2014,
18:14quand l'ERN a une vingtaine de députés,
18:17pour mener la charge,
18:19c'est donc un procès politique.
18:20C'est assez bizarre,
18:21parce qu'on avait l'impression qu'ils avouaient
18:22qu'il y avait vraiment un souci,
18:24mais qu'ils finnaient nous le dire plus tôt.
18:27Mais en tout cas, ça montre que ça fait partie
18:30de leurs arguments de dire,
18:34on gêne, et ce n'est pas ce qu'on gêne
18:36qu'on va inventer une histoire comme ça.
18:39Et la censure qui fait qu'on est invité
18:41sur tout le plateau télé.
18:42Oui, c'est ça, exactement.
18:44Et n'est pas l'humanité.
18:46Non.
18:46Pas encore.
18:47J'essaie de retrouver,
18:49pour ne pas me tromper dans les notes.
18:51Ça tombe très bien.
18:52Le temps que tu cherches tes notes,
18:53je te propose qu'on passe éventuellement
18:55en plein écran sur le développement
18:57de la stratégie de Sébastien Chenu,
18:59sur la rivementaire qu'il a mis en place.
19:02Et on revient juste après.
19:05Vas-y.
19:06Marine Le Pen a été très présente dans ce procès.
19:08Certains disent,
19:09elle va se cacher,
19:10elle ne viendra pas non pas du tout,
19:11c'est pas le genre de la maison.
19:12Marine Le Pen sera très présente
19:13pour montrer notre bonne foi,
19:15plusieurs fois par semaine,
19:17pour démontrer notre bonne foi.
19:18Elle avancera un certain nombre
19:20de nouveaux éléments,
19:20je crois,
19:21qu'elle a en sa possession.
19:23Elle a décidé de se battre
19:25parce qu'elle est sûre
19:26de son bon droit,
19:29de notre capacité...
19:30Malgré qu'elle ne va être fragilisée,
19:31indéniablement.
19:32Non, ça ne la fragilisera pas.
19:33Elle jouera sa candidature.
19:34À partir du moment où nous pensons
19:36que Marine Le Pen ne sera pas condamnée,
19:38il n'y a pas de raison d'être fragilisée.
19:39Elle joue quand même sa candidature pour 2027,
19:41elle risque notamment 5 ans d'illigibilité.
19:43Oui, enfin, il n'y a pas de raison
19:44qu'elle soit déclarée inéligible
19:45puisque François Bayrou,
19:46poursuivi pour les mêmes faits,
19:48président de parti politique lui aussi,
19:50a été relaxé.
19:51Donc, ce qui vaut pour l'un devrait valoir pour l'autre,
19:54même si...
19:54Même si, c'est vrai qu'on nous réserve parfois
19:56des traitements qui ne ressemblent pas
19:57à ceux qu'on réserve aux autres.
19:59L'implication de l'un et l'autre
20:00ne sont peut-être pas de même nature non plus.
20:01Eh bien, nous le démontrerons.
20:03Marine Le Pen le démontrera.
20:06Elle est sûre de sa bonne foi
20:07et elle a raison.
20:08Et nous ne comptons pas nous laisser impressionner.
20:17Ah, je pense effectivement que...
20:19Déjà, quand vous parliez dans le chat
20:22d'un côté un peu complotiste,
20:23là, on l'a eu.
20:25Et Marine Le Pen,
20:26j'ai retrouvé un peu mes notes.
20:29Hier, elle dit,
20:31nous sommes la bête noire du Parlement européen.
20:34L'idée que des députés européens
20:35luttent contre la construction européenne,
20:37c'est quelque chose qui dérange.
20:38Donc, en fait, je pense qu'on va avoir
20:40pendant deux mois,
20:42parce que le procès va durer deux mois,
20:44on va avoir régulièrement cette rhétorique-là.
20:47Donc, c'est un peu le premier axe de défense.
20:51Le deuxième, c'est de dire
20:53qu'en fait, vous n'avez pas regardé
20:56ce que font nos assistants parlementaires.
20:59Ils faisaient de la politique.
21:00Et en fait, ce qu'elle...
21:02C'est un peu l'autre maître mot de la défense.
21:06On a l'impression, ça va être
21:09qu'ils faisaient de la politique.
21:10Et dans « ils faisaient de la politique »,
21:12ça peut être aussi bien pour le député,
21:14en leur sens,
21:15que pour travailler pour un parti,
21:19que pour travailler pour une campagne.
21:21En fait, on ne fait pas la dissociation entre les deux.
21:25Et elle joue sur un truc qui est en partie vrai,
21:28c'est que la plupart des assistants parlementaires,
21:30ils vont un petit peu au-delà
21:31de juste assister leurs députés.
21:36Ils peuvent aller un petit peu sur le terrain.
21:39Et des fois, la frontière,
21:41c'est compliqué à déterminer.
21:44Par exemple, sur une campagne de réélection,
21:47est-ce qu'un attaché parlementaire,
21:48il est dans son rôle s'il va tracter ?
21:51A priori, non.
21:52Mais bon, c'est pas tout à fait clair.
21:55Sauf que là, en fait,
21:56on est dans des choses très différentes.
21:58C'est qu'on a des gens,
21:59et des déclarations dans les interrogatoires
22:03de gens qui disent
22:03« Moi, je connaissais à peine mon député.
22:06Je n'avais aucun contact avec lui.
22:10Moi, je travaillais sur la campagne
22:12et pas pour sa députée. »
22:16Donc là, ça va quand même être compliqué
22:18d'avoir cette ligne de défense.
22:20Donc, il y en a un 3D Max
22:22qui avait d'ailleurs donné Bruno Golnisch
22:25dans le complément d'enquête
22:27qui a été diffusé il y a une dizaine de jours, je crois.
22:31Où il dit,
22:32et ce que disait un peu l'avocat de Marine Le Pen,
22:34il dit « Mais en fait, il fallait nous prévenir
22:35qu'il ne fallait pas faire ça. »
22:37Donc, ce serait à cause du Parlement européen
22:39qu'il fallait dire
22:40qu'on ne pouvait pas embaucher notre garde du corps
22:43comme attaché parlementaire.
22:44Alors, du coup, il me vient, moi, une question,
22:46et après, je vais prendre les questions du tchat.
22:48Mais alors, on est d'accord
22:49que nul n'est censé ignorer la loi.
22:50Donc, est-ce que c'est un argument,
22:52surtout venant de quelqu'un
22:53qui a fait des études d'avocate
22:54et qui est en plus représenté par un avocat ?
22:57Voilà, hélium 21 confirme,
22:58nul n'est censé ignorer la loi.
22:59Est-ce que ça peut être recevable ?
23:01Et après, du coup,
23:01on prendra les questions du tchat.
23:03Il y en a deux notamment qui sont en attente.
23:04Alors, à priori, oui,
23:06ça va quand même être ça
23:08que le ministère public va mettre en avant.
23:12C'est qu'ils ne sont pas censés ignorer la loi.
23:14En réalité, ça peut être un peu plus complexe
23:17parce que le règlement...
23:18En fait, eux, ils vont essayer de jouer
23:20sur le règlement du Parlement européen
23:22qui ne dit pas explicitement...
23:25Enfin, l'assistant parlementaire
23:27ne peut pas travailler pour le parti.
23:28Par contre, il dit explicitement
23:30qu'il doit travailler pour son député européen
23:34et qu'il est son salarié,
23:38même si dans les statuts,
23:39ce n'est pas toujours exactement le cas.
23:40Mais voilà, l'idée, c'est ça.
23:42Alors, du coup, on avait une question
23:43de WomanIread29 qui disait
23:48« Et du coup, à quel moment Marine Le Pen
23:49s'est vraiment tentée au cours du procès ? »
23:51On n'a pas fini.
23:52Du coup, l'avantage, c'est qu'on peut revenir
23:54sur l'article qui est paru ce matin.
23:57Oui, tu as publié.
24:00Il y en a tous qui sont parus
24:01sur l'audience d'hier,
24:03celui que tu montrais tout à l'heure.
24:06Donc ça, c'est quand elle a pris la parole.
24:07Vraiment, en fin de journée,
24:09c'était vers 21h hier.
24:11Donc si je reprends le fil de la journée,
24:13ce que je vous disais tout à l'heure,
24:15ça a commencé par le rappel des faits.
24:18Et à un moment, en fait,
24:21la présidente du tribunal
24:23montre des tableaux
24:24avec les montants reprochés
24:27pour chaque élu.
24:30Donc je n'ai plus exactement
24:31les chiffres en tête,
24:32mais je crois que c'est autour de...
24:34Dans l'article précédent...
24:35Je crois que c'est autour de 700 000 euros
24:37pour Marine Le Pen,
24:38800 000 pour Jean-Marie Le Pen,
24:42plus d'un million pour Bruno Goldnich.
24:44Donc en fait, ça c'est...
24:46C'est moins que ça, pardon.
24:47C'est 470 000 pour Marine Le Pen,
24:49ça fait 13 000 pour Jean-Marie Le Pen.
24:52C'est ça.
24:53Donc en fait, ça,
24:54ils prennent tous les contrats
24:56qui, selon eux,
24:57qui potentiellement
24:58pouvaient être des contrats fictifs.
25:01On additionne toutes les rémunérations
25:03et ça donne ça.
25:04Et donc au total,
25:05de tous les contrats
25:06dont on va parler dans ce procès,
25:09où soit le député,
25:11soit l'assistant parlementaire,
25:13soit les deux sont des prévenus,
25:16au total,
25:17ça fait 3,213 millions d'euros.
25:21Et ça, c'est ce que dit l'accusation.
25:25Et c'est a priori
25:26ce que pourrait réclamer
25:29la partie civile,
25:30donc le Parlement européen.
25:31Sauf qu'en fait, hier,
25:33donc il y a eu ce tableau-là,
25:34et après,
25:35il y a eu un deuxième tableau
25:36qui était le montant reproché
25:38au RN.
25:39Voilà.
25:40Donc ça, c'est la partie surlignée
25:41dans l'article
25:42que vous voyez actuellement à l'image.
25:44Et donc en fait,
25:44tout le monde s'attend à voir
25:45le même chiffre de 3,213 millions d'euros.
25:48Et non,
25:49c'est 4,503 millions d'euros
25:51qui arrivent.
25:53Donc c'est quand même pas
25:54tout à fait la même somme,
25:55surtout si jamais à la fin,
25:56ils sont condamnés
25:57à la rembourser au Parlement européen.
25:58ça fait quand même
25:59un million d'euros de plus.
26:01Et potentiellement,
26:03tout peut être plus grave.
26:05Donc c'est assez compliqué
26:06à comprendre
26:07pourquoi ils sont passés
26:08de ça à ça.
26:09En fait,
26:11en épluchant vraiment
26:16tout le dossier
26:17de l'accusation,
26:18le tribunal s'est dit
26:19OK, il y a ces 3,213 millions d'euros.
26:22Mais en fait,
26:22il y a d'autres contrats
26:23sur lesquels
26:24nous, on ne va pas se pencher
26:26parce qu'a priori,
26:28soit il n'y a pas eu
26:28assez d'éléments
26:29pour les poursuivre,
26:33soit a priori,
26:34il y a quand même eu du travail
26:35pour le député européen.
26:36Donc,
26:37ce n'est pas condamnable.
26:39Donc là,
26:40c'est toute cette partie
26:40de l'article.
26:41Oui, c'est ça.
26:42Mais en fait,
26:43ce 1,3 million supplémentaire,
26:47le tribunal dit
26:48si jamais il y a un système
26:50qui a été mis en place
26:52pour détourner de l'argent,
26:53c'est-à-dire prendre de l'argent
26:55prévu pour les assistants parlementaires,
26:56mais les mettre
26:58sur des salariés du parti,
27:03ce système-là,
27:04il concerne aussi
27:05d'autres contrats.
27:06Et donc,
27:07des contrats qui en tout
27:08font 1,3 million.
27:10Je ne sais pas si c'est très clair
27:12ce que je raconte.
27:14C'est peut-être un peu plus clair
27:14à l'écrit.
27:15Mais en tout cas,
27:16on invite les gens
27:16à lire ton article d'hier
27:17qui détaille cette histoire.
27:19Contrairement à ce que dit
27:20Ironstar 07O,
27:21on passe bien
27:22de environ 3 millions
27:24à 4 millions d'euros,
27:25et non pas à 6.
27:26Alors,
27:26il y a aussi
27:27le 6 millions,
27:29ça c'est un peu l'embrouille,
27:30c'est que c'était
27:30le préjudice total
27:34à un moment donné
27:36de l'accusation.
27:38Et en fait,
27:41au fil du temps,
27:42on a enlevé
27:43plusieurs contrats,
27:44c'est pour ça
27:44qu'on est passé
27:44de 3 millions.
27:46Et donc,
27:46en fin de compte,
27:47le tribunal en rajoute,
27:48mais concernant le RN,
27:49uniquement le système
27:51qui aurait été mis en place.
27:52C'est un peu compliqué,
27:54et d'ailleurs,
27:55c'est aussi ça
27:56qui a créé de la tension,
27:57c'est que les avocats
27:58de la défense
27:58ne comprenaient pas.
28:00Ils ne comprenaient pas
28:00pourquoi on rajoute ça,
28:02pourquoi on rajoute
28:02des contrats
28:03sur lesquels
28:04on avait dit
28:05finalement c'est ok,
28:06on ne poursuit pas,
28:08et on les met là-dessus.
28:10Donc tout le monde
28:10a commencé un petit peu
28:11à s'énerver,
28:12parce que pour eux,
28:12en fait,
28:13ce n'est pas tout à fait
28:13la même chose,
28:14ce n'est pas tout à fait
28:15les mêmes cas à défendre.
28:19Et la présidente
28:20a fini par expliquer
28:23que justement,
28:23c'est cette question
28:24du système.
28:26Elle donne une phrase
28:27qui dit
28:28nous nous baserons
28:29sur un système.
28:32Et alors,
28:32en entendant ça,
28:34Marine Le Pen
28:34qui était déjà
28:35un petit peu agacée,
28:36mais qui était plus
28:37à faire des risques,
28:40l'air de dire
28:41mais c'est complètement absurde
28:42ce million d'euros en plus.
28:45Là,
28:45elle a commencé
28:46à vraiment s'énerver,
28:47elle s'est adressée
28:48à la présidente du tribunal
28:50en reprenant ses mots,
28:52en disant
28:52nous nous combattrons,
28:54nous nous battrons
28:55sur le système.
28:56Ce qui voulait dire
28:56en gros,
28:57nous,
28:58on va se battre
29:01pour vous retirer
29:02cette idée de la tech
29:02qui a pu avoir
29:03un système.
29:05Et là,
29:06vraiment,
29:06on a complètement
29:07changé d'attitude
29:08avec comment
29:09elle était au début.
29:11Elle ne tenait pas
29:12en place,
29:13elle tapait
29:14avec ses talons,
29:15elle allait voir
29:15les avocats,
29:16faire un tac-tac,
29:17elle prenait
29:18beaucoup de notes,
29:19on sentait
29:19qu'elle changeait
29:20un petit peu,
29:21j'allais dire
29:22sa plaidoirie,
29:23en tout cas,
29:23sa version
29:24des faits
29:25sur son propos
29:26qu'elle allait avoir
29:28plus tard.
29:31et nous,
29:32un petit peu,
29:33donc à quelques mètres,
29:343-4 mètres derrière
29:35sur les bancs
29:36des journalistes,
29:37on s'est tous regardés
29:37en se disant
29:38ok,
29:38il y a quand même
29:40un petit changement.
29:42Moi,
29:42j'avoue,
29:43j'ai mis du temps
29:43à le voir,
29:44c'est plus
29:44mes confrères
29:46qui m'ont dit
29:46non mais si,
29:47regarde,
29:47en fait,
29:48elle n'est pas bien.
29:49On les salue
29:49d'ailleurs,
29:49les confrères,
29:50parce que c'est vrai
29:50que tu n'es pas seul
29:51sur l'histoire
29:51mais que ce n'est pas
29:52évident de suivre
29:53ce genre de procès.
29:54et puis parfois,
29:55on se dit,
29:57on n'est pas toujours
29:59focalisé sur Marine Le Pen
30:00parce qu'il se passe
30:01beaucoup de choses
30:01et qu'il faut vraiment
30:02bien comprendre.
30:04Et en fait,
30:05c'est vrai qu'elle a changé
30:05d'attitude
30:07et ça peut avoir
30:09son incidence.
30:10Moi,
30:10je me suis dit,
30:11elle a un peu compris
30:13qu'elle n'était pas
30:15sur une tribune politique.
30:18Elle a l'habitude,
30:20maintenant,
30:20depuis quelques années,
30:21d'être un peu
30:23en majesté,
30:25en tout cas,
30:27presque d'avoir
30:28les clés en main,
30:29y compris en interview,
30:31tout ça,
30:32et que là,
30:32ça ne va pas être
30:33le même rapport de force.
30:36Et je pense que
30:37elle est plus fébrile
30:39depuis hier soir
30:40qu'elle n'était hier matin.
30:42Et donc,
30:43voilà pourquoi
30:43elle s'est un petit peu
30:44énervée hier.
30:46OK.
30:47Du coup,
30:47on rappelle que
30:49il faut lire
30:50une presse indépendante
30:51et engagée
30:52et donc,
30:52on vous suggère
30:52de vous abonner
30:53à l'Humanité,
30:54notre journal.
30:55Dans le chat,
30:56vous pouvez utiliser
30:56le tag
30:58point d'exclamation
30:59abo.
30:59Vous pouvez aussi
31:00faire des dons
31:01à l'Humanité
31:01avec le point d'exclamation
31:03don dans le chat.
31:05Donc,
31:05n'hésitez pas.
31:06voilà,
31:06ça permet à des gens
31:07comme Florent
31:07de pouvoir faire
31:08des enquêtes
31:09et de pouvoir suivre
31:10les procès
31:10et de vous donner
31:11un maximum d'informations
31:12parce qu'encore une fois,
31:13comme le dit Marine Le Pen,
31:15finalement,
31:15c'est intéressant
31:16qu'elle veuille absolument
31:17lutter sur cette histoire
31:17de système.
31:19On est dans un parti
31:20qui se revendique
31:21depuis des années
31:22comme anti-système.
31:24On est sur un parti
31:25qui réfute
31:26qu'il ait des médias amis
31:28ou qu'il y ait
31:28un système bolloré
31:29qui l'aide
31:30à accéder au pouvoir.
31:31Donc,
31:31finalement,
31:32l'enjeu,
31:33il est là-dessus aussi.
31:34C'est que si jamais
31:35ce procès,
31:36comme le disait
31:36Claire dans le chat,
31:38oui,
31:39c'est ça,
31:39c'est Ivana Laïde,
31:40est-ce que vous pensez
31:41que la justice
31:41sera discréditée
31:42comme étant politique
31:43suivant le résultat ?
31:45Est-ce que c'est à qui
31:45gagne paire,
31:46finalement,
31:46cette histoire ?
31:47Après,
31:48de toute façon,
31:48oui,
31:49les soutiens de Marine Le Pen,
31:50ils ne vont pas se priver
31:51pour dire,
31:52comme c'est le cas
31:53des soutiens de Sarkozy
31:55ou des soutiens de Fillon
31:56quand ils ont été condamnés
31:57en première instance
31:58ou en appel,
31:59ce n'est pas fini.
32:01D'ailleurs,
32:02dans le chat,
32:02il disait,
32:02attention,
32:03en tous les cas,
32:03même si elle est condamnée,
32:04elle peut faire appel
32:04et faire une chirac
32:05face à Iron Stars
32:06qui nous le dit,
32:0607 A.O.
32:08Oui,
32:08bien sûr,
32:09mais ça peut durer
32:10assez longtemps,
32:12avant 2027,
32:12mais bon.
32:15Donc,
32:15oui,
32:15il y aura de toute façon
32:17ce refrain
32:19de s'il y a une condamnation
32:20à l'arrivée,
32:21de dire,
32:22c'est une cabale politique,
32:24etc.
32:25En plus,
32:26à un moment où
32:26à l'extrême droite,
32:29ça marche plutôt bien
32:30de taper sur la justice,
32:33même si ce n'est absolument
32:34pas les mêmes magistrats,
32:36les mêmes spécialités,
32:37etc.
32:38Mais voilà.
32:38L'axisme de la justice.
32:39Voilà.
32:40Et là,
32:41ça arrangerait bien
32:41que ce soit l'axisme
32:43pour cette fois-ci.
32:45Mais après,
32:46en fait,
32:47ce qui est intéressant,
32:47c'est,
32:48est-ce que ça peut,
32:49même s'il n'y a pas
32:51de peine d'inéligibilité,
32:53est-ce que ça peut affaiblir
32:55Marine Le Pen
32:56et l'ERN ?
32:57C'est assez compliqué
32:58de répondre à ça.
33:01Moi,
33:01je pense que pendant des années
33:02de cette affaire-là,
33:04ça fait quand même
33:04depuis 2016
33:05qu'on en parle.
33:06Tout à fait.
33:06Je pense que,
33:07et on a bien vu
33:08que ça ne l'avait pas empêché
33:09de progresser,
33:11voire de tripler son score
33:12sur la période.
33:15Moi,
33:15je pense que sur son électorat,
33:17on va dire,
33:18ça a sa base élargie,
33:21ça n'a pas d'impact.
33:24Et voire même,
33:26ça renforce un petit peu
33:27justement ce côté
33:28anti-système paradoxalement.
33:30Parce que de dire,
33:31en fait,
33:32tout le système politique,
33:34médiatique,
33:35judiciaire maintenant,
33:37il est contre nous,
33:38il veut nous abattre.
33:40Donc,
33:40ça peut renforcer ça.
33:42Le fantasme du juge rouge
33:43qui serait politisé,
33:45qui voudrait absolument...
33:46Le gouvernement des juges,
33:47voilà.
33:48Tout ça marche,
33:49quel que soit le sujet.
33:52En revanche,
33:55on avait fait une interview
33:57avec un politiste
33:58qui s'appelle Luc Rouban.
33:59On s'interrogeait là-dessus.
34:02Et la conclusion,
34:03c'était un peu de se dire,
34:04bon,
34:04sur la base,
34:06on va dire de 30,
34:08allez,
34:08un peu plus,
34:0935% des lecteurs
34:12qui vont voter
34:13à l'extrême droite,
34:15pour eux,
34:16à la marge,
34:17enfin,
34:17à part quelques personnes,
34:18ça ne va pas changer grand-chose.
34:20En revanche,
34:21ce qu'elle vise,
34:22Marine Le Pen,
34:23c'est d'aller plus loin.
34:24Et plus elle essaye
34:25de grappiller,
34:26plus potentiellement
34:27dans son électorat,
34:29dans un second tour,
34:30il peut y avoir des gens
34:32qui sont attachés
34:34à la probité
34:35des politiques.
34:38Et ça,
34:39on se dit qu'éventuellement,
34:41voilà,
34:41ça peut ternir quand même
34:45son image
34:45et son image
34:46de présidentiable
34:47pour des gens
34:48qui pourraient être
34:48en train de basculer.
34:50Alors,
34:51justement,
34:52on parle de présidentiable,
34:53il y a un autre parti
34:54qui a été condamné,
34:55je crois,
34:56où il y a eu une histoire
34:57des judiciaires comme ça
34:57de l'assistance parlementaire,
34:58c'était le Modem.
34:59Dans le chat,
35:00ils en ont pas mal parlé
35:01et c'est vrai qu'on n'avait pas encore
35:02abordé cette question,
35:03donc merci le chat.
35:04On avait deux questions
35:05dans l'ordre,
35:06je vais les relire.
35:07La première,
35:08c'était,
35:10est-ce que vous savez,
35:11donc c'était un bubifoc
35:12qui disait,
35:13est-ce que vous savez,
35:13c'était pour combien d'euros
35:14l'affaire de Bayrou ?
35:15Et il y a une autre question
35:16subsidiaire qui,
35:17ça, malheureusement,
35:18on n'a pas l'info,
35:18on t'invite à faire
35:19tes propres recherches,
35:21comme on dit sur Internet,
35:23même si ce n'est pas
35:23trop notre bord politique
35:24qui incite à faire
35:25ses propres recherches
35:25généralement,
35:26on a bien compris,
35:27c'est plutôt une rhétorique
35:28complotiste,
35:29mais désolé,
35:29on n'a pas l'info.
35:31Et en ce qui concerne
35:32l'autre question
35:33sur le Modem,
35:34c'était,
35:35oui,
35:37c'était
35:38WomanInRide29
35:39qui nous dit,
35:39et du coup,
35:40non,
35:40c'était encore un bébé phoque,
35:42c'était pour moi de roule
35:43l'affaire Bayrou,
35:43ah ben non,
35:44c'était la même question,
35:44alors autant pour moi,
35:45désolé.
35:45Si on peut,
35:46alors sur l'affaire
35:48du Modem,
35:50bon,
35:50pour être transparent,
35:51moi je ne l'avais pas suivi.
35:52La modération
35:53qui est au top
35:53et qui met l'article
35:54sur les assistants
35:55parlementaires de Bayrou,
35:56merci pour le sauvetage.
35:58Moi,
35:58je ne l'avais pas suivi,
35:59donc je n'ai pas tout
36:00au tête,
36:00mais évidemment,
36:01je me suis référé
36:02à cet article-là
36:03et à d'autres
36:04pour comprendre
36:05les différences
36:06qu'il pouvait y avoir
36:07et notamment,
36:08on a vu Sébastien Chenu
36:09tout à l'heure
36:09qui disait,
36:11je crois qu'il dit,
36:12bon ben Bayrou
36:12n'a pas été condamné.
36:15Oui.
36:16Donc en fait,
36:17lui,
36:17lui ne l'a pas été,
36:18mais en revanche,
36:19et c'est marrant,
36:20parce qu'on retient un peu ça
36:21comme si cette affaire
36:25s'était conclue
36:26par un non-lieu général,
36:27alors qu'en fait,
36:28pas du tout.
36:30Bayrou n'a pas été condamné
36:31parce que les juges
36:33ont estimé
36:33qu'il n'y avait pas
36:35d'éléments de preuves
36:37suffisantes.
36:38En revanche,
36:39il y a plusieurs autres députés
36:41et assistants parlementaires
36:42qui ont été condamnés
36:43pour des faits similaires,
36:45des sommes moins importantes,
36:47mais je ne les ai plus
36:48exactement en tête
36:49et surtout,
36:50ils n'ont pas montré
36:52qu'il y avait un système
36:55qui a été mis en place.
36:56Mais par contre,
36:56il y a des grosses différences
36:58quand on...
36:59Juste en comparant
37:01les accusations
37:01du procès Modem
37:03et du procès ARN,
37:05en fait,
37:07il y a des preuves
37:09énormes,
37:09a priori.
37:11En tout cas,
37:11quand on lit l'accusation,
37:13c'est assez sidérant.
37:14Après, on verra.
37:15Bien sûr.
37:15Il faudra entendre
37:16la version des prévenus.
37:20Mais quand on les lit
37:21comme ça,
37:21c'est des preuves
37:22qui n'existaient pas
37:23dans le dossier
37:23du Modem.
37:26Je parlais tout à l'heure
37:27des contrats,
37:29du contrat
37:30du garde du corps
37:32et qui n'a plus de contrat
37:33mais qui reçoit
37:33quand même de l'argent
37:34parce que le contrat
37:35du...
37:36Parce que le chauffeur
37:37est en arrêt maladie
37:37mais on continue
37:38à récolter des sous.
37:40Ça, a priori,
37:41c'est prouvé.
37:42Il y a aussi
37:44des échanges
37:45de SMS,
37:47de mail
37:48en disant
37:50en disant
37:50« Mais moi,
37:51je ne peux pas faire ça. »
37:52Il y en a un autre,
37:53j'ai oublié son nom,
37:54un attaché parlementaire
37:55de Florian Philippot
37:56à l'époque.
37:56Enfin,
37:57Philippot qui n'est pas
37:57poursuit bien
37:58mais qui dit
38:00dans un SMS
38:01« Il paraît que
38:02le Parlement européen
38:03il vérifie de plus en plus
38:05si c'est comme ça
38:06je suis dans la merde,
38:07je ne peux rien prouver,
38:08machin. »
38:09Il y a pas mal
38:10de petits éléments
38:11comme ça.
38:12Ah oui,
38:13d'ailleurs,
38:13du tout,
38:13ça me rappelle
38:13dans ton premier article
38:14que tu parlais justement...
38:17Ah,
38:17il faut s'abonner.
38:17Je me suis dit,
38:18ouais,
38:18désolé,
38:19j'ai oublié de me loguer.
38:21Je me suis abonné.
38:22Mais tu parlais d'un bonhomme,
38:23alors on va montrer sa photo,
38:25en tout cas son compte Facebook.
38:26Tu parlais de Gaël Noffry
38:28dans ton article
38:29qui,
38:30alors lui,
38:30l'histoire est incroyable,
38:31je te laisse la raconter
38:34puisque malheureusement
38:34je ne peux pas mettre
38:35l'article en pécheur.
38:36Donc c'est ce monsieur.
38:37Et alors,
38:38qu'est-ce qui lui est arrivé
38:39dans cette affaire
38:39des assistants parlementaires
38:40du RN ?
38:41Alors,
38:43Gaël Noffry,
38:43si je ne me trompe pas,
38:45il était...
38:46Donc on est en 2011-2012.
38:50Donc lui,
38:50il travaille,
38:52en tout cas officiellement,
38:54au parti,
38:54il travaille sur la campagne présidentielle,
38:57donc de l'élection présidentielle de 2012
38:59de Marine Le Pen.
39:01Et puis,
39:01il y a un jour,
39:02en mars 2012,
39:03donc en plus,
39:04on est un mois avant le premier tour.
39:06Donc imaginez bien
39:07qu'on est à fond
39:09dans la campagne
39:10à ce moment-là
39:11et que quelqu'un
39:11qui travaille dessus,
39:13il travaille jour et nuit.
39:16On lui envoie
39:16un nouveau contrat
39:17et on lui dit,
39:18voilà,
39:19on lui dit,
39:20en gros,
39:20tu n'occupes pas trop,
39:22tu signes ça
39:23et ça,
39:23tu seras payé,
39:24il n'y a pas de souci.
39:25Et en fait,
39:25il se rend compte
39:26que ce n'est pas un contrat
39:27pour la campagne
39:28de Marine Le Pen,
39:29c'est un contrat
39:29d'assistant parlementaire
39:31de Jean-Marie Le Pen,
39:32eurodéputé.
39:34Donc il est surpris
39:35et il dit,
39:36il dit après aux enquêteurs,
39:38j'ai été rémunéré
39:39par des fonds européens
39:40alors que je travaillais
39:41comme conseiller
39:42sur la campagne
39:43de Marine Le Pen.
39:44Donc,
39:44ça c'est clair.
39:46Lui,
39:47il n'a pas été poursuivi
39:50pour diverses raisons.
39:51On verra
39:51s'il est auditionné,
39:53mais en tout cas,
39:54c'est intéressant
39:55qu'il le redise à la barre
39:57et que Marine Le Pen
39:58soit confrontée à ça.
40:00Et donc déjà,
40:01c'est assez marquant
40:05comme déclaration.
40:06Et en fait,
40:06ça ne s'arrête même pas là.
40:08Parce qu'il découvre ensuite,
40:10Gaël Noffry,
40:11qu'entre octobre et décembre 2011,
40:13donc quelques mois avant,
40:15en fait,
40:15il était déjà
40:17assistant parlementaire
40:18de Jean-Marie Le Pen.
40:21Et donc,
40:22on lui montre un contrat
40:23avec ses paraphs,
40:24sa signature.
40:25Et lui,
40:26il dit aux enquêteurs,
40:27non, non,
40:27ce n'est pas moi.
40:28Ce n'est pas mes signatures.
40:30Je ne savais pas
40:30que l'argent que je recevais
40:32à cette époque-là,
40:34elle venait
40:35parce que
40:36je voulais épargner
40:37un petit peu
40:37les détails techniques,
40:38mais ce n'était pas
40:39les assistants parlementaires
40:40qui recevaient directement l'argent.
40:42Ça passait par un tiers payant
40:44qui était nommé
40:45et à priori,
40:45on poussait fortement
40:47les eurodéputés
40:48à passer par ce tiers payant.
40:50Et le tiers payant,
40:51ensuite,
40:53envoyait le virement
40:54aux assistants parlementaires.
40:56Donc lui,
40:56en fait,
40:56il a continué à recevoir son salaire
40:58sans savoir
40:59que pendant deux ou trois mois,
41:03il n'était plus payé
41:04comme salaire du parti,
41:08mais comme assistant parlementaire.
41:11D'accord.
41:12Et...
41:12On appelle ça une Richard Viran,
41:14que c'est à l'insu
41:14de son plein gré.
41:14Oui, c'est ça.
41:15C'est un peu ça.
41:17Et donc,
41:18on a demandé,
41:19enfin,
41:19les enquêteurs ont demandé,
41:20bien sûr,
41:21à Jean-Marie Le Pen
41:22lors de son interrogatoire
41:23si c'était vraiment
41:25une fausse signature.
41:28Jean-Marie Le Pen,
41:29toujours très classe,
41:30qui dit...
41:32Il fallait que je retrouve
41:34la phrase exacte.
41:35Et qui dise
41:36qu'on ne se serait pas donné la peine
41:37de faire un faux
41:38pour un minable pareil.
41:40Ce qui montre aussi
41:41les petites tensions
41:41qu'il peut y avoir
41:42au sein du parti.
41:45Les langues se délient.
41:47C'est ça.
41:47Et après,
41:48des fois,
41:50le tribunal devra faire attention.
41:52Par exemple,
41:53il y a Emeric Chopra
41:54qui a quitté le parti
41:57il y a quelques années,
41:59qui lâche
42:00plusieurs éléments.
42:02Le tribunal va aussi
42:03se demander
42:04si ce n'est pas une vengeance
42:05un peu gratuite.
42:06il n'y aura pas juste
42:08un élément
42:09qui va faire basculer l'affaire.
42:10Ce sera de toute façon
42:11des faisceaux,
42:12d'indices et de preuves.
42:14La grande tradition
42:15des brouilles
42:16de familles de droite
42:17quand il y a un héritage
42:18ou de l'argent en jeu
42:19ou éventuellement
42:20une vexation.
42:21Voilà.
42:22Et après,
42:23on dit que c'est la gauche
42:24qui fait décision tout le temps.
42:25Mais bon,
42:25la droite,
42:26c'est pas mal non plus
42:26quand ils s'y mettent.
42:28Ce que je te propose,
42:29justement,
42:29puisqu'on parle du système
42:30et qu'on parle des gens
42:30qui témoignent,
42:31c'est qu'on voit un extrait
42:32du complément d'enquête
42:33qui a été réalisé
42:33sur les assistants
42:35européens du RN
42:36qu'on avait sélectionnés
42:37ensemble en amont.
42:39Si je ne me trompe pas,
42:39normalement,
42:40ça devrait se délancher maintenant
42:41et on en parle après.
42:50Pour commencer,
42:51on va parler de la réunion
42:52du 4 juin 2014.
42:55Vous y étiez ?
42:56Alors,
42:56j'étais au début de cette réunion,
42:57je n'ai pas assisté
42:58à toute cette réunion.
42:59Pourquoi est-ce qu'à un moment
43:00vous sortez ?
43:01C'est Marine Le Pen,
43:02en effet,
43:02qui demande aux collaborateurs
43:04parlementaires
43:05de quitter la salle
43:07pour une réunion à 8 jours.
43:08Que savez-vous
43:09de ce qui s'est dit
43:09ensuite à l'intérieur
43:10de cette salle de réunion ?
43:13J'en sais uniquement
43:14ce qui m'est situé
43:14par le député.
43:15Ce qu'il me dit,
43:16c'est qu'il lui est demandé
43:17d'avoir un seul
43:19collaborateur parlementaire
43:20et que les autres,
43:21finalement,
43:22se cagiraient directement
43:23par le Front National.
43:31Cette réunion...
43:33C'est quand même
43:34du témoignage lourd,
43:35disais-je,
43:35avant d'oublier
43:36de rallumer les micros.
43:37Oui, alors,
43:37le petit souci,
43:38c'est que lui,
43:39il raconte une réunion
43:39à laquelle il n'a pas assisté.
43:41Mais,
43:42ce que dit l'accusation,
43:44c'est qu'il n'est pas tout seul
43:44à donner cette version-là.
43:46Et en fait,
43:47ça sera vraiment déterminant.
43:49normalement,
43:50l'audition de Marine Le Pen,
43:50ce sera le 14 octobre.
43:53Et ça va être intéressant
43:54de la confronter
43:55surtout à ça.
43:57Donc,
43:57il y a plusieurs témoignages
43:59qui,
43:59a priori,
44:01concorderaient
44:02là-dessus
44:03et qui montrent...
44:04En fait,
44:04c'est clé
44:05parce que ça montrerait
44:06déjà que c'est un système
44:08et que Marine Le Pen
44:09est en quelque sorte
44:10le cerveau
44:11de ce système-là.
44:13Et donc,
44:14je redis un peu
44:15ce qu'il donnait,
44:17mais ce que...
44:17Précision demandée
44:18par Wata et Zero State
44:19du Gouche-Tinteron.
44:20Qu'est-ce qu'on appelle
44:20un système ici ?
44:21C'est le nom massif
44:22de pseudo-assistant
44:23ou c'est le détournement
44:24conscient de l'argent ?
44:25Alors,
44:25c'est surtout
44:27le détournement conscient
44:28de l'argent,
44:29c'est-à-dire qu'en fait,
44:30on a tout organisé
44:32et centralisé
44:34au niveau du parti
44:36pour que...
44:37Donc,
44:38justement,
44:38c'est un peu
44:38ce que dit a priori
44:40Marine Le Pen
44:41à ce moment-là.
44:42Dire,
44:43vous,
44:43vous prenez
44:44un assistant parlementaire
44:46chacun
44:46pour vous aider,
44:48ok.
44:48Par contre,
44:49les autres,
44:49vous nous laissez faire.
44:51vous nous laissez
44:52à disposition
44:54et c'est nous
44:55qui nous débrouillons
44:56là-dessus.
44:57Eux,
44:57leur défense,
44:57c'est de dire
44:59oui,
44:59on a fait ça
45:00comme ça,
45:00on peut...
45:02Enfin,
45:02Marine Le Pen
45:02a dit moi,
45:03je pouvais mettre
45:03mon veto,
45:04c'était plus simple
45:05et comme ça,
45:06on avait un pool,
45:07donc un groupe
45:08d'assistants parlementaires
45:09qui pouvaient servir
45:11à droite,
45:11à gauche.
45:12Et en fait,
45:13ce qu'on appelle
45:15système,
45:16c'est si,
45:18comme le pense
45:18l'accusation,
45:19en fait,
45:21le RN,
45:23Jean-Marie Le Pen
45:23puis Marine Le Pen
45:24avait la main
45:25sur ses représentants
45:26d'attachés parlementaires
45:27pour justement,
45:29à un niveau central,
45:31donc au niveau
45:32de la direction
45:32du parti,
45:34dire,
45:34ok,
45:35ce salarié du parti,
45:37on l'embauche
45:38comme attaché parlementaire
45:39d'un tel,
45:40le garde du corps,
45:42on va l'embaucher
45:42comme attaché parlementaire
45:44de tel député,
45:45sans demander,
45:46sans poser la question
45:47au député
45:48qui de toute façon
45:48n'avait pas le choix
45:49et donc,
45:51donc oui,
45:51c'est un petit peu
45:52les deux,
45:52c'est plusieurs
45:53hésitants parlementaires
45:54et c'est pas un one shot,
45:56c'est vraiment quelque chose
45:57qui a été réfléchi,
45:59organisé
45:59et qui est aussi
46:00un détournement conscient.
46:02Voilà,
46:02j'espère que j'ai un peu répondu.
46:04Oui,
46:04tout à fait,
46:05je pense que ça a été
46:06assez clair.
46:07Écoute,
46:08je vois à l'horloge
46:10et qu'il est déjà
46:11à 16h,
46:12normalement on devait faire
46:13de 15 à 16h
46:14et on a commencé
46:14avec un peu de retard
46:15donc on va pouvoir
46:16peut-être déborder
46:17un petit peu.
46:18Je ne sais pas,
46:19la régie,
46:19si jamais,
46:21mon cher Raph,
46:22si tu peux me dire
46:22si on a encore
46:23un peu de temps
46:23ou s'il faut qu'on passe
46:24la main à PA
46:26et à Momo
46:26qui vont nous faire
46:27un petit Momo décrypte
46:29donc à suivre
46:30sur notamment frontières
46:31et une école de journalisme
46:33inféode à l'extrême droite.
46:34Ce que je te propose
46:35en attendant la réponse
46:35c'est qu'on se fasse
46:36un petit plaisir
46:37totalement lié
46:38à cette histoire
46:40et je,
46:41bon,
46:41toi tu n'es pas surpris
46:42parce qu'on a préparé
46:44cette émission
46:44et du coup
46:45on a vu ensemble
46:47cet extrait déjà
46:48que je t'ai proposé
46:49et que tu as validé
46:50mais pour vous
46:51peuple de gauche
46:52pour vous
46:52amis de l'humanité
46:53on va se faire
46:54un petit banger
46:55de 2017
46:56ça va vous dire
46:57quelque chose
46:57et vous le connaissez
46:58tous ce banger
46:59je ne vous spoil pas
47:00qui c'est
47:01mais étonnamment
47:03on a un peu oublié
47:04que ça parlait
47:05déjà
47:05des assistants parlementaires
47:07du RN
47:08au niveau du Parlement européen
47:10C'est quoi
47:12pour vous ?
47:13Question de moralité politique
47:14en politique
47:15on est servi quand même
47:16depuis quelque temps
47:16on connaissait
47:18des vieilles histoires
47:18depuis très longtemps
47:19de triches
47:20de vols
47:21de mensonges
47:21Il y a aussi Le Pen
47:22à côté
47:23alors on va peut-être réagir aussi
47:24mais Le Pen
47:25pareil
47:26on pique dans les caisses publiques
47:27alors là
47:27ce n'est pas ici
47:28c'est l'Europe
47:29alors l'Europe
47:29pour quelqu'un qui est anti-européen
47:31ça ne gêne pas de piquer
47:32de l'argent de l'Europe
47:33et le pire
47:34c'est qu'en plus
47:35le FN
47:35qui se dit anti-système
47:36ne s'emmerde pas du tout
47:38se protège
47:39grâce aux lois du système
47:40grâce à l'immunité parlementaire
47:42et donc
47:43refuse d'aller
47:44aux convocations policières
47:45donc peinard
47:45donc là tout ça
47:46ça illustre
47:47ce coup là
47:48c'est pour la police
47:48ça illustre
47:50quand nous on est convoqué
47:51par la police
47:51nous ouvriers
47:52par exemple
47:52on n'a pas d'immunité ouvrière
47:53désolé
47:53on y va
47:54vous avez une chance
47:56le système
47:57le système vous protège
47:59tant mieux pour vous
48:00mais là
48:00ça permettra
48:01de dire
48:02que l'anti-système
48:05ça permettra de dire
48:06que l'anti-système
48:07c'est de la foutaise
48:08finalement
48:09c'est un peu
48:09c'est presque la conclusion
48:11idéale
48:11de notre entretien
48:13on a encore 10 minutes
48:13nous dit Raph le grand chef
48:15dans le chat
48:15via la modo
48:16merci la modo
48:17la bise à Mathilde
48:17et à Dianis
48:18qui s'en occupent
48:19aujourd'hui
48:19alors juste
48:20il ne faut pas faire
48:20ce qu'a fait Philippe Moutou
48:21même si on le remercie
48:24et je crois
48:25qu'il l'a raconté
48:26après
48:27oui chez Bolchevique
48:28je crois
48:28ah oui
48:30en fait
48:30je crois que c'est
48:31un moment
48:31Fillon
48:32qui fronce
48:34ses sourcils
48:35et dit
48:35attention
48:36attention
48:37et
48:38il est monstre
48:38que j'ai dit
48:39oui c'est ça
48:40et là
48:41il commence à bafouiller
48:42un peu
48:42en fait
48:42il se rend compte
48:43qu'il ne prend pas du tout
48:44les parcelles d'usage
48:44et qu'il peut très bien
48:45être condamné pour diffamation
48:46pour ce qu'il dit
48:49mais
48:49oui
48:50c'est
48:51c'est
48:52marrant
48:52parce que
48:53on est en 2017
48:54donc ça montre aussi
48:55que l'affaire
48:56a pris
48:56beaucoup de temps
48:57parce qu'il y a
48:58beaucoup de contrats
49:00parce que aussi
49:01comme le dit
49:02Philippe Moutou
49:03les
49:04Marine Le Pen
49:05et les autres
49:06cadres du RN
49:07n'ont
49:07pas forcément
49:08facilité
49:09la tâche
49:11des enquêteurs
49:13voilà
49:14en se réfugiant
49:14derrière l'unité parlementaire
49:16en ne venant pas
49:17aux convocations
49:18en faisant
49:20beaucoup de bruit
49:20même si ce n'est pas
49:21les seuls
49:22pendant
49:23les perquisitions
49:25voilà
49:25plein de choses
49:26comme ça
49:27c'est intéressant
49:28aussi de voir
49:28que les deux affaires
49:30qui pointent Philippe Moutou
49:31à ce moment là
49:33se ressemblent
49:34un petit peu
49:36moi quand j'ai
49:37quand
49:38j'ai lu
49:39il y a quelques jours
49:41ce qu'on appelle
49:42l'ordonnance de renvoi
49:43donc un peu le dossier
49:44le dossier pénal
49:45on va dire
49:46voilà
49:46ce dont je me réfère
49:48depuis tout à l'heure
49:48le dossier de l'accusation
49:50vous ne voyez pas
49:50les papiers là
49:51mais il y a
49:51les articles
49:52et l'ordonnance
49:53il y a le livre
49:54la machine à gagner
49:55voilà
49:56il est venu avec ses notes
49:57et
49:59oui en fait
50:00quand on lit ça
50:01moi j'avais
50:02suivi déjà
50:03comme journaliste
50:03le procès Fillon
50:05on a l'impression
50:07en fait
50:07de lire le dossier
50:10pour Fillon
50:10mais
50:11très sport
50:13pour autant
50:14d'attachés parlementaires
50:16mais
50:17il y a quand même
50:18une grosse différence
50:19c'est que
50:20ce qu'on reproche
50:21à François Fillon
50:22c'est un enrichissement personnel
50:23c'est d'avoir
50:24d'avoir embauché
50:25son épouse
50:26pendant tant d'années
50:28et qu'elle n'a pas fait
50:29le travail
50:29d'assistant parlementaire
50:30et donc du coup
50:31l'argent est revenu
50:32a priori
50:33quand même
50:34dans les caisses familiales
50:36alors que
50:37là c'est pas
50:38un enrichissement personnel
50:39après à voir
50:40si c'est
50:41si c'est mieux ou non
50:42voilà
50:43moralement
50:45chacun en jugera
50:46bien sûr
50:46c'est pas un enrichissement
50:48personnel
50:48qu'on reproche
50:50à Marine Le Pen
50:50et à tous ceux
50:51qui sont prévenus
50:52c'est d'avoir
50:54justement
50:54on en revient
50:55à ce système là
50:56d'avoir
50:57fait en sorte
50:59que
50:59les caisses
51:01du parlement européen
51:02servent en fait
51:03au financement
51:03du parti
51:04du RN
51:05et d'ailleurs
51:05il y a aussi
51:06des échanges de mail
51:07d'un certain
51:08Valéran de Saint-Just
51:10qui est le trésorier
51:12du RN
51:13candidat RN
51:14aussi à la mairie de Paris
51:15je crois
51:19et qui dit à Marine Le Pen
51:21nous nous en sortirons
51:23que
51:23alors j'ai plus
51:24les mots exacts
51:25mais que
51:25en se servant
51:26du parlement européen
51:28et
51:29sur le plan économique
51:30oui oui
51:31oui c'est ça
51:32en fait
51:32ils sont
51:33ce que je disais
51:34tout à l'heure
51:34ils sont aux abois
51:35à ce moment là
51:37on est à la même période
51:38où je crois
51:39que c'est juste avant
51:40qu'ils arrivent
51:41à contracter
51:41le fameux prêt
51:42le fameux prêt russe
51:45voilà
51:45et d'ailleurs
51:47ça me fait
51:48je suis un peu
51:48une digression
51:49mais sur
51:51les mails
51:52donc
51:53ça a été très précieux
51:54de perquisitionner
51:55l'ordinateur
51:55de Valéran de Saint-Just
51:56parce qu'il y a
51:57un autre échange
51:57de mail
51:58qui est venu
51:58à propos de la fameuse réunion
52:00dont je parlais tout à l'heure
52:01où Marine Le Pen
52:03dit aux députés
52:04bon bah
52:04si ça vous va
52:05vous prenez
52:06un assistant parlementaire
52:08et nous
52:08on se cherche du reste
52:09il y a
52:11un des députés
52:12qui n'a pas voulu
52:13qu'elle n'a pas voulu
52:14faire ça
52:15et il a envoyé
52:16un mail
52:16quelques jours après
52:17à Valéran de Saint-Just
52:19en disant
52:20alors
52:20il ne faut pas
52:22que je me trompe
52:22si ça ne vous gêne pas
52:25je vais essayer
52:25de reprendre
52:26on a encore 3 minutes
52:28je vois qu'il y a
52:28Maurice et Péa
52:29qui sont arrivés
52:30et qui attendent derrière
52:31donc c'est Jean-Luc
52:32on va se clure proprement
52:33Jean-Luc Schaffhauser
52:34qui envoie à Valéran de Saint-Just
52:36ce que nous demande Marine
52:38équivaut à ce qu'on signe
52:39pour des emplois fictifs
52:40donc a priori
52:42quelqu'un demandait
52:43tout à l'heure
52:44est-ce que les députés
52:45avaient conscience
52:46de ce qu'il faisait
52:47lui en tout cas
52:47il avait bien compris
52:49ce qu'on lui demandait
52:50et Valéran de Saint-Just
52:51lui répond
52:52je pense que Marine
52:53c'est tout cela
52:54ok
52:55ce qui peut laisser entendre
52:57que
52:58effectivement
52:58Marine Le Pen
52:59a mis en place
53:00un système centralisé
53:01pour détourner l'argent
53:02du Parlement européen
53:03il faudra qu'elle réponde
53:04à ce mail
53:06dans 10 jours
53:08voilà
53:08finalement on est un peu
53:10dans une situation
53:10à la commissaire Bialès
53:11il faut laisser la justice
53:12faire son travail
53:13et dès qu'il y a le plus en plus
53:14développement
53:14on s'en sera les premiers
53:15informés grâce à toi
53:16exactement
53:16sur le site de l'humanité.fr
53:18on va remercier Florent
53:19du coup d'être venu
53:21détailler son travail
53:22à nos viewers
53:23merci beaucoup
53:24c'était vraiment super intéressant
53:25et merci d'avoir fait le taf
53:27on vous rappelle
53:28que vous pouvez donc
53:29nous soutenir
53:29en vous abonnant
53:30il y a une offre en ce moment
53:31je crois que c'est 5 euros
53:33pour 5 mois
53:35si je ne dis pas de bêtises
53:36corrigez-moi
53:37mes amis modérateurs
53:38si jamais ce n'est pas le cas
53:40et bien sûr
53:41vous pouvez aussi taper
53:42donc point d'exclamation
53:43abo dans le chat
53:44pour avoir la confirmation
53:455 euros 5 mois
53:46on me le confirme
53:46merci Golgoth
53:48on pouvait faire aussi
53:49point d'exclamation
53:50donc pour nous faire
53:51un don directement
53:51à l'humanité
53:52et il va être temps
53:53de faire la grande
53:54passe décisive
53:55à notre ami PA
53:56et à Maurice Ulrich
53:58pour un momodécrypte
53:59consacré à Frontière
54:00et à une école de journalisme
54:02d'extrême droite
54:03à bientôt

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