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  • il y a 9 heures
À moins d’un mois de la présidentielle, des milliers de manifestants ont défilé ce jeudi 17 mars à l’appel d’une intersyndicale, revendiquant des propositions fortes et concrètes en faveur du pouvoir d’achat des Français.

Les questions des salaires et du pouvoir d’achat doivent être au coeur de la campagne présidentielle, martèlent les syndicats. Des milliers de manifestants ont battu le pavé ce jeudi dans « plus de 150 points de rassemblement », à l’appel d’une intersyndicale regroupant CGT, FSU, Solidaires, Unsa et plusieurs organisations lycéennes.

Alors que l’inflation poursuit son ascension (+3,6% en un an selon l'Insee) et que la guerre en Ukraine menace de peser sur ses chiffres futurs, le pouvoir d’achat cristallise les inquiétudes des manifestants.

« On ne sort plus, il n’y a plus de cinéma, plus de restos, plus de sorties annexes, et pour les enfants, cela signifie également moins d’activités extra-scolaires », déplore Émilie Thevenet-Kayser, enseignante en SEGPA qui défile aux couleurs de l’UNSA. « J’ai 4 enfants, et financièrement, c’est impossible de tous les inscrire à une activité. Cette année, ils ne font rien » regrette-t-elle, faisant écho au pouvoir d’achat « bloqué » des enseignants depuis 2010, sur lequel le léger dégel de 2017 n’a pas eu de réelle incidence.

Émilie Thevenet-Kayser et ses collègues sont descendues dans la rue car ils ne croient pas à la dernière promesse d’Emmanuel Macron, annoncée à moins d’un mois des présidentielles: dégeler ce fameux point d’indice des fonctionnaires avant l’été. « Ce n’est qu’une promesse électorale » analyse-t-elle, face à cette annonce floue et incertaine. « Nous voulons des vraies mesures, actées », et qui passent par des augmentations salariales significatives.

Ces revendications sont également portées par la CGT. Dans les colonnes de l’Humanité, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT insiste : « La seule solution contre la vie chère, c’est l’augmentation des salaires et des pensions », accompagnée d'une baisse de la TVA sur les produits pétroliers et énergétiques.

Pour Gaëlle Martinez, déléguée générale Solidaires pour la fonction publique, il est d’autant plus impératif d’agir que le conflit ukrainien accentue « l’urgence salariale » des derniers mois. « Cela se voit notamment avec les gens qui ont des difficultés à se chauffer, ou encore avec les prix des denrées alimentaires qui augmentent », développe-t-elle.

Alors que le gouvernement a annoncé, quelques jours auparavant, une réduction de 15 centimes par litre de carburant à partir du 1 er avril, Gaëlle Martinez affiche sa grande déception: « Pour nous, ce sont que des « mesurettes », qui ne répondent absolument pas aux besoins de la population », reproche-t-elle au gouvernement. Du côté des contre-propositions, Solidaires revendique, par exemple, qu’aucun salaire ne soit inférieur à 1 700 par mois, ainsi qu’une augmentation de 400 euros des salaires dès maintenant.

Parmi les manifestants, tous dénoncent le d

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Transcription
00:00On nous a parlé Revalo, on nous dit vous inquiétez pas, on va revoir ensemble.
00:04Mais la seule chose qu'ils nous proposent, c'est de faire des heures supplémentaires,
00:08d'accompagner encore plus d'élèves, mais rien de concret pour notre pouvoir d'achat.
00:13Donc on est là aujourd'hui.
00:20Ce qu'on demande en fait, c'est des services publics forts.
00:23On n'en a rien à faire de faire baisser les cotisations sociales, on n'en a pas stupide.
00:27On sait bien qu'en fait, les cotisations sociales, c'est pour la société, dont on fait tous partie.
00:32Et on paye tous, pour tout le monde.
00:35Si on baisse les cotisations sociales, seuls les riches auront des services.
00:38Par exemple, l'école, parce que moi je ne suis que enseignante, donc je vais parler qu'au nom de
00:42l'école.
00:42Ça veut dire qu'en fait, si vous êtes riches, vos enfants iront dans une bonne école,
00:46et ils auront un avenir avec un diplôme scolaire.
00:49Mais si vous êtes ordinaire, ou si vous avez un bas salaire,
00:52vos enfants seront dans des écoles merdiques, avec des enseignants un peu au rabais, etc.
00:57Pareil pour le soin, il n'y aura plus rien.
00:59Donc en fait, c'est super dommage.
01:01On ne veut pas une baisse des cotisations sociales, on veut une augmentation des salaires.
01:05Comme ça, on payera plus et tout le monde sera content.
01:07On aura des services publics.
01:09Aujourd'hui, on voit que le contexte géopolitique, il aggrave encore cette crise au quotidien.
01:15Il y a des difficultés de plus en plus profondes pour la population à pouvoir se chauffer.
01:20On avait déjà une sobriété énergétique qui était très marquée depuis la pandémie.
01:26Là, les prix des denrées alimentaires qui augmentent, l'énergie, etc.
01:30C'est très difficile.
01:31Donc pour nous, il y a une urgence salariale marquée, très claire.
01:34Et il faut qu'à la fois dans le public et dans le privé,
01:36qu'il y ait de vraies augmentations de salaires.
01:3915 centimes d'euros à la pompe, très clairement, c'est une mesurette.
01:42Et ce n'est vraiment pas grand-chose par rapport à ce qu'il faudrait.
01:45Pour nous, il n'y a pas de salaire inférieur à 1 700 euros par mois.
01:49Il y a 400 euros tout de suite.
01:51Ça, c'est des mesures concrètes, importantes, efficaces
01:54et qui permettraient à chacun et à chacune de pouvoir s'en sortir un peu mieux
01:59face à l'urgence qu'on connaît.
02:01Une infirmière qui débute ou une aide-soignante qui débute,
02:05elle gagne le SMIC plus 1 euro pour certains.
02:09Donc aujourd'hui, quand on voit le logement à Paris ou en banlieue parisienne,
02:16plus l'augmentation des frais courants, c'est impossible de vivre.
02:22Mais vous voyez, Martin Hirsch, directeur général de la PHP,
02:25aujourd'hui, se refuse à financer des aides-soignants
02:30qui ont eu des 18 sur 20 au concours infirmiers
02:33sous prétexte qu'il n'y a pas d'argent.
02:35Et quand on voit le gouvernement, les milliards qu'ils ont donnés
02:38aux sociétés du 440, pour le bien commun qu'est l'hôpital public,
02:44nous, on a eu des miettes.
02:45Et aujourd'hui, on ne finance pas des aides-soignants
02:48qui veulent devenir infirmières et qui acceptent de continuer
02:51à travailler à l'hôpital, même malgré deux ans de pandémie,
02:55à travailler dans des conditions épouvantables.
02:58C'est une honte.
02:59On estime la perte de pouvoir d'achat des fonctionnaires
03:02d'environ 20 à 30% ces 20 dernières années.
03:06Donc ça fait longtemps qu'on réclame des augmentations du point d'indice,
03:08qu'on se mobilise pour l'augmentation,
03:11puisqu'on a perdu énormément de pouvoir d'achat.
03:13Nous, malgré cette perte du pouvoir d'achat,
03:15on estime que l'augmentation doit se situer au moins à 10% d'augmentation,
03:19mais pas au mois de juillet, immédiatement,
03:21parce que l'inflation, on la vit tous les jours et pas dans quelques mois.
03:24Et on veut une ouverture réelle de négociation
03:27pour discuter du rattrapage de tout ce qu'on a perdu
03:30depuis ces 10 dernières années, voire plus.
03:32Ça ne va pas être dans les salons de matignon que ça va se décider.
03:35Ça va se décider dans la rue.
03:37Maintenant, aujourd'hui, on est dans une période
03:39où les travailleurs, ils prennent des coups les uns après les autres.
03:43Il y a la peur du chômage, la peur des licenciements.
03:46Et puis, peut-être de ne pas se sentir fort.
03:49Maintenant, il y a quand même plein de gens,
03:51même s'ils ne vont pas manifester,
03:52ils ne sont pas d'accord avec leur salaire qu'ils ont actuellement.
03:55Parce que ce salaire, ils ne leur permettent pas de vivre.
03:57Et même chose pour les retraités, les pensions de retraite,
04:00où c'est complètement insuffisant.
04:01Moi, je suis persuadée qu'à un moment, il y aura un coup de colère,
04:04qu'il y aura la saloperie de trop qui sera faite
04:07et qui fera que les gens, ils sortiront dans la rue,
04:12ils sortiront pour s'exprimer, pour dire,
04:14il y en a marre, il y en a ras-le-bol
04:15et on va chercher ce qui nous appartient.

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