00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec Antonin André et Catherine Ney, nous recevons le ministre du Commerce extérieur, Nicolas Faureissier.
00:09Hier, Sébastien Lecornu a fait toute une série d'annonces, notamment une annonce qu'on n'attendait pas forcément,
00:16qui était la baisse du gasoil pour ceux qui roulent avec des voitures diesel. On écoute.
00:21Nous mettrons donc 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France.
00:29Nous allons les utiliser de manière nouvelle pour agir sur les prix.
00:33Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours.
00:37Il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix
00:43à la pompe
00:43dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole.
00:49Je réunirai à Matignon l'ensemble des distributeurs pour y travailler dans les tout prochains jours.
00:54Alors évidemment, il y a certains médias d'ailleurs qui ont dit annonces surprises ou cadeaux faits du gouvernement.
01:05Remettons, et je profite de votre présence, vous êtes le ministre du Commerce extérieur, vous savez très bien ce qui
01:09s'est passé.
01:10En réalité, il y a eu un G7, il y a eu Donald Trump qui a menacé de ne plus
01:16exporter de diesel.
01:17Et puis finalement, qu'est-ce qui se passe ? Hormuz, tout est bloqué.
01:22Les Ukrainiens bombardent les raffineries russes, donc il n'y a pas non plus de raffinerie de ce côté-là.
01:27Nous, raffinage, c'est quand même assez ténu ce qu'on a en France.
01:31Donc finalement, il n'y avait pas d'autre solution que de sortir des stocks de diesel pour les Français.
01:39Absolument, mais l'accord qui a été obtenu, c'est qu'on ne rentre pas dans une guerre entre guillemets
01:43entre les Etats-Unis et l'Europe.
01:45Parce qu'il y a eu une menace quand même à un moment des Américains de faire le ban sur
01:49le diesel,
01:49c'est-à-dire de faire l'embargo sur les exportations de diesel vers l'Europe.
01:53On est arrivé à un accord, mais ça supposait qu'il y ait un effort qui soit fait aussi à
01:56l'échelle européenne.
01:571200 millions de barils qui ont été actés au niveau de l'Union Européenne, pris sur les réserves stratégiques,
02:03en accord avec l'Agence internationale de l'énergie, puisque c'est sous son contrôle que ces réserves stratégiques doivent
02:08être gérées,
02:09et avec la promesse de les reconstituer dans les trois mois qui viennent.
02:13Mais l'objectif, c'est quoi ? C'est quand même de répondre à la principale urgence pour nos concitoyens
02:17et nos concitoyennes,
02:18c'est-à-dire cette augmentation dont nous ne sommes pas responsables du prix du gazole et de l'essence
02:22en général,
02:23lié à Hormuz, vous n'avez pas cité le détroit aussi de Bab-al-Mandeb sur la mer Rouge,
02:28qui est extrêmement sous-tour, et puis nous avons effectivement les déstabilisations que vous avez rappelées.
02:34Et donc il faut qu'on arrive à peser à la baisse sur le prix du gazole en particulier,
02:40qui est le principal carburant utilisé par nos compatriotes.
02:42Mais donc ce n'est pas un cadeau ?
02:43Non, c'est ça qu'il faut expliquer.
02:44Ce n'est pas un cadeau fait aux Français, j'ai entendu notamment les oppositions disent
02:47qu'elles auraient pu le faire en mars, ce n'est pas du tout un cadeau.
02:50Non, parce que ce n'est pas si simple que ça.
02:50C'est la conjoncture géopolitique internationale.
02:52Oui, mais c'est ça, comme on vient de le rappeler, ça ne se fait pas seul.
02:55On est dans un cadre, les réserves stratégiques, elles sont encadrées.
03:00C'est une obligation internationale de la France, comme des autres pays.
03:03Et donc on le fait dans le cadre d'un accord, d'abord entre l'Amérique et les Etats-Unis,
03:07et ensuite à l'intérieur de l'Union Européenne, et on le fait avec l'engagement...
03:10Et avec un accord sur le volume.
03:12Avec un accord sur le volume, absolument.
03:13Parce que c'est 10% sur 100 millions.
03:1510%, absolument, et avec un accord aussi sur le fait qu'on va les reconstituer.
03:19Et d'ailleurs, c'est pour cette raison, je le dis au passage,
03:22que le Premier ministre m'a confié une mission sous l'autorité de Jean-Noël Barrault,
03:26que j'ai eu la lettre de mission ce matin,
03:28pour aller activer toutes les réserves qu'on a commencé déjà à identifier,
03:33dans un certain nombre de pays producteurs ou raffineurs,
03:35de façon à négocier...
03:37Il paraît que je voyage trop, mais non, je voyage, c'est mon boulot.
03:41Et en même temps, je suis beaucoup sur le terrain, ici, en France aussi, le plus possible.
03:45Parce que je pense qu'il ne faut jamais être déconnecté, mais ça, c'est une autre affaire.
03:48Mais c'est mon boulot, au nom du pays, d'aller chercher, en l'occurrence,
03:53plus de réserves de diesel pour reconstituer les stocks,
03:56et être toujours en situation de faire face à une crise qui serait plus grave.
04:00Qu'est-ce que vous avez identifié comme nouvelle source potentielle ?
04:03Je ne vais pas vous donner la liste des pays,
04:04mais évidemment, on parle avec un certain nombre de pays du Golfe,
04:06je pense notamment à l'Arabie Saoudite et au Qatar, où je vais me rendre bientôt.
04:09Oui, mais l'Arabie Saoudite, elle est très attaquée par les outils, c'est compliqué.
04:12Oui, mais vous savez comme moi que vous avez quand même un certain nombre de moyens de sécuriser.
04:17D'ailleurs, la France fait un énorme effort sur le port de Yambou, précisément.
04:21Le président de la République l'a annoncé, est en train de le mettre en œuvre,
04:24avec la protection de ce port et de cette raffinerie.
04:26Nous avons évidemment des contacts dans certains pays africains,
04:30je pense notamment au Nigeria.
04:31J'étais ce matin encore avec un grand chef d'entreprise du Nigeria,
04:35sur ces questions en particulier.
04:36Nous avons des possibilités, y compris dans certains pays d'Europe,
04:40je ne vais pas tous les citer, mais où il y a des capacités de raffinage,
04:43et où peut-être on pourrait là aussi...
04:44Mais ça, c'est à long terme.
04:46Non, l'objectif c'est de reconstituer...
04:48On fait cet effort tout de suite.
04:49L'objectif c'est de baisser les prix, d'accord ?
04:52Et de reconstituer les stocks, mais est-ce qu'on va y arriver Nicolas Faurissier ?
04:55Je crois que je l'avais dit sur votre plateau, notamment de Total,
04:57donc je voudrais redire que Total fait un énorme effort
04:59pour plafonner le prix du carburant à la pompe,
05:01et moi je n'aime pas quand on continue avec la question Total.
05:04Mais la grande question, Nicolas Faurissier,
05:05c'est est-ce qu'on va réussir à reconstituer les stocks,
05:07ou est-ce qu'à un moment donné on va se retrouver à sec ?
05:09Non, l'objectif c'est évidemment de les reconstituer.
05:11D'abord c'est que 10%,
05:12et deuxièmement, 10% ça se reconstitue sur 2, 3 mois, 4 mois,
05:17sans...
05:17On n'est pas aujourd'hui en situation de crise,
05:20en termes de volume.
05:21On a un problème de prix,
05:23et il faut absolument qu'on fasse redescendre ces prix.
05:25Ne serait-ce que pour répondre
05:26à la difficulté quotidienne de nos compatriotes.
05:29Et ça c'est quand même un objectif prioritaire.
05:31Mais après il faut que techniquement,
05:32et c'est mon boulot,
05:33c'est ce qui m'a été demandé,
05:34on puisse relancer la reconstitution.
05:37On aurait pu parler aussi de l'augmentation du prix du gaz,
05:38on ne va pas le faire parce que ça nous emmène à trop loin,
05:39mais ça va être un gros sujet énergétique aussi pour les Français cet hiver.
05:42Oui, mais là aussi on a des accords,
05:42comme vous le savez,
05:43notamment on travaille sur l'importation de méthane,
05:46sur un certain nombre...
05:46Oui, mais le prix,
05:47on sait déjà que le prix va augmenter encore cet hiver.
05:50Avec du retard, avec du décalage.
05:52Enfin c'est bon,
05:52ce sera très lourd pour les Français.
05:53Mais puisque vous voyagez beaucoup,
05:55et notamment vous parlez avec les Américains,
05:57tout le monde est suspendu en fait à ce que va faire Donald Trump.
06:02Et en fait ce qu'il faudrait,
06:03c'est résoudre une fois pour toutes cette crise
06:04dans laquelle il nous a lancés.
06:06Est-ce que vous êtes raisonnablement optimiste
06:09sur une baisse de l'intensité de la confrontation
06:12entre l'Allemagne et l'Iran,
06:13notamment au regard des mid-termes ?
06:16Contre les Etats-Unis et l'Iran.
06:17Les Etats-Unis et l'Iran.
06:18Et comment est-ce que les mid-termes vont ou non
06:21être un nombre important ?
06:22En 30 secondes.
06:23Le président américain a annoncé
06:25qu'il n'interviendrait pas en Iran d'ici les mid-termes,
06:28c'est déjà une information ce soir.
06:30Moi je discute beaucoup avec mes homologues,
06:32et en tout cas Jameson Gray,
06:34qui est mon homologue américain.
06:36Je trouve qu'il y a un vrai dialogue
06:38qui n'existait peut-être pas de la même façon
06:39il y a encore 6 mois.
06:41Les choses ont progressé.
06:42J'espère que les mid-termes ne seront pas juste
06:47une étape d'attente,
06:49et que la confrontation ne reprendra pas derrière.
06:52Parce qu'en plus,
06:53elle se retourne contre la population
06:54et le consommateur américain,
06:56en réalité,
06:56dans l'augmentation des prix.
06:58Finalement, le dernier qui paye,
06:59c'est le consommateur final.
07:01Donc voilà,
07:01on essaye de maintenir ce dialogue,
07:03de le faire de façon constructive.
07:04Merci.
07:04Mais je termine,
07:05on essaye aussi de diversifier
07:07nos accords commerciaux,
07:08nos chaînes d'approvisionnement.
07:10C'est extrêmement important
07:11de comprendre de ce point de vue
07:12que les accords de commerce,
07:15le fait que le ministre du Commerce voyage,
07:17eh bien, c'est pour le faire.
07:19Merci Nicolas Faure ici.
07:20Et n'oubliez pas,
07:21chaque samedi de 13h à 14h
07:22sur CNews et sur Europe 1,
07:24face à Michel Onfray
07:24avec Laurence Ferre.
07:26Et moi je vous retrouve dimanche
07:28à 10h sur Europe 1,
07:30pour le grand rendez-vous Europe 1 CNews des échos.
07:32mon invité, le président de Debout la France
07:34et candidat à l'élection présidentielle
07:36Nicolas Dupont-Aignan.
07:37Très bonne soirée sur Europe.