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  • il y a 2 jours
Jean-Bernard Pouy, auteur de polars et directeur de collections, invité de l’Humanité Dimanche, nous parle de son dernier livre « Tout doit disparaître » et pas que de ça ! Les actualités de la semaine pour lui sont « plombantes ». A lire, son interview intégrale dans l’Humanité Dimanche à paraître la semaine prochaine.Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:08Jean-Bernard Pouilly, bonjour. Vous êtes auteur de Polar, directeur de collection,
00:12vous avez créé le Poulpe, vous êtes l'invité de l'Humanité Dimanche. J'aurais aimé savoir
00:18quel est le fait d'actualité de cette semaine que vous retenez, qui vous a marqué, ému ou agacé.
00:24J'arrive pas à sortir un événement, un élément et tout, pour moi c'est un peu quelque chose de
00:29global.
00:31Une globalité et d'assister à une réunion de rédaction comme ça, c'est plombant, c'est-à-dire
00:39qu'une fois que c'est terminé, on s'aperçoit qu'il n'y a pas une bonne nouvelle. Enfin,
00:44il n'y aurait pas une nouvelle qui pourrait nous réjouir intellectuellement, que ce soit en social,
00:50politique ou les affaires du monde. Donc c'est un peu ça, dans quel monde on vit et que c
00:57'est
00:57vrai qu'on s'aperçoit que quand les gens rigolent, ils prennent des petits sujets qui
01:01n'ont aucune valeur ou très très peu de valeur pour rigoler grassement. Alors que,
01:06s'il fallait que je choisisse des sujets, c'est vrai que l'Ukraine, la Libye, tout ça, le Moyen
01:14-Orient,
01:15bien sûr, m'intéresse, mais c'est difficile d'avoir un point de vue comme ça extrêmement
01:20précis, à moins d'être spécialiste. Mais c'est la globalité. Alors j'admire les journalistes
01:28pour ça, parce qu'ils se cognent une globalité négative, disons pessimiste et négative, tous
01:35les jours et toutes les semaines. C'est pour ça que je ne suis pas journaliste. J'ai écrit beaucoup
01:42d'articles, mais que sur les conneries pour justement pouvoir évacuer un peu cette espèce
01:49de stress de vie. Mais, comme ça dit, il faut bien se cogner à ça.
01:55Alors tu sors le 5 mars prochain chez Gallimard, tout doit disparaître.
02:02Tout doit disparaître, c'est un peu inquiétant. Et c'est ce que je pense quand même. Tout doit
02:09disparaître de ces pratiques d'édition et tout ça. D'accord. Alors c'est pas seulement,
02:14parce qu'il y a une lecture aussi, qui pourrait être « Pouilly va faire mes boutiques »,
02:20va arrêter d'écrire. On pourrait le lire. Mais le matin, quand je me lève, j'ai encore
02:25envie de faire décrire les conneries. Comme je faisais au début. C'est si bizarre parce
02:30que le grand âge, en fait, te ramène à la jeunesse, à l'adolescence idiote. C'est
02:38ça qui me vient. Alors ça me ramène à cette phrase que tu avais écrite dans « Le rouge
02:44et le vert ». C'est formidable de se comporter comme d'un adolescent, ça repose.
02:47Voilà, c'est ça. Quand on a trop de responsabilités où il faut être juste, il faut être cadré,
02:55il faut mesurer ses paroles, il faut ne pas prendre des positions extrêmes, c'est
03:04pas possible.
03:05Te conduire encore aujourd'hui parfois en ado, c'est une manière de déborder le cadre,
03:10de sortir du cadre. Oui, puis enfin, c'est d'être honnête avec moi-même parce que moi,
03:17en fait, je le suis. Je suis resté un peu couillon quand même, un peu. Et les provocations,
03:25les conneries, je suis toujours partant. Au contraire, je préfère ça. Il faut oublier
03:30que « Le polar », c'est un roman, enfin le roman noir du moins, qui fait partie du polar.
03:36Voilà, c'est un roman de critique sociale. Alors, on peut raconter ce qu'on veut,
03:39sur le ton qu'on veut, mais il ne faut pas oublier ça. C'est-à-dire que c'est
03:45quand
03:45même un roman qui est né après la crise de 1929, qui réagissait contre le roman policier,
03:52tout ça. Et nous, on a un peu réagi par rapport à 1968, donc ça dure un peu. Et là,
03:59une nouvelle école arrive qui parle beaucoup des licenciements, des patrons, tout ça. Donc,
04:10c'est un roman de critique sociale. Ça, il ne faut jamais l'oublier. Après, on en fait ce qu
04:14'on veut.
04:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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