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100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat. Année de Production :
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00:00:09Bonjour à tous, bienvenue dans 100% Sénat, l'émission qui vous emmène au cœur du travail parlementaire.
00:00:15100% Sénat consacré exclusivement au budget 2027 aujourd'hui.
00:00:19Quel budget pour la France l'année prochaine ?
00:00:22À midi, vous pourrez suivre en direct l'audition de Roland Lescure, le ministre de l'économie,
00:00:27et de David Amiel, le ministre des Comptes publics.
00:00:30Mais cette copie du gouvernement, elle a été analysée et passée au crible par le Haut Conseil des Finances publiques.
00:00:36Les sénateurs de la Commission des Finances ont donc interrogé Amélie de Montchalin,
00:00:39la présidente du Haut Conseil des Finances publiques, et un de ses membres, l'économiste Mickaël Zemmour.
00:00:44Que pense-t-il de cette copie avec 54 milliards d'euros d'économie ? On regarde.
00:00:50Madame la Présidente, Monsieur, Madame le rapporteur général, chers collègues,
00:00:55Nous recevons ce matin Madame Amélie de Montchalin, en sa qualité de présidente du Haut Conseil des Finances publiques,
00:01:01institution budgétaire indépendante placée auprès de la Cour des Comptes.
00:01:05Elle est accompagnée de Monsieur Mickaël Zemmour, membre du HCFP, et par ailleurs enseignant-chercheur.
00:01:13Il répondra en particulier aux questions portant sur l'exécution du budget 2026,
00:01:18puisque Madame Amélie de Montchalin, qui était ministre de l'Action et des Comptes publics lors de son élaboration et
00:01:24de sa discussion,
00:01:25a indiqué qu'elle se déportait de la délibération sur l'année 2026.
00:01:31Je suis ravi de vous accueillir tous les deux pour cette première audition depuis le renouvellement sénatorial,
00:01:36et avec une Commission des Finances reconstituée depuis ce matin.
00:01:40En application de l'article 61 de la loi organique relative aux lois de finances,
00:01:45le HCFP rend un avis sur les prévisions macroéconomiques qui sous-tendent le projet de loi de finances
00:01:50et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de l'année,
00:01:54ainsi que sur la cohérence de l'article liminaire au regard des orientations pluriannuelles
00:01:59de soldes structurelles et de dépenses des administrations publiques.
00:02:02Il se prononce également sur le réalisme des prévisions de recettes et de dépenses du PLF.
00:02:08Le HCFP s'est prononcé comme à l'accoutumée, en un temps très court, sans doute trop court.
00:02:15Ses avis sont très précieux pour juger de la crédibilité de la trajectoire esquissée par le gouvernement.
00:02:20Or, sur le PLF 2027, plus encore que sur le PLF 2026,
00:02:25le HCFP se montre sceptique, voire critique, sur plusieurs hypothèses macroéconomiques,
00:02:31ce que je vous laisserai détailler.
00:02:34Avant de vous donner la parole, j'aurais simplement deux questions.
00:02:37Premièrement, le HCFP juge dans son avis que l'ambition de réduction du déficit affiché pour 2027
00:02:43est un minimum au regard de la situation alarmante des finances publiques.
00:02:48Pour autant, il précise que la dépense primaire nette augmenterait de 0,7%,
00:02:52soit près de la moitié moins que l'engagement de 1,2 souscrit par la France
00:02:57dans le plan budgétaire et structurel à moyen terme vis-à-vis de l'Union européenne.
00:03:02En outre, vous indiquez que le gouvernement pourrait sous-évaluer
00:03:05les conséquences de l'ajustement budgétaire sur la demande intérieure.
00:03:09Je suis curieux de savoir comment vous parvenez à articuler de façon cohérente
00:03:13ces trois constats, ambition minimale, mais obligation européenne,
00:03:17respectée en 2027 et effet récessif possiblement sous-évalué.
00:03:21Deuxièmement, la situation est très évolutive et l'une des premières phrases de votre avis
00:03:26souligne, je cite, un contexte économique particulièrement incertain,
00:03:31marqué par la poursuite du conflit au Moyen-Orient et une remontée générale des taux d'intérêt.
00:03:36Dans quelle mesure des éléments postérieurs à vos travaux ont-ils pu noircir encore le tableau macroéconomique ?
00:03:43S'agissant notamment des taux auxquels la France s'endette,
00:03:45pour 2027, vous indiquez que les aléas à la baisse sont majoritaires.
00:03:51Quel est votre scénario catastrophe ?
00:03:53Et la France serait-elle en mesure de le surmonter seule ?
00:03:56Je vous cède la parole pour présenter en détail l'avis du HCFP
00:04:00et revenir sur ces différents points.
00:04:02Je vous rappelle que cette audition est retransmise sur le site Internet du Sénat
00:04:06ainsi que sur les comptes du Sénat sur les réseaux sociaux.
00:04:12Merci, M. le Président.
00:04:14Madame la rapporteure générale,
00:04:17Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs,
00:04:20merci de votre invitation à venir vous présenter avec Mickaël Zemmour,
00:04:23qui est membre du Haut Conseil des finances publiques,
00:04:25enseignant-chercheur à l'Université Lumière Lyon 2
00:04:27et chercheur associé au laboratoire interdisciplinaire des évaluations de politique publique à Sciences Po,
00:04:32les principales conclusions de notre avis relatif au PLF et PLFSS pour l'année 2027,
00:04:37que nous avons publié jeudi dernier,
00:04:38que nous sommes en train de vous présenter puisque vous avez été installé ce matin.
00:04:43Avant d'en venir à son contenu, vous l'avez dit,
00:04:46peut-être rappeler dans quelle manière nous avons organisé nos travaux délibérés et à vie.
00:04:51Le HFP a été créé en 2013 pour que les parlementaires disposent d'un avis indépendant,
00:04:57étayé, collégial, précis sur la coopérative budgétaire présentée par le gouvernement
00:05:00et nous avons un mandat qui tient en trois points.
00:05:02Nous devons apprécier le réalisme des prévisions macroéconomiques et de dépenses
00:05:08telles que le présente le gouvernement.
00:05:10Nous devons vérifier, par ailleurs, le respect des objectifs de dépense au regard de la LPFP
00:05:15et vérifier la cohérence avec nos engagements européens.
00:05:19Notre indépendance est garantie par notre composition.
00:05:22Nous sommes une institution collégiale qui réunit 11 membres issus du secteur privé,
00:05:25de l'administration, de la Cour des comptes et du monde académique.
00:05:27Et c'est bien cette diversité qui est au cœur de notre fonctionnement.
00:05:30Toutes nos analyses sont discutées collectivement et nos conclusions sont adoptées à l'unanimité.
00:05:35Et c'est donc dans l'esprit de cette collégialité que j'ai souhaité que Michael Zemmour m'accompagne
00:05:39pour vous en présenter également les conclusions.
00:05:42Je souhaite également vous préciser les modalités particulières que nous avons retenues pour cet avis
00:05:46puisque compte tenu des précédentes fonctions et après sollicitation de notre déontologue,
00:05:51M. Christian Vigouroux, je n'ai pris part ni aux échanges ni aux délibérations concernant l'année 2026.
00:05:57Ce qui a permis aux Hauts-Conseils de conduire l'ensemble de ces travaux
00:06:00dans le respect de nos exigences déontologiques et notre fonctionnement collégial
00:06:04et ainsi de garantir, et je crois que c'est le plus important pour vous,
00:06:07M. et M. les sénatrices et sénateurs,
00:06:09la pleine impartialité de l'avis que nous allons vous présenter.
00:06:12A ce titre, je laisse la parole à Michael Zemmour
00:06:14pour vous détailler notre avis sur l'année 2026.
00:06:18Merci, Mme la Présidente, M. le Président, Mme le Rapporteur général,
00:06:22Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs.
00:06:27Je vais donc vous présenter en trois temps notre analyse sur la prévision 2026
00:06:32contenue dans le PLF et le PLFSS.
00:06:35Dans un premier temps, sur le scénario économique pour 2026.
00:06:38Dans un deuxième temps, sur les finances publiques.
00:06:40Et dans un troisième temps, par rapport aux engagements européens
00:06:42que vous rappeliez en introduction.
00:06:45Premier constat, dans ce projet de loi de finances 2026,
00:06:49le gouvernement revoit sensiblement sa prévision de croissance
00:06:55pour l'année 2026, puisque cette prévision de croissance
00:06:58était en loi de finances initiales à un point de croissance
00:07:02et elle est désormais à 0,5 point de croissance.
00:07:05Donc une diminution de 0,5 point.
00:07:08Cette révision à la baisse est d'abord le fruit du contexte international,
00:07:13c'est-à-dire de la guerre au Moyen-Orient,
00:07:17de la crise du prix de l'énergie et des conséquences importées de cette crise
00:07:21sur le ralentissement de notre économie.
00:07:23Mais ça n'explique pas complètement la révision.
00:07:26Il y a des éléments que le Haut Conseil avait qualifiés d'optimistes
00:07:30ou de volontaristes dans ses avis précédents
00:07:31concernant le projet de loi de finances
00:07:33ou le rapport d'avancement annuel en avril,
00:07:35qui expliquent aussi cette révision à la baisse.
00:07:38Et notamment, l'investissement était prévu à 1,3 point de croissance
00:07:42dans le document initial.
00:07:45Non, pardon, il était prévu à 2,6 de croissance
00:07:49et il est révisé à 0,1.
00:07:51Non, pardon, je me perds dans la lecture de mon tableau.
00:07:53C'est bien ça ?
00:07:54C'est vrai.
00:07:54OK.
00:07:55Il est révisé à 0,1 et ce qui explique aussi le ralentissement.
00:07:58Donc pour donner l'image globale,
00:08:00c'est d'abord un ralentissement importé,
00:08:02mais également des éléments d'optimisme
00:08:04que nous avions soulignés dans les avis précédents.
00:08:07Et donc, au regard des informations dont on dispose sur la fin d'année,
00:08:11la prévision de croissance nous paraît plausible.
00:08:14Elle est encore entourée d'incertitudes
00:08:17dans un contexte économique particulièrement mouvant
00:08:19et notamment concernant les prix de l'énergie,
00:08:22très légèrement au-dessus des autres prévisions
00:08:24qui sont plutôt à 0,4,
00:08:25mais on est plutôt dans l'ordre de grandeur de la précision.
00:08:29C'est donc le premier constat.
00:08:30Le deuxième constat concerne les finances publiques
00:08:34et la prévision de finances publiques.
00:08:39Le déficit prévu pour 2026 a été revu à la baisse de 0,4 points
00:08:45et donc est désormais prévu à 5,4,
00:08:49alors qu'en loi de finances initiale,
00:08:51il était prévu à 5 points de PIB de déficit.
00:08:55Cette hausse du déficit prévu peut se décomposer
00:08:58en deux moitiés à peu près égales,
00:09:00une diminution d'un peu moins de 5 milliards des recettes publiques
00:09:03et une augmentation d'un peu plus de 5 milliards des dépenses publiques.
00:09:07Je vais commencer par expliquer la diminution des recettes publiques.
00:09:13La principale explication de cette diminution des recettes,
00:09:17c'est la diminution de l'activité,
00:09:18la conséquence de la diminution de la croissance.
00:09:20Moins d'assiettes, donc moins de recettes.
00:09:23Mais il y a également un certain nombre de révisions
00:09:26qui ont été apportées par rapport aux recettes prévues,
00:09:31des révisions à la baisse,
00:09:32un certain nombre de mesures nouvelles
00:09:35n'ont pas complètement rapporté ce qui était attendu
00:09:38et un certain nombre de révisions à la hausse.
00:09:40Il y a notamment le rendement de la mesure de gel
00:09:44des exonérations de cotisations employeurs
00:09:46qui a été révisé à la hausse.
00:09:47Et tout ensemble, cette évolution de recettes,
00:09:50donc d'abord expliquée par un ralentissement
00:09:52de l'activité économique,
00:09:54fait un moins 5 milliards.
00:09:56Du côté des dépenses publiques,
00:09:58donc plus 5,6 milliards,
00:10:00et même encore un peu plus
00:10:01si on examine la dépense hors crédit d'impôt,
00:10:05la principale augmentation des dépenses
00:10:07s'explique par la hausse des taux d'intérêt
00:10:09auxquels nous avons dû faire face.
00:10:11Et donc on a plus 4,5 milliards
00:10:13d'augmentation des taux d'intérêt
00:10:15qui constituent le gros de ce plus 5,6 milliards.
00:10:19On a aussi quelques dépenses
00:10:20qui sont liées au ralentissement de la conjoncture,
00:10:23notamment des dépenses d'assurance chômage,
00:10:25à la fin en exécution
00:10:25et dans ce qui a pu être appliqué.
00:10:28Et puis l'avis du Haut Conseil souligne
00:10:30qu'il y a eu des mesures de contrôle de la dépense
00:10:33qui ont été prises en gestion, en exécution,
00:10:35des mesures de contrôle
00:10:36qui n'ont pas entièrement contrebalancé
00:10:38la hausse des dépenses liées aux taux d'intérêt,
00:10:40mais qui ont tout de même freiné la dépense
00:10:42et qui font que, par exemple,
00:10:44il y a eu une légère sous-exécution
00:10:45à la fois du côté de l'État,
00:10:47de la sécurité sociale
00:10:48et un peu plus marquée,
00:10:502 milliards du côté des collectivités locales.
00:10:52Donc tout ça ensemble
00:10:53donne un excès de dépense de 5,6 milliards
00:10:56qui aurait pu être plus élevé
00:10:57sans ces mesures en gestion.
00:10:59J'en arrive au troisième point,
00:11:00du coup, la position de la France
00:11:02par rapport à ses engagements européens.
00:11:07La France s'est engagée
00:11:11dans les procédures récentes
00:11:12et dans la révision des procédures
00:11:14de l'Union européenne
00:11:15à suivre une trajectoire
00:11:17qu'on appelle la trajectoire de dépense nette,
00:11:19qu'on appelait aussi dépense primaire nette,
00:11:22qui est un indicateur
00:11:23dans les nouvelles procédures
00:11:25de la Commission européenne,
00:11:27un indicateur un peu spécifique
00:11:28puisqu'il compte hors charge d'intérêt
00:11:32qui peuvent fluctuer
00:11:33et sur lesquelles on n'a pas de contrôle,
00:11:35l'évolution des dépenses primaires,
00:11:40purger donc de la charge d'intérêt,
00:11:42de l'aspect conjoncturel
00:11:44de l'assurance chômage
00:11:45qui peut être lié au cycle
00:11:47et corriger des mesures nouvelles
00:11:49en prélèvement obligatoire.
00:11:50Donc ça s'appelle dépense nette,
00:11:52mais en fait,
00:11:52c'est le seul de l'évolution des dépenses
00:11:54et des mesures nouvelles
00:11:55en prélèvement obligatoire.
00:11:56C'est sur cet indicateur
00:11:58que la France est suivie
00:11:59à la fois sur un plafond annuel
00:12:01et sur un plafond pluriannuel.
00:12:03Les chiffres du gouvernement
00:12:05nous indiquent
00:12:06qu'on serait en léger dépassement
00:12:09sur l'année 2026
00:12:11avec une augmentation des dépenses
00:12:13nettes de 1,4 points
00:12:14par rapport à 2025
00:12:15alors que le plafond recommandé
00:12:17par le Conseil européen
00:12:18est de 1,2 points.
00:12:21Le Haut Conseil rappelle
00:12:23que c'est une dépense
00:12:24qui est pilotable
00:12:24à la fois en loi initiale
00:12:26mais aussi, comme ça a été un peu le cas
00:12:28en cours d'exercice,
00:12:29pour préciser un peu l'analyse
00:12:31de ce dépassement,
00:12:33ce dépassement est inférieur
00:12:36à la marge d'erreur
00:12:37qui est recommandée par le Conseil.
00:12:40Voilà, j'en ai fini pour 2026
00:12:42et je rends la parole
00:12:42à Madame la Présidente.
00:12:44Merci beaucoup, Mickaël.
00:12:46Avant d'entrer dans le détail
00:12:47de l'appréciation
00:12:48du scénario macroéconomique,
00:12:49effectivement,
00:12:50je voudrais revenir
00:12:51sur les éléments
00:12:52particulièrement forts
00:12:53à l'année d'incertitude.
00:12:54Il y a trois niveaux d'incertitude.
00:12:56Il y a la première incertitude
00:12:57qui est internationale
00:12:58du fait des évolutions
00:12:59du conflit au Moyen-Orient
00:13:00dont la durée
00:13:01et les conséquences
00:13:02sont très difficiles
00:13:03à anticiper.
00:13:04Le scénario du gouvernement
00:13:06repose sur l'hypothèse
00:13:07d'une désescalade rapide
00:13:08du conflit
00:13:08au Proche et au Moyen-Orient
00:13:09et la réouverture
00:13:11du détroit d'Ormouz,
00:13:12ce qui permettrait
00:13:13une détente des prix
00:13:13du gaz et du pétrole.
00:13:15L'hypothèse du gouvernement,
00:13:16c'est un prix moyen
00:13:17du Brent
00:13:17de 88 dollars
00:13:18en moyenne en 2026
00:13:20puis 80 dollars
00:13:21en moyenne en 2027.
00:13:23Au vu des dernières évolutions
00:13:25du marché de l'énergie,
00:13:27à ce stade,
00:13:28les anticipations
00:13:29font monter
00:13:30la moyenne attendue
00:13:31du prix du Brent
00:13:32à 86 dollars
00:13:33en moyenne en 2027
00:13:34donc qui se compare
00:13:36au fameux 80 dollars
00:13:38du PLF 2027
00:13:40tel que le présente
00:13:41le gouvernement.
00:13:42Et on pourra revenir
00:13:43dans les questions
00:13:44évidemment
00:13:44sur les impacts
00:13:45macroéconomiques
00:13:47mécaniques
00:13:47ou en tout cas
00:13:48supposés
00:13:49de cet écart.
00:13:50Deuxième incertitude,
00:13:52c'est l'incertitude géopolitique
00:13:53donc ça on l'a vu
00:13:54qui maintenant
00:13:55se coupe à une incertitude
00:13:56financière
00:13:57avec un environnement
00:13:58financier
00:13:58qui s'est sensiblement
00:13:59durci au mois de septembre
00:14:00avec à la fois
00:14:02et en fait trois facteurs
00:14:03une anticipation
00:14:04de nouvelle hausse
00:14:04de taux directeurs
00:14:05des banques centrales
00:14:06puisque un certain nombre
00:14:07d'acteurs
00:14:07anticipent une moins
00:14:09grande facilité
00:14:10à tenir les encres
00:14:11d'inflation.
00:14:12Deuxième facteur,
00:14:13c'est une hausse
00:14:14du coup des taux
00:14:15d'emprunt
00:14:15de tous les États
00:14:16du monde développé
00:14:18et même dans le monde entier.
00:14:19Et un troisième facteur,
00:14:21c'est la hausse
00:14:21de la prime de risque
00:14:22attachée à la dette française
00:14:23qui se caractérise
00:14:23notamment par le suivi
00:14:24du spread,
00:14:25la différence entre
00:14:26le taux allemand
00:14:26et le taux français.
00:14:28Le scénario du gouvernement
00:14:29repose sur un taux
00:14:30d'émission souverain
00:14:30à 10 ans
00:14:31qui serait de 4,3%
00:14:33fin 2027
00:14:34mais vous le savez,
00:14:36nous sommes actuellement
00:14:37bien au-dessus
00:14:37sur le marché primaire
00:14:38avec une très forte volatilité
00:14:39quand même,
00:14:40on l'observe
00:14:40d'une semaine à l'autre.
00:14:42Troisième niveau d'incertitude,
00:14:44c'est notre contexte national
00:14:46puisque à l'incertitude
00:14:47qui entoure
00:14:47l'adoption du budget
00:14:48au Parlement,
00:14:50ça joue cette année
00:14:50une incertitude
00:14:51plus inhabituelle
00:14:52puisque dans les éléments
00:14:53dont nous avons été saisis,
00:14:54le contour de plusieurs mesures
00:14:56reste ouvert,
00:14:57c'est-à-dire que
00:14:58dans de très nombreux cas,
00:14:59que ce soit sur
00:14:59les indemnités journalières,
00:15:00l'allocation de rentrée scolaire,
00:15:02la prime d'activité
00:15:03ou encore
00:15:03les mesures retraites,
00:15:04le gouvernement annonce
00:15:06un chiffre de rendement attendu
00:15:07et en fait
00:15:09ouvre la possibilité
00:15:10que les mesures
00:15:11pour atteindre ce rendement
00:15:12soient définies
00:15:13au fond par le Parlement
00:15:14ou ultérieurement
00:15:15notamment par des mesures
00:15:16réglementaires
00:15:17qui seraient le fruit
00:15:18de négociations paritaires.
00:15:20Pour le Haut Conseil,
00:15:21cette situation complique
00:15:22l'appréciation du scénario
00:15:23de finances publiques
00:15:24mais aussi l'appréciation
00:15:25du scénario macroéconomique
00:15:26puisqu'on le sait,
00:15:28les effets sur l'activité
00:15:30dépendent sensiblement
00:15:31du type de mesures retenues.
00:15:33Pour parler en termes techniques,
00:15:34le multiplicateur budgétaire
00:15:35n'est pas le même
00:15:37selon les mesures choisies.
00:15:38On peut prendre des exemples
00:15:39si vous souhaitez
00:15:40aussi dans les questions.
00:15:41Donc une fois qu'on a posé
00:15:42ce triple contexte
00:15:44d'incertitude,
00:15:45le Haut Conseil considère
00:15:47à l'aune de ces éléments
00:15:48que le chiffre de croissance
00:15:50de 1%
00:15:50retenu par le gouvernement
00:15:52pour 2027
00:15:53est optimiste
00:15:53au regard des dernières évolutions.
00:15:55L'hypothèse est en effet
00:15:56un peu supérieure
00:15:57à celle des autres prévisionnistes.
00:15:59En septembre,
00:16:00le consensus
00:16:01était à 0,8%
00:16:02de croissance
00:16:03pour 2027.
00:16:04L'OFCE et Réxécode
00:16:05étaient à 0,7%
00:16:06et la Banque de France
00:16:07à 0,9%.
00:16:08De plus,
00:16:09par rapport
00:16:10à l'ensemble
00:16:10de ces prévisions,
00:16:11l'effort budgétaire
00:16:12prévu par le gouvernement
00:16:14est supérieur
00:16:15à celui prévu
00:16:16par les autres instituts
00:16:17qui, pour le dire clairement,
00:16:19table sur un déficit
00:16:20qui est plutôt
00:16:20de 5,2%
00:16:22ou 5,3%
00:16:23du PIB.
00:16:24L'effet de frein
00:16:25sur l'activité
00:16:26à court terme
00:16:27du plan proposé
00:16:28par le gouvernement
00:16:28pourrait donc logiquement
00:16:29être un peu plus marqué
00:16:30à cause notamment
00:16:32du net ralentissement
00:16:32envisagé
00:16:33de la demande publique
00:16:34l'an prochain
00:16:34et des effets
00:16:35des hausses de prélèvement.
00:16:36En théorie,
00:16:37cela devrait donc
00:16:38se traduire
00:16:38par une estimation
00:16:39de croissance
00:16:39plus faible
00:16:40que le consensus
00:16:41qui, je le rappelle lui,
00:16:42n'intègre pas
00:16:42un ajustement budgétaire
00:16:43aussi important.
00:16:45En contrepartie
00:16:46de ce frein budgétaire,
00:16:47le scénario
00:16:47dont nous avons été saisis
00:16:48table sur une reprise
00:16:50de la demande intérieure privée
00:16:51plus marquée
00:16:51que dans les autres prévisions.
00:16:52En particulier,
00:16:54au fond,
00:16:55ce que cela montre,
00:16:56c'est qu'il y a
00:16:56un enchaînement
00:16:57plus favorable
00:16:59prévu par le gouvernement
00:17:00que ce qui est prévu
00:17:00par le consensus.
00:17:02Je le dis,
00:17:02la prévision de consommation
00:17:04est à peu près en ligne
00:17:05avec les autres prévisions.
00:17:06En revanche,
00:17:07le Haut Conseil relève
00:17:08de nouveau
00:17:09un degré de volontarisme
00:17:10dans la prévision
00:17:11d'investissement privé
00:17:12qui atteindrait
00:17:131,6% pour les entreprises
00:17:14et 2,5% pour les ménages.
00:17:16Si c'est dans l'ordre du possible,
00:17:18c'est clairement
00:17:18une hypothèse favorable
00:17:19au regard des incertitudes
00:17:21et de l'évolution récente
00:17:23des conditions de financement,
00:17:24une incertitude tenant
00:17:26à la rapidité de diffusion
00:17:28à l'économie réelle
00:17:29de la hausse
00:17:30des taux souverains.
00:17:31De plus,
00:17:32les risques
00:17:32qui entourent
00:17:32la prévision de croissance,
00:17:33vous l'avez dit,
00:17:34M. le Président,
00:17:34sont importants,
00:17:35principalement orientés
00:17:36à la baisse
00:17:37avec l'évolution récente
00:17:38que j'ai signalée
00:17:39en préambule
00:17:40à la fois sur les prix
00:17:41de l'énergie
00:17:41et sur les taux
00:17:42à la fois souverains
00:17:43et ensuite
00:17:44à l'économie réelle.
00:17:47Deuxième évaluation
00:17:47que nous faisons,
00:17:48c'est le scénario
00:17:48de finances publiques.
00:17:49Le scénario du gouvernement
00:17:50prévoit une baisse
00:17:51du déficit
00:17:52à 5% l'an prochain,
00:17:53c'est-à-dire
00:17:54une baisse
00:17:54de 0,4 points de PIB
00:17:56par rapport à 2026.
00:17:58Pour y arriver,
00:17:59le projet comprend
00:17:59d'une part
00:18:00une hausse notable
00:18:02des prélèvements obligatoires
00:18:02de 48 milliards d'euros
00:18:04à décomposer,
00:18:05j'y reviendrai,
00:18:06entre la croissance spontanée
00:18:07et les mesures nouvelles.
00:18:08Avec cette hausse,
00:18:10le taux de prélèvement obligatoire
00:18:11atteindrait 44,2%
00:18:13du PIB en 2027,
00:18:15c'est-à-dire 0,3 points
00:18:16supplémentaires
00:18:16par rapport à 2026,
00:18:17portant la hausse cumulée
00:18:19du taux de prélèvement obligatoire
00:18:20à 1,5 points,
00:18:22entre 2025 et 2027.
00:18:23Si on décompose
00:18:24ces 48 milliards,
00:18:2631 milliards
00:18:26sont liés
00:18:28à la croissance spontanée
00:18:30des prélèvements obligatoires
00:18:30au vu de la croissance.
00:18:33Cette hausse spontanée,
00:18:34ça correspond
00:18:35à 2,3% de croissance,
00:18:37alors que la croissance
00:18:38nominale attendue
00:18:39par le gouvernement
00:18:39est de 2,7% de croissance.
00:18:41L'élasticité sous-jacente
00:18:43est donc attendue
00:18:44en dessous de l'unité.
00:18:45Elle nous semble,
00:18:46à ce titre,
00:18:47cohérente
00:18:48avec le scénario économique,
00:18:49puisqu'une élasticité
00:18:49à 0,8 points
00:18:51est une élasticité
00:18:52que nous considérons
00:18:53comme, au fond,
00:18:54plutôt prudente.
00:18:55Toutefois,
00:18:56comme les hypothèses économiques,
00:18:57je l'ai dit,
00:18:58sont optimistes
00:18:59au regard des dernières évolutions,
00:19:00les recettes spontanées
00:19:01pourraient être donc
00:19:02moins élevées
00:19:03que ce qui est annoncé.
00:19:05Donc,
00:19:05les 31 milliards
00:19:05font preuve
00:19:08d'une forme
00:19:08d'aléas
00:19:09à la baisse.
00:19:10Par ailleurs,
00:19:11au-là de ces 31 milliards
00:19:12spontanés,
00:19:13s'ajoutent 17 milliards
00:19:14nets de mesures nouvelles
00:19:15qui sont la conséquence
00:19:17de moindres allègements généraux,
00:19:20quelques hausses
00:19:20de cotisations sociales
00:19:21et un certain nombre
00:19:22de mesures
00:19:22de réduction diverse
00:19:23de dispositifs fiscaux
00:19:24et sociaux favorables.
00:19:26Ici se situe pour nous
00:19:27un deuxième bémol
00:19:28dans cette prévision de recettes
00:19:29puisque,
00:19:30à la différence
00:19:30de l'appréciation
00:19:31de la prévision
00:19:31d'évolution spontanée
00:19:32des recettes,
00:19:33que nous avons pu regarder
00:19:34évidemment en détail,
00:19:35notre Haut Conseil
00:19:36n'est pas en capacité
00:19:37d'apprécier finement
00:19:38les chiffrages avancés
00:19:39par les mesures nouvelles.
00:19:41En effet,
00:19:41nous avons peu de temps
00:19:42et nous avons
00:19:43une documentation limitée
00:19:44puisque nous n'avons
00:19:45que les tableaux de rendement,
00:19:47nous n'avons pas
00:19:47les articles en lettres,
00:19:49nous n'avons pas
00:19:49les articles du PLF
00:19:50tels que notamment
00:19:51en dispose
00:19:52le Conseil d'État
00:19:53pour apprécier finement
00:19:54les mesures.
00:19:55Maintenant,
00:19:55vous les avez
00:19:55puisque le projet
00:19:57de loi de finances
00:19:57a été déposé.
00:19:58Quand nous avons rendu
00:19:59notre avis,
00:19:59il y a ça une dizaine de jours,
00:20:00nous n'avions pas ce détail.
00:20:03Si l'on va maintenant
00:20:03du côté des dépenses,
00:20:05l'évolution prévue
00:20:06de toutes les dépenses
00:20:07est de 0,6% en volume,
00:20:09c'est-à-dire 2,3% en valeur,
00:20:11soit 41 milliards.
00:20:12C'est une hausse modérée.
00:20:15Modérée parce qu'elle est inférieure
00:20:16à la croissance potentielle
00:20:17qui reste de 1,2%.
00:20:18C'est donc un effort en dépenses,
00:20:21je reviendrai,
00:20:22que nous considérons
00:20:23comme important.
00:20:24C'est aussi une hausse modérée
00:20:25parce qu'elle est inférieure
00:20:26à la croissance effective
00:20:27prévue par le gouvernement.
00:20:280,6% en volume,
00:20:29là où le gouvernement
00:20:30prévoit une hausse
00:20:31en volume du PIB
00:20:33de 1%.
00:20:34Cela conduit donc
00:20:36dans le scénario du gouvernement
00:20:37à un léger repli
00:20:38du ratio de dépenses
00:20:39par rapport au PIB
00:20:40après trois années de hausse.
00:20:41Pour arriver à ces résultats,
00:20:43le gouvernement propose
00:20:44d'abord de nombreuses mesures
00:20:45sur l'État,
00:20:46partiellement documentées
00:20:47au moment de la saisine,
00:20:49notamment un gel du point d'indice
00:20:50dans la fonction publique,
00:20:51propose de limiter
00:20:53la hausse des recettes
00:20:54de fonctionnement
00:20:55des collectivités
00:20:56et propose plusieurs mesures
00:20:59importantes dans le champ social,
00:21:01que ce soit les mesures
00:21:03sur les retraites
00:21:04avec un gel des pensions
00:21:07sauf les plus basses,
00:21:08avec des mesures
00:21:09qui visent à freiner
00:21:10la dynamique des prestations
00:21:10familiales et solidarité
00:21:11et des mesures
00:21:12qui concernent
00:21:13les arrêts maladie
00:21:13et les prix des produits
00:21:14de santé.
00:21:16Un élément important,
00:21:17c'est qu'après prise en compte
00:21:19de toutes ces mesures d'économie,
00:21:20si le budget était adopté
00:21:23en l'État,
00:21:24tel qu'il vous a été proposé
00:21:26par le gouvernement,
00:21:27il reste de très forts postes
00:21:29qui ont une dynamique
00:21:30de dépenses importante.
00:21:32D'abord,
00:21:32la charge d'intérêt
00:21:33qui augmenterait
00:21:34de 12 milliards d'euros
00:21:36entre 2026 et 2027.
00:21:38Ensuite,
00:21:39les prestations de retraite
00:21:40qui,
00:21:41après application
00:21:42des mesures
00:21:42de sous-indexation
00:21:43proposées par le gouvernement,
00:21:45continueraient d'augmenter
00:21:45de 9 milliards d'euros
00:21:47par effet démographique
00:21:49et les effets de revenus
00:21:50que les nouveaux retraités
00:21:52ont des pensions supérieures
00:21:53aux retraités
00:21:54qui malheureusement décèdent.
00:21:56Vous avez ensuite
00:21:57une hausse des dépenses
00:21:58de défense
00:21:59de 6,5 milliards d'euros
00:22:00et une hausse
00:22:02des dépenses de santé
00:22:02avec un non-d'âme
00:22:04tenu en croissance
00:22:05à seulement,
00:22:06j'allais dire,
00:22:062% par rapport
00:22:07à un tendanciel
00:22:08de 3,5
00:22:08qui continueraient
00:22:09d'augmenter
00:22:09de 5,5 milliards d'euros.
00:22:11Dans la proposition
00:22:12du gouvernement,
00:22:13les crédits ministériels
00:22:15hors défense
00:22:15sont stables,
00:22:16c'est le fameux
00:22:17zéro valeur.
00:22:18Les dépenses
00:22:19et collectivités
00:22:19sont contenues
00:22:20à plus 1 milliard d'euros,
00:22:21qui est la combinaison
00:22:22à la fois
00:22:23d'une baisse
00:22:23des dépenses
00:22:23d'investissement
00:22:24et une hausse
00:22:26des dépenses
00:22:27de fonctionnement
00:22:27qui est ramenée
00:22:28à la limite
00:22:29de la croissance
00:22:29de l'inflation,
00:22:30donc du zéro volume
00:22:31sur les dépenses
00:22:32de fonctionnement
00:22:32des collectivités.
00:22:34Au total,
00:22:35l'objectif qui est présenté
00:22:36nous semble atteignable,
00:22:38mais à la condition forte
00:22:39que l'ensemble
00:22:40des économies proposées
00:22:41soient réalisées
00:22:41ou que si les mesures
00:22:43proposées ne sont pas retenues,
00:22:45des mesures de rendement
00:22:46équivalentes soient proposées.
00:22:47Au total,
00:22:48le Haut Conseil estime
00:22:49que la prévision
00:22:50de soldes publics
00:22:51pour 2027
00:22:51est exposée
00:22:52aux risques
00:22:52soulignés
00:22:53par le Sénat économique
00:22:54et aux incertitudes
00:22:55relatives
00:22:56au rendement des mesures.
00:22:57De plus,
00:22:58l'application des mesures
00:22:59en dépenses
00:22:59comme en recettes
00:23:00et donc la prévision
00:23:01de soldes publics
00:23:02sont subordonnées
00:23:03à l'adoption
00:23:04des lois financières
00:23:05et subordonnées
00:23:06à l'adoption
00:23:07des dispositifs
00:23:08réglementaires
00:23:09qui,
00:23:10si évidemment
00:23:11toutes ces dispositions
00:23:12ne sont pas adoptées,
00:23:13remettraient en question
00:23:14l'équilibre financier prévu
00:23:15et qui, pour être maintenu,
00:23:17je le répète,
00:23:18ne peut appeler
00:23:18qu'à remplacer
00:23:19les mesures prévues
00:23:20non adoptées
00:23:21par d'autres
00:23:21de rendement équivalent.
00:23:23Avant de conclure,
00:23:24je voudrais insister
00:23:25sur un point essentiel.
00:23:26L'effort budgétaire
00:23:27prévu pour 2027
00:23:29est, pour le Haut Conseil
00:23:30des finances publiques,
00:23:31un effort substantiel.
00:23:32Mais le point
00:23:33le plus important,
00:23:34c'est que cet effort
00:23:35conséquent
00:23:35ne se traduit pas
00:23:37par une réduction
00:23:38aussi forte
00:23:38que désirée
00:23:39du déficit final
00:23:40puisque la charge
00:23:41d'intérêt augmente
00:23:42et absorbe
00:23:43une très grande partie
00:23:44de l'effort.
00:23:45Dit autrement,
00:23:46nous avons un déficit
00:23:47primaire au plus bas
00:23:48depuis 2019
00:23:49et pourtant,
00:23:51nous avons un déficit
00:23:52final qui reste
00:23:53un déficit
00:23:54de temps de crise
00:23:54alors que nous ne sommes
00:23:55pas dans une crise
00:23:56ni macroéconomique
00:23:57majeure
00:23:58ni sanitaire.
00:23:59Pourquoi dire
00:24:00que l'effort
00:24:01prévu pour 2027
00:24:02est important
00:24:03aux yeux du Haut Conseil
00:24:04des finances publiques ?
00:24:05D'abord parce que
00:24:06si on regarde
00:24:07l'effort structurel
00:24:08hors charge d'intérêt,
00:24:09il est proche
00:24:10de 40 milliards,
00:24:1117 milliards en recettes,
00:24:1323 milliards en dépenses.
00:24:15Mais quand on applique
00:24:16à cet effort en dépenses
00:24:17l'effet
00:24:18de la charge d'intérêt,
00:24:20il ne reste plus
00:24:21que 17 milliards
00:24:22en recettes
00:24:22et 11 milliards d'euros
00:24:24en dépenses,
00:24:24c'est-à-dire 28 milliards.
00:24:27Cet effort par ailleurs
00:24:28nous semble important
00:24:28puisqu'il permettrait
00:24:29pour notre pays
00:24:31de respecter
00:24:32la trajectoire européenne
00:24:33de dépenses nettes
00:24:34puisque avec les mesures
00:24:35proposées,
00:24:36la progression
00:24:37des dépenses nettes
00:24:37se limiterait
00:24:38à 0,7 %,
00:24:39largement sous le plafond
00:24:40annuel recommandé
00:24:41de 1,2 %.
00:24:42Et pour répondre
00:24:43à votre question,
00:24:44pourquoi nous sommes
00:24:45apparemment
00:24:46si en dessous
00:24:47de la cible ?
00:24:48Parce que ce sont
00:24:48des dépenses primaires
00:24:49nettes qui sont regardées,
00:24:51là où notre dépense
00:24:51intègre ensuite
00:24:52la charge d'intérêt
00:24:53et donc évidemment
00:24:54l'effet sur la dépense
00:24:56totale est plus important,
00:24:58d'où le fait
00:24:59que le déficit final
00:24:59se réduise moins
00:25:00que désiré.
00:25:02Toutefois,
00:25:03je l'indique aussi,
00:25:04un autre effet
00:25:05qui joue
00:25:05dans la non-réduction
00:25:07aussi forte
00:25:08que désirée
00:25:09du déficit final,
00:25:10c'est le rythme
00:25:11de croissance,
00:25:12les effets
00:25:13d'élasticité
00:25:14puisqu'on a
00:25:14une élasticité
00:25:15inférieure à 1,
00:25:17l'effet également
00:25:18des recettes
00:25:18hors prélèvement
00:25:19obligatoire,
00:25:20on pourrait revenir
00:25:20à un élément nouveau,
00:25:22les recettes
00:25:23hors prélèvement
00:25:23obligatoire
00:25:24représentent désormais
00:25:24près de 250 milliards
00:25:26d'euros,
00:25:26or ces recettes
00:25:27sont plus volatiles
00:25:28et donc selon les années
00:25:30jouent parfois
00:25:32de manière
00:25:32assez fortement négative.
00:25:34Mais le point négatif
00:25:35et je conclurai là,
00:25:36le plus lourd
00:25:37est bien celui
00:25:38de la hausse
00:25:38des intérêts
00:25:39de la dette
00:25:39qui progresse
00:25:40de manière continue
00:25:41depuis plusieurs années.
00:25:42La dynamique
00:25:43est d'autant plus préoccupante
00:25:44que les conditions financières
00:25:45ont profondément changé.
00:25:46Les taux auxquels
00:25:47la France refinance
00:25:48sa dette
00:25:48et finance ses nouveaux déficits
00:25:49sont désormais
00:25:50supérieurs à la croissance.
00:25:51Vous avez un certain nombre
00:25:52de graphiques notamment
00:25:53sur les taux réels
00:25:54que nous pourrons
00:25:55regarder en détail
00:25:56et les emprunts anciens
00:25:58contractés à des taux faibles
00:25:59sont peu à peu
00:26:00remplacés par des emprunts
00:26:01plus coûteux.
00:26:02Même si les taux de marché
00:26:04stabilisait,
00:26:05la charge d'intérêt
00:26:05continuerait d'augmenter
00:26:06dans les prochaines années
00:26:07et l'effet
00:26:08du boule de neige
00:26:09de la dette
00:26:09qui a longtemps été contenu
00:26:11par des taux d'intérêt
00:26:11très faibles
00:26:12joue désormais
00:26:13dans un sens défavorable.
00:26:16Stabiliser la dette
00:26:17exige donc aujourd'hui
00:26:18davantage d'efforts
00:26:19qu'hier.
00:26:20Ainsi,
00:26:20chaque hausse
00:26:21de 10 points de base
00:26:22supplémentaires de taux
00:26:23amène dans la durée
00:26:24à 4 milliards
00:26:25d'excédents primaires
00:26:27nécessaires à terme
00:26:28de plus
00:26:29pour stabiliser la dette.
00:26:30C'est le graphique
00:26:31que vous avez devant vous.
00:26:32Là, on n'a pas pris
00:26:3310 points de base,
00:26:34on a pris 100 points de base.
00:26:35Vous avez à terme
00:26:37une hausse
00:26:37de près de 40 milliards
00:26:38d'achats d'intérêt
00:26:39mécaniquement.
00:26:40C'est le graphique
00:26:41qui est également présent
00:26:42dans la vie.
00:26:44La conséquence
00:26:44de tout cela,
00:26:45c'est que la dette
00:26:46continue d'augmenter
00:26:47très rapidement.
00:26:48Le ratio de dette
00:26:48augmenterait
00:26:49pour atteindre
00:26:51donc 3,5 points
00:26:53de plus en 2026
00:26:54par rapport à 2025
00:26:55puis de nouveau
00:26:562,5 points de plus
00:26:57en 2027
00:26:58pour atteindre
00:26:59122% du PIB.
00:27:01Au-delà de 2027,
00:27:02même si nous n'avons pas
00:27:03été saisis
00:27:04sur une nouvelle trajectoire
00:27:04pluriannuelle
00:27:05et je veux insister
00:27:05sur ce point,
00:27:06le gouvernement
00:27:07maintient l'objectif
00:27:08de ramener le déficit
00:27:09sous 3% de PIB
00:27:10en 2029
00:27:10mais les retards
00:27:12accumulés
00:27:12dans le redressement
00:27:12des comptes
00:27:13rendent cet objectif
00:27:14de plus en plus difficile
00:27:14à atteindre.
00:27:16Plus l'ajustement
00:27:16est différé,
00:27:17plus l'effort restant
00:27:18à accomplir
00:27:18les années suivantes
00:27:19devient important.
00:27:20C'est pourquoi
00:27:21il est donc essentiel
00:27:22M. le Président
00:27:23m'a interrogé
00:27:24sur ce sujet
00:27:24que l'effort
00:27:26prévu en 2027
00:27:27soit intégralement réalisé.
00:27:28Il reste impératif
00:27:30de respecter strictement
00:27:31la trajectoire
00:27:31de dépense nette
00:27:32sur laquelle la France
00:27:33est engagée
00:27:33au niveau européen.
00:27:34Il en va de notre capacité
00:27:36à reprendre le contrôle
00:27:37de la dette
00:27:37et à préserver
00:27:38notre souveraineté financière.
00:27:40Ce n'est donc plus
00:27:40un problème pour demain
00:27:41mais bien pour aujourd'hui.
00:27:42Je conclurai donc
00:27:43avec le message
00:27:44final du Haut Conseil.
00:27:46Compte tenu
00:27:47de la situation
00:27:47particulièrement dégradée
00:27:48de nos finances publiques,
00:27:49l'objectif de 5%
00:27:50de déficit en 2027
00:27:51constitue donc bien
00:27:52un minimum
00:27:52à atteindre à court terme.
00:27:54Je vous remercie.
00:27:59Merci à tous les deux.
00:28:00Je vais céder la parole
00:28:02à Mme le rapporteur général.
00:28:04Oui, merci M. le Président.
00:28:07Pour revenir peut-être
00:28:08sur l'année 2026
00:28:09et donc des questions
00:28:10pour M. Zemmour,
00:28:12sur la page 3,
00:28:13vous nous avez présenté
00:28:15les écarts
00:28:16qui résultent
00:28:17pour partie
00:28:18de la dégradation macro
00:28:19et ensuite
00:28:20des erreurs
00:28:22de prévision initiale
00:28:23du gouvernement.
00:28:23Il y a notamment
00:28:25une baisse très forte
00:28:26sur l'investissement
00:28:26des entreprises.
00:28:28Vous semblez l'avoir présenté
00:28:29que comme une erreur
00:28:30d'anticipation.
00:28:32Est-ce qu'il n'y a pas
00:28:33à l'intérieur aussi
00:28:33une part de macro ?
00:28:34C'est-à-dire que les entreprises
00:28:35ont changé
00:28:36de leur comportement
00:28:36pendant l'année.
00:28:37Est-ce que vous seriez
00:28:38capable de dissocier
00:28:40la part des deux effets,
00:28:41l'effet anticipation
00:28:42et l'effet macro ?
00:28:46Sur l'année 2026 aussi,
00:28:48vous nous avez dit
00:28:50qu'il existe encore
00:28:51des aléas
00:28:52sur le respect
00:28:53des plafonds
00:28:54d'évolution
00:28:55de la dépense nette.
00:28:56Est-ce que vous pouvez
00:28:57nous en citer certains ?
00:28:58Et alors là,
00:29:00c'est plus un avis,
00:29:01mais est-ce que vous pensez
00:29:02qu'à un moment,
00:29:03les instances européennes
00:29:05vont appliquer
00:29:05les règles en fait
00:29:07coercitives
00:29:07qui sont prévues ?
00:29:09Je regarde ma collègue
00:29:10Florence Blatrix
00:29:11avec laquelle on travaille
00:29:12beaucoup sur ces questions-là
00:29:13à la Commission
00:29:14des affaires européennes.
00:29:16Sur l'année 2027,
00:29:18donc ce sera des questions
00:29:19pour la présidente.
00:29:21Peut-être que vous nous avez
00:29:22suggéré la question,
00:29:23donc je vous invite
00:29:24à y répondre,
00:29:25sur les conséquences macro
00:29:26du coût des évolutions
00:29:27du prix du Brent
00:29:27et ce que ça change
00:29:30sur la prévision
00:29:31du gouvernement.
00:29:33Sur l'année 2027 aussi,
00:29:35sur les prévisions
00:29:36de recettes nouvelles
00:29:36à peu près
00:29:37entre 17 et 18 milliards,
00:29:38suivant si on suit
00:29:39votre scénario
00:29:40ou celui du gouvernement,
00:29:42dans votre avis,
00:29:43vous indiquez
00:29:44que certains rendements
00:29:45vous semblent incertains,
00:29:47alors lesquels,
00:29:48vous avez notamment cité
00:29:49toutes les mesures
00:29:50sur les compléments
00:29:50de salaire,
00:29:51puisqu'il pourrait y avoir
00:29:51une modification
00:29:53de comportement des agents,
00:29:55mais est-ce qu'il y en a
00:29:56d'autres
00:29:56que vous avez identifiés
00:29:58et autour de ces recettes,
00:29:59quelle est la marge
00:30:00d'erreur globale
00:30:01que vous anticipez ?
00:30:04Et enfin,
00:30:04pour finir,
00:30:05là c'est plus une question
00:30:06un peu prospectif
00:30:08pour la suite.
00:30:09Il y a eu de grands débats
00:30:10sur savoir le tendanciel,
00:30:12quels chiffres
00:30:12il fallait retenir,
00:30:13est-ce qu'on doit retenir
00:30:1543 milliards d'efforts
00:30:16chiffres du gouvernement
00:30:17ou 28 milliards d'efforts
00:30:19chiffres du HCFP ?
00:30:22Est-ce que vous pouvez
00:30:23nous expliquer
00:30:24ces écarts de méthode ?
00:30:25Et vous avez aussi suggéré
00:30:27des évolutions
00:30:28au gouvernement,
00:30:31lesquelles sont-elles
00:30:32et pourraient-elles
00:30:33être mises en oeuvre
00:30:34très rapidement ?
00:30:35Les évolutions
00:30:36de méthodes
00:30:37sur le calcul
00:30:37du tendanciel
00:30:38pour prendre une métrique
00:30:39commune en fait ?
00:30:46Merci.
00:30:47Je vais vous laisser répondre
00:30:48à madame le rapporteur général.
00:30:50Je prends les inscriptions
00:30:51pour les collègues
00:30:52qui souhaitent
00:30:53poser une question.
00:31:05Merci, madame la rapporteure générale.
00:31:08Alors, concernant votre question
00:31:10sur l'investissement
00:31:13sur 2026,
00:31:15nous ne sommes pas en mesure
00:31:16de dissocier les deux,
00:31:18mais la raison pour laquelle
00:31:19on a quand même
00:31:20voulu souligner cela,
00:31:21c'est qu'à la fois
00:31:23dans le PLF 2026
00:31:24sur lequel on a été saisi,
00:31:27on n'a pas été saisi,
00:31:28nous, de la LFI,
00:31:29mais aussi au moment
00:31:30du RAA,
00:31:31c'est-à-dire au mois d'avril,
00:31:33dans les deux cas,
00:31:33notre avis avait souligné
00:31:34la prévision
00:31:35comme étant optimiste
00:31:36ou volontariste.
00:31:38Et de fait,
00:31:39notamment au mois d'avril,
00:31:40il y avait quand même
00:31:41beaucoup d'éléments
00:31:41concernant l'évolution
00:31:42de la conjoncture.
00:31:43Il y avait déjà
00:31:44une révision du gouvernement
00:31:45de 2,6 à 1,3
00:31:46pour l'investissement privé.
00:31:48On finit à 0,1
00:31:49et donc on a voulu souligner
00:31:50que cet élément
00:31:51qu'on avait détecté
00:31:53est important,
00:31:54d'autant plus
00:31:54qu'on tient un peu
00:31:55le même raisonnement
00:31:56sur 2027.
00:31:57C'est aussi pour ça
00:31:57qu'on a voulu le souligner.
00:32:00Concernant l'évolution
00:32:01de la dépense nette,
00:32:02alors les aléas
00:32:03en fin d'exécution,
00:32:04l'année n'est pas finie,
00:32:05donc il y a à la fois
00:32:07l'exécution
00:32:07sur les collectivités locales,
00:32:09elles ont plutôt surpris
00:32:10à la baisse
00:32:10sur les mois qu'on a,
00:32:12mais on n'a que 7 mois
00:32:13d'exécution,
00:32:14donc on ne sait pas
00:32:15complètement comment
00:32:16ça va se terminer.
00:32:17Et puis il y a aussi
00:32:18une incertitude
00:32:19sur l'atterrissage
00:32:20en gestion de l'État,
00:32:21c'est-à-dire
00:32:22est-ce qu'il y a
00:32:22des mesures discrétionnaires
00:32:23qui sont prises
00:32:24en fin d'année.
00:32:25Pour l'instant,
00:32:26les informations qu'on a
00:32:26sur les mesures
00:32:28sur le carburant,
00:32:29elles sont déjà incluses,
00:32:30elles ne sont pas
00:32:30d'une ampleur très élevée,
00:32:32mais il y a une incertitude
00:32:33sur cette fin de gestion-là.
00:32:35Concernant l'Union européenne
00:32:37et la trajectoire
00:32:39de dépense nette,
00:32:40pour l'instant,
00:32:41sur l'année 2026,
00:32:42on dépasse légèrement
00:32:44la recommandation du Conseil
00:32:45dans la prévision
00:32:46du gouvernement,
00:32:46à la fois le plafond annuel
00:32:48et le plafond cumulé.
00:32:49Mais on reste en dessous
00:32:51de la marge de tolérance
00:32:52qui est indiquée
00:32:53par l'Union européenne
00:32:54qui est de 0,3 points de PIB
00:32:57puisqu'on l'excèderait
00:32:59de 0,2 points de PIB.
00:33:01Il y a à la fois
00:33:02une petite incertitude
00:33:03sur le mode de calcul
00:33:04parce que c'est une mesure nouvelle
00:33:05et dans les détails
00:33:06ça peut bouger un peu.
00:33:07On est sous la marge de tolérance,
00:33:09donc a priori
00:33:10avec les informations qu'on a
00:33:11et une prévision
00:33:12qui nous paraît plausible
00:33:13pour 2026,
00:33:14il ne devrait pas y avoir
00:33:15de conséquences
00:33:15sur 2026.
00:33:17Sur 2027,
00:33:19les prévisions
00:33:20et l'avis disent
00:33:20que soumises
00:33:21à tous les aléas,
00:33:22pour l'instant,
00:33:23la cible est en dessous
00:33:24du plafond.
00:33:28C'est 0,1.
00:33:30Ah oui,
00:33:310,1 en cumulé,
00:33:32on dépasse de 0,1 en cumulé
00:33:33et de 0,2 en ponctuel.
00:33:35Merci.
00:33:36Merci, madame la rapporteure générale.
00:33:38Pour ce qui est
00:33:39des effets d'élasticité
00:33:40entre les prix de l'énergie
00:33:41et la croissance,
00:33:42je vous rappelle
00:33:43les multiplicateurs
00:33:44qui sont communément admis,
00:33:46alors que c'est la mécanique,
00:33:48ce n'est pas toujours la réalité,
00:33:49mais il est considéré
00:33:50que 10 dollars de plus
00:33:52du prix du pétrole
00:33:53impactent de 0,1 point de PIB
00:33:55la croissance la première année
00:33:56et de 0,1 point supplémentaire
00:33:58l'année suivante
00:33:59si ce prix se maintient
00:34:00au niveau du choc.
00:34:03Donc quand on passerait
00:34:05de 80 à 86 dollars en moyenne
00:34:07au vu des attentes du marché,
00:34:11ça ferait 0,06 point de PIB
00:34:13de croissance en moins
00:34:14la première année
00:34:15et à nouveau 0,06 point de PIB
00:34:17en moins la deuxième année
00:34:18si le prix se stabilise
00:34:20à ce niveau-là.
00:34:21Je vous partage aussi
00:34:22parce qu'elle peut vous intéresser.
00:34:23les élasticités sur les taux
00:34:25non pas seulement
00:34:26en charge d'intérêt
00:34:27mais en croissance.
00:34:28Là aussi,
00:34:29les effets mécaniques,
00:34:30c'est que 100 points de base
00:34:31de plus de taux
00:34:33impactent de 0,15 point de PIB
00:34:34la croissance la première année
00:34:36et de moins 0,25 point de PIB
00:34:38l'année suivante.
00:34:41Donc ça, c'est par rapport
00:34:42aux 4,3 % de taux souverains
00:34:45prévus par le gouvernement
00:34:47fin 27.
00:34:48Si on considère
00:34:49qu'on est finalement
00:34:4950 points de base au-dessus,
00:34:51ça veut dire que ça fait
00:34:520,07 point de PIB
00:34:53de moins la première année
00:34:54de croissance.
00:34:56Sur les recettes,
00:35:00c'est une combinaison,
00:35:01vous m'interrogez plutôt
00:35:02sur les mesures nouvelles.
00:35:05Je signale que dans
00:35:06ces mesures nouvelles,
00:35:07vous avez un certain nombre
00:35:07de mesures qui sont des hausses
00:35:09qui ont une forme
00:35:10de persévérance dans le temps
00:35:11et vous avez des mesures
00:35:13de recettes qui sont des mesures
00:35:14qui ne sont pas réplicables
00:35:15en 28 ou 29
00:35:16parce qu'elles ne peuvent
00:35:17être appliquées qu'une fois.
00:35:19Sur les mesures nouvelles,
00:35:23effectivement,
00:35:23au vu des informations
00:35:24qui nous avaient été transmises
00:35:26au moment où nous avons
00:35:26rendu notre avis,
00:35:27nous n'avons pas les études
00:35:28d'impact,
00:35:28nous n'avons pas les articles
00:35:29en lettres.
00:35:31Il nous semblait que
00:35:32certains chiffrables
00:35:33étaient favorables,
00:35:35notamment sur les compléments
00:35:36salaires dans l'assiette
00:35:37de calcul des allégements généraux
00:35:38puisqu'il est possible
00:35:39que des effets de comportement
00:35:40amènent à une potentielle
00:35:41baisse de l'intéressement
00:35:42et de la participation
00:35:43si les allégements
00:35:43sont moins importants.
00:35:45On n'a pas pu tester
00:35:46finement le rendement.
00:35:48Sur la lutte contre la fraude,
00:35:50le milliard d'euros
00:35:51prévu pour 2027
00:35:52semble plus cohérent,
00:35:53en tout cas plus solide
00:35:54que le milliard et demi
00:35:55de 2026
00:35:55au vu des évolutions
00:35:56qui sont de trois ordres.
00:35:58D'abord,
00:35:59le vote de la loi
00:35:59sur la lutte
00:36:00contre la fraude
00:36:01fiscale et sociale.
00:36:02Par ailleurs,
00:36:04la facturation électronique,
00:36:07un certain nombre de mesures
00:36:08qui sont prises
00:36:08au niveau européen
00:36:09sur les petits colis,
00:36:10notamment,
00:36:11et le mécanisme
00:36:12de régulation des avoirs
00:36:13non déclarés à l'étranger
00:36:14qui, je le rappelle,
00:36:15quand il avait été pratiqué,
00:36:17avait eu des rendements
00:36:17de plusieurs milliards d'euros,
00:36:19près de 6 milliards d'euros
00:36:20sur quatre ans
00:36:22de mémoire,
00:36:23dans ces ordres de grandeur-là.
00:36:25Donc,
00:36:25ça peut avoir un rendement,
00:36:26c'est difficile
00:36:27à prévoir
00:36:28en anticipation.
00:36:30Ensuite,
00:36:30vous vous interrogez
00:36:31sur le point
00:36:31peut-être le plus compliqué
00:36:32qui sont,
00:36:33au fond,
00:36:34à la fin,
00:36:34comment on décrit
00:36:35l'effort
00:36:35de manière cumulée.
00:36:37Il y a deux méthodes.
00:36:39Il y a une méthode
00:36:40par rapport aux tendancielles,
00:36:41je vais revenir,
00:36:42il y a une méthode
00:36:42qui consiste à regarder
00:36:43les mesures en absolu
00:36:44par rapport
00:36:45à l'année précédente.
00:36:47Donc,
00:36:47si on regarde
00:36:48en absolu
00:36:49par rapport
00:36:49à l'année précédente,
00:36:50le total,
00:36:50je le disais,
00:36:51avant un pacte
00:36:52de la charge d'intérêt,
00:36:53c'est 40 milliards d'euros,
00:36:5417 mesures nouvelles
00:36:56en recettes,
00:36:57on en a parlé,
00:36:57et 23 milliards
00:36:58d'efforts structurels
00:37:00primaires en dépenses.
00:37:01Si on prend maintenant
00:37:02par rapport aux tendancielles,
00:37:04qui est une autre façon
00:37:04de compter,
00:37:05pour des raisons,
00:37:07honnêtement,
00:37:08plutôt du hasard,
00:37:09ça pourrait,
00:37:10en fait,
00:37:10être très différent
00:37:11puisque le tendancielle
00:37:12peut amener
00:37:12à des efforts
00:37:13très différents
00:37:13de l'appréciation
00:37:14de l'année à l'autre,
00:37:15mais c'est un hasard.
00:37:17On est du même ordre
00:37:18de grandeur
00:37:19puisqu'on est à 43 milliards
00:37:20d'euros
00:37:21qui se structurent
00:37:22à nos yeux
00:37:23de 18 milliards
00:37:24de mesures en recettes
00:37:26par rapport aux tendancielles
00:37:27et 25 milliards
00:37:28de mesures
00:37:29d'économies en dépenses.
00:37:30Donc,
00:37:31on vous donnera
00:37:31tous les tableaux
00:37:31et d'ailleurs,
00:37:32c'est bien décrit
00:37:32dans l'avis.
00:37:34Ce qui est important
00:37:35à peut-être souligner,
00:37:37c'est que nous avons,
00:37:39nous,
00:37:39au Conseil des finances publiques,
00:37:40une demande forte
00:37:41en méthode
00:37:42qui serait
00:37:43que le gouvernement,
00:37:44comme il l'a demandé
00:37:45en fait au mois de juillet
00:37:46cette année
00:37:46à des économistes extérieurs,
00:37:48qu'il y ait
00:37:49une proposition tendancielle
00:37:50qui soit formulée
00:37:51peut-être au mois de juillet,
00:37:52que nous,
00:37:53au Conseil des finances publiques,
00:37:54puissions contre-expertiser
00:37:56ce scénario
00:37:57à politique inchangée
00:37:58et que nous définissions
00:37:59du coup,
00:38:00pour vous,
00:38:01les parlementaires
00:38:01et pour le débat public,
00:38:03pour nous aussi,
00:38:03au Conseil des finances publiques,
00:38:05un point de départ
00:38:06de compréhension mutuelle
00:38:07de ce que serait
00:38:07le scénario politique inchangée
00:38:09qu'on peut très bien définir
00:38:10en général au mois de juillet.
00:38:12Cet élément
00:38:13d'aller-retour
00:38:13et de clarification
00:38:15de ce que serait
00:38:16le scénario politique
00:38:17inchangée
00:38:18pour que nous ayons
00:38:19un débat plus clair
00:38:20sur les points de référence,
00:38:22aujourd'hui,
00:38:22n'est pas possible
00:38:23dans notre mandat.
00:38:24Je rappelle
00:38:24que le Haut Conseil des finances publiques,
00:38:25aujourd'hui,
00:38:26nous ne sommes appelés
00:38:27qu'à donner des avis
00:38:28sur des saisines
00:38:29de textes budgétaires
00:38:30et que le gouvernement
00:38:32a pris d'habitude
00:38:32de nous saisir
00:38:33sur le rapport annuel d'avancement,
00:38:34ce qui n'est pas
00:38:34a priori,
00:38:35d'ailleurs,
00:38:36dans notre mandat strict.
00:38:37Le gouvernement peut nous saisir,
00:38:38mais il n'en a pas
00:38:39aujourd'hui de l'obligation.
00:38:40Je pense
00:38:40et je serais ravie
00:38:42avec le Haut Conseil
00:38:43et nous y travaillons,
00:38:44d'ailleurs,
00:38:45de vous présenter
00:38:45un certain nombre
00:38:46d'évolutions de méthodes
00:38:47pour que vous,
00:38:48parlementaires,
00:38:49et que le débat public budgétaire
00:38:51dispose de plus d'éléments
00:38:52de points étayés factuels.
00:38:54Je signale aussi,
00:38:55je l'avais annoncé
00:38:56lors de notre conférence annuelle,
00:38:58que j'ai demandé
00:38:59que l'OCDE
00:39:00fasse une revue externe
00:39:01indépendante du fonctionnement
00:39:02et du mandat
00:39:03du Haut Conseil
00:39:04des Finances Publiques français
00:39:05et nous avons nous-mêmes
00:39:06mené à son audition
00:39:07sur les méthodes.
00:39:08Voilà,
00:39:11madame la rapporteure générale,
00:39:13ce que j'ai à vous dire
00:39:14sur vos questions.
00:39:15Merci beaucoup.
00:39:18Merci.
00:39:20Je vais donner la parole
00:39:22aux collègues.
00:39:23J'ai une dizaine d'inscrits.
00:39:25Je vous invite
00:39:26à être efficace
00:39:29et à limiter vos propos
00:39:31à deux minutes maximum,
00:39:32sachant que
00:39:33madame la présidente
00:39:35devra nous quitter
00:39:35à 10h55.
00:39:37Je cède la parole
00:39:38à Grégory Blanc
00:39:38pour commencer
00:39:40et se prépare
00:39:41Vincent Delahaye.
00:39:42Merci, monsieur le président.
00:39:45Merci de cette présentation,
00:39:47madame la présidente.
00:39:48Du Haut Conseil,
00:39:49c'est un constat terrible
00:39:51qui n'est pas nouveau,
00:39:53mais on voit bien
00:39:55que les gouvernements
00:39:56successifs depuis 2024
00:39:58ont laissé filer
00:39:59une situation
00:40:00qui enfonce
00:40:02notre pays.
00:40:05Le sujet central,
00:40:06vous l'avez dit,
00:40:06c'est la croissance.
00:40:07On a une croissance
00:40:08plus faible
00:40:09que nos voisins européens
00:40:09et une croissance aussi
00:40:11plus faible
00:40:12que la hausse des taux
00:40:13d'intérêt
00:40:14avec le risque
00:40:15d'effet boule de neige.
00:40:16Ma question est la suivante
00:40:17concernant l'effort budgétaire
00:40:19à produire
00:40:19et pour éclairer
00:40:21nos débats à venir.
00:40:22Finalement,
00:40:23entre hausse d'impôt
00:40:24et baisse des dépenses,
00:40:26il faudra faire les deux,
00:40:26c'est évident,
00:40:27mais enfin,
00:40:27il s'agit aussi
00:40:29de mesurer
00:40:29les proportions
00:40:30de l'un
00:40:31par rapport à l'autre.
00:40:32Entre hausse d'impôt
00:40:33ciblée,
00:40:34je pense notamment
00:40:34aux niches
00:40:35d'évitement fiscal
00:40:36et baisse de la dépense sociale
00:40:37qui va avoir un impact
00:40:40sur le pouvoir d'achat,
00:40:42quels sont les impacts
00:40:43les plus récessifs
00:40:44finalement
00:40:46de ces leviers
00:40:48ou de ces outils
00:40:49par rapport à la croissance
00:40:50puisque la priorité,
00:40:52je crois que nous sommes
00:40:53tous convaincus ici,
00:40:54c'est bien effectivement
00:40:54d'avoir la croissance
00:40:55la plus élevée possible.
00:40:57Je vous remercie.
00:40:59Merci.
00:40:59La parole est à Vincent Delahaye
00:41:01et se prépare
00:41:02Pascal Chavoldelli.
00:41:02Oui, merci M. le Président.
00:41:05Ma question porte sur l'année 2026
00:41:07pour M. Zemmour
00:41:10sur la répartition de l'effort
00:41:11justement entre les recettes.
00:41:13Alors d'abord,
00:41:14le chiffrage de l'effort.
00:41:15Moi, j'avoue que pour 2027,
00:41:17je suis un peu perdu
00:41:17entre les 40, 43 milliards
00:41:19et 28 milliards.
00:41:21À combien vous chiffrez
00:41:22aujourd'hui l'effort
00:41:23en 2026 général
00:41:26et comment se répartit-il
00:41:28entre recettes et dépenses ?
00:41:29Moi, j'avais compris
00:41:30qu'en 2025,
00:41:31il n'y avait que des recettes
00:41:32sur l'effort.
00:41:33Est-ce que là,
00:41:35comment vous le chiffrez ?
00:41:36Et puis,
00:41:38je voudrais connaître
00:41:39l'impact en 2026
00:41:41du gel de la réforme
00:41:42des retraites.
00:41:43Combien ça apporte ?
00:41:45Combien ça apporte en 2027
00:41:46et combien ça va porter
00:41:47sur les années suivantes ?
00:41:52Merci.
00:41:53Pascal Chavoldelli
00:41:54puis Florence Blatrix-Comtat.
00:41:57Oui, merci à Mme Monchalin
00:42:00et M. Zemmour.
00:42:03Je ne vais poser aussi
00:42:04qu'une question.
00:42:06C'est sur le budget 2027
00:42:07parce qu'en fin de compte,
00:42:08il sanctuarise la politique
00:42:10de l'offre.
00:42:12J'ai même pu voir
00:42:13qu'on réduisait 30 %
00:42:14la surtaxe
00:42:15de l'impôt sur les sociétés
00:42:16des grandes entreprises.
00:42:17C'est dans la synthèse
00:42:18du budget 2027.
00:42:21Le Haut Conseil,
00:42:22est-ce qu'il peut nous dire
00:42:23s'il y a un retour
00:42:23sur investissement
00:42:24par rapport
00:42:25à cette politique
00:42:25de l'offre ?
00:42:27Bon, vous l'avez dit,
00:42:28la croissance 0,5 %.
00:42:30Je vous pose cette question
00:42:32puisque le Sénat,
00:42:32il a chiffré
00:42:33l'aide publique
00:42:34aux entreprises
00:42:34à 211 milliards par an,
00:42:38aides qui ne sont jamais évaluées.
00:42:39Et j'ai pris connaissance
00:42:40que le haut commissaire
00:42:42à la stratégie
00:42:42au plan Clément Beaune,
00:42:44lui,
00:42:44le chiffre à 187 milliards.
00:42:45On ne va pas se disputer
00:42:47sur le chiffrage.
00:42:48Par contre,
00:42:49c'est sur le retour.
00:42:50Là, je vous demande
00:42:51une appréciation.
00:42:53Donc, ma question
00:42:53est très simple.
00:42:55Est-ce que le Haut Conseil
00:42:55considère, oui ou non,
00:42:56qu'il y a une trajectoire crédible
00:42:58de réduction du déficit
00:43:00sans hausse
00:43:01des prélèvements obligatoires ?
00:43:03Et quand je dis
00:43:03les prélèvements obligatoires
00:43:04sur le capital,
00:43:06en net ou en brut ?
00:43:07C'est-à-dire qu'on a
00:43:08le même comportement
00:43:09que le débat
00:43:10qu'on a sur les salaires.
00:43:11Je vous en remercie.
00:43:13Merci.
00:43:14Florence Blatrix-Conta,
00:43:15puis Edwige Diaz.
00:43:18Merci,
00:43:19Monsieur le Président,
00:43:20Madame la Première Présidente,
00:43:21Monsieur Zemmour.
00:43:23Vous avez, en effet,
00:43:26établi que le scénario
00:43:28du gouvernement
00:43:29était fragile
00:43:29à plusieurs égards
00:43:31et évalué
00:43:34des recettes,
00:43:36une évolution
00:43:37des recettes spontanées.
00:43:38Donc, est-ce que cet écart,
00:43:40tout d'abord,
00:43:40comment est-ce que
00:43:41vous avez chiffré
00:43:44la fragilité
00:43:45du scénario
00:43:46à plusieurs égards,
00:43:47baril de Brent,
00:43:48croissance,
00:43:49sur l'évolution
00:43:50des recettes spontanées,
00:43:52donc,
00:43:53qui pourraient être
00:43:54amoindrées ?
00:43:55Ce que vous avez fait,
00:43:56cette évaluation,
00:43:57évidemment,
00:43:57ce qui est extrêmement inquiétant,
00:44:00c'est la fragilité
00:44:01de l'investissement
00:44:03qui risque, lui aussi,
00:44:05d'avoir un effet
00:44:06boule de neige.
00:44:07et je vais partager
00:44:09l'avis de mes collègues
00:44:11qui se sont exprimés
00:44:13précédemment,
00:44:14les mesures
00:44:14d'effort
00:44:16qui reposent
00:44:17principalement
00:44:17sur les classes moyennes,
00:44:20qui sont des classes
00:44:20qui ont une propension
00:44:22à consommer
00:44:23la plus élevée,
00:44:24alors qu'en effet,
00:44:26les plus hauts patrimoines
00:44:27et les plus aisés,
00:44:28les certaines niches fiscales
00:44:31dont on sait
00:44:31qu'elles ont peu d'effets,
00:44:34ne sont pas touchées
00:44:35par ce budget,
00:44:36donc est-ce qu'on n'aura
00:44:38pas un effet récessif
00:44:40par des mesures,
00:44:41des efforts
00:44:42qui touchent
00:44:43principalement
00:44:44les classes moyennes ?
00:44:46Merci,
00:44:47madame Edwige Diaz,
00:44:48puis monsieur
00:44:49Jean-François Husson.
00:44:50Merci,
00:44:51monsieur le président.
00:44:54Le Haut conseil
00:44:55des finances publiques
00:44:55est censé donner
00:44:56des avis basés
00:44:57sur l'indépendance
00:44:58et sur l'impartialité
00:44:59et aussi censé apprécier
00:45:00le réalisme
00:45:01des situations
00:45:02financières et budgétaires.
00:45:04Moi, j'arrive
00:45:05de l'Assemblée nationale,
00:45:06et le 10 février dernier,
00:45:08nous étions avec
00:45:08madame de Montchalin
00:45:09au moment des séances
00:45:11de questions au gouvernement
00:45:11et mon collègue député
00:45:13Rassemblement national du Gard,
00:45:15Johan Gillet,
00:45:16s'était tému
00:45:17de la nomination
00:45:18de madame Montchalin
00:45:19par monsieur le président
00:45:20de la République
00:45:20à la tête
00:45:21de la Cour des comptes.
00:45:22Nous avions estimé
00:45:23qu'on pouvait y voir là
00:45:25une forme de récompense
00:45:27malgré des mauvais résultats
00:45:29affichés.
00:45:30Notre mécontentement
00:45:33s'est traduit
00:45:34puisqu'en tant que membre
00:45:36de la Cour des comptes,
00:45:53ceci étant dit,
00:45:56nous posons un constat
00:45:58qui est partagé par tous,
00:45:59c'est que le déficit
00:46:01qui a été prévu
00:46:01d'année en année
00:46:02n'est jamais respecté,
00:46:04il s'élève à 5,4%
00:46:06du PIB,
00:46:07ce qui est considérable.
00:46:08Les recettes publiques
00:46:09sont très régulièrement
00:46:11surestimées,
00:46:12même si on entend
00:46:13assez peu
00:46:14monsieur le Premier ministre
00:46:15évoquer les 17 milliards
00:46:17d'euros
00:46:17de prélèvements obligatoires
00:46:18qui vont pénaliser
00:46:20les entreprises
00:46:21et les contribuables.
00:46:23Et en matière de constat,
00:46:25on a aussi la surévaluation
00:46:27des dépenses publiques.
00:46:29Donc, moi,
00:46:30ce que je vois là
00:46:31dans le document
00:46:31que vous nous donnez,
00:46:33vous faites quand même
00:46:35preuve d'une certaine
00:46:37euphémisation,
00:46:38d'une certaine prudence.
00:46:39On lit des éléments
00:46:41de langage assez surprenants.
00:46:43Vous dites que la prévision
00:46:45est incertaine,
00:46:46que la croissance
00:46:47est optimiste
00:46:49et que la dépense
00:46:50peut être contenue
00:46:51sous réserve
00:46:52du respect des annonces
00:46:53et tout le monde sait ici
00:46:54que le gouvernement
00:46:54ne respecte jamais
00:46:55ces annonces.
00:46:56Alors, je me demande
00:46:57pourquoi vous utilisez
00:46:58ces termes.
00:46:59Qu'est-ce qui vous empêche
00:47:00de dire que ce budget,
00:47:01les précédents
00:47:02et d'une manière générale
00:47:03les déclarations budgétaires
00:47:04du gouvernement
00:47:05sont insincères ?
00:47:08Merci.
00:47:09Jean-François Husson
00:47:10puis Nathalie Goulet.
00:47:12Oui, merci monsieur le Président.
00:47:14Merci pour la qualité
00:47:16du rapport
00:47:17Madame la Présidente
00:47:19et M. Zemmour.
00:47:20Moi, j'ai un peu une...
00:47:22Je regarde
00:47:23ce que vous dites
00:47:24pour 2027.
00:47:26Je me souviens
00:47:27de ce qui a été dit
00:47:28par le Haut Conseil
00:47:29pour 2026
00:47:30et vous avez,
00:47:31à juste titre,
00:47:32rappelé
00:47:34le périmètre
00:47:35de votre intervention.
00:47:37Je sais que souvent,
00:47:38le Haut Conseil
00:47:39voudrait pouvoir aller plus loin.
00:47:40Je pense qu'il y a aussi
00:47:41le Parlement
00:47:42et qu'il faut
00:47:42qu'il joue tout son rôle.
00:47:44Néanmoins,
00:47:45j'y vois un océan
00:47:48d'incertitude.
00:47:49Et plus que d'habitude,
00:47:52là, par exemple,
00:47:53le déficit,
00:47:54c'est une actualisation plausible
00:47:55avec des aléas significatifs.
00:47:58Vous avez dit vous-même,
00:47:59il faut qu'on voit la méthode
00:48:01parce qu'il nous manque
00:48:02des éléments
00:48:03et on n'avait pas
00:48:04tous les éléments.
00:48:05Aujourd'hui,
00:48:06on pourrait rendre
00:48:06un avis différent.
00:48:07Je pense qu'il y a,
00:48:08on va dire deux choses.
00:48:10Je pense qu'il y a
00:48:10un vrai sujet de méthode,
00:48:12mais les Français,
00:48:14me semble-t-il,
00:48:15y voient assez clair
00:48:16sur l'accumulation
00:48:19des déficits
00:48:19et un peu leur énervement.
00:48:23Je le dis,
00:48:24je pense que je vais traduire
00:48:25dans le langage jeune.
00:48:26Les Français,
00:48:26ils ont le seum
00:48:27parce qu'ils sont énervés
00:48:29par toutes les mesures,
00:48:31les circonvolutions
00:48:32qu'on utilise
00:48:33pour essayer
00:48:35de justifier
00:48:36ce qu'ils voient
00:48:37et comprennent
00:48:38assez rapidement.
00:48:39Est-ce qu'on pourrait
00:48:41faire globalement
00:48:42des efforts
00:48:43pour dire
00:48:45plus simplement,
00:48:46plus directement
00:48:47les choses ?
00:48:48Parce que plus on en ajoute,
00:48:49plus on noie
00:48:51tout le monde.
00:48:53Et je terminerai
00:48:54juste par là.
00:48:55Je me souviens
00:48:56des éléments
00:48:58de discussion
00:48:59avant le budget
00:49:01de la France.
00:49:01On voit le résultat,
00:49:03mais ce n'est pas
00:49:04le débat d'aujourd'hui.
00:49:05Ce n'est pas
00:49:06avec le Haut Conseil.
00:49:07C'est juste
00:49:08pour nous mettre
00:49:08un peu en appétit.
00:49:10Et donc,
00:49:11ces grands dérapages
00:49:14ne justifient pas
00:49:16l'utilisation
00:49:17de nombreux mots
00:49:18pour essayer
00:49:19d'adoucir la douleur.
00:49:21On a aujourd'hui
00:49:22une vérité des prix
00:49:23qu'il va falloir
00:49:25dire
00:49:28avec,
00:49:28comment dirais-je,
00:49:29à la fois calme.
00:49:31Mais les Français
00:49:32ne pourront plus,
00:49:34n'acceptent plus
00:49:35aujourd'hui
00:49:35d'être finalement
00:49:36trahis
00:49:37par des paroles
00:49:38qui ne sont pas conformes
00:49:40aux chiffres
00:49:40et aux actes.
00:49:44Merci.
00:49:46Nathalie Goulet
00:49:47et puis
00:49:47Michel Canevet.
00:49:49Oui, merci,
00:49:49Monsieur le Président.
00:49:51Ces dernières années,
00:49:53notre commission
00:49:54a été un peu échaudée
00:49:55pour tout dire,
00:49:57a eu quelques problèmes
00:49:58de confiance
00:49:59avec les chiffres
00:50:01annoncés
00:50:02ici ou là.
00:50:02Mais nous ne sommes
00:50:03pas les seuls.
00:50:04Les acheteurs,
00:50:05notamment de notre dette,
00:50:07exigent aujourd'hui
00:50:08des primes de risque
00:50:10beaucoup plus élevées
00:50:11compte tenu
00:50:11du climat général.
00:50:13Est-ce que vous avez
00:50:15évalué
00:50:16l'impact
00:50:17de cette augmentation
00:50:19des primes de risque
00:50:20sur la charge
00:50:22de la dette
00:50:22à court,
00:50:23à moyen et à long terme
00:50:25parce que ça risque
00:50:26de nous coûter
00:50:26évidemment
00:50:27beaucoup plus cher ?
00:50:29Et j'ai une autre question
00:50:30qui est celle
00:50:30de la méthode.
00:50:31Est-ce que vous pensez
00:50:32qu'il serait quand même
00:50:33utile
00:50:33de donner toute sa place
00:50:35à la loi de règlement
00:50:36qu'on a un peu
00:50:39reléguée
00:50:39tout à fait
00:50:41à la fin
00:50:42de notre parcours
00:50:43budgétaire
00:50:43alors qu'en réalité
00:50:45cette loi de règlement
00:50:46est tout à fait
00:50:47importante
00:50:47et prioritaire ?
00:50:51Merci, Michel Canvet
00:50:53puis Vincent Capocanelas.
00:50:55Merci, M. le Président.
00:50:57Merci aussi aux représentants
00:50:58du Haut Conseil
00:51:01effectivement.
00:51:02Alors, sur l'exercice
00:51:052026,
00:51:06vous évaluez
00:51:07à plausible
00:51:08l'idée
00:51:09que celui-ci
00:51:10puisse être porté
00:51:11à 5,4 %,
00:51:12c'est déjà,
00:51:13semble-t-il,
00:51:14l'état
00:51:14de la situation
00:51:15actuelle.
00:51:16Il reste
00:51:16quatre mois
00:51:17d'ici la fin de l'année,
00:51:19trois mois
00:51:19d'ici la fin de l'année.
00:51:20Ne pensez-vous pas
00:51:21que, compte tenu
00:51:23de la situation
00:51:23dans notre pays,
00:51:25ce déficit
00:51:26soit encore plus élevé
00:51:27que celui
00:51:28qui est annoncé
00:51:29aujourd'hui
00:51:29par le gouvernement
00:51:31pour 2026.
00:51:32Pour ce qui concerne
00:51:332027,
00:51:35vous évoquez
00:51:38le fait
00:51:39que les prévisions
00:51:40de croissance
00:51:41à 1 %
00:51:41soient optimistes.
00:51:43Bon, effectivement,
00:51:43on peut se le dire
00:51:45tout simplement
00:51:45parce qu'un certain
00:51:47nombre de facteurs
00:51:48sont très incertains
00:51:50au regard notamment
00:51:51de la croissance
00:51:52observée cette année
00:51:52compte tenu
00:51:53de la période électorale
00:51:55que nous allons connaître
00:51:56et des soubresauts
00:51:57que connaît notre pays.
00:52:00À quel niveau
00:52:01pensez-vous
00:52:02objectivement
00:52:02que l'on pourrait
00:52:03situer cette croissance
00:52:05sur l'année
00:52:072027 ?
00:52:08Pour ce qui concerne
00:52:11le retour
00:52:12à l'équilibre
00:52:13des finances publiques,
00:52:13Madame la Présidente,
00:52:14vous l'avez évoqué
00:52:15tout à l'heure,
00:52:16le gouvernement
00:52:17estime qu'en 2029,
00:52:19on devrait pouvoir
00:52:20arriver en dessous
00:52:21des 3 %.
00:52:22Est-ce que vous pensez
00:52:23vous aussi
00:52:24qu'en l'état actuel
00:52:26de la situation,
00:52:27cet objectif
00:52:27est atteignable ?
00:52:29Et puis,
00:52:30dernier point peut-être
00:52:31sur les recettes
00:52:33de l'exercice 2027,
00:52:35finalement,
00:52:36on s'aperçoit
00:52:37qu'il y a quand même
00:52:38un certain nombre
00:52:39de prélèvements
00:52:39qui sont dits
00:52:40one shot,
00:52:42des prélèvements
00:52:43sur les excédents.
00:52:44Je pense aux prélèvements
00:52:45sur les comptes
00:52:46en déshérence
00:52:47ou alors
00:52:47le prélèvement exceptionnel
00:52:49sur le bénéfice
00:52:50de l'assurance chômage.
00:52:53Est-ce que ceci
00:52:54n'est pas inquiétant
00:52:55s'agissant
00:52:56de prélèvements
00:52:57ponctuels ?
00:52:58Est-ce que c'est
00:52:58de nature,
00:52:59effectivement,
00:53:00à permettre
00:53:01un retour structurel
00:53:02à l'équilibre
00:53:03de nos finances publiques
00:53:04compte tenu
00:53:04que tout cela
00:53:04est pour beaucoup
00:53:06très ponctuel ?
00:53:09Merci Vincent Capocanelas
00:53:10puis Vanilla
00:53:12Paoli-Gagin.
00:53:13Merci M. le Président,
00:53:16merci Mme la Présidente
00:53:17et merci M. Zemmour
00:53:18des éléments
00:53:18que vous nous avez communiqués.
00:53:19Je veux juste vous inviter
00:53:20à clarifier peut-être
00:53:21certains points
00:53:22rapidement.
00:53:23Sur le dérapage
00:53:242026
00:53:26et les causes,
00:53:28quelle est selon vous
00:53:29la part entre
00:53:29baisse de la croissance,
00:53:31l'effet géopolitique,
00:53:32l'Iran notamment,
00:53:34les carburants,
00:53:35les taux d'intérêt ?
00:53:37Et est-ce qu'il y a
00:53:39des causes propres ?
00:53:40Parce qu'on met en jeu
00:53:43évidemment
00:53:43la léa internationale,
00:53:45mais quelles sont
00:53:46les causes propres ?
00:53:47Quelle est leur part ?
00:53:49Et puis surtout,
00:53:50est-ce qu'on est encore
00:53:51à temps de prendre
00:53:52des mesures de freinage
00:53:53pour l'exécution
00:53:552026
00:53:56dès les semaines
00:53:58qui viennent encore ?
00:53:59On n'est malgré tout
00:54:00que début octobre.
00:54:02Et est-ce que les mesures
00:54:03prises ont été suffisantes ?
00:54:04Deuxième point
00:54:05sur l'appréciation
00:54:06de la situation économique globale.
00:54:08On a compris
00:54:08que vous trouviez
00:54:09le scénario du gouvernement
00:54:09pour 27 optimiste.
00:54:11Est-ce que vous avez détaillé
00:54:13des scénarios
00:54:14qui soient moins optimistes
00:54:16et puis des éléments
00:54:18sur la sensibilité
00:54:19des différentes mesures
00:54:21qui pourraient justement
00:54:22nous permettre
00:54:23de rester quand même
00:54:24à un niveau de croissance ?
00:54:26Sur l'effet récessif
00:54:28et la croissance,
00:54:30on voit quand même
00:54:31depuis pas mal d'années
00:54:33beaucoup de taxes.
00:54:35Une majorité des forces
00:54:35sur les taxes.
00:54:37Est-ce qu'on n'a pas
00:54:38quand même un sujet global
00:54:39qui est que finalement
00:54:40il y a une décorrélation
00:54:42entre la politique budgétaire
00:54:43et la politique économique ?
00:54:44Et comment on peut
00:54:45réconcilier tout ça ?
00:54:47Dernier point quand même,
00:54:48on parle souvent
00:54:48de loi spéciale.
00:54:49Est-ce que le Conseil
00:54:52peut documenter
00:54:53l'effet potentiel
00:54:54d'une loi spéciale ?
00:54:55Pour qu'on y voit clair
00:54:56définitivement là-dessus.
00:54:58Merci.
00:55:00Vanina Paoli-Gagin
00:55:01puis Simon Husdard.
00:55:03Merci, M. le Président.
00:55:04Merci, Mme la Première Présidente
00:55:06et M. Zemmour
00:55:06pour cette présentation.
00:55:08J'avais une question
00:55:11sur votre avis
00:55:12sur le PLF pour 2027.
00:55:15Vous estimez
00:55:16que la prévision de croissance
00:55:18des prélèvements obligatoires
00:55:19en 2027
00:55:20serait de plus 48 milliards,
00:55:22dont 17,
00:55:24de mesures nouvelles.
00:55:25Est-ce que vous ne craignez pas
00:55:26que cette nouvelle charge fiscale
00:55:28ne bride la croissance,
00:55:29dont la prévision,
00:55:31ça a été dit,
00:55:31nous semble déjà
00:55:32assez optimiste ?
00:55:35Ensuite,
00:55:35chers collègues,
00:55:36je voulais vous rappeler
00:55:37la proposition
00:55:38de loi de finances
00:55:39pluriannuelle
00:55:40qui,
00:55:41M. l'ex-rapporteur général
00:55:44du budget,
00:55:46peut-être donnerait
00:55:47moins le seum
00:55:47à nos concitoyens.
00:55:49C'est-à-dire
00:55:50qu'avoir une loi de finances
00:55:52pluriannuelle
00:55:53sur 5 ans
00:55:53avec un quitus
00:55:54en fin d'exercice,
00:55:56me semblerait
00:55:57démocratiquement
00:55:58plus avisé
00:55:59que l'exercice
00:56:00que nous faisons
00:56:00chaque année
00:56:01ici
00:56:01dans cette belle commission
00:56:03des finances.
00:56:05Merci.
00:56:06Simon Usna,
00:56:07puis Raphaël Dobé.
00:56:08Merci,
00:56:09M. le Président.
00:56:10Merci,
00:56:11Mme la Première Présidente.
00:56:12Merci,
00:56:13M. Zemmour.
00:56:14Dans l'avis
00:56:15du Haut Conseil,
00:56:17vous dites clairement,
00:56:18je cite,
00:56:19que le déficit
00:56:20est presque intégralement
00:56:22de nature structurelle
00:56:24et non le reflet
00:56:25d'une récession économique.
00:56:27C'est un point
00:56:28quand même
00:56:28essentiel
00:56:29à rappeler.
00:56:31Et ensuite,
00:56:32vous appelez également
00:56:33à prendre
00:56:34les mesures additionnelles
00:56:36nécessaires,
00:56:36là aussi je cite,
00:56:37pour poursuivre
00:56:38une trajectoire crédible
00:56:39de réduction
00:56:40du déficit
00:56:41afin de reprendre
00:56:42le contrôle
00:56:43de la dette.
00:56:44Pouvez-vous
00:56:45nous en dire
00:56:46davantage
00:56:46sur ces mesures
00:56:48additionnelles ?
00:56:49Et Mme la Première
00:56:50Vice-présidente,
00:56:50même si vous n'êtes pas là
00:56:52au titre
00:56:52de la Cour des Comptes,
00:56:54pouvons-nous imaginer
00:56:56une référence
00:56:56à l'impôt différentiel
00:56:58sur la fortune
00:56:59personnelle
00:56:59qui a été évoquée
00:57:00dans une note
00:57:02de septembre dernier ?
00:57:04Et puis,
00:57:05une deuxième question
00:57:07s'agissant
00:57:08de la commande publique.
00:57:09Vous le savez peut-être,
00:57:10une commission
00:57:11d'enquête sénatoriale
00:57:12au premier semestre
00:57:132025
00:57:14a produit
00:57:15un travail important
00:57:16sur le sujet,
00:57:17a estimé le montant
00:57:18de cette commande publique
00:57:19à près de 400 milliards
00:57:20d'euros,
00:57:21c'est l'ordre de grandeur
00:57:22du budget de l'État.
00:57:24Et quand on connaît
00:57:25l'effet levier
00:57:25sur le soutien
00:57:26aux entreprises,
00:57:27et peut-être
00:57:28pouvons-nous d'ailleurs
00:57:29y voir l'une
00:57:29des explications
00:57:30aux réductions
00:57:31d'investissement
00:57:32que vous avez évoquées,
00:57:34est-il envisagé
00:57:35pour les prochains
00:57:36travaux du Haut Conseil
00:57:38de pouvoir prendre
00:57:38spécifiquement en compte
00:57:39cette question
00:57:40de la commande publique
00:57:41à la fois
00:57:42dans son versant
00:57:44État,
00:57:45collectivité locale
00:57:46et fonction publique
00:57:47hospitalière
00:57:47pour nous aider
00:57:48là aussi
00:57:49à disposer
00:57:50de données
00:57:51plus fiables
00:57:51et consolidées.
00:57:52Je vous remercie.
00:57:53Merci,
00:57:54Monsieur Dobé.
00:57:55Merci,
00:57:56Monsieur le Président.
00:57:57La Présidente,
00:57:59question du même ordre
00:58:00en 2025.
00:58:01La commande publique
00:58:01et l'investissement
00:58:02local avaient contribué
00:58:03largement à la réduction
00:58:04du déficit
00:58:04par le soutien
00:58:06qu'elle générait
00:58:07à l'activité économique.
00:58:08Aujourd'hui,
00:58:08on a des associations
00:58:09d'élus qui annoncent
00:58:10des reports d'investissement.
00:58:13Est-ce que vous,
00:58:13qui avez,
00:58:14avec le Haut Conseil,
00:58:15l'habitude d'évaluer
00:58:16les effets de l'orientation
00:58:17budgétaire
00:58:17sur l'activité,
00:58:18est-ce que vous avez évalué
00:58:19spécifiquement le risque
00:58:20récessif qui serait lié
00:58:21à une éventuelle baisse
00:58:22de l'investissement public ?
00:58:24Merci.
00:58:25Et pour terminer,
00:58:25Alexandre Ouzil.
00:58:27Merci,
00:58:28Monsieur le Président,
00:58:28Madame la Première
00:58:29Vice-présidente,
00:58:30Monsieur Zemmour.
00:58:31Pour bien juger
00:58:32d'une politique,
00:58:32il faut regarder ses effets
00:58:33à la fois sur la dette
00:58:34et sur la croissance
00:58:35puisqu'on évalue
00:58:36usuellement la dette
00:58:37sur le PIB.
00:58:39Ce qui m'interroge
00:58:39dans le document
00:58:40que vous nous avez transmis
00:58:41et dans votre avis,
00:58:41c'est à quel point
00:58:42vous êtes discret.
00:58:43Ça a été signalé
00:58:44par la rapporteure générale
00:58:46également sur les multiplicateurs,
00:58:49c'est-à-dire
00:58:49les effets spécifiques
00:58:50du multiplicateur fiscal
00:58:52et du multiplicateur
00:58:54en dépense.
00:58:55Or, nous savons
00:58:55que le multiplicateur
00:58:56en dépense,
00:58:57en général,
00:58:57est plus dur
00:58:58et donc les effets
00:58:59en dépense
00:59:00sont plus difficiles.
00:59:00Ma question,
00:59:01elle est spécifique
00:59:01pour Monsieur Zemmour.
00:59:02Est-ce qu'il considère
00:59:03que le mix macroéconomique
00:59:04qui est porté
00:59:05dans cet avis
00:59:07et notamment
00:59:08cette phrase conclusive
00:59:09qui est de dire
00:59:10l'effort en dépense
00:59:11est un effort minimal,
00:59:12est-ce qu'il partage
00:59:13cette conclusion
00:59:14ou est-ce qu'il pense
00:59:15qu'un autre mix macroéconomique
00:59:16est possible ?
00:59:16Je vous remercie.
00:59:18Merci Madame la Présidente.
00:59:20Merci beaucoup.
00:59:21Juste pour vous dire
00:59:21la raison pour laquelle
00:59:22je dois partir
00:59:23avant 11h,
00:59:24c'est parce que
00:59:24l'Assemblée nationale
00:59:26cherche à nous auditionner
00:59:27dans le fait
00:59:29de notre publication
00:59:29aujourd'hui,
00:59:30notre rapport public
00:59:31sur la transition écologique.
00:59:32Et donc,
00:59:33je vais essayer
00:59:33d'être à la fois concise
00:59:35et la plus claire possible.
00:59:36Et évidemment,
00:59:37Mickaël Zemmour
00:59:38répondra à la suite,
00:59:39notamment sur les questions 26,
00:59:40mais aussi sur d'autres points
00:59:41sur lesquels
00:59:42il est tout à fait fondé
00:59:43à parler
00:59:43au nom du Haut Conseil
00:59:45également.
00:59:46Plusieurs éléments
00:59:47déjà peut-être
00:59:48de cadrage
00:59:49puisqu'il est vrai
00:59:50que cette audition
00:59:51n'aurait pas beaucoup de sens
00:59:52si elle était
00:59:53une audition
00:59:53de l'opinion
00:59:55qui est la mienne personnelle.
00:59:57Je rappelle,
00:59:57notre Haut Conseil
00:59:58est une instance collégiale
01:00:00qui décide à l'unanimité.
01:00:01Nous ne sommes pas là
01:00:02ni pour vous présenter
01:00:03mes opinions personnelles
01:00:04ni d'ailleurs
01:00:05celles de M. Zemmour.
01:00:06Nous sommes là
01:00:07pour vous faire part
01:00:08d'un avis
01:00:08qui a été collégialement établi.
01:00:10Je le dis
01:00:10parce que
01:00:11je ne peux pas
01:00:12et vous avez le droit
01:00:14d'avoir tous vos avis
01:00:15sur beaucoup de choses
01:00:16mais je ne souhaite pas
01:00:17qu'il soit manqué
01:00:17de respect
01:00:18au travail
01:00:18et à l'indépendance
01:00:19et à la très grande
01:00:20implication
01:00:20de mes dix autres collègues
01:00:21qui, eux,
01:00:23ne sont jamais venus
01:00:23devant vous
01:00:24vous présenter
01:00:24des budgets
01:00:25et n'ont pas eu
01:00:25les responsabilités
01:00:26qui étaient les miennes
01:00:27auparavant.
01:00:28Par ailleurs,
01:00:29et je répondrai peut-être
01:00:30sur le ton
01:00:31et la nature
01:00:32de notre avis,
01:00:34M. le sénateur Husson,
01:00:37au fond,
01:00:38nous ne cherchons pas
01:00:39à prendre des précautions
01:00:40mais si nous regardons
01:00:41les choses
01:00:41en tant que macroéconomistes,
01:00:44en tant que,
01:00:46précisément,
01:00:47aujourd'hui,
01:00:48avec un consensus
01:00:49à 0,8% de croissance,
01:00:50il n'est pas impossible
01:00:52d'avoir 1% de croissance.
01:00:53Il peut arriver,
01:00:54d'ailleurs,
01:00:55que dans quelques mois,
01:00:55nous constations
01:00:56qu'un certain nombre
01:00:57d'événements
01:00:57se sont produits,
01:00:59la réouverture
01:01:00des trois d'Ormous
01:01:01s'est en passée,
01:01:02des choses qui peuvent
01:01:02paraître aujourd'hui difficiles
01:01:04mais qui ne sont pas improbables,
01:01:05elles ont des faibles probabilités
01:01:07mais elles ne sont pas improbables,
01:01:08il est possible
01:01:09qu'il y ait 1% de croissance.
01:01:10Ce n'est pas le scénario
01:01:10le plus central
01:01:11mais il est possible.
01:01:12Donc c'est pour ça
01:01:13que nous avons
01:01:13un propos prudent
01:01:15parce qu'il serait imprudent
01:01:16de notre part
01:01:17de considérer
01:01:18que des scénarios
01:01:19qui ont une probabilité faible
01:01:20mais qui ont une probabilité
01:01:21quand même
01:01:22n'adviennent pas.
01:01:24La deuxième chose
01:01:24et je crois que c'est important
01:01:25et je veux le redire,
01:01:27les Français voient bien
01:01:28qu'il y a des mesures d'économie,
01:01:29voient bien qu'il y a des choses
01:01:29qui changent,
01:01:30voient bien qu'il y a des modalités
01:01:32fiscales, sociales,
01:01:33de dépenses qui changent.
01:01:34Ce que nous disons,
01:01:35c'est que ces efforts
01:01:36que nous chiffrons
01:01:37de manière brute
01:01:39à 23 milliards d'euros
01:01:41dans la copie budgétaire
01:01:42du gouvernement
01:01:43pour 2027
01:01:43par rapport à 2026.
01:01:45Ce qui est peut-être,
01:01:46je ne sais pas si le mot
01:01:47est déprimant,
01:01:47mais ce qui peut peut-être
01:01:48amener à une forme
01:01:49de lassitude,
01:01:50c'est que ces 23 milliards
01:01:52d'efforts
01:01:52avant l'effort
01:01:54de la charge d'intérêt
01:01:55sont mangés
01:01:56d'une certaine manière
01:01:57de moitié
01:01:58par la hausse
01:01:59de la charge d'intérêt.
01:02:00Et ce qui quand même
01:02:01alimente du coup
01:02:03ce sentiment peut-être
01:02:04que collectivement
01:02:04nous avons,
01:02:05que les différents budgets
01:02:07ne sont pas dénumés
01:02:08d'efforts,
01:02:08mais que leur effet
01:02:09sur le déficit final
01:02:10est finalement bien moins élevé
01:02:12qu'attendu
01:02:12du fait d'un certain nombre
01:02:14de facteurs exogènes,
01:02:16la charge d'intérêt
01:02:17qui a beaucoup augmenté
01:02:18pour des facteurs
01:02:18qui ne sont pas
01:02:19de l'ordre de la prime d'intérêt,
01:02:21des facteurs internes
01:02:22qui sont évidemment
01:02:23des prévisions de croissance
01:02:24ou des effets de confiance
01:02:27qui aujourd'hui nuisent.
01:02:29Un effet important,
01:02:31nous disons clairement les choses,
01:02:32100 points de base
01:02:33de plus de taux d'intérêt
01:02:34que ce soit parce que
01:02:36les taux d'intérêt
01:02:36dans le monde entier évoluent
01:02:37ou parce que la prime
01:02:38de risque évolue
01:02:39avec un spread aujourd'hui
01:02:40de plus de 100 points de base,
01:02:41c'est 40 milliards
01:02:42de charges d'intérêt
01:02:43à terme de plus,
01:02:44c'est,
01:02:44et vous avez le graphique
01:02:45qui est présenté,
01:02:46chaque année
01:02:47des choses assez structurantes.
01:02:50Donc,
01:02:50une fois qu'on a dit tout ça,
01:02:52le multiplicateur
01:02:53dépense-recette,
01:02:54au fond,
01:02:54est-ce que du côté des recettes
01:02:55il n'y a pas d'effet
01:02:56et de l'autre il y en a ?
01:02:57Ce n'est pas si simple,
01:02:58vous avez des mesures en recettes
01:03:00qui ont des multiplicateurs
01:03:00très importantes
01:03:01et vous avez des mesures
01:03:03en dépense
01:03:03qui ont des effets
01:03:04multiplicateurs moins importants.
01:03:05Donc,
01:03:05c'est un débat
01:03:06mesure par mesure.
01:03:07Je vous donne un exemple
01:03:08sur l'abattement,
01:03:09par exemple,
01:03:09pour les retraités.
01:03:11Que vous le plafonniez
01:03:13ou que vous en fassiez
01:03:14un forfait,
01:03:14vous ne touchez pas
01:03:15les mêmes ménages
01:03:16et la propension
01:03:17à épargner
01:03:18et à consommer
01:03:19des différents ménages
01:03:20par décile
01:03:20est très différente.
01:03:21Donc,
01:03:22vous pouvez avoir
01:03:22sur une même mesure
01:03:23avec le même rendement
01:03:25selon la modalité
01:03:26que vous choisissez,
01:03:28des effets multiplicateurs
01:03:29très différents.
01:03:29Ce travail de multiplicateur
01:03:32individuel,
01:03:32ce n'est pas aujourd'hui
01:03:33dans le mandat
01:03:33du Haut Conseil.
01:03:34Nous n'avons pas
01:03:35les instruments pour le faire,
01:03:36nous n'avons pas
01:03:36le temps de le faire.
01:03:37Néanmoins,
01:03:38nous avons évidemment
01:03:40interrogé
01:03:40et regardé
01:03:41la manière
01:03:41dont le gouvernement
01:03:42en a fait État.
01:03:45Deuxième,
01:03:45pour les questions de 2026,
01:03:47je laisserai
01:03:47Michael Zemmour répondre.
01:03:48Monsieur le sénateur
01:03:49Savoldelli,
01:03:51savoir si cette vue
01:03:52geste sanctuarise
01:03:53la politique de l'offre
01:03:53ou pas,
01:03:54c'est hors champ.
01:03:55Nous ne pouvons pas,
01:03:55nous,
01:03:56au Conseil,
01:03:56apprécier en opportunité.
01:03:58Nous n'avons pas
01:03:58de théorie économique.
01:03:59Nous essayons
01:04:00de vous livrer
01:04:00un élément
01:04:01le plus factuel possible
01:04:02sur ce qui est
01:04:02dans la copie budgétaire.
01:04:04Est-ce qu'il existe
01:04:05une trajectoire crédible
01:04:05de redressement
01:04:06sans os et prélève obligatoire ?
01:04:08C'est à nouveau
01:04:08une question de multiplicateur.
01:04:10Est-ce qu'aujourd'hui,
01:04:12il y a un effet
01:04:13de la croissance
01:04:14de l'effort budgétaire ?
01:04:14La réponse est oui.
01:04:15Le gouvernement estime
01:04:16que ce qu'il propose
01:04:18en effort structurel,
01:04:191,2 point de PIB
01:04:20de mesure,
01:04:21amène à 0,5 %
01:04:23de croissance en moins.
01:04:24Mais ce qui ne veut pas dire
01:04:25que si vous ne faisiez
01:04:26aucun effort budgétaire,
01:04:27vous auriez mécaniquement
01:04:280,5 % de croissance en plus.
01:04:30Puisque l'effet principal,
01:04:32et peut-être que
01:04:32Michael Zemmour
01:04:32pourra y revenir
01:04:33si vous le souhaitez,
01:04:34c'est un effet d'incertitude.
01:04:36Comment les ménages réagissent,
01:04:38comment les entreprises réagissent
01:04:39au fait qu'il y a
01:04:40un effort budgétaire
01:04:42et son contenu
01:04:42ou au fait qu'il n'y ait
01:04:43pas d'effort budgétaire ?
01:04:44C'est aussi la question
01:04:45qui est posée
01:04:45sur la loi spéciale.
01:04:46Je ne vais pas répondre
01:04:46sur les effets directs
01:04:47de la loi spéciale
01:04:48puisque l'IGF a d'ailleurs
01:04:49proposé un rapport
01:04:50sur le sujet.
01:04:51Mais ce qui est certain,
01:04:52c'est qu'aujourd'hui,
01:04:52un des facteurs
01:04:53les plus importants
01:04:54dans la dynamique du pays,
01:04:55c'est le taux d'épargne.
01:04:56C'est aussi le stock d'épargne.
01:04:58Et la manière
01:04:59dont les ménages
01:05:00ou les entreprises
01:05:01investissent ou épargnent
01:05:02dépend grandement
01:05:03des effets de confiance.
01:05:04Et une partie de la confiance
01:05:06vient du fait
01:05:06qu'il y a la crédibilité
01:05:07de la trajectoire budgétaire
01:05:09à la pluriannuelle.
01:05:11Dit autrement,
01:05:12si vous ne réduisez pas
01:05:13du tout le déficit,
01:05:14que vous le laissez filer,
01:05:15il est probable
01:05:16que la croissance
01:05:17ne soit pas énorme
01:05:18puisqu'un certain nombre
01:05:19d'acteurs vont épargner
01:05:20ou moins investir
01:05:22dans l'attente
01:05:23qu'arrive un jour
01:05:24potentiellement
01:05:24une restriction budgétaire
01:05:26dans ce cas-là
01:05:26potentiellement brutale.
01:05:27Et donc ces éléments-là,
01:05:28ils ne sont pas linéaires,
01:05:29ils sont très difficiles
01:05:30à estimer.
01:05:31C'est pourquoi
01:05:32nous assumons de dire
01:05:33qu'il y a l'incertitude.
01:05:34Ce n'est pas par euphémisme,
01:05:35parce qu'on a peur
01:05:36de dire les choses,
01:05:36mais parce que nous avons
01:05:37à reconnaître
01:05:38que d'un point
01:05:39de vue macroéconomique,
01:05:40il y a des limites
01:05:41à ce que nous pouvons
01:05:42prévoir, mesurer
01:05:43et anticiper.
01:05:45Sur les mesures
01:05:46spontanées de recettes,
01:05:48le Haut Conseil considère
01:05:49qu'il y a deux éléments
01:05:50à garder.
01:05:51Il y a d'abord
01:05:51les enjeux d'élasticité.
01:05:53Avec une prévalisation
01:05:54d'élasticité à 0,8,
01:05:55on ne peut pas dire
01:05:56que le gouvernement
01:05:56se fasse preuve
01:05:57d'un volontarisme
01:05:58sur les recettes spontanées.
01:06:00Ensuite, il y a l'effet
01:06:02en chiffre absolu
01:06:03de recettes
01:06:03qui, lui, dépend
01:06:04de la croissance
01:06:05qui sera observée.
01:06:06Donc, du point de vue
01:06:08de est-ce que le passage
01:06:09de la croissance aux recettes
01:06:10a été fait de manière prudente,
01:06:11le Haut Conseil estime
01:06:12que c'est le cas,
01:06:130,8 point d'élasticité.
01:06:14Est-ce qu'ensuite,
01:06:15on est certain
01:06:15que ça apportera
01:06:1631 milliards d'euros ?
01:06:17La réponse est non,
01:06:18puisque nous disons nous-mêmes
01:06:19que la prévision de croissance
01:06:20est, à nos yeux,
01:06:22optimiste au vu
01:06:22des derniers éléments.
01:06:25Un point factuel
01:06:27sur les déficits
01:06:28qui ne sont jamais respectés.
01:06:29Je rappelle qu'en 2025,
01:06:30la prévision était
01:06:30de 5,4 % de déficit
01:06:31et que le chiffre finalement
01:06:33constaté et mesuré
01:06:35avec tous les degrés
01:06:37de certitude
01:06:38de la comptabilité nationale
01:06:39est de 5,1 %.
01:06:40Donc, il ne faut pas dire
01:06:42que nous ayons
01:06:43des difficultés
01:06:44à redresser le déficit,
01:06:45c'est une chose,
01:06:45mais que nous ayons
01:06:46des propos qui nous disent
01:06:47que les déficits ciblés
01:06:49ne sont jamais respectés,
01:06:50là, ce n'est pas vrai,
01:06:51je tenais à le souligner.
01:06:53Enfin, il y a un point
01:06:54là aussi important
01:06:56de vocabulaire.
01:06:57Quand nous appelons
01:06:59ou que nous disons
01:07:00que si les mesures présentées
01:07:02ne sont pas adoptées
01:07:03par le Parlement,
01:07:04pour que nous arrivions
01:07:05à 5 % de déficit,
01:07:06il faut que des mesures
01:07:07de même rendement
01:07:07soient proposées,
01:07:08ce n'est pas une question
01:07:09que le gouvernement
01:07:10respecte ces annonces.
01:07:11c'est que le budget
01:07:12tel qu'il sera
01:07:13in fine adopté
01:07:15porte des mesures
01:07:16de rendement suffisant.
01:07:17La justice,
01:07:17il faut bien avoir en tête,
01:07:18en général,
01:07:19je crois que dans un pays
01:07:20d'État de droit,
01:07:21les gouvernements
01:07:22appliquent les mesures
01:07:22telles qu'elles sont votées.
01:07:23Je pense qu'il y a aussi
01:07:24une subtilité
01:07:25qu'il faut bien avoir en tête.
01:07:27Pour ce qui est
01:07:28de l'insincérité,
01:07:29un budget insincère,
01:07:30c'est un budget
01:07:30s'il était présenté,
01:07:32qui amènerait par exemple
01:07:33à des...
01:07:34Si vous avez une élasticité
01:07:35de 1,5 dans le monde
01:07:37d'aujourd'hui,
01:07:38probablement que le Conseil
01:07:38serait amené à dire
01:07:39que la prévision
01:07:40de recettes spontanées
01:07:41n'est pas crédible.
01:07:42Et potentiellement,
01:07:43l'insincérité n'est pas
01:07:44à être définie
01:07:45par le Haut Conseil
01:07:45des Finances Publiques.
01:07:46C'est une qualification
01:07:48qui est celle
01:07:48du Conseil constitutionnel
01:07:50sur la base de travaux
01:07:51qui pourraient être les nôtres.
01:07:53Nous, notre rôle,
01:07:54c'est de considérer,
01:07:55de regarder
01:07:56si les hypothèses
01:07:56sont crédibles,
01:07:57réalistes ou pas.
01:07:58Ça, c'est notre mandat.
01:08:00Si insincérité,
01:08:01il devait y avoir,
01:08:02ce n'est pas au Conseil
01:08:03de le dire,
01:08:03c'est au Conseil constitutionnel
01:08:04et nous lui apporterions
01:08:05dans ce cas-là
01:08:06des éléments factuels
01:08:08décrivant la manière
01:08:09dont le budget
01:08:10a été construit ou pas.
01:08:11Je pense que c'est important
01:08:11qu'on ait aussi bien en tête
01:08:12le rôle des différentes institutions,
01:08:14ce que nous avons à faire
01:08:15d'après les mandats
01:08:16qui sont les nôtres
01:08:17et inversement,
01:08:17ce qui n'est pas
01:08:18dans notre périmètre d'action.
01:08:21Madame la sénatrice Goulet,
01:08:22oui, nous avons bien regardé
01:08:25les effets de prime de risque.
01:08:26Je le disais
01:08:26sur la charge d'intérêt,
01:08:28100 points de base,
01:08:2910 points de base,
01:08:29c'est 4 milliards à terme,
01:08:30c'est le graphique
01:08:31qui vous a été présenté.
01:08:32Et on vous a présenté aussi
01:08:33les éléments de croissance
01:08:34puisque c'est 0,15 points de PIB
01:08:37de moins
01:08:38par 100 points de base
01:08:39la première année.
01:08:40Donc, c'est les éléments
01:08:41que je vous ai partagés.
01:08:43Pour M. Canvey,
01:08:46peut-être sur le...
01:08:47Je laisserai,
01:08:47parce que vous voyez,
01:08:48j'avance de manière
01:08:49un peu rapide,
01:08:50Michael Zemmour
01:08:51reparler du lien
01:08:52entre la dépense primaire net
01:08:53et la capacité
01:08:54à atteindre un déficit
01:08:55de 3 % en 2029.
01:08:56Ce qui, en un mot,
01:08:58il y a aujourd'hui
01:08:58une incohérence d'objectifs.
01:09:00C'est-à-dire que le strict respect
01:09:01seul de la dépense primaire net
01:09:03ne permet pas
01:09:04d'atteindre 3 % de déficit
01:09:06en 2029.
01:09:07Ce qui veut dire
01:09:07qu'il faut suivre
01:09:08les deux indicateurs.
01:09:09Il faut à minima
01:09:09respecter la dépense primaire net,
01:09:11mais il faut aussi avoir en tête
01:09:12qu'elle ne suffit plus aujourd'hui
01:09:13à avoir un déficit
01:09:16qui amène à 3 %.
01:09:19Et du coup,
01:09:21M. le sénateur Canvey,
01:09:22effectivement,
01:09:24la vision pluriannuelle
01:09:25de l'effort
01:09:26appelle à être très explicite
01:09:28sur le fait
01:09:28qu'un certain nombre
01:09:29de mesures de rendement
01:09:30ne sont pas
01:09:30des mesures durables.
01:09:32Et qu'il faut les avoir en tête,
01:09:33ce n'est pas à nous
01:09:34de juger
01:09:35est-ce que c'est pertinent
01:09:36ou pas,
01:09:36mais c'est à la minima
01:09:37de vous indiquer,
01:09:39d'étayer le fait
01:09:40qu'un certain nombre
01:09:41de ces mesures
01:09:42devront être donc
01:09:43remplacées dans le futur
01:09:44par d'autres mesures
01:09:45de même rendement
01:09:46ou plus de rendement
01:09:47puisqu'elles ne peuvent pas
01:09:48être répliquées dans le temps.
01:09:50Enfin,
01:09:51je terminerai
01:09:52par les éléments
01:09:52de multiplicateur
01:09:54et de questions.
01:09:56M. le sénateur Capocanelas,
01:09:58vous avez,
01:09:59dans l'avis,
01:10:00parce que je vous invite
01:10:00à regarder l'avis
01:10:01dans son détail,
01:10:01il a été construit
01:10:02par notre Haut-Conseil
01:10:03pour être le plus explicite.
01:10:05Il y a un monde graphique
01:10:06de tableaux
01:10:06pour vous donner
01:10:07le plus grand nombre
01:10:08d'éléments,
01:10:08je crois,
01:10:09utiles à la compréhension
01:10:10collective.
01:10:11Vous avez page 12,
01:10:12un tableau numéro 4
01:10:14qui vous détaille
01:10:15un certain nombre
01:10:15de sensibilités,
01:10:16notamment la manière
01:10:17dont le consensus
01:10:18ou d'autres instituts
01:10:19de prévision,
01:10:20au vu des croissances
01:10:21qu'il prévoit,
01:10:22anticipe le déficit
01:10:23et inversement.
01:10:24Et donc,
01:10:25vous pouvez comparer
01:10:25le type d'ajustement
01:10:26structurel primaire
01:10:27qui est anticipé
01:10:27par les uns et les autres
01:10:28et le comparer
01:10:30au scénario du gouvernement.
01:10:31Donc,
01:10:31je ne vais pas le détailler là,
01:10:32mais je crois
01:10:33que c'est assez clair.
01:10:36Vous aviez une question
01:10:37sur croissance
01:10:39et prélèvement obligatoire.
01:10:40De nouveau,
01:10:41je le signale,
01:10:43il y a des mesures
01:10:44en prélèvement obligatoire
01:10:44qui ont des multiplicateurs
01:10:45faibles,
01:10:46il y a des mesures
01:10:47en prélèvement obligatoire
01:10:47qui ont des multiplicateurs
01:10:48forts.
01:10:49Donc,
01:10:49il n'y a pas
01:10:49une loi générale.
01:10:50Ce qu'on peut dire
01:10:51quand même,
01:10:53c'est que
01:10:55la règle du pouce,
01:10:56comme on l'appelle,
01:10:57c'est que
01:10:58quand vous avez
01:11:010,5 points de croissance
01:11:03en moins,
01:11:04ça fait 0,3 points
01:11:05de recettes spontanées
01:11:06en moins,
01:11:07ça fait donc 0,15 points
01:11:08de PIB
01:11:09de déficit en plus.
01:11:10Ça,
01:11:11c'est des règles
01:11:11qui sont mécaniques.
01:11:12Donc ça,
01:11:12on peut vous les présenter.
01:11:14Mais c'est la manière
01:11:15de lier
01:11:16les multiplicateurs
01:11:17budgétaires des mesures
01:11:17avec les effets
01:11:18de bouclage
01:11:19sur le déficit.
01:11:23Monsieur le sénateur
01:11:24USNA,
01:11:25oui,
01:11:25l'élément
01:11:26effectivement important,
01:11:27vous l'avez noté,
01:11:28c'est qu'effectivement,
01:11:30le déficit est aujourd'hui
01:11:30largement structurel.
01:11:33Je note aussi
01:11:33que c'était aussi
01:11:34important à rappeler
01:11:35que la France a eu
01:11:36pendant plusieurs années
01:11:37une croissance économique
01:11:38très largement supérieure
01:11:39à celle de ses voisins
01:11:40européens.
01:11:41et une croissance prévue
01:11:43à 1 %,
01:11:44quand bien même
01:11:45le consensus
01:11:45est à 0,8.
01:11:47Si nous estimons
01:11:48que la croissance potentielle
01:11:49est à 1,2,
01:11:51ce qui est quand même
01:11:51une prévision là aussi
01:11:53plutôt établie
01:11:54comme plutôt centrale,
01:11:56on n'est pas dans
01:11:57un monde de récession.
01:11:58Et donc,
01:11:59il faut bien que,
01:12:00c'est ce que le Haut Conseil
01:12:00appelle à faire,
01:12:01c'est qu'il y ait
01:12:01une approche
01:12:04approfondie
01:12:05des raisons
01:12:06qui alimentent
01:12:07le déficit.
01:12:08Et je voudrais peut-être
01:12:08revenir sur,
01:12:09après application
01:12:10du budget,
01:12:11les postes de dépense
01:12:12qui continuent
01:12:13à augmenter,
01:12:14parce que c'est peut-être
01:12:15là qu'il faut avoir
01:12:15une vision collective,
01:12:17c'est le tendanciel
01:12:19après même
01:12:20application des mesures.
01:12:2112 milliards
01:12:22de hausse de charge d'intérêt,
01:12:249 milliards
01:12:25d'effets démographiques
01:12:26des retraites,
01:12:276 milliards et demi
01:12:28de défense,
01:12:295 milliards et demi
01:12:29de santé,
01:12:30après application
01:12:31d'un nom d'âme
01:12:32qui serait ramené
01:12:32à 2%,
01:12:33alors que son tendanciel
01:12:34est plutôt de l'ordre
01:12:35de 3,5-3,7%
01:12:38en tendanciel.
01:12:41Au fond,
01:12:41le déficit structurel,
01:12:43ça ne veut pas dire
01:12:43que c'est sur ces postes-là
01:12:45qu'il faut forcément
01:12:45couper en priorité,
01:12:47mais il continue
01:12:48d'être alimenté
01:12:48par des tendanciels
01:12:49très dynamiques
01:12:50sur ces postes
01:12:51de dépense
01:12:51qui sont indiqués.
01:12:53Enfin,
01:12:54la Cour des comptes,
01:12:56le Conseil des prélèments
01:12:56obligatoires,
01:12:57le Conseil des finances
01:12:58publique sont des instances
01:12:59qui tous produisent
01:13:00des analyses
01:13:01et on le fait d'abord
01:13:03et avant tout
01:13:03dans notre cadre institutionnel
01:13:04pour assister
01:13:05et alimenter le travail
01:13:08des parlementaires.
01:13:09Donc,
01:13:09ce n'est pas à moi
01:13:09d'en faire une lecture sélective.
01:13:11Vous avez tous les éléments
01:13:12qui vous ont été produits.
01:13:14Enfin,
01:13:14et je m'arrêterai là,
01:13:16il est beaucoup parfois
01:13:16fait état
01:13:17du fameux effet boule de neige.
01:13:19Vous avez dans l'avis
01:13:23un graphique intéressant
01:13:24sur les taux réels
01:13:25projetés à 10 ans.
01:13:27Comment les taux d'aujourd'hui,
01:13:29mis en lien
01:13:30avec les anticipations
01:13:31d'inflation à 10 ans,
01:13:33taux à 10 ans,
01:13:34anticipation d'inflation
01:13:34à 10 ans,
01:13:35créent le fameux taux réel,
01:13:36c'est-à-dire la différence
01:13:37entre le taux payé
01:13:38et la croissance nominale.
01:13:39Aujourd'hui,
01:13:41si on a un taux
01:13:42qui se stabilise à 4%
01:13:44et qu'on a une croissance nominale
01:13:46qui est 1,5% de croissance
01:13:481,5% d'inflation
01:13:50ou 1,2% de croissance potentielle
01:13:52plus 1,8% d'inflation,
01:13:54c'est-à-dire la croissance nominale
01:13:55à 3%,
01:13:56vous avez une croissance réelle
01:13:58projetée de moyen terme
01:13:59qui est un écart,
01:14:01par exemple,
01:14:01un taux réel
01:14:02qui est de 1%,
01:14:03un écart remangé
01:14:04de 1 point.
01:14:05Ce qui veut dire
01:14:06que pour que vous arriviez
01:14:07à stabiliser la dette,
01:14:08je parle stabiliser la dette,
01:14:09vous devez générer
01:14:11un excédent primaire
01:14:12très conséquent,
01:14:13un point de PIB
01:14:14si on résume,
01:14:15pour arriver à stabiliser la dette
01:14:17dans ce monde de taux
01:14:18réel,
01:14:19très positif.
01:14:21Le taux réel,
01:14:22aujourd'hui,
01:14:22il est déjà positif
01:14:23en 2026,
01:14:26puisque je rappelle
01:14:26que la croissance
01:14:27qu'il faut prendre en compte,
01:14:29elle est connue,
01:14:30celle qu'on voit,
01:14:31mais vous devez ajouter
01:14:31une inflation
01:14:32qui n'est pas l'inflation
01:14:33des prix des ménages,
01:14:34mais l'inflation
01:14:34du déflateur du PIB.
01:14:36Et aujourd'hui,
01:14:37on a une croissance
01:14:39nominale à prendre en compte
01:14:40dans ce calcul du taux réel
01:14:41qui est de 2%.
01:14:43Vous avez un taux apparent
01:14:44aujourd'hui
01:14:44qui est supérieur à 2%
01:14:47de paiement sur la dette.
01:14:48Donc nous avons déjà
01:14:49aujourd'hui un taux réel
01:14:51positif.
01:14:51Ça veut dire que déjà
01:14:52aujourd'hui,
01:14:53il nous faut générer
01:14:54plus qu'un excédent,
01:14:55il ne faut pas juste avoir
01:14:56un seul primaire nul,
01:14:57il faut déjà générer
01:14:58un excédent primaire positif
01:15:00pour stabiliser la dette.
01:15:00Je crois que c'est là
01:15:01le principal message,
01:15:02c'est que la charge d'intérêt
01:15:05est un élément essentiel
01:15:07à regarder,
01:15:07la Cour des comptes
01:15:08y a appelée,
01:15:08le Haut Conseil des Finances
01:15:09publiques le fait aussi,
01:15:10parce que c'est un élément
01:15:11différent de la discussion
01:15:12si simple sur les mesures
01:15:13d'ajustement qui ont eu
01:15:15prévaloir jusque-là.
01:15:16Je vous remercie beaucoup
01:15:17et je vous laisse
01:15:17dans les bonnes mains
01:15:18de Michael Zemmour
01:15:19qui peut vous donner
01:15:22pleinement l'ensemble
01:15:22des éléments sur lesquels
01:15:24le Haut Conseil a pu travailler.
01:15:26Merci à vous.
01:15:29Merci Madame la Présidente.
01:15:30Pour essayer de donner
01:15:32des éléments de complément
01:15:33et notamment sur l'année 2026,
01:15:36à la fois sur l'effort
01:15:38en dépenses, en recettes
01:15:39et la question
01:15:41d'éventuels dérapages.
01:15:43Sur 2026,
01:15:45on note un effort structurel
01:15:47de 0,5 points
01:15:49de prélèvement obligatoire,
01:15:50de à peu près 0,4 points
01:15:53de réduction des dépenses,
01:15:54mais ces réductions des dépenses
01:15:56sont quasiment intégralement
01:15:57mangées par le surcroît d'intérêt.
01:15:59Du coup, quand on regarde
01:16:00la ligne dépense,
01:16:01elle est à zéro,
01:16:02pas d'effort en dépense
01:16:03puisqu'il y a bien
01:16:03un effort en dépense primaire,
01:16:04mais mangé par le surcroît d'intérêt.
01:16:10Il y avait une question
01:16:11sur d'éventuels dérapages
01:16:12dans l'exécution de 2026.
01:16:16Vous avez d'abord un tableau
01:16:19page 36 en cadré 2
01:16:21qui vous permet de comprendre
01:16:23l'évolution du solde
01:16:25entre 2025 et 2027 en variation.
01:16:30Mais je voudrais revenir
01:16:31sur le diagnostic,
01:16:33est-ce qu'il y a dérapage ou pas ?
01:16:35De toute évidence,
01:16:36la cible de déficit annoncée
01:16:38n'est pas tenue.
01:16:40C'est ce qu'on explique
01:16:41et ce que j'expliquais tout à l'heure.
01:16:43la cible était à 5
01:16:44et on est à 5,4.
01:16:47Cela étant,
01:16:49il faut distinguer
01:16:50du côté des dépenses,
01:16:56ce qui fait dépasser
01:16:58très essentiellement,
01:16:59c'est les intérêts.
01:17:00Les cibles de dépenses
01:17:01sont elles plutôt tenues,
01:17:03sont même tenues
01:17:05du côté du périmètre de l'État,
01:17:08du côté des administrations
01:17:10de sécurité sociale
01:17:11et même un peu sous-exemple.
01:17:13exécuter du côté
01:17:14des collectivités locales.
01:17:16Il y a des dépenses
01:17:17qui sont plus importantes
01:17:18que prévues
01:17:19parce que la conjoncture
01:17:20est moins bonne,
01:17:21mais qui sont contrebalancées
01:17:22par des mesures en gestion.
01:17:24Là où la posture du gouvernement
01:17:26a changé et s'est relevée
01:17:27dans la vie,
01:17:28c'est que la posture initiale
01:17:29était de contrebalancer
01:17:30l'intégralité des aléas
01:17:32par des mesures en gestion.
01:17:33En réalité,
01:17:34les mesures en gestion
01:17:35permettent de tenir les cibles
01:17:38de l'État,
01:17:39de la sécurité sociale
01:17:40et des collectivités,
01:17:41mais pas de contrebalancer
01:17:42la charge d'intérêt
01:17:43qui n'était pas anticipée.
01:17:46C'est l'état d'esprit
01:17:47dans lequel on rend la vie.
01:17:48On essaye d'être,
01:17:49au-delà des appréciations générales,
01:17:51de revenir aux éléments de fait.
01:17:58sur, je ne vais pas revenir longuement
01:18:00sur ce qu'a présenté la présidente,
01:18:02mais sur 2027,
01:18:06le raisonnement est suivant.
01:18:08L'avis macroéconomique,
01:18:10pour nous,
01:18:11est marqué par l'optimisme.
01:18:13Finalement,
01:18:14on a interrogé les administrations
01:18:16et donc indirectement le gouvernement
01:18:18sur le raisonnement
01:18:19sur le multiplicateur.
01:18:21Le raisonnement n'est pas tant
01:18:23que le multiplicateur est très faible.
01:18:25Ils estiment un effet
01:18:27des mesures de consolidation
01:18:28à moins 0,5 points de PIB.
01:18:30Mais l'idée que le budget
01:18:33ou que le déroulé des événements
01:18:35générerait un surcroît de confiance
01:18:37qui donnerait un investissement très haut.
01:18:40C'est plutôt ce point-là
01:18:41qu'on souligne.
01:18:43Finalement,
01:18:43la discussion sur le multiplicateur,
01:18:45les différents instituts de prévision
01:18:47nous donnent une fourchette
01:18:48pour la première année
01:18:49entre 0,5 et 1 point de multiplicateur.
01:18:53Ça dépend moins de savoir
01:18:55si c'est fiscal ou social
01:18:56que de savoir qui ça touche
01:18:58et quelles cibles ça touche.
01:18:59En général,
01:19:00les multiplicateurs fiscaux
01:19:01sont plus faibles,
01:19:02notamment parce qu'ils touchent
01:19:03moins les ménages modestes.
01:19:04Et les mesures sociales
01:19:06sont plus fortes
01:19:07parce qu'elles touchent
01:19:08davantage les ménages modestes.
01:19:09Mais donc,
01:19:10le point que nous soulignons,
01:19:12c'est plutôt la question
01:19:13de l'enchaînement favorable
01:19:14sur l'investissement
01:19:16qui est mis dans le scénario
01:19:17du gouvernement.
01:19:21Alors,
01:19:22un point important
01:19:23sur les engagements européens
01:19:24de la France
01:19:24et l'objectif de 3% en 2029
01:19:28que nous essayons
01:19:29de déployer dans cet avis.
01:19:32Dans les textes européens,
01:19:34qui ne sont pas des textes
01:19:35tous de même nature,
01:19:36parce qu'il y a les traités
01:19:36et puis il y a
01:19:38les nouvelles procédures européennes
01:19:40de vérification
01:19:41des comptes européens,
01:19:42notamment concernant la France,
01:19:43on a finalement
01:19:45deux critères
01:19:45qui sont indiqués.
01:19:46On a d'une part
01:19:48le suivi de la dépense nette
01:19:50et d'autre part
01:19:51cet objectif
01:19:52de 3%
01:19:53de déficit
01:19:54en 2029.
01:19:57Dans l'esprit,
01:19:58ces deux critères
01:20:00avaient été construits,
01:20:02si j'ai bien compris,
01:20:03pour être convergents,
01:20:04mais avec un accent
01:20:05mis sur la dépense nette
01:20:06car elle est plus pilotable
01:20:07et plus facile à contrôler.
01:20:10Mais les deux critères
01:20:11ne sont pas
01:20:11complètement superposables.
01:20:14Et ce qui se produit,
01:20:15c'est que dans les conditions
01:20:16actuelles,
01:20:16les deux critères
01:20:17ne convergent pas.
01:20:18On peut être en situation
01:20:20de respecter la dépense
01:20:21primaire nette
01:20:22et pas en situation
01:20:23de respecter l'objectif
01:20:24de 3% en 2029.
01:20:27Et c'est un point important.
01:20:28Ça pourrait changer
01:20:29si les conditions
01:20:30macroéconomiques changeaient.
01:20:32On a eu l'occasion
01:20:33d'interroger
01:20:34la Commission européenne,
01:20:35les fonctionnaires
01:20:36de la Commission européenne,
01:20:37sur leur interprétation.
01:20:39Et ma compréhension
01:20:41de leur réponse,
01:20:41c'est que les deux critères
01:20:43sont inscrits
01:20:44dans les textes,
01:20:44mais qu'ils prêtent
01:20:45une attention particulière
01:20:46à la dépense nette.
01:20:49Ce que dit l'avis,
01:20:50c'est que dans l'État actuel,
01:20:543% en 2029,
01:20:56ça nécessiterait
01:20:57un rythme de consolidation
01:20:58pour les années suivantes
01:20:59dont nous n'avons pas été saisis,
01:21:01très élevé.
01:21:03Et ce qui est
01:21:03complètement inédit,
01:21:04l'avis donne
01:21:05quelques éléments historiques
01:21:06en France et à l'étranger
01:21:07pour se faire une idée,
01:21:09avec toute la question
01:21:11de est-ce que la France
01:21:11de 2028
01:21:12est comparable
01:21:13à ces pays
01:21:13en termes de croissance,
01:21:14en termes politiques,
01:21:15etc.
01:21:16Ce sera un effort
01:21:16très important,
01:21:17ce qui amène
01:21:18le Haut Conseil
01:21:19à qualifier,
01:21:20je crois,
01:21:20l'expression
01:21:21et de peu vraisemblable,
01:21:23l'atteinte
01:21:23des 3% en 2029.
01:21:25En revanche,
01:21:27le critère
01:21:28de la dépense nette,
01:21:29on est très voisin
01:21:31de la limite,
01:21:32mais au-delà de la limite,
01:21:33on a tenu
01:21:33à le souligner
01:21:34sur 2026.
01:21:35Le scénario
01:21:36présenté par le gouvernement
01:21:40respecte
01:21:40de fait
01:21:41pour l'année 2027
01:21:42largement
01:21:42le critère
01:21:43de dépense nette,
01:21:44même si nous avons
01:21:46souligné
01:21:46que le scénario
01:21:47macroéconomique
01:21:48était soumis
01:21:48à des aléas
01:21:49et que ça pèserait
01:21:50aussi sur la dépense.
01:21:51Donc vous avez
01:21:52ces deux critères
01:21:52qui aujourd'hui
01:21:53ne coïncident pas
01:21:55complètement
01:21:56et on n'a pas
01:21:57la même appréciation
01:21:57sur ces deux critères.
01:21:59Je pense que
01:22:00c'est un point important.
01:22:04concernant
01:22:05les multiplicateurs
01:22:06et la question
01:22:07qui était précisée,
01:22:08on n'a pas
01:22:09suffisamment
01:22:10d'éléments
01:22:11pour les expertiser
01:22:12tous,
01:22:14mais l'ordre
01:22:15de grandeur
01:22:16compris entre 0,5
01:22:18et 1
01:22:18peut permettre
01:22:19de se faire
01:22:20un avis
01:22:20et effectivement
01:22:22dans le tableau
01:22:23qui a été cité
01:22:24par la présidente
01:22:25qui doit être
01:22:26le tableau 4
01:22:27à la dernière ligne,
01:22:28vous avez
01:22:29l'effort
01:22:30de consolidation
01:22:33qui est simulée
01:22:34par différents
01:22:35instituts de prévision,
01:22:36vous voyez que
01:22:36celle du gouvernement
01:22:37est plus élevée
01:22:38et donc avec
01:22:39un multiplicateur
01:22:40compris entre 0,5
01:22:41et 1,
01:22:41vous pouvez imaginer
01:22:42que les autres
01:22:43instituts de prévision
01:22:44avec une rigueur
01:22:45plus importante
01:22:46auraient projeté
01:22:47une croissance
01:22:48moins forte
01:22:50de 0,1,
01:22:510,2,
01:22:510,3
01:22:52points de PIB.
01:22:56Merci.
01:22:57Je voulais
01:22:58l'audition
01:23:00se termine.
01:23:01Je voulais remercier
01:23:01Michael Zemmour
01:23:02et Amélie de Montchalin
01:23:03de leur présence
01:23:04et de leurs éléments
01:23:06de réponse
01:23:07éclairants.
01:23:08et Amélie de Montchalin