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  • il y a 8 heures

Alors que des milliers de lycéens, étudiants, parents et personnels de l’Éducation nationale manifestent ce mardi 6 octobre à travers la France, Sébastien Lecornu a défendu la réponse du gouvernement lors des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale. Face aux interpellations de Laurent Marcangeli et de Mathilde Panot, le Premier ministre a condamné les violences tout en assurant vouloir entendre « l’angoisse lycéenne ».

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Transcription
00:00Sensible d'ordre public, est-ce que des accidents peuvent arriver ?
00:05La réponse est oui.
00:06Et je dis accident puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violence policière.
00:11Violence policière suggérerait qu'il y ait des instructions politiques de répression policière.
00:17C'est faux, c'est un mensonge et c'est jeter l'opprobre justement sur la police de la République.
00:23Et là où il y a des accidents, puisque c'est un état de droit,
00:27il doit y avoir enquête, enquête administrative, enquête judiciaire,
00:33il doit y avoir transparence, il doit y avoir la recherche de la responsabilité
00:37et pardon de le dire, en être humain, il doit y avoir de l'empathie.
00:41Mais ces choses-là étant dites, il faut faire taire deux mensonges
00:45qui divisent la société, qui remontent la population contre la police de la République
00:50et ce n'est pas acceptable.
00:51Le premier mensonge, c'est de laisser à penser qu'il y a une intentionnalité
00:55et une disproportion volontaire dans l'usage de la force.
00:59Elle n'est pas volontaire, quels qu'en soient les mensonges de la France insoumise.
01:03Et le deuxième mensonge encore plus grave étant de sous-entendre
01:06que la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes.
01:11Et ça, il faut combattre l'ensemble de ces mensonges
01:14qui ont été, ici ou là, disséminés sur les réseaux sociaux,
01:19sur la place publique, dans les médias.
01:22La situation est suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d'une classe politique lâche
01:29qui souffre sur les braises et qui cherche à attiser les violences
01:35pour ensuite mieux les condamner, pour organiser un chaos à des fins électoralistes.
01:47Ces contre-vérités et ces mensonges étant dites.
01:53Je veux vous dire un mot, monsieur le ministre, sur les manifestations d'aujourd'hui.
01:58Non seulement ces manifestations, le gouvernement les accueille avec beaucoup de respect,
02:04mais je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre.
02:06Je les accueille avec soulagement, car enfin, nous avons un cadre légal, déclaré, démocratique,
02:14dans lequel l'expression des désaccords peut se faire, y compris avec le gouvernement que je dirige.
02:20C'est normal, monsieur le président, qu'il puisse y avoir des manifestations.
02:24Et je souhaite que le cadre désormais d'expression du mécontentement des désaccords
02:29se fassent, soit comme nous le faisons ici, dans un exercice démocratique,
02:33par la démocratie parlementaire, soit par la démocratie sociale,
02:36c'est-à-dire par les grèves, par les manifestations.
02:40Ce que l'ensemble de notre Constitution reconnaît comme droit,
02:43c'est aussi la juste réponse, à l'inverse, à la violence que nous condamnons par ailleurs.
02:48De cette mobilisation, monsieur le ministre, monsieur le président Marc Angéli,
02:53Je souhaite que nous puissions désormais avancer pour apporter une réponse politique
02:59à un mécontentement lycéen, à une angoisse lycéenne qui, elle, est réelle
03:05et que nous devons entendre avec beaucoup d'humilité
03:07en luttant contre les instrumentalisations politiciennes.
03:11Plusieurs chantiers ont été ouverts, certains sont globaux.
03:15La question des remplacements, on ne découvre pas le sujet cette semaine.
03:19Ça fait de nombreuses années qu'on y travaille.
03:20Le pacte pour les remplacements avait été décidé par Elisabeth Borne,
03:24que je vois ici, et les premiers ministres précédents.
03:27Beaucoup d'argent ont été mis sur l'éducation nationale
03:29avec une augmentation importante du budget depuis 2017.
03:33Si c'était qu'un sujet d'argent public, malheureusement, ça se saurait.
03:36On pourra néanmoins reparler de budget dans un instant.
03:39La question bâtimentaire doit être objectivée,
03:41sans jeter non plus l'opprobre sur les conseils régionaux,
03:44comme certains ont pu le faire en les instrumentalisant.
03:47Quand je vois ce que la région Île-de-France a pu accomplir depuis 10 ans,
03:49il faut être honnête et le reconnaître.
03:51Et on réunira les présidents de conseils régionaux demain
03:53pour justement objectiver les choses avec sérieux,
03:56comme les élus locaux savent le faire.
03:58Des questions, monsieur le ministre de l'éducation nationale,
04:00qui se posent sur la question de l'orientation,
04:02sur la question de l'organisation du temps scolaire,
04:05sur aussi, et je crois d'ailleurs que j'aurais peut-être pu démarrer
04:08par cet item-là, la question de la démocratie lycéenne
04:11et du recueil de l'expression des lycéens,
04:14parce que derrière, il y a un beau sujet politique
04:16qu'il faut traiter et dont il faut s'emparer.
04:19Ensuite, monsieur le Président,
04:21il faut aussi désormais objectiver les choses lycée par lycée.
04:24Et ce qui me frappe au bout de 15 jours de mouvements lycéens,
04:28pour avoir pris beaucoup de contacts dans mon propre département,
04:30on sent une multiplication de revendications
04:33qui sont très diverses et qui, parfois,
04:34ne font pas écho d'un lycée à l'autre.
04:36Il faut qu'on l'entende, nous, à Paris,
04:37avec beaucoup d'humilité et de sens pratique.
04:40C'est pour ça que le ministre de l'Education nationale
04:42a décidé de libérer du temps,
04:44dès demain matin,
04:46dès jeudi,
04:47dès vendredi,
04:48banalisation complète des emplois du temps
04:50pour permettre à chaque équipe de direction,
04:52dans chaque proviseur,
04:54d'avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée.
04:57On ne peut pas reprocher,
04:59on ne peut pas condamner la violence devant le lycée
05:01si on n'a pas un temps politique,
05:03au sens noble du terme,
05:05au sein de chaque lycée.
05:06Mandat est donné après aux différents recteurs et d'Azen
05:09d'organiser les remontées d'informations
05:11pour y trouver, évidemment, des réponses.
05:13Puis, enfin, il y a deux rendez-vous, quand même,
05:16parce que je ne voudrais pas qu'on les enjambe trop vite.
05:19Le premier, c'est qu'on ne fasse pas
05:22comme s'il n'y avait pas des discussions budgétaires
05:23qui allaient s'ouvrir prochainement,
05:25sur lesquelles un compromis doit être trouvé
05:28dans cette Assemblée,
05:30avec le Sénat également,
05:31et sur lequel,
05:32avec 1,2 milliard d'augmentation
05:34pour le budget du ministère de l'Education nationale
05:36pour l'année prochaine,
05:37on aurait du mal à dire
05:39qu'il n'y a pas, ici ou là,
05:41des marges de manoeuvre,
05:41il faudra trouver des économies ailleurs,
05:43mais sur lesquelles nous pouvons trouver
05:45des réponses en urgence.
05:46En tout cas, j'ouvre cette porte,
05:48c'est une évidence.
05:50Puis, enfin, l'autre rendez-vous,
05:51c'est l'éléphant qui est dans la pièce,
05:53c'est l'élection présidentielle,
05:54dans lequel il faudra bien
05:56que l'ensemble des candidats
05:58projettent aussi une vision,
06:00une perspective
06:00pour le service public
06:02de l'éducation nationale.
06:03Là aussi, il ne faut pas s'engager
06:05sur des mesures
06:05que ce gouvernement
06:06ne pourrait pas mettre en oeuvre
06:08dans des temps courts désormais,
06:10mais sur lesquels nous pouvons apporter des réponses,
06:12mais sur lesquelles une vision...
06:14de l'éducation nationale.
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