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Revoir notre soirée spéciale "266 000 manifestants, le mouvement lycéen se poursuit ", présentée par Maxime Switek sur BFMTV ce mardi 6 octobre 2026.
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00:00:00Les blocages, les manifestations.
00:00:02450 000 manifestants dans toute la France selon les organisateurs.
00:00:07Vous avez une jeunesse aujourd'hui qui va mal.
00:00:09Il n'y a pas de radiateur quand il fait froid.
00:00:11C'est sale, il y a des rats, ils se baladent.
00:00:13Les poncartes de ces lycéens résument parfaitement leurs revendications.
00:00:17Le vrai problème, c'est le manque d'anticipation du gouvernement.
00:00:20L'ultra-violence a frappé à la porte de ces lycées.
00:00:24Nous avons 24 bâtiments qui ont été saccagés et incendiés.
00:00:26Nous avons par contre 30 000 élèves qui sont privés de cours.
00:00:29Méfiez-vous, aucun LVD, aucune grenade ni matraque
00:00:32ne viendra à vous d'une jeunesse décidée à se lever pour son avenir.
00:00:35Si l'épreuve nous suivent, ça met beaucoup plus d'importance dans notre message.
00:00:39Du pays pour les services publics !
00:00:41On lâche absolument rien et on est prêts, on découte s'il le faut.
00:00:44Ça résume le manque de considération de notre gouvernement.
00:00:46Une gestion qui est bancale.
00:00:48Aujourd'hui, on en a marre. Aujourd'hui, on les stoppe.
00:00:50Il va falloir des annonces un peu plus nationales, des mesures budgétaires.
00:00:54Le pouvoir actuel macroniste ne peut pas vraiment se plaindre
00:00:57de conséquence d'une politique qu'il a lui-même mis en place.
00:01:03Et pour cette émission spéciale, ce soir sur BFM TV, je vous présente nos invités.
00:01:07D'abord François Ruffin, bonsoir.
00:01:08Merci d'être là, candidat debout à l'élection présidentielle, député de la Somme.
00:01:13Mathieu Vallée, bonsoir.
00:01:14Député européen du Rassemblement national, ancien commissaire de police.
00:01:16Richard Ramos, bonsoir.
00:01:17Bonsoir.
00:01:18Député modem du Loiret, Yves Trier avec moi.
00:01:20Bonsoir Yves.
00:01:21Bonsoir Maxime.
00:01:22Raphaël Kemp, bonsoir Maître.
00:01:24Merci d'être l'avocat pénaliste au barreau de Paris.
00:01:26Et je termine pour commencer avec vous, Sophia Tizaoui.
00:01:29Bonsoir Sophia.
00:01:30Merci d'être avec nous, ancienne présidente de l'Union syndicale Lyssen.
00:01:33Ma première question, elle est pour vous.
00:01:35Vous étiez avec nous hier soir.
00:01:36Vous avez manifesté aujourd'hui.
00:01:38Qu'est-ce que vous dites ce soir ?
00:01:40Stop ou encore ?
00:01:41Pas encore et on continue.
00:01:42On ne va pas s'arrêter sur une si belle lancée parce qu'on voit qu'on fait peur au
00:01:45gouvernement.
00:01:45Si aujourd'hui il y a une réunion de crise à l'Elysée, c'est qu'ils savent très bien
00:01:49la puissance que peut avoir la jeunesse dans ce pays.
00:01:51Et on n'est pas prêt de s'arrêter tant qu'on n'aura pas obtenu gain de cause.
00:01:53Mais gain de cause, ça veut dire quoi ?
00:01:55Ça veut dire ce à quoi nous avons le droit et ce que l'État nous doit aussi.
00:01:58C'est-à-dire des conditions dignes d'éducation et simplement des milliards d'euros qui doivent être débloqués immédiatement.
00:02:06Parce que sans ça, on n'avancera pas.
00:02:08Parce que malheureusement, le nerf de la guerre aujourd'hui, c'est l'argent.
00:02:11Vous reprenez ce chiffre-là ?
00:02:12Il y a un certain nombre d'organisations de jeunesse, d'études, de syndicats, etc. qui disent qu'il y
00:02:16a 10 mesures à mettre en place.
00:02:17Ces 10 mesures, elles coûtent 10 milliards et c'est maintenant.
00:02:20Bien sûr. Et ces 10 mesures, la priorité en vrai.
00:02:23On a mis 10 mesures parce que ce sont les priorités, mais en réalité, il y en a bien plus.
00:02:26Et on commence par ça parce que c'est un projet qu'il faut construire et construire vite et rapidement.
00:02:31Parce que depuis des années, on ne construit pas et on déconstruit l'éducation nationale en faisant des coûts budgétaires
00:02:36de plus en plus abjects.
00:02:38François Ruffin, vous faites la même lecture. Le gouvernement a peur ce soir ?
00:02:40C'est ce que dit Sophia Tizaoui.
00:02:41En tout cas, je pense qu'il y a une victoire de la jeunesse.
00:02:43Parce que pendant une semaine, on a eu une réponse policière, mais on n'a pas eu de réponse politique.
00:02:48Et enfin, on commence à avoir une réponse politique.
00:02:52Donc maintenant, il faut qu'elle soit clarifiée, elle soit accélérée pour dénouer une crise et la dénouer dans le
00:02:57bon sens avec des lanceurs d'alerte finalement.
00:03:00On a économisé un point de PIB sur l'éducation ces 30 dernières années.
00:03:04C'est 30 milliards d'euros en moins.
00:03:06Avec du coup des conséquences sur les bâtiments et sur les recrutements.
00:03:09Et moi, je suis frappé. Vous savez, je me suis baladé avec mon petit cahier de reporters de E en
00:03:15Seine-Maritime, à Paris, en passant par Amiens, aux Assemblées Générales.
00:03:18Le mot qui revenait le plus, c'est moisissure.
00:03:20C'est un frigo l'hiver, c'est une bouilloire l'été.
00:03:24C'est-à-dire des revendications de base matérielle.
00:03:27Et moi, j'étais frappé par ce fossé entre le côté ça va de soi, simple, basique des demandes,
00:03:33et de l'autre côté, le silence, l'absence, la non-réponse du gouvernement.
00:03:37Donc vous vous dites aussi encore, comme Sophia Tizaoui.
00:03:40Il faut que ça continue.
00:03:40Je dis que, surtout, je souhaite que ça soit encore du côté du gouvernement.
00:03:44La balle, elle est du côté du gouvernement pour dire maintenant, on va bouger.
00:03:47Je viens avec des propositions sur la table.
00:03:50Il y a évidemment investir.
00:03:51L'éducation, ce n'est pas un coût, c'est un investissement.
00:03:54Et même le Conseil d'analyse économique a estimé qu'on faisait une perte de 140 milliards d'euros
00:03:59parce qu'il y avait des baisses de productivité dues au non-investissement.
00:04:02Et puis je dis ensuite, je voudrais y revenir pendant le débat,
00:04:04la question de l'orientation, de parcours sup, mais pas seulement de parcours sup.
00:04:08La question de l'orientation tout au fil du parcours scolaire
00:04:12est une grande question qu'on doit mettre sur la table.
00:04:14Et là, ça doit sortir dans une heure.
00:04:16La crise, elle peut être dénouée si jamais le gouvernement, il arrive avec des mesures qui sont...
00:04:20Vous vous dites que dans une heure, ça peut être pillé,
00:04:22mais quand ça coûte 10 milliards, ça ne se résout pas en une heure.
00:04:24Il y a des mesures symboliques qui peuvent être prises.
00:04:26Plus de LBD devant les lycées.
00:04:28C'est la première chose.
00:04:30Renoncer pour le budget au 1588, suppression de poste.
00:04:33Deuxième chose.
00:04:34Troisième chose, nous on dit, le vote à 16 ans,
00:04:36qui est un symbole de « on veut écouter la jeunesse ».
00:04:39C'est-à-dire qu'on sait bien que sur les bâtiments,
00:04:41les ouvriers, tout le monde ne va pas se mettre à faire les chantiers,
00:04:44que ça ne va pas être réglé d'ici l'hiver.
00:04:46Et je pense que les lycéens, les étudiants en sont conscients.
00:04:49En revanche, il y a un certain nombre de mesures
00:04:51sur lesquelles le gouvernement doit débloquer tout de suite
00:04:53et ne doit pas se crisper et doit être allant pour écouter la jeunesse,
00:04:58même si c'est tardif.
00:04:59Monsieur Ruffin, comme mademoiselle, il faut des moyens, c'est évident.
00:05:03Il faut probablement revoir Parcoursup, beaucoup de choses.
00:05:07Je prends l'exemple de 2010, que vous connaissez bien,
00:05:10puisque en 2010, il y a eu aussi une crise lycéenne.
00:05:13Beaucoup d'argent a été mis sur la table.
00:05:16Et moralité, ça n'a rien réglé du tout, semble-t-il.
00:05:20Donc, est-ce qu'il ne faut pas plutôt, et après,
00:05:24est-ce qu'il ne faut pas aussi faire, je dirais, le tri dans les...
00:05:27Parce que quand vous parlez des LBD, les LBD, ça n'a rien à voir avec le lycée,
00:05:31avec l'avenir des lycées.
00:05:32On va en parler ce soir aussi.
00:05:34Oui, mais ça n'a rien à voir avec l'avenir des lycées.
00:05:35Disons que l'avenir des lycées, c'est ça qu'il faut vraiment préserver,
00:05:40construire, investir.
00:05:41Est-ce que, plutôt que de lâcher de l'argent comme ça,
00:05:43il ne faut pas qu'il y ait une liste de courses, enfin, un cahier de doléances,
00:05:47en disant, voilà, ça, ça, ça, et que le gouvernement, eh bien, soit obligé,
00:05:53enfin, pas obligé, mais qu'il y ait une discussion avec le gouvernement
00:05:55et qu'une négociation s'ouvre.
00:05:57Parce que si le gouvernement sort de sa réunion,
00:06:01le président et quelques ministres...
00:06:03La réunion est terminée, nous dit-on.
00:06:04Oui, en disant, bon, ben, on donne le temps,
00:06:07ben, je suis sûr que ça ne va pas vous satisfaire,
00:06:09parce que vous ne savez pas où va aller cet argent.
00:06:12Non, mais bien sûr qu'il faut que ça soit fléché.
00:06:13Et c'est pour ça qu'on alerte depuis des années,
00:06:15ça ne date pas d'aujourd'hui, les revendications qu'on demande.
00:06:18Mais à un moment donné, quand on voit qu'on se mobilise pour nos droits
00:06:21et qu'on se fout de nous en nous disant qu'on va supprimer des postes
00:06:24avec le budget qui arrive, je suis désolée,
00:06:26mais les syndicats ont alerté, les lycéens, les étudiants,
00:06:30sur toutes les priorités à mettre,
00:06:31et on ne les écoute pas à chaque fois.
00:06:33Donc c'est normal qu'en fait on soit révolté,
00:06:35qu'on soit dans les rues, parce que sinon ça n'avance pas.
00:06:37Richard Ramos, on se fout de nous.
00:06:39C'est aussi à vous qu'elle le dit, Sofiatie.
00:06:40Oui, bien sûr, mais de toute façon, j'étais cet après-midi avec des lycéens,
00:06:43je n'ai pas été aux questions au gouvernement,
00:06:44j'étais avec des lycéens à Orléans.
00:06:47Il y a une partie de dire que vous ne nous écoutez pas, c'est clair.
00:06:51Derrière les revendications qui sont légitimes,
00:06:53notamment Parcoursup,
00:06:55parce qu'autrefois on avait peur d'avoir le bac,
00:06:58mais après une fois qu'on avait le bac,
00:07:00on pouvait s'essayer, j'ai envie de dire.
00:07:02Avec Parcoursup, c'est la crainte, on a peur avec Parcoursup.
00:07:06Et donc vous avez aussi des jeunes qui ont dit,
00:07:08mais moi je ne suis peut-être pas très bon,
00:07:10mais je me suis réveillé un peu en terminale.
00:07:12Et donc laissez-nous le temps à la fac.
00:07:15Alors ça a un coup, c'est vrai,
00:07:17il y avait des gens qui arrivaient,
00:07:18ils n'avaient pas d'orientation,
00:07:19ils veulent être fléchés.
00:07:20Et puis, moi je le crois, c'est aussi une crise sociale.
00:07:23C'est-à-dire, c'est une crise entre,
00:07:25et moi je suis depuis 9 ans,
00:07:27on va dire dans la Macronie,
00:07:28donc on peut me le mettre sur le dos vraiment tranquillement.
00:07:31On n'a pas su créer le lien avec cette jeunesse
00:07:35qui de toute façon, même quand on leur parle,
00:07:38ne nous croit plus,
00:07:39parce que de toute façon, ils pensent qu'on n'écoute pas.
00:07:41Et là, je l'ai dit depuis quelques jours,
00:07:43je pense que c'est le Premier ministre qui doit intervenir.
00:07:46Je pense que l'une des erreurs qui a été faite,
00:07:48ça a été...
00:07:48Ce qu'il a fait cet après-midi.
00:07:49Voilà, mais ça fait...
00:07:51On va l'entendre dans un instant.
00:07:52Ça fait 5-6 jours sur les plateaux,
00:07:53j'arrête pas de dire ça.
00:07:54Parce qu'il y a un moment donné,
00:07:56il faut que les lycéens sentent
00:08:00qu'il y a une vraie prise en considération.
00:08:02Et le ministre de l'Éducation nationale,
00:08:04il n'avait pas, dans les premiers dialogues avec les lycéens,
00:08:07il n'avait pas été à la hauteur.
00:08:09Et donc là, aujourd'hui,
00:08:10la main doit être prise par le Premier ministre
00:08:11dans un dialogue
00:08:12et dans les propositions qui sont faites,
00:08:14dans un calendrier.
00:08:16Et ça, c'est très très important.
00:08:18On sera à l'Élysée dans un instant.
00:08:20On va revenir sur les revendications dans le détail.
00:08:21Mais je m'arrête sur ce que vous disiez, François Ruffin,
00:08:23c'était quasiment en haut de votre liste tout à l'heure.
00:08:27Plus de LBD devant les lycées.
00:08:30Plus de LBD, c'est ce que réclame le Parti Socialiste
00:08:32dans les manifestations où il y a des mineurs.
00:08:34Est-ce que ça, Mathieu Vallée,
00:08:36ça vous semble faisable ?
00:08:37Vous qui êtes toujours d'ailleurs commissaire de police,
00:08:40même si vous êtes député européen aujourd'hui.
00:08:41Non, mais je ne suis pas étonné
00:08:42que l'extrême-gauche et la gauche, main dans la main,
00:08:43veulent désarmer la police face aux voyous,
00:08:45face aux ragas qui viennent tous saccager.
00:08:47Mme Sizaoui, c'est une lycéenne
00:08:50qui vient revendiquer des demandes légitimes
00:08:52sur les conditions scolaires,
00:08:54sur les professeurs qui sont absents,
00:08:56sur les programmes, sur les rythmes scolaires.
00:08:58Donc ça, il n'y a pas de sujet.
00:08:59Évidemment que moi,
00:09:00quand je vois une manifestation qui se passe bien,
00:09:01c'est tant mieux.
00:09:02D'ailleurs, le gouvernement et M. Macron,
00:09:03après 10 ans, notre pays est en ruine.
00:09:05Et je constate qu'à chaque fois,
00:09:06il a donné cette idée qu'il fallait casser,
00:09:09qu'il fallait brûler, qu'il fallait saccager
00:09:10pour que les gens soient écoutés
00:09:11vu le retard à l'allumage de la réunion ce soir
00:09:13après plus d'une dizaine de jours de blocage.
00:09:15Aujourd'hui, petite parenthèse,
00:09:16on a 488 interpellations ce soir.
00:09:18On est à 6547 depuis le début du mouvement.
00:09:21Donc 87% de mineurs.
00:09:23Absolument.
00:09:23On a 43 forces de l'ordre
00:09:24qui ont été blessées aujourd'hui.
00:09:27Mais, comment dire,
00:09:29ça s'est plutôt mieux passé
00:09:31que ce que l'on craignait.
00:09:32Je vais vous répondre sur ça, Maxime Stuck.
00:09:33Moi, j'ai échangé avec...
00:09:34Je n'ai pas dit que ça s'était bien passé.
00:09:35Non, bien sûr.
00:09:35Il y a eu des violences en fin de cortège
00:09:37dans un 508.
00:09:37Je reconnais votre équilibre,
00:09:38il n'y a pas de souci.
00:09:39Mais non, moi, je m'engage.
00:09:40Moi, les Français m'ont donné un mandat
00:09:42par le bien de Marine Le Pen
00:09:43et Jordan Bardella
00:09:44pour les représenter.
00:09:45Et moi, mon leitmotiv,
00:09:46ça a été mon mention,
00:09:46vous l'avez rappelé,
00:09:47c'est les policiers
00:09:48et les gendarmes
00:09:48qui sont dans le même état
00:09:49que les sapeurs-pompiers,
00:09:50que les écoliers,
00:09:51que l'hôpital,
00:09:51que la justice,
00:09:52sous les services publics aujourd'hui,
00:09:53sont en crise
00:09:53et ont d'ailleurs manifesté
00:09:54à la rentrée.
00:09:56Est-ce qu'on retire les LBD ?
00:09:57Est-ce qu'on retire les grenades
00:09:58de l'encarnement ?
00:09:59Quand les policiers-gendarmes
00:09:59ont protégé le pape,
00:09:59tout le monde était content,
00:10:00ils ont été applaudis
00:10:01comme les attentats.
00:10:01Quand les sapeurs-pompiers
00:10:02nous ont sauvés des méga-faits,
00:10:03on les a applaudis.
00:10:04Donc aujourd'hui,
00:10:05l'hôpital lors du Covid,
00:10:06donc aujourd'hui,
00:10:07tout le monde est en crise
00:10:07grâce à M. Macron au bout de 10 ans.
00:10:09Non, on n'interdite pas
00:10:10les enceintes de balles de défense
00:10:11ni les grenades
00:10:12dont disposent les policiers-gendarmes
00:10:13parce que d'abord,
00:10:13c'est des gens intelligents.
00:10:14Ce n'est pas des boubourses,
00:10:15des babaches,
00:10:16comme on dit chez moi dans le Nord.
00:10:17C'est des gens auxquels nous,
00:10:18moi, Marine Le Pen et Jordan Bardella
00:10:19faisons confiance
00:10:20pour faire de l'ordre public.
00:10:21C'est des spécialistes
00:10:22de l'ordre public.
00:10:22Et j'ajoute qu'aujourd'hui,
00:10:24M. Suitec,
00:10:24vous n'êtes pas au courant,
00:10:25mais avant de faire intervenir
00:10:27les compagnies d'intervention
00:10:28que vous avez montrées
00:10:28sur nos images
00:10:29cet après-midi,
00:10:29à fond de faire intervenir
00:10:30les compagnies républicaines de sécurité,
00:10:31ils ont attendu
00:10:32plus de 20 minutes
00:10:33sous une plume de pavé.
00:10:34J'ai entendu le préfet de police
00:10:35dire qu'il y avait un policier
00:10:35qui avait reçu un pavé,
00:10:36mais non.
00:10:36Ils ont reçu une pluie de pavé
00:10:38de black bloc,
00:10:40de gens de l'ultra-gauche
00:10:41que le renseignement
00:10:42docute très bien,
00:10:42qui n'ont rien à voir
00:10:43avec les lycéens
00:10:44et les étudiants
00:10:45qui viennent revendiquer.
00:10:46Évidemment,
00:10:47il faut le dire,
00:10:47quand la manifestance
00:10:48pour Paris est partie
00:10:49de passe de la pluie
00:10:50jusqu'à la nation,
00:10:50mais à Strasbourg,
00:10:51ça a été pareil,
00:10:52à Lyon,
00:10:52ça a été pareil.
00:10:53On ne change rien
00:10:53en dotation des CRS,
00:10:54par exemple,
00:10:55et de ceux qui s'occupent
00:10:56du matin.
00:10:57Il y a 715 policiers
00:10:59et gendarmes blessés.
00:11:01Rien que ça,
00:11:01on voit que la violence
00:11:02est à les côtés des casseurs
00:11:03et pas des policiers et gendarmes.
00:11:04Ce soir,
00:11:04on a dépassé les 750.
00:11:05M. Kempf,
00:11:06qu'est-ce que vous dites là-dessus ?
00:11:07Je dis qu'il y a des gens
00:11:08qui, depuis plusieurs jours,
00:11:10ont été mutilés.
00:11:11Un enfant hier
00:11:12qui a perdu sa main,
00:11:13un lance,
00:11:14un enfant qui a perdu la vue,
00:11:16un enfant qui a perdu sa mâchoire,
00:11:17et cela en raison
00:11:18des armes de guerre
00:11:19qui sont utilisées.
00:11:20Et le terme juridique,
00:11:21et vous le connaissez,
00:11:22M. Vallée,
00:11:23vous êtes juriste,
00:11:23enfin je l'espère,
00:11:24dans le Code de la sécurité intérieure,
00:11:26on parle d'armes
00:11:27et de matériel de guerre
00:11:28pour évoquer le LBD,
00:11:30les grenades assourdissantes.
00:11:31Donc oui,
00:11:32lorsque le gouvernement
00:11:33fait le choix
00:11:34contre des enfants,
00:11:35aujourd'hui,
00:11:35de continuer
00:11:36à utiliser ces armes,
00:11:37alors que cela fait des années
00:11:39qu'on sait que des gens
00:11:40peuvent perdre la vue,
00:11:41peuvent être mutilés,
00:11:43eh bien ce gouvernement
00:11:43est criminel.
00:11:44Et je voudrais dire une chose,
00:11:45parce qu'on dit
00:11:46qu'il y a eu
00:11:47plus de 6 000 interpellations,
00:11:495 000 gardes à vue,
00:11:50combien de poursuites judiciaires ?
00:11:52À peine 1 800.
00:11:54Et si ça se trouve
00:11:54sur ces 1 800 poursuites,
00:11:56aucune n'aboutiront.
00:11:57Cela veut dire
00:11:57que le différentiel,
00:11:58ce sont des arrestations à tort.
00:12:00Il y a dans ce pays
00:12:01des milliers de lycéens
00:12:03qui, depuis 10 jours,
00:12:04sont interpellés
00:12:06arbitrairement par la police.
00:12:07Et je vais vous dire,
00:12:07Maxime Suttek,
00:12:08parce que moi,
00:12:08depuis une semaine,
00:12:09je vais dans les commissariats
00:12:10de police.
00:12:11Je fais comme M. Rameau,
00:12:12je rencontre des lycéens,
00:12:13alors pas au même endroit,
00:12:14mais moi je les rencontre
00:12:15dans les commissariats de police
00:12:16parce qu'ils m'appellent
00:12:16et je vais les voir.
00:12:18Eh bien, ils sont là
00:12:18dans une situation
00:12:19de grande vulnérabilité.
00:12:20Je crois que vous ne vous rendez pas
00:12:21compte de ce que c'est,
00:12:22M. Vallée.
00:12:23Lorsqu'on a 13 ans,
00:12:24lorsqu'on a 13 ans,
00:12:26on est en garde à vue.
00:12:26Ils sont calmes dans une situation
00:12:27difficile.
00:12:28Excusez-moi, M. Vallée.
00:12:28Ce sera votre honneur
00:12:28d'être calme surtout
00:12:29en tant qu'occurrence de justice.
00:12:31Moi, je vais bien débattre avec vous,
00:12:32ce corps,
00:12:32mais je mets une condition
00:12:33du respect et du calme.
00:12:35En tant qu'avocat,
00:12:35vous devez montrer l'exemple.
00:12:36Tout va bien,
00:12:37tout le monde reste calme.
00:12:37Il y a 5 060 jeunes
00:12:39et notamment lycéens
00:12:40qui ont été placés
00:12:40en garde à vue.
00:12:41Et lorsque je vais les voir
00:12:41en garde à vue,
00:12:42on discute du dossier,
00:12:43c'est normal.
00:12:44Mais au bout d'un moment,
00:12:44je leur demande pourquoi
00:12:45ils manifestent,
00:12:46pourquoi ils y vont.
00:12:46Les policiers,
00:12:47ils ont le droit
00:12:47à la présomption d'essence.
00:12:48Les policiers,
00:12:49je termine mon propos,
00:12:50ils ont le droit aussi
00:12:51à être protégés.
00:12:52Vous voyez que quand
00:12:53vous avez...
00:12:54Richard Rameau,
00:12:54je n'avais sans doute
00:12:55aucun mot sur ce lycéen
00:12:57qui a perdu ma gueule.
00:12:58Je termine juste sur ça.
00:12:59Attendez,
00:12:59il y a un lycéen
00:13:00qui a perdu une main.
00:13:01Est-ce que les policiers
00:13:03qui sont suspectés
00:13:04d'avoir mutilé cette enfance
00:13:06sont en garde à vue aujourd'hui ?
00:13:07Est-ce que ces policiers
00:13:08sont-ils en garde à vue aujourd'hui ?
00:13:09Dans quelle affaire ?
00:13:10Dans l'affaire du lycéen de Lens
00:13:12qui a perdu la main hier
00:13:13à la suite de l'usage
00:13:14d'une grenade explosive.
00:13:16Voilà,
00:13:17donc les policiers
00:13:17ne sont pas en garde à vue.
00:13:18On est dans un pays
00:13:19qui est capable
00:13:20de mettre à tort
00:13:21des milliers de lycéens
00:13:22en garde à vue,
00:13:22de les priver de libération
00:13:23et de les empêcher
00:13:24de manifester.
00:13:24Ça ne veut pas dire
00:13:25qu'il n'y aura pas de garde à vue.
00:13:27Pourquoi pour les lycéens
00:13:28on est capable
00:13:28de les interpeller immédiatement ?
00:13:29De les mettre en garde à vue immédiatement ?
00:13:31Tandis que lorsqu'il y a
00:13:33des faits criminels...
00:13:33Vous sortez votre catéchisme de gauchiste ?
00:13:34Attendez,
00:13:35alors là c'est du droit.
00:13:36Là c'est uniquement du droit,
00:13:37c'est le code pénal.
00:13:38Oui d'accord.
00:13:39Mutilation.
00:13:39Pour conclure sur ce point-là.
00:13:40Je ne suis pas venu sur un point-là.
00:13:41Je ne suis pas venu sur un point-là.
00:13:42Je ne suis pas venu sur un point-là.
00:13:42Il y a entraîné une infirmité par l'annonce
00:13:44ou pas un crime au sens du code pénal.
00:13:45Je dis qu'il y a des députés
00:13:46de la France insoumise,
00:13:47M. Leomand,
00:13:48M. Vanier,
00:13:49Mme Legrin
00:13:50qui a aux questions au gouvernement
00:13:51ou hier à l'Assemblée
00:13:53accusé ce policier
00:13:54d'attuchement sexuel
00:13:54alors qu'il n'en savait rien.
00:13:55Il ne connaissait ni rien de l'affaire,
00:13:57ni rien de l'intervention,
00:13:58ni rien de ce qui s'est passé après.
00:14:00Est-ce qu'ils s'excusent ces gens-là ?
00:14:01Est-ce qu'ils font un tweet,
00:14:02un message pour dire
00:14:03on s'est trompé,
00:14:03on présente nos excuses ?
00:14:04Et ils ne sont pas là ce soir.
00:14:05Quand on accuse les gens,
00:14:06il y a passé de la diffamation.
00:14:07J'espère qu'ils seront également poursuivis
00:14:09par la justice de notre pays.
00:14:12Je voulais juste dire à M. Vallée
00:14:14que même s'il est en élection présidentielle
00:14:16pour Marine Le Pen,
00:14:17quand il y a quelque chose...
00:14:18Pardon, pardon.
00:14:20Vous allez me laisser parler quand même.
00:14:21Vous en priez.
00:14:21Vous m'avez coupé tout à l'heure.
00:14:22Non, non.
00:14:24Quand vous dites
00:14:24ce qui s'est passé,
00:14:25qu'on jette un policier en pâture,
00:14:27c'est grave.
00:14:27Mais quand vous dites
00:14:28il faut passer le mot Macron à chaque fois,
00:14:31je veux dire,
00:14:32on ne peut pas réduire.
00:14:32On peut bagarrer sur les idées.
00:14:34Mais est-ce que c'est le président Macron
00:14:37qui fait qu'on a un cadre de gens
00:14:39qui ont mis en pâture un pilier ?
00:14:41Ce n'est pas le président Macron
00:14:41qui a dit
00:14:42inexplicable pour la fernaine ?
00:14:43Moi, je pense...
00:14:44Ce n'est pas lui
00:14:44qui a parlé du haut policier
00:14:45à la contrôle française,
00:14:46M. Ramos ?
00:14:46C'est son résultat, ça.
00:14:48Il croit que c'est au point de barrage...
00:14:49Attendez, M. Vallée, M. Ramos.
00:14:50Un, je pense que ça ne mérite que ça.
00:14:52Et ce qui est très difficile,
00:14:53en tout cas, même pour moi,
00:14:54parce que quand on débat comme ça
00:14:56face à des Français
00:14:57qui nous regardent ce soir,
00:14:59c'est comme s'il fallait choisir son camp.
00:15:01C'est comme si,
00:15:02soit il faut que je sois
00:15:02du côté de la jeunesse,
00:15:04soit il faudrait que je sois
00:15:05du côté des policiers.
00:15:06Mais c'est...
00:15:06Pardon de le dire.
00:15:07C'est plus complexe que ça.
00:15:09Quand un policier,
00:15:10il a commis un méfait,
00:15:12quand il a utilisé des armes
00:15:13qu'il ne devrait pas utiliser,
00:15:14il faut être d'une sévérité incroyable.
00:15:16Mais alors, M. Ramos ?
00:15:17Non, M. Ramos.
00:15:18Il ne peut pas mettre
00:15:18son même pied d'égalité.
00:15:20M. Ramos.
00:15:20Et quand on a des policiers
00:15:21et des gendarmes
00:15:21qui ont le monopole
00:15:22de la violence légitime
00:15:22et des voyous et des casseurs
00:15:24qui s'en prennent en eux...
00:15:24Et quand on a...
00:15:25Les voyous et les casseurs...
00:15:33Et il y en a beaucoup
00:15:34qui n'avaient jamais
00:15:36commis de violence,
00:15:37qui se font entraîner
00:15:38dans une violence
00:15:39et ceux-là
00:15:39qui vont aller taper
00:15:40des professeurs, etc.
00:15:41Là, il faut y aller,
00:15:42je dirais, avec du ça.
00:15:43Mais alors, attendez...
00:15:44Le Premier ministre
00:15:45n'est pas intervenu assez tôt.
00:15:46C'est probablement
00:15:47un des sujets.
00:15:48François Ruffin,
00:15:49j'entends votre proposition,
00:15:51encore une fois,
00:15:51qui rejoint celle du Parti Socialiste
00:15:53sur le fait de retirer
00:15:54au maintien de l'ordre
00:15:55un certain nombre d'armes
00:15:57dans le cas de manifestations
00:15:58où il y a des mineurs.
00:15:59Je vous montre
00:16:00simplement une séquence.
00:16:01Une séquence prise tout à l'heure.
00:16:02On est à la fin
00:16:03de la manifestation
00:16:04à Nation.
00:16:05Ça dure 25 secondes.
00:16:06On regarde,
00:16:06on en parle juste après.
00:16:18– Sous-titrage ST' 501
00:16:46Vous voyez la confusion,
00:16:48François Ruffin.
00:16:48Dans une manifestation
00:16:49où il y avait énormément de monde,
00:16:51plus de 40 000 personnes
00:16:51cet après-midi à Paris
00:16:53d'après la police,
00:16:54où il y a beaucoup de mineurs,
00:16:55évidemment,
00:16:56Sophia Tizaoui manifestait
00:16:57avec plein d'autres lycéens,
00:16:58étudiants, etc.
00:16:59Et vous avez des casseurs
00:17:00au milieu de tout ça aussi
00:17:02qui vont s'en prendre
00:17:03en force de l'ordre, etc.
00:17:04Comment vous faites
00:17:05dans ces cas-là
00:17:06si on vous retire,
00:17:08on retire aux policiers,
00:17:09un certain nombre
00:17:10de leurs armes ?
00:17:10– Je vous réponds,
00:17:11M. Sutec.
00:17:12Vous dire que
00:17:13j'éprouve un sentiment
00:17:14de tristesse
00:17:16quand je vois le pays
00:17:17qui se déchire
00:17:18et que,
00:17:19ici aussi,
00:17:20sur ce plateau,
00:17:21c'est comme si
00:17:23chacun devait choisir
00:17:24ses victimes
00:17:24et chacun devait choisir
00:17:26ses violences
00:17:27et qu'on ne cesse
00:17:29de les rejeter
00:17:31comme ça
00:17:31de l'un à l'autre.
00:17:32Moi, je suis triste
00:17:34et ce que je cherche,
00:17:36c'est quel est
00:17:36le chemin du dépassement.
00:17:39J'étais avec les Gilets jaunes
00:17:41dès le premier jour
00:17:41et j'ai vu comment
00:17:43le fait de ne pas apporter
00:17:44une réponse politique
00:17:46mais seulement
00:17:47une réponse policière
00:17:49dans un face-à-face
00:17:50où on avait
00:17:51des Français,
00:17:51des habitants
00:17:52de notre pays
00:17:53des deux côtés
00:17:54et qu'on les conduisait
00:17:55à se taper dessus
00:17:56avec des mains arrachées,
00:17:58des yeux crevés,
00:17:59des vies brisées.
00:18:00Et je dirais
00:18:01qu'ils portent un uniforme
00:18:03et qu'ils n'en portent pas,
00:18:04j'en suis triste.
00:18:05Et ce que je cherche,
00:18:07ce que je pense
00:18:07que nous devons chercher,
00:18:08c'est comment on construit
00:18:10un avenir pour notre jeunesse,
00:18:11comment on construit
00:18:12un avenir pour notre pays,
00:18:13comment on dépasse ça
00:18:15et comment on n'est pas dans...
00:18:17Voilà.
00:18:17Et donc,
00:18:18moi,
00:18:18je fais mien
00:18:20et je condamne
00:18:21les violences policières
00:18:22quand il y a une main
00:18:23qui est arrachée
00:18:24à Lens,
00:18:25quand il y a des yeux
00:18:25qui sont crevés
00:18:27à Tours.
00:18:29Mais je condamne,
00:18:30évidemment,
00:18:31les casseurs
00:18:31dans les manifestations
00:18:32quand je vois
00:18:33un capillon de pompiers
00:18:34qui brûle à Marseille.
00:18:34Mais la question,
00:18:35c'est comment vous faites
00:18:35si vous retirez
00:18:36une partie de la dotation
00:18:37en armes
00:18:37des CRS
00:18:38ou des gendarmes ?
00:18:38Ce que je vous énonce,
00:18:40M. Zuitek,
00:18:40c'est ce que...
00:18:41Les trois mesures d'urgence,
00:18:43je ne refais pas là
00:18:44la doctrine
00:18:44de m'intir de l'ordre.
00:18:45Je veux bien refaire
00:18:46l'histoire
00:18:46sur comment elle évoluait,
00:18:48comment il y a eu
00:18:48une cassure
00:18:49au moment de Sivins,
00:18:54dans laquelle j'étais,
00:18:55où il y a eu
00:18:55des nouvelles méthodes
00:18:56qui ont été employées.
00:18:57Comment ça s'est prolongé
00:18:58ensuite,
00:18:59de façon paroquique,
00:19:01au moment des Gilets jaunes
00:19:02puisque Emmanuel Macron
00:19:03n'avait plus que ça
00:19:04pour se maintenir au pouvoir,
00:19:05c'est-à-dire
00:19:06s'appuyer sur
00:19:07la force de coercition.
00:19:09Mais là,
00:19:10ce que je viens poser,
00:19:11c'est...
00:19:12Si j'étais
00:19:13M. Lecornu,
00:19:15qu'est-ce que je dirais
00:19:15ce soir
00:19:17sur le perron
00:19:18de l'Élysée
00:19:18pour dire
00:19:19de dénouer cette crise
00:19:20et de dire
00:19:21qu'on est derrière
00:19:22une France
00:19:23qui cherche un chemin
00:19:24de la réconciliation.
00:19:25Et qu'est-ce que vous proposez ?
00:19:26Si je devais le dresser,
00:19:28c'est à un autre niveau
00:19:28que je le poserais.
00:19:29C'est de dire
00:19:31qu'il doit y avoir
00:19:32une réponse politique
00:19:33et non pas
00:19:33une réponse politique.
00:19:34Je suis d'accord
00:19:34avec vous, M. Ruffin.
00:19:35Et la deuxième chose,
00:19:36c'est que...
00:19:36Comment ils font les policiers
00:19:37qu'ils soient des coquetels
00:19:38molotovs sans armes ?
00:19:39Eh bien,
00:19:40la conjonction,
00:19:41mais j'ai...
00:19:42C'est la vraie vie
00:19:43dont je vous parle,
00:19:43M. Ruffin.
00:19:44La conjonction
00:19:44avec des forces de renseignement
00:19:46qui identifient
00:19:47dans les manifestations
00:19:48qui sont
00:19:49les personnages troubles
00:19:50et attendent
00:19:52que ça se desserre
00:19:53pour aller les choper
00:19:54ceux-là.
00:19:55Et ça,
00:19:55je n'ai pas de difficulté avec ça.
00:19:57qui est avocat à côté de vous,
00:19:58il peut vous dire
00:19:58qu'il n'y a pas d'interpellation
00:19:59préventive dans notre pays.
00:20:00On peut prendre les gens
00:20:01contre la grande délire.
00:20:01Je vais exactement dire
00:20:02qui en a.
00:20:02Vous savez très bien,
00:20:04ça a été démontré.
00:20:05Mais moi,
00:20:05ce qui me pose problème
00:20:06dans votre raisonnement,
00:20:07M. Ruffin,
00:20:08M. Ruffin,
00:20:08si vous pouviez arrêter
00:20:09de maltraiter mon nom
00:20:10parce que je ne m'appelle
00:20:11pas Kempf,
00:20:11mais Kempf.
00:20:12Mais bon,
00:20:12peu importe.
00:20:13Autant pour moi.
00:20:13Non, mais peu importe.
00:20:15Depuis le début,
00:20:16il n'y a pas de souci.
00:20:17Depuis le début du mouvement,
00:20:19au début,
00:20:19le mouvement,
00:20:19c'était devant des lycées.
00:20:21Il n'y avait pas
00:20:21de cocktail Molotov.
00:20:22Il n'y avait pas
00:20:22ce que ici,
00:20:23autour de cette table,
00:20:24certains appellent
00:20:24des caisseurs
00:20:25ou des antifas.
00:20:26Il y avait quelques
00:20:26cocktails Molotov.
00:20:27Au début,
00:20:27il y a eu quelques poubelles
00:20:28brûlées et pas plus.
00:20:30Et directement,
00:20:31la première réponse
00:20:31du gouvernement
00:20:32et de la police,
00:20:33ça a été une réponse
00:20:34de violence,
00:20:35de répression
00:20:35policière et judiciaire.
00:20:36Et cela a mis
00:20:37de l'huile sur le feu.
00:20:38Ça a envenimé la situation.
00:20:40Et plutôt que d'apaiser
00:20:41les choses,
00:20:42on voit que le surcroît
00:20:43de violence policière,
00:20:44le surcroît de force policière
00:20:45n'a fait qu'envenimer
00:20:46les choses.
00:20:46On sera avec Sarah Knafot
00:20:48en direct dans un instant.
00:20:48Mais d'abord,
00:20:49l'Elysée où nous attend
00:20:49Léopold Daudbert.
00:20:50Léopold,
00:20:50on le disait tout à l'heure,
00:20:51réunion autour d'Emmanuel Macron
00:20:53avec notamment le Premier ministre.
00:20:55Une réunion,
00:20:55pourquoi faire ce soir ?
00:20:59Alors en fait,
00:20:59pour rentrer dans le détail,
00:21:01il y a eu trois réunions ce soir.
00:21:03Un premier entretien
00:21:04en tête à tête
00:21:05entre le Premier ministre
00:21:07et Emmanuel Macron.
00:21:08Ça, c'était aux alentours
00:21:09de 18h30,
00:21:11Sébastien Lecornu
00:21:12qui était le premier arrivé.
00:21:13Puis,
00:21:14cette grosse réunion
00:21:15effectivement à quatre
00:21:16Emmanuel Macron,
00:21:17Sébastien Lecornu,
00:21:19le ministre de l'Éducation nationale
00:21:20Édouard Geffray
00:21:21et le ministre de l'Intérieur
00:21:22Laurent Nunez
00:21:23pour faire un point global
00:21:24sur toutes les images
00:21:25évidemment que vous avez vues
00:21:26sur BFM TV aujourd'hui,
00:21:28en tirer des conclusions,
00:21:30peut-être aussi avoir
00:21:31les dernières remontées
00:21:32d'informations
00:21:34et avoir des perspectives
00:21:35pour les prochains jours.
00:21:37Voilà comment les choses
00:21:38en quelque sorte
00:21:38sont présentées.
00:21:39Puis,
00:21:40un troisième rendez-vous
00:21:41assez inattendu
00:21:42parce qu'on a vu ici
00:21:42derrière nous
00:21:43se diriger vers
00:21:45le ministère de l'Intérieur
00:21:46tout à l'heure,
00:21:47le ministre de l'Éducation nationale
00:21:49et le ministre de l'Intérieur
00:21:51certainement pour se produire
00:21:53en quelque sorte,
00:21:54voir vers la journée de demain
00:21:55ce qui allait se passer
00:21:58potentiellement.
00:21:58Vous voyez donc,
00:21:58Maxime,
00:21:59que très clairement,
00:22:00ici,
00:22:01on surveille comme le lait
00:22:01sur le feu la situation.
00:22:03Il y a de l'inquiétude
00:22:04évidemment,
00:22:04mais il y a une volonté
00:22:05d'avoir en temps réel
00:22:06les dernières informations.
00:22:08Pourquoi Emmanuel Macron
00:22:08a fait ça ce soir ?
00:22:09C'est aussi parce que
00:22:10dans quelques minutes,
00:22:11il va partir en direction
00:22:12de l'aéroport
00:22:13pour s'envoler vers la Croatie.
00:22:15Là,
00:22:15ce sont des obligations internationales.
00:22:16Il voulait faire un point,
00:22:17nous expliquons,
00:22:18avant son départ,
00:22:19bien qu'il garde
00:22:20des contacts très étroits
00:22:22par téléphone
00:22:23avec l'ensemble
00:22:23de ses ministres.
00:22:25Mais la situation,
00:22:25évidemment,
00:22:26elle est suivie de très près.
00:22:27Paul Daudbert
00:22:28avec Antoine Guy
00:22:28en direct de l'Elysée.
00:22:29Sarah Knafow est avec nous.
00:22:30Bonsoir Sarah Knafow
00:22:31et merci d'être
00:22:32là dans cette édition spéciale.
00:22:35Députée européenne reconquête,
00:22:36j'espère que vous m'entendez.
00:22:37Oui, je vous vois,
00:22:38j'espère que vous m'entendez
00:22:39Sarah Knafow ce soir.
00:22:40Oui, je vous entends tout de suite.
00:22:41J'avais une question
00:22:42très simple pour commencer.
00:22:43Vous lycéenne,
00:22:44est-ce que vous auriez été
00:22:44dans la manif aujourd'hui ?
00:22:49Absolument pas.
00:22:49Vu la tournure
00:22:50que prend ces manifestations,
00:22:51je n'aurais absolument pas voulu
00:22:53ressembler
00:22:53à ces bandes de racailles
00:22:55et à ces casseurs
00:22:56qui brûlent des poubelles,
00:22:57voilà des jeunes
00:22:58qui sont censés nous dire
00:22:59qu'il manque de moyens
00:23:00et la première chose
00:23:01qu'ils s'emploient à faire
00:23:02c'est de brûler ces moyens.
00:23:03On a vu un lycée flambant neuf
00:23:05que la collectivité
00:23:06avait payé 77 millions d'euros
00:23:08et qui a été brûlé
00:23:09par ces lycéens.
00:23:10Voilà des lycéens
00:23:11qui nous disent
00:23:12qu'il manque de professeurs
00:23:13et la première chose
00:23:14qu'ils font
00:23:14c'est de tabasser ces professeurs.
00:23:16On a vu une proviseure,
00:23:17une femme
00:23:17qui s'est faite tabasser
00:23:18par des bandes de voyous.
00:23:20Donc non,
00:23:20je n'aurais absolument pas été là.
00:23:21Je pense que mes parents
00:23:22ne m'auraient pas du tout
00:23:24laissé être parmi eux
00:23:24et on se demande d'ailleurs
00:23:25ce que font les parents
00:23:26de ces jeunes.
00:23:27Sarah Knafo,
00:23:28vous ne faites aucune distinction
00:23:30entre la masse
00:23:31que l'on voit là
00:23:31pendant que vous êtes
00:23:32en train de parler,
00:23:33la masse de lycéens,
00:23:34d'étudiants
00:23:35qui ont manifesté,
00:23:36qui ont revendiqué,
00:23:36qui ont une dizaine
00:23:37de revendications ce soir
00:23:38qu'ils posent sur la table
00:23:39et ceux qui peuvent s'en prendre
00:23:40aux forces de l'ordre
00:23:41qui peuvent avoir envie de casser.
00:23:43Pour vous,
00:23:43c'est les mêmes.
00:23:44Tout ça, c'est les mêmes.
00:23:48Écoutez, moi,
00:23:48ce que je vois aujourd'hui,
00:23:49c'est des images
00:23:51de jeunes qui s'en prennent
00:23:52aux forces de l'ordre,
00:23:53de jeunes qui s'en prennent
00:23:54aux moyens
00:23:55que des générations de Français
00:23:57ont contribué
00:23:57à bâtir pour eux,
00:23:59des générations de Français
00:24:00qui ont payé des impôts
00:24:01pour leur offrir
00:24:02ces services publics.
00:24:03Je vois également des jeunes
00:24:04dont les parents
00:24:05ou les grands-parents
00:24:06ont été accueillis
00:24:07et qui portent aujourd'hui
00:24:08sur eux,
00:24:08et vous avez vu
00:24:09les mêmes images que moi,
00:24:10des drapeaux algériens,
00:24:11des drapeaux marocains
00:24:12qui brandissent des drapeaux
00:24:13palestiniens
00:24:14dans des manifestations.
00:24:15Mais quel rapport avec l'école ?
00:24:16Quel rapport avec le drame
00:24:17de notre école aujourd'hui ?
00:24:18Qu'est-ce que c'est
00:24:19le drame de l'école aujourd'hui ?
00:24:20C'est qu'on a un niveau
00:24:21de mathématiques
00:24:22qui est inférieur à celui
00:24:23de l'Albanie,
00:24:24d'après les études.
00:24:25Le drame de l'école,
00:24:25ce sont les classements PISA.
00:24:27Moi, je n'ai pas vu
00:24:27leur pancarte qui disait
00:24:29« Rendez-nous l'excellence scolaire,
00:24:31rendez-nous le niveau de l'école,
00:24:32permettez-nous de nous élever
00:24:33dans la société
00:24:34grâce à l'excellence à l'école ».
00:24:36Moi, je n'ai pas vu ça.
00:24:37Moi, j'ai vu des jeunes
00:24:37qui se plaignent
00:24:38d'avoir trop de cours,
00:24:39comme si aujourd'hui
00:24:39le problème de l'éducation nationale,
00:24:41c'était qu'on en demandait
00:24:42trop aux élèves,
00:24:43alors que c'est tout le contraire,
00:24:44c'est qu'on ne leur en demande
00:24:45pas assez.
00:24:46C'est ça le problème
00:24:46de l'école aujourd'hui.
00:24:47Donc moi, ce que je dis
00:24:48à ces bandes de racailles
00:24:50qui sévissent aujourd'hui
00:24:50en France,
00:24:51c'est qu'on ira chercher
00:24:53l'argent qu'ils nous ont causé
00:24:54en dégâts
00:24:55jusqu'à la fin de leur vie,
00:24:56qu'on prélèvera cet argent
00:24:58sur leur moindre fiche de paye,
00:24:59sur les aides
00:25:00que perçoivent leurs parents.
00:25:01C'est ça la justice.
00:25:02C'est que ceux qui payent
00:25:03des impôts aujourd'hui
00:25:04et qui voient tous ces dégâts,
00:25:06qui se chiffrent
00:25:06en millions d'euros
00:25:07chaque jour,
00:25:08que ces gens-là
00:25:09n'aient pas à le payer.
00:25:10Ce n'est pas aux Français
00:25:11de payer pour les dégâts
00:25:12de ces voyous.
00:25:13C'est à ces voyous-là
00:25:14de payer,
00:25:14à eux et à leurs parents.
00:25:15C'est ça le principe
00:25:16de responsabilité
00:25:17que je voudrais qu'on applique.
00:25:18Sarah Knafo, deux choses.
00:25:19Les jeunes dont vous parlez,
00:25:20je pense que pour la quasi-totalité,
00:25:21ils sont Français,
00:25:23ceux dont vous parlez ce soir.
00:25:24Et deuxièmement,
00:25:26ça veut dire que
00:25:26parmi toutes les revendications
00:25:28des lycéens,
00:25:28pour vous,
00:25:28il n'y en a aucune
00:25:29qui trouve grâce à vos yeux,
00:25:31si je puis dire.
00:25:31C'est-à-dire que
00:25:32tout va bien
00:25:32dans l'école française,
00:25:33il n'y a pas de problème
00:25:34de moyens,
00:25:34il n'y a pas de prof absent,
00:25:35il n'y a pas de problème
00:25:36avec parcours sup,
00:25:37tout ça,
00:25:37ça n'existe pas pour vous.
00:25:41Vous posez deux questions
00:25:42différentes.
00:25:43La première des choses,
00:25:43vous m'avez entendu vous dire
00:25:45que beaucoup d'entre eux
00:25:46avaient des parents
00:25:47ou des grands-parents
00:25:48que la France
00:25:48avait généreusement accueillis,
00:25:50à qui la France
00:25:50avait offert l'asile,
00:25:52à qui la France
00:25:52avait offert parfois
00:25:53un logement,
00:25:54des aides sociales,
00:25:55une école,
00:25:55une médecine.
00:25:56Vous demandez le rapport,
00:25:57mais alors là,
00:25:58c'est l'éléphant
00:25:58qui est au milieu de la pièce.
00:26:00Je pense que c'est le facteur
00:26:01que vous ne voulez pas voir,
00:26:02peut-être que les médias
00:26:03ne veulent pas voir,
00:26:03mais les Français,
00:26:04eux, le remarquent.
00:26:04Quand on voit des jeunes
00:26:05avec des drapeaux algériens
00:26:07et marocains,
00:26:07je vous renverse la question,
00:26:09quel rapport ?
00:26:09Quel rapport avec l'éducation nationale
00:26:11de brandir un drapeau palestinien
00:26:13dans ces manifestations ?
00:26:14Quel rapport d'entendre
00:26:15au nom d'Allah
00:26:16quand on harangue une foule
00:26:17devant un lycée ?
00:26:18Oui, vous avez raison
00:26:18de poser la question.
00:26:19Quel rapport ?
00:26:21Pourquoi est-ce qu'on observe ?
00:26:22Pourquoi est-ce qu'on observe
00:26:23les mêmes images
00:26:24après des manifestations
00:26:25pour Naël
00:26:26et des manifestations
00:26:27pour Paris-Saint-Germain ?
00:26:28Vous êtes grave, madame Tavou.
00:26:29Moi, j'ai grandi en 512.
00:26:30Je pense que c'est M. Mérin
00:26:31qui me harangue.
00:26:32Je ne vois personne d'autre
00:26:33qui pourrait être facile.
00:26:34Ville guerre sur la taille.
00:26:35Je vais continuer ce que je dis
00:26:37parce qu'il faut poser une question.
00:26:38C'est la ligne d'une femme politique.
00:26:39Richard Ramos.
00:26:40La jeunesse,
00:26:40elle mérite bien mieux que ça, madame.
00:26:41Richard Ramos.
00:26:42On n'entend pas grand-chose, messieurs-dames.
00:26:44Attendez, attendez, Sarah Knaffo.
00:26:45Juste une chose.
00:26:45François Ruffin,
00:26:46et ensuite Sarah Knaffo
00:26:47pour vous rester calme, messieurs.
00:26:49François Ruffin.
00:26:49Je dois faire avec madame Knaffo
00:26:51ce que j'ai fait avec madame Salman.
00:26:54Je veux dire, moi,
00:26:54j'étais ce matin à eux
00:26:55et c'était des drapeaux français
00:26:58qui étaient là
00:26:59et c'était des étudiants,
00:27:00des jeunes lycéens
00:27:01qui disaient le problème
00:27:03qu'ils n'avaient pas d'infirmière,
00:27:05que du coup,
00:27:06ils n'avaient pas d'interlocutrice.
00:27:07M. Ruffin, continuez d'aller dessiner,
00:27:10d'aller faire des bandes dessinées.
00:27:12Moi, j'ai grandi en Seine-Saint-Denis.
00:27:13Vous n'allez pas m'apprendre mon département,
00:27:15M. Ruffin.
00:27:16Ce n'est pas vous
00:27:16qui allez m'apprendre mon département.
00:27:17À un moment donné,
00:27:18il faut arrêter de...
00:27:20Alors, Sophia Tiziaoui ?
00:27:21Non, mais en fait,
00:27:22là, ce qui est extrêmement problématique
00:27:23dans votre discours,
00:27:24c'est que déjà,
00:27:24vous vous adressez à une jeune.
00:27:25Donc, je suis directement liée
00:27:26par ce que vous dites
00:27:27et honnêtement, c'est honteux.
00:27:29C'est honteux de nous accuser
00:27:31de la telle sorte,
00:27:31déjà parce qu'on n'est
00:27:33que la quasiment totalité des Français.
00:27:35Donc, à un moment donné,
00:27:37notre indépendance
00:27:37en tant qu'agérien,
00:27:38on n'est pas allé la mentir
00:27:40et allé la chercher.
00:27:40Je suis en duplex,
00:27:41donc ça n'est pas aisé
00:27:43de savoir qui me parle.
00:27:44Je vous explique,
00:27:45c'est Sophia Tiziaoui
00:27:46qui vous parle,
00:27:48représentante d'étudiante.
00:27:49Elle termine
00:27:50et vous lui répondez juste après,
00:27:51Sophia Tiziaoui.
00:27:52À un moment donné,
00:27:53je pense qu'on n'a...
00:27:53Elle est encartée
00:27:53à la France Insoumise,
00:27:54elle aussi,
00:27:55comme tous les gens
00:27:55que vous invitez ?
00:27:57Non, non, non.
00:27:58Mais attendez,
00:27:58on n'est pas encartée
00:27:59à la France Insoumise.
00:27:59Alors, il y a Richard Ramos
00:28:00en plateau,
00:28:01il y a Mathieu Vallée,
00:28:01il y a Yves Tréard.
00:28:02Je ne suis pas sûr
00:28:02qu'ils soient encartés
00:28:03à la France Insoumise.
00:28:04Si on peut recentrer
00:28:13Tiziaoui à Jean-Luc Mélenchon
00:28:13dans des manifestations.
00:28:14Déjà, la neutralité n'existe pas,
00:28:15mais peu importe.
00:28:15Donc, on se pose des questions désormais.
00:28:16Peu importe.
00:28:17Allez-y, Sophia.
00:28:18Non, si vous voulez savoir,
00:28:18je ne suis pas encartée
00:28:19Très bien, merci de l'avouer,
00:28:20mademoiselle.
00:28:21Je ne suis pas encartée
00:28:21dans un parti, point.
00:28:22Donc, vous êtes de la France Insoumise,
00:28:24dites-le,
00:28:24dites-le aux téléspectateurs.
00:28:25Elle vient de vous dire non,
00:28:26Sarah Knavoi.
00:28:27Elle vient de vous dire non.
00:28:29Ce que je voulais vous dire,
00:28:30c'est que nous avons
00:28:31des revendications
00:28:32qui sont claires
00:28:32depuis le début.
00:28:34Et vous ne pouvez pas
00:28:35juste passer ça
00:28:36sous la trappe
00:28:37pour nous dire
00:28:38qu'il y a une minorité
00:28:39aujourd'hui
00:28:39qui est malheureuse,
00:28:41qui, oui,
00:28:41effectivement,
00:28:42il y a des casseurs.
00:28:43Oui, effectivement,
00:28:44il y a des actes
00:28:45qui ont été commis
00:28:46qui ne devraient pas être commis.
00:28:48Mais moi,
00:28:48je vais vous le dire.
00:28:49Qu'est-ce que c'est ?
00:28:49Qu'est-ce que c'est ça ?
00:28:50C'est le résultat.
00:28:51C'est le résultat
00:28:52de la politique
00:28:53qui a été mise née
00:28:53depuis des années.
00:28:54Depuis des années,
00:28:55on manifeste
00:28:55de manière calme,
00:28:57de manière pacifiste.
00:28:58On essaye d'avoir
00:28:58des rendez-vous
00:28:59avec le ministre.
00:28:59Le ministre nous ferme
00:29:00la porte au nez.
00:29:01Qu'est-ce qu'on fait ?
00:29:01On se retrouve
00:29:02à bloquer une odyssée
00:29:03alors que c'est illégal.
00:29:04Est-ce que vous pensez
00:29:05sincèrement que ça nous fait plaisir ?
00:29:06À un moment donné,
00:29:07on n'a pas le choix
00:29:07parce que si on ne fait pas ça,
00:29:08on n'est pas écoutés.
00:29:09Et vous entendre parler
00:29:10du 93 comme si c'était la jungle,
00:29:12ça me fait de la peine
00:29:13parce que moi-même,
00:29:14j'y vis actuellement.
00:29:15Et donc,
00:29:16à un moment donné,
00:29:16arrêtez de toujours
00:29:17rentrer dans ces stigmates
00:29:19hyper condescendants,
00:29:20hyper xénophobes
00:29:21et hyper paternalistes
00:29:22parce que ce que vous faites là
00:29:24avec la jeunesse,
00:29:24c'est ce que font
00:29:25depuis des années
00:29:26les autres générations.
00:29:27Sarah Knafo,
00:29:27allez-y.
00:29:31Écoutez,
00:29:32mademoiselle,
00:29:32je pense que vous m'avez sorti
00:29:33tout le vocabulaire gauchiste
00:29:35que vous connaissiez.
00:29:36Alors, me dire paternaliste.
00:29:37Excusez-moi,
00:29:37mais je pense que vous allez faire rire
00:29:39les gens qui nous écoutent.
00:29:40Je vais vous répondre
00:29:42sur cette question.
00:29:42Premier élément,
00:29:43je ne vais pas défendre
00:29:44ce gouvernement.
00:29:45Je pense que je suis l'une
00:29:45des celles qui le combat le plus,
00:29:47notamment sur sa politique économique
00:29:48et sur les moyens
00:29:49qu'il met aujourd'hui
00:29:50dans sa politique.
00:29:51Deuxième élément,
00:29:52vous dites que si les gens
00:29:53en viennent à des violences
00:29:54et à des actions
00:29:55que vous qualifiez vous-même
00:29:56d'illégales,
00:29:56c'est parce qu'ils sont malheureux.
00:29:58Excusez-moi de vous dire,
00:30:00mademoiselle,
00:30:00en France,
00:30:01il y a beaucoup de Français
00:30:02qui sont malheureux.
00:30:03Il y a beaucoup de Français
00:30:04qui souffrent
00:30:04et ils n'en viennent pas
00:30:05à tabasser des policiers,
00:30:07à courser une policière
00:30:09en plein Paris
00:30:10pour la tabasser
00:30:11et lui faire une balayette
00:30:12dans la rue.
00:30:12Excusez-moi,
00:30:13mais le malheur n'excuse pas tout,
00:30:14mademoiselle.
00:30:14On ne peut pas tout excuser
00:30:15parce qu'on est aujourd'hui
00:30:16sur un plateau
00:30:17et qu'on se dit
00:30:18représentante de certaines revendications.
00:30:20Sur les revendications
00:30:21de l'éducation nationale,
00:30:22je viens de le dire,
00:30:23on a un problème gravissime
00:30:24dans notre école
00:30:25qui est la chute abyssale
00:30:26du niveau de l'école.
00:30:28Mais je ne vois pas
00:30:29beaucoup de jeunes
00:30:30manifester pour ça.
00:30:31Et pourtant,
00:30:31la majorité silencieuse
00:30:33des lycéens
00:30:33que je soutiens
00:30:34et qui ne participent pas
00:30:37à ces manifestations,
00:30:39les lycéens
00:30:40qui sont majoritaires
00:30:41regrettent aujourd'hui
00:30:42qu'on envoie
00:30:43toute une génération
00:30:44dans l'enseignement supérieur
00:30:46avec un baccalauréat
00:30:47qui a été dévalorisé.
00:30:48Ils regrettent
00:30:49de ne pas avoir
00:30:50assez de professeurs
00:30:51dans leur classe.
00:30:52Mais non,
00:30:52ça n'est pas
00:30:53une question de moyens.
00:30:54Le niveau de budget
00:30:55de l'éducation nationale
00:30:56n'a jamais été aussi élevé.
00:30:58Il a augmenté
00:30:59tout au long
00:31:00des deux mandats
00:31:00d'Emmanuel Macron
00:31:01alors que nous avons
00:31:01300 000 élèves de moins.
00:31:03Ça n'est pas une question de moyens
00:31:04mais une question de méthode.
00:31:05Nous avons abandonné
00:31:06les méthodes
00:31:07d'éducation françaises
00:31:08qui étaient excellentes
00:31:09et c'est celles
00:31:10qu'il faut rétablir pour ça.
00:31:11Voici les vraies
00:31:13revendications
00:31:13des lycéens aujourd'hui.
00:31:13Merci Sarah Climpot.
00:31:14De la majorité silencieuse.
00:31:15Je suis obligé de vous couper
00:31:19un faisceau satellite
00:31:20qui se coupe
00:31:21à 21h40
00:31:22et 0 seconde.
00:31:23C'est dans 10 secondes.
00:31:24Merci beaucoup Sarah Knafo
00:31:25d'avoir été en direct
00:31:27avec nous.
00:31:28Une chose
00:31:28Sophia Tizaoui
00:31:29et on va parler du gouvernement
00:31:31et de la réponse
00:31:31du gouvernement ce soir
00:31:32et de ce qu'il peut
00:31:33vous promettre le gouvernement.
00:31:34Sébastien Lecornu
00:31:35dit tout à l'heure
00:31:36à l'Assemblée nationale
00:31:38il dit
00:31:38il faut que les cours
00:31:40reprennent progressivement
00:31:41à partir de demain
00:31:43il faut que dans
00:31:44cette reprise des cours
00:31:45il y ait un temps
00:31:46d'échange démocratique
00:31:47ce sont les termes
00:31:47du Premier ministre
00:31:49pour que dans les lycées
00:31:51il y ait un échange
00:31:52entre élèves, profs, etc.
00:31:54Est-ce que ça pour vous
00:31:55c'est acceptable
00:31:55est-ce que c'est à la hauteur ?
00:31:56Non, on sait très bien
00:31:57que cette volonté
00:31:58de vouloir reprendre les cours
00:32:00c'est simplement
00:32:00pour essouffler notre mouvement
00:32:01et c'est là où en réalité
00:32:02nous on est en jouet
00:32:04parce qu'on sait très bien
00:32:05qu'on ne s'arrêtera pas
00:32:06en fait.
00:32:06On sait très bien
00:32:07qu'on ne s'arrêtera pas
00:32:07parce que parler
00:32:08on l'a fait.
00:32:09Parler on parle
00:32:10depuis des années et des années.
00:32:11Maintenant ce qu'on veut
00:32:12c'est des actes.
00:32:13Lecornu et tous les ministères
00:32:14qui sont actuellement
00:32:16à cette réunion
00:32:17savent très bien
00:32:18ce qu'on veut.
00:32:18Ils ne sont pas sourds
00:32:19ils ne sont pas aveugles
00:32:20mais ils font semblant
00:32:21de ne pas vouloir répondre
00:32:23à nos revendications.
00:32:24Donc nous aujourd'hui
00:32:25ce qu'on attend
00:32:25c'est des actes clairs
00:32:27de la part du gouvernement.
00:32:28Je vais donner les 10 points
00:32:29dans un instant.
00:32:29Je voudrais
00:32:30deux petites informations.
00:32:31La première c'est que
00:32:33apparemment
00:32:33le personnel enseignant
00:32:34n'est pas du tout chaud
00:32:36pour organiser ces...
00:32:38Les syndicats de proviseurs
00:32:40disent ce soir
00:32:40dans l'improvisation totale
00:32:41on ne peut pas faire ça.
00:32:41C'est un peu l'improvisation
00:32:43d'ailleurs je crois
00:32:44que le ministre lui-même
00:32:45de l'éducation
00:32:46n'était pas au courant
00:32:46et donc ça a été incroyable.
00:32:48Mais je voudrais revenir
00:32:50en trois chiffres
00:32:51sur ce que disait
00:32:53Mme Knafou
00:32:54en disant
00:32:54en fait tout ça
00:32:55a chuté
00:32:56en quelques années.
00:32:57Et c'est vrai
00:32:58que si vous prenez
00:32:58la France
00:32:59et que vous comparez
00:33:00l'argent par élève
00:33:02dans le primaire
00:33:04au collège
00:33:05et au lycée
00:33:06on dépense plus
00:33:07en France
00:33:07qu'ailleurs
00:33:08et on a des résultats
00:33:10qui sont très médiocres.
00:33:11Je le dis
00:33:12en 2025
00:33:13c'est des chiffres
00:33:13de l'éducation nationale.
00:33:15On dépense
00:33:169 440 euros
00:33:18par écolier
00:33:18par an
00:33:1910 580 euros
00:33:21par collégien
00:33:2213 200 euros
00:33:25par lycéen
00:33:26en catégorie générale
00:33:27et 14 590 euros
00:33:30en lycée professionnel
00:33:31c'est normal
00:33:31parce qu'il y a du matériel
00:33:33et des choses comme ça.
00:33:34Un lycéen
00:33:34coûte à la collectivité
00:33:36la moitié de plus
00:33:38qu'un écolier
00:33:38et on dépense
00:33:40plus que les allemands
00:33:41plus que l'Italie
00:33:42plus que le Royaume-Uni
00:33:43et néanmoins
00:33:44on a des résultats
00:33:45donc c'est quand même
00:33:46une responsabilité politique
00:33:47qui est importante.
00:33:49Il faut quand même
00:33:50le pointer.
00:33:50Attendez
00:33:51je vous en apprends
00:33:52un petit avis
00:33:53sur une revendication
00:33:54mais peut-être
00:33:54qu'on peut la poser après.
00:33:55Je reste juste
00:33:55sur ce que disait Yves
00:33:56à l'instant
00:33:57c'est-à-dire que le problème
00:33:58de François Ruffin
00:33:58il est plus compliqué
00:33:59que le seul problème
00:33:59des moyens ?
00:34:00D'abord
00:34:01il n'y a pas de doute
00:34:02qu'il y a reposé
00:34:03le but
00:34:03que doit se fixer
00:34:04l'éducation nationale.
00:34:05Maintenant je vais vous faire plaisir
00:34:06M. Tréard
00:34:07parce que la réalité
00:34:08des chiffres que vous donnez
00:34:09c'est que ça ne comprend pas
00:34:10à l'intérieur
00:34:10ça ne comprend pas
00:34:11à l'intérieur les retraites.
00:34:12Je sais.
00:34:13C'est pour un cas.
00:34:14Non non non
00:34:14oui mais donc
00:34:15en vérité
00:34:16je vous assure
00:34:17que si on exclut ça
00:34:19aujourd'hui
00:34:20les dépenses par élève
00:34:21dans le primaire en France
00:34:22sont nettement inférieures
00:34:23à l'Allemagne
00:34:24et à des pays comparables
00:34:25de la même manière
00:34:26au collège
00:34:26on est à peu près
00:34:27en équivalence
00:34:29au niveau du lycée
00:34:30et on est inférieur
00:34:32au niveau de l'enseignement supérieur.
00:34:33Là je vous ai amené
00:34:33juste la courbe
00:34:34je ne sais pas
00:34:35si on peut l'avoir
00:34:35mais ça c'est la courbe
00:34:36de dépenses par élève
00:34:38dans l'enseignement supérieur.
00:34:39Ça plonge.
00:34:40Ça plonge.
00:34:41Il y a une plongée
00:34:42de l'investissement
00:34:45aujourd'hui
00:34:45sur l'avenir
00:34:47qui est l'éducation.
00:34:48Il y a plus d'élèves
00:34:49dans l'enseignement supérieur
00:34:50que par le passé.
00:34:51Mais ça c'est par élève.
00:34:52D'accord ?
00:34:52Bon ben c'est par élève.
00:34:53Donc je pense
00:34:55qu'il faut en convenir
00:34:57et je ne dis pas
00:34:58que le fait de mettre
00:34:58de l'argent va suffire
00:34:59mais aujourd'hui
00:35:00il y a deux questions
00:35:01il y a la question
00:35:02des bâtiments
00:35:03et il y a les questions
00:35:04des recrutements.
00:35:05Et je parle des recrutements
00:35:07pas seulement
00:35:08dans les enseignants
00:35:10qui sont dans les classes
00:35:11mais ce qu'il y a
00:35:11autour des classes aussi.
00:35:12Les infirmières,
00:35:14les CPE,
00:35:14les psychologues,
00:35:15les conseillers d'orientation.
00:35:17J'insiste sur ce point.
00:35:19Je veux prononcer
00:35:19le mot lycée professionnel.
00:35:22La colère
00:35:23elle est d'abord venue
00:35:24des lycées professionnels.
00:35:26Pourquoi ?
00:35:26Ce matin
00:35:27il y avait un gamin
00:35:28Curtis
00:35:28qui a pris le micro
00:35:30à eux
00:35:31et qui a dit
00:35:32nous on se sent détestés.
00:35:33Voilà.
00:35:34Le lycée professionnel
00:35:35il y a un sentiment
00:35:36d'abandon
00:35:37d'être une impasse
00:35:38d'être le lieu
00:35:39où on jette les élèves.
00:35:40D'où la question
00:35:41que je pose
00:35:41de l'orientation.
00:35:42L'orientation
00:35:43c'est parcours sup.
00:35:44Les jeunes ne doivent pas
00:35:45être gérés
00:35:46par un algorithme.
00:35:47Il faut remettre
00:35:47de l'humain
00:35:48en face de l'humain.
00:35:48Ça tout le monde le dit.
00:35:50Donc il faut le faire.
00:35:51Donc il faut dire
00:35:51suppression de parcours sup.
00:35:53Le Premier ministre
00:35:53a reconnu sa prédit
00:35:54qu'il y avait peut-être
00:35:54un problème de transparence
00:35:55là-dedans.
00:35:56La transparence ne suffit pas
00:35:57et il faut prononcer.
00:35:59Moi je viens
00:36:03nouer une crise.
00:36:04Et je viens dire
00:36:06suppression de parcours sup.
00:36:07Et ensuite qu'on dise
00:36:08que l'humain...
00:36:09Là ce soir
00:36:09suppression de parcours sup.
00:36:10L'objectif c'est ça.
00:36:11Et qu'on dise que l'humain
00:36:14doit être accompagné
00:36:15d'informatique,
00:36:16du numérique,
00:36:17d'appui technique.
00:36:19Oui.
00:36:19Mais que ça doit rester
00:36:20de l'humain en face
00:36:21de l'humain.
00:36:21Il a reconnu
00:36:22le Premier ministre
00:36:23il a reconnu
00:36:25que parcours sup
00:36:25était sans doute
00:36:26un outil mal adapté.
00:36:27Et je crois que ça
00:36:28ça fait l'unanimité.
00:36:29Tout le monde le dit.
00:36:30Il faut dire suppression.
00:36:31Il faut dire suppression
00:36:32de parcours sup.
00:36:33Et on passe à autre chose.
00:36:34Et on invente autre chose.
00:36:35Je ne dis pas
00:36:36que ça va s'inventer
00:36:37en un clic.
00:36:37Mais vous savez...
00:36:38C'est ce que vous êtes...
00:36:39Par exemple,
00:36:40c'est ce que vous êtes
00:36:40précisément en train de dire.
00:36:41Vous dites que ça
00:36:42on supprime.
00:36:42Je dis que dans des crises
00:36:44comme celle-là,
00:36:45il y a des mots à utiliser
00:36:47pour les dénouer
00:36:48avec clarté.
00:36:49Et je dis que suppression
00:36:50parcours sup en fait partie.
00:36:51Je dis que dire
00:36:53non, il n'y aura pas
00:36:54de suppression
00:36:55de postes d'enseignants
00:36:56dans le prochain budget.
00:36:57C'est une clé.
00:36:58Moi je viens ce soir
00:36:59en essayant de chercher
00:37:00le chemin qui permette
00:37:01de dénouer
00:37:02et de construire un avenir.
00:37:03Et la question
00:37:03de l'orientation.
00:37:04L'orientation en troisième.
00:37:07Vous savez,
00:37:07j'ai rencontré
00:37:08des enseignantes finlandaises.
00:37:10Ils ont 70 heures
00:37:11en tête à tête.
00:37:12Pourquoi ?
00:37:13Parce qu'il y a
00:37:13un partenariat
00:37:14entre des classes d'Amiens
00:37:15et des classes
00:37:15d'une école de Finlande.
00:37:17Bon, je les rencontre.
00:37:18Elle m'explique que
00:37:18chaque gamin a le droit
00:37:20à 70 heures au collège
00:37:21en tête à tête
00:37:22avec une psychologue
00:37:24qui conseille
00:37:25sur l'orientation
00:37:26pour où est-ce
00:37:26qu'il va aller vers ses stages.
00:37:27On va le mettre
00:37:28une semaine
00:37:29dans un lycée pro
00:37:30pour voir comment ça se passe.
00:37:31Puis il va revenir.
00:37:31Vous voyez,
00:37:3270 heures.
00:37:33La réalité,
00:37:34c'est qu'aujourd'hui
00:37:34dans notre pays,
00:37:35c'est zéro heure.
00:37:36Et qu'à la fin de la troisième,
00:37:37on a des gamins
00:37:38qui se retrouvent baladés.
00:37:40Ça a toujours été le cas.
00:37:41Non, mais oui,
00:37:41je pense que ça a toujours
00:37:43été un problème,
00:37:44M. Très.
00:37:44Ah oui, c'est sûr.
00:37:45C'est qu'on a un collège
00:37:46qui, au fait,
00:37:47il y a moins de la moitié
00:37:48des collégiens
00:37:49qui se sont retrouvés
00:37:50en lycée général.
00:37:51Et pourtant,
00:37:52le collège
00:37:52est strictement fait
00:37:53pour ceux qui se sont retrouvés
00:37:54en lycée général.
00:37:55C'est cette moitié-là
00:37:58ce problème.
00:37:58Je donne les 10 points
00:38:00qui sont défendus
00:38:01par une intersyndicale
00:38:02lycéenne et étudiante.
00:38:03Un plan d'urgence
00:38:04pour rénover les établissements,
00:38:05embauche massif
00:38:06de personnel éducatif,
00:38:07de santé,
00:38:07d'accompagnement d'orientation,
00:38:08repenser les rythmes scolaires
00:38:09et universitaires,
00:38:10mettre fin à la sélection
00:38:11via Parcoursup
00:38:12et Montmaster,
00:38:13refondre de la démocratie lycéenne,
00:38:14revaloriser les bourses,
00:38:15garantir réellement
00:38:16l'accès au repas
00:38:17à 1 euro
00:38:17pour tous les étudiants,
00:38:18abroger le plan
00:38:19Bienvenue en France
00:38:19instaurant les frais
00:38:20d'inscription différenciés
00:38:21pour les étudiants étrangers,
00:38:22etc.
00:38:28Je ne suis pas dans ces revendications-là
00:38:29mais je l'ai entendu.
00:38:30Sur les rythmes scolaires.
00:38:32Et je prends une petite minute,
00:38:33vous savez,
00:38:33moi je suis un enfant aussi
00:38:34issu de l'immigration
00:38:35dont la France a tout donné.
00:38:37Oui mais ça se perd
00:38:37cette fierté française
00:38:38et cette fierté de remercier
00:38:39le pays qui vous a tout donné
00:38:41sans qui je ne serais rien
00:38:41et sans qui je ne m'amercie rien.
00:38:42Ma mère n'avait pas de diplôme
00:38:43à l'âge de 14 ans.
00:38:44Et moi l'école,
00:38:45c'est ce qui m'a permis
00:38:46de m'élever
00:38:46par le savoir,
00:38:47par les professeurs,
00:38:48par le mérite,
00:38:48par l'effort,
00:38:49par le travail.
00:38:50Et voir ma mère se lever
00:38:51tous les matins à 6h
00:38:52pour aller travailler,
00:38:53ça m'a peut-être évité
00:38:54dans le quartier où j'habitais
00:38:55de sombrer dans la rue,
00:38:56sombrer peut-être
00:38:56comme certains de mes voisins
00:38:58dans la délinquance.
00:38:59Et donc moi je ne comprends pas
00:39:00cette idée de dire
00:39:01que 8h, 18h
00:39:02c'est des tranches horaires
00:39:03trop longues.
00:39:03Moi je trouve que justement
00:39:04s'habituer à se lever tôt,
00:39:06s'habituer à se lever
00:39:07pour aller travailler
00:39:07ou en tout cas pour aller en cours,
00:39:09s'habituer pour apprendre
00:39:10des professeurs
00:39:10qui vous transmettent à savoir,
00:39:11s'habituer pour s'émanciper
00:39:13par savoir,
00:39:13c'est important.
00:39:14Et quand je vous regarde,
00:39:15j'espère,
00:39:16et parce que j'ai vu
00:39:16dans certaines manifestations
00:39:17qu'il y avait des drapeaux
00:39:18de la Palestine,
00:39:19des revendications pour Gaza,
00:39:20ce matin à Cour Vincennes,
00:39:21j'ai entendu des slogans
00:39:22anti-flics
00:39:23et ce n'était pas des black blocs.
00:39:24Et donc moi j'estime que
00:39:25dans le pays qui vous donne tout,
00:39:27dans le pays qui m'a tout donné
00:39:27en l'occurrence,
00:39:29ça doit être une fierté française
00:39:29Et Sophia Tizaoui vous répond
00:39:30Mathieu Vallée.
00:39:31Une fierté de se dire
00:39:32on se lève tôt le matin
00:39:32pour aller travailler,
00:39:33on se lève tôt pour essayer
00:39:35de mettre toutes les choses
00:39:35de notre côté,
00:39:36pour avoir un emploi,
00:39:36pour rendre fiers de nos parents
00:39:38et faire briller leurs yeux
00:39:39quand on sort d'un concours,
00:39:40quand on sort d'une école,
00:39:41quand on sort d'une entreprise,
00:39:42quand on sort même
00:39:43d'une avocature.
00:39:44Vous savez...
00:39:45C'est sincère la question
00:39:46que je vous pose.
00:39:46Non, non mais bien sûr,
00:39:47mais vous savez quand on...
00:39:48J'ai cru gros que vous parliez
00:39:49avec le cœur aussi.
00:39:49Oui, bien sûr.
00:39:50Quand on est là à dire
00:39:52qu'on a des journées trop longues,
00:39:53ce n'est pas juste parce qu'on n'a pas envie
00:39:55d'aller à l'école.
00:39:55En réalité, c'est qu'on se base aussi
00:39:56sur ce que disent les médecins.
00:39:59Aujourd'hui, il y a des médecins
00:40:00qui nous disent que,
00:40:00oui, pendant l'adolescence,
00:40:02on a une croissance
00:40:03qui fait qu'on n'est pas
00:40:05assez attentif à 8h du matin
00:40:06comme on est attentif
00:40:07à 10h du matin.
00:40:09Et donc, il faut, à un moment donné,
00:40:10s'adapter au rythme de l'enfant.
00:40:11Et aujourd'hui, l'école
00:40:12ne s'adapte pas au rythme
00:40:13et à la croissance des adolescents.
00:40:15Donc forcément,
00:40:16d'autant plus que, du coup,
00:40:17on se lève tôt le matin.
00:40:198h, 8h, les cours commencent.
00:40:21Mais à quelle heure
00:40:21certains doivent se lever ?
00:40:22Quand on habite dans la ruralité
00:40:23et quand on habite
00:40:24dans des zones très bien
00:40:25desservies par les transports en commun,
00:40:26ce n'est pas la même chose.
00:40:27Donc certains doivent se lever
00:40:28à 5h du matin
00:40:29qui finissent à 18h,
00:40:30sauf que ce n'est pas fini
00:40:31parce qu'arriver à la maison,
00:40:32il va falloir travailler
00:40:33parce qu'il y a des devoirs.
00:40:34Et donc, au final,
00:40:35quand est-ce qu'on a le temps
00:40:36pour faire du sport ?
00:40:37Quand est-ce qu'on a le temps ?
00:40:39Comment vous allez faire,
00:40:40Mme Tizaoui,
00:40:41quand vous allez prendre
00:40:41et se le disent sans piège ?
00:40:43Moi, j'ai ma mère
00:40:43qui est soignante.
00:40:44Lorsqu'elle commence
00:40:45à 5h du matin,
00:40:46elle est aussi obligée
00:40:46de se lever tout.
00:40:47Quand vous faites les 3-8
00:40:48à l'usine
00:40:49dont M. Ruffin
00:40:50parle si souvent
00:40:50dans ses discours,
00:40:51vous êtes aussi obligée
00:40:52de vous lever tout.
00:40:52Et on parle d'adultes,
00:40:53par exemple,
00:40:55s'entraîner à être adulte,
00:40:56ça se fait...
00:40:57L'école s'est fait
00:40:59pour préparer
00:41:00à avoir tous les savoirs.
00:41:01Attendez, M. Trard,
00:41:02tous les savoirs,
00:41:03tous les prérequis.
00:41:04Je voudrais préciser
00:41:05ce que disait Mme Sophia.
00:41:08Il y a des policiers
00:41:10et des gendarmes
00:41:10qui habitent très loin
00:41:11qui se lèvent aussi très tôt
00:41:12pour assurer votre sécurité
00:41:13comme des personnels soignants
00:41:14qui se lèvent très tôt.
00:41:15L'expérience.
00:41:16Si vous ne la prenez pas à l'école,
00:41:16vous l'apprendrez où ?
00:41:17L'expérience, Sophia,
00:41:19si je peux me permettre,
00:41:21Sophia,
00:41:21l'expérience,
00:41:22peut-être ce que vous dites,
00:41:23mais ça a toujours existé.
00:41:24En revanche,
00:41:25les réformes qui ont eu lieu
00:41:26il y a quelques années
00:41:27font que les étudiants,
00:41:29enfin les lycéens aujourd'hui,
00:41:30ont des trous
00:41:31dans leur emploi du temps.
00:41:32Et c'est là le sujet.
00:41:34Il est là le sujet.
00:41:35C'est que vous rentrez
00:41:35à 8h au collège
00:41:36ou au lycée,
00:41:38tout le monde...
00:41:38Vous parliez du niveau
00:41:39de tout à l'heure.
00:41:39Attendez,
00:41:40on l'a tous fait.
00:41:41On l'a tous fait.
00:41:42On a un niveau désastreux.
00:41:42Quand vous habitez
00:41:43à 30 km du lycée
00:41:45et que vous avez un trou
00:41:47entre 10h et midi,
00:41:49il est là le sujet.
00:41:49Je préfère que les gosses
00:41:50soient à l'école
00:41:50plutôt que dans la rue,
00:41:51M. Tréhard.
00:41:52Et qu'on puisse peut-être
00:41:52des devoirs avec nos enfants.
00:41:54Ce n'est pas ça le sujet.
00:41:55Je crois que j'ai été à l'école
00:41:57plus récemment.
00:41:57Maître Kem.
00:41:59Merci, Maxime.
00:42:00Sur ce plateau,
00:42:01on a des pancartes
00:42:02et je trouve que c'est très intéressant
00:42:03qu'on puisse voir les slogans.
00:42:05Et là, j'ai un slogan
00:42:06« Plus de maths,
00:42:08moins de matraques ».
00:42:09Et je pense que ces deux choses
00:42:10sont liées.
00:42:11C'est-à-dire que la colère
00:42:12des lycéens
00:42:13et des lycéennes aujourd'hui,
00:42:14elle porte à la fois
00:42:15sur les conditions d'études
00:42:17au lycée,
00:42:18on en a parlé,
00:42:19mais également sur le manque
00:42:20de dignité,
00:42:21de reconnaissance
00:42:21et la violence
00:42:22dont ils font l'objet.
00:42:242018,
00:42:25j'étais déjà l'avocat
00:42:25de lycéen
00:42:26qui se battait
00:42:27contre Parcoursup.
00:42:28Et finalement,
00:42:28la réforme est passée
00:42:30au pas de charge
00:42:30et on voit que leur avenir
00:42:31est bouché.
00:42:32Et moi, j'ai une sensibilité
00:42:33particulière parce que
00:42:34je sais très bien
00:42:34que si Parcoursup
00:42:35avait existé
00:42:36lorsque j'ai passé mon bac,
00:42:37je ne serais jamais
00:42:39devenu avocat.
00:42:39Je n'aurais jamais pu
00:42:40m'inscrire en fac de droit
00:42:41parce que je n'avais pas
00:42:41le niveau à l'époque.
00:42:42Et moi, je voudrais
00:42:43que les gens
00:42:44aient les mêmes chances
00:42:45aujourd'hui.
00:42:45Mais ce que je vois
00:42:46aujourd'hui,
00:42:47c'est que Parcoursup,
00:42:48évidemment,
00:42:48je suis d'accord
00:42:48avec M. Ruffin,
00:42:49il faut absolument
00:42:49l'écraser.
00:42:51Maintenant,
00:42:51moi, je vois que
00:42:52sur ce plateau
00:42:53tout à l'heure,
00:42:53on a quand même eu
00:42:54Mme Sarah Knafo
00:42:55qui a insulté
00:42:56des millions de lycéens
00:42:57en les traitant
00:42:58de racailles
00:42:58et en répétant
00:42:59à plusieurs reprises
00:43:00la nationalité
00:43:02des parents
00:43:02ou des grands-parents,
00:43:03la nationalité d'origine
00:43:04en laissant entendre
00:43:10son expression,
00:43:11c'est le racisme
00:43:11et la xénophobie.
00:43:12C'est ahurissant
00:43:13devant des millions
00:43:14de Français
00:43:14d'entendre Sarah Knafo
00:43:17dire des choses
00:43:18pareilles.
00:43:19Ne dites pas l'essai.
00:43:20Vous avez raison,
00:43:20c'est pour ça que je me suis repris
00:43:22M. Ruffin,
00:43:23effectivement.
00:43:24Et c'est pour ça
00:43:24que je reprends la parole
00:43:25aussi sur ce point
00:43:26qui, me semble-t-il,
00:43:26tout à l'heure,
00:43:27n'avait pas été assez développé.
00:43:28Et une dernière chose,
00:43:29parce que vous voyez,
00:43:30plus de maths,
00:43:31moins de matraques,
00:43:32les deux choses vont ensemble.
00:43:33Et moi,
00:43:33ce que j'attendais là,
00:43:34après dix jours,
00:43:35évidemment,
00:43:35il y a les points,
00:43:36la revendication.
00:43:37Mais il y a aussi,
00:43:38à mon avis,
00:43:38il manque un grand discours.
00:43:40Les mots sont importants.
00:43:41François Ruffin l'a dit tout à l'heure.
00:43:42Un grand discours réparateur
00:43:44que le pouvoir politique
00:43:46constate que,
00:43:46oui,
00:43:47il y a eu des violences,
00:43:48oui,
00:43:48des jeunes en ont été victimes,
00:43:49oui,
00:43:49il y a eu des abus
00:43:50dans les interpellations.
00:43:51Et au lieu de ce grand discours réparateur,
00:43:53on dit,
00:43:54le seul message envoyé à la jeunesse,
00:43:55c'est qu'on va continuer.
00:43:57Moins de maths,
00:43:58plus de matraques.
00:43:58Mais Charles Ramos,
00:43:59en dessous,
00:43:59je voudrais qu'on écoute
00:43:59ce message de Cornu.
00:44:01Depuis quelques jours,
00:44:02on entendait
00:44:02qu'il n'y avait pas de revendications
00:44:03et que c'était compliqué
00:44:04pour le gouvernement.
00:44:05D'habitude,
00:44:06moi,
00:44:06en 86,
00:44:07j'étais leader
00:44:07contre la loi de Vaquet.
00:44:08Là,
00:44:08il y avait 2000 personnes
00:44:09derrière moi à Blois.
00:44:10On avait des revendications
00:44:11et on les faisait retirer.
00:44:14Là,
00:44:15c'est clair,
00:44:15on a 10 revendications
00:44:16sur la table.
00:44:17Moi,
00:44:17il y en a une
00:44:18que j'entends partout,
00:44:19on l'a entendue ce soir,
00:44:20c'est Parcoursup.
00:44:21Tout le monde est unanime
00:44:22pour dire que ça,
00:44:24c'est anxiogène
00:44:24et ils n'en veulent pas.
00:44:25Après,
00:44:25dans les revendications,
00:44:26il y en a que je ne suis pas d'accord
00:44:27dans les 10 revendications.
00:44:28Par exemple,
00:44:30le repas à 1 euro
00:44:31pour tout le monde.
00:44:31Non.
00:44:32Moi,
00:44:32j'ai les moyens
00:44:33de payer le repas
00:44:35à mes enfants.
00:44:35Donc,
00:44:36le repas,
00:44:37il doit être proportionné.
00:44:38Les gens qui ont les moyens
00:44:39de payer un repas...
00:44:39Aujourd'hui,
00:44:40les bourses,
00:44:40ça ne se fait pas revaloriser.
00:44:41Pardon,
00:44:41il faut le revaloriser,
00:44:42mais dès qu'il y a une bourse,
00:44:43on peut pouvoir donner.
00:44:44Mais que tout le monde paye 1 euro,
00:44:45je ne suis absolument pas d'accord.
00:44:47Je ne suis absolument pas d'accord
00:44:48parce que celui qui a les moyens,
00:44:49il doit payer pour son enfant.
00:44:51Voilà.
00:44:51Celui qui n'a pas les moyens,
00:44:52on doit lui permettre
00:44:53de faire des études.
00:44:54Mais là,
00:44:54on a au moins,
00:44:55et c'est là qu'est intéressant,
00:44:56est-ce qu'à partir d'aujourd'hui,
00:44:58le Premier ministre
00:44:59va prendre ses 10 mesures
00:45:00et va travailler concrètement
00:45:02sur ces 10 mesures
00:45:03avec celle qui me paraît
00:45:04la plus importante,
00:45:05on l'a entendue...
00:45:06Mais demandez-lui,
00:45:07vous êtes dans sa majorité.
00:45:08Mais comment ?
00:45:08Je ne suis pas toujours entendu.
00:45:10Je sais, mais bon.
00:45:11Je suis l'outil avec sa sauré
00:45:12si j'étais entendu depuis 10 ans.
00:45:14Et je vais donner un exemple
00:45:15très concret.
00:45:15Mais sincèrement...
00:45:16Cet après-midi,
00:45:17qu'on m'a donné,
00:45:19une élève l'année dernière
00:45:20d'Orléans
00:45:21demande à faire infirmière.
00:45:23Elle obtient
00:45:24à 600 km d'Orléans
00:45:25le fait d'aller dans une école.
00:45:27Et dans le même...
00:45:28L'autre côté,
00:45:29à 600 km,
00:45:29l'autre obtient
00:45:30de le faire à Orléans.
00:45:31C'est que l'algorithme,
00:45:32il est dingo.
00:45:33Je veux dire,
00:45:34ils vont faire les mêmes études
00:45:35et on les envoie
00:45:36à des foyers modestes
00:45:38et qui n'ont pas toujours
00:45:39les moyens
00:45:39de les mettre.
00:45:40Mais M. Ramos,
00:45:40vous admettez quand même
00:45:42qu'il faut de la politique, là.
00:45:43Oui, il faut de la politique.
00:45:44On dit souvent
00:45:44pour arrêter un conflit,
00:45:45il faut de la politique.
00:45:47Pour arrêter
00:45:47un conflit guerrier,
00:45:49j'entends.
00:45:49Pour un conflit
00:45:50qui est un conflit social,
00:45:52il faut de la politique.
00:45:53Alors,
00:45:54qu'est-ce que fait la majorité ?
00:45:55Enfin,
00:45:56ce qu'il reste de la majorité,
00:45:57en tous les cas,
00:45:58les soutiens
00:45:59de l'exécutif
00:46:01pour lui dire
00:46:03ouvrez la porte
00:46:05aux étudiants,
00:46:06non pas pour parler
00:46:07des violences,
00:46:08des LBD,
00:46:09tout ça,
00:46:09mais pour parler
00:46:10des programmes,
00:46:11des revendications,
00:46:12de parcours cibles.
00:46:13Je ne sais pas si il m'a écouté.
00:46:14Ça fait quand même 15 jours
00:46:15que ça dure.
00:46:15Et ça fait 10 jours
00:46:17et il faut me donner acte,
00:46:19vous étiez sur les plateaux
00:46:20avec moi depuis 10 jours
00:46:21où je dis depuis 10 jours
00:46:23que c'est le Premier ministre
00:46:24qui doit prendre la main.
00:46:25Depuis 10 jours,
00:46:26je dis ça.
00:46:26Parce qu'on a en même temps
00:46:28une crise politique,
00:46:30c'est-à-dire,
00:46:30on n'est plus légitime,
00:46:31les Français disent
00:46:32vous n'êtes plus légitime,
00:46:33de toute façon,
00:46:34vous n'allez pas résoudre
00:46:35mes problèmes,
00:46:35que ce soit la jeunesse,
00:46:36etc.
00:46:36On a une crise économique,
00:46:38on est au bord,
00:46:38je dirais,
00:46:39d'une France
00:46:41qui est quasiment en faillite
00:46:42et là,
00:46:42on a une crise sociale
00:46:43et on a un petit bout
00:46:44de la crise sociale
00:46:44qui est porté
00:46:46par cette jeunesse-là.
00:46:47Donc oui,
00:46:47la réponse doit être politique
00:46:48et oui,
00:46:49il faut qu'au plus haut niveau
00:46:50de l'État,
00:46:51le Premier ministre
00:46:51prenne la main.
00:46:52Le Premier ministre
00:46:52qui a pris la parole
00:46:53cet après-midi
00:46:53à l'Assemblée
00:46:54pour dire qu'il y avait
00:46:56une réponse policière
00:46:56qui était proportionnée
00:46:58pour défendre
00:46:58les forces de l'ordre,
00:46:59c'est ce qu'a dit
00:47:00Sébastien Lecornu,
00:47:01mais aussi pour,
00:47:02comment dire,
00:47:03répondre aux attaques
00:47:05de la France insoumise
00:47:05et écouter cette passe d'armes
00:47:07tout à l'heure
00:47:07entre Mathilde Paneau,
00:47:08patron des députés insoumis
00:47:10et le Premier ministre,
00:47:11regardez.
00:47:19Vos ordres,
00:47:19en affirmant
00:47:20qu'aucune consigne
00:47:21de retenue n'avait été donnée
00:47:22et qu'ils pouvaient utiliser
00:47:24tout l'armement
00:47:24à leur disposition,
00:47:26vous avez autorisé le pire.
00:47:28Dans n'importe quelle autre démocratie,
00:47:30vous auriez déjà démissionné.
00:47:31Ceci est une alerte solennelle.
00:47:33On ne brutalise pas les enfants,
00:47:36on ne dresse pas la jeunesse
00:47:37comme un adversaire militaire.
00:47:38Pourquoi mettre un brassard blanc
00:47:40pour mieux faire la courte échelle
00:47:42à celles et ceux
00:47:42qui ont une cagoule noire,
00:47:44Madame la Présidente Paneau ?
00:47:45La réalité,
00:47:46c'est que vous êtes ambiguës
00:47:49avec la violence,
00:47:49car la violence fait partie
00:47:51de votre projet politique
00:47:52de bordélisation du pays
00:47:54entre maintenant
00:47:55et l'élection présidentielle.
00:47:57Semer le chaos
00:47:57tel que vous le faites
00:47:58depuis le début
00:47:59du mouvement
00:48:00en laisser un est un scandale.
00:48:02Et je vais vous dire,
00:48:03Madame la Présidente Paneau,
00:48:04nous ne vous laisserons pas faire.
00:48:06Il y a un projet
00:48:06de bordélisation du pays,
00:48:08François Ruffin ?
00:48:08Non mais, enfin,
00:48:10euh...
00:48:13Moi, je n'ai pas envie
00:48:14de répondre là-dessus.
00:48:15Moi, les réunions
00:48:16viennent de se terminer
00:48:17à l'Élysée.
00:48:17Elles sont terminées.
00:48:18Qu'est-ce qui en est sorti ?
00:48:19Pour l'instant,
00:48:20on ne sait pas.
00:48:20Qu'est-ce que...
00:48:21Quelle est la parole ?
00:48:22Est-ce que le Premier ministre,
00:48:24là, qui est aussi en colère,
00:48:26est venu dire
00:48:28aux centaines de milliers
00:48:29de lycéens
00:48:29qui étaient dans la rue
00:48:30cet après-midi ?
00:48:31Ça fait dix jours.
00:48:32Ça fait dix jours
00:48:33qu'on attend.
00:48:34Ça fait dix jours
00:48:35qu'on attend
00:48:35qu'un Premier ministre
00:48:36vienne prendre des décisions,
00:48:39entamer des discussions.
00:48:40la réponse que vous venez d'entendre
00:48:41n'est pas à la hauteur ?
00:48:42Mais non,
00:48:42ça n'a rien à voir.
00:48:43Je veux dire,
00:48:44la réponse,
00:48:45elle doit être sur
00:48:46est-ce qu'il va y avoir
00:48:47des postes de profs
00:48:48qui vont être supprimés
00:48:49dans le prochain budget ?
00:48:50Je pense que ça les intéresse.
00:48:51Attendez,
00:48:51la France insoumise...
00:48:52Attends,
00:48:53vous avez beaucoup parlé,
00:48:53M. Ruffin,
00:48:54je regarde un peu
00:48:54le chronomètre aussi,
00:48:55je crois que j'ai trouvé
00:48:56mon maître.
00:48:56Mais la réalité,
00:48:57c'est que la France insoumise,
00:49:00elle met de l'huile
00:49:01sur le feu.
00:49:02Quand on dit
00:49:02sauvagerie policière,
00:49:03quand on dit
00:49:04que les policiers-journalis
00:49:05c'est la matraque,
00:49:05le LBD,
00:49:06mais M. Ruffin,
00:49:07vous savez votre problème ?
00:49:07Pourquoi vous avez perdu
00:49:08l'électorat populaire ?
00:49:09C'est parce que vous avez...
00:49:10Je peux terminer ou pas ?
00:49:11C'est parce que vous avez...
00:49:12C'est difficile d'en placer une.
00:49:13C'est parce que vous avez
00:49:14oublié, méprisé
00:49:15et surtout dévalorisé
00:49:17ces ouvriers de la sécurité
00:49:19du peuple
00:49:20que sont les policiers-journalis.
00:49:20Vous croyez que c'est des fils
00:49:21du CAC 40 ?
00:49:22Vous croyez que c'est
00:49:23ceux qui disent
00:49:24merci patron ?
00:49:24Ce sont des femmes
00:49:26et des hommes.
00:49:26Pardon M. Ruffin,
00:49:27je termine.
00:49:28Ce sont des femmes
00:49:28et des hommes,
00:49:29les réalités visiblement
00:49:29vous gênent.
00:49:30C'est bien beau de faire
00:49:30des grandes diatribes
00:49:31sur les plateaux,
00:49:32mais moi je vous confronter
00:49:32à la réalité,
00:49:33je n'ai pas eu de réponse
00:49:33sur les armements.
00:49:34J'espère avoir une réponse
00:49:35sur le respect des policiers
00:49:36et des gendarmes.
00:49:36M. Ruffin,
00:49:38j'aurais aimé,
00:49:38pour terminer mon propos,
00:49:39que toutes les fake news
00:49:41quand Mme Dufour
00:49:42à Rouen explique
00:49:42qu'il y a eu des gazages
00:49:43alors que c'est
00:49:44de la poteuse.
00:49:45C'est vos amis,
00:49:46c'est vos anciens amis.
00:49:48Vous en faites
00:49:48une fréquentation,
00:49:49vous jeunes,
00:49:49mais à souverain.
00:49:49Ils ne me considèrent
00:49:50pas comme un homme.
00:49:51Quand M. Léoman
00:49:52et toute la troupe
00:49:53expliquent que les actions
00:49:54sont fixées,
00:49:55il est effectivement
00:49:55des factures.
00:49:56Mais M. Ruffin,
00:49:58les policiers
00:49:58et les gendarmes de ce pays
00:49:59sont des gens aussi
00:50:00qui comptent,
00:50:01ce ne sont pas
00:50:01des sous-citoyens.
00:50:02M. Ruffin,
00:50:04vous les avez oubliés
00:50:05depuis longtemps,
00:50:05c'est pour ça
00:50:06que vous perdez pied.
00:50:06M. Ruffin,
00:50:07j'ai écrit un petit bouquin
00:50:10qui n'est que faire
00:50:10de la police.
00:50:11Je veux bien revenir
00:50:13pour discuter de la police.
00:50:14Mais ce soir,
00:50:15c'est que fait-on
00:50:16pour la jeunesse,
00:50:16que fait-on pour l'éducation.
00:50:17Vous l'ouvrez
00:50:17pour les accablés
00:50:18et quand il s'agit
00:50:19de proposer,
00:50:19vous n'êtes plus là.
00:50:20C'est facile de dire
00:50:20LBD, grenade...
00:50:22Cherchez, cherchez...
00:50:25Vous voulez supprimer
00:50:26l'LBD,
00:50:26vous estimez que...
00:50:27M. Ruffin,
00:50:27s'il vous plaît,
00:50:27M. Ruffin,
00:50:35alors qu'il pourrait
00:50:37Laissez François Ruffin
00:50:38vous répondre.
00:50:38Il parle beaucoup
00:50:38et je n'ai pas de réponse
00:50:39quand même.
00:50:39Vous savez,
00:50:40le président de la République
00:50:41était venu dans ma venille
00:50:43à Amiens
00:50:43et il avait dit
00:50:45il n'y a pas de politique
00:50:46à avoir pour la jeunesse.
00:50:48Voilà ce qu'il avait dit.
00:50:49Et je considère
00:50:49qu'au contraire,
00:50:50le moment est venu
00:50:51d'avoir de la politique
00:50:52pour la jeunesse.
00:50:54C'est ça le message aujourd'hui.
00:50:55À part du mépris
00:50:55pour les policiers de la jeunesse,
00:50:56vous proposez quoi M. Ruffin ?
00:50:57À quel moment
00:50:57j'ai eu du mépris
00:50:58pour les policiers de la jeunesse ?
00:50:59Pour protéger leurs rues privées ?
00:51:00Pour protéger celles et ceux
00:51:02715 gendarmes policiers ?
00:51:03Vous n'avez même pas parlé
00:51:04de cette policière carréée
00:51:05de ce commandant
00:51:06qui avait une entente
00:51:07de meurtre ?
00:51:08J'en ai parlé M. Vallée.
00:51:09C'est normal.
00:51:10On s'est habitués dans notre pays
00:51:10à ce que ce soit des serpillères
00:51:12qui s'assassent
00:51:12par les voyous,
00:51:14par les racailles,
00:51:14par tout le monde.
00:51:15Mathieu Vallée,
00:51:16vous êtes le premier.
00:51:17Mathieu Vallée,
00:51:18Mathieu Vallée,
00:51:18stop,
00:51:19stop,
00:51:19je vais leur taper dessus.
00:51:20Mathieu Vallée,
00:51:21le dernier à parler.
00:51:22Soyons,
00:51:23admettons,
00:51:24vous avez parlé
00:51:24d'arrestation arbitrable.
00:51:25Réfléchissons à la façon
00:51:26de respecter la police.
00:51:27Réfléchissons à la manière
00:51:28de respecter.
00:51:30Je peux vous assurer
00:51:32que si la police
00:51:33ne mutilait plus,
00:51:34il n'y avait plus des jeunes.
00:51:35Non, mais attendez,
00:51:35laissez-moi finir ma phrase,
00:51:36s'il vous plaît.
00:51:38Arrêtez, s'il vous plaît.
00:51:39Je pense que vous ne vous rendez pas compte
00:51:41parce que ce sont aussi mes clients
00:51:42que vous ne vous rendez pas.
00:51:44Monsieur Vallée,
00:51:44s'il vous plaît,
00:51:45vous ne vous rendez pas compte
00:51:46des vies...
00:51:47Laissez-moi finir ma phrase.
00:51:48Des vies brisées
00:51:50par des gens
00:51:51qui ont perdu la main
00:51:52ou perdu un oeil.
00:51:53Moi, j'ai défendu des gens
00:51:55dans plein de situations
00:51:56un soir de match.
00:51:57Mais évidemment,
00:51:58ce n'est pas un drame,
00:51:58c'est un crime.
00:51:59Ce n'est pas un drame,
00:52:00c'est un crime,
00:52:00c'est un sens juridique,
00:52:02Monsieur Vallée.
00:52:03Et ce que je veux dire,
00:52:03Monsieur Vallée,
00:52:05c'est-à-dire que
00:52:05si vous souhaitez
00:52:06que la jeunesse
00:52:10continue ou déteste
00:52:10encore plus la police
00:52:11et ce n'est pas votre but,
00:52:13Monsieur Vallée,
00:52:13vous souhaitez que la jeunesse
00:52:14aime la police,
00:52:15je n'en doute pas.
00:52:16Eh bien, je vous pense...
00:52:18S'il vous plaît,
00:52:18Monsieur Vallée,
00:52:19vous n'allez pas trôler
00:52:19le débat à chaque fois.
00:52:20Je pense, Monsieur Vallée,
00:52:20que si la police
00:52:24n'éborgnait pas les jeunes,
00:52:25si la police ne l'utilait pas,
00:52:27de fait,
00:52:28cette semaine,
00:52:29de fait, cette semaine,
00:52:30de fait, cette semaine,
00:52:32il y a un enfant
00:52:33qui a perdu un oeil
00:52:33et un enfant
00:52:34qui a perdu une main.
00:52:36Et si ce genre,
00:52:37si cela n'arrivait pas,
00:52:38je pense qu'il y aurait
00:52:39moins de colère
00:52:40à l'envoi de la police.
00:52:40Non, non, c'est terminé.
00:52:41C'est terminé.
00:52:42Non, Mathieu Vallée,
00:52:42c'est terminé.
00:52:43Vous avez été très...
00:52:45Monsieur Ruffin
00:52:45peut déballer son catéchisme.
00:52:47J'ai au moins...
00:52:48Vous n'avez fait que ça,
00:52:48Mathieu Vallée.
00:52:51Je crois qu'on a vu
00:52:52de quand vous étiez capables
00:52:53en 10 ans.
00:52:53Donc c'est bon,
00:52:54votre bilan parle pour vous.
00:52:54On verra ce que vous avez défendu
00:52:58tout le temps, là.
00:52:59Vous n'avez pas le monopole
00:53:00de la police.
00:53:00Vous n'avez pas le monopole
00:53:02non plus d'avoir fait réussir
00:53:03le pays,
00:53:04il est dans le mur,
00:53:04grâce à vous.
00:53:05Et on n'est pas au bord
00:53:05de la faillite,
00:53:06on est déjà dans la faillite
00:53:06grâce à votre gouvernement
00:53:08que vous avez soutenu.
00:53:08C'est terminé.
00:53:09François Ruffin,
00:53:10et allez au bout
00:53:10de ce que vous avez fait
00:53:11pendant 10 ans.
00:53:11Mathieu Vallée,
00:53:12s'il vous plaît,
00:53:12François Ruffin,
00:53:13en un mot,
00:53:13qu'est-ce que vous demandez
00:53:14ce soir,
00:53:14s'il nous regarde,
00:53:15à Sébastien Lecornu ?
00:53:16Moi je dis,
00:53:16suppression de parcours sub,
00:53:18garantissez que dans le prochain budget,
00:53:20il n'y aura pas la suppression
00:53:21de 1588 postes.
00:53:24Sortez de l'Elysée
00:53:25en posant ça sur la table
00:53:27et je suis sûr
00:53:28qu'il y aura un chemin
00:53:29d'apaisement dans le pays.
00:53:30Et c'est mon but.
00:53:32Je ne suis pas là, moi,
00:53:33pour venir faire monter la tension
00:53:34ni sur les plateaux télé,
00:53:36ni dans le pays.
00:53:36Merci en tout cas,
00:53:37à tous les cas.
00:53:38Je garde histoire.
00:53:38Mais mes coronesses,
00:53:38monsieur,
00:53:39je les garde moi-même.
00:53:39Parce que c'est un genre d'insulte,
00:53:41vous les gardez.
00:53:42Vous les gardez.
00:53:44Vous les gardez.
00:53:45Vous les gardez.
00:53:46Vous êtes énervé,
00:53:47c'est le visage de Macron ?
00:53:48Non, c'est pas du tout.
00:53:50Sortez vos coronesses.
00:53:51Voilà.
00:53:51S'il vous plaît.
00:53:52C'est un terme maoré.
00:53:53C'est pas très...
00:53:53C'est terminé.
00:53:55Je garde Yves Tréa
00:53:56et Sofiane Tizaoui
00:53:57avec moi sur ce plateau.
00:53:59D'autres invités nous rejoignent.
00:54:00Je voulais juste vous donner
00:54:01les chiffres aujourd'hui.
00:54:02Entre 266 et 450 000 personnes
00:54:05dans les rues de France aujourd'hui
00:54:06avec un certain nombre
00:54:09de manifestations
00:54:10et de heurts
00:54:11en fin de cortège
00:54:12que ce soit à Paris
00:54:12ou ailleurs.
00:54:15488 interpellations.
00:54:16On est à 6547
00:54:17depuis le début du mouvement
00:54:18et une dizaine de revendications
00:54:20qui sont posées sur la table
00:54:22ce soir.
00:54:22On va continuer à en parler
00:54:23avec nos invités.
00:54:24Si nos invités rentrent
00:54:25sur la table,
00:54:26enfin sur le plateau,
00:54:27sinon je n'y arriverai pas.
00:54:28Ils arrivent.
00:54:29Je vous les présente.
00:54:30Stéphane Trousset,
00:54:31le président du département
00:54:32de Seine-Saint-Nier,
00:54:33porte-parole du PS.
00:54:34Jean-Christophe Couvi,
00:54:34secrétaire national
00:54:35du syndicat de police Unité.
00:54:37Anne-Saura Dubois
00:54:38et Alexis Duré
00:54:39nous rejoignent.
00:54:40Bonsoir et bienvenue.
00:54:43Militants au point levé,
00:54:44révolution permanente
00:54:45étudiants à Paris 8
00:54:45et surveillants en lycée
00:54:47à Paul-Éluard
00:54:48à Saint-Denis.
00:54:50Quel bilan vous faites ?
00:54:52Je pose la même question
00:54:53que tout à l'heure
00:54:53à Sofiat Izaoui
00:54:54à 21h.
00:54:55Vous dites quoi ce soir ?
00:54:55Stop ou encore ?
00:54:56Bien évidemment encore.
00:54:57Aujourd'hui,
00:54:58je pense qu'il y a eu
00:54:58une énorme démonstration de force.
00:55:00C'est une des plus grandes manifestations
00:55:01qu'il y a eu, je pense,
00:55:02depuis une vingtaine d'années,
00:55:03particulièrement dans les mouvements lycéens.
00:55:04Je pense qu'il y a eu
00:55:05une déferlante dans les rues.
00:55:07Juste à Paris,
00:55:07c'est plus de 100 000 personnes
00:55:08qui ont manifesté
00:55:09des dizaines de milliers de lycéens.
00:55:11Et la première chose
00:55:11que moi j'aimerais dire justement
00:55:12par rapport à M. Lecornu
00:55:14qui ne comprend rien du tout
00:55:15à la situation,
00:55:17c'est que j'appelle,
00:55:18enfin mon organisation,
00:55:19le point levé,
00:55:20appelle l'ensemble des lycéens
00:55:21et des étudiants,
00:55:22mais particulièrement les lycéens,
00:55:23à refuser le piège
00:55:25du temps du dialogue
00:55:26qui a été proposé.
00:55:27On considère que c'est vraiment
00:55:28presque une insulte
00:55:29après la répression policière
00:55:30qui a été dévastatrice
00:55:31ces derniers jours,
00:55:32qu'il n'y a aucune revendication
00:55:34qui est en train
00:55:35d'être acceptée
00:55:35par le gouvernement,
00:55:36aucune proposition concrète
00:55:37et on appelle
00:55:38tous les lycéens
00:55:39à continuer le blocage.
00:55:40Je précise une chose,
00:55:41Alexis Duré,
00:55:41c'est que cet après-midi
00:55:42à l'Assemblée
00:55:43a dit aux lycéens
00:55:45et aux enseignants
00:55:45d'une certaine manière
00:55:46reprise des cours progressives
00:55:47à partir de demain,
00:55:49demain, jeudi, vendredi
00:55:51et on organise
00:55:52une demi-journée banalisée,
00:55:53pas de cours.
00:55:54En revanche,
00:55:55il y a un temps d'échange.
00:55:55Vous vous dites ce soir
00:55:56aux lycéens,
00:55:57attention,
00:55:57ça c'est un piège.
00:55:58Nous on dit évidemment
00:55:59que c'est un piège
00:55:59et on les appelle
00:56:00à poursuivre la mobilisation,
00:56:01à l'étendre profondément.
00:56:02Aujourd'hui,
00:56:03il ne faut pas reprendre les cours,
00:56:04rentrer chez nous,
00:56:05il faut poursuivre la mobilisation,
00:56:06il faut qu'on aille gagner des choses,
00:56:07on le peut.
00:56:08Les étudiants aujourd'hui
00:56:09sont en train de rejoindre
00:56:10la mobilisation,
00:56:11il y a aussi des secteurs
00:56:11du monde du travail
00:56:12qui sont en train de la rejoindre.
00:56:13Moi, personnellement,
00:56:14aujourd'hui,
00:56:14j'ai manifesté
00:56:14dans un grand cortège de 93
00:56:16où il y avait des lycéens,
00:56:18des étudiants,
00:56:18des professeurs,
00:56:19des surveillants,
00:56:20mais aussi même
00:56:21des cheminots
00:56:22qui étaient présents aujourd'hui.
00:56:23Je pense que l'écho
00:56:24de la mobilisation des lycéens
00:56:25touche beaucoup
00:56:26du secteur de la société
00:56:26et qu'aujourd'hui,
00:56:27l'heure n'est surtout pas
00:56:28arrêtée la mobilisation.
00:56:29Au contraire,
00:56:29je pense que les lycéens,
00:56:30par ailleurs,
00:56:31ont envie de continuer
00:56:32cette mobilisation.
00:56:33Alors, je vais vous poser
00:56:33la question différemment
00:56:34à vous et à Sofiat Izaoui.
00:56:36Qu'est-ce qui vous ferait,
00:56:37pardon pour l'expression,
00:56:38mais rentrer en cours,
00:56:39qu'est-ce qui ferait
00:56:40que le mouvement
00:56:40s'arrêterait là,
00:56:42demain,
00:56:43que doit accepter...
00:56:44Ce n'est pas un gros mot,
00:56:44quand même.
00:56:45Non, non.
00:56:46Non, mais il y a un côté...
00:56:49Oui, c'est terminé.
00:56:50La fête est finie,
00:56:50il faut rentrer maintenant.
00:56:51Qu'est-ce qui vous ferait
00:56:52rentrer en cours ?
00:56:53Qu'est-ce qui ferait
00:56:53que le mouvement s'arrêterait ?
00:56:55Une fois qu'on aura obtenu
00:56:57ce que nous demandons,
00:56:58c'est-à-dire,
00:56:59là, les paroles,
00:57:00ça va de minute,
00:57:00parce qu'on les entend parler
00:57:02depuis des années
00:57:02et quand ils font des actes,
00:57:04ils nous détruisent
00:57:05notre avenir.
00:57:06Là, on veut des actes.
00:57:06Ça y est,
00:57:07on en a marre de parler
00:57:07et c'est pour ça
00:57:08qu'on était dans la rue
00:57:08parce que parler,
00:57:09ça ne sert plus à rien
00:57:10avec ce gouvernement
00:57:10donc il va falloir agir.
00:57:12Donc, tant que nous,
00:57:12on n'aura pas vu
00:57:13que nos conditions de vie
00:57:14s'améliorent réellement,
00:57:15tant qu'on n'aura pas
00:57:16un projet réel,
00:57:17tant qu'on n'aura pas vu
00:57:19que la copie du budget,
00:57:20on ne supprime pas de poste,
00:57:21on nous assure un avenir garanti,
00:57:23qu'on supprime par cours sup.
00:57:24Tant qu'en fait,
00:57:25toutes ces mesures,
00:57:26et honnêtement,
00:57:27les dix propositions
00:57:28qui sont signées en avant,
00:57:30c'est les dix premières mesures
00:57:32parce qu'en réalité,
00:57:33il faudrait aller encore
00:57:34beaucoup plus loin.
00:57:35Mais tant qu'on n'a pas ça,
00:57:36on sera encore dans les rues
00:57:37jusqu'à ce qu'on gagne.
00:57:38– Et si je peux ajouter
00:57:39juste une chose
00:57:39par rapport à ça,
00:57:40permettez-moi,
00:57:41parce que je pense
00:57:41que par cours sup,
00:57:42c'est la revendication
00:57:43minimale aujourd'hui,
00:57:44mais l'expression
00:57:45du refus
00:57:46du 8h-18h, monsieur,
00:57:47moi je pense que c'est
00:57:48en réalité un rejet
00:57:50de quelque chose
00:57:50de beaucoup plus profond.
00:57:51Aujourd'hui,
00:57:51ce que revendique les lycéens,
00:57:52c'est un droit à la vie,
00:57:54un droit à profiter
00:57:54de la vie en réalité.
00:57:55Ce qu'eux,
00:57:56ils dénoncent,
00:57:56c'est ça,
00:57:57c'est d'être encadrés
00:57:58en permanence
00:57:59dans des écoles
00:57:59où ils sont tout le temps,
00:58:01je veux dire aussi opprimés,
00:58:02surtout en banlieue,
00:58:03etc.,
00:58:03où il y a un manque
00:58:04de moyens qui est criant,
00:58:06où je veux dire
00:58:06c'est...
00:58:07– Mais Alexis, Alexis,
00:58:08– Bien évidemment,
00:58:09de nombreux lignes
00:58:09et non,
00:58:10je veux dire,
00:58:10il suffit de regarder
00:58:12les interviews.
00:58:13– Un, que vous êtes opprimé,
00:58:14mais surtout,
00:58:16surtout,
00:58:18si vous voulez obtenir
00:58:19gain de cause
00:58:19et si vous voulez obtenir
00:58:20des avancées
00:58:21dans vos conditions
00:58:22de travail,
00:58:23de cours et tout ça,
00:58:25il faut bien
00:58:25qu'à un moment
00:58:26ou à un autre,
00:58:26vous parliez
00:58:27avec le gouvernement
00:58:28et vous vous asseyez
00:58:29à une table
00:58:29et que vous acceptiez.
00:58:30– Mais précisément,
00:58:30Nous on a été invités avec le Point Levé, on a refusé d'aller rencontrer le gouvernement, on a été
00:58:34invités par le gouvernement, on a refusé d'y aller parce qu'aujourd'hui il n'y a rien à
00:58:39négocier avec un gouvernement qui arrache des mains de gamins de 15 ans, il n'y a rien à discuter
00:58:43avec un gouvernement qui crève les yeux des étudiants.
00:58:46– Ce qu'on veut de la part du gouvernement, c'est qu'on parle avec lui, ce qu'on
00:58:50veut c'est qu'il réponde aux revendications du mouvement aujourd'hui.
00:58:53– Mais si vous ne parlez pas avec lui, c'est n'importe quoi, c'est une reprise des cours
00:58:59des visées, c'est ça dont on parle, c'est une reprise des cours des visées sans aucune revendication obtenue.
00:59:04– S'il vous invite à Matignon pour parler avec vous, avec vos organisations syndicales, mais si vous ne pouvez
00:59:10pas parler avec lui, qu'est-ce que vous allez faire ?
00:59:12– Parce que monsieur, les revendications elles sont clairement posées, je veux dire, on n'a pas besoin de dialogue,
00:59:15les manifestations elles sont très claires, les pancartes elles sont très claires, le gouvernement c'est ce qu'on veut,
00:59:19on n'a pas besoin de lui dire…
00:59:20– Ça ne se passe jamais comme ça, vous savez ? – On n'a pas besoin de lui dire…
00:59:22– Mais là vous allez perdre, vous allez perdre.
00:59:24– Mais par exemple, si on veut parler un peu d'histoire, je pense qu'il y a quelque chose
00:59:26d'intéressant à dire aujourd'hui, c'est que les chiffres de la mobilisation,
00:59:29ils rappellent les premières manifestations aujourd'hui, de celles contre le CPE, contre le contrat de première embauche en 2006,
00:59:34on parle de ces heures de grandeur-là.
00:59:35– Oui mais ce n'est pas le CPE justement.
00:59:36– Et les mouvements, oui mais c'est les débuts, les débuts ils ressemblent profondément à ça.
00:59:40– C'est sûr de vous entendre dire que vous ne voulez pas dialoguer avec un gouvernement qui est prêt
00:59:42à vous recevoir.
00:59:43– Mais lui, il ne veut pas dialoguer avec nous, lui il veut éteindre la colère et ne rien nous
00:59:48donner.
00:59:48– Alors attendez, juste parce que vous avez dit, je ne discute pas avec un gouvernement qui est borne, qui
00:59:53est mutile, etc.
00:59:54Genre Christophe Couville, pardon mais ça c'était un peu pour vous.
00:59:56– Qui est opprimant ?
00:59:57– J'ai bien compris, je suis un opprimant.
01:00:00Non mais enfin, encore une fois vous êtes surveillant d'opprimé, je prends acte, nous on fait notre job de
01:00:05policier,
01:00:06c'est-à-dire que quand on a des personnes qui ne respectent pas la loi et qui effectivement lancent
01:00:10des cocktails Molotov,
01:00:12non mais lancent des cocktails Molotov, c'est pas tabassé.
01:00:14– Vous savez vous avez vu qu'on tabasse les gens ?
01:00:16– Ah mais moi j'ai dit l'Élyséen, l'Élyséen que je connais, ils vont recevoir.
01:00:18– C'est une partie du commissariat de Saint-Denis qui ont déjà été tabassé en cellule.
01:00:22– Très bien, déposé plainte alors et puis il y aura une enquête, c'est parfait, donc l'enquête est
01:00:25en cours.
01:00:26– Oui, il y a une enquête en cours, c'est un peu trop facile.
01:00:29En fait dans les policiers, les policiers ce n'est pas les ennemis des lycéens,
01:00:31il y a aussi des parents policiers qui ont des enfants lycéens, moi j'ai deux fusils.
01:00:35– Il y a aussi beaucoup de parents d'élèves qui sont lycéennes, il y a une qui est en
01:00:37études supérieures aussi
01:00:39et qui rencontre les mêmes problèmes.
01:00:40Moi pareil, ma fille le matin, elle se lève à 6h du matin, même un peu avant, elle prend le
01:00:44bus parce qu'elle habite en ruralité
01:00:48la demande aujourd'hui de votre fille. Qu'est-ce que vous diriez, vous, si votre fille avait une main
01:00:53en main ?
01:00:53– Je n'ai pas à vous répondre à ça parce que ma fille ne va pas aller avec les
01:00:55black blocs, ma fille n'ira pas avec des black blocs.
01:00:57Après il y a des personnes qui ne sont pas forcément du lycée, d'ailleurs même les chefs d'établissement
01:01:02le disent,
01:01:03qui viennent pour tout bordéliser, pour faire monter la violence et pour faire monter ça.
01:01:06Et en fait vous avez des adolescents qui sont à vif, des adolescents qui déjà, ce qui est normal,
01:01:10sont un peu rebelles avec l'autorité, les parents, on est tous parents, on l'a tous vécu, on le
01:01:16vit encore tous les jours
01:01:17et donc forcément c'est des esprits malléables.
01:01:19– Mais qu'est-ce que vous dites vous, il faut que ça s'arrête ?
01:01:20– Mais bien sûr qu'il faut que ça s'arrête, à un moment donné, et ça c'est le
01:01:23syndicaliste qui vous dit aussi,
01:01:24que quand vous êtes sur un rapport de force, à un moment donné il faut aller à la négociation
01:01:28et vous allez obtenir ce que vous pouvez obtenir.
01:01:30Il y a des choses qu'on peut obtenir, par exemple sur le bâtimentaire, pourquoi est-ce qu'on ne
01:01:34fait pas,
01:01:34on n'organise pas l'ouverture d'un fonds vert ?
01:01:36La Fédération Hospitale de France a demandé un fonds vert sur le bâtimentaire, par exemple,
01:01:40pour les passeurs thermiques et les bouilloires thermiques, on préfère la même chose.
01:01:43Pour les lycées, on trouve facilement des milliards, il y a des investisseurs institutionnels qui seraient prêts à investir,
01:01:47l'Ircantec, le Fonds de réserve des retraites, l'Agircarco, etc.,
01:01:51qui pourraient justement faire des investissements,
01:01:53et je suis sûr que si on proposait ça, peut-être que le gouvernement serait d'accord,
01:01:57en fait on prêterait de l'argent au gouvernement qui rembourseraient beaucoup plus tard.
01:02:00Et ça c'est une réponse qui peut se faire très rapidement en fait.
01:02:03Donc il y a des idées aussi peut-être à développer.
01:02:05Maintenant il faut être deux, et dans une communication et une négociation,
01:02:08vous apprendrez, monsieur, il faut être deux pour négocier.
01:02:10Si vous voulez faire la politique de la chaise vide,
01:02:14vous n'y arriverez pas à obtenir ce que vous voulez obtenir.
01:02:17Alors, François-Xavier Bellamy est en direct avec nous.
01:02:19Bonsoir et merci d'être à la députée européenne, vice-présidente des Républicains.
01:02:23Petite question, j'ai posé la même tout à l'heure à Sarah Knafo.
01:02:25Vous, lycéens, vous auriez manifesté aujourd'hui ?
01:02:31Non.
01:02:32En tous les cas, pas pour être instrumentalisé par ce mouvement qui est,
01:02:36comme les renseignements l'ont d'ailleurs démontré,
01:02:39une pure organisation politicienne.
01:02:42Une organisation du chaos qui ne sert pas à l'avenir des jeunes,
01:02:45mais qui est au contraire les pièges dans un combat
01:02:48qui a tout de suite tourné à une forme de violence
01:02:50dont ils sont les premières victimes.
01:02:52Et je pense, moi, aujourd'hui, à tous ces jeunes
01:02:54dont les établissements sont bloqués,
01:02:56le blocage n'est pas de la manifestation.
01:02:58Le blocage, c'est déjà une violence.
01:03:00C'est empêcher ceux qui veulent travailler de continuer à étudier.
01:03:03Je pense aux professeurs agressés,
01:03:05je pense aux enseignants menacés,
01:03:07je pense aux policiers, aux gendarmes qui ont été blessés,
01:03:10je pense aux sapeurs-pompiers qui ont été pris pour cible.
01:03:13Ça n'a rien à voir avec une manifestation
01:03:16telle que la démocratie la prévoit.
01:03:18Ça a tout à voir avec une forme d'embrigadement de la jeunesse
01:03:21qui, malheureusement, est récupérée aujourd'hui par le chaos organisé.
01:03:25Vous ne reprenez aucune revendication lycéenne.
01:03:29Moi, je crois qu'aujourd'hui,
01:03:31et je l'ai dit des milliers de fois depuis des années,
01:03:34j'ai été professeur pendant 12 ans,
01:03:36je n'ai cessé de répéter, d'écrire, de publier
01:03:38pour dire que l'école, c'est le sujet le plus important
01:03:42pour l'avenir de notre pays
01:03:43et que la crise absolue que traverse notre éducation
01:03:46est une urgence totale.
01:03:48Mais le vrai grand problème, ce n'est pas, comme je l'entendais à l'instant,
01:03:51qu'il faille créer un fonds, je ne sais pas quoi,
01:03:53pour rénover les bâtiments.
01:03:54Là, il y a la plupart des établissements qui ont été pris pour cible,
01:03:56étaient soit neufs, soit venaient d'être rénovés.
01:03:59Bien sûr qu'il peut y avoir des problèmes de moyens.
01:04:01Le principal problème, ce n'est pas les moyens.
01:04:03Le principal problème, c'est qu'est-ce qu'on fait de notre école ?
01:04:06Quelle est sa finalité ?
01:04:07Quelle est sa mission essentielle ?
01:04:09Les derniers de l'OCDE en mathématiques.
01:04:12C'est ça le drame absolu ?
01:04:14On a à 18 ans, la journée de défense et de solidité,
01:04:16un jeune français sur cinq,
01:04:18mais je vous réponds, un jeune français sur cinq
01:04:20qui ne sait pas lire correctement un document simple.
01:04:24Et ça, c'est une immense injustice envers la jeune génération
01:04:27parce que ce n'est pas de la faute de ces jeunes.
01:04:29Je l'ai dit, je le répète, il n'y a aucun mépris dans ce que je dis.
01:04:32C'est de la faute de ce système éducatif qui a failli à sa mission.
01:04:36Ce qui a failli, mais quand vous nous dites que ce n'est pas les moyens qui manquent,
01:04:38c'est quoi alors ?
01:04:39Parce qu'à un moment donné, pardon,
01:04:40mais quand on ne me donne pas les moyens d'étudier,
01:04:42je fais comment pour apprendre à lire ?
01:04:44– Oui, et puis par ailleurs, je pense que les lycéens…
01:04:46– Mais ce n'est pas émoignement que c'est la manière dont…
01:04:48– Si je peux me permettre de vous adresser à un mot,
01:04:50M. Xavier Bellamy, je pense que, premièrement,
01:04:52votre discours est écœurant, voilà, vous êtes écœurant, monsieur.
01:04:55Moi, je vous invite à venir discuter avec les lycéens,
01:04:57tout simplement, qui sont en train de se mobiliser.
01:04:59Vous allez voir, ils vont vous répondre très, très clairement.
01:05:01Et je pense que c'est vous qui n'aurez plus les mots pour leur répondre
01:05:04et vous verrez qui est intelligent.
01:05:05Deuxièmement, je pense que leur intelligence,
01:05:07ils sont en train de la montrer aujourd'hui, très, très clairement.
01:05:09– Et je n'ai pas parlé d'intelligence.
01:05:10– Ils sont en train de structurer leurs revendications
01:05:12et ils sont en train de comprendre qu'il n'y a rien à attendre
01:05:14de vos institutions, qu'il n'y a rien à attendre
01:05:16de des pièges gouvernementaux répétitifs à succession
01:05:19qu'il y a à chaque fois.
01:05:21Ils sont en train de prendre la rue et ça, je pense que c'est le signe
01:05:23d'une très, très grande intelligence, monsieur.
01:05:24– Encore un mot, François-Xévelaï, pour répondre à la cité.
01:05:26– Tout va bien, tout va bien, tout va bien.
01:05:28– Allez-y, allez-y.
01:05:30– Détendez-vous, détendez-vous, je ne suis pas le gouvernement,
01:05:33il n'y a aucun problème.
01:05:33Vous avez appris par cœur votre petit message, vous le connaissez très bien.
01:05:36Ce n'est pas comme ça que vous allez sauver l'éducation nationale.
01:05:38La vérité, c'est que oui, ça devrait vous révolter comme moi.
01:05:4133% des jeunes Français à 15 ans ne savent pas lire un texte de 200 mots.
01:05:45C'est l'enquête PISA qui nous l'a montré.
01:05:46Et tous les professeurs de ce pays, j'en suis un parmi d'autres,
01:05:49je me suis engagé pour l'avenir de la génération qui vient.
01:05:52Ça a été mon métier pendant 12 ans, c'est mon engagement,
01:05:55c'est mon premier engagement, c'est celui qui a guidé ma vie.
01:05:58Je continue d'enseigner aujourd'hui bénévolement
01:05:59pour essayer d'être utile et de transmettre.
01:06:02Mais le vrai sujet qui doit tous nous révolter,
01:06:04c'est cette immense injustice scolaire.
01:06:06Et cette injustice, on va la réparer en rendant sa mission à l'école.
01:06:11Pas en parlant sans arrêt de moyens.
01:06:12On a la dépense publique la plus importante de l'OCDE.
01:06:15On donne à l'école le premier budget de l'État.
01:06:17Malgré ça, on a ce résultat désastreux.
01:06:19C'est là-dessus qu'il faut s'interroger.
01:06:21Et tant que vous continuerez à répéter ce message appris par cœur,
01:06:24vous n'aurez pas résolu la situation.
01:06:25Je suis désolé de vous dire.
01:06:26Merci d'avoir été en direct.
01:06:26Mais on va se battre ensemble pour ça, j'en suis sûr.
01:06:28Avec nous, merci beaucoup.
01:06:30Stéphane Trousset, comment on fait pour sortir de cette crise ?
01:06:32D'abord, je voudrais commencer par dire que moi aussi,
01:06:34je trouve particulièrement insultant les propos de François-Xavier Bellamy sur les lycéens.
01:06:39Moi, ce matin, j'étais devant un lycée en Seine-Saint-Denis, au Bourget,
01:06:43devant le lycée Germaine-Tillon.
01:06:44J'ai vu des élèves très mobilisés et avec lesquels j'ai eu un échange de très grande qualité,
01:06:51contrairement à ce que j'entends là.
01:06:53Des jeunes filles, des jeunes gens qui sont là.
01:06:55Ce qui les caractérise, c'est la grande angoisse par rapport à leur avenir.
01:06:58C'est ça, la réalité.
01:07:00Et ce pays proclame depuis des années que l'école, c'est le pilier de la République.
01:07:05C'est un des piliers de la République.
01:07:06C'est un des outils qu'on s'est donné depuis toujours pour favoriser l'émancipation
01:07:11et l'égalité républicaine, la promesse d'égalité républicaine.
01:07:13La réalité, c'est qu'ils constatent tout le contraire.
01:07:16On a une école qui reproduit comme jamais les inégalités.
01:07:19Et je peux vous dire que quand les gamins de la Seine-Saint-Denis,
01:07:22ils voient la démonstration quotidienne de ces inégalités.
01:07:25Qu'est-ce que vous dites ce soir au gouvernement ?
01:07:27D'abord, il faut qu'il oublie la réponse exclusivement sécuritaire
01:07:31qui a été le cœur de son discours depuis quinze jours.
01:07:34Le cœur de son discours, c'était instrumentalisation, émeute urbaine.
01:07:40Et donc, il faut une réponse sécuritaire.
01:07:41La réalité, c'est que maintenant, il était temps que le Premier ministre...
01:07:45J'ai cru comprendre que le Premier ministre disait
01:07:46qu'il faut maintenant une réponse politique.
01:07:49Ah ben oui, il était temps, il faut une réponse politique.
01:07:51Ce que je trouve étonnant comme observateur,
01:07:55c'est que j'ai l'impression que tout le monde,
01:07:57tout le monde, que ce soit les socialistes,
01:08:01pas le gouvernement parce qu'on ne l'a pas entendu,
01:08:04la droite, enfin tous les partis politiques sont d'accord
01:08:06pour dire qu'on a une éducation nationale qui part à la dérive
01:08:10et qui ne remplit pas sa mission,
01:08:13notamment, effectivement, dans des zones qui sont difficiles,
01:08:17où il y a probablement des problèmes à régler.
01:08:20Et je ne comprends pas pourquoi ce débat prend une tournure
01:08:25qui est odieuse, mais absolument odieuse.
01:08:28C'est-à-dire, pardon l'expression pour un...
01:08:31Je vais l'expliquer, l'utiliser pour un jour.
01:08:34Ils se foutent sur la gueule alors que tout le monde devrait
01:08:37se retrousser les manches et dire au gouvernement
01:08:40pour maintenant vous nous recevez.
01:08:42Stéphane Troussel vous répond.
01:08:43Vous nous recevez et il y a quelques revendications,
01:08:46notamment en Parcoursup.
01:08:48Tout le monde est d'accord pour dire que c'est...
01:08:50Non, tout le monde n'est pas d'accord.
01:08:52Tout le monde n'est pas d'accord.
01:08:53La réalité...
01:08:53Le gouvernement, il faut le mettre au pied du mur à ce moment-là.
01:08:59Ça fait 10 ans qu'Emmanuel Macron est en responsabilité.
01:09:01Je crois qu'il a eu 7 ou 8 ministres...
01:09:02Oui, mais attendez, ça ne date pas de lui.
01:09:048 ? Non, non, il y a eu 8 ministres de l'éducation nationale.
01:09:07Il y en a eu un, celui qui a fait les réformes, il est resté 5 ans.
01:09:09Oui, excusez-moi, mais c'est les pires.
01:09:11C'est les pires, parce que dans les difficultés d'aujourd'hui,
01:09:14dans ces fameux emplois du temps qui rendent la vie quotidienne du lycée,
01:09:19pas seulement des élèves, des enseignants comme la direction des établissements,
01:09:23c'est notamment le bac Blanquer, avec je ne sais combien de spécialités,
01:09:26où plus personne ne comprend rien,
01:09:28est vraiment insupportable au quotidien la vie de l'établissement.
01:09:33Mais il y a des milliers de gamins, aujourd'hui,
01:09:36qui, à l'issue de tous les ronds de Parcoursup, en cette rentrée,
01:09:39sont sur le chaos.
01:09:40Ça ne les mobilise pas, là, les lycéens ?
01:09:44Parcoursup, une grande angoisse.
01:09:45C'est ça, la réalité.
01:09:47Quand est-ce qu'on va dire quelques petites vérités
01:09:50sur les financements ?
01:09:5111 milliards d'argent public pour l'école privée dans ce pays.
01:09:57Aucune obligation de mixité...
01:09:58Je ne rouvre pas le débat là tout de suite.
01:10:00On marche sur les deux jambes, Stéphane Troussel, ce soir.
01:10:02C'est une école à deux vitesses qu'on est en train d'organiser.
01:10:05Il y a les revendications des lycéens,
01:10:06et il y a ce qui se passe dans la rue,
01:10:08ce qui s'est passé cet après-midi.
01:10:09Il y a un nouvel appel à manifester jeudi.
01:10:12Qu'est-ce que vous dites, Jean-Christophe Couvry ?
01:10:14Moi, je dis que quand c'est cadré,
01:10:15et que, justement, en face de vous,
01:10:17vous avez des personnes qui sont responsables,
01:10:19avec qui on peut avoir un dialogue,
01:10:20et on le voit qu'on organise des cortèges,
01:10:22ça se passe bien.
01:10:23Sauf quand, effectivement, il y a des éléments extérieurs,
01:10:26Black Bloc, Antifa, tout ce que vous voulez,
01:10:28qui viennent, ultra-gauche, etc.,
01:10:30pour en découdre avec la police,
01:10:32parce que c'est ça, c'est leur but, en fait.
01:10:35Et le problème, c'est qu'ils se servent des citoyens,
01:10:37des citoyens lycéens, d'ailleurs,
01:10:38parce que ce sont aussi les citoyens de demain,
01:10:41comme, j'allais dire, boucliers humains.
01:10:42Et, en fait, il y a un mélange de tout.
01:10:44Et c'est ça, nous, qui nous dérange dans cette histoire.
01:10:46C'est qu'en fait, on n'est pas contre les lycéens,
01:10:48on les comprend, on a été, nous aussi, lycéens,
01:10:50et on n'est pas rends lycéens.
01:10:51La problématique, c'est qu'on n'a pas le droit
01:10:53de tout casser, de tout brûler.
01:10:54Et que je sache, aujourd'hui,
01:10:56ce n'est pas les lycéens qui ont brûlé
01:10:57la banque CIC à Chansy,
01:10:59l'agence intérimaire au Voltaire.
01:11:01Je pense que c'est plutôt des éléments étrangers
01:11:03qui viennent, parce que c'est le grand soir pour eux.
01:11:05C'est tout.
01:11:06Allez, on continue dans un instant.
01:11:07Merci à tous les six.
01:11:08On continue cette édition spéciale dans un instant avec nous.
01:11:10Il est candidat à la primaire du PS
01:11:11et premier secrétaire du PS, c'est Olivier Faure.
01:11:14Vous le voyez qu'il sera avec nous dans un instant.