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  • il y a 8 minutes
Tous les jours, du lundi au jeudi, La France bouge prend des nouvelles d'entrepreneurs qui sont déjà passés dans l'émission.

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00:00La France bouge, que sont-ils devenus ?
00:04Vous étiez venue en 2022, Sophie Pignard nous présenter WeTurn,
00:08cette start-up qui revalorise ses textiles, invendue les chutes de production.
00:13Pour en faire quoi ?
00:15Alors notre but, c'est d'accompagner les marques et les usines,
00:19donc les fabricants textiles, à trouver des solutions de fin de vie pour leurs textiles.
00:24Donc concrètement, on travaille avec des associations pour que les produits soient donnés,
00:28ou des filières d'upcycling, de réemploi.
00:31Et enfin, on travaille majoritairement, en tout cas notre cœur de métier chez WeTurn,
00:35c'est le recyclage en boucle fermée, ça veut dire qu'on transforme des textiles en nouveaux fils pour en
00:41refaire du textile.
00:42Donc ça donne quoi ? Par exemple, vous avez des groupes de production qui vous appellent,
00:47qui vous livrent des cartons de cachemire, de laine, racontez-nous.
00:53On traite différents types de produits, des invendus,
00:56qui ont passé toutes les étapes de vente privée, de solde, et ainsi de suite,
01:00et qui n'ont pas trouvé preneur.
01:02Donc sur ces produits finis-là, on reçoit des inventaires de nos clients.
01:05Donc on travaille pour 136 clients B2B, dont 75% sont des marques aujourd'hui.
01:11Donc les marques nous envoient leurs inventaires de produits finis, d'invendus.
01:15On a développé un logiciel qui trie automatiquement ces pièces,
01:19qui les oriente vers les filières du don, du réemploi,
01:21et qui trie ensuite par matière première, par composition, les matières qui vont être recyclées.
01:26Donc on est vraiment un interlocuteur unique pour la marque.
01:29Et ensuite, on coordonne toute la valorisation dans le respect de la hiérarchie qui est imposée par la loi,
01:34don, réemploi, recyclage.
01:35Bien sûr.
01:35Donc ça, c'est pour la partie marque.
01:37Donc un vendu et rouleau de tissu, qui ont des logos protégés par la propriété intellectuelle,
01:44ceux-là ne peuvent pas être revendus.
01:46Ceux qui sont des tissus neutres, on va les revendre via des plateformes de réemploi.
01:51Et donc les usines, contrairement aux marques,
01:54on n'a pas de produits finis ou d'inventaire à nous envoyer.
01:57Par contre, on a développé un service de collecte et de ramasse de chutes en usines en France et en
02:04Italie.
02:04Et ça va bien ?
02:05Écoutez, ça va plutôt...
02:06Oui, ça se développe.
02:07C'est-à-dire ?
02:08Depuis que vous étiez venu, donc ça fait longtemps.
02:11Comment ça va ?
02:12Oui, ça fait plus de 4 ans.
02:13Écoutez, on a développé depuis ce fameux logiciel.
02:17On a aussi développé ce qu'on appelle la tissu tech.
02:21Donc aujourd'hui, notre cœur de métier, vraiment notre mission,
02:23c'est de généraliser l'usage des matières recyclées
02:25parce que seulement 1% des textiles sont recyclés aujourd'hui.
02:3190% des textiles que vous trouvez sur le marché qui disent être recyclés
02:34viennent de bouteilles en plastique faites en Chine.
02:37Donc aujourd'hui, en fait, on est quasiment à stade zéro.
02:40Donc quand il y a écrit « fait en Chine » pour un vêtement recyclé,
02:44ça veut dire que ça vient d'une bouteille recyclée ?
02:46Majoritairement, aujourd'hui, les fibres recyclées sur le marché sont du polyester
02:49qui est fait à partir de bouteilles en plastique.
02:51Ça ne vient pas de vêtements, de chute de vêtements ?
02:53Non, aujourd'hui, le marché n'est pas encore assez mature,
02:56on n'est même pas encore du tout prêt pour ça.
02:58Alors il y a beaucoup, ça s'active en ce moment,
03:00des investissements sur des usines, etc.
03:02Aujourd'hui, nous, notre cœur de métier, ça va vraiment être
03:05de développer, de généraliser ce recours au recyclage fibre à fibre
03:11parce que c'est là-dessus qu'on fait le plus d'impact.
03:13Nous, on a développé cette tissuité qui a aujourd'hui
03:17plus d'une centaine de références de textiles
03:19qui sont de bonne qualité, qui sont produits en France,
03:21en Italie, en Espagne et au Portugal.
03:23Donc toujours limitrophes, toujours très européens.
03:25Et on a vraiment deux convictions.
03:28C'est que d'une part, nous, on se concentre majoritairement
03:30sur le coton et les matières naturelles.
03:32Le coton étant une matière première la plus exposée
03:35aujourd'hui aux dérèglements climatiques.
03:36Donc matières naturelles et coton.
03:38Guillaume Gibault, ça vous parle ?
03:39Oui, bien sûr.
03:40Nous, dans notre cas d'usage, quand on fabrique un slip,
03:43on a des rouleaux de coton et la stade
03:45et on va découper les patronnages.
03:47Donc il y a des morceaux qui restent.
03:50Aussi, même si on optimise la coupe,
03:51donc il va nous rester de morceaux de matière.
03:52En plus, c'est assez bien uniformisé.
03:54Mais aujourd'hui, nous, on n'a à ce jour
03:55pas trouvé de vrai débouché de recyclage.
03:57Donc il faudrait voir comment est-ce qu'on pourrait
03:59refaire des choses avec ces morceaux de slip
04:01qui sont laissées pour compte.
04:02Donc, en tout cas, l'usage, il existe vraiment.
04:05Mais je mesure, pareil, le combat d'expliquer
04:08aux marques, aux clients, de valoriser.
04:09C'est encore une fois ce qu'on disait tout à l'heure.
04:11C'est la pédagogie.
04:11Voilà.
04:12Et puis, on est militant, on porte une idée,
04:14mais il faut trouver un modèle économique.
04:15Donc, j'imagine que c'est les...
04:16Peut-être que je devance le coach,
04:18mais j'imagine que c'est un abonnement pour les marques
04:20ou comment ça fonctionne économiquement.
04:21Alors, on a différents...
04:22Comme on a plusieurs métiers,
04:23le premier, c'est donc logiciel Stas,
04:25donc c'est de la licence,
04:27du tarif à l'unity traité.
04:30Ensuite, on a notre métier logistique,
04:32donc on collecte les produits,
04:33les matières premières,
04:34on les trie,
04:35on les conditionne,
04:36on les dégriffe,
04:37c'est-à-dire qu'on va retirer la marque
04:38pour tous les produits qui vendent,
04:40on délisse,
04:40donc on retire les boutons,
04:41les points durs pour ce qui va en recyclage.
04:43Donc, on a une tarification à la pièce valorisée.
04:47Et ensuite, tout ce qu'on redistribue,
04:49donc les matières recyclées qu'on leur vend,
04:51on revend le fil recyclé au kilo
04:53et la matière première au mètre linéaire.
04:56Donc, on a vraiment trois cœurs de métier.
04:57À mon sens, c'est vraiment la seule manière aujourd'hui
05:00de pouvoir vraiment concrètement développer
05:03l'économie circulaire,
05:04c'est de pouvoir être sûr,
05:05de contrôler toutes les étapes de la chaîne.
05:07Vous êtes nombreux ?
05:08On est une douzaine à Paris
05:09et après, on a un sous-traitant logistique à Orléans
05:12et ils sont une dizaine aussi.
05:13Fabrice Marcella ?
05:14La question a été posée,
05:15c'était sur le modèle économique.
05:18Voilà, alors après, il y a aussi un élément,
05:19du coup, je parlais du focus sur le coton.
05:23Aujourd'hui, le coton est extrêmement instable,
05:26va devenir de plus en plus instable.
05:27On voit à chaque fois les pics du cours du coton
05:29sur les chocs climatiques,
05:31donc grosse période de sécheresse.
05:33Les plus gros producteurs,
05:34l'Europe ne produit que 1% du coton mondial.
05:36Donc, il faut récupérer un maximum d'un vendu,
05:38de stock de coton.
05:39Voilà, et notre stratégie,
05:40c'est de développer des banques de matières premières,
05:42un peu dans le même modèle que des banques alimentaires,
05:44c'est-à-dire qu'on crée des réserves de coton,
05:46de matières premières,
05:47qui suivent toujours le même protocole de tri,
05:49de collecte et de conditionnement,
05:50de sorte qu'on puisse assurer ensuite la reconduction,
05:53la reconductibilité de la matière recyclée,
05:55sa qualité,
05:57et surtout de pouvoir pallier la volatilité
05:59de la matière première au moment où on connaît des pics,
06:01parce que dans notre matière recyclée,
06:03il y a 50% de vierges, 50% de recyclés,
06:05donc on peut contrôler à minima 50% du prix.
06:07C'est toute une filière qui est en train de se mettre en place.
06:09C'est difficile.
06:10L'entreprise fait quel défi d'affaires aujourd'hui ?
06:12On ne communique pas du tout,
06:14on sort d'une phase de R&D,
06:15mais on a déjà dépassé le 1,5 million,
06:18et l'enjeu, c'est que ces entreprises-là
06:20arrivent à passer relativement à l'échelle,
06:21parce que c'est des zones de danger,
06:23où on a du mal à trouver des financeurs,
06:25on ne rentre pas, encore une fois,
06:26sans vous, bien sûr,
06:27vous allez financer tout de suite,
06:28mais c'est difficile,
06:29parce que c'est expérimental.
06:31C'est quoi la prochaine étape ?
06:34Écoutez, là, on fait une très belle année,
06:37chaque année, on fait une croissance à deux chiffres,
06:39cette année, c'est plus de 75%,
06:41on a signé des vraies premières productions industrielles,
06:43donc ça y est, on est en train de passer à l'échelle,
06:46les clients sont prêts à passer à l'échelle avec nous,
06:48donc on va ouvrir notre premier entrepôt en propre,
06:51on va gérer en propre les produits,
06:54avec vraiment des ateliers de dons, de couture,
06:57pour préparer, vraiment,
06:58gérer à 360 la revalorisation.
06:59textiles, et dans ce cadre-là,
07:01nous cherchons un nouvel actionnaire.
07:03Bon, le message est passé.
07:05En tout cas, c'est vraiment là le plus dur,
07:06c'est réussir à passer de rendez-vous d'essai,
07:10des choses qui balbutient un peu au début,
07:11à vraiment cranter l'échelle industrielle,
07:13et ça c'est dur.
07:13Je pense qu'on a passé le plus difficile,
07:15et aujourd'hui, on est très fiers,
07:17parce que je crois que WeTern s'est fait un nom,
07:19on travaille, on est reconnus aussi en Europe.
07:21En tout cas, ce que vous nous dites est très clair,
07:22et on a très bien compris l'intérêt.

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