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Lundi 5 octobre 2026, retrouvez Fabrice Cousté (Journaliste, B SMART), Dimitri Roussel (fondateur de l'agence d'architecture Dream, Dream), Sandra Satgé (Juriste référente à la MAF, Mutuelle des Architectes Francais), Sophie Athanase (Associée, STUDIOS Architecture, comité développement durable, STUDIOS Architecture) et Laurence Berthaud, (Présidente du CROAIF, CONSEIL REGIONAL DE l'ordre des architectes d'idf) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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Transcription
00:16Bonjour, bienvenue à tous, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle édition de Smartimo,
00:20une édition spéciale depuis les journées d'architecture ici au Grand Palais à Paris.
00:25On va voir dans un premier temps comment il est urgent de passer de la construction neuve à la réhabilitation.
00:32On parlera assurance également avec l'assurance sur la construction hors site.
00:37On verra comment le travail de l'architecture est aujourd'hui assisté par l'intelligence artificielle.
00:43Et enfin, quel est le rôle de l'architecte pour 2026 et au-delà ? C'est tout de suite
00:48dans Smartimo.
00:53Smartimo, depuis les journées d'architecture édition 2026, on va s'intéresser au projet de réhabilitation avec un expert.
01:02Notre invité, c'est Dimitri Roussel. Bonjour Dimitri.
01:04Bonjour.
01:04Dimitri, vous êtes fondateur de l'agence d'architecture Dream, comme Dimitri Roussel, ensemble architecture et métropole.
01:11Ça fait longtemps que vous êtes dans ce métier. Je vous invite à regarder sur le site vos très belles
01:16réalisations et voir justement quelles sont les particularités de l'agence.
01:21Comment on peut passer du neuf comme ça à la réhabilitation ? Est-ce que c'est possible partout et
01:24à quel coût ?
01:25Un petit mot justement de l'agence. Vous êtes spécialisé sur les matériaux géosourcés, biosourcés, le bois évidemment en particulier.
01:31C'est ça. J'ai créé l'agence Dream en 2018. On travaille sur des typologies de projets très différentes
01:39qui vont de la petite installation artistique éphémère jusqu'au grand campus de bureaux comme Arboretum.
01:45On a toujours voulu gagner une grande variété des projets. On fait du public, du privé. Aujourd'hui, on a
01:52une quarantaine basée à Paris.
01:54Ce qui relie par contre notre ADN sur tous ces projets, c'est une position assez radicale en termes d
02:00'écologie environnementale et sociale.
02:02Donc voilà, sur la question des usages, sur la question des matériaux, chaque projet pour nous doit apporter une réflexion
02:08forte sur ce sujet.
02:09On a l'impression d'ailleurs que pour les aménageurs aujourd'hui ou les pouvoirs politiques, il n'y a
02:13plus de projets qui sortent sans prendre en compte quand même cette problématique.
02:16Justement, est-ce que ça a changé ? Là, vous dites, vous tournez depuis quelques années de plus en plus
02:19vers la réhabilitation.
02:21Pourquoi ce changement ? Est-ce que c'est un changement d'échelle ? Est-ce que c'est un
02:24changement de mentalité ? Comment vous interprétez ça ?
02:26Je pense qu'il ne faut jamais oublier quand même que la construction immobilière est l'industrie qui crée plus
02:31de carbone.
02:31En même temps, on a besoin d'héberger les gens, on a besoin d'avoir des espaces pour apprendre, des
02:36espaces pour travailler.
02:37Et ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui, dans la création de la ville, après la bulle des
02:4320 dernières années, en fait, il y a beaucoup d'immeubles qui sont sortis et qui n'ont pas forcément
02:46d'usage.
02:47Et aujourd'hui, les chiffres varient un peu, mais grosso modo, on a près de 15 millions de mètres carrés,
02:52notamment de bureaux en France qui sont inoccupés.
02:556 millions à Paris et 15 millions dans toute la France.
02:57Voilà. Donc, quand on voit ces chiffres, est-ce qu'on a vraiment besoin de construction neuve ?
03:03Alors, sur certains sujets spécifiques, l'hospitalier, ce genre de choses, on l'entend.
03:07Mais je pense qu'à nous, les créatifs, les architectes, de trouver des solutions main dans la main avec tous
03:13ceux qui font la vie, l'aménageur, promoteur, financier, pour transformer ces immeubles.
03:18Et nous, moi, je pense personnellement que ça peut faire des logements magnifiques avec des grandes hauteurs sous plafond, des
03:23grandes fenêtres.
03:24Voilà. Mais par contre, c'est tout un modèle qui change.
03:27Et donc là, c'est vrai que tout le monde a envie d'en faire, mais peu y arrivent.
03:30Et donc, on travaille beaucoup sur ces questions.
03:32Et je pense que du coup, en effet, la part du neuf doit réduire.
03:35Elle doit se concentrer sur quelques vraiment sujets impératifs et bien réfléchis.
03:40Mais que la commande de demain pour l'architecte, c'est la réhabitation.
03:44Alors justement, on part du côté de la défense.
03:46C'est un lieu emblématique où les tours, petit à petit, sont en train de se vider, comme d'ailleurs
03:51la première couronne parisienne.
03:52Ça devient très compliqué. Est-ce que vous travaillez sur ces sujets de réhabitation ?
03:56Est-ce que c'est possible tout le temps, justement, dans ces méga tours ou ces immeubles de bureaux ?
04:01On a en effet deux sujets à la défense.
04:03C'est très intéressant parce que la défense, c'est quand même un pôle de mobilité unique en France.
04:08Il y a beaucoup d'investissements qui sont faits sur les espaces publics.
04:11Ça va devenir la plus grande zone piétonne d'Europe.
04:16Et donc, ils sont en train de transformer un espace minéral en espace végétal.
04:20Oui, une espèce de coulée verte.
04:21Voilà. Au-delà même de l'architecture, l'espace public à la défense va devenir extraordinaire.
04:27Donc, vu qu'il y a beaucoup de transports, finalement, ces actifs qui sont un peu aujourd'hui obsolètes et
04:31inoccupés,
04:32il y a un taux de vacances de près de 20%, je crois, aujourd'hui à la défense,
04:35et bien finalement, ils sont attractifs parce qu'ils sont dans un quartier qui fait sens.
04:39Il y a déjà un peu d'habitation. Ça va augmenter.
04:41Et du coup, aujourd'hui, on réfléchit sur deux immeubles, sur des un peu obsolètes en termes de bureaux.
04:48Certains qu'on restructure encore en bureaux, mais pas en IGH, en code du travail.
04:53Et d'autres où on réfléchit à transformer en logement.
04:56D'accord. Ça sera possible donc de plus en plus d'habiter dans ce quartier qui est effectivement à toutes
05:00les aminités,
05:00les transports et puis le centre commerciaux qui vit.
05:02Je vous invite à aller à la défense un dimanche. C'est très vivant, l'esplanade.
05:06Là, pendant la canicule, la fontaine était devenue une piscine géante. C'est très vivant.
05:10C'est juste, il y a cette image parce que c'est le centre d'affaires français et européen.
05:15Mais il y a déjà des habitants et ça ne peut qu'augmenter.
05:18Je pense que ça va redonner de la qualité de vie.
05:20Et c'est un quartier qui a plein de la qualité quand on sort des préjugés un peu.
05:23Tout cet espace piéton continu. Ils font beaucoup de travail. En tout cas, il y a beaucoup de réflexions.
05:28C'est pour ça que je crois beaucoup à ce quartier.
05:29En pleine transformation. Allez, on change complètement d'ambiance.
05:31On retourne sur votre lieu d'origine, Saint-Etienne, où vous avez travaillé sur un programme neuf,
05:39mais sur éco-construction avec des arbres. Expliquez-nous ce projet.
05:43Alors là, c'est un projet de 70 logements sur la gare de Château-Creux, au centre de la ville.
05:49Moi, j'ai grandi et je suis né à Saint-Etienne. C'est un territoire que je connais bien.
05:53Et c'est un territoire, vous savez, c'est la ville la moins chère de France.
05:56Donc, on vend les logements de 2600 euros TTC.
05:59En bois, avec une construction bois.
06:02Et souvent, à ces prix-là, on nous dit non, il faut construire en parpaing.
06:05Il n'y a pas d'innovation possible.
06:06Et on a montré qu'en travaillant avec un circuit court,
06:09donc le bois, il vient du Bessas, c'est la montagne juste à côté de Saint-Etienne,
06:13avec un charpentier local, une scierie locale, des bûcherons locaux,
06:17on a réussi à construire un bâtiment structure bois, qui est un des moins chers de France.
06:24Et avec un écosystème où tout fonctionne.
06:27Et ce qui a été intéressant sur ce projet, c'est qu'on a utilisé à peu près pour ces
06:3070 logements,
06:31800 arbres, 800 troncs d'arbres, qui correspondent, et ça je tiens bien à le dire,
06:36c'est très important, à 20 minutes de repousse de ce massif-là, donc le massif du Bessas.
06:42Donc ça montre à quel point c'est rien, dans l'échelle d'une forêt.
06:46Et surtout, ce que nous disaient les bûcherons, c'est qu'ils coupent certains arbres à certains endroits,
06:50quand ils sont adultes, qui permettent aux plus jeunes arbres de repousser.
06:53Donc ce qu'ils appellent, et c'est très beau, jardiner la forêt.
06:56Et en fait, ils disent, utiliser des arbres pour la construction nous permet de revitaliser nos forêts.
07:01Donc c'est très important, on stocke du carbone, on revitalise les forêts,
07:07on leur permet de pousser plus vite, et vous voyez à l'échelle d'un grand bâtiment, 800 arbres,
07:10en fait, c'est rien du tout.
07:12Je pense que c'est vraiment un levier sur le neuf, on doit être vraiment radical.
07:16Et ce que je tiens à dire aussi, c'est qu'on l'a construit à 1 400 euros, parking
07:20espace vert inclus,
07:21ce qui est moins cher que le prix du marché.
07:23Parce qu'on a travaillé très différemment, en circuit court,
07:26avec toutes ces entreprises dès le début, pour réfléchir ensemble à ce modèle.
07:31Donc la construction géosourcée, biosourcée, c'est possible.
07:34Ça peut même être très compétitif au niveau prix.
07:37Et on sait aussi la qualité dans les logements, notamment à travers la climatisation, etc.
07:41Merci Dimitri, Dimitri Roussel, je rappelle que vous êtes le fondateur de l'agence Dream.
07:45Et à très bientôt sur Smartimo.
07:46Merci beaucoup. Au revoir.
07:52Dans Smartimo, depuis les journées d'architecture ici au Grand Palais,
07:56on va s'interroger sur la construction hors site et surtout les moyens de l'assurer.
08:00On est en compagnie de notre invité, c'est une spécialiste, une juriste référente à la MAF,
08:05la Mutuelle des Architectes Français, Sandra Sajé. Bonjour.
08:08Bonjour.
08:09Sandra, avant d'aborder le hors site, on va dire un petit mot de la MAF,
08:13cette Mutuelle des Architectes Français, avec ce très beau slogan,
08:17vous avez l'audace, nous avons l'assurance.
08:20Sur quoi ils vous interrogent en ce moment, vos adhérents ? Ils veulent s'assurer sur quoi ?
08:24Alors, nos adhérents nous interrogent relativement sur à peu près tous les sujets.
08:27Oui, mais on a beaucoup de questions aujourd'hui sur les contrats, sur comment être bien sécurisé.
08:33Donc, on est très contents, parce que c'est un peu aussi notre cheval de bataille.
08:37Donc, on est très contents, ça veut dire que ça prend, que nos formations prennent.
08:41Donc, ils nous interrogent sur comment être sécurisé dès la phase contractuelle.
08:44Quand ils ont une difficulté en cours d'opération, pareil, ils ont le réflexe de nous appeler.
08:49Et c'est très bien, parce qu'on les accompagne sur ces sujets-là.
08:53Évidemment, quand un sinistre survient, ils ont l'habitude également de nous appeler.
08:58Mais voilà, c'est vraiment sur des sujets comme ça qu'on est appelé, on nous écrit, on est contacté.
09:05Voilà, donc dès finalement qu'ils ont remporté un concours, il faut penser...
09:10Même avant, d'accord ?
09:12Ils peuvent nous appeler, solliciter nos conseils, qu'on est toujours très contents de leur apporter.
09:16Et pour ce faire, vous avez mis en place, vous avez créé des boîtes à outils.
09:21Alors, il y en a plusieurs, on peut les panacher.
09:23Il y en a plusieurs, une collection.
09:24Voilà, combien il y en a et à quoi elles servent ?
09:26Alors, il y en a trois.
09:27Il y a la boîte à outils chantier, qui est un peu l'historique, qui est la première boîte à
09:30outils qui a été créée par la MAF.
09:31Et donc, comme son nom l'indique, elle aide nos adhérents tout au long du chantier, que ce soit au
09:38moment de la souscription, de l'opération, s'il y a une difficulté en cours de chantier, par exemple une
09:44variante, quelque chose.
09:45Il y a des chapitres dédiés pour toutes ces thématiques, s'ils ont une difficulté en cours d'opération, la
09:50réception également.
09:51On a également la boîte à outils permis de construire, qui là est plus sur le volet urbanistique des opérations.
09:57Donc, comment bien sécuriser leurs opérations à ce stade-là ?
10:01Et c'est vraiment un sujet très important pour nos adhérents.
10:05Donc, on en a fait une boîte à outils.
10:07Et également, on a la boîte à outils contrat, qui là est un outil un peu de négociation.
10:13On va leur donner des conseils, des clauses à insérer, des clauses à supprimer, à tenter de supprimer, pour que
10:21l'équilibre contractuel soit maintenu.
10:24Voilà, on ne va pas parler de clauses abusives, mais c'est vrai que pour rétablir, en fait, l'équilibre
10:29entre...
10:29On sait que les équilibres financiers ne sont pas forcément équilibrés.
10:36Donc, on essaye de remettre un peu d'équilibre dans des situations un peu déséquilibrées.
10:40Et puis surtout, on a souvent des groupes assez puissants avec une armée de juristes face peut-être à...
10:44Une agence d'architecture qui ne sait pas leur faire offense, mais effectivement, qui sont moins armées juridiquement pour se
10:50battre face à ces gros groupes.
10:52Alors, Sandra, évidemment, quand on parle assurance, on pense tout de suite aux sinistres.
10:57La France n'en est pas exempt, évidemment, dans ce grand changement, bouleversement climatique qu'on connu.
11:02On l'a vu encore cet été avec les incendies, mais aussi avec les inondations.
11:07On a beaucoup de, justement, de problématiques aujourd'hui.
11:10Est-ce que vous intervenez davantage, justement, à ce niveau ?
11:14Alors, je ne sais pas. Enfin, oui, forcément, parce qu'on l'a tous vu, malheureusement, cet été.
11:19Les incendies majeurs en Gironde sont un exemple parmi tant d'autres.
11:22Mais on intervient, je ne sais pas si en termes de volume de sinistres, il y a plus de sinistres.
11:28En revanche, les problématiques se changent.
11:30On a plus de sinistres de masse dues aux modifications climatiques, évidemment.
11:35Donc, il y a un afflux de demandes.
11:38Et peut-être, malheureusement, on entend partout des primes qui vont augmenter.
11:43Vous venez sur ces journées d'architecture de mener une conférence sur la construction hors-site.
11:49Et surtout, comment l'assurer ?
11:51Parce que c'est vrai qu'on n'y pense pas, mais cette construction hors-site, elle ne dépend pas
11:55forcément du chantier.
11:56Enfin, expliquez-nous déjà un petit point sur cette construction.
11:58Sur ce qu'est le hors-site, en fait, le hors-site, ça existe depuis.
12:03Beaucoup de monde font du hors-site sans en avoir l'air, sans y penser même.
12:07Mais en fait, le hors-site signifie qu'une partie du chantier est externalisée, n'est plus sur l'emprise
12:12même géographique.
12:13Et donc, chez nous, ça va créer des difficultés, en tout cas des interrogations à se poser sur les liens
12:20contractuels.
12:21Un fabricant, par exemple, ne va plus juste être fabricant.
12:24Il va peut-être intervenir sur le chantier pour poser, pour intervenir.
12:28Il y a aussi toute la question de, on va penser la production hors-site en fonction du chantier.
12:34Avant, le hors-site, c'était plutôt, voilà, on va faire en série, sur catalogue, une production de salle de
12:42bain, de gaines, je ne sais pas.
12:44Là, aujourd'hui, c'est plus sur un catalogue, mais ça va être plutôt un cahier des charges très précis.
12:54Et plus il va être précis, plus ça va poser des difficultés, en tout cas des questionnements.
12:58Et il peut y avoir des différends, des disparités entre, évidemment, ce cahier des charges, ce qui est attendu et
13:02ce qui est réalisé.
13:03Évidemment.
13:04Et à ce moment-là, qui prend en charge la différence ?
13:07Qui prend en charge, qui est responsable de ça ?
13:09Et c'est toutes ces questions-là qu'il faut se poser.
13:11J'ai toujours, je rebondis sur ce que vous disiez tout à l'heure sur notre slogan.
13:14Nous, on va accompagner ces modifications.
13:17Elles sont très intéressantes parce que l'objectif du hors-site, c'est de faire des chantiers moins énergivores, plus
13:26transparents, en produisant moins de déchets.
13:30Il y a une notion qui est importante, c'est le nettoyage en fin d'opération.
13:33C'est-à-dire, il faut que ce soit propre, il faut que ce soit circuit court.
13:38C'est tout un environnement qui fait que ça va être bien, ça va être un cercle vertueux.
13:45Et nous, à la MAF, on les accompagne sur ce terrain-là.
13:48Ils sont sensibilisés, les architectes, aujourd'hui ? Vous sentez que ça prend ?
13:52Oui, ça prend, mais comme d'autres sujets.
13:55Hier, une de mes collègues, Sarah Littrand, est intervenue sur les matériaux, le réemploi, le biosourcé.
14:01C'est des sujets sur lesquels on est vraiment beaucoup interrogés et sur lesquels les architectes sont très, très partie
14:07prenante.
14:08Et c'est très, très positif.
14:09Et nous, notre rôle en tant qu'assureur, c'est de les accompagner.
14:13On est vraiment l'assureur de la maîtrise d'oeuvre, l'assureur de l'innovation.
14:17Et c'est vraiment notre cheval de bataille de les assurer et de les rassurer sur ces sujets-là.
14:24Assurer et rassurer, effectivement, sur ce thème en particulier de la construction hors-site qui a le vent en poupin.
14:29Et c'est tant mieux, c'est un cercle vertueux.
14:31Merci, Sandra.
14:31Je vous en prie.
14:32Je rappelle que vous êtes juriste référence à la MAF, la Mutuelle des Architectes Français.
14:35Et à très bientôt dans Smartimo.
14:37Merci beaucoup.
14:42Smartimo est aux journées d'architecture depuis le Grand Palais au cœur de Paris.
14:47Et on va justement s'intéresser au travail de l'architecte, peut-être aujourd'hui ou peut-être demain,
14:53enrichi avec l'intelligence artificielle.
14:55Pour en parler, notre invitée, Sophie Athanas.
14:57Bonjour.
14:57Bonjour.
14:58Sophie, vous êtes associée chez Studio Architecture.
15:01Vous êtes également membre du comité développement durable qui est transverse au sein de toutes les agences studio.
15:08Et avec vous, justement, on va s'intéresser tout d'abord à l'actualité.
15:12Parce qu'on voit de plus en plus d'événements assez extrêmes, de surchauffe.
15:17On pense bien sûr à la canicule, mais aussi les vents, les inondations.
15:20Premièrement, comment vous, vous adaptez votre travail au sein des agents d'architecture en tant qu'architecte à peut-être
15:26cette nouvelle donne au niveau du climat ?
15:29Alors, en fait, je dois dire qu'en tant qu'architecte et donc maître d'œuvre et maître de l
15:36'œuvre, on a une vision assez transversale pour le bâtiment, pour la construction.
15:42Et donc, on est assisté de bureaux d'études, d'experts, de spécialistes.
15:46Mais en tant qu'architecte et donc un petit peu chef d'orchestre du projet, dans le cadre de la
15:52conception, on va intervenir, récolter toutes ces données et utiliser des outils d'intelligence artificielle, notamment pour pouvoir simuler la
16:02conception de nos projets.
16:03Oui.
16:04Alors, depuis de nombreuses années, on réalise tous nos projets en BIM, bien entendu.
16:11Donc, BIM, c'est la maquette numérique, enfin, dans le projet.
16:13Building Information Modeling.
16:16Donc, on simule déjà tout ce qui va être l'ensoleillement, le pourcentage de vues, de parties pleines ou vitrées
16:23dans un bâtiment.
16:25Et on va utiliser également des simulations pour des masques végétaux, par exemple.
16:31On sait que des arbres, c'est intéressant parce que le feuillage, l'été, va protéger du soleil et l
16:38'hiver, au contraire, laisser entrer de l'éclairage.
16:42On simule aussi également par rapport au vent.
16:46Et maintenant, il y a une nouvelle donnée, effectivement, qui est la résilience des bâtiments.
16:50Oui.
16:50C'est un élément, je dirais, fondamental.
16:53C'est-à-dire que depuis des années, on est dans une logique de performance au niveau énergétique, au niveau
16:58bas carbone.
16:58Et aujourd'hui, on doit raisonner également pour la résilience de nos bâtiments face à des événements extrêmes.
17:05On peut les simuler, justement, grâce au BIM ou à d'autres choses, des événements climatiques extrêmes, comme ça, des
17:11canicules, par exemple, à répétition, au contraire des grands froids.
17:14Alors, c'est là où, justement, c'est intéressant d'avoir des outils d'intelligence artificielle parce qu'on va
17:21pouvoir intégrer nos modèles 3D, nos projets,
17:26et récolter de la donnée externe sur notamment des événements assez exceptionnels, mais qui vont le devenir de beaucoup moins.
17:33Je pense aux canicules, aux inondations.
17:35Et donc, à partir de ça, voir quel niveau de perméabilité on va avoir sur nos bâtiments, comment on les
17:42adapte pour se protéger des événements extrêmes,
17:46et voir éventuellement, si on pousse le volet conception vers de l'exploitation, c'est pouvoir dire comment va fonctionner
17:54notre projet, notre bâtiment,
17:56dans un mode un peu décradé si on est dans des contextes tout à fait extrêmes.
18:01Alors, autre sujet, c'est aussi, mais ça fait le lien, c'est aussi diminuer l'empreinte, l'empreinte carbone
18:08notamment.
18:08Comment on fait aujourd'hui pour concevoir avec cette idée, concevoir de plus en plus en bas carbone ?
18:14Alors, en fait, déjà, en tant qu'architecte, je pense que nous devons interagir beaucoup plus en amont dans les
18:25provés,
18:26travailler avec les maîtres d'ouvrage, avec les asset managers, avec des gestionnaires du territoire,
18:34parce qu'on a cette vision assez holistique.
18:36Et c'est là où je trouve que l'architecte, d'ailleurs, se démarque énormément de l'intelligence artificielle.
18:41C'est qu'on va pouvoir amener une vision prospective, anticiper les usages, donc recentrer l'humain au cœur du
18:49prové,
18:50et pouvoir mieux appréhender l'impact du bâtiment dans un quartier.
18:57Il faut savoir que l'architecture, c'est de la sociologie, c'est de l'urbanisation, c'est de l
19:03'aménagement du territoire,
19:04c'est voire même de la politique. Et en ce sens, si on est intégré en amont dans les réflexions,
19:10on peut voir si on peut conserver au maximum des bâtiments déjà existants, et donc réhabiliter au maximum,
19:18réduire ainsi l'impact carbone. Je pense que c'est la première étape, c'est-à-dire que réduire l
19:24'impact carbone,
19:25c'est le carbone qu'on ne génère pas dans notre projet.
19:28Oui, et ça c'est pas mal, ça se fait de plus en plus. Je voudrais qu'on prenne un
19:31exemple avec vous sur justement l'utilisation de l'intelligence artificielle,
19:34comment vous l'utilisez avec un projet que vous avez réalisé avec l'entreprise Google, vous avez réalisé une maquette
19:42digitale,
19:42ça leur permettait de suivre en temps réel en fait le chantier, expliquez-nous.
19:46Alors absolument, c'est-à-dire dans une phase chantier, donc nous avions notre maquette 3D qui était vivante, on
19:54va dire, tout au long du prové,
19:55et en parallèle, pendant le chantier, on avait des webcams qui se baladaient dans le chantier, alors de façon hebdomadaire
20:02ou quotidienne.
20:04Et en fait, toute la 3D qui était extraite de cette webcam était comparée avec le modèle 3D,
20:11et l'intelligence artificielle nous permettait d'avoir des remontées d'informations, des alertes,
20:16alors pour nous dire la porte est trop à gauche ou trop à droite, ici il manque une réservation,
20:22donc ça c'est des alertes intéressantes.
20:25Donc en temps réel ?
20:26En temps réel, donc ça permet également à notre client, en l'occurrence là c'était Google,
20:30mais qui pouvait être à Londres ou à San Francisco, de suivre en direct l'évolution du chantier.
20:37Donc ça c'est aussi en général assez séducteur pour nos collaborateurs.
20:44Et l'autre aspect qui je pense va venir de plus en plus dans nos chantiers, c'est de pouvoir
20:49analyser l'avancement des lots.
20:53Par exemple, on va avoir les cloisons où ce modèle pouvait nous indiquer, vous êtes à 27% de mise
21:00en œuvre de cloisons par exemple.
21:02C'est comme ça qu'on va travailler demain de plus en plus, vous pensez, en temps réel avec ces
21:06maquettes numériques qui se mettent à jour ?
21:07Je pense que ça va changer complètement la façon d'interagir avec nos maîtres d'ouvrage, avec des bureaux d
21:17'études et avec les entreprises.
21:20C'est-à-dire que les étapes classiques qui sont issues de la loi MOP par exemple, je pense qu
21:26'elles vont être revues parce que nos rôles évoluent,
21:28nos outils évoluent et alors l'IA ça peut générer mille scénarios mais c'est aussi un moment à nous
21:35professionnels et experts
21:37d'orienter les décisions et les choix qui vont être le plus bénéfiques pour les projets et les usagers.
21:44Et bien voilà, les projets en plein de modifications, enrichis en tout cas avec de l'intelligence artificielle.
21:49Merci Sophie, Sophie Atanas, associée chez Studio Architecture.
21:52A très bientôt dans Smartimo.
21:54Merci beaucoup.
22:00Smartimo depuis le Grand Palais pour ses journées d'architecture.
22:03On va prendre un peu de hauteur pour s'intéresser au rôle de l'architecte dans la ville et au
22:08rôle de l'architecture avec notre invitée Laurence Berthaud.
22:11Bonjour.
22:11Bonjour.
22:12Laurence, vous êtes présidente du Croix-Yves, c'est le Conseil Régional de l'Ordre des Architectes d'Ile-de
22:16-France.
22:17Et vous nous dites que l'architecture c'est une chose publique finalement, c'est la res publica. Expliquez-nous.
22:22Oui, j'avais envie de changer un peu de prisme quand on parle de l'architecture.
22:28Et aujourd'hui l'architecture c'est la res publica, c'est la chose publique où l'architecte est devenu
22:34un citoyen du monde.
22:36Alors pourquoi je dis ça ? Parce qu'on est dans un monde en transition, en mutation, où il y
22:41a plein de choses immatérielles qui se passent, l'IA, les réseaux sociaux.
22:45Et qu'est-ce qui reste dans tout ça ? Il reste l'architecture. L'architecture c'est une trace,
22:51c'est un lien, c'est une trace de mémoire, c'est un lien.
22:54Et donc la place de l'architecte dans tout ça c'est un architecte citoyen.
23:01Oui, c'est du physique, c'est du matériel contre l'immatériel et des fois ce qui passe, au moins
23:07là on est dans une temporalité aussi.
23:09Et c'est ce qui nous concerne tous surtout.
23:11C'est-à-dire qu'on ne peut plus être, alors est-ce qu'on l'a été, mais on
23:15ne peut plus être l'architecte qui fait un bâtiment brutaliste, posé au milieu de nulle part, juste pour un
23:24geste.
23:25Non, on appartient à ce monde.
23:28Oui, il faut que ça s'intègre à son environnement évidemment et que ça s'adapte.
23:32Alors justement, j'ai envie de vous demander quels sont les cinq gestes que doit suivre l'architecte dans ce
23:39monde qui arrive ?
23:40Alors oui, j'en ai défini cinq.
23:43Les cinq gestes du bâtisseur de demain, de l'architecte de demain, ça va être bâtir sûr, réparer, s'enraciner.
23:52J'aime bien le terme s'enraciner, étendre autrement et puis prendre de la hauteur, prendre l'air.
23:58Alors si je les développe très rapidement, bâtir sûr, ça c'est presque une lapalissade aujourd'hui dans le monde
24:05de l'architecture.
24:06On bâtit la ville de demain, elle est construite sur ce qui est, sur ce qui a été.
24:10On a construit Rome sur Rome, bon bah continuons les toits de Paris ou les toits de France.
24:16C'est des terrains qui s'ignorent.
24:18Donc on n'a plus besoin d'étendre, étendre autrement.
24:21C'est plus étendre sur un terrain qui existerait et qui n'existe plus.
24:26C'est plus faire Dubaï aujourd'hui.
24:28C'est le pire geste architectural anti-écologique au monde.
24:34C'est plus un geste qui abîme qu'il ne construit.
24:38Et donc c'est étendre sans consommer un mètre carré de vivant en plus.
24:44C'est aussi étendre, on peut aussi étendre les usages d'un bâtiment.
24:47On peut se dire un bâtiment, il peut, pourquoi pas, servir la nuit, le jour, l'été, l'hiver.
24:54Il y a des bâtiments, des écoles qui ferment tout l'été.
24:57Est-ce qu'on peut transformer ces usages pour en faire autre chose et éviter de construire et de surconsommer
25:05?
25:05En tout cas, on n'est plus dans des gestes de productivité.
25:09On est dans des gestes de soin.
25:11De soin et même de réparation, vous dites.
25:13Oui, alors si je, ben voilà, c'est le troisième geste des bâtisseurs.
25:18Réparer, c'est donc c'est plus démolir.
25:22Deux choses dans réparer, c'est le bâtiment le plus écologique, c'est celui qui existe déjà.
25:29Donc on va en prendre soin, le réparer, l'étendre dessus ou en dessous.
25:33Et puis aussi, on est quand même malheureusement à l'ère de catastrophes naturelles.
25:40On a vu tout l'été ces catastrophes qui aussi concernent la France.
25:45Les tremblements de terre plus loin et puis la guerre au-delà de nos frontières, mais qui est quand même
25:50assez proche.
25:51Qu'est-ce qu'il fait l'architecte dans tout ça ?
25:53Il rebâtit des murs, il reconstruit des pierres, donc il reconstruit les traces du passé.
25:58Il reconstruit la mémoire et il crée du lien.
26:01Et ça, c'est très important d'un point de vue, le côté humanisme de cette profession.
26:06Oui, vous dites aussi qu'il faut s'enraciner et prendre l'air.
26:09Alors là, c'est deux termes qui me sont chers.
26:13S'enraciner, on l'a vu aussi cet été, les climatiseurs qu'on achète à prix fort,
26:19alors que la terre, elle peut vous fournir de l'énergie froide.
26:26Donc, les peuples, autrefois, si on prend les maisons de Matamata ou les troglodytes des Cappadoces,
26:33c'était des lieux où on s'enterrait soit dans la roche, soit sous terre.
26:37On allait chercher la fraîcheur.
26:38On allait chercher la fraîcheur.
26:39Naturelle.
26:39Alors, il y a des étudiants.
26:41Il y a eu un concours l'an dernier, Réinventer l'existant,
26:44où les étudiants ont travaillé des abris bioclimatiques sous terre dans les parkings,
26:49c'est-à-dire réinventer les parkings de nos villes en abris bioclimatiques.
26:54Mais je n'aime pas trop le terme parce qu'un abri, il faut que ce soit un refuge,
26:57mais ce n'est pas un bunker.
26:59Donc, c'est vraiment un endroit pour se protéger, mais surtout pas pour se couper du monde.
27:04Donc, là, il y a tout un travail de pensée aussi à revoir.
27:09Et enfin, le dernier item, prendre l'air.
27:12Pourquoi ? De quoi s'agit-il ?
27:14Alors, deux choses aussi d'en prendre l'air.
27:16Si on parle du climat, on pense, on a beaucoup parlé des tours avant personne.
27:20Moi, j'ai beaucoup vu tourner aux informations cet été.
27:24C'est des tours qui ont inventé la climatisation sans énergie.
27:28On prend l'air de la Terre et on fait monter l'air chaud.
27:31Et ça, c'est il y a 2000 ans.
27:34Donc, ventiler, ombrager, alléger, tout ça, c'est des gestes architecturaux de nos ancêtres
27:39qu'on peut retrouver, qu'on peut réinventer, qu'on peut refaire.
27:42Et puis, du coup, ça veut dire que l'architecte, il faut aussi qu'il prenne de la hauteur et
27:47du recul face à tout ça.
27:49Est-ce qu'on est toujours des bâtisseurs de démolition ou des constructeurs d'un monde citoyen demain ?
27:56Je crois que vous avez en partie répondu.
27:58Et ça penchera plutôt en faveur de la deuxième solution, évidemment, avec cet architecte.
28:04Si ça se crie dans ce monde de demain.
28:05Merci en tout cas pour cette analyse.
28:08Laurence Berthaud, je rappelle que vous êtes présidente du CROIF,
28:10le conseil régional de l'Ordre des architectes d'Île-de-France.
28:13Et à très bientôt dans Smartimo.
28:15Merci pour votre accueil.
28:16Cette édition de Smartimo se termine.
28:19Merci de l'avoir suivie.
28:20On se retrouve très prochainement pour une nouvelle émission.
28:22Sous-titrage Société Radio-Canada

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