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Olivier Salerno, Co-référent relations unitaires de la France Insoumise des Alpes-Maritimes

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00:00Manifestation contre l'antisémitisme, affaire Bardella, une nouvelle semaine de blocage qui pourrait commencer.
00:06Beaucoup de sujets qu'on va aborder avec l'un des représentants dans le département de la France Insoumise.
00:11Olivier Salerno est l'invité d'ici matin.
00:13Bonjour Olivier Salerno.
00:14Bonjour.
00:14Alors d'abord on revient sur ce rassemblement contre l'antisémitisme qui a eu lieu ce week-end à Nice.
00:21Soyons clairs, ça a été un échec. On a eu à peine 50 participations. Forcément, vous avez dû être déçu.
00:28Ce que je note, c'est qu'Éric Ciotti n'a rien trouvé de mieux à faire que de se
00:32moquer de ce rassemblement.
00:33Oui, sur les réseaux sociaux, il a parlé d'un immense rassemblement.
00:36C'est ça. Alors que c'est un rassemblement contre l'antisémitisme.
00:39Parce qu'on vit quand même un moment assez important, quelque chose d'assez grave, où il y a des
00:43révélations.
00:44Pour notre part, ce n'est pas des révélations parce qu'on a toujours su que le Rassemblement National, le
00:48Front National,
00:49il faut le rappeler, toujours fondé dans les années 70 par Deva Fennessez,
00:54Jordan Bardella, on a révélé des écrits antisémites de sa pseudo-jeunesse.
01:00Je rappelle que ce monsieur n'est pas très très vieux et que quand on a 17 ans et qu
01:04'on rentre dans un parti
01:05qui a été fondé par Deva Fennessez, dont le chef de parti à l'époque a été condamné à plusieurs
01:11reprises pour antisémitisme,
01:12on sait ce qu'on fait.
01:13Et surtout, quand on participe à son processus de dédiabolisation qui en soi est déjà un aveu,
01:18et qu'on continue à œuvrer comme il l'a fait dans ce parti politique,
01:24alors ça veut dire que profondément, le Rassemblement National n'a jamais cessé d'être antisémite.
01:28Et on le sait parce que...
01:30Je reviens sur cette manifestation où, on le sait, à Nice, il y a une forte communauté juive,
01:36très souvent dans les rassemblements contre l'antisémitisme, il y a du monde.
01:40Quand c'est la gauche qui appelle au rassemblement, il n'y a personne.
01:43Peut-être qu'on réussit à articuler cette histoire de lutte contre l'antisémitisme
01:49avec une lutte contre le racisme plus global.
01:52On rappelle, Eric Ciotti, Jordan Bardella, le Rassemblement National reprennent les thèses du Grand Remplacement.
01:59Le Grand Remplacement, c'est une thèse complotiste par définition antisémite.
02:02Je rappelle, pour faire un petit peu d'histoire,
02:04le Grand Remplacement, c'est l'idée comme quoi les Juifs organiseraient la venue de populations
02:09venues d'Afrique pour remplacer l'Occident.
02:14Donc c'est une thèse particulièrement complotiste qui est reprise par des gens comme Eric Ciotti.
02:18Donc nous, on a toujours mis en avant...
02:20Eric Ciotti est antisémite, selon vous ?
02:22Eric Ciotti reprend la thèse du Grand Remplacement qui est une thèse antisémite.
02:25Donc il va falloir lui demander.
02:27Je vous invite à lui demander la prochaine fois que vous l'avez devant vous.
02:30Mais en attendant, nous, on articule la lutte contre l'antisémitisme de cette façon-là.
02:35Donc, écoutez, il y a eu une cinquantaine de personnes la dernière fois.
02:39Je rappelle quand même à la France Insoumise, on a invité Daniel Obono la semaine dernière
02:44avec Simon Hassoun, qui est un camarade du collectif Tzedek, un collectif juif décolonial.
02:49On a rassemblé 180 personnes dans la salle Le Récart.
02:53Bon, c'était plutôt un succès.
02:55Et pourquoi il n'y a personne qui est venu alors ce week-end ?
02:57Je ne sais pas. Peut-être qu'en deux jours, ça a été un petit peu court pour l'organiser.
03:02La prochaine fois, je suis sûr que ce sera un succès.
03:03Jordan Bardella, si Marine Le Pen est élue présidente de la République,
03:09il devrait être Premier ministre.
03:11Est-ce que vous, pour vous, aujourd'hui, il est mort politiquement ?
03:14Ça va être compliqué.
03:15Je vois par droite à gauche des appels à la démission.
03:19Personnellement, ce n'est pas mon problème.
03:20Parce que si demain, Jordan Bardella démissionne,
03:22ça n'empêchera pas le Rassemblement National
03:23de continuer à être un parti fondamentalement raciste et antisémite.
03:27Et pourtant, dans les sondages de Marine Le Pen,
03:29elle ne baisse pas pour l'instant.
03:31On verra ça.
03:31Les sondages, on verra.
03:32Je vois des dynamiques, notamment de notre côté, plutôt bonnes.
03:36Et un sondage où elle ne baisse pas, mais où elle ne monte pas non plus.
03:39Alors, on va passer sur un autre sujet d'actualité
03:42qui a commencé la semaine dernière
03:44et qui se poursuit cette semaine.
03:45Le blocus des lycées.
03:47Vous êtes vous-même enseignant.
03:48Donc, c'est un sujet qui vous touche.
03:5028 lycées sont encore fermés aujourd'hui dans les Alpes-Maritimes.
03:55C'est suite à ces incidents.
03:57Qu'est-ce que vous en pensez, vous, de tous ces incidents ?
04:00On a vu de nombreux débordements autour des lycées.
04:03Écoutez, il y a quelque chose qu'il va falloir bien avoir en tête.
04:08Il n'y a jamais eu autant d'arrestations
04:11en si peu de temps depuis l'après-guerre.
04:13Il y a eu plus de 5000 arrestations.
04:14200 interpellations dans les Alpes-Maritimes.
04:16En France, il y a eu plus de 5000 interprétations.
04:19Pour qu'on ait bien, à titre de comparaison,
04:21c'est à peu près la moitié de ce qui s'est passé
04:24pendant toute la séquence des Gilets jaunes.
04:26Dans ces arrestations-là, il y a eu 90...
04:28La répression est trop sévère, alors, selon vous ?
04:30Dans ces arrestations-là, non seulement ça a été la vague d'arrestations
04:34la plus importante depuis l'après-guerre,
04:35mais il s'agit de 90% de mineurs, c'est-à-dire d'enfants.
04:39Mais les dégradations, elles sont là.
04:40Les dégradations sont là, mais ce qui est important aussi à dire,
04:43c'est que ces arrestations et les violences policières
04:45dont je suis en train de vous parler ce matin,
04:47par exemple, au journal télévisé de France 2,
04:50elles représentent 3% du temps d'antenne.
04:53Pendant que les dégradations,
04:55quelques violences de jeunes,
04:57c'est 75% du temps d'antenne.
04:58Je pense qu'il y a un effet de sidération.
05:00Vous savez, il y a quelque chose qu'il faut bien comprendre,
05:02c'est qu'aujourd'hui, il y a les réseaux sociaux.
05:04Les parents, les personnes qui ne sont pas lycéens et lycéennes
05:07sont aussi sur les réseaux sociaux
05:08et sont en train de voir en direct
05:11l'État casser la figure à leurs enfants, littéralement.
05:16Donc ça, je pense qu'il faut vraiment avoir ça en tête
05:19avant de continuer de parler de tout le reste.
05:21Pourquoi ? Parce que les lycéens et les lycéennes,
05:23ils ont des revendications qui sont très simples.
05:26Si on regarde ce qu'ils demandent...
05:28Mais on ne peut pas nier que parfois, il y a des débordements.
05:30Et même la représentante du FSU,
05:33qui est donc le syndicat enseignant,
05:35disait qu'il y a plein de casseurs qui viennent
05:38dans ces mobilisations.
05:39Ça, vous n'y croyez pas ?
05:42On n'arrête pas de dire que pour qu'un mouvement puisse continuer,
05:45il ne faut pas qu'il y ait de casse.
05:46Maintenant, si vous voulez, on peut y passer tout le peu de temps d'antenne
05:48que j'ai ce matin pour continuer d'en parler.
05:50Mais est-ce qu'il faut de la violence pour que nos idées soient entendues ?
05:53Parce qu'on a entendu des lycéens le dire...
05:54Alors attendez, là-dessus, je vais être très très clair.
05:58Pendant la première semaine
05:59où il y a eu ces mouvements de lycéens et de lycéennes,
06:03le ministre qu'on a entendu, c'était le ministre de l'Intérieur.
06:06Le gouvernement Macron, comme d'habitude,
06:08a répondu par la fermeté, par la surdité.
06:11On rappelle que c'est un gouvernement
06:12qui s'assoit sur des élections,
06:14qui passe en 49-3 en force.
06:15Et on a continué avec des enfants,
06:18avec les enfants de France.
06:19Je rappelle que chez les lycéens qui manifestent,
06:23on a souvent des symboles comme le drapeau français,
06:25la marseillaise qui est chantée.
06:26C'est-à-dire qu'on a des gens qui portent
06:29l'idée de liberté, égalité, fraternité,
06:32c'est-à-dire quelque chose qui est inhérente
06:34à ce qu'il fait la France.
06:35Donc face à ça, on a le ministre de l'Intérieur qui répond
06:38et on a mis plus de 10 jours à entendre
06:40le ministre de l'Éducation nationale
06:42sur une mobilisation des CN
06:44qui est la plus importante
06:46depuis celle du CPE.
06:48Donc là-dessus, déjà, il y a une responsabilité du gouvernement.
06:51Il faut entendre les jeunes.
06:52Écoutez, quand on est acculé,
06:54il est logique, quand on regarde l'histoire,
06:57qu'à un moment donné, il y ait des débordements.
06:59Ça aurait pu être beaucoup plus apaisé.
07:01Est-ce que LFI est derrière ce mouvement ?
07:02C'est ce que dit Éric Ciotti.
07:03On l'a entendu dans le journal de 7h.
07:05Il dit, LFI instrumentalise les lycéens.
07:08Qu'est-ce que vous lui répondez ?
07:09Que ce n'est pas étonnant de sa part
07:11parce que ça veut dire qu'il infantilise les lycéens.
07:13Ça veut dire qu'il n'est pas capable de comprendre
07:15que quand on est au lycée,
07:17on est capable de réfléchir
07:19et surtout, on est capable de comprendre
07:21que les conditions dans lesquelles on est accueilli
07:22ne sont pas tolérables.
07:24Les revendications des lycéens
07:27sur ce mouvement-là
07:29sont celles qui...
07:31C'est pour réparer quelque part
07:33tout ce que Macron,
07:34depuis les premières réformes blanquaires,
07:37a totalement détruit
07:38dans le lycée général,
07:39dans le lycée technique
07:40et dans le lycée professionnel.
07:41La France insoumise n'est pas responsable
07:44de ce que Macron et Blanquer ont détruit
07:46et les lycéens et les lycéennes
07:48sont suffisamment grands
07:49pour savoir ce qu'elles veulent.
07:50Et d'ailleurs, les enseignants,
07:51ils disent qu'ils ont les mêmes revendications
07:53que ces jeunes
07:54et ils appellent demain
07:55à un grand rassemblement.
07:57Est-ce que vous et les filles
07:57vous appelez aussi
07:58à cette mobilisation ?
08:00Bien sûr.
08:01Déjà, ce qui est intéressant,
08:02c'est qu'on remarque
08:02que les enseignants appellent
08:03à ce rassemblement,
08:04on remarque que les étudiants
08:05et les étudiantes
08:06appellent à ce rassemblement,
08:07le monde du travail aussi appelle
08:08à ce rassemblement,
08:08la CGT appelle au rassemblement.
08:10J'ai vu ce matin passer
08:11que les agriculteurs
08:13appellent aussi au rassemblement.
08:15C'est intéressant
08:15parce que ça veut dire
08:16que l'ensemble du pays
08:17prend ses responsabilités.
08:19Le départ de la manifestation,
08:20ce sera demain
08:21de la place Garibaldi.
08:22Merci beaucoup Olivier Salerno.
08:24Merci.

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