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Olivier Salerno, co-référent de la France Insoumise, est l'invité de L'Interview à la une

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00:11— Bienvenue à vous sur le plateau de l'Interview.
00:14Là, une votre émission d'entretien sur toutes les plateformes numériques du groupe Nice Matin.
00:20À la veille du troisième acte de la colère sociale dans la rue,
00:25une mobilisation à haut risque, selon Laurent Nunez,
00:28notre invité cette semaine, c'est donc Olivier Salernot,
00:32co-référent de la France Insoumise dans les Alpes-Maritimes.
00:35Merci d'avoir accepté cette invitation.
00:37— Merci à vous.
00:37— On va évidemment évoquer la manifestation de demain,
00:39ses contours dans les Alpes-Maritimes, les risques autour de cette manifestation.
00:44Nous reviendrons sur celle de la semaine dernière et celle du 17 octobre,
00:48avec la présence notamment de représentants de l'ultra-droite
00:52qui s'en sont pris à des manifestants.
00:54Et puis nous reviendrons aussi sur les accusations portées par Éric Ciotti sur ce plateau
01:00la semaine dernière à l'encontre de votre mouvement, la France Insoumise,
01:04sans oublier, et c'est important d'évoquer aussi le fond de cette colère,
01:08les raisons qui poussent les Français à manifester,
01:11les lycéens à se mobiliser également,
01:13puisque dans trois jours, ils vont reprendre les cours dans les Alpes-Maritimes
01:17comme dans toute la France.
01:19Olivier Salerno, demain, manifestation, parcours inédit,
01:23pour éviter d'être trop au contact des commerces dans le centre-ville,
01:28Garibaldi vers le port.
01:30Est-ce que pour vous, c'est une bonne solution ?
01:32Est-ce que vous validez ce tracé déjà ?
01:33— C'est pas à moi de valider ce tracé.
01:35Déjà, je remercie les syndicats d'avoir déposé cette manifestation,
01:39et particulièrement le syndicat Sud-Solidaire,
01:41qui l'a déposé en préfecture,
01:42et qui fait en sorte de poser le cadre et la condition
01:45pour que la manifestation se passe correctement.
01:48Après, c'est pas la première fois qu'on a une manifestation,
01:51et notamment sur des revendications sociales,
01:53dans le parcours qu'on va faire demain,
01:55mais ça montre quelque chose.
01:57On est dans un moment où, effectivement,
02:01l'État n'est plus forcément garant du droit de manifester.
02:04Voilà, l'État est garant du droit de manifester.
02:06C'est un droit constitutionnel
02:08auquel les Français et les Françaises sont particulièrement attachés,
02:11vu qu'il fait partie de notre SEV,
02:13il fait partie de notre ADN.
02:14Et on arrive à un moment où Emmanuel Macron,
02:19Sébastien Lecornu,
02:20le gouvernement illégitime,
02:22puisqu'il n'a pas été élu dans les urnes comme il le faudrait,
02:27arrivent à un point où, finalement,
02:29ils n'arrivent plus à contenir les choses,
02:30et on en arrive à trouver un tracé,
02:34à trouver des espèces de compromis
02:35pour que les manifestations et les revendications
02:37se passent le plus correctement possible.
02:39Le plus important, c'est que la manifestation puisse se tenir.
02:42On peut comprendre, la semaine dernière,
02:45la réaction de protection de l'État et du préfet,
02:48au vu de ce qui s'était passé le 17,
02:51avec les scènes de violence.
02:52Là, pour le coup, il y a un pas qui a été fait,
02:54puisque c'est Emmanuel Macron lui-même
02:55qui a conseillé au préfet
02:57de trouver des parcours alternatifs.
03:00Eh bien, justement, c'est parce que l'État a posé
03:04toutes les conditions pour le chaos qu'on a pu voir
03:07la semaine dernière dans toutes les villes de France,
03:09et particulièrement à Nice, qui a un problème.
03:11La semaine dernière, samedi 24,
03:13on a une milice fasciste...
03:15Alors, on va y revenir, hein.
03:16Voilà, mais d'une centaine de personnes
03:17qui ont pu déambuler tranquillement,
03:19et qui a été quasiment amenée vers les manifestants
03:25sous les yeux, sous le regard de la police,
03:27qui n'a rien fait, et autour de cette histoire-là,
03:31on peut avoir des doutes sur le fait
03:33qu'ils aient été aidés et particulièrement guidés.
03:35Donc, pour revenir à votre question,
03:37j'y viens, c'est pas pour parler d'autre chose,
03:40mais précisément, pendant toute la semaine
03:43qui a précédé le samedi 24,
03:46on a eu de la communication du gouvernement,
03:49ici localement à Déric Ciotti,
03:51et du préfet des Alpes-Maritimes,
03:52pour nous dire que tout était sous contrôle.
03:54On a vu des images avec des véhicules militaires,
03:57on a vu le RAID qui était là,
04:00on a vu des dispositifs policiers,
04:02on a vu Sentinelle,
04:04ça a été présenté et amené sur tous les plateaux,
04:08sur tous les réseaux sociaux.
04:09Le préfet des Alpes-Maritimes,
04:11dans ce contexte-là, a même dit aux Niçois et aux Niçois
04:13ce qu'ils pouvaient venir faire leur course tranquille samedi.
04:16Je vois pas où est la tranquillité dans ce contexte-là.
04:18Et on a vu Éric Ciotti, le samedi 24,
04:21dès le départ, dès le matin,
04:23j'ai compté, il a fait 11 tweets,
04:25pour passer en revue les troupes,
04:27la police municipale,
04:28pour se mettre en scène,
04:30dans le centre de supervision urbaine,
04:34pour montrer que tout était sous contrôle,
04:36pour aller serrer des mains.
04:37Et précisément, c'est dans ce contexte-là
04:41qu'on a pu voir ce qui s'est passé samedi dernier.
04:45Mais qu'est-ce qu'il aurait fallu faire,
04:46alors, Olivier Salernot ?
04:47Après, ce qui s'est passé le 17,
04:48avec les scènes de pillage sur l'avenue Jean Médecin,
04:52comment on sécurise ?
04:54Ne pas mobiliser la police une semaine après ?
04:57Déjà, le 17, on a pu voir un dispositif policier
05:01qui n'a pas fait ce qu'il fallait.
05:06Le 17, on a eu une manifestation exceptionnelle.
05:10Encore une fois, dans toutes les villes de France
05:12et aussi à Nice.
05:13La manifestation sociale, tout à fait.
05:15C'est-à-dire que pour les gens
05:16qui ont un petit peu l'habitude
05:17de faire des manifestations,
05:19toute l'avenue Jean Médecin,
05:20de la place Masséna jusqu'au quartier Libération,
05:23était noire de monde.
05:24Donc, on compte à peu près
05:26une dizaine de milliers de personnes
05:27avec des gens qui ont pris le parcours
05:30de façon relativement traditionnelle,
05:32qui ont fait Médecin la Libération.
05:35Plas Masséna, pardon, la Libération.
05:37À partir de ce moment-là,
05:39au niveau de l'embranchement
05:41quartier Libération,
05:42la police a bloqué
05:43et a commencé à lancer du gaz lacrymogène.
05:46Et c'est précisément à ce moment-là aussi
05:48qu'une milice fasciste
05:51a commencé à attaquer le cortège,
05:53et notamment un jeune homme.
05:55On a les images,
05:56vous les avez sûrement vues,
05:57vous les avez sûrement commentées,
05:58où dès le départ,
05:59on a une personne qui a attaqué
06:01un jeune homme pour faire mal tout de suite.
06:03Coup de coude dans le menton,
06:06le jeune homme est tombé par terre,
06:08et ensuite, il a été fini,
06:10si j'ose dire,
06:11avec des coups de pied dans la tête.
06:13Ça, c'est ce qui s'est passé
06:15à ce moment précis.
06:16À partir de là,
06:17le cortège a commencé à paniquer,
06:19à partir dans les rues parallèles,
06:22perpendiculaires,
06:22et là,
06:23la malaltération a commencé à être compliquée.
06:25Pour une altercation ?
06:26Pour un...
06:27Parce que...
06:28Non, c'est ce que je suis en train
06:29de vous expliquer,
06:30c'est qu'il y a eu des mouvements de panique
06:33pour différentes choses.
06:34On ne peut pas gérer
06:35une dizaine de milliers de personnes
06:36à coups de gaz lacrymogène.
06:38Ce n'est pas possible.
06:39Donc, moi,
06:40il me semble
06:43que les renseignements territoriaux
06:44ont fait leur travail,
06:46que la police était au courant,
06:48le 17,
06:49du nombre de personnes de l'affluence,
06:51parce que tout le monde en parlait
06:52la semaine précédente,
06:53qui y allait avoir.
06:54Et la police était aussi au courant
06:55pour le 24,
06:56on en parlera tout à l'heure,
06:58mais notamment
06:58de l'organisation de milices
07:00parce qu'il y a eu
07:00des boucles télégrammes
07:01sur lesquelles
07:02tout ce petit monde
07:02a commencé à discuter entre eux.
07:04Donc...
07:04Mais là, le souci,
07:05ce n'est pas les casseurs,
07:07selon vous,
07:07qui sont venus...
07:07Alors, je finis là-dessus.
07:09Il va falloir nous expliquer,
07:11il va falloir que Laurent Nunez
07:12nous explique
07:13s'il est capable
07:15de mettre tout en place
07:16pour un maintien de l'ordre
07:17correct dans ce pays.
07:18Parce que, moi,
07:19je ne comprends pas.
07:20Au vu de ce qui s'est passé
07:21le 24,
07:22moi, je me demande
07:22qui commande,
07:23qui dirige,
07:24qui donne les ordres,
07:25qui donne la ligne.
07:27Moi, ce qui s'est passé,
07:28il faut bien revenir là-dessus,
07:30ce qui s'est passé le 24
07:31avec une attaque
07:33d'une milice,
07:34d'une centaine de personnes,
07:36je refais le fil,
07:37une centaine de personnes
07:38qui ne sont pas tous de Nice.
07:39On a les images.
07:40Voilà.
07:41Qui sont venus
07:42spécifiquement
07:43d'autres villes
07:44organisées,
07:46soi-disant
07:46pour protéger les commerçants,
07:48tous habillés
07:48de la même façon,
07:49avec des brassards,
07:51avec des armes,
07:53avec une organisation.
07:55Ils se sont tous
07:57coordonnés
07:57sur des boucles avant.
07:59Ces gens-là
08:00ont commencé
08:01à se rassembler
08:03au niveau
08:03de la rue Puget
08:04à Nice-Nord.
08:05Et on a vu
08:06les images
08:06que vous allez peut-être
08:07montrer
08:07où ils étaient
08:08à côté
08:09de voitures de police
08:11sur une manifestation
08:12qui était interdite.
08:14Ensuite,
08:14ce cortège,
08:15ils étaient
08:15une centaine de personnes
08:16derrière une banderole.
08:19Le cortège
08:20a descendu...
08:21Au départ,
08:21ils sont hors périmètre
08:22de manifestation
08:23interdite.
08:24Ils doivent quand même
08:25déclarer...
08:25Il y a bien
08:25les voitures de police
08:26à côté d'eux.
08:27Ils sont en discussion
08:28avec des fonctionnaires
08:29de police.
08:30Ce cortège-là,
08:31tranquillement,
08:32descend la rue
08:32Borglion,
08:33rentre dans le périmètre
08:34derrière une banderole
08:36avec des slogans
08:37d'extrême droite
08:38qu'on a l'habitude
08:39d'entendre
08:39dans les manifestations
08:40d'extrême droite.
08:41Oui, mais tant qu'il n'y a pas
08:42de violence,
08:42la police ne peut pas intervenir
08:43à ce moment-là.
08:43Monsieur, quand on a une milice
08:45qui vient
08:46sur une manifestation
08:48interdite,
08:49qui rentre dans le périmètre
08:50interdit,
08:50qui fait une pause
08:52devant le centre
08:53de la police municipale
08:55de supervision urbaine
08:57où Éric Ciotti
08:58s'est mis en scène
08:59ce jour-là
09:00pour dire que tout
09:01était sous contrôle
09:01et que tout allait bien
09:02et qu'ensuite de ça,
09:04cette centaine de personnes
09:05descendent la rue
09:06Jean Médecin
09:06en plein dans la manifestation
09:07interdite
09:08et qu'on les voit régulièrement
09:09en train de discuter
09:11avec la police municipale,
09:13avec la police nationale.
09:14Je rappelle
09:16qu'on a vu aussi
09:18dans vos colonnes
09:19vous avez fait
09:19comme un fact-checking
09:21mais on a vu quand même
09:23le collaborateur parlementaire
09:24du député
09:25Bernard Schex
09:27au milieu
09:28de ces jeunes gens
09:29qui...
09:30Alors lui,
09:31il explique
09:31qu'il était en train
09:32de les surveiller.
09:33Il les a surveillés
09:34a priori,
09:35d'après,
09:35si je lis bien son témoignage,
09:36c'est lui qui le dit,
09:37du début à la fin.
09:39Il va falloir nous expliquer
09:40comment le collaborateur
09:41parlementaire
09:42d'un député
09:43UDR,
09:44bras droit d'Éric Ciotti,
09:45sur une manifestation interdite
09:46surveille
09:47tout ce petit monde
09:49particulièrement violent,
09:51particulièrement menaçant,
09:53guidé vers les manifestants.
09:55Olivier Sernaud,
09:56à partir du moment
09:57où le cortège est signalé,
09:58qu'est-ce qui empêche
09:59un collaborateur
10:00d'aller justement surveiller
10:03peut-être pour vérifier
10:04que ça ne dégénère pas ?
10:05Peut-être a-t-il des craintes
10:06lui aussi ?
10:07On ne peut pas lui reprocher
10:09d'être sur place
10:09et honnêtement,
10:10la journaliste
10:11qui signe le papier
10:12et qui était à ses côtés
10:13en a attesté,
10:15il n'était pas partie prenante
10:17de cette manifestation.
10:18je ne lui demande pas
10:18d'être partie prenante,
10:19je lui demande
10:20de dénoncer ça
10:21et de dire
10:22à qui de droit
10:23qu'il y a,
10:24en ce moment même,
10:25au moment de la manif,
10:26une milice
10:26qui s'oriente vers
10:27des manifestants
10:28et leur intention
10:29était claire,
10:30nette et précise.
10:31Éric Ciotti l'a condamné.
10:32Alors Éric Ciotti,
10:34revenons là-dessus,
10:34moi je trouve
10:35que c'est très intéressant.
10:36Éric Ciotti a été
10:37en surcommunication
10:38toute la semaine,
10:39ça je l'ai dit,
10:40mais depuis le matin.
10:41Je vous ai dit tout à l'heure,
10:42il a pondu 11 tweets.
10:44À partir du moment
10:45où il y a eu
10:45les échauffourés,
10:4617h45, 18h,
10:48l'agression violente
10:49de cette milice,
10:49justement,
10:50plus rien.
10:51Silence radio.
10:53Et Éric Ciotti
10:54n'a pas pu faire autrement
10:55que de condamner
10:55les violences,
10:56évidemment,
10:57parce qu'il était garant
10:59du calme
10:59et ça a été
11:00un fiasco total,
11:01mais par contre,
11:01évidemment,
11:02il ne s'est pas privé
11:03pour ensuite expliquer
11:04que la violence
11:05était des deux côtés,
11:06comme il le nomme lui-même,
11:07ultra droite,
11:08ultra gauche.
11:09Non,
11:09il n'y a pas de ça.
11:11Le cortège revendicatif
11:13qui était soit
11:13un cortège
11:14sur une zone interdite
11:15était constitué
11:16de jeunes,
11:17de gens qui étaient là
11:18en tenue assez festive.
11:20Il y avait des gens
11:21qui étaient déguisés.
11:22Je prends un exemple,
11:23juste pour qu'on se rende
11:23compte de la chose
11:24et qu'on arrête
11:24de raconter des histoires.
11:25Il y a eu un manifestant
11:27qui était avec un saxophone
11:29qui a décidé
11:30de suivre
11:30tout le cortège revendicatif
11:32avec un saxophone
11:33du début à la fin.
11:35Alors,
11:35il va falloir m'expliquer
11:37dans quelle fantasme
11:38on est
11:38pour dire qu'on a
11:39des groupes
11:40particulièrement violents
11:41d'ultra-gauche
11:42ou je ne sais pas quoi,
11:43alors que justement,
11:44cette manifestation-là,
11:45ce cortège-là,
11:46était suivi
11:47par quelqu'un
11:47qui a été capable
11:48de faire du saxophone
11:49du début à la fin
11:49avec des jeunes
11:50qui étaient déguisés
11:51et avec des gens
11:52qui portaient
11:53une revendication
11:54dans la joie,
11:55dans la fête
11:56et dans les chants.
11:57Moi,
11:57je dénonce,
11:59là,
12:00l'heure est grave.
12:01On n'est pas
12:02en train
12:02de commenter
12:04quelque chose
12:05qui se serait mal passé
12:06samedi dernier.
12:08Le procureur
12:08de la République
12:10a eu raison
12:10d'ouvrir une enquête.
12:12Là,
12:13j'annonce
12:14sur vos antennes
12:15que la députée
12:17Nadej Abon-Mongoli,
12:18députée de Sainte-Saint-Denis,
12:19vice-présidente
12:20de l'Assemblée nationale
12:20du groupe
12:21de la France insoumise,
12:22vient de déposer
12:23une saisine
12:24du procureur
12:25de la République
12:25au titre
12:26de l'article 40.
12:27Parce que quand on sait,
12:28quand on a
12:29tous les témoignages
12:30qu'on a
12:30depuis une semaine
12:32avec toutes les vidéos,
12:33avec tous les témoignages
12:34qui se recoupent,
12:36on ne peut pas faire autre chose.
12:37Sur quel aspect ?
12:38Parce que l'enquête
12:39est déjà ouverte.
12:40Alors,
12:40l'enquête est déjà ouverte.
12:41C'est sur la connivance
12:42supposée avec la police ?
12:43Sur les aspects
12:44que je viens de vous expliquer
12:44et sur la connivance
12:46supposée avec la police,
12:48pareil,
12:49on a à disposition
12:51vos confrères
12:52d'un journal
12:52qui s'appelle
12:53Bon Pote
12:53ont mis à disposition
12:56des conversations
12:57sur des boucles
12:58télégrammes
12:58où on voit bien
12:59qu'il y a
13:01des conversations
13:01avec différents corps
13:02policiers
13:03de la police municipale,
13:04de la BAC.
13:07Pas dans les boucles,
13:08c'est ce qui est raconté
13:09dans les boucles.
13:10C'est ce qui est raconté
13:10dans les boucles.
13:10Oui, il n'y a pas
13:10les policiers
13:11dans les boucles.
13:12Mais par contre,
13:12c'est corroboré par rapport
13:14à une vidéo
13:14qui est devenue virale
13:16qui tourne sur les réseaux sociaux
13:18depuis 3-4 jours
13:20et qui est reprise
13:21dans les médias.
13:21On voit un jeune homme,
13:23niçois,
13:24qui nous explique
13:25qu'il a fait partie
13:27de cette milice,
13:28qu'il a eu l'aide
13:29de la police municipale,
13:31de la BAC,
13:32de beaucoup de policiers.
13:33Il précise d'ailleurs
13:34que le chef de la police municipale
13:36n'était pas d'accord avec ça.
13:37Mais par contre,
13:38il explique très clairement
13:38et très précisément
13:39comment est-ce qu'ils se sont organisés
13:41avec des membres de la police
13:43au moment de cette manifestation.
13:45Qu'est-ce que vous suspectez ?
13:46Est-ce que vous suspectez
13:47que des ordres
13:48aient été donnés
13:49par la hiérarchie de la police
13:51ou de la connivence
13:54d'opportunisme,
13:55on va dire,
13:55sur le terrain ?
13:56Parce que nous étions,
13:56évidemment,
13:57au cœur de cette manifestation.
13:59On ne conteste pas du tout,
14:00évidemment,
14:00la violence
14:01et la nature
14:02de l'appartenance politique
14:03de certains de ses membres.
14:05Mais on a aussi entendu
14:05le commissaire
14:06qui gérait le dispositif
14:07de sécurité
14:08avertir les manifestants
14:09en mégaphone,
14:10leur dire qu'il fallait
14:11se disperser,
14:12qu'il n'y avait pas besoin
14:12de milice à Nice,
14:14c'est ces termes,
14:15non,
14:15pas besoin de miliciens.
14:16Donc,
14:17vous dites,
14:18est-ce que ça vient du haut
14:19ou c'est plutôt
14:21une proximité
14:22avec des policiers de terrain ?
14:23Eh bien,
14:24c'est à l'enquête
14:24de le dire.
14:25Par contre,
14:25ce que nous,
14:26on a pu observer,
14:27c'est que le cortège
14:29que je vous ai décrit
14:29tout à l'heure
14:30qui était festif a eu droit
14:31aussi le 24
14:32à du gaz lacrémogène
14:33et à du canon à eau
14:34et que la milice
14:35a pu descendre tranquillement
14:36de la rue Puget
14:37jusqu'au point
14:38où ils se sont rencontrés,
14:39ça fait 3 kilomètres.
14:40Ça fait 3 kilomètres.
14:42Donc,
14:42moi,
14:42j'attends une enquête.
14:44Franchement,
14:45j'appelle solennellement
14:47le procureur
14:48à ouvrir une enquête,
14:49à faire une conférence
14:50de presse
14:52où on nous explique
14:53heure par heure,
14:55minute par minute,
14:56ce qui s'est passé.
14:57Parce que pour l'instant,
14:57on a beau dire
14:58c'est sur les réseaux sociaux,
15:00c'est des rumeurs.
15:01Non,
15:01ce n'est pas des rumeurs.
15:02Il y a plus d'une cinquantaine
15:03de vidéos
15:04qui tournent,
15:05des dizaines et des dizaines
15:07de témoignages
15:07de personnes
15:08qui ne se connaissent pas
15:09qui correspondent.
15:11Et ce qu'on soupçonnait
15:13est corroboré aussi
15:14par des gens
15:15qui ne sont pas bien malins,
15:16qui font des vidéos
15:17sur Internet,
15:18qui ensuite retirent
15:19cette vidéo.
15:19Mais évidemment,
15:20vous savez comment c'est
15:20les réseaux sociaux.
15:21La vidéo a été uploadée
15:23immédiatement
15:24et maintenant,
15:24elle tourne.
15:25Et en fait,
15:28ce à quoi on est en train
15:29d'assister,
15:29c'est un sentiment
15:31d'impunité
15:32de l'extrême droite
15:34milicienne
15:35dans un contexte particulier
15:36à Nice.
15:37C'est-à-dire,
15:38on est dans...
15:39Il y a quand même
15:3940 signalements du préfet.
15:41Oui.
15:41Vous l'avez vu.
15:42Très bien.
15:4211 interpellations,
15:43même si en comparaison immédiate,
15:45les profils...
15:46les 10 précédents
15:46en coopération immédiate,
15:48là aussi,
15:48je pose une question.
15:49Pourquoi est-ce qu'ils sont
15:50partis
15:51de...
15:51Enfin,
15:52pourquoi est-ce qu'ils ont
15:52coté leur procès
15:53sans rien contre eux ?
15:55Ils n'ont même pas
15:56l'interdiction
15:57de retourner
15:57en manifestation,
15:58ils n'ont même pas
15:59l'interdiction
15:59de reparler entre eux.
15:59Vous savez qu'ils ont été arrêtés
16:00avant que ça dégénère.
16:02J'ai compris.
16:03Mais en attendant...
16:04Mais par...
16:04Les faits qui leur sont
16:05reprochés, finalement...
16:06Par mesure de sécurité,
16:07on aurait pu penser que,
16:08plutôt que de leur laisser un mois
16:10pour préparer leur futur procès,
16:11on aurait pu au moins
16:13leur demander,
16:14leur interdire de se rencontrer
16:16entre eux
16:16ou de continuer à aller
16:17dans les manifestations.
16:18Le 17,
16:19il y a eu des pillages,
16:20effectivement,
16:21avec des adolescents
16:23qui étaient là
16:24et qui ont procédé
16:25à du pillage
16:25de façon opportuniste.
16:26Certains pour des baskets,
16:27mais d'autres aussi
16:28pour des produits
16:28de première nécessité.
16:29On a pu voir du pillage
16:31sur des serviettes hygiéniques,
16:32sur du lait.
16:33Ces gamins-là,
16:34ils n'ont apparemment
16:35pas le même entourage
16:36parce qu'ils ont fait
16:37de la comparution immédiate
16:38et de la prison
16:40tout de suite.
16:41Donc là,
16:41on a des gens...
16:42Oui, mais Olivier Sarno,
16:43pardon de...
16:44Ils ont...
16:45Là, c'est accablant.
16:46C'est-à-dire qu'ils ont été
16:48attrapés sur le fait
16:50après les pillages.
16:51Donc après,
16:52sur la dureté des peines,
16:54il y a un débat
16:55puisque, d'ailleurs,
16:57c'est très, très hétérogène
16:59en fonction des parquets.
17:00Le parquet de Nice
17:00a été particulièrement sévère.
17:02Vous avez raison.
17:03Mais ils ont quand même
17:04été pris la main dans le sac
17:05si vous me passez...
17:05Écoutez, moi,
17:07mon propos n'est pas de dire
17:08tout le monde en prison.
17:09Ce n'est pas mon propos,
17:10ça ne l'a jamais été.
17:11Mon propos est de montrer
17:13et de mettre en avant
17:14le fait qu'il y a
17:15un réel de poids de mesure.
17:17Je reviens sur
17:19le jeune homme
17:20qui est plus très jeune,
17:21d'ailleurs,
17:22de la vidéo.
17:23Moi, ça me montre...
17:24C'est un homme,
17:25je le dis,
17:26qui, face caméra,
17:28affirme qu'il y a eu
17:28connivence, en fait,
17:29avec la police.
17:30Et qui donne des détails
17:31très précis.
17:32Cette vidéo n'existe plus.
17:33Elle a été évidemment
17:35sauvegardée
17:36par des comptes
17:37et par des citoyens.
17:39Mais en tout cas,
17:40lui a disparu
17:40des réseaux sociaux.
17:41Mais vous imaginez bien
17:42que cette personne-là
17:44est recherchée,
17:45c'est un niçois
17:46et qu'à mon avis,
17:47il ne va pas tarder
17:48à être trouvé
17:49et notamment par la police
17:51pour qu'une enquête
17:52puisse avoir lieu.
17:54Ça montre
17:55un sentiment d'impunité.
17:56On est dans un moment particulier.
17:57Nice,
17:58c'est la cinquième ville de France.
17:59C'est la plus grande ville
18:00à avoir basculé
18:01à l'extrême droite
18:02aux dernières élections municipales.
18:04Depuis qu'Éric Ciotti
18:05est au pouvoir,
18:07depuis qu'Éric Ciotti
18:07est à l'Amérique,
18:08qu'est-ce qu'on observe ?
18:09Une manifestation
18:10dès le lendemain,
18:12déposée par la CGT Spectacle
18:14avec des gens
18:14qui sont venus
18:15sur la place Saint-François
18:16pour dire qu'ils n'étaient
18:17pas contents,
18:18pas d'accord.
18:18On a le droit,
18:19c'est le droit constitutionnel français,
18:21il n'y a pas eu de problème.
18:22Dans cette manifestation-là,
18:23il y a eu une dizaine
18:24de militants d'extrême droite,
18:25notamment du groupe
18:26Husky de Aquila Popularis,
18:27qui a agressé les manifestants.
18:30Et ensuite,
18:30il y a eu une enquête
18:31avec perquisition au domicile
18:34où on a retrouvé
18:35du matériel autour
18:36de Aquila Popularis,
18:37mais aussi des outils
18:38de propagande néo-nazis,
18:41nationalistes révolutionnaires
18:42comme ils le disent eux-mêmes.
18:43Et il y a eu
18:44de la prise en ferme.
18:45Ça veut dire que la justice
18:46a reconnu qu'il y avait
18:47bien un problème.
18:48Éric Ciotti l'avait dénoncé,
18:49il a demandé dans la foulée
18:50la dissolution
18:51d'Aquila Popularis.
18:52Éric Ciotti est très fort
18:53pour faire des tweets.
18:54Moi, j'observe une chose.
18:57Depuis qu'il est au pouvoir,
18:58il y a eu ça.
18:59Depuis qu'il est au pouvoir,
19:00il y a de plus en plus
19:00d'agressions racistes,
19:02notamment dans le vionnis,
19:03d'agressions algébétophobes,
19:05notamment dans le vionnis.
19:06Et on arrive à un point
19:08où aujourd'hui,
19:09dans la ville d'Éric Ciotti,
19:11un maire qui n'arrête pas
19:12d'avoir le mot
19:13ordre, ordre, ordre
19:14à la bouche,
19:15eh bien, samedi dernier,
19:17on a pu voir une milice
19:19supplétive des forces de police.
19:21La dernière fois,
19:21enfin, il faut se rendre compte
19:22de ce que ça signifie
19:23les milices fascistes,
19:25supplétistes des forces de police.
19:27C'est les faisceaux
19:27dans les années 20 en Italie,
19:29c'est les SA en Allemagne,
19:30c'est ce qu'on a pu voir nous aussi.
19:31Attention Olivier Serne.
19:33On est sur une centaine de personnes
19:35et la police est intervenue
19:36au moment où ça a dégénéré.
19:37On est sur une centaine de personnes
19:38parce que là, depuis tout à l'heure,
19:39on est en train de parler de Nice.
19:42Vous n'êtes pas sans savoir
19:43que samedi dernier,
19:44ce qui s'est passé à Nice,
19:46s'est passé dans plus
19:47d'une dizaine de villes de France,
19:48selon le même mode opératoire.
19:52Boucle, télégramme,
19:53ou boucle signal,
19:54organisation,
19:55connivence,
19:56police,
19:57milicien.
19:58sans dire de bêtises,
20:00il me semble que c'était,
20:01alors,
20:01il y a eu Bordeaux,
20:02Lyon,
20:03Toulouse notamment,
20:04où on a pu voir
20:05des miliciens
20:07aider les CRS
20:08et se planquer ensuite
20:10derrière eux
20:10quand il y avait
20:11quelques échauffourés,
20:12voire même,
20:13on a des images
20:13qui tournent un petit peu partout,
20:15où on a des CRS
20:16qui interpellent
20:18une personne
20:19qui est à terre
20:20et où un milicien arrive,
20:22lui met des coups de pied
20:23à ce moment-là
20:23et le CRS
20:24ne lui dit rien.
20:25Il me semble que c'est
20:25votre confrère de libération
20:27qui nous montre même
20:29qu'un de ces miliciens
20:31a eu le droit
20:31à une écussion CRS
20:33après les événements.
20:34Donc, non,
20:35je reviens à ce que je disais tout à l'heure,
20:36je n'exagère pas,
20:38je ne dis pas que l'histoire se répète,
20:40je suis en train de dire,
20:41attention,
20:41on vit des moments,
20:42dans un moment de bascule,
20:43où on a un pouvoir
20:44qui soit,
20:45n'est pas un pouvoir d'extrême droite,
20:46mais qui se radicalise
20:47parce qu'il est acculé,
20:48on va peut-être y revenir
20:49justement sur les revendications,
20:52et on est sur quelque chose,
20:54par contre,
20:55qu'on a déjà vu,
20:55c'est-à-dire que
20:57ce qu'on nous représente
20:59quelque part
20:59comme le centre,
21:00comme quelque chose
21:01de l'équilibre
21:02entre la droite et la gauche,
21:03comme ce que Emmanuel Macron
21:04nous expliquait il y a 10 ans,
21:07progressivement,
21:07nous amène
21:08à une situation
21:09pré-fasciste.
21:10C'est ce qu'on a vu
21:11le 24 dernier.
21:11Je suis désolé
21:12si ça
21:14ne choque personne
21:15d'avoir des centaines
21:17de miliciens
21:17dans toutes les rues de France
21:19qui sont en train
21:20de faire justice eux-mêmes
21:20et qui sont supplétifs
21:21de la police nationale
21:22régalienne.
21:23Alors,
21:24il y a un problème.
21:25Alors,
21:26avant d'arriver
21:27sur le dossier
21:29des revendications
21:30en elles-mêmes,
21:32un mot sur demain,
21:34qu'on soit très clair,
21:35puisque je vais vous faire
21:37écouter dans quelques secondes
21:38un extrait d'Éric Ciotti
21:40sur ce plateau
21:40la semaine dernière,
21:43vous appelez évidemment
21:44les manifestants demain
21:45à ne pas faire usage
21:46de la violence
21:48et j'allais dire,
21:49vous souhaitez évidemment
21:50qu'il n'y ait pas de pillage.
21:52Bien évidemment.
21:53Ça n'a jamais été
21:54dans notre mode de fonctionnement.
21:56Nous,
21:56on appelle à la révolution citoyenne
21:58par les urnes
21:58et de toute façon,
21:59il y a quelque chose
22:00d'évident,
22:01c'est que tant qu'on ne pose
22:02pas un cadre,
22:03concrètement,
22:04qui permette aux familles
22:05de venir,
22:06qui permette aux parents
22:06de venir,
22:07qui permette aux enfants
22:08de venir,
22:08il n'y a pas
22:09de manif plus réussie
22:10que quand on voit
22:11des parents qui viennent
22:12avec leurs enfants
22:12en poussette,
22:13que quand on voit
22:14des personnes âgées
22:16en fauteuil roulant
22:17ou qui ont du mal
22:17à se déplacer
22:18qui puissent venir
22:19pour pouvoir justement
22:20gonfler la manif.
22:21Là,
22:21c'est une manifestation
22:22qui se passe bien,
22:23une manifestation,
22:25un mouvement social
22:26qui s'inscrit dans le temps
22:27où on a des rendez-vous réguliers
22:28comme on est en train
22:29de regarder,
22:30ça fait un mois
22:30que ça se passe
22:31avec les lycéens
22:31et les lycéennes,
22:32mais il y a eu le 17,
22:33il y a eu le 24,
22:34là il y a le 31,
22:35on parle du 5
22:36avec une grève généralisée
22:38qui était appelée de ses voeux
22:39par une intersyndicale
22:39et notamment par Sophie Binet
22:41de la CGT.
22:41Donc,
22:42pour qu'une manifestation
22:43se passe bien,
22:44si ça se passe
22:45comme samedi dernier
22:45comme on vient de l'expliquer
22:46ou comme le samedi 17,
22:48alors on n'aura plus personne.
22:49Donc,
22:49le rapport de force citoyen
22:51qu'on essaye de constituer
22:52vis-à-vis du gouvernement,
22:53eh ben,
22:53on ne l'aura pas
22:54de notre côté.
22:55Donc,
22:55il n'y a absolument
22:56aucun intérêt
22:57pour personne
22:58à ce que ces manifestations-là
23:00se passent mal.
23:02Écoutez ce que disait
23:03Éric Ciotti
23:03la semaine dernière.
23:05Alors,
23:05je précise que
23:06c'était avant
23:07la journée du 24
23:09la veille.
23:10Donc,
23:10l'histoire
23:11de la manifestation
23:13qui dérape
23:14de l'ultra-droite
23:15n'avait pas eu lieu.
23:17Je ne veux pas céder
23:18à ceux qui veulent
23:20déstabiliser notre République
23:21derrière LFI
23:23qui est la vitrine légale
23:25des proxys
23:26qui agitent
23:28tous ces événements
23:29et tous ces mouvements.
23:30D'ailleurs,
23:31on le voit bien,
23:31le préfet des Alpes-Maritimes
23:34et je l'en remercie
23:35interdit les manifestations.
23:36Je l'ai demandé.
23:37Qui conteste
23:38l'interdiction ?
23:39LFI.
23:41Madame Damiano
23:42qui a été mon adversaire
23:43LFiste
23:44aux élections municipales.
23:46Et on voit très bien
23:47les tracts au départ,
23:49les messages
23:49d'où ils viennent.
23:50Chaque fois,
23:51il y a un point de départ,
23:52c'est LFI.
23:56LFI est là
23:56pour déstabiliser
23:57la République.
23:58Voilà.
23:58Ils sont là
23:59pour prendre le pouvoir
24:00par la force,
24:00par la violence.
24:03Vous êtes là
24:03pour prendre le pouvoir
24:04par la force,
24:05par la violence.
24:05Vous êtes la vitrine légale
24:07des proxys
24:08qui agitent
24:09les mouvements
24:10de contestation
24:11et donc
24:11les débordements.
24:12Je viens de vous prouver
24:13le contraire
24:14dans ce que je vous ai expliqué
24:15juste avant ce passage.
24:16Mais je trouve que
24:16ce passage,
24:17il est quand même
24:19très significatif.
24:20Eric Ciotti
24:20s'enfonce
24:21dans un espèce
24:22de délire complotiste
24:23où tweet après tweet,
24:25il met dans...
24:26Il essaye d'articuler tout.
24:28Islamisme,
24:29terrorisme,
24:30ultra-gauche,
24:31antifa.
24:32C'est ridicule.
24:33Personne.
24:34Cette petite musique
24:36comme quoi
24:36la France insoumise
24:38serait responsable
24:40de tous les mots
24:40en France
24:41ne prend plus.
24:42C'est même
24:42des blagues,
24:43des mèmes sur Internet
24:44qui commencent à tourner
24:45tellement les gens
24:47n'y croient plus.
24:47Mais je pense
24:48qu'Eric Ciotti
24:49ferait bien
24:49de faire attention
24:50et devrait quand même
24:51regarder dans sa propre maison.
24:54Là,
24:55ce qu'on a décrit
24:56depuis tout à l'heure
24:58sur les milices françaises,
25:01il y a eu
25:01l'attentat de Trappes
25:02juste avant.
25:03L'attentat de Trappes,
25:04c'est aussi
25:05un moment
25:07très important
25:08qu'il faut regarder
25:08en face
25:09pour ce qu'il est.
25:10On a donc eu
25:10une personne
25:11qui a voulu faire justice
25:12lui-même
25:13et qui a pris
25:14pour prétexte
25:14dans son récit,
25:16dans son récit
25:17de guerre civile,
25:18dans son récit
25:19de grand remplacement,
25:19je rappelle que la théorie
25:21du grand remplacement
25:21est une théorie
25:22qui est régulièrement reprise
25:23par Eric Ciotti,
25:25il a voulu faire justice
25:26par rapport à ce qui s'était passé
25:27le 17 octobre.
25:28Et pour ça,
25:30eh bien,
25:30on s'est rendu compte
25:31ensuite,
25:32quand la police a fait
25:32des perquisitions
25:33chez lui,
25:33qu'il y avait
25:34des tracts
25:35du Rassemblement National,
25:36qu'il y avait
25:36de la documentation
25:39qui montrait
25:39que ce monsieur-là
25:40a été radicalisé
25:41et il a été faire
25:43un attentat
25:43dans la ville de Trappes
25:45où depuis des années
25:45et des années
25:46et des années,
25:47l'extrême droite
25:48et la droite extrême
25:50et pas que la droite extrême,
25:52on nous explique
25:52que Trappes
25:53est une ville
25:54islamisée,
25:55que c'est plus la France,
25:56que c'est les territoires
25:57perdus de la République.
25:58Vous pouvez trouver
25:59des extraits
25:59au Eric Ciotti lui-même,
26:01dit tout ça,
26:01des dizaines
26:02et des dizaines
26:03et des dizaines
26:03de fois.
26:04Qu'est-ce qu'a fait ce monsieur ?
26:05Il est allé à Trappes
26:06et il a tiré dans le tas
26:07sur des personnes
26:08noires
26:09ou musulmanes
26:10réelles et supposées.
26:11Donc, on a
26:12un monsieur
26:12qui est décédé,
26:14un jeune homme,
26:14monsieur Pongo Bossi-Wangi,
26:16qui a été
26:17qui a été
26:19rafalé par
26:19une jeune fille
26:21de 12 ans.
26:22Alors ça,
26:22c'est pour le jeune homme
26:24qui est décédé
26:25et ensuite,
26:26sur le passage,
26:28il y avait aussi
26:29des enfants
26:29et une jeune fille
26:30effectivement
26:31qui a été criblée,
26:32si j'ai bien compris,
26:33d'une dizaine de balles.
26:34On a su que
26:35la semaine d'avant,
26:36le tueur
26:37qui a procédé
26:39à cet attentat
26:39avait aussi
26:41attaqué
26:42une personne
26:43maghrébine
26:44et
26:45qu'entre eux
26:46et au moment
26:47où il a fait
26:48cette tuerie,
26:49il était entre deux mosquées
26:50où il a
26:52menacé
26:53des gens
26:53au passage.
26:54Et
26:56les policiers,
26:57quand ils l'ont
26:57auditionné,
26:58quand ils l'ont écouté,
26:59ils ne s'en cachent pas.
27:00Ils disent qu'il est raciste.
27:01Ils disent qu'il a procédé
27:02par vengeance.
27:03Et tout ce discours-là
27:05qu'on entend,
27:06M. Éric Ciotti
27:06est un habitué
27:08du plateau de CNews.
27:09À chaque fois qu'il a
27:10des annonces à faire,
27:11il va sur CNews.
27:12CNews,
27:13le lendemain de l'attentat
27:14de Trappes,
27:14on a Sébastien
27:16Chenu
27:16qui nous explique
27:17qu'effectivement,
27:19c'était dans
27:20une espèce de réflexe
27:21d'autodéfense,
27:22dans un cadre
27:22de guerre civile
27:23qu'il s'est passé
27:24l'attentat de Trappes,
27:24comme s'il justifiait
27:26la chose.
27:26Il y a
27:27Mme Kelly,
27:28journaliste à CNews,
27:29qui tenait à peu près
27:30les mêmes discours.
27:31Tout ça,
27:32c'est la même
27:35tambouille politique
27:38dont fait partie
27:39Éric Ciotti.
27:39Donc,
27:39plutôt que d'accuser
27:41la France insoumise
27:41de tous les maux,
27:42parce qu'il y a
27:43un mouvement social
27:44de jeunesse,
27:46revendicatif,
27:46qui, en gros,
27:47est en train
27:48de nous expliquer
27:48qu'ils ont énormément
27:52de choses à dire,
27:52et notamment pour leur avenir
27:53et pour leurs études,
27:54on y viendra tout à l'heure.
27:55Pendant qu'on a ça,
27:56et pendant que la France insoumise
27:58supporte, porte
27:59et accompagne
28:01ce mouvement-là,
28:02on a Éric Ciotti
28:03qui nous accuse
28:04de quoi,
28:04finalement ?
28:05De faire le travail
28:07que n'importe quelle
28:08organisation de gauche
28:09fait depuis la nuit des temps,
28:10c'est-à-dire soutenir
28:11un mouvement social.
28:12Nous,
28:13on a des choses
28:14à demander.
28:15Ces gens-là
28:16doivent vous rendre des comptes
28:17parce qu'ils ont
28:18progressivement
28:20mis un contexte
28:21dans une espèce
28:22de prophétie
28:23autoréalisatrice
28:24où on arrive
28:25à des attentats
28:26comme on a.
28:26C'est pas,
28:27pardon,
28:28je voudrais finir là-dessus,
28:29c'est très important.
28:31Suite au 24
28:34qui a fait suite
28:35à l'attentat de Trappes,
28:36on continue,
28:37on sait
28:38qu'il continue
28:39à y avoir
28:40des boucles
28:40sur les réseaux sociaux
28:41pour des personnes
28:44racistes,
28:45fascistes
28:46qui s'organisent
28:46pour continuer
28:47à faire
28:47des attaques.
28:49On lit
28:49sur ces boucles-là
28:50que ces personnes
28:51s'organisent pour,
28:52je prends leur vocabulaire,
28:54nettoyer quartier
28:55par quartier,
28:56pour faire
28:58des patrouilles,
28:59pour faire
29:02des guets-tapens,
29:03imaginez bien,
29:04où on va
29:06commander
29:07une pizza,
29:07par exemple,
29:08d'un livreur,
29:09vous savez bien
29:09que les livreurs
29:10sur les plateformes
29:12en ligne,
29:12beaucoup sont
29:13des personnes racisées,
29:14donc pour les amener
29:16sur une adresse
29:17un petit peu loin
29:18de la ville,
29:18sur les réseaux sociaux,
29:21sur Telegram.
29:21pas forcément à Nice,
29:23mais c'est des boucles.
29:23C'est un contexte national.
29:24C'est un contexte national.
29:25On est dans ce moment-là.
29:27Donc,
29:28que M. Ciotti
29:28prenne ses responsabilités
29:30plutôt que de regarder
29:30la France insoumise,
29:31qui regarde sa propre
29:32famille politique
29:32et surtout,
29:33le discours qu'il tient
29:34depuis des années,
29:35je rappelle là-dessus,
29:36je finirai là-dessus,
29:38Éric Ciotti
29:39ne se cache pas
29:40et n'arrête pas
29:41de dire
29:41qu'en France,
29:42il y a
29:43le grand remplacement.
29:44Le grand remplacement
29:45est une théorie
29:46raciste,
29:48complotiste,
29:50où, en gros,
29:52on nous explique
29:52que les Juifs
29:55du monde
29:57organisent
29:57l'avenue
29:58de populations
29:58d'Afrique
29:59pour remplacer
29:59progressivement
30:00l'Occident.
30:01Alors, évidemment,
30:02M. Ciotti
30:03ne donne pas
30:03tous...
30:04Les Juifs,
30:04les musulmans.
30:05Non.
30:05Le grand remplacement
30:06est une théorie
30:07complotiste antisémite
30:10qui a été théorisée
30:11depuis des années
30:12et notamment
30:13par M. Camus
30:15dans tous les délires
30:17complotistes.
30:18Il y a toujours
30:19à la fin
30:20quand on fuit,
30:21quand on tire
30:21le bout du bout
30:22un délire antisémite
30:25et donc
30:25la théorie
30:26du grand remplacement
30:27c'est qu'il y aurait
30:28une espèce
30:29de grand
30:31complot juif mondial
30:32qui tirerait
30:33les ficelles
30:34et qui
30:35organiserait
30:36la venue
30:36de populations
30:37d'Afrique
30:38musulmanes
30:39pour remplacer
30:39progressivement
30:40l'Occident.
30:40Ça, je veux dire,
30:41c'est pas moi
30:42qui l'invente.
30:43N'importe qui
30:43qui m'écoute
30:44peut aller sur Internet
30:45aujourd'hui
30:46pour regarder
30:46grand remplacement
30:47précisément
30:47et on verra
30:48ce que je suis
30:48en train de décrire.
30:49M. Ciotti
30:50reprend à son compte
30:51la théorie
30:52du grand remplacement
30:53et il est particulièrement
30:55responsable,
30:55lui et les siens,
30:56dans ce qu'on est
30:56en train de vivre
30:56en ce moment.
30:58Une dernière question
30:58là-dessus
30:59et puis on terminera
31:00avec la mobilisation
31:02sociale.
31:04Est-ce qu'à un moment donné
31:05on n'est pas là
31:06face à une irresponsabilité
31:10du monde politique
31:11parce que
31:12il est très difficile
31:14pour beaucoup de gens
31:14de comprendre
31:15qu'on n'arrive pas
31:16à se mettre,
31:18à être unis
31:19derrière un attentat
31:22derrière du terrorisme.
31:23Que ce soit un attentat islamiste,
31:25un attentat raciste
31:27comme ce qui vient
31:28de se passer à Trappes,
31:30on a l'impression
31:31qu'une partie
31:34selon laquelle on appartient
31:36du corps politique
31:37a toujours du mal
31:38à condamner
31:40un attentat
31:41qui ne l'arrangerait pas
31:42si vous me passez
31:43l'expression.
31:43Est-ce qu'à un moment donné
31:44il ne faut pas
31:46simplement
31:48être objectif
31:49et se dire
31:50que
31:52dès lors qu'il y a
31:53un attentat,
31:53un crime de masse,
31:54qu'il soit islamiste,
31:57islamophobe,
31:58raciste,
31:58on le dénonce clairement.
32:00Mais je ne vois pas
32:01de quoi vous voulez parler.
32:02Tous les attentats,
32:03quels qu'ils soient,
32:03ont toujours été dénoncés
32:05et si c'est nous
32:05qu'on est en train
32:06de pointer du doigt,
32:06notamment par la France insoumise.
32:09On vous l'a reproché,
32:10c'est vrai.
32:11Oui,
32:11mais sauf que
32:12parce que c'est un...
32:14Je me fais le relais
32:15du même reproche
32:16qu'on peut faire
32:17à droite
32:17et à l'extrême droite.
32:20Vous l'avez fait vous-même,
32:21d'être moins proactif
32:22sur la communication
32:24et la dénonciation.
32:25Je ne parle pas d'Éric Souty
32:26puisque lui
32:28l'a dénoncé,
32:28mais bon,
32:30de son camp,
32:31en tout cas,
32:31il y a aussi parfois
32:33cette émiplégie
32:35qu'on peut avoir
32:36du mal à comprendre.
32:37Ce qui, honnêtement,
32:38c'est faux.
32:38Dans le sens où
32:40sur les attentats...
32:41La France vit
32:43alors,
32:44maintenant un petit peu moins,
32:45mais une période
32:46d'attentats
32:47depuis 1995.
32:49Oui.
32:50Depuis 1995,
32:52pour des raisons
32:53et aussi géopolitiques,
32:55il y a eu
32:56différentes vagues
32:57d'attentats.
32:58les nôtres aussi
32:59font partie des victimes.
33:00Et moi,
33:01vous savez,
33:01si on prend par exemple
33:02l'attentat du 14 juillet
33:03qui s'est passé à Nice
33:04il y a une dizaine d'années,
33:05moi, je ne fais pas de différence
33:07par rapport aux 86 personnes
33:08qui sont tombées sous le camion.
33:09Je ne fais pas de différence,
33:10je ne regarde pas
33:11ni l'origine des personnes,
33:13ni leur nationalité,
33:14ni leur religion,
33:15ni même ce qu'ils votent
33:15et leur opinion politique.
33:16ça m'est égal,
33:17ce sont des victimes.
33:18Et comme Nice
33:20est une ville
33:22où les gens se connaissent,
33:23il y a toujours une histoire
33:24où dans ces 90 personnes-là,
33:27on connaît,
33:27on connaît l'entourage,
33:29on a tous quelqu'un.
33:30Un contact.
33:31Donc à partir de ce moment-là,
33:32comment ça a pointé du doigt
33:34et en instrumentalisant
33:35notamment la mémoire
33:36sur les 10 ans
33:39des commémorations
33:40de l'attentat du 14 juillet.
33:43Monsieur Ciotti,
33:43évidemment,
33:44alors il y avait
33:44Monsieur Macron qui est venu,
33:46il y avait Monsieur Ciotti,
33:47c'est tout à fait normal,
33:48c'est le maire de la ville.
33:49Qu'est-ce qu'on a pu voir ?
33:49Une invitation exclusivement
33:52à sa famille politique
33:54qui balaye
33:55toutes les couleurs
33:57de l'extrême droite.
33:57Ce n'est pas tout à fait exact.
33:59Il a invité
33:59tous les chefs de groupe
34:01à l'Assemblée.
34:01On lui a reproché le délai.
34:02Vous voulez qu'on aille
34:03jusqu'au bout
34:03de la démonstration.
34:06C'est quand même très étrange
34:07que ce jour-là,
34:09on ait eu
34:10Jordan Bardella,
34:11Marine Le Pen,
34:12Philippe Vardon,
34:13Marion Maréchal Le Pen
34:15et plein, plein, plein
34:16d'autres responsables
34:17d'extrême droite
34:17qui ont répondu présent
34:18et que la fameuse invitation
34:19au chef de groupe
34:20dont vous parlez là
34:21à l'instant,
34:22elle a été faite
34:22à peine 24 heures avant.
34:23Je ne crois pas une seconde
34:25que tous les gens
34:26que je viens de citer
34:26n'avaient rien à faire
34:2724 heures avant
34:28un 14 juillet.
34:30sachant que c'est une date
34:31qui est inscrite
34:31dans le calendrier
34:33de tous les responsables
34:35politiques
34:36qui ont un mandat.
34:37Je n'y crois pas
34:38une seconde.
34:39Donc cette instrumentalisation-là,
34:40je reviens là-dessus,
34:41elle a été particulièrement obscène
34:43et nous,
34:44les attentats
34:45qui se sont passés
34:46sur le sol de France,
34:47peu importe lequel,
34:48nous, on a toujours été solidaires,
34:49on l'a toujours dit.
34:50Maintenant,
34:51si on ne veut pas nous écouter,
34:52ça, c'est une autre histoire.
34:52Pour terminer,
34:53Olivier Salerno,
34:54on a passé beaucoup de temps
34:55sur les incidents,
34:58l'organisation de la manifestation
34:59demain,
35:01l'opposition violente
35:03entre les différents courants
35:05de pensée.
35:06Il y a quand même à la base
35:08une colère sociale
35:10réelle,
35:12la vie chère,
35:13les sens inabordables,
35:14les lycéens
35:15qui ont plus ou moins
35:17lancé le mouvement
35:19avec,
35:19j'allais dire,
35:21la maladresse
35:21des lycéens,
35:23des revendications
35:24qui n'étaient pas forcément
35:25homogènes,
35:26pas forcément bien
35:28structurées,
35:29mais qui ont quand même
35:31dit quelque chose
35:32de cette colère-là,
35:35avec en plus
35:36forte résonance
35:37dans les Alpes-Maritimes.
35:38Ça veut dire quoi ?
35:39Ça veut dire que
35:39dans les Alpes-Maritimes,
35:40les inégalités se creusent aussi ?
35:42Alors, juste,
35:43si vous me permettez,
35:44je ne suis pas tout à fait
35:44d'accord avec vous.
35:46Les revendications
35:47étaient claires,
35:48nettes et précises
35:49dès le départ.
35:49Alors, effectivement,
35:50c'est un mouvement lycéen
35:52et donc on ne peut pas
35:52demander à un mouvement
35:53lycéen d'être aussi
35:54structuré
35:54qu'un mouvement social.
35:55C'est ça que je voulais
35:55signaler,
35:56parce qu'effectivement,
35:57vous avez raison,
35:58les revendications
35:59étaient claires,
36:00mais elles arrivaient
36:01parfois un peu
36:02pêle-mêle
36:03avec des problèmes
36:05de cantine
36:05comme des problèmes
36:06d'emploi du temps
36:08ou de bâtis
36:09complètement délabrés
36:11en plus du coût
36:12de la vie aussi
36:13pour certains d'eux.
36:14Voilà.
36:15Si on reste
36:15sur les revendications
36:16lycéennes,
36:17c'est très logique.
36:19Quand Emmanuel Macron
36:20est arrivé au pouvoir,
36:20son premier ministre
36:21de l'éducation nationale
36:22a été Jean-Michel Blanquer,
36:23qui a complètement
36:24déstructuré
36:24l'éducation nationale
36:25et qui fait
36:26qu'on en arrive aujourd'hui,
36:27même si ce n'est plus lui,
36:28ministre de l'éducation nationale,
36:30à la situation
36:31dans laquelle on est.
36:31Il y a eu plusieurs réformes
36:33qui ont déjà démantelé
36:34le lycée général,
36:36qui ont démantelé
36:36le lycée professionnel.
36:37Dans la réforme du lycée général,
36:39avec les histoires d'options,
36:40on ne va pas forcément
36:40rentrer dans les détails maintenant,
36:42mais c'est ça qui fait
36:42qu'on se retrouve
36:43avec des emplois du temps
36:44à trous,
36:45parce qu'en fait...
36:45Vous connaissez bien le sujet.
36:46Je connais bien le sujet.
36:47Vous êtes enseignant,
36:48notamment en lycée professionnel,
36:49parce qu'il y a
36:51un certain nombre d'enseignants,
36:52il y a un certain nombre de salles,
36:53il y a une réalité concrète
36:54qui fait qu'on ne peut pas
36:55faire ce qu'on veut
36:56n'importe comment
36:57avec les problématiques
36:59d'emploi du temps
36:59et que ce n'est pas vrai
37:00que tous les enfants
37:01peuvent faire
37:03toutes les options
37:04qu'ils veulent
37:05de façon individuelle.
37:07Jean-Michel Blanquer
37:07a cassé l'idée de classe
37:09et n'a proposé
37:11que des parcours individuels.
37:12Donc, à partir de ce moment-là,
37:13ça coince
37:14parce que derrière,
37:15ça ne suit pas.
37:15En parallèle de ça,
37:16il a créé Parcoursup
37:17qui est un outil
37:19de tri social
37:21particulièrement violent
37:23avec des algorithmes
37:25et avec des algorithmes
37:26qui sont particulièrement discriminants.
37:28Le problème,
37:29c'est qu'avant,
37:30Jean-Michel Blanquer,
37:31il n'y avait déjà pas suffisamment
37:32de place dans l'enseignement supérieur
37:33par rapport au nombre
37:34de lycéens et lycéennes
37:35qui avaient leur bac
37:35et qu'il a tellement démantelé
37:37lui aussi
37:39l'enseignement supérieur
37:40qu'il y en a eu de moins en moins.
37:43Les mesures annoncées
37:44ne répondent pas du tout à ça ?
37:45Absolument pas.
37:46D'ailleurs,
37:46je note que dans les mesures annoncées,
37:48on dit qu'on va revenir
37:49sur le caractère discriminant
37:50de l'algorithme,
37:51ce qui, pour moi,
37:52semble comme un aveu.
37:53On n'arrête pas de nous dire
37:54qu'il n'y a pas de discrimination
37:55dans Parcoursup,
37:56et là,
37:56on dit qu'on va revenir
37:57sur le caractère discriminant.
37:5910 milliards.
38:0010 milliards.
38:0010 milliards, pardon,
38:01je ne suis pas...
38:01Ce n'est pas un milliard,
38:03c'est 10 milliards,
38:03parce qu'en fait,
38:05voilà,
38:06entre le bâti,
38:07comme vous l'avez dit tout à l'heure,
38:08le fait de créer des places
38:09dans l'enseignement supérieur
38:10pour se passer de Parcoursup
38:13et d'arrêter cette sélection,
38:15et puis faire en sorte que,
38:16enfin,
38:17quand même,
38:18on parle de nos enfants.
38:20En France,
38:22étudier dans le froid,
38:23étudier sous la canicule,
38:26avoir des rats dans les locaux,
38:27ce n'est pas normal,
38:29ce n'est pas imaginable.
38:30Donc moi,
38:30je trouve très émouvant,
38:34et je trouve...
38:36Je remercie la jeunesse
38:37de s'être mis en mouvement
38:40comme elle l'a fait.
38:41On a beaucoup,
38:42beaucoup de leçons
38:43à apprendre
38:43de ce qu'ils ont fait,
38:45parce que ça fait un mois,
38:46plus maintenant,
38:48pendant les vacances scolaires,
38:49la mobilisation
38:50n'a pas flanché,
38:53et on continue à avoir
38:55une jeunesse
38:55particulièrement motivée
38:57si on écoute
38:58les représentants
38:58des syndicats lycéens,
39:01on continue à voir
39:02qu'ils sont motivés,
39:04structurés.
39:04Vous disiez tout à l'heure
39:05un manque de structure,
39:06plus on avance,
39:07plus ils se structurent.
39:07Oui, forcément,
39:08c'est vrai que ça...
39:09Ce qui est logique,
39:10et je pense qu'un pays
39:12qui a peur de sa jeunesse
39:13est un pays en danger.
39:14Je le dis de façon
39:15très solennelle,
39:17parce que c'est ce qu'on a
39:18aujourd'hui.
39:19Vous parliez tout à l'heure,
39:20vous disiez
39:20qu'on a un problème,
39:23enfin,
39:23ces manifestations
39:24ont été particulièrement
39:26présentes dans les Alpes-Maritimes.
39:27Dans les Alpes-Maritimes,
39:28on a une classe politique
39:30qui n'aime pas les jeunes.
39:31On a une classe politique
39:33qui voit les jeunes
39:33comme un danger.
39:34On a un Brian...
39:35Qu'est-ce qui vous fait dire ?
39:36Par exemple,
39:37on a un Brian Masson,
39:39maire de Cagnes-sur-Mer,
39:40du Rassemblement national,
39:41qui harcèle la jeunesse
39:42depuis qu'il est à la mairie.
39:44C'est-à-dire pourquoi ?
39:45C'est arrêté sur arrêté,
39:46dans un premier temps arrêté
39:47pour interdire aux mineurs
39:49de sortir entre 23h
39:50et 6h du matin
39:51et surtout
39:51des arrêtés
39:52pour interdire aux mineurs
39:53de se regrouper
39:54à partir de 16h,
39:55c'est-à-dire après la classe.
39:57Dans vos colonnes
39:58sur Nice Matin,
39:58j'ai lu un reportage
39:59qui était parfait
40:00et qui montrait bien
40:01cette histoire-là.
40:02On voyait un groupe de jeunes,
40:03un groupe de personnes âgées,
40:05tous les deux parlaient football.
40:07Le journaliste
40:07est allé voir les deux.
40:08Le policier a demandé
40:10au groupe de jeunes
40:11de se disperser
40:12pour aller là où ils voulaient
40:13mais pas être groupés.
40:14Et quand votre journaliste
40:15a demandé au policier
40:17pourquoi,
40:17il a dit
40:17parce que ce sont les ordres,
40:19c'est l'arrêté.
40:19Il y a ça
40:21et il y a l'épisode,
40:23je reviens aussi
40:23sur l'épisode
40:24à Cannes-sur-Mer
40:24où a été programmé
40:30un contrôle
40:31à la sortie
40:32d'un bus scolaire
40:33au niveau
40:34du lycée Escoffier,
40:37du lycée professionnel Escoffier
40:39et du lycée Renoir.
40:40Et là, en fait,
40:42on avait une dizaine
40:42de policiers
40:43avec des chiens
40:43qui ont contrôlé
40:45des jeunes
40:45qui descendaient du bus
40:46pour aller au lycée.
40:47C'était une opération
40:48de communication
40:48tout le monde
40:49était au courant.
40:49La preuve,
40:50il y avait des journalistes
40:50sur place.
40:51Donc, il y a eu
40:52une connivence
40:53entre, je ne sais pas,
40:54chef d'établissement,
40:57commissariat
40:57pour faire
40:58cette opération
40:59de communication.
41:00Là encore,
41:01quand le journaliste
41:02a demandé au policier
41:03pourquoi est-ce que
41:03vous faites ça,
41:04il dit non,
41:04mais c'est en prévention.
41:05En prévention de quoi ?
41:07Quel est le danger
41:07chez la jeunesse ?
41:08Non mais, Olivier Savernaud,
41:10là-dessus,
41:10on a quand même
41:11un élève
41:11qui est rentré armé
41:12au lycée Tocqueville
41:14à Grasse
41:14et qui a tiré.
41:15On a échappé
41:17au pire
41:17parce qu'il n'y a pas eu
41:18de mort.
41:19idem au lycée
41:20Horticole d'Antibes.
41:21C'est pour ça
41:22qu'on fait ces contrôles-là.
41:23Vous dites qu'ils sont
41:25inutiles ?
41:26En fait,
41:27c'est mettre de la pression
41:28sur la pression
41:29pour éviter
41:31les drames
41:32que vous venez de citer.
41:33Il y a du renseignement
41:35territorial,
41:36il y a de la prévention.
41:36C'est en amont pour vous ?
41:38Mais même sur le moment,
41:39je veux dire,
41:40qu'est-ce qu'on croit ?
41:41Que ce n'est pas
41:42ce qu'on va mettre
41:43des portiques,
41:44des caméras partout,
41:45des contrôles de sécurité
41:46avec des chiens
41:48à l'entrée
41:48de tous les lycées
41:49que ça va se passer correctement.
41:51Vous savez très bien
41:51que c'est mettre
41:52une situation de tension
41:53qui font que les choses
41:54vont empirer.
41:55Donc, non,
41:57voilà,
41:58Emmanuel,
41:58je disais tout à l'heure,
42:00la politique d'Emmanuel Macron
42:01est une politique
42:02de cas social
42:02et notamment du service public
42:04dans tous les services.
42:05Police,
42:06justice,
42:07mais aussi sur la prévention.
42:08Plus d'éducateurs,
42:09plus de profs,
42:10plus d'adultes
42:10pour encadrer les enfants.
42:12C'est ça aussi
42:12qu'on est en train
42:13de vivre aujourd'hui.
42:14C'est quand même
42:14assez particulier
42:15d'avoir un mouvement
42:16de jeunesse
42:16qui nous disent
42:17on veut des cours.
42:20Elle était dépeint
42:20autrement cette jeunesse.
42:21On n'arrêtait pas de dire
42:22les jeunes,
42:23ils ne s'intéressent à rien,
42:25ils sont toujours
42:25derrière leur téléphone portable.
42:27On a des jeunes
42:27qui ne lâchent pas l'affaire
42:28depuis un mois
42:29et qui nous disent
42:29on veut des cours,
42:31on veut de la dignité,
42:32on veut étudier décemment.
42:33On a largement débordé Olivier Salerno.
42:35Merci d'avoir répondu
42:38aux questions de Denis ce matin.
42:40Merci à vous
42:40de nous avoir suivis.
42:42Évidemment,
42:42entretien à retrouver
42:43sur les plateformes numériques
42:45du groupe.
42:46Merci à Sophie Doncé
42:48et Philippe Bertigny
42:50à la réalisation
42:50de cette émission.
42:52à la semaine prochaine.

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