00:00L'invité d'ici matin, nous recevons aujourd'hui la maire de Menton,
00:04chef de file du Rassemblement National dans les Alpes-Maritimes.
00:06Bonjour Alexandra Masson.
00:08Bonjour.
00:08Tout d'abord, votre réaction à cette agression survenue hier matin dans l'école maternelle Clément-Rois-Salle à Nice.
00:13Une maman d'élèves a giflé, tiré les cheveux et menacé avec une arme à feu.
00:18La directrice est frappée une autre enseignante.
00:20Je suis outrée, comme beaucoup de niçois, comme beaucoup de parents ce matin,
00:24qui se réveillent en se demandant si les professeurs de leurs enfants sont en sécurité pour enseigner,
00:32si leurs enfants sont en sécurité tout court à l'école.
00:36La violence est devenue débridée un peu partout en France.
00:39Et dans le cœur même de là où on pensait que les élèves étaient tout petits,
00:44peut-être un peu plus protégés qu'ailleurs, en tout cas peut-être que dans les lycées,
00:48on se rend compte que tel n'est pas le cas.
00:50Jordan Bardella, comme on le disait tout à l'heure, a fait un tweet hier soir
00:54évidemment pour apporter tout son soutien à cette enseignante, à cette directrice d'école.
00:59Il semblerait que certaines informations indiquent que ce soit un OQTF.
01:03Nous attendons les propos du procureur dans l'après-midi.
01:07Je ne sais pas qu'il sera en capacité de dire si tel est le cas.
01:10Si tel est le cas, vous comprenez bien que c'est encore un acte de violence
01:14fait sur le sol français, par quelqu'un qui n'a rien à faire sur le sol français,
01:18si ça se confirme cet après-midi.
01:20Et ça devient, hélas, régulier, inquiétant et très insécuritaire pour les Français.
01:27Et avant d'en tirer de telles conclusions,
01:29on va attendre les confirmations du procureur de la République de Nice
01:32qui n'a donc pas encore communiqué sur la situation administrative
01:35de cette femme de 36 ans qui a été interpellée.
01:39Dans l'actualité également, Alexandra Masson,
01:41il y a ce mouvement lycéen et étudiant.
01:44Comment vous vous attendez à des blocages aujourd'hui à Menton ?
01:46Écoutez, j'ai reçu cinq minutes avant de rentrer sur votre antenne
01:49des images du lycée Pierre et Marie Curie
01:52où une petite dizaine de jeunes, cagoulés en tenue de « combat »
01:59sont devant pour essayer de faire un blocus ce matin.
02:02Les forces de l'ordre sur place, police nationale et municipale,
02:05vont évidemment tout faire pour sécuriser l'accès au lycée,
02:09pour faire en sorte que tous les étudiants et lycéens
02:11qui veulent pouvoir aller ce matin tranquillement étudier,
02:14ce qui est le but d'un lycée,
02:15puissent pénétrer dans ces lieux en toute sécurité.
02:19Vous nous dites ce matin, vous nous l'annoncez,
02:21qu'un blocage est en train d'essayer de se mettre en place à Menton.
02:27Ces lycéens, est-ce que vous les avez reçus
02:31dans le contexte de ces blocages pour entendre leurs revendications ?
02:34Parce que là, vous nous parlez d'intervention des forces de l'ordre,
02:36mais il y a aussi des revendications derrière.
02:38Mais tout à fait, chère madame.
02:39Je ne suis pas allée sur place les premiers jours de blocage
02:42avant les vacances scolaires.
02:43Je les ai reçus en mairie le jeudi,
02:45qui a suivi les premiers blocages les plus importants.
02:48J'ai reçu trois étudiants et un représentant des professeurs,
02:52puisqu'ils ont essayé de nommer des représentants des étudiants
02:55de trois mouvances différentes.
02:57Je les ai reçus tous les trois.
02:59Des revendications souvent solides,
03:02souvent frappées au coin du bon sens,
03:04mais avec des étudiants qui, en fait, voulaient retourner en cours.
03:07Et vous, en tant que maire, qu'est-ce que vous pouvez faire pour répondre à leurs revendications ?
03:10En tant que maire, pas grand-chose,
03:11puisque vous savez que les lycées sont gérées par les régions.
03:15Mais par contre, en tant que conseiller régional,
03:16j'ai fait le maximum pour eux.
03:18Et je suis contente d'annoncer, ce matin, à votre antenne,
03:21que hier encore, nous avons eu le directeur de cabinet de François de Cançon,
03:25le nouveau président de la région,
03:27qui m'a entendue lors de la plénière.
03:29Et nous avons des toilettes de chantier qui vont être installées dans la journée,
03:32puisque la première revendication, c'était qu'ils n'avaient pas de toilettes,
03:35entre autres, les garçons de ce lycée depuis des mois,
03:37ce qui est quand même incroyable,
03:39c'est un point de santé publique de première nécessité.
03:42Et les travaux vont recommencer d'ici une dizaine de jours pour les toilettes,
03:45qui avaient été, cela étant quand même détruit par d'autres élèves,
03:47il faut quand même aussi le préciser.
03:49Mais ils vont être refaits.
03:50Et en attendant, j'avais demandé des toilettes de chantier,
03:52j'avais dit que si on n'était pas en capacité de les mettre avec la région,
03:55la mairie les financerait.
03:56Et François de Cançon, je vous reconnais,
03:58le président de région a entendu ces lycéens,
04:01il m'a entendu, et on devrait les avoir dans la journée.
04:03Et pourquoi alors ils bloquent encore ?
04:05Pourquoi ils bloquent encore ?
04:06Pourquoi ils essaient encore de bloquer au lycée Pierre et Marie Curie ?
04:08Vous savez, il n'y avait pas que des gens de bonne composition qui bloquent.
04:12Il y a même des gens qui bloquent et qui ne vont jamais dans les lycées, dans ces lycées.
04:15Donc il y a des mouvements de violence partout en France aujourd'hui.
04:18Il y a des gens qui viennent là pour casser, pour détruire,
04:21pour manifester, sans aucun rapport, des fois,
04:24pour ne pas le dire souvent, avec les vraies revendications des lycéens,
04:28qui, je le dis, sont souvent frappées au coin du bon sens.
04:32Trop d'absentéisme, des classes trop surchargées,
04:35des manques d'hygiène, de salubrité,
04:37des dortoirs dans lesquels les armoires sont cassées.
04:40Enfin, voilà des choses très pratiques et basiques
04:42où là, je ne peux que les entendre et leur donner raison.
04:44Alors justement, sur les manifestations qui se concentrent quand même majoritairement,
04:48il faut le dire, à Nice, dans les Alpes-Maritimes,
04:50il y a eu un 17 octobre marqué par des pillages,
04:53le 24 par des agressions de l'ultra-droite.
04:55Est-ce que vous condamnez les violences commises lors de ces deux événements ?
04:59Mais je condamne toute forme de violence telle qu'elle soit
05:02et quelle que soit l'origine des personnes qui commettent ces violences.
05:06Ça, c'est la base.
05:07Après, ce qu'on a pu constater, c'est qu'effectivement,
05:09des mesures de sécurité complémentaires,
05:11il faut quand même remercier le travail qui a été fait par le préfet des Alpes-Maritimes,
05:15la deuxième grosse manifestation a été quand même moins impactante pour les commerces que la première.
05:21La première a été vraiment désastreuse le 17 octobre.
05:23Mais il y a eu ces scènes d'agression, de bagarres extrêmement violentes
05:27entre les manifestants et les membres de l'ultra-droite.
05:29Que je viens de condamner.
05:31Mais il n'en demeure pas moins que les forces de l'ordre étaient beaucoup plus mobilisées
05:35sur la deuxième manifestation et qu'il y a eu moins de casse au niveau des commerces.
05:39Mais elles ont été très critiquées dans la gestion du cortège qui est descendu du nord de Nice,
05:45le cortège de membres d'ultra-droite, vers la manifestation contre la vie chère.
05:50Oui, c'est vrai. C'est une réalité pragmatique.
05:53Quel regard vous portez sur cette gestion des forces de l'ordre ?
05:56Ils font ce qu'ils peuvent. Vous vous rendez compte à quel point ils sont mobilisés actuellement ?
05:59Je ne pense pas qu'il y ait eu de différenciation sur les types de manifestants.
06:03Je n'y crois pas une seconde. Je pense que nous avons un préfet très droit dans ses bottes
06:08et qui n'a pas géré de manière différente l'une ou l'autre.
06:11Par contre, ce que je constate, c'est que beaucoup de forces de l'ordre ont été aussi mobilisées
06:15pour sécuriser la population niçoise et les commerces niçois.
06:20Et ça, c'était le plus important parce que ce qu'ils ont subi le 17 octobre est totalement honteux.
06:25Et franchement, j'en ai rencontré un certain nombre d'entre eux. Ils sont assez désespérés.
06:30Dans ces manifestations, on parle de la vie chère, de la précarité,
06:34ce qui m'amène à vous poser la question.
06:36Qu'en est-il du projet d'accueil de nuit pour les sans-abris à Menton ?
06:40Tout à fait. Je m'étais engagée. Je suis une des rares communes derrière des Alpes-Maritimes
06:44sur l'est du département à l'avoir proposée. Nous en avons un énorme besoin.
06:50C'est x4 la population. Aujourd'hui, c'est en domicile fixe.
06:53Donc, je ne vais pas régler avec l'accueil de nuit la totalité, évidemment, des nuitées.
06:57Mais je rappelle aussi...
06:58Il sera mis en place quand ? Parce que là, on est le 3 novembre.
07:00Vous savez qu'il faut des autorisations de l'État. Ce n'est pas moi qui décide tout seul.
07:03Ce sera pour cette année ou pour l'hiver prochain ?
07:05Ce sera pour cette année. J'en suis persuadée. On fait tout pour.
07:07Ce sera janvier ou février. Je fais le maximum.
07:10Je ne suis arrivée qu'au mois de mai, en capacité de pouvoir commencer à monter ce dossier.
07:16L'État est réactif. Il fait ce qu'il peut.
07:18Mais vous savez que les délais administratifs, on en parle souvent en France,
07:20et le millefeuille fait que c'est très long.
07:22Mais oui, nous avons le lieu. Nous avons les devises.
07:24C'était validé. Nous attendons les autorisations.
07:27Et j'espère que ce sera entre janvier et février.
07:29Enfin, en politique, votre nomination récente au Conseil national du Rassemblement national,
07:35qu'est-ce que ça change ? Est-ce que vous allez vous investir directement dans la campagne présidentielle ?
07:39Alors oui, évidemment que je vais me investir dans la campagne présidentielle.
07:41Je me suis toujours investie auprès de Marine Le Pen, en qui je crois...
07:45Quel rôle vous allez jouer ?
07:47Je pense que je devrais être nommée dans les jours qui arrivent sur un pôle
07:51et sur certainement d'autres missions.
07:53Et ça arrivera.
07:54Et vous me réinviterez pour que je vous expose tout ça quand les décisions auront été prises.
07:57Merci Alexandra Masson, maire de Menton,
07:59chef de file du Rassemblement national dans les Alpes-Maritimes.
08:02Vous étiez notre invitée déjà ce matin sur ICI Azure.
08:05Bonne journée.
08:06Merci à vous. Bonne journée.
08:07Merci.
08:07Merci.
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