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  • il y a 10 minutes
Avec Kamel Chibli, Vice-président de la Région Occitanie chargé notamment de l’éducation et de la jeunesse
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##PARLONS_CASH-2026-10-05##

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News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, Parlons Cash.
00:03Et qui va payer la facture des dégradations ?
00:06Selon un sondage, 81% des Français pensent que c'est aux parents des casseurs de payer.
00:12Portail arraché, des incendies et des abribus détruits.
00:15Première question toute simple dans Parlons Cash avec vous, Clara Piernay.
00:19Combien ça a coûté déjà sur cette première semaine ?
00:22Eh bien, il n'y a pas encore de chiffre national officiel.
00:25Ce sont les régions qui comptent, puisque ce sont elles qui gèrent les lycées.
00:29L'île de France annonce 7 millions de dégâts, avec 50 portails détruits.
00:33La région Auvergne-Rhône-Alpes parle de 25 à 30 millions,
00:37mais en incluant les abords et les véhicules.
00:39On a 3 millions ensuite en Pays de la Loire, dont au moins 2 millions,
00:43rien que pour l'incendie du lycée Nelson Mandela à Nantes.
00:47Il y a aussi 3 millions en Occitanie, environ 1 million ensuite pour les Hauts-de-France et le Grand
00:52Est.
00:52En Normandie, Hervé Morin, le président de la région, prévient que ce sera des dizaines de millions.
00:58Bref, si on additionne tout ça, on dépasse déjà les 40 millions d'euros.
01:03Et ce sont des premières estimations seulement.
01:0540 millions. Et dans la rue, devant les lycées, les abribus, les feux rouges, les caméras, ça représente quoi ?
01:10La personne n'a encore fait l'inventaire complet, mais on a des prix qui parlent.
01:13A Lille, un feu tricolore arraché coûte environ 11 000 euros, en comptant le boîtier, le mât et la pose.
01:20Une caméra de vidéosurveillance coûte 3 000 euros.
01:22Un abribus saccagé devant un lycée de Bordeaux, c'est 15 000 euros par exemple.
01:27Un portail de lycée coûte en moyenne 20 000 euros.
01:30Et à Saint-Denis, le portail du lycée Paul-Éluard, avec le gardiennage et le nettoyage, ça fait 100 000
01:36euros.
01:37Valérie Pécresse dit d'ailleurs qu'elle va envoyer la facture au maire.
01:40Alors justement, la question qui fâche, qui paie au final ?
01:43Les casseurs, les parents ? Ou bien au final, c'est le contribuable ?
01:46Dans un premier temps, c'est la collectivité qui avance l'argent.
01:49La région pour les lycées, la ville ou la métropole pour le mobilier urbain.
01:53Ensuite, la loi est assez claire.
01:55Le code de la sécurité intérieure rend l'État responsable des dégâts commis lors d'attroupements.
02:00Donc une commune peut se faire rembourser par l'État.
02:02Quand les auteurs sont identifiés, les régions peuvent porter plainte et réclamer la réparation intégrale.
02:07S'il s'agit de mineurs, ce sont les parents qui sont responsables.
02:11Mais le problème, Jacques, c'est que les casseurs sont rarement identifiés.
02:14Et dans ce cas, c'est de l'argent public.
02:17Justement, c'est ce qu'on va voir avec le vice-président à l'éducation de la région Occitanie.
02:22Kamel Chibli qui est avec nous.
02:24Bonjour Kamel Chibli.
02:26Bonjour.
02:26Soyez le bienvenu sur Sud Radio.
02:28On fait un point avec vous sur les dégâts.
02:32Puisque dans votre région, ils ont été estimés à environ 3 millions d'euros.
02:36Première question très simple.
02:38Qui va payer ?
02:39Qui va payer la collectivité ?
02:41Malheureusement, pour l'instant, c'est nous qui sommes propriétaires.
02:43D'abord, il faut imaginer que quand vous cassez des barrières ou des loges d'accueil,
02:48vous êtes obligés de sécuriser.
02:50Dans l'urgence, nos équipes ont dû rapidement faire venir des entreprises dans une urgence absolue pour sécuriser les entrées.
02:56Parce que sinon, vous avez le risque d'intrusion.
02:58Personne n'en parle.
02:59Mais c'est aussi du gardiennage.
03:00Quand vous avez une trentaine de lycées qui ont été impactés, il faut mettre des gardiennages.
03:03Parce que si vous n'avez pas de gardiennages, vous pouvez avoir des intrusions.
03:06Et comme on est en vigilance maximum en termes de sécurité aux abords d'établissement,
03:10il faut rapidement sécuriser.
03:12Parce qu'avec ce qu'on a vu la semaine dernière,
03:14on peut imaginer que certains auraient la tentation de brûler l'ensemble des bâtiments.
03:18Kamel Chibli, on a malheureusement d'autres journées de mobilisation.
03:22Je dis malheureusement.
03:23Parce qu'évidemment, on craint les débordements et on craint les violences.
03:26et à nouveau un coût pour la collectivité.
03:29Est-ce que vous avez pris des mesures, notamment dans la région Occitanie,
03:33dont vous êtes le vice-président, pour essayer d'éviter de nouveaux cassages ?
03:37Oui, des mesures.
03:39D'abord, on a mis un système de gardiennage, c'est-à-dire des sécurités privées.
03:4224h sur 24 dans certains établissements, pour permettre d'éviter, on va dire,
03:46que dans la nuit ou d'autres, des personnes extérieures au lycée
03:49viennent s'inviter dans l'établissement pour faire des dégâts encore plus graves.
03:53Et puis, ce qui nous fait peur surtout, c'est la sécurité des individus,
03:56c'est-à-dire de nos agents, des enseignants,
03:58mais également des élèves eux-mêmes, qui sont parfois victimes de ces violences,
04:01puisque certains sont, comme vous savez, extérieurs.
04:03Et donc, pour éviter cette situation-là,
04:06on est obligé de mettre des dispositifs en sécurité exceptionnels,
04:10à mesure exceptionnelle, aux solutions exceptionnelles.
04:13Mais effectivement, on est très inquiets, on a passé le week-end à être très vigilants,
04:17parce qu'on a eu, comme vous savez, tout circule dans les réseaux sociaux,
04:20et des alertes sont là.
04:21Et puis, on demande aussi aux forces de l'ordre et aux polices municipales des collectivités locales
04:25d'être assez présents, de tourner.
04:28Et puis, il y a d'autres choses qui sont aussi à faire,
04:30c'est vider les poubelles qui sont aux alentours dans des endroits un peu
04:33où il y a des résidences, parce que la moindre...
04:35Si vous avez un chantier à côté,
04:37tout objet de chantier est utilisé contre l'établissement,
04:41ou peut être utilisé aussi contre les forces de l'ordre,
04:42ou d'autres jeunes, ou d'autres enseignants.
04:44Donc, effectivement, on est obligé de sécuriser l'ensemble des établissements.
04:48Comment ça va se passer, là, dans les prochaines heures,
04:51et notamment demain ?
04:52Est-ce qu'un certain nombre d'établissements sont d'ores et déjà fermés ?
04:56J'imagine que ces décisions sont prises partout où il y a risque, en fait,
05:01puisqu'effectivement, vous y faisiez allusion sur les réseaux sociaux,
05:03ça circule beaucoup, et on a l'impression que la mobilisation sera importante.
05:07Oui, bon, déjà, il y a aujourd'hui à passer, qui est quand même important.
05:10C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a quand même déjà des établissements
05:12qui sont en distanciel.
05:14Tout se regarde, en fait, c'est le rectorat,
05:16c'est l'éducation nationale qui décide, en lien avec la préfecture
05:18et les chefs d'établissements,
05:20et en lien avec nous de fermer les établissements.
05:22Quand il y a des alertes, vous avez des établissements sur les réseaux sociaux
05:25auxquels il y a des appels à mobilisation avec des actes de violence.
05:28Donc là, forcément, pas de risque, fermeture d'établissement.
05:31Puis d'autres qui paraissent un peu plus calmes, on fait attention.
05:35Non, bien évidemment que demain, on est un peu craintifs,
05:37parce que ce qui nous fait peur, surtout,
05:39c'est l'exploitation de ces manifestations à d'autres usages.
05:44C'est pour ça que l'écoute de ces élèves, elle est importante.
05:47Je pense qu'effectivement, à la matière, le gouvernement a tardé,
05:49je pense, à répondre à cette attente de ces jeunes,
05:51parce que le problème, il est là.
05:53Je crois qu'aujourd'hui, si on avait calmé,
05:55si on avait vu l'ensemble des établissements, et les jeunes plus tôt,
05:58on n'en serait pas là aujourd'hui.
05:59Mais demain, c'est une mobilisation nationale,
06:01et ça dépasse les lycées.
06:02Donc, vous imaginez ce qui peut se passer demain.
06:05On l'a vu à Montpellier, on l'a vu à Toulouse.
06:06Pour en revenir au sujet, sur le coût COUTS,
06:10vous êtes vice-président de la région Occitanie,
06:12et donc chargé d'éducation et de la jeunesse.
06:14J'imagine que vous avez un budget.
06:15Qu'est-ce qui se passe si la facture continue de gonfler ?
06:17Vous allez l'envoyer aux auteurs ?
06:19Vous allez l'envoyer à l'État ?
06:21D'abord, on porte plainte.
06:22Ça, c'est le principe de base.
06:25Aujourd'hui, chaque détérioration, on porte plainte de chaque établissement.
06:28Parce que je crois qu'effectivement, il faut d'abord marquer le coût.
06:31Il y a la question des assurances en fonction de la situation.
06:34Mais l'envoyer à qui ?
06:35Vous voulez que je l'envoie, à qui la facture ?
06:36On sait très bien ce qui se passe dans ce genre de dégradation.
06:39La collectivité va devoir payer.
06:40Ça veut dire qu'aujourd'hui,
06:41il y a des efforts qui doivent être faits sur d'autres choses,
06:44passeurs thermiques, etc.
06:46Il va falloir qu'on fasse des choix.
06:47Dans une situation où le gouvernement nous ponctionne
06:50100 millions d'euros chaque année au niveau des régions,
06:52et on nous demande d'accélérer la rénovation de l'argentie des bâtiments.
06:55Ça devient compliqué.
06:56Donc c'est sûr que là,
06:57j'espère que cette semaine, en tout cas,
06:59parce qu'il ne vous a pas échappé,
07:00qu'on est dans 10 jours en vacances en Occitanie,
07:02une dizaine de jours,
07:04donc tout le monde attend avec impatience
07:05en espérant que les choses ne se dégradent pas d'ici là.
07:07Parce que s'il se passe ce qui se passe à Nesson le Mandela en Nantes,
07:10ce qui n'est pas impossible,
07:12un établissement qui sera complètement dévasté,
07:15ce sera une catastrophe pour les élèves d'abord,
07:17et puis pour la collectivité,
07:18mais surtout pour l'argent public.
07:19Merci beaucoup Kamel Chibli
07:21de nous avoir éclairé sur cette situation en Occitanie.

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