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  • il y a 9 minutes
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.

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Transcription
00:00Une question ce matin, est-ce que vous allez tenir, et c'est la question visiblement que tous les petits
00:04patrons se posent,
00:06est-ce qu'on va tenir au-delà de trois mois, au-delà de ce qui nous reste comme trésorerie
00:11?
00:11Bonjour Marc Sanchez, merci d'être en direct avec nous ce matin.
00:14Vous êtes le secrétaire général du syndicat des indépendants et des très petites entreprises.
00:18Le baromètre que vous publiez ce matin et qu'on vous dévoile en exclusivité, le moral des patrons est au
00:24plus bas.
00:2596% des petits patrons se disent dans un état d'esprit négatif, c'est-à-dire ?
00:30C'est-à-dire qu'à aujourd'hui, en tout cas, les trimestres se suivent et se ressemblent tous, globalement,
00:35depuis presque deux ans.
00:36On constate effectivement une baisse de la consommation depuis le début de cette année,
00:40une baisse des marges aussi des entreprises de manière importante et très majoritaire,
00:45une baisse de chiffre d'affaires et surtout, un indicateur qu'on relaie depuis déjà un certain nombre de trimestres,
00:51une rémunération des dirigeants qui se maintient aujourd'hui à moins d'un SMIC pour 51% d'entre eux,
00:56toujours.
00:56Et les trimestres, en fait, se suivent et se répètent systématiquement en un petit peu plus pire à chaque fois.
01:06Et aujourd'hui, effectivement, on a beaucoup d'entreprises, au-delà de celles qui ont des défaillances
01:10et qui ont dû arrêter leur activité.
01:1237 700 sur le premier semestre quand même, c'est plus 1500 par rapport à l'année dernière.
01:17Plus de 70 000 annoncés par la Banque de France sur 12 mois de lycée à fin juillet.
01:23La difficulté, c'est de se projeter dans un moment d'extrême tension.
01:26Évidemment, le prix des énergies, le carburant, le gaz, le fioul.
01:31Est-ce que ça, c'est, j'allais dire, le coût de trop ?
01:35C'est le coût suivant.
01:37De trop, il y a encore des boîtes aujourd'hui qui tiennent.
01:39Alors c'est vrai, vous l'avez évoqué tout à l'heure, il y en a 42% aujourd'hui
01:42qui estiment que leur trésorerie ne va pas tenir plus de 3 mois.
01:46Ça ne veut pas dire pour autant qu'elles vont arrêter leur activité.
01:49Il y a une différence par rapport à ça.
01:51Mais ça veut dire que c'est aussi un symptôme de l'angoisse.
01:53Mais complètement, oui, oui, complètement.
01:54C'est-à-dire qu'à aujourd'hui, ce que j'évoquais précédemment,
01:58on a une crise sur l'avenir de l'entreprise.
02:00Une entreprise qui n'investit pas, qui ne se projette pas
02:03et condamnée à mourir assez rapidement.
02:06Ce qui est préoccupant, c'est qu'en plus, quand on regarde les enquêtes
02:08qui sont faites sur des niveaux d'entreprises plus grosses,
02:12comme les entreprises de taille intermédiaire,
02:13on retrouve la même proportion.
02:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quels que soient les secteurs,
02:17quelle que soit la taille, moi j'entends toujours le même chiffre,
02:20il y a une entreprise sur deux qui a des difficultés de trésorerie.
02:22Dans le bâtiment, dans le service, dans la restauration.
02:24Tout à fait, oui.
02:25Et la question des carburants, je voudrais pouvoir donner la parole à Riyad
02:28qui nous appelle de gentil.
02:30Bonjour Riyad.
02:31Bonjour Apouline.
02:32Bonjour à vous toutes.
02:33Vous êtes chauffeur, enfin vous êtes taxi, vous êtes artisan taxi.
02:38On parle à l'instant des commerçants, des artisans.
02:41Vous, vous êtes aussi aux premières loges de la hausse des carburants.
02:44Vous tenez le coup ?
02:46Franchement, on subit une pression fiscale depuis la Covid d'Apouline.
02:51Avec les prêts de carburant qui augmentent tous les jours.
02:54Moi, personnellement, à côté de chez moi, il y a issue.
02:57Je ne sais même pas à quel moment que je fais mon plein.
03:00Est-ce que c'est la veille ou bien le matin ?
03:02C'est comme les prêts changent tout le temps.
03:04On subit vraiment une pression fiscale énorme.
03:07Je passe à la pompe trois fois par semaine.
03:10C'est énorme.
03:12Trois fois par semaine, vous devez faire le plein.
03:14Vous dites que vous avez une pression fiscale énorme.
03:17Vous continuez à vous lever tôt le matin et à aller bosser.
03:20Je n'ai pas trop le choix.
03:21Franchement, on est là comme des poussins.
03:24On travaille.
03:25Je n'attends pas une aide parce que les aides d'aujourd'hui, ça ne se voit pas clair sur
03:32un point gouv.
03:32Donc, on ne les voit pas.
03:34Ce qui me laisse vraiment travailler à l'ancienne, monsieur, les vraies politiques, c'est de mettre le réveil.
03:39Aller travailler très tôt.
03:40Je n'ai pas trop le choix, malheureusement, pour tenir.
03:43On n'a pas trop le choix, surtout avec la concurrence déloyale des VTC, par exemple.
03:49Nous, les taxis parisiens, on a une ADS, une autorisation de stationnement sur la voie publique.
03:55On paye 200 000 et 180 000 euros la licence.
03:57Oui, pour avoir la licence.
03:58Tout à fait, exactement.
03:59Mais eux, ils n'ont pas de licence.
04:01Je ne sais pas.
04:02Mais franchement, on a du mal vraiment à tenir le con.
04:04Il y a beaucoup d'incertitudes.
04:08Beaucoup d'incertitudes, Riyad.
04:10C'est très intéressant.
04:11Ce qui est très intéressant, c'est que pour la première fois depuis la crise de 92-93,
04:16l'État n'aide pas.
04:17En 2008-2009, il avait beaucoup aidé.
04:19Au moment du Covid, il avait beaucoup aidé.
04:21J'attends même pas d'aide.
04:22Et là, au niveau fiscal, c'est aussi très dur.
04:25Mais l'État n'aide pas, mais l'État continue à taxer.
04:28Alors, si on parle, par exemple, de l'essence, il y a des solutions que nous, on préconise
04:33depuis déjà le début de l'année, notamment avec les CE, qui permettraient effectivement
04:36une réduction du prix du carburant.
04:40Mais globalement, qu'est-ce que pourrait faire l'État aujourd'hui ?
04:44Je crois qu'il y a une prise de conscience aujourd'hui de beaucoup de chefs d'entreprise
04:46qui se disent...
04:47Qui se disent comme Riyad.
04:48Moi, ma manière de faire la politique, c'est de mettre mon réveil très tôt et d'aller
04:51bosser.
04:51Mais justement, en vous écoutant, j'ai l'impression que c'est ça la réalité.
04:53C'est juste que vous constatez que la baisse d'activité est durable.
04:57Elle est quasiment systémique.
04:59Les carburants, ça ne vous aide pas.
05:00Est-ce que ça ne serait pas le moment de tout changer ?
05:02Ça ne veut pas tout changer, Arthur.
05:04Déjà, pour commencer, d'accepter le fait que l'énergie, ces énergies-là, le gaz,
05:08l'essence, seront désormais hors de prix, qu'il faut changer d'énergie qui structure
05:12toute l'économie française.
05:13Et deuxièmement, je ne sais pas de repenser un modèle d'emploi, de fiscalité, puisque
05:16là, ça va durer.
05:17Mais est-ce que ceux que vous avez interrogés, les patrons des TPE, tous ceux...
05:24Riyad est avec nous.
05:25Riyad, est-ce que vous avez les moyens de passer à l'électrique ?
05:28Franchement, aujourd'hui, je n'ai pas les moyens de passer quasiment à l'électrique.
05:32Bien sûr.
05:34Oui, franchement, je n'ai pas les moyens, aujourd'hui, pour passer directement à l'électrique.
05:38Et c'est comme je suis jeune homme, j'ai besoin de travailler.
05:40Donc, si la course a 300 kilomètres à la fin de la journée, je ne peux pas refuser mon client.
05:45Je ne peux pas le laisser à la porte d'hôtel de ne pas le ramener à Normandie, par exemple.
05:50Et ça, c'est la bonne surprise, en général, en fin de journée, quand même, malgré tout.
05:53Épuisant, épuisant, épuisant.
05:55Mais s'il y en a de temps en temps, j'imagine que ça, ça fait du bien.
05:57Je voudrais, Marc Sanchez, que vous puissiez aussi réagir sur ce qu'il disait.
06:00En fait, on n'attend même pas d'aide.
06:02Qu'est-ce qu'ils attendent, aujourd'hui, les artisans, les commerçants, les TPE ?
06:06Il y a trois éléments.
06:07Le premier, c'est qu'on attend de la stabilité fiscale, sociale,
06:10avec des règles qui ne changent pas toutes les deux secondes, tous les deux mois.
06:14Ça, c'est le premier point important.
06:16Le deuxième, et c'est un élément qui est très majoritaire dans l'enquête,
06:18on a 67% de nos adhérents qui estiment aujourd'hui qu'il faut faire vraiment quelque chose
06:24sur le coût du travail dans les entreprises.
06:26Et le coût du travail, il faut lier cette problématique aussi au pouvoir d'achat.
06:30L'un ne va pas sans l'autre.
06:31Il faut traiter les deux.
06:32Aujourd'hui, ce n'est pas du tout le cas.
06:34En tout cas, si on prend le projet de loi de finance et le projet de loi de financement de
06:39la sécurité sociale,
06:40on est effectivement sur une dynamique qui ne traite absolument pas ce sujet.
06:43Alors, vous me direz, ils n'ont peut-être pas de marge de main d'offre.
06:45Mais en tout cas, c'est la vraie problématique.
06:47Et le troisième élément, ça concerne l'apprentissage, par exemple, où on a beaucoup de chefs d'entreprise aujourd'hui
06:53qui nous expliquent que baisser les aides, c'est très bien, mais il faut quand même bien considérer
06:58qu'il faut avoir un impact bien particulier au niveau des TPE, parce qu'un apprenti dans une boîte de
07:035000 salariés
07:04et un apprenti dans une boîte de deux salariés, ça n'a absolument pas le même impact,
07:09qu'il soit social d'ailleurs, ou pour le développement d'entreprise.
07:13Merci beaucoup, Marc Sanchez, d'être venu ce matin secrétaire général du syndicat des indépendants
07:17et des très petites entreprises.
07:18Et merci à Riyad pour son témoignage.
07:20Merci.
07:20Merci.
07:20Merci.

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