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  • il y a 17 heures
Le pouvoir d'achat baisse deux années de suite, une première depuis 1960. Inflation, flambée du prix du carburant... Les Français sont de plus en plus attentifs à leur panier de course, quitte à revoir leurs habitudes. Résultat, davantage de marques distributeurs et moins de viande.

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Transcription
00:00Est-ce que l'écart est toujours aussi important entre les produits de distributeurs et les grandes marques ?
00:04Oui, ça reste une réalité aujourd'hui, mais ça dépend des segments, des gammes de marques de distributeurs,
00:10parce que, comme les marques nationales, elles ont plusieurs gammes.
00:13Par exemple, on est toujours autour de 50, voire 60% moins chers pour les premiers prix.
00:18Pour le milieu de gamme des marques de distributeurs, on est à 30% moins chers que les marques nationales,
00:22et on est à 15-20% inférieur au prix des grandes marques pour les marques distributeurs premium.
00:28Donc voilà, ça dépend de la gamme.
00:30Dans ce supermarché de Nice, où Émilie Flamin est allée rencontrer ses clients,
00:34ils expliquent même sur certains produits pour lesquels ils choisissent justement en marque de distributeurs.
00:40Je fais attention au prix, donc quand les marques repères du magasin sont plus intéressantes, en général, j'opte pour
00:45ça.
00:46Mais tout ce qui est épicerie, je ne suis pas focalisée sur une marque, disons, leader.
00:51Les conserves, oui, c'est la même qualité des marques premium sur les marques distributeurs.
00:57Les boîtes de conserves, vous trouvez que c'est pareil ?
00:59Oui, c'est pareil. Nous, on préfère même la petite marque.
01:02Là, on a pris des lentilles bio, de la marque distributeurs.
01:09Ces écarts de prix s'expliquent par une absence de publicité.
01:11La plupart du temps, ces marques de distributeurs, vous le remarquez,
01:14elles font peu de marketing, peu de publicité.
01:17Elles maîtrisent leurs coûts également, puisqu'elles choisissent ou pas les ingrédients qu'elles mettent directement elles-mêmes pour réduire
01:22les coûts.
01:23Et puis, surtout, elles font des économies d'échelle, puisqu'elles peuvent acheter, en gros, les produits qu'elles revendent
01:29dans leurs supermarchés,
01:30là où c'est plus réduit comme marge de manœuvre pour les grandes marques.
01:35Alors, les marques de distributeurs augmentent un peu leur prix.
01:39Il y a toujours un écart.
01:40Mais est-ce que la qualité des produits justifie cette hausse ?
01:44Oui, parce que, justement, sur ces marques de distributeurs qui sont plutôt haut de gamme, il y a une stratégie
01:49de différenciation.
01:50Elles veulent de plus en plus ressembler aux marques de grandes marques.
01:54Par exemple, sur les thématiques bio, sur les thématiques proches soutien aux agriculteurs, sur le terroir, en intégrant des ingrédients
02:02de qualité.
02:03C'est surtout les produits peu transformés qui sont, dans ce cas-là, avec peu d'ingrédients.
02:08Intermarché, par exemple, a fait le pari de s'engager sur une alimentation saine, en limitant les additifs, ce genre
02:14de choses.
02:15Carrefour, lui, joue la transparence sur les substances controversées.
02:18Donc, plusieurs tests également à l'aveugle ont montré que, parfois, les marques distributeurs ont meilleur goût que les grandes
02:24marques, les marques nationales.
02:25Ça a été fait chez l'UFC Que Choisir ou chez 60 millions de consommateurs.
02:29Donc, il y a encore des différences, en revanche, sur ce qu'on appelle les marques distributeurs premier prix, les
02:35Eco Plus, Simply, Top Budget,
02:36parce que, là, en revanche, il y a toujours beaucoup d'additifs, beaucoup de sucres.
02:40C'est là qu'on fait la différence.
02:41Et là, encore, écoutez, ces consommateurs ne sont pas dupes, ils préfèrent les grandes marques.
02:46Ce que je regarde, moi, c'est ce qu'il y a sur l'étiquette.
02:49J'essaye de privilégier au maximum le bio et pas trop transformer.
02:55Quelquefois, quand on choisit un peu du bio, c'est un peu plus cher.
02:59Mais on mange différemment et je trouve que ça vaut la peine.
03:03Les marques leaders, je pense que c'est quand même, ils ont gagné leur galon de qualité.
03:07Bon, monsieur Boublil, je suis très déçue.
03:10Moi, je pensais que les marques distributeurs, c'est la même qualité que les marques qu'on trouvait dans nos
03:15rayons.
03:16Finalement, il y a des subtilités.
03:17On a un peu l'impression, pour le consommateur que je suis, la consommatrice en l'occurrence, d'être un
03:21peu floué.
03:22C'est le cas.
03:23Bon, déjà, vous payez 30% moins cher.
03:25Donc, vous n'êtes pas floué, vous faites une bonne affaire.
03:26Oui, si vous prenez les premiers prix.
03:27Non, non, 30%, c'est sur la marque de distributeurs, on va dire, cœur de gamme.
03:31Voilà, donc 30%, c'est pas mal, c'est une belle économie.
03:34Et cette économie, comme l'a expliqué Fanny, c'est qu'on sait renier les coûts, les coûts marketing, les
03:38coûts de distribution.
03:39Vous n'avez pas un représentant qui va aller dans le magasin pour essayer de placer son produit.
03:43Vous n'avez pas de recherche et développement non plus parce qu'en fait, vous faites des copies essentiellement.
03:47Donc, tout ça fait que vos coûts sont comprimés.
03:49En plus, industriellement, vous êtes plus performant parce que vous avez des séries longues.
03:53C'est-à-dire qu'en fait, vous faites des grosses quantités.
03:55Et donc, par rapport à ça, vous arrivez à optimiser les coûts.
03:57Et surtout sur la recette, ils sont malins.
04:00C'est pas qu'ils sont malins, c'est-à-dire qu'ils vont aller chercher à avoir la meilleure
04:04perception gustative à coût optimisé.
04:07Et donc, là-dessus, ils vont avoir la possibilité de jouer sur, par exemple, parfois des arômes, parfois des simplifications
04:15de recettes.
04:15Mais de plus en plus, les taux se resserrent parce qu'on leur demande pas seulement d'être bons en
04:20qualité perçue, mais aussi maintenant d'être responsables.
04:23Donc, il ne faut pas qu'il y ait trop d'emballages.
04:24Il ne faut pas non plus qu'en termes de provenance de produits, ça vienne de trop trop loin.
04:28Donc maintenant, en fait, on leur demande aussi davantage d'exigences sur les normes, sur les provenances, sur la consommation
04:35d'emballages.
04:36Donc, ça devient de plus en plus difficile de faire des MDD qui sont 30% moins chers.
04:40MDD, c'est marque de distributeurs.
04:4230% moins chers avec...
04:43Moins d'emballages, ça devrait coûter moins cher, en théorie.
04:46Oui, alors en général, c'est l'emballage pas cher qu'il faut enlever parce qu'il est moins responsable,
04:51parce qu'il y a plus de plastique.
04:52Alors, est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est une légende que les produits de marques
04:55de distributeurs sortent des mêmes usines, des mêmes chaînes que les produits de grandes marques ?
05:00Bon, je ne vais pas trahir des vrais secrets, mais ça dépend vraiment des familles de produits.
05:04C'est-à-dire qu'il y a des secteurs où vous avez des entreprises qui sont spécialisées dans les
05:08marques de distributeurs.
05:09Vous avez des acteurs dans les jus de fruits, dans les céréales.
05:11Ils ne font que des marques de distributeurs.
05:14Et c'est très, très performant.
05:16Ah, attendez, la marque de distributeurs d'une marque est la même...
05:18Les céréales d'une marque est la même que les céréales d'une autre marque ?
05:22Non, et fabriquées dans la même usine.
05:23Fabriquées dans la même usine, pour autant, vous pouvez avoir un cahier des charges qui est différent.
05:26Parce que, comme l'a expliqué Fanny, il y en a qui vont insister sur la provenance du produit,
05:32d'autres sur d'autres critères du cahier des charges.
05:35Donc, l'usine est spécialisée dans les marques de distributeurs.
05:38Ce sont des séries longues, des produits avec des grosses quantités.
05:41Il faut voir qu'un Carrefour qui fait à peu près, ou un Leclerc, 20% de parts de marché,
05:44quand il fait 40% des volumes en marques de distributeurs,
05:48ça veut dire que vous faites 20% x 40%, sa marque de distributeurs, c'est 8% du marché.
05:53C'est plus que certaines marques nationales.
05:55Donc, vous avez des vraies séries longues qui sont produites.
05:59Donc, vous pouvez écraser les coûts.
06:00industriellement, il faut être très efficace.
06:02Après, il y a des secteurs, effectivement,
06:04où vous avez des entreprises qui font à la fois des marques nationales
06:07et des marques de distributeurs.
06:09Mais ce n'est pas forcément les mêmes produits.
06:11Mais comment on s'y retrouve, pardon ?
06:12Mais alors, franchement, on fait comment ?
06:15Il faut s'y retrouver par le goût.
06:16Il faut s'y retrouver par le goût.
06:19Vous regardez si vous aimez ou vous n'aimez pas.
06:21Vous regardez les ingrédients aussi.
06:23Vous voyez, en fait, s'il n'y a pas trop de sucre,
06:27s'il n'y a pas trop de matière.
06:30Enfin, grâce.
06:31Et puis, si vous avez aussi un Nutri-Score favorable,
06:33puisque maintenant, on voit que de plus en plus,
06:37le Nutri-Score est présent dans les marques de distributeurs.
06:38Ce n'est pas obligatoire, le Nutri-Score ?
06:40Ce n'est pas obligatoire.
06:42Mais après, c'est le consommateur qui va pousser.
06:44Et si le consommateur commence à pousser de plus en plus,
06:47ça deviendra une obligation pas légale.
06:49La meilleure des obligations, c'est quand c'est le consommateur qui le demande.
06:52Ce n'est pas quand c'est le législateur.
06:53Quand il n'y a pas de Nutri-Score, c'est que c'est D.
06:56D'accord.
06:56Quand ce n'est pas écrit, c'est qu'il ne faut pas l'acheter.
06:59Sur le pack de lait, je ne suis pas sûre.
07:00Il n'y a pas de Nutri-Score sur le pack de lait.
07:02Non, mais enfin, globalement, c'est que c'est trop sucré.
07:04Bon, pas facile d'y voir clair, mais merci beaucoup pour toutes ces précisions.
07:07Merci Fanny aussi, l'enquête de la matinale.
07:09Donc, le journal, c'est dans une minute trente après la météo.
07:12Kevin Fleury, tout de suite.
07:13Sous-titrage Société Radio-Canada
07:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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