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  • il y a 2 jours
La guerre au Moyen-Orient pèse sur le budget des Français. L'inflation a bondi de 2,2% en un an selon l'INSEE. Et cela met certains Français dans le rouge de plus en plus tôt dans le mois.

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Transcription
00:00On va parler du carburant, mais juste avant un élément de contexte très important,
00:03l'inflation et les prévisions de Michel-Édouard Leclerc ce soir sur BFMTV face à Marc Fauvel, ça donne ça.
00:10Tous les industriels de biens de consommation et qui doivent faire transporter l'euro-minéral, le lait, les œufs,
00:17je vois des œufs à l'écran, forcément il y a un surcoût et c'est ce qui se traduit
00:22par les 2,4% d'inflation qui sont annoncées
00:25et dont on peut imaginer qu'ils vont augmenter au moins jusqu'en juillet.
00:30Si ça dure la guerre, ça va être beaucoup plus fort.
00:33Mais déjà, pour répercuter le surcoût actuel pour tous les industriels, l'inflation peut monter à 3%, 3-4%
00:45d'ici juillet.
00:473 ou 4% d'ici l'été, c'est la question qu'on pose ce soir, c'est le
00:50retour du cauchemar de l'inflation ?
00:51Oui, c'est-à-dire que la question sociale, elle est prioritaire chez les Français.
00:55Vous en parlez, vous, dans vos émissions, moi je vois comme député, les gens, les caddies sont de moins en
01:02moins importants pour les mêmes sommes,
01:03ils s'inquiètent, ils comptent, ils recomptent, etc.
01:06Je parle des gens, parce que les gens les plus modestes, même les gens un peu qui ont des salaires
01:10qui sont au-dessus du SMIC,
01:10donc là ça ne va plus. Il y a une inflation qui est significative et on sait très bien que
01:15sur les dépenses contraintes,
01:16en plus, les 20% les plus modestes, je regardais cette donnée, c'est près de 30% de leurs
01:21revenus qui sont consacrés à ça,
01:22et les 20% les plus riches, c'est 19%, ce que je veux dire, c'est que cette inflation,
01:26elle touche en plus ceux qui déjà sont en difficulté.
01:28Donc là, question au bout d'un moment, à quoi sert le politique ? C'est la question que posent
01:30les gens.
01:31Qu'est-ce que vous faites ? Est-ce qu'on voit passer les ballons ou est-ce qu'on
01:33intervient ?
01:34Donc à quoi sert le gouvernement ?
01:35Oui, mais à un moment donné, c'est le moment...
01:39Par contre du niveau de question.
01:39C'est du fait qu'il y a des choses qui ne sont pas des gros mots d'après moi,
01:42le fait de bloquer des prix sur des produits de première nécessité,
01:45que l'on définisse ensemble un panier de produits de première nécessité,
01:48dans lequel les prix ne peuvent pas subir d'inflation,
01:50idem sur l'énergie qui devient un problème,
01:52et pourquoi pas indexer les salaires sur les prix tels que ça a existé.
01:55Évidemment que ça nécessite qu'il y ait une intervention publique un peu active,
01:59sinon on est là les bras ballants, on commente,
02:02et les gens ne...
02:02Ça participe à l'abstention et au dégoût quand les gens voient les prix qui s'envolent,
02:08et le sentiment qu'eux travaillent dur,
02:10leurs enfants aussi sont face à des difficultés,
02:12mais que tout est toujours plus cher.
02:13Marc Toiti, bloquer les prix des produits de première nécessité,
02:16indexer les salaires sur l'inflation...
02:21Alors, déjà je crois que M. Leclerc, finalement,
02:23il suit mes prévisions d'après ce que je vois.
02:24M. Leclerc devient toitiste.
02:26Voilà, c'est-à-dire que quand je parlais de 4% d'inflation ici même,
02:28on me dit non, ça n'en arrivera jamais.
02:30Effectivement, on y est presque.
02:31Je faisais mes petits calculs avant de venir,
02:32et on pourrait avoir 3% d'inflation au niveau de l'indicateur européen,
02:36pour la France.
02:37Donc, aux normes européennes,
02:38dès le prochain mois, dès le mois de mai, mai-juin.
02:41On décompte 3% d'inflation.
02:42Donc, évidemment, ça va continuer à augmenter.
02:43Alors, moi, sur le blocage des prix,
02:44le problème, c'est que c'est très compliqué à faire.
02:46Et puis surtout, le drame, c'est que quand on débloque les prix,
02:48alors après, il peut y avoir une très forte inflation qui suit.
02:50Moi, je suis pour, alors, une baisse plutôt des charges
02:53qui pèsent vraiment sur les prix,
02:54notamment des taxes, effectivement,
02:55en particulier sur l'essence.
02:56On est à plus de 50%, comme vous le savez,
02:58des prix de l'essence qui sont des taxes.
03:00Et donc là, c'est très dangereux ce que fait le gouvernement aujourd'hui.
03:02– C'est-à-dire, M. Plattier, on baisse les recettes de l'État ?
03:05– J'allais venir.
03:06C'est-à-dire qu'on est effectivement sur une détresse des Français
03:09et on nous dit qu'on ne pourra pas répondre à tout le monde.
03:11Ben si, il faut justement baisser les taxes,
03:13mais dans le même temps, réduire, effectivement,
03:15certaines dépenses publiques.
03:16Sinon, on n'y arrivera pas.
03:17Parce que sinon, effectivement,
03:18vous avez l'augmentation des déficits publics.
03:20Quant aux dépenses qu'il faut baisser,
03:22évidemment, notamment les dépenses de fonctionnement,
03:24il y a du grain à moudre.
03:25Je n'y reviens pas.
03:26– Non, non, non, non, je ne reviens pas.
03:29– Mais c'est ça l'enjeu, c'est qu'il faut aujourd'hui
03:33faire quelque chose pour les Français.
03:34Il y a une grande détresse.
03:35Et le fait de dire ce déni de réalité, si vous voulez,
03:38des dirigeants français qui disent
03:39« Mais non, tout va bien, ça va bien se passer »,
03:41ça devient du mépris, voire un manque de respect pour les Français.
03:45Donc, il faut faire quelque chose.
03:45Ça, c'est inévitable.
03:45– Là-dessus, je vous donne le point.
03:47Mais là, on parle de pourcentage.
03:49Moi, je l'y note, on me dit que
03:50c'est 1 320 euros l'année dernière sur l'inflation
03:53par personne qui sont concernés.
03:56C'est l'augmentation des prix sur les dépenses au quotidien.
03:58Donc, vous imaginez, c'est quasiment un salaire sur l'année
04:00qui part en raison de l'augmentation des prix.
04:03Bon, là, c'est quand même quelque chose qui…
04:05Alors, moi, le problème que j'ai avec ce que propose M. Toiti,
04:08c'est-à-dire baisser les taxes, baisser les recettes de l'État.
04:10Moi, je sors du débat budgétaire où, paraît-il,
04:12on est en situation de déficit indiscutablement.
04:16Et on explique qu'on va baisser les recettes
04:17et on va encore plus creuser les déficits.
04:18Ce qui va signifier concrètement qu'on va dire,
04:20moi, par exemple, jeudi, il y a une mobilisation
04:22en Seine-Saint-Denis, sur l'école,
04:23parce qu'il y a des professeurs en moins.
04:25Racontons pas d'histoire, mais il faut être concret.
04:26Si on baisse les moyens de l'État,
04:28ça va se répercuter quelque part,
04:29en particulier sur nos services publics.
04:31Donc, là où il y a eu une bombe, moi, dans l'opinion,
04:34c'est quand les gens ont constaté dernièrement
04:35que Total, par exemple, sur le premier semestre,
04:37a fait des bénéfices assez importants.
04:39Je vous vois, Dodelinet.
04:40Alors, les gens se disent…
04:42Dodelinet, c'est bien, ça va bien un film.
04:44Oui, mais ce que je veux dire,
04:45c'est que les gens se disent,
04:46ils se serrent la ceinture,
04:47voient les prix augmenter,
04:48se disent peut-être que
04:49si les prix augmentent de l'essence,
04:51c'est parce qu'actuellement,
04:52le baril est de plus en plus cher.
04:53Et puis, ils se disent,
04:53ah mais non, c'est parce qu'il y a des profits
04:55qui sont faits encore plus importants.
04:56Ça, il y a une ambiance.
04:58De cette station de profiteurs de guerre,
05:01non mais là, les gens, ça peut mal tourner.
05:02Soyez honnêtes, c'est pas cause de ça
05:03qu'il y a de l'inflation.
05:04Ça, c'est, les profits sont faits à l'étranger,
05:05je ne reviens pas à chaque fois.
05:06Et vous le savez très bien que…
05:07Qu'est-ce qu'on appelle un profit ?
05:08Attendez, est-ce que ce que je dis,
05:10parce que là aussi,
05:10j'ai une question à vous poser.
05:11Allez-y, posez-moi la question.
05:12Là, c'est l'élève qui parle au professeur.
05:14Ce que j'ai vu,
05:14c'est que ce qu'on appelle
05:15les profits réalisés à l'étranger,
05:17c'est que quand le groupe Total
05:18vend à sa filiale Total Suisse,
05:20d'accord, du pétrole,
05:22quand ensuite Total Suisse
05:23revend à la France,
05:24d'accord, avec un effet spéculatif,
05:27donc ok, c'est des profits faits à l'étranger,
05:28mais sur une opération purement spéculative,
05:31qui est proprement scandaleuse.
05:32Non pas parce que la Suisse,
05:37vous indignez.
05:37Je réponds à votre question.
05:38Non mais encore une fois,
05:40quand en 2020,
05:41Total a perdu 7 milliards d'euros,
05:43personne n'en a parlé.
05:44Parce que je veux dire,
05:44c'est que ça dépend effectivement
05:45de l'évolution des prix du pétrole.
05:46Quand évidemment il pleut,
05:47ben oui, c'est sûr que les vendeurs
05:48de parapluies gagnent de l'argent.
05:49C'est logique.
05:50Je veux dire, par là,
05:50c'est qu'il ne faut pas mettre le focus
05:53et trouver des boucs émissaires.
05:54Aujourd'hui, vous l'avez dit vous-même,
05:56ce n'est pas une entreprise privée
05:57de sauver les Français.
05:59Aujourd'hui, c'est à l'État
06:00à prendre ses responsabilités.
06:01Pourquoi pas ?
06:02C'est la question de l'énergie.
06:04Regardez ce qui s'est passé aujourd'hui.
06:05Shell qui quitte la France.
06:06Après déjà ESSO et après BP.
06:08Non, mais ce que je veux dire,
06:09faites attention à cela.
06:10C'est-à-dire que, regardez,
06:11quand vous augmentez les taxes,
06:12quand vous augmentez les taxes,
06:13on l'a vu dernièrement,
06:14on a voulu augmenter les taxes,
06:15les surprofits,
06:16ça devait ramener 1 milliard,
06:17ça a ramené 200 millions.
06:18On voulait parler des petits colis.
06:20Ça devait ramener je ne sais pas
06:21combien de millions.
06:21Ça n'a rien ramené parce que,
06:22en fin de mois,
06:23on a fait intervenir les petits colis.
06:25Monsieur Toitif, on a fait le respect
06:27que la France est un marché
06:28pour des vendeurs de pétrole.
06:29S'il y en a qui s'en vont,
06:30salut bon vent.
06:30Mais ça reste,
06:31on peut faire du profit.
06:32Non, mais ne racontons pas
06:33que demain,
06:34il n'y aura plus personne
06:35qui va vendre de pétrole.
06:36Et je trouve ça d'autant plus scandaleux
06:38par exemple si on parle de choses.
06:39C'est qu'évidemment,
06:40pour vous,
06:40c'est une banalité,
06:41mais en ce moment,
06:41c'est un peu difficile.
06:42Les prix s'en vont,
06:43on s'aperçoit qu'il y a des gens
06:43qui font du profit.
06:44Je rappelle juste au passage
06:45que moi,
06:45je n'ai rien contre Total.
06:46Je connais le pompiste à côté de chez moi.
06:48Les gens sont payés au SMIC,
06:49c'est absolument dégueulasse.
06:50Ils ne sont même pas,
06:50ils ne font même pas partie
06:51du groupe Total.
06:52Et il est Total,
06:52d'accord ?
06:53Ils me racontaient l'autre jour
06:53qu'ils travaillent
06:54dans des conditions difficiles.
06:55Donc, ce n'est pas le petit pompiste,
06:56enfin le petit,
06:57je veux dire la personne
06:58qui fait tourner la boîte.
06:58On parle bien.
06:59Donc là, il y a quelque chose.
07:00Je veux dire,
07:01je répète,
07:01si l'on ne fait rien,
07:02si vous,
07:03vous nous expliquez
07:03avec toute autre intelligence
07:04que tout ça,
07:05finalement,
07:05c'est le cercle des choses.
07:06Je ne dis pas ça
07:06de manière condescendante.
07:08Ce pays va exploser.
07:18Il y a des profiteurs de guerre
07:19qui profitent de la situation
07:20et qui reversent
07:21des dividendes
07:22de plus en plus importants
07:23à leurs actionnaires.
07:24Je répète qu'en 1996,
07:26les 500 personnes
07:26les plus riches de ce pays
07:27représentaient 6% du PIB.
07:29Aujourd'hui,
07:29c'est 40% du PIB.
07:31Et en 2017,
07:32c'était 20% du PIB.
07:34C'est-à-dire que,
07:34qu'on me comprenne bien,
07:35il y a une accumulation
07:36de richesses
07:36sur ce qui est produit
07:37qui se concentre
07:38entre les mains
07:38de quelques-uns.
07:39Et en 1996 ou en 2017,
07:41ce n'était pas
07:41l'Union soviétique,
07:42c'était le capitalisme.
07:43Mais on a quelque chose
07:44qui est en train d'évoluer.
07:45Donc soit la puissance publique
07:46est là,
07:47comme me le dit dernièrement
07:48des fois M. Lecornu ou ailleurs.
07:49Attention,
07:50on ne sait pas trop quoi faire,
07:51ne touchons pas trop.
07:51Et en gros,
07:52pardon,
07:52c'est pour ça que je me suis
07:53permis de réagir.
07:54Si on va trop,
07:55HL va partir comme si,
07:56quasiment,
07:57il fallait s'excuser
07:57et demander pardon
07:58et ne pas trop exagérer.
08:00Attendez,
08:01vous citez Sébastien Lecornu,
08:03on va l'écouter.
08:04On va l'écouter le Premier ministre.
08:05Ce qu'il disait cet après-midi,
08:06une question très simple,
08:06est-ce que cette crise
08:07que l'on connaît là aujourd'hui
08:08va durer ?
08:09Réponse du Premier ministre.
08:10Malheureusement,
08:11cette géopolitique
08:12s'est installée
08:13dans le réservoir
08:14des Françaises et des Français
08:15et malheureusement,
08:16nous le voyons,
08:17sous une forme
08:18ou sous une autre,
08:20cela va durer.
08:21Il ne faut pas mentir
08:22aux Françaises et aux Français,
08:23les guerres hybrides
08:24ou malheureusement
08:25les guerres plus directes
08:26vont se multiplier
08:27et donc évidemment,
08:29nous payons cash
08:30nos dépendances en la matière.
08:31Vous l'avez dit vous-même,
08:33à chaque crise,
08:34ce sont toujours les mêmes
08:35qui paient.
08:36C'est vrai.
08:37La crise va durer,
08:38il va falloir se mettre
08:39à l'échelle.
08:40C'est bien ça,
08:40le camp du réfléchit
08:41à de nouvelles aides
08:42qui seront annoncées
08:42pour le carburant jeudi.
08:44Qu'est-ce que vous,
08:45vous réclamez ?
08:46Non mais,
08:46bon,
08:46premièrement,
08:46on peut fixer
08:47le prix du carburant,
08:48je répète.
08:49Deuxièmement,
08:50je pense qu'il a raison
08:51qu'on rentre dans un moment
08:52de cycle d'un point de vue
08:53géopolitique extrêmement compliqué
08:54mais au bout d'un moment,
08:56ce n'est pas pour faire la leçon
08:57mais qu'est-ce qui a été fait
08:58pour sortir aussi
08:59de notre dépendance
08:59sur la question
09:00des énergies carbonées ?
09:02Est-ce qu'on a développé
09:02le train ?
09:03Est-ce qu'on a fait en sorte
09:04que les Français
09:04soient moins obligés
09:06de prendre la voiture ?
09:07Parce que moi,
09:08je suis écolo,
09:08je ne suis pas pour
09:09qu'on prenne la voiture
09:09mais il y a des gens
09:10qui sont obligés
09:10pour aller bosser,
09:11pour aller chercher les enfants,
09:12pour toute une série de choses.
09:14Vous dites qu'on paye ça ?
09:15On paye ça,
09:16c'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
09:17il est là,
09:18il semble impuissant
09:18face à une situation
09:19sur laquelle lui
09:20ou depuis dix ans
09:21qu'on va dire
09:21et notamment
09:22le gouvernement Macron,
09:23il n'y a pas grand-chose
09:24qui a été fait
09:25sur ce terrain-là.
09:26Donc après,
09:26moi je le répète,
09:27je pense,
09:28les Français seront d'accord ou pas
09:29mais il y a des moments
09:30où on peut dire
09:30le prix il est fixé,
09:32ça ne va pas plus loin,
09:33encadrement des prix,
09:34d'accord ?
09:34Y compris on va taxer
09:35les sur-profit.
09:36Ça n'est pas possible
09:36de faire du profit
09:37dans ces moments-là.
09:38Que Total fasse,
09:39évidemment,
09:40un certain profit
09:41que je peux entendre.
09:42Mais vous la mettez
09:42où la limite dans ces cas-là ?
09:44Par exemple,
09:44ce qui est inhabituel
09:45par rapport à l'année précédente,
09:47c'est sur-profit,
09:47on pourrait considérer
09:48que là,
09:48effectivement,
09:49ça repart dans
09:50les moyens publics
09:52pour faire face
09:53aux besoins
09:57qu'ont les Français.
09:58Je veux dire,
09:58au moment donné,
09:59sur-profit,
09:59on peut comparer
10:00d'une année à l'autre.
10:00Là,
10:01on est dans quelque chose
10:01qui est record,
10:02c'est ce qu'on est en train
10:02de nous dire.
10:04Écoutez,
10:04le 17 juin,
10:05on va auditionner
10:06M. Pouyanné
10:06à l'Assemblée nationale,
10:07il va être auditionné
10:08le patron de Total Énergie
10:09par la représentation nationale.
10:11Ce que j'ai dit tout à l'heure,
10:12ce que nous raconte la presse,
10:13est-ce que c'est vrai
10:13qu'il y a un effet spéculatif ?
10:14On nous dit
10:15les profits faits à l'étranger
10:16parce qu'il y a un jeu
10:17qui passe par Total Suisse
10:18pour Total France.
10:19Les Français ne sont pas idiots.
10:20En fait,
10:20dans la technique,
10:21bon,
10:21ça rentre dans la technique,
10:22mais il y a eu effectivement
10:23des achats de pétrole
10:24à terme
10:25qui ont été faits
10:25sur un prix qui était bas
10:27sans savoir
10:27qu'il allait avoir la guerre.
10:28Je ne pense pas
10:28qu'ils savaient
10:28qu'il allait avoir la guerre.
10:29Et donc,
10:29c'est logique,
10:30comme les prix du baril
10:31ont augmenté,
10:32ils ont fait ce profit sur ça.
10:33Est-ce que c'est exact
10:34que Total Suisse
10:35vend plus cher à Total France
10:36pour faire du profit ?
10:37Non, mais c'est ça l'enjeu.
10:38C'est vrai ça ou pas ?
10:39C'est le marché du pétrole,
10:40le marché à terme,
10:40si vous voulez.
10:41Marc, est-ce que vous avez
10:41la réponse à cette question ?
10:42C'est vrai ou pas ?
10:43Est-ce que c'est vrai
10:43que la filiale Total Suisse
10:45vend à Total France
10:46lui vend plus cher
10:47pour faire du profit ?
10:48Non, pas du tout.
10:49C'est très simple.
10:51On éditionnera M. Pouyanné,
10:52on va lui poser la question
10:53parce que ça,
10:53c'est quand même un vrai problème.
10:54Elle a acheté à terme
10:54du baril à 100 dollars
10:57sauf qu'ensuite,
10:58il coûtait 150 dollars.
10:59Donc, elle a pu le revendre
11:00à 150 dollars,
11:01ce qui était le prix de marché.
11:02Mais elle,
11:08va payer plus cher
11:09à sa filiale suisse
11:10et que les Français
11:12en payent les conséquences.
11:13C'est qu'il y a un prix de marché.
11:14Mais je ne veux pas
11:14défendre Total,
11:15je ne suis pas l'avocat Total.
11:16Ce que je veux dire par là,
11:17c'est qu'aujourd'hui,
11:18la balle,
11:19elle est dans le camp
11:20justement des dirigeants français.
11:21Si ça va mal aujourd'hui en France,
11:23c'est évidemment la guerre en Iran
11:25à midi de l'huile sur le feu,
11:26le choc pétrolier à midi de l'huile sur le feu.
11:27Mais ça allait déjà mal avant.
11:29C'est-à-dire,
11:29c'est ça qu'il ne faut pas oublier.
11:31C'est qu'aujourd'hui,
11:31on découvre effectivement le drame.
11:33Pourquoi aujourd'hui,
11:34la France n'a pas le manier
11:35de relancer la machine ?
11:36Parce que quand ça en allait pas trop mal,
11:37ces dernières années,
11:38elle continuait.
11:39C'était l'un des seuls pays européens
11:41à augmenter ses déficits publics,
11:42à augmenter sa dette publique.
11:44Alors que c'était à ce moment-là
11:44qu'il fallait justement
11:46se mettre de côté,
11:47réduire les déficits,
11:48pour pouvoir relancer la dynamique.
11:49C'est que nous avons baissé
11:50notamment la fiscalité
11:52en disant
11:52que ça va dynamiser l'économie.
11:53Donc on a fait moindre recette de l'État.
11:55On a dit que c'était formidable.
11:55Non, non, il y a plus de dépenses.
11:56Vous allez ruisseler.
11:57Ce n'est pas exact.
11:58Si, si, si, je suis désolé.
11:59On n'en a pas...
12:00On regarde les chiffres de l'INSEE.
12:01Les dépenses ont plus augmenté
12:02que les recettes.
12:03Du vieillissement de la population.
12:04Non, c'est tout simplement...
12:04Non, monsieur Touat,
12:05vous ne pouvez pas dire...
12:06Vous êtes un homme sérieux.
12:07Vous ne pouvez pas dire
12:08que nous avons augmenté les dépenses
12:09dans une forme de...
12:10Mais c'est une réalité.
12:11C'est le chiffre de l'INSEE.
12:11Parce qu'il y a un vieillissement
12:12de la population.
12:13Non, mais ça n'a rien à voir avec ça.
12:14Moi, je vous parle.
12:15Alors, dans quel secteur
12:17avons-nous augmenté
12:18les dépenses publiques ?
12:19Je vais vous le dire.
12:20Où est-ce que les dépenses publiques
12:21l'ont le plus augmenté ?
12:22Allez-y.
12:22C'est dans les dépenses
12:23de fonctionnement
12:23qui ont augmenté de 24%
12:25depuis 2021.
12:26C'est-à-dire 106 milliards d'euros.
12:28Alors que sur la même période,
12:29les dépenses...
12:29Dans quel secteur de quoi ?
12:30Attendez, les dépenses sociales
12:32ont augmenté de 14%.
12:33Vous voyez, 10 points d'écart
12:34entre les dépenses de fonctionnement.
12:36Donc là, ce n'est pas du social.
12:37C'est du fonctionnement.
12:37D'ailleurs, c'est le drame
12:38parce que ces dépenses de fonctionnement
12:40ont augmenté.
12:41Par contre, la qualité
12:42des services publics
12:42s'est dégradé.
12:43Donc où est parti l'argent ?
12:44C'est une réalité
12:45sur les chiffres de l'INSEE.
12:46Je conteste...
12:47J'y peux rien,
12:47ce n'est pas moi qui a l'air.
12:48Je conteste.
12:48Ce sont les chiffres de l'INSEE.
12:49Non, mais l'histoire de fonctionnement.
12:49Tout simplement.
12:50Je ne crois pas du tout
12:51que c'est l'inverse.
12:52La procédure de l'INSEE
12:53est dans l'ensemble
12:54des services publics.
12:55Regardez les chiffres de l'INSEE.
12:55Désolé.
12:56Par contre, sur la question du social,
12:57sans aucun doute,
12:57effectivement,
12:58comme vous avez des gens
12:59en difficulté,
12:59on fait face à la situation.
13:01Je répète que sur l'augmentation
13:02des dépenses de santé,
13:03et j'espère que vous êtes d'accord,
13:05oui, il y a un vieillissement
13:05de la population,
13:06donc effectivement,
13:07tout ça ne coûte plus cher,
13:08mais ça, c'est parce qu'au bout d'un moment,
13:09ce n'est pas la barbarie,
13:10ce pays, quand même.
13:11Il y a quand même des droits sociaux,
13:12et puis vous et moi,
13:12on est attachés,
13:13on a nos parents,
13:14et puis même nous,
13:14on sera vieux,
13:15d'ailleurs,
13:15on n'est plus tout jeunes.
13:17Et ce n'est pas parce que
13:18dans un moment où le pays vieillit
13:19qu'on dit qu'on a une grande nouvelle
13:20à vous annoncer,
13:21c'est qu'effectivement,
13:22dans les hôpitaux,
13:23désormais,
13:23on va vous dégager à coups de pied
13:24parce qu'on n'aura plus les moyens.
13:25Je veux qu'on écoute
13:25le ministre de l'économie,
13:26sur le carburant précisément,
13:27parce qu'il dit une chose très simple,
13:29les aides pour tout le monde,
13:30hors de question.
13:33Moi, je ne suis pas là
13:34pour aider tout le monde,
13:35y compris ceux
13:35qui n'en auraient pas besoin.
13:37Il y a des gens aujourd'hui
13:38qui peuvent passer cette crise
13:39sans trop d'heures.
13:39Donc ça sera toujours ciblé ?
13:40On se focalise sur ceux
13:42qui en ont le plus besoin,
13:43et en premier lieu,
13:44celles et ceux qui travaillent,
13:45parce qu'évidemment,
13:46c'est essentiel,
13:46on doit préserver la croissance,
13:48on doit s'assurer
13:49que la croissance française
13:50continue à tenir.
13:52Le ministre de l'économie
13:53avec l'heure closée
13:53sur BFM Business.
13:54Je ne suis pas là
13:55pour aider tout le monde
13:55et surtout pas ceux
13:56qui n'en ont pas besoin.
13:57Ça, vous êtes d'accord avec ça ?
13:58Je connais Roland Escur,
13:59j'ai l'air volonté un démagogue.
14:01Évidemment,
14:01là, il est en train de nous dire
14:02je ne vais pas aider les plus riches.
14:03Il a raison, l'Escur,
14:05sauf que tout ça,
14:05une fois qu'il a dit ça,
14:07moi, je vais dire
14:07qu'est-ce que c'est
14:07qu'il est en train de nous dire ?
14:08Prenons que ça va être
14:09avec des aides publiques,
14:10c'est-à-dire que dans l'argent public,
14:11on va éventuellement apporter
14:12une aide à des gens,
14:14pourquoi pas ?
14:14Mais je veux dire,
14:15c'est nos impôts
14:16qui vont aider des gens
14:17à supporter la crise
14:18pendant que personne ne touche
14:19au surprofit total.
14:20C'est-à-dire que nous aidons
14:21avec de l'argent public,
14:22des groupes à continuer
14:22à faire des profits
14:23reversés à leurs actionnaires.
14:25Bon, et deuxièmement,
14:26pourquoi on ne fixerait pas
14:27le prix du pétrole
14:28à le prix du carburant
14:30à 1,70€ ?
14:31Moi, je suis plutôt aligné
14:31sur ce que dit la CGT
14:32pour tout le monde.
14:34Et s'il y a des gens,
14:34quand moi je propose
14:35qu'il y ait par exemple
14:36une révolution fiscale,
14:37qu'on passe à 14 tranches d'impôts,
14:38que je suis un défenseur
14:39de la célèbre Otak Jukman,
14:41etc.
14:41Là, on en laisse cuire,
14:42d'un seul coup,
14:43il me dit,
14:43on n'y touche pas.
14:44Moi, attention à ce raisonnement
14:46parce que je l'entends souvent
14:47me dire,
14:47on ne va pas aider tout le monde.
14:48Moi, je suis un universaliste,
14:50c'est-à-dire que l'école publique,
14:51que tu sois milliardaire
14:52ou que tu sois pauvre,
14:53elle est gratuite.
14:54L'hôpital, pareil, d'accord ?
14:56Et après, selon notre système fiscal,
14:58on finance,
14:59selon les moyens,
15:00si on commence à dire
15:01les aides sont différenciées
15:02selon les uns les autres,
15:03je vois bien ce qui se met en place.
15:04C'est quelque chose
15:05qui en vérité
15:06n'a pas de réelle efficacité
15:07parce que, par ailleurs,
15:08pour terminer mon propos,
15:10ça fait des mois
15:10qu'ils nous disent
15:11qu'ils vont faire des aides ciblées,
15:12il n'y a rien qui est arrivé
15:12dans les poches de qui que ce soit.
15:13Non, ça arrive à la fin du mois.
15:14Oui, d'accord,
15:15mais enfin, ça fait déjà...
15:16C'est ce qu'il dit.
15:16Ça arrive le 27.
15:17Je veux bien,
15:18mais le 27,
15:18le bon système,
15:19on va voir ce qu'on va voir,
15:19pour l'instant,
15:20personne n'a rien vu.
15:21Le 27,
15:21c'est dans une semaine,
15:22dans 8 jours.
15:24Moi, ce qui m'inquiète quand même,
15:25c'est quand je vois tout ça,
15:26ce climat,
15:27j'ai l'impression vraiment
15:28de l'orchestre
15:29qui joue de la musique
15:30alors que le Titanic
15:31est en train de couler.
15:32On ne se rend pas compte
15:32de ce qui est en train
15:33de se produire aujourd'hui.
15:34Ces derniers jours,
15:35les taux d'intérêt
15:35sont en train d'exploser à la hausse.
15:37Le taux d'intérêt
15:37que payent les thèmes
15:38sur la dette publique,
15:39c'est-à-dire que ça augmente
15:40la charge d'intérêt de la dette.
15:41C'est évident pour ceux
15:41qui disaient
15:42la dette publique,
15:43ça ne coûte rien.
15:43Oui, ça nous a coûté
15:4465 milliards d'euros
15:45de charges d'intérêt
15:46l'année dernière,
15:4875 milliards cette année.
15:49Sur 15 ans,
15:50ça va nous coûter
15:501 000 milliards d'euros.
15:52Ceux qui disaient
15:52même la charge,
15:53ça ne coûte rien.
15:541 000 milliards d'euros
15:54jetés par la fenêtre.
15:56On est d'accord.
15:56C'est-à-dire que si on pratique
15:57aujourd'hui, encore une fois,
15:59un dérapage,
16:00que ce soit d'un peu de vue
16:01budgétaire,
16:01avec une hausse de la fiscalité
16:02ou une hausse des dépenses publiques,
16:03ça sera encore pire.
16:05Ça sera encore pire de ça.
16:06Non, mais les recettes,
16:06vous ne les aurez pas.
16:07Quand vous augmentez
16:10les impôts,
16:10vous savez bien
16:10que vous cassez
16:11l'activité économique,
16:11donc vous réduisez
16:12l'achète fiscale.
16:12Je ne sais pas bien.
16:14Donc vous ponctionnez
16:14plus sur un gâteau plus petit.
16:15On relance la consommation
16:17populaire,
16:18ça ne casse pas
16:18l'activité économique.
16:19Moi, je pense qu'il faut
16:20aider effectivement
16:20tous les Français.
16:21Il y a les moyens
16:22de le faire,
16:22mais il faut rationaliser
16:23la dépense publique
16:24et c'est comme ça
16:25qu'on pourra sauver la France.
16:26Mais dire aux Français
16:26on ne peut rien faire pour vous,
16:27ça va s'arranger,
16:28je pense que c'est
16:29un grand danger
16:29d'un point de vue social
16:30et sociétal.
16:31Je ne sais pas
16:32ce que vous faites
16:32demain soir,
16:33mais je sais ce que nous
16:34faisons demain soir.
16:35Forum spécial demain,
16:36inflation, pouvoir d'achat,
16:37la France dans le rouge.
16:38Je ne serai pas là
16:39désolé.
16:39Moi, j'aimerais que,
16:40je ne sais pas si mon rendez-vous
16:42est terminé,
16:42j'aimerais que dans l'année
16:43qui vient de présidentielle,
16:45on parle de ça.
16:46Je lance l'appel.
16:47Venez demain.
16:48Merci.
16:49Venez demain,
16:49Alexis Corbier.
16:52Je forme le vœu
16:53qu'on ait un grand débat
16:54pour savoir
16:54qu'est-ce qu'on fait
16:55vis-à-vis de ça.
16:55Demain soir,
16:56trois heures de débat
16:57avec les Français.
16:58J'écouterai.
16:59Ils ont fait des propositions.
17:01Ce que je veux dire,
17:02c'est qu'au bout d'un moment,
17:03qu'on ne s'embarque pas
17:04sur des discussions identitaires
17:05sur je ne sais trop quoi,
17:06qu'on parle de ça,
17:07qu'est-ce qu'on fait,
17:08parce que c'est leur préoccupation.
17:10Et c'est là-dessus
17:10qu'ils iront voter
17:11s'ils ont l'impression
17:12qu'on les prend.
17:12Et on sera encore là demain.
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