00:00Mes amis, bien le bonjour. L'actu devient complètement folle.
00:03En Russie, Irkutsk, c'est en Sibérie orientale.
00:08Eh bien, il y a une femme qui a 28 ans, elle s'appelle Daria Shiplova.
00:15Elle travaille dans un laboratoire biologique de niveau 3,
00:18sachant que ça peut aller jusqu'au niveau 4.
00:21C'est des laboratoires qui stockent, manipulent,
00:25font des recherches sur des pathogènes, y compris des pathogènes actifs.
00:30Eh bien, cet institut s'occupe en particulier de peste.
00:35La peste continue, semble-t-il, à faire l'objet de recherche,
00:39tout simplement parce que régulièrement, si on regarde les 20-30 dernières années,
00:44régulièrement, tu as des foyers qui se déclenchent.
00:46Une fois, ce sera Madagascar, une fois au Congo,
00:50une fois, ça va arriver aux Etats-Unis, etc.
00:52Donc, de temps en temps, il y a des foyers qui se déclenchent,
00:54mais généralement, ça se tarie très vite.
00:57Et généralement, c'est quelque chose qui, très rapidement, va se calmer.
01:02Alors, elle a, semble-t-il, cassé un tube.
01:08Donc, cette femme, n'est-ce pas,
01:11travaillait technicienne de laboratoire de son état.
01:15Alors, elle était en train de manipuler un tube.
01:18Bien sûr, ils sont habillés, ils ont des masques, ils sont protégés, tout ça.
01:22Mais si jamais ces protocoles-là ne sont pas parfaits,
01:26parce qu'ils vont dépendre de la rigueur, de la discipline des individus,
01:31des laboratoires, de la disponibilité, de la qualité de l'équipement, tout ça.
01:35Donc, il y a toujours un risque résiduel.
01:38Ce n'est jamais complètement parfait.
01:40En tout cas, elle casse un tube.
01:43C'était le 25 septembre.
01:44Elle casse un tube.
01:46Bon, voilà.
01:47Ceci va créer immédiatement un aérosol.
01:50Il est comporté, donc, le bacille Yersinia pestis.
01:54Donc, c'est le bacille qui va transférer ou permettre de contracter, justement, la peste.
02:03Donc, c'est une peste sous sa forme.
02:04Il y a la forme bubonique et il y a la forme aussi pulmonaire ou pneumonique.
02:09Donc, là, c'est la forme pulmonaire dont on parle.
02:12Donc, d'une certaine manière, elle inalsa.
02:16Donc, là, les détails.
02:18Les Russes, aujourd'hui, sont assez avares en détail.
02:21Donc, ce qui s'est passé, c'est qu'elle se retrouve avec une contamination.
02:26Par la suite, semble-t-il, elle est rentrée chez elle.
02:30Peut-être qu'elle a considéré l'incident comme clos, que ça a été suffisamment nettoyé.
02:35Ou bien que, tu sais, des fois, voilà, les gens sont des humains.
02:39Il y a des gens, ils font des erreurs.
02:40Ils peuvent camoufler parce qu'ils ont peur d'être sanctionnés ou de perdre leur travail ou autre.
02:45Donc, peut-être qu'elle a fait tomber le tube.
02:47Elle s'est dit, oups, je nettoie tout ça.
02:49Et puis, je rentre chez moi.
02:50Les vies, les connues.
02:51Et personne n'en saura rien.
02:53Le problème, c'est que, quelques jours plus tard, elle a appelé l'ambulance.
02:58Elle a été admise à l'hôpital.
03:00Il faut savoir qu'une fois qu'on rentre en contact avec ce bacille de l'ercinia pestis de la
03:09peste,
03:09une fois qu'on l'inale, la durée d'incubation, elle est de l'ordre de quelques heures à quelques
03:16jours.
03:16Les vies, ça peut durer, enfin, on peut entrer en contact le matin et choper la maladie l'après-midi
03:23ou le soir même.
03:24Ça peut être aussi rapide que ça.
03:26On peut aussi tenir trois, quatre, cinq, six jours.
03:28C'est aussi une possibilité.
03:29Mais on est dans ces zones-là.
03:31Ça ne va pas au-delà.
03:32Donc, semble-t-il, elle a développé la maladie.
03:39Donc, elle est devenue symptomatique.
03:42À partir de là, elle a appelé l'ambulance.
03:45Il en est à l'hôpital.
03:46Alors, typiquement, les personnes qui chopent cette forme, ce qu'ils vont faire, ils vont avoir des dyspnées,
03:51donc des problèmes à respirer.
03:54Ils vont tousser.
03:56Ils vont commencer à cracher des sirops de framboises, comme on dit.
04:00C'est des sécrétions pulmonaires avec du sang qui commencent à envahir doucement les alvéoles,
04:07ce qui est généralement extrêmement mauvais signe.
04:10Ça veut dire que la personne va avoir sa fonction pulmonaire qui sera compromise.
04:14Et ça tue assez rapidement.
04:17Et ça tue en réalité son traitement dans 100% des cas.
04:21Mais quand je dis traitement, généralement, ce qu'ils utilisent, c'est qu'ils utilisent un cocktail d'antibiotiques,
04:26comme la doxycycline et autres.
04:27et ils doivent intervenir littéralement les premières 24 heures.
04:32Donc il faut assez rapidement, littéralement les premières heures de la contamination,
04:38envoyer en intraveineuse ou autre des quantités massives de cocktails d'antibiotiques
04:43et puis croiser les doigts et prier.
04:45À cette condition-là, la personne peut être sauvée.
04:47Mais une fois que les symptômes se déclarent,
04:52il n'y a pas, semble-t-il, aujourd'hui à notre connaissance,
04:55une manière de sauver le patient.
04:58La mort est une quasi-certitude.
05:00Ils peuvent toujours essayer de faire ce qu'ils peuvent avec l'oxygène,
05:03injecter des antibiotiques, faire ce qu'ils peuvent.
05:05Mais généralement, ça va se terminer mal.
05:07Donc, ce qui s'est passé pour cette pauvre femme,
05:10c'est qu'elle a eu l'incident dont j'ai parlé le 25 septembre.
05:15Le 2 octobre, elle était morte à l'hôpital.
05:18Elle appelle l'ambulance, elle arrive, au bout de quelques heures, elle était morte.
05:22Alors, une fois qu'ils ont réalisé, c'était quoi son job ?
05:25Parce que, tu vois, au départ, tu as la dame qui est arrivée à l'hôpital,
05:29tout ça, tout le monde s'affaire autour d'elle.
05:31Maintenant, une fois qu'elle meurt, elle a travaillé à l'institut P3,
05:37tu vois, tout de suite, ça jette un froid, quoi.
05:38C'est ce qui a dû se passer.
05:40Et donc, ils sont retrouvés à mettre en quarantaine pendant trois semaines
05:45l'équipage de l'ambulance, les gens qui sont venus la chercher à la maison,
05:49les médecins, les patients, l'hôpital.
05:52Donc, littéralement, l'hôpital est en quarantaine.
05:55Personne n'a le droit de rentrer ou de sortir.
05:58Et là où ça devient intéressant, c'est que deux autres hôpitaux
06:02dans la région d'Irkutsk ont été aussi, semble-t-il, mis en quarantaine.
06:08Probablement, donc, des personnes qui se sont déplacées d'un hôpital à l'autre.
06:11Imagine juste le gars qui prend les analyses, qui les emmène à l'autre hôpital.
06:14Bon, ben, voilà, lui et puis l'autre hôpital, pareil.
06:18On apprend aussi qu'au moins, l'Ouzbékistan a commencé à contrôler ses frontières,
06:24a commencé à faire très attention.
06:27Donc, il y a quelque chose qui...
06:29Plus l'avarice de détail, plus il y a quelques articles locaux
06:33qui disent qu'on recommande le port du masque.
06:36Donc là, on commence à s'inquiéter de la possibilité d'un foyer, justement,
06:41de peste dans la région.
06:44Et puis, bon, tu sais comment ça peut marcher.
06:46Aujourd'hui, à notre époque, si tu veux, la peste tue beaucoup de monde.
06:52Quand tu regardes en Europe, il y a eu tous les gens qui étudient médecine,
06:56apprennent l'histoire des grandes épidémies en Europe et tout ça.
07:00Je ne sais plus, je vois, c'est le 14e siècle, quelque chose comme ça,
07:03où des gens mouraient en masse.
07:06Ça pouvait arriver, tu es la moitié de la population d'un pays.
07:08Et ce n'était pas seulement la forme pulmonaire, c'est aussi la forme bubonique.
07:13Après, ça se mélangeait avec d'autres maladies, ça s'aggravait, tout ça.
07:16Mais attention, les gens vivaient les uns sur les autres, la vétusté, la saleté.
07:23Il n'y avait pas d'antibiotiques.
07:26La médecine n'était pas aussi développée qu'aujourd'hui, tu vois.
07:28Je veux dire, les mecs, ils allaient mouiller des compresses avec l'huile d'olive
07:32et prenaient une feuille comme ça au hasard.
07:34Et puis, ils allaient faire une décoction, etc.
07:37Et puis, ils regardaient mourir.
07:38C'était ça, il ne faut pas se leurrer.
07:40Je veux dire, on regarde parfois l'ancienne médecine avec pas mal de romantisme et tout ça.
07:46Mais bon, grosso modo, ce n'était pas quelque chose de très efficace.
07:51Je suis désolé, je sais qu'il y a des gens, ils ne seront pas d'accord et tout ça.
07:54Mais bon, voilà, si tu vas à l'époque, je veux dire, le premier risque, c'est que si tu
07:59crèves d'une saloperie,
08:00c'était une machine à remonter le temps.
08:02C'est peut-être pour ça que les gens ne remontent pas le temps.
08:03Parce qu'ils remontent le temps, ils arrivent à cette époque, ils descendent de la machine.
08:08Je veux dire, s'ils ne sont pas tués par une massue ou une saga dans les premières trois minutes,
08:14ils peuvent se faire tuer malheureusement par toutes les saloperies qui existaient à l'époque
08:19et qui se transmettaient assez facilement de l'homme à l'homme.
08:23Donc, aujourd'hui, on va dire qu'on est un peu mieux.
08:27Alors, on est un peu mieux, bon, le problème, c'est qu'on a l'avion et l'aviation.
08:30Le problème, c'est que ça peut répartir justement ce genre de maladie assez rapidement.
08:34Ça accélère, ça leur donne une grande vélocité.
08:37Maintenant, je vais vous dire entre nous, ça, c'est juste une opinion personnelle,
08:40ce n'est pas un avis médical, bien sûr.
08:45La peste de nos jours, même si elle reste toujours dangereuse,
08:50si elle se manifeste quelque part, bien sûr,
08:53elle a un potentiel assez faible de partir comme une traînée de poudre.
08:57Une des raisons, c'est que pour qu'une maladie puisse contaminer un maximum de gens,
09:04il faut que le patient qui chope ça, la personne qui chope ça,
09:09reste quand même suffisamment longtemps en vie
09:13et aussi en capacité de bouger, de se déplacer,
09:16d'aller fréquenter d'autres personnes et les contaminer.
09:19Il faut qu'il y ait cette opportunité, il faut qu'il y ait cette fenêtre.
09:22Imagine une maladie qui reste, par exemple, transmissible,
09:26mais asymptomatique pendant un an, par exemple.
09:28Tu imagines le désastre qu'elle peut faire parce que la personne se sent bien,
09:31elle n'a aucun symptôme, elle n'est pas limitée dans ses mouvements,
09:33elle ne te fait pas peur quand tu la vois.
09:35Et bam, elle peut contaminer 12 000 personnes en un an.
09:39Au bout d'un moment, quand on se rend compte, le mal est fait.
09:42Le cas de la peste, en particulier cette forme, c'est qu'elle tue très vite.
09:48Elle tue de manière certaine et très vite.
09:50Alors, si tu es une maladie et tu tues ton autre très vite,
09:55ton VRP est mort.
09:57Je veux dire, tu ne t'es pas vraiment rendu service,
09:59ça a été trop agressif.
10:00Donc, c'est ça le problème.
10:01Une maladie un peu trop agressive pour ce que c'est.
10:04Donc, trop agressive.
10:06Voilà, mes amis, je vous tiens au courant.
10:09En tout cas, du côté russe, il semble verrouiller un petit peu l'information.
10:15Il n'y a pas beaucoup d'infos.
10:17Il y a des bribes.
10:19Des journalistes qui en ont parlé il y a quelques jours,
10:21semble-t-il, n'ont plus écrit depuis.
10:23Donc, seulement parce qu'ils n'ont pas été ramenés au silence ou arrêtés
10:28ou, je ne sais pas, censurés autres.
10:29On ne sait pas, mais c'est vrai que c'est un sujet qui est extrêmement sensible.
10:34Rappelez-vous ce laboratoire dont on n'a presque pas parlé,
10:38celui de le P4 de Wuhan, n'est-ce pas ?
10:41Donc, ça te donne une idée des proportions bibliques que ça peut prendre,
10:44mais je ne pense pas que ça ira à des proportions bibliques.
10:47Voilà, mes amis, je vous tiens au courant.
10:49S'il y a d'autres informations, je viens vous le dire.
10:51À très bientôt.