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Quatre ans après la mort du rugbyman Federico Martin Aramburú, tué par balles en pleine rue à Paris, deux anciens militants d’extrême droite, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, ont été reconnus coupables et condamnés. 


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Photo : Benoît Peyrucq/AFP - Musiques : François Clos, Audio Network.

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibaut Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le samedi 19 mars 2022, l'ancien rugbyman Federico Martin Aramburu se fait tirer dessus, à plusieurs reprises, en pleine
00:20rue,
00:21par deux hommes avec qui il venait de se bagarrer à la terrasse d'un bar à Paris. Il meurt
00:26en quelques minutes.
00:27Quatre ans plus tard, les deux tireurs ont été jugés devant la cour d'assises de Paris, du 7 au
00:3325 septembre.
00:35Loïc Lepriol et Romain Bouvier, deux amis qui ont tous les deux fréquenté l'ultra-droite, ont été condamnés à
00:4226 et 19 ans de prison.
00:44Ils ont jusqu'au 5 octobre pour faire appel de ce verdict.
00:49Codesources retrace ces trois semaines de procès avec deux journalistes du Parisien qui ont couvert cette audience,
00:54Romain Baeux, du service des sports, et Thomas Di Coattreau, de la cellule Fédiver Île-de-France.
01:07Federico Martin Aramburu est mort à 42 ans. Il était marié et père de trois enfants.
01:12Romain, pendant ce procès, sa famille et ses proches sont venus lui rendre hommage à la barre,
01:17notamment l'ancien capitaine du Biarritz Olympique, Thomas Liévremont, ou encore l'entraîneur argentin Gonzalo Quesada.
01:26C'était qui ? Federico a leurs yeux.
01:28C'était un ami, un ami très proche.
01:31Pour donner un exemple, Thomas Liévremont parle quand même de la mort de son père, du décès de son frère.
01:36Il dit « le temps passe, j'ai souffert mais je m'en suis remis ».
01:39Mais il dit quand même, par contre, « le manque de Fédé, ça reste, c'est quelque chose qui persiste
01:43en moi ».
01:44Eux parlent de quelqu'un de solaire, c'est le mot qui revient tout le temps, quelqu'un dévoué aux
01:48autres.
01:49Il y a beaucoup d'émotions dans les paroles.
01:52Thomas Liévremont a beaucoup de mal à garder une voix claire.
01:57Gonzalo Quesada aussi flanche parfois.
02:00Il y a beaucoup de douleurs.
02:02Il parle à chaque fois des projets qu'ils avaient avec lui, que ce soit des vacances, des retrouvailles, juste
02:08une soirée.
02:09On a l'impression qu'il y a quelque chose qui s'est interrompu brutalement avec sa disparition
02:13et que personne n'arrive encore à reconstruire un peu cette vie sans doute.
02:20Pour la famille du joueur aussi, la douleur est encore très présente.
02:23Oui, il y a son épouse, Maria, qui vient raconter la douleur de la disparition, la peine avec laquelle elle
02:31vit depuis.
02:31Il y a sa mère, Cécilia, qui vient également raconter cela, comment elle a appris sa mort depuis l'Argentine
02:37où elle vit.
02:38Ses amis, voilà, tout le monde parle de ce manque, du poids qu'ils ont de vivre sans leur ami
02:44ou sans leur mari ou leur fils.
02:49Alors on va raconter les moments clés de ce procès.
02:52Mais d'abord, il faut, pour bien comprendre, rappeler les principaux éléments de cette affaire.
02:57Romain, qui est Federico Martin Aramburu en mars 2022 ?
03:02C'est un ancien joueur de rugby. Federico Martin Aramburu, il est argentin.
03:06Il est arrivé en France. Il a été recruté par le Biarritz Olympique en 2004.
03:11Il a une belle carrière de rugbyman. Il a été deux fois champion de France avec le club basque.
03:15Après, il est parti à Perpignan. Il a disputé la Coupe du Monde 2007 en France avec les Poumas,
03:19qui sont une des très bonnes sélections du monde du rugby.
03:23Il a terminé la troisième place de cette Coupe du Monde.
03:25Il met un essai dans ce match pour la troisième place contre la France.
03:27C'est un joueur accompli. Ce n'est pas le plus grand joueur de l'histoire de l'Argentine,
03:31mais c'est un joueur qui a eu une belle carrière, tant en France qu'avec sa sélection.
03:34Et il a, à un moment, pris sa retraite sportive.
03:37Oui, il s'est retiré du rugby et il est resté en France.
03:40Lui, en gros, il s'est dit, ben voilà, ma vie est là.
03:43Je veux rester en France, notamment pour mettre ma famille en sécurité,
03:45parce qu'il estime que l'Argentine est un pays moins sûr.
03:48Donc, il est retourné au Pays basque avec Maria.
03:51Depuis, ils ont trois enfants.
03:52Et lui, il a monté une agence qui fait à la fois du tourisme et de l'événementiel.
03:57Donc, autour, par exemple, d'événements sportifs ou de dégustations de vin.
04:01Donc, avec son ami Sean Egarty, qui est un copain du rugby avec qui ils sont restés,
04:05ils ont monté cette entreprise qui s'appelle Esprit Basque.
04:08Et donc, ils travaillent dessus depuis plusieurs années.
04:10Et c'est avec cet ami et associé Sean Egarty que Federico Martin Arambourou monte à Paris le 18 mars
04:172022.
04:18C'est un vendredi. Il vient passer le week-end.
04:20Oui, il y a deux raisons à leur venue.
04:23La première raison, c'est les affaires.
04:27Il faut se reprendre dans le contexte.
04:28On est à un an et demi de la Coupe du Monde de Rugby organisée en France.
04:31Le but est de signer des contrats pour commercialiser des offres autour de la Coupe du Monde de Rugby.
04:37Il y a aussi la partie plaisir.
04:39Ils doivent aller voir la finale du tournoi Destination 2022 entre la France et l'Angleterre le samedi soir.
04:45C'est à la fois un week-end entre amis, entre potes.
04:48Et à la fois, c'est un moment important dans la vie de leur entreprise.
04:53Et dans la soirée du vendredi 18 mars, ils décident d'aller célébrer les bonnes affaires qu'ils sont en
04:58train de conclure.
04:59D'abord au restaurant, puis en allant de bar en bar.
05:03Vers 5h du matin, Federico Martin Arambourou et Sean Egarty s'arrêtent à la terrasse du Mabillon.
05:09Un bar situé près du quartier de l'Odéon.
05:11C'est dans le 5e arrondissement de Paris.
05:13Ils s'installent à côté d'une table où sont assis deux hommes.
05:17Romain Bouvier et Loïc Lepriol.
05:20Ainsi que la petite amie de ce dernier, Lison R.
05:23Qu'est-ce qu'il se passe, Romain, à partir de là, d'après les images de vidéosurveillance
05:28qui ont permis de reconstituer le déroulement des faits.
05:31Au début, chacun fait sa vie en quelque sorte.
05:35Tout le monde discute dans son coin.
05:36Puis, comme très souvent dans ces cas-là, l'heure est avancée.
05:39Tout le monde a beaucoup bu.
05:40Il y a des interactions qui commencent à se faire.
05:42On voit que les gens discutent.
05:44Mais rapidement, on sent que l'ambiance se tend un petit peu.
05:47On voit, par exemple, que Loïc Lepriol se lève de sa table.
05:50Vient parler à Sean Egarty en lui mettant la main sur son épaule.
05:56Trois petites tapes sur la tête derrière.
05:59Donc, le vigile intervient tout de suite pour aller les séparer en disant
06:01« Voilà, messieurs, asseyez-vous ».
06:03Donc, il y a quand même un fond de tension.
06:06Rapidement, ça dégénère.
06:07Les deux anciens rugbymen quittent la terrasse du bar.
06:11Et lors de son départ, Federico Martinarambrou empoigne Loïc Lepriol par la capuche de son suite.
06:17Et le fait tomber, le tire par l'arrière, alors que ce dernier est assis.
06:21Ça lui déplait.
06:22Et tout de suite, une bagarre se lance entre les deux hommes.
06:25Puis, entre Romain Bouvier et Sean Egarty, les images montrent une bagarre, certes courte, mais assez intense.
06:31C'est une grosse bagarre.
06:32De nombreux coups sont échangés.
06:35Clairement, les deux rugbymen ont le dessus.
06:37Mais ça semble retomber parce que, tout simplement, le personnel de l'établissement intervient.
06:43Les rugbymen s'en vont.
06:45Brats-dessus, bras-dessous, comme dira l'un des témoins.
06:47Eux remontent le boulevard Saint-Germain en direction vraisemblablement de leur hôtel.
06:52Sean Egarty explique qu'on est fatigué, on veut rentrer.
06:56Et Romain Bouvier et Loïc Lepriol restent un temps.
06:59Puis, il y a une séparation entre les deux hommes.
07:01Loïc Lepriol part, quelques minutes d'après les rugbymen, tandis que Romain Bouvier reste un temps sur la terrasse du
07:07même billet.
07:07Avec Lison R, la compagne de l'époque de Loïc Lepriol.
07:11Que font les deux rugbymen ? Est-ce qu'ils rentrent tout de suite à leur hôtel ?
07:14Non, ils vont faire un arrêt dans un autre hôtel, qui est situé à quelques mètres de là.
07:18En fait, ils ont pris des coups aussi dans la bagarre.
07:21Ils s'arrêtent à l'hôtel pour demander des glaçons, pour soulager leurs échymoses.
07:25Le veilleur de nuit de l'hôtel leur donne un torchon, donc il y a mis quelques glaçons.
07:29Et donc, ils ressortent sur le boulevard.
07:31Et c'est là qu'ils vont tomber sur Romain Bouvier et Lison R,
07:35qui ont quitté le bar à bord d'une Jeep, et qui tombent des années avec eux.
07:39La Jeep s'arrête.
07:41Romain Bouvier descend de la Jeep.
07:43Federico Martinaramburu s'avance vers lui, sans aller au contact.
07:48Romain Bouvier sort une arme, et tire à quatre reprises.
07:52Deux balles touchent Federico Martinaramburu.
07:54Et c'est à ce moment-là que Loïc Lepriol arrive.
07:56Loïc Lepriol, en gros, est passé devant l'hôtel dans lequel sont entrés les rugbymans.
08:00Il ne les a pas vus.
08:01On voit sur la vidéosurveillance qu'il continue, à tous les embranchements,
08:05qu'il semble chercher quelque chose.
08:06En tout cas, il n'est pas tombé sur les anciens rugbymans à ce moment-là.
08:08Il entend les coups de feu, il fait demi-tour.
08:11Et 40 secondes après les coups de feu tirés par Romain Bouvier,
08:14il arrive à la hauteur des deux anciens rugbymans.
08:16Il y a une nouvelle bagarre qui se forme, qui oppose surtout Lepriol à Ambrou,
08:20et qui est gâti, qui intervient de manière un peu confuse dans la mêlée.
08:24Loïc Lepriol se dégage de Federico Martinaramburu,
08:28sort une arme, puisque lui aussi est armé,
08:30et tire six balles, quatre touches Federico Martinaramburu.
08:33C'est ces coups de feu qui lui sont fatals.
08:38Son décès est constaté à 6h48.
08:41Les deux tireurs et la petite amie de Loïc Lepriol prennent la fuite,
08:45mais tout le monde est interpellé séparément quelques jours plus tard.
08:49Romain, ses deux amis ont un point commun, Loïc Lepriol et Romain Bouvier.
08:53Ils ont tous les deux fréquenté les milieux de l'ultra-droite.
08:57Comment est-ce qu'ils se sont connus ?
08:58Ils se sont connus dans les rangs du GUD.
09:01Le GUD, c'est une organisation aujourd'hui dissoute,
09:04qui à l'époque est une organisation étudiante classée à l'extrême droite.
09:09A la base, ils n'ont pas tant de choses en commun.
09:12C'est-à-dire que l'un est un ancien militaire,
09:14l'autre est étudiant en droit,
09:18fils d'une avocate parisienne assez connue dans le monde de la justice.
09:21Mais ils vont devenir très très proches.
09:23Ils vont sympathiser au sein du GUD,
09:27dont ils vont se détacher pour juste nourrir une amitié
09:29au-delà de la structure de cette organisation étudiante.
09:32Le procès de cette affaire s'ouvre le lundi 7 septembre,
09:36devant la cour d'assises de Paris.
09:38Romain, décris-nous les deux principaux accusés
09:41au moment de leur arrivée dans le boxe.
09:43Alors, Loïc Lepriol est le plus jeune, il a 32 ans.
09:46Ce qui marque quand on le voit arriver,
09:48c'est qu'il a perdu pas mal de poids
09:50par rapport aux photos qu'on a de l'époque,
09:54des vidéos lors de l'affaire.
09:55Il est assez musclé, il s'habille d'ailleurs de manière assez moulante
09:59pour qu'on voit sa musculature.
10:01Là, il est beaucoup moins musclé,
10:03il semble amégré de corps et de visage.
10:05C'est plus l'ancien militaire très affûté
10:07qu'il était lors de l'affaire.
10:09Romain Bouvier, lui, il a 35 ans.
10:12Pour le coup, on le reconnaît plus facilement.
10:13Il a un léger collier de barbe, il est chauve.
10:15Il semble avoir moins perdu de poids,
10:17même si à l'époque, de toute façon,
10:18c'est pas lui qui était le plus costaud des deux.
10:20Loïc Lepriol est jugé pour assassinat,
10:23puisqu'il est l'auteur des tirs qui ont été mortels.
10:26Romain Bouvier pour tentative d'assassinat.
10:29Les auditions doivent déterminer
10:30s'ils avaient eu l'intention ou non
10:32de tuer Federico Martin Arambourou.
10:35Au début du procès, Romain, tous les deux,
10:37réfute en tout cas ces accusations.
10:39Qu'est-ce qu'ils disent ?
10:40Alors, en gros, chacun a sa ligne de défense,
10:42qui est d'ailleurs la même depuis des années
10:44tout au long de l'instruction.
10:45Romain Bouvier, qui est donc le premier
10:47à avoir ouvert le feu sur Federico Martin Arambourou,
10:51lui ne cesse de parler de peur, de panique,
10:54et affirme juste avoir été effrayé par ce rugbyman
10:57et avoir voulu à son tour le faire reculer.
10:59en lui adressant des sortes de tirs de sommation.
11:02Mais il y a deux de ses balles qui ont touché
11:04à la cuisse et dans le thorax, Federico Martin Arambourou.
11:08Loïc Lepriol, lui, il plaide la légitime défense
11:11en disant, oui, mes coups de feu ont été mortels,
11:14mais il y avait une bagarre.
11:16Les deux étaient en train de se battre contre moi.
11:18J'étais obligé, pour m'en sortir, de sortir mon arme
11:21et de faire feu sur l'ancien rugbyman.
11:24Mais, Thomas Dicotreau, pour les enquêteurs qui témoignent au procès,
11:27il s'agit bien d'un homicide volontaire.
11:30Oui, pour eux, il n'y a pas de doute sur le sujet.
11:33Tous disent la même chose.
11:34Et l'un des principaux éléments qui est amené devant la cour d'assises,
11:39c'est que les deux auteurs ont vidé leur chargeur littéralement
11:44sur la victime.
11:45D'abord, Romain Bouvier, il avait quatre balles dans son barilet,
11:48il a tiré quatre balles.
11:50Puis, derrière, moins d'une minute plus tard,
11:53Loïc Lepriol, lui, avait six balles dans son revolver
11:56et il a tiré six balles sur la victime, l'atteignant à quatre prises.
11:59L'un des enquêteurs a cette phrase à la barre.
12:01Il explique que, de son expérience et de ce qu'il constate au quotidien,
12:05les personnes qui veulent tuer vont vider leur chargeur.
12:08C'est le cas ici pour les deux accusés.
12:11L'autre élément flagrant, c'est que les deux auteurs
12:13sont allés rechercher les victimes.
12:15C'est-à-dire qu'après cette fameuse bagarre devant le bar,
12:18les deux rugbymans, Rambourou et son ami Chonel Garty,
12:21eux vont partir, vont rentrer à leur hôtel
12:23sans agressivité sur le trottoir.
12:27À l'inverse, on a ce qui avait été caractérisé
12:30de chasse à l'homme durant l'instruction.
12:32Romain Bouvier et Loïc Lepriol, eux, chacun de leur côté,
12:35vont rechercher les rugbymans.
12:36Ça, ça caractérise aussi l'intention homicide aux yeux des enquêteurs,
12:40le fait d'avoir deux personnes qui recherchent les victimes
12:43pour possiblement en finir.
12:46Deux autres accusés comparaissent libres.
12:48Il y a Lison R, dont on a parlé,
12:50et Anthony S.
12:52La première est jugée pour complicité de tentative d'assassinat
12:55puisqu'elle conduisait la voiture
12:57qui a emmené Romain Bouvier jusqu'au rugbymen.
13:00et le second comparait pour dissimulation de preuves.
13:04Il s'était débarrassé de l'arme d'un des deux tireurs.
13:07Thomas, les premiers jours de l'audience
13:09sont consacrés à la personnalité des deux principaux accusés.
13:14Pendant cette séquence,
13:15la cour s'intéresse à leur proximité
13:18avec les mouvements de l'ultra-droite et néo-nazis.
13:22Qu'est-ce qu'ils disent là-dessus ?
13:23Eux s'en défendent.
13:24Ils parlent simplement de relations amicales
13:27avec les membres du GUT.
13:29Cependant, on a pas mal d'éléments,
13:31notamment des photos qui montrent leur implication
13:33dans des manifs.
13:34On a des éléments aussi chez Romain Bouvier
13:37avec pas mal de livres qui traitent de l'histoire du GUT.
13:41Romain Bouvier, chez lui,
13:42il a notamment une figurine d'Adolf Hitler
13:46dans sa voiture, le bras tendu,
13:48exposée dans sa bibliothèque,
13:49ce qui peut interroger à minima
13:52sur son orientation idéologique.
13:55Loïc Lepriol, lui,
13:56il a fondé une marque de vêtements
13:58qui s'appelle Baptou Solide Certifié,
14:00donc Baptou égale blanc.
14:01De base, c'est un terme plutôt péjoratif.
14:05Mais là, les militants identitaires
14:08retournent ce terme
14:09pour réaffirmer leur fierté
14:10et leur couleur de peau.
14:12Thomas, ce qu'on retrouve dans leur parcours,
14:13mais aussi au fil des perquisitions
14:16à leur domicile respectif,
14:18sait qu'il y a une grande place
14:19dans leur vie pour la violence
14:20et ça, c'est aussi une caractéristique
14:23des militants d'ultra-droite.
14:25Absolument, on a un nombre énorme
14:26d'armes à feu
14:27qui sont découvertes
14:29à la fois au domicile
14:30de Loïc Lepriol,
14:31de sa famille dans le Var.
14:33Ils ont un immense domaine
14:34pas loin de Draguignan.
14:35Idem chez Romain Bouvier.
14:37Il a un petit appartement
14:38dans Paris
14:39et à l'intérieur,
14:40il y a plus d'une quinzaine
14:42d'armes à feu.
14:43À droite, à gauche,
14:44dans l'appartement,
14:45il n'y a pas vraiment de...
14:46Voilà, c'est pas une armoire
14:47avec des vitres
14:48où on entreposerait
14:49des armes de collection.
14:50Ça dénote effectivement
14:52une fascination évidente
14:54pour les armes à feu.
14:55On sait qu'ils en parlaient
14:56énormément entre eux.
14:57Chez Romain Bouvier,
14:58il y avait aussi une sorte
14:59de fascination
15:00sur le parcours de militaire
15:01de Loïc Lepriol,
15:02le fait d'avoir utilisé
15:03des armes à feu
15:04sur des vrais terrains de guerre,
15:06etc.
15:06Donc voilà,
15:07les deux accusés
15:08baignés au moment des faits
15:09en 2022
15:10dans un univers
15:11qui est fait d'armes à feu,
15:13qui est fait aussi de violences.
15:19Romain,
15:19la cour d'assises
15:20se penche sur le passé
15:22de Loïc Lepriol.
15:23C'est un ancien militaire
15:24engagé très jeune
15:26dans la marine
15:26et envoyé en mission
15:28sur des terrains difficiles.
15:30Mais son ascension
15:31au sein de l'armée
15:32est stoppée net
15:33en 2015.
15:34Raconte-nous ça.
15:35Oui,
15:35Loïc Lepriol,
15:36c'est un militaire,
15:36mais ce n'est pas n'importe lequel.
15:38Il était dans les commandos marines,
15:39qui est une unité d'élite
15:41au sein de la marine française.
15:42Il était d'ailleurs
15:43l'un des plus jeunes
15:44dans cette unité.
15:45Il avait réussi
15:46tous ses tests à l'époque.
15:48Mais lui affirme
15:49avoir eu de plus en plus
15:50de difficultés psychologiques
15:52par rapport
15:53à ce qu'il a vu au combat,
15:55par rapport à ce qu'il a vu
15:55dans ses entraînements,
15:56des choses qui l'ont marqué.
15:58Il a été envoyé
15:59sur plusieurs théâtres
16:00d'opérations extérieures
16:01en Afrique.
16:01Il était dans des unités
16:03qui étaient exposées
16:04à la lutte anti-djihadiste.
16:06Il a eu des simulacres
16:07de torture,
16:08des entraînements
16:09pour leur apprendre
16:10à retarder
16:11le plus possible
16:12le moment où
16:13ils vont parler
16:14sous la torture.
16:16Une chose
16:16qui l'ont beaucoup marqué,
16:17qui l'ont atteint.
16:18Et c'est...
16:19Lui et sa défense
16:20dépeignent.
16:21Il y a un traumatisme
16:22encore très fort,
16:23même au moment des faits.
16:24Loïc Lepriol
16:25s'éloigne de l'armée
16:26en 2015.
16:27Il sera d'ailleurs
16:27radié deux ans plus tard.
16:29Thomas, à la barre,
16:31sa famille,
16:31dit à quel point
16:33il en est revenu changer.
16:34C'est ses parents
16:35qui en parlent le mieux
16:35à ce moment-là
16:36puisqu'ils recueillent
16:37leur fils
16:38qui revient à la maison
16:39après de longs mois
16:41passés sur le terrain
16:42en Afrique.
16:43On est en 2015,
16:45Loïc Lepriol
16:46a 21 ans alors.
16:47Ils constatent
16:48que leur fils
16:49a profondément changé.
16:51Le père de Loïc Lepriol
16:52parle d'une guerre
16:53qu'il a transformée
16:54en chien de chasse.
16:55C'est-à-dire qu'à ce moment-là,
16:57Loïc Lepriol
16:57revient avec une sorte
17:00d'hypervigilance
17:01de chaque instant.
17:02Le père décrit
17:03un fils
17:03qui passe ses journées
17:05dans le jardin,
17:06à s'occuper du jardin
17:07et qui,
17:08au moindre bruit,
17:09aux moindres faits
17:11et gestes,
17:11va se mettre
17:12directement aux aguets,
17:14ce qui n'était pas du tout
17:15le cas avant son départ
17:16et ce qui est
17:16assez caractéristique
17:18finalement
17:18des soldats
17:19de retour de mission.
17:20Romain,
17:21c'est pendant
17:21cette année de bascule,
17:23celle de 2015,
17:23que Loïc Lepriol
17:25se rapproche
17:26de Romain Bouvier
17:27et qu'ils se font
17:28tous les deux
17:28connaître de la justice
17:30pour des faits
17:30de violence.
17:31Ils se rendent
17:32au domicile
17:33de leur ancien leader
17:35du GUD,
17:36Édouard Klein,
17:37et là,
17:37c'est une scène
17:38très violente.
17:39Ils vont l'humilier
17:40en le filmant,
17:42ils vont le frapper,
17:43c'est quelque chose
17:43de très violent
17:44qui en plus
17:45a été documenté
17:46et qui leur vaut
17:47d'être condamné
17:48à de la prison ferme
17:49lorsque l'affaire
17:51Arambourou
17:51a déjà éclaté.
17:52Il y a donc
17:53cette affaire
17:54avec Édouard Klein,
17:55il y a également
17:55une affaire
17:56à la sortie
17:56d'une boîte de nuit,
17:58pareil,
17:58ils sont également
17:59condamnés par la justice
18:00pour violence en réunion,
18:02ils ont également
18:02une histoire
18:03en Corse
18:04où Loïc Lepriol
18:06se fait,
18:07selon ses termes,
18:08tabassé par plusieurs personnes
18:09après une première altercation
18:10dans un bar.
18:12Donc voilà,
18:12il y a plusieurs affaires
18:13qui impliquent
18:14la violence,
18:15cet effet de violence
18:15assez grave
18:16et souvent
18:17sur fond d'alcool.
18:18Et d'ailleurs,
18:19c'est depuis cet événement
18:20que tu mentionnais
18:20en premier,
18:21l'agression
18:22d'un ancien chef
18:23du GUD,
18:24Édouard Klein,
18:24que les deux hommes
18:25ont interdiction
18:26de se voir
18:27et de porter une arme,
18:29mais ils ne respectent pas
18:31cette consigne
18:32de leur contrôle judiciaire,
18:33c'est ça ?
18:33Ils ne le respectent absolument pas
18:35puisqu'ils se voient
18:36à plusieurs reprises,
18:36ils partent en vacances ensemble
18:38alors que leur contrôle judiciaire
18:39leur a interdit
18:40de se voir.
18:40Et donc le soir
18:41de la mort
18:42de Federico Martina Ambrou,
18:43ils sont ensemble
18:44à la terrasse d'un bar
18:45en plein milieu de Paris,
18:46ils sont tous les deux
18:47avec une arme
18:47et une arme chargée,
18:49eux-mêmes l'admettent,
18:50ils sont dans l'illégalité
18:51la plus complète
18:52ce soir-là,
18:52rien qu'en se voyant
18:54à la terrasse d'un bar.
18:56Le mardi 15 septembre,
18:58la cour d'assises
18:58auditionne un témoin
19:00clé pour l'accusation,
19:01un serveur du Mabillon
19:03présent la nuit du drame.
19:05Il dit avoir entendu
19:06Loïc Lepriol
19:07prononcer ses mots
19:09« je vais le tuer »
19:10en parlant de Federico
19:11Martina Ambrou.
19:13Déjà,
19:14qu'est-ce qu'il dit
19:14ce serveur
19:15à la barre
19:16sur le déroulé
19:17des événements ?
19:18Ce serveur
19:18s'appelle Sébastien
19:19qui travaille d'ailleurs
19:21toujours au Mabillon.
19:22Il raconte
19:23cette première petite tension,
19:24il raconte cette bagarre
19:25qui se sépare
19:26et ensuite,
19:27il raconte
19:28cette retrouvée
19:29à côté de Loïc Lepriol
19:31et Loïc Lepriol
19:32qui dit
19:32« je vais le tuer,
19:33je vais le tuer ».
19:34Il dit que sur le moment
19:34il ne le prend pas au sérieux
19:35parce que
19:35c'est une menace
19:37jetée en l'air
19:37sauf que
19:38a posteriori,
19:39ça va le marquer
19:40puisqu'à l'arrivée
19:41il y a un mort.
19:42Donc dans son premier témoignage
19:44il n'en parle pas
19:44de cette menace
19:46mais un an et demi plus tard
19:48quand il est de nouveau entendu
19:49là,
19:50il mentionne cette déclaration.
19:51Et en raison de ce délai
19:53d'un an et demi
19:53ce serveur
19:54est malmené
19:56par les avocats de la Défense.
19:57Raconte-nous ça.
19:57En gros,
19:58les avocats de la Défense
19:59pointent
20:00les revirements
20:01que ce soit
20:02de Sébastien
20:03de ce serveur
20:03mais également
20:04d'autres témoins
20:05en disant
20:06que tout le dossier
20:07était pollué médiatiquement
20:08que les témoins
20:09changent leur version
20:11parce qu'ils ont
20:12soit lu trop d'articles
20:13sur le sujet
20:14soit vu trop de choses
20:16sur le sujet
20:16et disent qu'en fait
20:17les témoins ne font que ça
20:18pour suivre un récit
20:20médiatique
20:21à charge
20:22contre leurs clients.
20:23Donc voilà,
20:23leur théorie c'est de dire
20:24regardez leur première déclaration
20:26regardez la suite
20:27des déclarations
20:28elles ne correspondent pas
20:28parce qu'ils auraient été
20:31pollués médiatiquement
20:32dans le cadre
20:33de ce dossier.
20:34Le lundi 21 septembre
20:35Loïc Lepriol
20:36est interrogé
20:37longuement
20:38sur ces minutes
20:39pendant lesquelles
20:40cette fin de nuit
20:41a viré au drame
20:42à la barre
20:43il réexplique
20:44qu'il n'a fait que se défendre
20:46et il évoque
20:47un syndrome
20:48de stress
20:49post-traumatique
20:50Thomas
20:51qu'est-ce qu'il dit
20:51dans les détails ?
20:52Loïc
20:53il explique
20:53à ce moment-là
20:54qu'en mars 2022
20:57cette nuit
20:57où il croise
20:58les rugbymans
20:59il a des réminiscences
21:00de la guerre
21:01littéralement
21:01que le fait d'entendre
21:03des détonations
21:04des coups de feu
21:05tirés par son ami
21:06Romain Bouvier
21:07au bout de la rue
21:07le fait d'avoir
21:09du sang dans la bouche
21:09puisqu'il s'est fait
21:10frapper par
21:11Arambourou
21:12tout cela le ramène
21:13plusieurs années en arrière
21:14sur les théâtres
21:15d'opérations
21:15au Sahel
21:16donc Loïc Lepriol
21:17il explique
21:18qu'il s'est senti
21:19menacé par Arambourou
21:21et que comme
21:22le ferait un soldat
21:23il a eu un réflexe
21:25ce qui qualifie
21:25un réflexe reptilien
21:26il a tiré directement
21:28jusqu'à ce que
21:29la menace
21:30cesse
21:31le problème ici
21:32c'est que la menace
21:33c'est un homme
21:34qui est très alcoolisé
21:35qui
21:37après la bagarre
21:38ne cherche plus
21:39l'affrontement
21:39voilà
21:40il n'est pas armé
21:41à Arambourou
21:41il n'a que ses points
21:42on va dire
21:43c'est pas un djihadiste
21:44c'est pour ça
21:45que ces explications
21:47à Loïc Lepriol
21:47ont du mal à passer
21:49auprès de la cour d'assises
21:49pendant sa détention
21:50provisoire
21:51Loïc Lepriol
21:52a été expertisé
21:53par 4 psychiatres
21:54ou psychologues différents
21:55et 2 d'entre eux
21:57contredisent
21:57la raison
21:58qu'il avance
21:59celle d'une réaction
22:00due au PTSD
22:01est-ce que tu peux nous expliquer ça ?
22:03Oui alors les experts
22:04ils ne sont pas forcément
22:05tous d'accord
22:06avec Loïc Lepriol
22:07donc le premier
22:08qui le rencontre
22:08c'est le docteur
22:09Zaguri
22:10qui lui constate
22:11qu'effectivement
22:12il souffre d'un PTSD
22:14le syndrome de stress post-traumatique
22:16que c'est avéré
22:16qu'il a un score élevé
22:18quand on le teste
22:19au PTSD
22:20et que Loïc Lepriol
22:22finalement
22:22est un vrai traumatisé de guerre
22:24le problème
22:25c'est que
22:26l'après-midi
22:27il y a une experte psychiatre
22:29qui dit
22:29elle l'inverse
22:30elle démolit
22:30la thèse de la défense
22:32qui met
22:33entre guillemets
22:34tout ce passage à l'acte
22:35les coups de feu
22:36sur
22:37l'hôtel
22:38du PTSD
22:39elle, elle décrète
22:40que non
22:41Loïc Lepriol
22:42en 2022
22:43il ne peut pas être
22:44un traumatisé de guerre
22:457 ans ont passé
22:46depuis son retour de mission
22:47et il n'a pas
22:48les caractéristiques
22:49d'un traumatisé de guerre
22:50il n'est pas en hyper
22:52vigilance constante
22:53il a une vie normale
22:54il n'a pas d'éléments
22:56qui caractérisent
22:57d'autant plus que
22:58le soir des faits
22:59lorsque Romain Bouvier
23:00tire sur un rambourou
23:02Loïc Lepriol
23:03il court
23:04dans la direction
23:05des coups de feu
23:05il court
23:06sur la scène
23:06des tirs
23:07ce qu'elle explique
23:08la docteure Tellier
23:09la contre-experte psychiatre
23:11du coup
23:11c'est qu'un vrai
23:13traumatisé de guerre
23:14lui il fuit le danger
23:15il va fuir
23:16les coups de feu
23:17il va fuir
23:17la scène
23:18qui peut le mettre en danger
23:20c'est exactement l'inverse
23:21que fait
23:22Loïc Lepriol
23:23cette nuit là
23:23plus globalement
23:24cette experte
23:25qu'est-ce qu'elle dit
23:25sur la personnalité
23:27de Loïc Lepriol
23:28elle, elle trouve
23:29que Loïc Lepriol
23:30a une dangerosité caractérisée
23:32des troubles de la personnalité
23:35des traits très narcissiques
23:36et elle explique
23:38qu'il n'endosse jamais
23:39sa responsabilité
23:40qu'il a toujours
23:41une culture de l'excuse
23:43ce n'est jamais sa faute
23:44c'est celle des autres
23:45elle va insister sur le fait
23:46que
23:47Loïc Lepriol
23:48est dangereux
23:48parce qu'il n'a pas pris conscience
23:50des violences
23:51qu'il a exercées
23:51cette nuit là
23:52et les fois d'avant aussi
23:53parce que c'est un homme
23:54qui a déjà été condamné
23:55pour des violences volontaires
23:56l'auditoire est suspendu
23:59un petit peu
23:59à son exposé
24:00qui est précis
24:01minutieux
24:02on sent que
24:03à partir de là
24:04la défense de Loïc Lepriol
24:05va avoir
24:06beaucoup
24:06beaucoup de difficultés
24:07à renverser
24:08la tendance
24:14De son côté
24:15Romain Bouvier
24:16lui aussi
24:16il nie avoir eu l'intention
24:18de tuer
24:18l'ancien rugbyman
24:20il s'en explique
24:21longuement
24:21le 22 septembre
24:23pendant près de 5 heures
24:24Romain Baeux
24:25qu'est-ce qu'il dit
24:26à la barre ?
24:27Alors il est très très
24:28très bavard
24:28Romain Bouvier
24:29c'est quelqu'un
24:29qui parle bien
24:30qui a fait des concours
24:31d'éloquence
24:32lorsqu'il était étudiant
24:33en droit
24:34en gros
24:34lui parle beaucoup
24:35de ressentis
24:36de ses sentiments
24:37sur le moment
24:38il parle
24:38de son alcoolisation
24:40à ce moment-là
24:40de la peur
24:41qu'il ressent
24:42sa version
24:43et je pense
24:44avoir tiré vers le sol
24:45ou je pense avoir
24:46essayé de tirer vers le sol
24:47parce qu'il ne peut pas
24:47nier les deux tirs
24:49qui ont touché
24:49Federico Martina Rambourou
24:51mais voilà
24:52lui affirme
24:52qu'à aucun moment
24:53il n'a voulu le toucher
24:54il a juste voulu
24:55lui faire peur
24:56en tout cas
24:56c'est ce qu'il affirme
24:56Mais cette défense
24:58est mise à mal
24:59pendant l'audience
24:59Oui
25:00parce qu'il va être
25:01confronté par
25:02l'avocat général
25:03Philippe Courrois
25:04qui lui dit
25:05vous nous présentez
25:06comme quelque chose
25:08d'irrémédiable
25:08c'est coup de feu
25:09mais vous avez
25:09beaucoup d'autres options
25:11Pourquoi est-ce que
25:11vous êtes descendu
25:12de la Jeep déjà ?
25:13Vous nous dites
25:13que vous avez peur
25:14des deux anciens
25:14avec Biman
25:15Pourquoi est-ce que
25:15vous descendez de la Jeep
25:16quand vous les voyez ?
25:17Pourquoi alors que
25:19Federico Martina Rambourou
25:20est en train de reculer
25:21vous tirez encore
25:22trois coups de feu ?
25:23À ce moment-là
25:24si c'est juste la peur
25:25qui vous guide
25:26Pourquoi est-ce que
25:26vous n'appelez pas
25:28Loïc Le Priol
25:28au téléphone ?
25:29Il y avait beaucoup
25:30d'autres options
25:30et vous avez choisi
25:31celle-là en fin de compte
25:32Donc pour l'avocat général
25:34et pour les partis civils
25:35la version de Romain Bouvier
25:36ne tient pas la route
25:37Romain, on en vient
25:38au témoignage
25:38de Sean Egarty
25:40l'associé et ami
25:41de Federico Martina Rambourou
25:44qui a assisté
25:45à l'ensemble du drame
25:46il est venu raconter
25:48comment il a vécu
25:48ce petit matin
25:49du 19 mars 2022
25:52d'abord sur la première bagarre
25:54devant le Mabillon
25:55puis les coups de feu
25:57qui s'en sont suivis
25:58sur le boulevard Saint-Germain
25:59de quoi est-ce qu'il se souvient ?
26:01Sean Egarty se souvient
26:02plutôt bien
26:03de la première partie
26:04de cette bagarre
26:05où donc il voit
26:06d'abord Federico Martina Rambourou
26:08se battre avec le Club Priol
26:09il sent Romain Bouvier
26:12qui arrive derrière lui
26:13il tente de lui mettre un coup
26:14voilà
26:15donc il évoque cette bagarre
26:16mais pour lui
26:16à ce moment-là
26:17l'affaire est terminée
26:18la bagarre est finie
26:19il prend la route
26:19de son hôtel
26:20avec son ami
26:20et c'est tout
26:21là où la dissociation
26:24c'est lui-même
26:25qui le dit
26:25se met en place
26:26c'est au début
26:28des coups de feu
26:28avec Romain Bouvier
26:30lui là
26:30il se dit
26:30là j'ai l'impression
26:31d'être à l'extérieur de moi
26:32de vivre une scène
26:34un peu par procuration
26:35donc il raconte
26:36il voit
26:37il entend les coups de feu
26:38mais presque
26:38ça lui semble
26:40comme des bruits de pétards
26:41il se rend pas compte
26:42enfin voilà
26:42il y a des tas de choses
26:43dans son témoignage
26:44où il a l'air de
26:44de seulement
26:45minorer la chose
26:46et il y a quelque chose
26:47qu'il raconte
26:47c'est donc au bout
26:48de cette minute
26:49où donc
26:50entre la rencontre
26:50avec Romain Bouvier
26:51et le départ
26:51de l'éclopriol
26:52où son ami est par terre
26:54lui il vient
26:55se diriger vers Federico Martina
26:56bon non
26:57c'est bon
26:58on relève-temps
26:58on rentre à l'hôtel
26:59et en fait c'est là
27:00où donc il voit son ami
27:01qui est atteint
27:02qui a été touché par la balle
27:04c'est là où d'un coup
27:04il y a le brusque retour
27:05à l'arrêter
27:06en se disant
27:06mais en fait
27:06non là il s'est vraiment
27:08passé quelque chose
27:08et son ami lui dit
27:10appelle la police
27:11je suis en train de mourir
27:11et il finit par raconter
27:13comment il a vu
27:14son ami mourir
27:15dans ses bras
27:16oui
27:16il le prend
27:17son ami lui dit
27:18qu'il va mourir
27:19il y a du sang
27:20qui le remonte dans la bouche
27:21enfin voilà
27:21donc son ami
27:22est en train de partir
27:23il y a quelqu'un
27:24qui arrive sur les lieux
27:25qui tente de faire
27:26un massage cardiaque
27:27à son ami
27:28mais pour lui
27:28je vois qu'il est parti
27:31il n'est plus là
27:31je vois qu'il est mort
27:32en fin de compte
27:33le mercredi 23 septembre
27:35c'est au tour
27:36de l'avocat général
27:37Philippe Courrois
27:38qui représente la société
27:39dans ce procès
27:40de requérir une sentence
27:42et une peine
27:43pour chacun des accusés
27:44il demande
27:45que Loïc Lepriol
27:47soit condamné
27:47à 27 ans de prison
27:4920 ans pour Romain Bouvier
27:51selon lui Romain
27:52les deux amis
27:53ont bel et bien
27:54eu le projet
27:55de tuer le rugbyman
27:56après la première bagarre
27:58pour lui
27:59il y a eu concertation
28:00il y a eu préméditation
28:02il parle en gros
28:03de deux amis vexés
28:04par une bagarre
28:05ou l'autre est le dessus
28:06et que du coup
28:07il y a une proie
28:08à abattre
28:09et la proie
28:09c'est Federico Martina Rambo
28:11qu'il faut traquer
28:12qu'il faut aller tuer
28:13et donc oui
28:14pour lui
28:14il y a bien préméditation
28:16donc volonté d'assassinat
28:18et il y a assassinat derrière
28:20pour Loïc Lepriol
28:22qui vide son arme
28:23et tentative d'assassinat
28:24pour Romain Bouvier
28:25qui tente également
28:26à ses yeux
28:27de le tuer
28:28en vidant également son arme
28:33Le vendredi 25 septembre
28:35la parole est donnée
28:36une dernière fois
28:37aux principaux accusés
28:38Romain
28:39que disent
28:40Loïc Lepriol
28:41et Romain Bouvier
28:42avant de connaître
28:43le verdict ?
28:44Romain Bouvier
28:44il a une brève prise de parole
28:46où il demande
28:47une nouvelle fois
28:48pardon aux familles
28:49voilà
28:51insiste sur sa repentance
28:52on va dire
28:53Loïc Lepriol
28:54parle plus longuement
28:55il invoque
28:56la venue du pape
28:57en évoquant le pardon chrétien
28:58espérant que chacun
29:00puisse trouver un peu
29:01une manière
29:02de pardonner à l'autre
29:03à l'issue de ce verdict
29:04il a aussi un mot
29:06sur la peine
29:06à laquelle il s'expose
29:07après les 27 ans requis
29:09mercredi par l'avocat général
29:10il dit
29:10c'est vertigineux
29:1127 ans
29:12c'est l'âge
29:12que j'avais
29:13au moment des faits
29:14la cour se retire
29:15pour délibérer
29:16reprise de l'audience
29:17dans la soirée
29:18le président de la cour d'assises
29:20rend le verdict
29:21Loïc Lepriol
29:22et Romain Bouvier
29:23sont reconnus
29:24coupables de meurtre
29:25et de tentative de meurtre
29:27ils sont condamnés
29:28respectivement
29:28à 26 et 19 ans de prison
29:31soit une peine
29:31très légèrement inférieure
29:33aux réquisitions
29:34Romain
29:35les jurés
29:36n'ont pas retenu
29:37la qualification
29:38d'assassinat
29:39et de tentative
29:40d'assassinat
29:41en clair
29:41pour eux
29:42ce n'était pas prémédité
29:43voilà
29:44ce qu'on peut analyser
29:44de cette décision
29:45c'est qu'il a manqué
29:46dans le puzzle
29:47de l'analyse
29:48de cette scène
29:49la pièce
29:50qui permettait de dire
29:51oui
29:51ils avaient prévu
29:52de le tuer
29:54concrètement
29:54il n'y a pas
29:55sur les vidéosurveillance
29:56de vrais moments
29:57de conciliabule
29:58on a des témoignages
29:59mais les témoignages
29:59ont été un petit peu
30:01discutés
30:01tout au long de ces 3 semaines
30:02il y avait des choses
30:03qui se contredisaient
30:04ou des témoins
30:04qui eux-mêmes
30:05affirmaient des choses
30:05qui pouvaient matériellement
30:07pas être vraies
30:08donc à l'arrivée
30:09il n'y a pas
30:10cet aspect
30:10de préméditation
30:11parce qu'on n'en a pas
30:12la preuve
30:12ce qui joue également
30:13dans cette décision
30:14de justice
30:14c'est que par exemple
30:15Loïc Lepriol
30:16quand il part
30:16en quête du duo
30:18il ne sort pas son arme
30:19avant de les retrouver
30:20et avant de se battre
30:22avec Federico Martinarambo
30:23il est l'air déterminé
30:25il a l'air de les chercher
30:26mais son arme
30:27est rangée
30:27à ce moment là
30:28donc ça aussi
30:28ça a joué
30:29on va dire
30:30en sa faveur
30:31dans la qualification
30:32des faits
30:33Lison R
30:33l'ex-petit ami
30:34de Loïc Lepriol
30:35écope de 3 ans
30:36de prison
30:37dont 30 mois
30:38avec sursis
30:383 ans de prison
30:40avec sursis
30:41pour le 4ème accusé
30:42Romain
30:43comment la famille
30:44et les amis
30:45de Federico Martinarambo
30:46réagissent
30:47au moment du verdict
30:48il y a beaucoup
30:50d'émotions
30:51assez contenues
30:52dans la salle
30:52d'audience
30:53et à la sortie
30:54dans le vaste hall
30:55du palais de justice
30:56et sur les marches
30:57qui redescendent
30:57vers l'île de la cité
30:58on voit des gens
30:59soulagés
31:00soulagés
31:00que ce soit fini
31:01surtout
31:01il y a des accolades
31:03il y a quelques sourires
31:04un peu simile
31:04il n'y a pas non plus
31:05de démonstration de joie
31:07mais on sent quand même
31:08le soulagement
31:08ils ont l'impression
31:09que la justice est passée
31:10leurs avocats
31:11vont parler
31:11d'une décision équilibrée
31:13certes
31:13il n'y a pas la dimension
31:14de préméditation
31:15qui est retenue
31:15mais les peines
31:16sont quand même
31:17assez lourdes
31:17justement pour les peines
31:18pour meurtre
31:19et tentatives de meurtre
31:20parce que justement
31:20la justice a estimé
31:22que oui
31:23il y avait beaucoup de choses
31:23il y avait une intention
31:24homicidaire claire
31:26contrairement à ce que eux
31:27ont affirmé
31:29au cours des débats
31:30donc ils ont quand même
31:31l'impression
31:31qu'ils ont été entendus
31:32sur beaucoup de points
31:33par la cour
31:34durant ces trois semaines
31:50Merci à Romain Baeux
31:52et Thomas Dicouattreau
31:53Cet épisode de Code Source
31:55a été produit par
31:56Jules Lavi
31:56et Clara Garni-Amourou
31:58réalisation
31:59Julien Moukoukiol
32:00Code Source
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