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  • il y a 5 mois
L'infirmière disparue à la mi-décembre dans le Tarn n’a toujours pas été retrouvée. Son époux Cédric est désormais suspecté de l’avoir tuée. L’enquête fait apparaître les difficultés que le couple traversait depuis des mois. Dernière partie avec Ronan Folgoas, journaliste au service police-justice du Parisien.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Raphael Pueyo, Clara Hage et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian -


Archives : France 2, France Bleu, BFM TV, France Info.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le vendredi 18 juin, Cédric Jubilard a été mis en examen pour homicide volontaire sur conjoint et placé en détention
00:20provisoire.
00:20Son épouse, Delphine Jubilard, avec qui il était dans l'instance de séparation, avait disparu mystérieusement six mois plus tôt,
00:28la nuit du 16 décembre, de leur maison de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.
00:32Suite et fin de notre podcast sur cette affaire aujourd'hui, on retrouve Ronan Folgoas, reporter au service police-justice
00:39du Parisien.
00:46Ronan Folgoas, on reprend ce récit, la nuit de la disparition de Delphine Jubilard, la nuit du 15 au 16
00:52décembre, Cédric Jubilard a donné une première version des faits.
00:56En résumé, Delphine aurait sorti les chiens et elle n'est jamais revenue. Ce jour-là, le mercredi 16, les
01:03gendarmes l'interrogent très longuement.
01:05Oui, puisqu'il est la dernière personne connue, s'ils l'ont fait exception du fils, Louis, qui était présent
01:11aussi évidemment au domicile ce mardi soir.
01:13Cédric Jubilard est la dernière personne connue à avoir vu Delphine. Donc évidemment, les enquêteurs veulent connaître précisément son récit.
01:21Ils guettent aussi les failles éventuelles de son récit, les contradictions possibles, mais rien n'apparaît de manière tout à
01:28fait évidente.
01:29Les explications de Cédric sont assez constantes.
01:31Dans la région de Cagnac, il a plutôt mauvaise réputation.
01:34Dans le village de Cagnac, il est connu pour ses emportements verbaux.
01:38Il est connu aussi pour son profil de consommateur très régulier de stupéfiants.
01:42Son truc à lui, c'est le cannabis, l'herbe, pas de drogue dure en revanche.
01:46Mais cette image de consommateur régulier de produits stupéfiants lui colle à la peau, c'est clair.
01:51Que se passe-t-il pour lui après l'arrivée des gendarmes ?
01:54Alors il est entendu dans la matinée comme simple témoin, c'est une audition libre.
01:58Sauf que l'après-midi, il est conduit chez un médecin légiste à Castres, qui va l'examiner sous toutes
02:05les coutures.
02:06Il est mis à nu, littéralement.
02:08Toutes les parties de son corps sont examinées avec une attention toute particulière sur les avant-bras, sur les ongles.
02:14L'expert doit déterminer s'il y aurait des traces ADN de Delphine, ou en tout cas des traces ADN
02:20ne lui appartenant pas.
02:21C'est évidemment l'hypothèse d'une lutte avec son épouse qui est envisagée à ce moment.
02:28En tout cas, elle est étudiée.
02:29Les gendarmes ne veulent pas faire l'économie d'une expertise très poussée du corps de Cédric Jubilard.
02:33On sait si ça donne quelque chose ?
02:34D'après les informations qui sont ressorties, non.
02:37Justement, ces analyses n'accablent pas Cédric.
02:40Il n'y a pas d'élément particulièrement incriminant.
02:44Dans les heures et les jours qui suivent, les environs sont fouillés.
02:47D'importants moyens humains sont mobilisés pour fouiller les forêts avoisinantes.
02:54Il y a une attention toute particulière qui est portée sur les multiples points d'eau qui entourent Cagnac.
02:59Il y a notamment un barrage, des étangs.
03:02Et puis il y a aussi des domiciles, puisque les enquêteurs ne veulent pas écarter l'idée que Delphine est
03:08tout simplement
03:08être hébergée chez une copine, une connaissance.
03:11Donc des perquisitions sont réalisées chez les plus proches amis de Delphine.
03:15Évidemment, elles ne donnent rien.
03:18Une chaîne humaine à la recherche de Delphine Jubilard.
03:22Encadrées par des gendarmes, ces bénévoles arpentent méticuleusement toute la commune de Cagnac-les-Mines.
03:28Le mercredi 23 décembre, une semaine après la disparition de Delphine, une grande battue est organisée.
03:34Elle rassemble plus de 1800 volontaires.
03:36Des gens viennent depuis Toulouse, c'est à une heure de route.
03:39Mais la mobilisation populaire impressionne vraiment les gendarmes.
03:43Ils prennent conscience qu'ils ont là aussi une affaire qui suscite beaucoup d'intérêt, y compris sur le plan
03:47médiatique d'ailleurs.
03:48Le jeudi 24 décembre, la maison des Jubilards est perquisitionnée.
03:52Ça correspond effectivement à l'ouverture de l'information judiciaire pour enlèvement et séquestration.
03:57On change de cadre judiciaire à cet instant, on n'est plus dans le cadre d'une disparition inquiétante.
04:04L'hypothèse criminelle est désormais privilégiée.
04:07Donc les enquêteurs passent la maison au peigne fin.
04:10Ça commence par quoi ? Ça commence par la saisie des vêtements.
04:12Les vêtements des enfants, mais aussi les vêtements du couple.
04:15Et avec l'ouverture d'une information judiciaire, l'enquête change de main.
04:18Oui, le parquet d'Albi se désaisit au profit du parquet de Toulouse.
04:22L'enquête qui était confiée jusqu'alors à la brigade de recherche d'Albi, ce sont des gendarmes,
04:26et bien est désormais confiée à la section de recherche de Toulouse avec l'appui de leurs collègues gendarmes d
04:32'Albi.
04:33Ces enquêteurs qui sont les plus chevronnés de la région vont constituer un groupe d'une dizaine de personnes dédiées
04:39entièrement à l'affaire Jubilard.
04:40Et le 5 janvier, c'est au tour des meilleurs experts de la gendarmerie d'inspecter la maison des Jubilards.
04:46Oui, les hommes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, basés habituellement à Pontoise, sont dépêchés à
04:52Cagnac-Lémines.
04:53Ils sont chargés d'inspecter tous les coins et les recoins de la maison, du jardin, du sous-sol, très
04:59encombrés.
05:00Ils vont donc passer le Bluestar, ce produit magique, censé révéler les moindres traces de sang, même celles qui ont
05:06été nettoyées.
05:08Ça ne donne rien.
05:09Ils passent aussi le géoradar.
05:11Le géoradar, c'est un outil qui permet de sonder les cavités des murs, les cavités du sol aussi.
05:16Et là encore, ces opérations ne donnent rien de particulier.
05:20Quels sont les scénarios possibles à ce moment-là pour expliquer la disparition de Delphine Jubilard ?
05:25La disparition volontaire semble écartée à ce moment-là.
05:29La piste du suicide est évaluée, sous-pesée, mais personne n'y croit vraiment.
05:34Il y a aussi l'hypothèse d'une mauvaise rencontre, celle d'un rôdeur, d'un prédateur, un prédateur sexuel
05:41notamment.
05:42Les gendarmes passent énormément de temps à surveiller les images de vidéosurveillance des péages, même autoroutiers,
05:48pour voir si l'un des profils de prédateurs sexuels connus dans le sud de la France aurait pu croiser
05:55par hasard la route de Delphine Jubilard.
05:58Ça ne donne rien.
05:59Et puis enfin, il y a l'hypothèse criminelle par une tierce personne, que ce soit le mari de Delphine
06:05ou une autre personne.
06:06La maison est placée sous scellée.
06:08Où va vivre Cédric Jubilard, du coup ?
06:10Alors le 16 décembre au soir, Cédric Jubilard est conduit au domicile de sa maman Nadine,
06:16qui habite à Carmeau, à une dizaine de kilomètres de Cagnac.
06:19Il y retrouve aussi son beau-père Olivier et ses deux enfants.
06:23Et il va vivre sur place pendant six semaines.
06:26Ronan Folgoas, vous, vous allez entrer en contact et parler avec la mère de Cédric Jubilard.
06:31Qu'est-ce qu'elle vous dit ?
06:32On est là autour de la fin février à peu près.
06:35Elle raconte l'histoire de son fils, le parcours de vie de son fils et l'histoire du couple Jubilard.
06:43Comment ils se sont rencontrés, comment ils ont évolué, comment, selon elle, avec ses yeux de belle-mère,
06:49comment se comportait Delphine dans les semaines et les mois qui précèdent sa disparition.
06:53Voilà ce qu'elle me raconte.
06:55Vous apprenez à ce moment-là que Delphine avait probablement une liaison avec un autre homme.
07:00Et ça n'est pas surprenant parce que le couple était déjà séparé, même si le divorce n'était pas
07:05encore prononcé.
07:06Oui, on l'apprend, c'est confirmé par d'autres sources aussi dans l'environnement de Delphine Jubilard,
07:11que oui, elle a probablement une vie sentimentale qui s'amorce, même si rien de tout cela n'est très
07:19clair.
07:19Il est question, effectivement, de passages dans des hôtels, des locations de voitures
07:25qui ne collent pas tout à fait avec son emploi du temps, tel qu'il est connu par Cédric.
07:29Quelques locations aussi de chambres, Airbnb, voilà ce qui affleure à ce moment-là.
07:33Cédric Jubilard s'était rendu compte de tout ça à ce moment-là ?
07:36Il avait constaté que sa femme passait beaucoup, beaucoup de temps, les yeux rivés sur son téléphone,
07:41qu'elle avait modifié son code d'accès à son smartphone, comme si elle voulait protéger quelque chose, un secret
07:46peut-être.
07:47Il tente aussi de la suivre à travers une application de géolocalisation.
07:51C'est une tierce personne, en réalité, qui réalise l'opération pour le compte de Cédric.
07:55Seulement, c'est une application gratuite et cette application envoie un message à la personne qui est suivie.
08:01Donc Delphine va prendre conscience immédiatement qu'il y a une tentative.
08:05Rapidement, elle va suspecter son mari d'être derrière tout ça.
08:10Après avoir passé tout le mois de janvier chez sa mère, Cédric Jubilard est autorisé à revenir vivre dans sa
08:15maison de Cagnac, la maison du couple.
08:18Il conserve la garde de ses enfants ?
08:20Oui, il n'y a pas, c'est vrai, de raison objective pour que cela ne soit pas le cas.
08:25Il est en capacité de garder ses enfants.
08:28Il s'en occupe plutôt bien, nous dit-on.
08:31Il bénéficie aussi du soutien de sa maman qui est très présente à ce moment-là.
08:35Ronan Folgoas, on le disait au début de l'épisode 1,
08:38beaucoup de gens ont fait à tort ou à raison un rapprochement avec l'affaire Daval.
08:44Et sur les réseaux sociaux, très tôt, Cédric Jubilard est condamné.
08:47Oui, pour les internautes qui se regroupent dans des groupes, qui réunissent plusieurs milliers d'internautes.
08:52C'est une affaire qui passionne aussi sur Internet, sur ces groupes Facebook.
08:56Cédric est le suspect évident.
08:58Il est condamné d'avance par de très nombreuses personnes qui n'hésitent pas à envoyer même des menaces de
09:03mort,
09:03qu'il reçoit sur sa messagerie Messenger.
09:06Il reçoit des lettres aussi à son domicile, puisque son adresse a été rendue publique.
09:10Puis il y a aussi un témoignage qui est délivré par une personne de sa famille,
09:15publié par France Bleu à l'époque.
09:37C'est un témoignage très fort, mais qui a été catégoriquement démenti par la maman.
09:41Mais officiellement, à ce moment-là, il n'est pas soupçonné par la justice.
09:45En avril, il devient même parti civil.
09:47Le 30 avril, effectivement, il est reçu au pôle criminel du tribunal judiciaire de Toulouse
09:51par les deux juges d'instruction chargés du dossier.
09:54C'est une audition assez formelle qui enterrine son statut de parti civil et donc son statut de victime.
09:59Suite à ça, il va réagir sur Facebook.
10:00Oui, dès le lendemain, il profite un peu de l'événement pour clouer le bec à tous ceux
10:05qui l'ont condamné rapidement, notamment sur les réseaux sociaux.
10:08Et c'est son premier message, en réalité, son premier message rendu public depuis bien longtemps.
10:18Les mois passent et toujours aucune trace de Delphine Jubilard.
10:21Vous, Ronan Folgoas, vous allez à Cagnac-les-Mines à plusieurs reprises.
10:25J'imagine que vous essayez de lui parler, à Cédric Jubilard ?
10:29Oui, des rencontres ont lieu la première début avril, la deuxième mi-mai, à l'occasion d'une opération de
10:37recherche
10:37qui s'est organisée le 16 mai à Cagnac.
10:39On se voit à l'issue de cette opération de recherche et puis on échange sur l'affaire,
10:44sur ce qu'il vit depuis plusieurs mois, aussi sur son parcours.
10:48Comme ça, quelques questions auxquelles il accepte de répondre parfois,
10:52mais sur son enfance et sur son parcours d'adolescent, il est assez évasif.
10:57Qu'est-ce qu'il dit de son enfance, justement ?
10:58C'est une enfance compliquée, notamment au cours de l'adolescence.
11:03Il passe de foyer en foyer.
11:06Visiblement, à l'école, son comportement est complètement inadapté.
11:10Il refuse toute autorité sur lui, que cette autorité vienne des professeurs,
11:15qu'elle vienne de l'institution, qu'elle vienne de ses parents.
11:17Et donc, en fait, il est placé en foyer.
11:20Et c'est une époque assez difficile, assez marquante.
11:22Je ne sais pas précisément ce qu'il a vécu, mais en tout cas, pour me résumer,
11:25cette période de sa vie qui va de 13 à 17 ans,
11:29il m'a dit qu'il a découvert, dans ces années-là,
11:32un monde fait de violences, de haines et de mensonges.
11:37Ronan Folgoas, on en arrive au point de départ du premier épisode,
11:41la battue organisée le 16 mai à Cagnac.
11:44Cédric Jubilard ne reste pas à cette battue.
11:47Il ne s'éternise pas, en tout cas.
11:48Il participe au premier quart d'heure de l'opération de recherche.
11:52Il marche dans la boue, il pleut.
11:54Ce sont vraiment des conditions un peu difficiles.
11:56Donc, il parcourt une centaine de mètres,
11:58et puis il rebrousse le chemin assez vite,
12:00en faisant comprendre que tout ça ne sert à rien,
12:02et que cette zone-là, en particulier, a déjà été fouillée.
12:05À ce moment-là, vous avez réussi à gagner sa confiance.
12:08Qu'est-ce qu'il vous dit sur la disparition de sa femme ?
12:11Il évoque les répercussions de l'affaire,
12:15ce que ça change dans sa vie,
12:16et puis il explique aussi comment il a réorganisé un peu sa vie.
12:20Il parle parfois d'Elphine, rapidement,
12:23mais tout ça est très sensible, très difficile.
12:25Il a retrouvé un travail ?
12:26Oui, très rapidement, en fait.
12:28À partir de fin janvier, début février,
12:31il signe un CDD de six mois,
12:32grâce à un ami de la famille,
12:35qui est entrepreneur dans une entreprise de bâtiment albigeoise.
12:39Il travaille, et puis ça l'occupe,
12:40et il fait des grosses journées.
12:42Il part à 7h30 le matin,
12:44il revient à 5h30 le soir,
12:45et puis là, il s'occupe de ses enfants.
12:47Ça lui occupe aussi la tête, quelque part.
12:49On sent que ça lui fait du bien de travailler.
12:51C'est en tout cas ce que je ressens.
12:53Il a aussi une nouvelle petite amie.
12:55Oui, à partir de mi-avril,
12:57il va vivre en couple avec une personne
12:59qui s'appelle Séverine,
13:00qui a 11 ans de plus que lui,
13:02qui est en fait la mère de l'un de ses copains.
13:05Un de ses copains qui est plus jeune que lui,
13:07mais cette personne, en fait,
13:09qui est sans activité professionnelle,
13:11va participer d'elle-même,
13:13de sa propre initiative, à des recherches.
13:15Et un jour, elle trouve un pull
13:17qui aurait pu éventuellement appartenir à Delphine.
13:20Elle le présente à Cédric,
13:21qui lui dit, c'est gentil,
13:22mais ce pull-là, non, ça ne me dit rien.
13:24Et puis, à partir de cet instant,
13:26un contact se noue entre eux.
13:28Et puis, ça va déboucher deux semaines plus tard,
13:30sur le début d'une liaison sentimentale.
13:34Dans le cadre de votre travail de terrain,
13:36vous parvenez aussi à parler avec l'homme
13:39dont Delphine Jubilard était tombée amoureuse.
13:42Un homme qui vit à Montauban,
13:44à environ 70 kilomètres de Cagnac-les-Mines.
13:47Oui, cette rencontre,
13:49à proximité de son lieu de travail,
13:51lui ne nous attend pas.
13:52On ne l'a pas contacté au préalable.
13:54On sent presque un certain soulagement
13:57de livrer ce qu'il a sur le cœur
13:58depuis des mois et des mois,
14:00sans pouvoir rien dire.
14:02Il était sur le point de débuter
14:04et de concrétiser une histoire d'amour,
14:06une histoire intense.
14:07Vraiment, il y avait une affinité réciproque
14:10qui s'était installée.
14:11C'était comme une évidence entre eux.
14:14Ils avaient prévu d'avancer de manière parallèle
14:16en quittant leurs conjoints respectifs
14:19au début de l'année 2021.
14:20Ils devaient s'installer séparément,
14:23chacun chez soi encore,
14:25et avec pour objectif de s'installer
14:27dans une propriété commune au printemps 2021.
14:30Ils avaient même envisagé,
14:32c'était leur rêve,
14:33de trouver une ferme dans les environs d'Albi.
14:35Une ferme avec un poulailler,
14:36m'a-t-il précisé.
14:37Et cette villa qui leur tendait les bras,
14:39elle s'est évanouie dans la nuit du 15 au 16 décembre.
14:42Donc pour lui aussi, c'est une tragédie.
14:44Et les amis de Delphine vous ont aussi parlé
14:46de cet homme qu'on a surnommé dans le Parisien
14:48le confident de Montauban.
14:50Delphine avait expliqué à certaines de ses copines,
14:52pas à toutes,
14:53qu'elle avait trouvé un homme qui,
14:55sur un site internet,
14:56c'était une relation épistolaire,
14:57c'est ainsi qu'elle présentait les choses,
14:59avec lequel elle pouvait échanger librement,
15:02parler de tout,
15:03et ça lui faisait du bien.
15:05Elle ne disait pas où il habitait,
15:06à quoi il ressemblait,
15:06comment il s'appelait.
15:07Elle en disait le strict minimum,
15:09sauf à une personne,
15:11une confidente,
15:11qui en savait peut-être un peu plus que les autres.
15:13Le mardi 15 décembre au soir,
15:14c'est à lui qu'elle envoie son dernier message,
15:17par internet.
15:18C'est une photo,
15:19datée du mardi 15 décembre,
15:21donc vers 22h55,
15:2322h58,
15:24c'est dans ces minutes-là,
15:25sur lesquelles elle apparaît,
15:27ça ressemble à une nuisette,
15:28c'est pas tout à fait une nuisette,
15:29c'est un combi short,
15:31couleur blanche,
15:32crème,
15:33avec un col à liseré rose,
15:34elle a un petit regard de biais,
15:36ensuite l'échange se termine,
15:38mais c'est normal,
15:39l'amoureux de Delphine,
15:39lui, ne s'inquiète pas plus que ça,
15:41l'échange était terminé,
15:43sauf que, voilà,
15:44ce sera son dernier message.
15:47Le mercredi 16 juin,
15:49Cédric Jubilard est interpellé.
15:51Il est interpellé sur son lieu de travail,
15:53à Albi,
15:54Cédric Jubilard,
15:55lui,
15:55il fait sa pause déjeuner,
15:57à peu près,
15:57c'est ce que l'on comprend,
15:59et en fait,
15:59il accueille les gendarmes
16:00avec un certain sourire,
16:03comme s'il voulait faire comprendre aux gendarmes
16:06qu'ils n'étaient pas tellement surpris
16:08de leur visite,
16:09sauf que là,
16:09il débute une garde à vue
16:11et les choses sérieuses commencent pour lui.
16:12La garde à vue va durer deux jours,
16:14comment est-ce qu'il se comporte
16:15face aux enquêteurs ?
16:16Il s'adapte énormément
16:18aux éléments qui lui sont soumis,
16:20il nie en bloc,
16:21parfois jusqu'à se contredire,
16:24aussi à mentir,
16:25semble-t-il,
16:25d'après ce qu'il nous est rapporté,
16:27il y a en tout cas
16:28des contradictions évidentes
16:29qui apparaissent
16:30sur sa connaissance,
16:31par exemple,
16:31d'un amant de sa femme.
16:33Au départ,
16:34il soutient l'idée que,
16:35oui, évidemment,
16:36il avait des soupçons,
16:37mais il n'était sûr de rien.
16:39Il apparaît que 5 juillet
16:40a une connaissance précise
16:42de l'existence de l'amant.
16:44Mais en même temps,
16:45il ne cède jamais.
16:46Il conteste son implication
16:47dans la disparition de Delphine,
16:48même lorsqu'il est mis en difficulté,
16:50même lorsqu'il est placé
16:51face à des contradictions évidentes,
16:53il dit,
16:54bah oui,
16:54mais c'est pas moi.
16:55Ce n'est pas moi qui ai fait ça,
16:56ce n'est pas moi qui ai tué ma femme.
16:58Sa mère et le compagnon de sa mère
16:59sont eux aussi placés en garde à vue.
17:01Pourquoi ?
17:02Ces deux personnes,
17:03la maman et le beau-père,
17:04ont quand même vécu avec lui
17:06à ses côtés
17:07dans un huis clos
17:07pendant 6 semaines.
17:09Les 6 semaines qui suivent
17:10la disparition de Delphine.
17:11Donc,
17:11les deux juges d'instruction
17:13partent du principe
17:14qu'il est probable,
17:15possible,
17:16qu'elles aient compris
17:17ou entendu des choses,
17:19des explications.
17:20Peut-être qu'un lourd secret
17:21a été livré par Cédric
17:22à ce moment-là,
17:23mais il apparaît au cours
17:24de la garde à vue
17:24que ces deux personnes,
17:25la maman et le beau-père,
17:26ne savent rien en réalité.
17:28Il y a une confrontation
17:29qui va être organisée,
17:30notamment entre la maman
17:31et son fils,
17:32mais cette confrontation
17:34ne donne aucun résultat concret.
17:38Le vendredi 18 juin,
17:40le procureur de la République
17:41de Toulouse
17:42tient une conférence de presse
17:43et il donne de nouveaux éléments
17:45sur l'enquête,
17:46notamment concernant le moment
17:47où les gendarmes sont arrivés
17:49dans la maison des Jubilards,
17:50juste après la disparition
17:52de Delphine,
17:53la nuit du 16 décembre.
17:54Le procureur de la République
17:55de Toulouse révèle
17:56quelques détails,
17:57voilà,
17:58des détails troublants.
17:59Il évoque notamment
18:00la machine à laver.
18:02Lorsque les gendarmes arrivent,
18:03vers,
18:04donc,
18:054h50,
18:06ils trouvent
18:06M. Jubilard
18:07occupé
18:07à déclencher
18:10une machine à laver
18:11dans laquelle se trouve
18:12la couette
18:13du lit
18:14sur lequel dormait
18:15Mme Jubilard.
18:18ce qui,
18:18à 4h50 du matin,
18:21n'est pas forcément
18:21la première chose
18:22à laquelle on pense
18:23lorsque votre femme
18:24a disparu.
18:24Mais on ne sait pas
18:25si la machine
18:26tournait déjà
18:27au moment où les gendarmes
18:28arrivaient sur place,
18:29si la machine
18:30était programmée
18:31pour débuter
18:32un peu plus tard,
18:32si la machine
18:33avait fini de tourner.
18:34Ça, il y a encore
18:35une certaine incertitude
18:37sur cet élément.
18:38Le procureur avance aussi
18:39des éléments
18:40qui peuvent
18:41sembler fragiles
18:42comme la façon
18:43dont la voiture
18:43de Delphine
18:44est égarée.
18:45Oui, Delphine
18:46avait, semble-t-il,
18:46l'habitude
18:47de garer sa voiture
18:48en marche arrière,
18:49prête à démarrer.
18:50Et là,
18:51cette Peugeot 207
18:53bleue
18:54est garée
18:55en marche avant,
18:56d'après ce que l'on comprend.
18:58Et pour l'accusation,
19:00ça laisse
19:01entendre
19:01que peut-être
19:03oui,
19:03Cédric a pu utiliser
19:04la voiture
19:04dans la nuit.
19:05C'est évidemment
19:06un élément
19:07qui colle
19:07avec le scénario
19:08criminel
19:09échafaudé
19:09par les enquêteurs.
19:10Et en même temps,
19:11ce n'est pas
19:12un élément
19:12à charge
19:13très probant.
19:14Autre élément,
19:15le nombre de pas
19:16que Cédric aurait fait
19:17la nuit
19:18de la disparition
19:19de Delphine
19:19au moment
19:20où il a appelé
19:20les gendarmes.
19:20Oui,
19:21entre le moment
19:21où Cédric Jubilard
19:23allume son téléphone
19:23à 3h54
19:24et le moment
19:25où il appelle
19:26les gendarmes
19:27à 4h09,
19:28il s'écoule donc
19:29une quinzaine de minutes
19:30et le podomètre
19:31du téléphone
19:31n'a enregistré
19:32qu'une quarantaine
19:33de pas.
19:34Ceux-ci ne collent pas,
19:34pensent les enquêteurs,
19:36avec les explications
19:37de Cédric
19:37qui dit avoir cherché
19:39son épouse
19:39dans l'intervalle,
19:40avoir cherché
19:40à l'extérieur,
19:41avoir parcouru
19:42plusieurs dizaines
19:43de mètres.
19:44Mais la défense
19:45de Cédric Jubilard,
19:46son avocat,
19:47maître Jean-Baptiste
19:48à la riz,
19:48fait remarquer
19:49qu'on peut très bien
19:49se déplacer,
19:50on peut courir,
19:51on peut se démener
19:51sans avoir
19:52son téléphone à la main.
19:54Parmi les éléments troublants,
19:55il y a la tenue
19:56que portait Delphine Jubilard
19:58le 15 décembre au soir,
19:59ce combi short
20:01de couleur blanche,
20:02tenue,
20:02qui a été retrouvée
20:03dans la maison.
20:05Oui,
20:05dans le panier
20:06à linge sale,
20:07cette tenue aussi
20:09laisse à penser
20:10que Delphine
20:11allait se coucher
20:12vers 23h
20:13et donc qu'elle n'a pas pu
20:14ou alors difficilement
20:16sortir en pleine nuit,
20:17promener les chiens,
20:18mais là encore,
20:19rien n'est absolument évident.
20:21On peut se coucher
20:21à 23h
20:22et puis se réveiller
20:23à 1h du matin,
20:24s'habiller et sortir.
20:25Ce n'est pas une preuve absolue,
20:26mais disons que ça
20:28contredit
20:29l'hypothèse
20:30d'une sortie nocturne
20:31pour aller promener
20:32les chiens
20:32avant d'aller se coucher,
20:33par exemple.
20:37Pour l'instant,
20:38quand on regarde
20:39les éléments
20:39qui sont connus,
20:40on dirait que
20:41les enquêteurs
20:42ont surtout
20:43un scénario
20:44et un mobile,
20:45c'est ça ?
20:45Effectivement,
20:46ils ont un scénario
20:47criminel,
20:47ils ont aussi
20:48un témoignage
20:49de voisines,
20:51une femme et sa fille
20:52qui ont entendu
20:53des cris stridents,
20:54pour reprendre les mots
20:55du procureur de Toulouse,
20:56qui proviendrait
20:57de la maison des Jubilards,
20:59datée de 23h07.
21:01Ceci peut coller,
21:02en tout cas,
21:03avec la dernière trace
21:05de vie,
21:05la dernière preuve de vie
21:06de Delphine
21:07qui, elle,
21:07date d'un peu avant 23h.
21:09Donc,
21:10ils ont un scénario criminel,
21:11ils ont un mobile,
21:12un mobile qui tournerait
21:13autour de cette relation
21:14de couple
21:15qui existe
21:16entre Delphine
21:17et son amoureux,
21:18que Cédric aurait pu
21:19découvrir certaines choses,
21:21il aurait pu prendre conscience
21:22de la réalité
21:23de cette relation sentimentale,
21:25peut-être aussi
21:25que Delphine
21:26a annoncé ce soir-là,
21:27dans ces quelques minutes,
21:29qu'elle allait,
21:29de toute façon,
21:30quitter la maison
21:31de Cagnac.
21:32C'est possible
21:33que cet élément-là
21:34suscite
21:35un accès de colère,
21:36de furie
21:37de la part de son mari.
21:38C'est en tout cas
21:38une hypothèse
21:39et autour de cette hypothèse
21:41retenue par les enquêteurs,
21:42se greffe
21:43tout un ensemble
21:44d'éléments
21:44qui accréditent
21:46cette idée
21:47mais il n'y a pas,
21:48c'est vrai,
21:49de preuve matérielle
21:50et puis encore,
21:51on le répète,
21:52il n'y a pas dans cette affaire
21:53de corps,
21:53il n'y a pas de cadavre
21:54donc il est tout à fait
21:55impossible de déterminer
21:57quel était
21:57le mode opératoire
21:58sauf si le suspect
22:00Cédric Jubilard
22:01parle à vous
22:02et raconte un peu
22:03ce qui s'est passé.
22:05Cédric Jubilard
22:06est désormais
22:06le suspect numéro 1.
22:08Après 44 heures
22:09d'interrogatoire,
22:10il vient d'être mis en examen
22:11pour le meurtre
22:12de son épouse
22:12Delphine Jubilard
22:136 mois après sa disparition.
22:15Le même jour,
22:16Cédric Jubilard
22:17est mis en examen
22:18pour homicide volontaire
22:19sur conjoint
22:20et placé en détention
22:22provisoire
22:23à Seyce
22:23dans la région de Toulouse.
22:25Ronan Folgoas,
22:26on dirait
22:26que les enquêteurs
22:27n'ont pas de preuves
22:28scientifiques incontestables
22:30à charge
22:31contre Cédric Jubilard.
22:32Pas de preuves irréfutables
22:34peut-être.
22:35Après,
22:35il faut faire attention.
22:37Le procureur de la République
22:38de Toulouse
22:38a livré une très longue
22:40conférence de presse
22:41vendredi après-midi
22:42mais a-t-il tout dit ?
22:43Peut-être qu'on va découvrir
22:44dans les semaines,
22:46les mois à venir
22:47qu'il y a bien d'autres éléments
22:48qui pèsent sur Cédric Jubilard.
22:50Peut-être qu'il n'y a rien d'autre.
22:51Et dans ce cas-là,
22:52effectivement,
22:53ça laisse de la place
22:54pour la défense.
22:55Ronan Folgoas
22:56ont parlé dans le premier épisode
22:57du parallèle
22:58avec l'affaire Daval
22:59mais finalement,
23:00la disparition
23:01de Delphine Jubilard
23:02ressemble peut-être
23:03plus à une autre affaire,
23:05l'affaire Viguier.
23:06Oui,
23:06ça se passe au début
23:07des années 2000.
23:08Suzanne,
23:09la femme de Jacques Viguier
23:11qui est un professeur
23:12d'université toulousain,
23:14disparaît un dimanche.
23:16Elle a une relation
23:17sentimentale,
23:18un amant aussi.
23:19Son corps n'a jamais
23:20été retrouvé.
23:21Jacques Viguier
23:22a été suspecté
23:23très rapidement,
23:24placé en garde à vue
23:25au bout d'une dizaine
23:26de jours seulement,
23:27placé en détention provisoire
23:28pendant plus de neuf mois
23:29et finalement,
23:31faute de preuve,
23:32il a été acquitté
23:32à deux reprises
23:34en première instance
23:34et en appel.
23:47Merci,
23:48Ronan Folgoas.
23:49Je rappelle que
23:49Cédric Jubilard
23:51est présumé innocent.
23:52Cet épisode a été produit
23:53par Thibaut Lambert,
23:54Marion Bottorel,
23:55Raphaël Pueillot
23:56et Clara Hage.
23:58Réalisation,
23:58Julien Moncouquiol.
24:00Code Source
24:00est le podcast
24:01d'actualité du Parisien
24:02disponible chaque soir
24:03du lundi au vendredi.
24:04Pour ne rater aucun épisode,
24:07abonnez-vous sur
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24:08Google Podcast
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24:11à nous écrire
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