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  • il y a 13 minutes
Avec Julien Chavanes, journaliste, spécialiste des sujets de société. Il a écrit plusieurs livres dont “L'autre visage de #MeToo”.

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##NOEPISODE##
Transcription
00:00Nous sommes avec Julien Chavannes, journaliste, auteur de ce livre L'Autre Visage de MeToo aux éditions HarperCollins
00:08où vous racontez un peu tout ce qu'on entend depuis 14 heures.
00:13Et vous êtes venu avec un de vos témoins dont vous parlez dans le livre, Philippe.
00:19Merci d'avoir accepté l'invitation, je suis ravie de vous recevoir. Bonjour.
00:23Bonjour et merci pour l'invitation. Vous laissez la possibilité de prendre la parole.
00:29Alors justement, pendant la pause, on parlait d'Eric qui ne va pas bien et qu'on était ravis d
00:36'entendre.
00:36Et on disait que peut-être un groupe de parole, ça pourrait l'aider aussi, parce que vous faites des
00:43groupes de parole, je crois.
00:44Oui, en tout cas, j'en ai fait.
00:47Oui, par rapport aux différents témoignages qu'on vient d'entendre,
00:53moi j'ai envie de porter une parole aussi sur les solutions, sur les thérapies, sur tous les moyens qui
01:00aujourd'hui commencent à être mis à notre disposition
01:02pour retrouver ce à quoi ils ont exprimé leur aspiration, de retrouver une vie, même si je n'aime pas
01:09ce terme, normale et espérer.
01:12En tout cas, aller mieux.
01:13Voilà, aller mieux.
01:13Et le groupe de parole, un groupe de parole, c'est quelque chose, une expérience effectivement extraordinaire.
01:21Déjà, c'est difficile, il faut le dire, pour un homme de trouver un groupe de parole.
01:25Il y a énormément de facilités.
01:26Et il faut que ce soit que des hommes dans un groupe de parole ?
01:29Non, l'expérience que j'ai eue avec une association qui s'occupe de ça, qui s'appelle L'Enfant
01:34Bleu,
01:34qui est une association assez connue, ce sont des groupes de parole mixtes.
01:40Et c'est quelque chose, oui, de vraiment très précieux, ce côté mixte.
01:47Dans le groupe de parole, ce côté mixte fait réaliser aux femmes que tous les hommes ne sont pas des
01:54agresseurs.
01:54Et lorsqu'on est un homme qui a été agressé, réussir à ne pas être identifié en tant qu'homme,
02:00systématiquement à l'image d'agresseur, et qu'on nous reconnaisse, nos stagions, nous aussi des victimes.
02:06C'est intéressant ce que vous dites dans votre livre, Julien Chavane,
02:09c'est que beaucoup d'hommes qui ont été agressés ont peur, une peur même viscérale, de devenir agresseur.
02:16Oui, c'est hyper répandu.
02:18C'était mon cas, et c'est encore un petit peu mon cas.
02:22D'autant plus lorsque l'agression survient à l'âge de 13 ans, comme ça a été mon cas,
02:28où le corps commence à peine à se transformer,
02:33et lorsque l'agression sexuelle est la première expérience que vous avez,
02:38et que votre corps change, vous vous dites,
02:39mais est-ce que je suis en train de me transformer en cet agresseur ?
02:44On commence à sentir nous-mêmes du désir,
02:47et on a cette peur et cette angoisse qui va s'ancrer par les agressions répétées qu'on reçoit,
02:52sur le fait de dire, mais non, je refuse cette transformation de mon corps,
02:55et je refuse de me transformer en cet agresseur.
02:58Donc, ça peut être assez fréquent chez les garçons.
03:01Vous avez été agressé par un médecin, Philippe,
03:05qui était donc votre médecin ?
03:10C'était le médecin traitant,
03:14mais c'était la première fois que j'allais chez lui,
03:18parce que je venais d'arriver à Paris.
03:19On venait de déménager, je venais de province, d'un petit village,
03:25et je vais aller le voir tout simplement pour faire un certificat médical,
03:29quoi de plus anodin, pour pouvoir faire du sport.
03:31Et là, on tombe sur un prédateur,
03:35puisqu'il avait vraiment un mode opératoire,
03:38un mode opératoire pour écarter le parent.
03:42Oui, pour être seul avec vous, bien sûr.
03:43Pour être seul avec moi, à de multiples reprises,
03:47et dès qu'il a eu l'occasion,
03:50il m'a prescrit des séances de kiné avec lui.
03:55Dont vous n'aviez pas besoin ?
03:56Dont je n'avais absolument pas besoin.
03:58Et les agressions ont commencé dès la première fois.
04:00Mais il avait réussi à convaincre votre mère ?
04:03Mon père, mon père était veuf.
04:06Il a réussi à convaincre mon père.
04:08Il a réussi à convaincre mon père
04:09que ce n'était pas la peine qu'il vienne à chaque fois,
04:11parce que ça serait trop lourd pour lui,
04:13et qu'il pourrait tout payer à la fin, les séances.
04:15Bien sûr, oui.
04:15Donc voilà, il écarte le parent.
04:19Et ensuite, le droit à l'accès au corps du médecin.
04:24Voilà, donc déshabillez-vous, puis voilà.
04:28Oui, puis comme par hasard, tout nu,
04:30alors qu'on peut garder son slip pour faire des séances de kiné.
04:32Voilà, et les agressions ont commencé dès la première fois
04:35et au bout de cinq minutes.
04:38Voilà.
04:38Et comme le disait Franck tout à l'heure,
04:41vous n'avez pas pu en parler à votre père ?
04:43Non, on n'en parlait pas.
04:45À l'époque.
04:46Et puis, on venait d'arriver à Paris,
04:48donc je n'avais aucun ami, complètement isolé.
04:51Quand vous vous êtes agressé sexuellement,
04:53Philippe, vous avez un peu l'impression, quelque part,
04:56que c'est un médecin,
04:58donc il a le droit d'utiliser votre corps,
05:01ou est-ce que vous avez conscience, quand même,
05:03que ce qu'il fait, il dépasse une limite ?
05:07J'ai conscience immédiate,
05:09qu'il dépasse une limite, mais...
05:12La sidération.
05:13La sidération.
05:14Il faut en parler, oui, parce que...
05:16Lorsque j'ai réussi à en parler à l'âge à peu près de 50 ans,
05:19il faut du temps pour réussir à en parler.
05:22La première réaction des gens à qui j'en ai parlé,
05:24mais pourquoi tu ne t'es pas défendu ?
05:26Mais oui, ne pas sous-estimer la sidération.
05:29On est sidéré.
05:31On n'ose plus bouger.
05:33Et là, le comble de la perversité pour lui,
05:36un des mécanismes qui a été évoqué,
05:39qui est le...
05:41Je ne trouve plus le terme.
05:42La dissociation.
05:43La dissociation.
05:44Moi, mon agresseur était pervers,
05:46il m'empêchait de me dissocier,
05:47en me parlant, en me posant des questions,
05:50pour m'ancrer dans le présent.
05:53Et de vraiment subir ce qu'il me faisait subir.
05:56Donc il jouissait de voir votre sidération.
05:58Voilà, de la domination et de...
06:00C'est ça.
06:00Voilà.
06:01Comme tout pervers, bien pervers, oui.
06:04Voilà.
06:04Je voudrais juste dire à ceux qui nous écoutent
06:06cette histoire de sidération.
06:08Quand on vit un trauma,
06:11quand on vit un choc violent,
06:13on a trois possibilités.
06:14La fuite, l'agression ou la sidération.
06:18C'est complètement démontré.
06:21L'être humain a ces trois possibilités.
06:24D'ailleurs, chez l'animal, on le voit aussi,
06:26puisque souvent, la pauvre souris qui est face au serpent,
06:29elle est sidérée, elle reste figée.
06:33Donc c'est quelque chose qui est...
06:36D'ailleurs, il y a des femmes qui se font violer à l'âge adulte
06:39et qui sont, pareil, sidérées et qui ne font rien
06:42et qui se laissent violer par leurs petites amies
06:46parce qu'elles sont dans la sidération.
06:47Donc ça, c'est vraiment quelque chose qu'il faut qu'on comprenne.
06:50Parce que si on n'accepte pas de comprendre ça,
06:52on ne va pas pouvoir avancer sur ces sujets
06:56qui sont tellement importants.
06:58Je vous propose qu'on fasse une petite pause le temps des infos
07:02et puis on vous redonnera la parole tout de suite après.
07:13Nous sommes toujours avec Julien Chavanne,
07:17journaliste, auteur de ce livre
07:19« L'autre visage de MeToo »
07:21aux éditions HarperCollins
07:22où vous racontez beaucoup de choses
07:26sur les viols, sur les abus, sur enfants
07:29et tout particulièrement sur les petits garçons.
07:32On ne va pas dire sur les hommes
07:34parce que les trois quarts du temps,
07:35c'est avant, j'ai envie de dire, 13 ans.
07:39Oui.
07:40C'est un peu l'âge où, en effet,
07:42on n'est pas encore tout à fait adolescents
07:45et donc les prédateurs savent les manipuler.
07:55Il y a une sorte de manipulation
07:57dont on a déjà entendu parler dans la première heure.
08:01Philippe est toujours avec nous.
08:03Vous avez été abusé par un médecin.
08:07Comment vous vous êtes rencontrés, justement, tous les deux ?
08:10J'ai passé un appel à témoignage
08:11au tout début de l'enquête sur ce sujet.
08:13Un peu comme, puisque le MeToo garçon
08:15était passé par Internet et par les réseaux sociaux,
08:17j'ai moi-même fait un appel à témoignage
08:18et j'ai été assez surpris
08:20du nombre de réponses que j'ai pu avoir.
08:22Et très vite, j'ai été en contact avec Philippe.
08:24On a eu une première conversation très longue.
08:27où j'ai déjà été hyper touché, impressionné
08:30par tout ce qu'il avait entrepris
08:32pour aller mieux,
08:33pour se battre contre le psychotrauma.
08:36J'ai senti beaucoup d'émotions dans sa voix
08:37et une grande méthode, c'est un scientifique, Philippe.
08:40Donc, j'étais déjà très séduit, je dois dire,
08:43par sa personnalité.
08:44Et au bout de la conversation, en fait,
08:45il m'explique que dans un processus
08:47de justice restaurative par procuration,
08:49il est, à l'instant où il me parle,
08:50en train de suivre l'intégralité
08:52du procès Le Squarnec,
08:53du premier jusqu'au dernier jour.
08:54Alors, le procès Le Squarnec,
08:56c'est un chirurgien breton
09:00qui a abusé je ne sais combien de...
09:02Plus de 300 victimes.
09:04Exactement, oui.
09:05Et c'est le fait que c'était un...
09:07quelqu'un qui était dans le...
09:09le médecin, c'est ça qui vous a donné envie
09:11d'aller assister à ce procès ?
09:13Tout à fait.
09:14Tout à fait, car dans mon cas,
09:17je n'aurai pas de procès,
09:18puisqu'il y a prescription.
09:21Il y a également cet aspect
09:24justice restaurative,
09:26dans lequel je suis inscrit,
09:28et sur lequel je peux inviter vos auditeurs
09:31à aller voir le film.
09:31Je verrai toujours vos visages,
09:33qui écris bien ce qu'est la justice restaurative.
09:36Très joli film, c'est une sorte
09:37de groupe de parole.
09:38Tout à fait.
09:39Mes groupes de parole
09:40entre agresseurs et agressés.
09:42C'est ça, oui.
09:46Et dans ce cadre-là,
09:49comme pour l'instant,
09:50je n'ai pas encore eu accès
09:51à ce groupe de parole spécifique
09:53entre agresseurs et agressés,
09:54parce que c'est long à mettre en place,
09:56il y a eu cette opportunité
09:57du procès Le Squarnec,
09:59où il s'agit aussi d'un médecin.
10:03Et donc j'ai ressenti
10:04le besoin d'aller me confronter
10:07par procuration à cet agresseur,
10:09qui aurait pu être le mien,
10:10parce que c'est pareil,
10:11c'est dans le cadre médical,
10:13qui agresse des enfants.
10:15Et dans le processus de reconstruction,
10:17il y a les gros deux paroles,
10:18mais il y a également la justice restaurative.
10:22Et ça m'a fait énormément de bien
10:24pendant trois mois
10:26d'écouter les autres victimes,
10:29mais également de l'écouter lui.
10:31Ce qui fait du bien, Philippe,
10:33c'est parce que du coup,
10:33on se sent moins seul,
10:35on se sent moins isolé,
10:36on se dit, je ne suis pas le seul.
10:38Alors ça, c'est le côté groupe de parole.
10:40Le fait d'être avec d'autres victimes
10:42et de dire, je ne suis pas seul,
10:44je peux être compris,
10:45et je peux être assumé
10:48avec eux, ensemble.
10:49Mais on sait le pouvoir
10:51d'une communauté
10:53chez l'être humain.
10:54Donc moi, je peux comprendre
10:55que le fait de voir
10:56qu'il y a autant de victimes,
10:58ça peut nous permettre
10:59de nous sentir mieux.
11:01Le procès, j'y allais
11:02non pas pour voir les victimes,
11:04parce que j'avais déjà fait partie
11:05d'un groupe de parole,
11:06mais c'était pour écouter l'agresseur,
11:08pour comprendre ce qui m'était arrivé.
11:11Et alors, qu'est-ce que vous avez compris,
11:13alors justement,
11:14en évitant ce pervers ?
11:16Ce que je suis allé chercher,
11:18on a parlé juste avant
11:19du fait qu'on pouvait se sentir
11:21avoir peur d'être soi-même
11:22un agresseur,
11:24lorsque, petit garçon,
11:26on a été agressé par un homme.
11:28Et ce que je suis allé chercher,
11:29c'est cette différence
11:30entre lui et moi.
11:31L'écouter, le voir...
11:33C'est la perversité.
11:34Oui, mais il ne suffit pas juste
11:37de l'intellectualiser,
11:38la vivre pendant trois mois,
11:40le voir, l'entendre, l'écouter.
11:42Et qui a été un procès extraordinaire,
11:45grâce aussi à son avocat,
11:47Maxime Tessier,
11:48que je salue,
11:50parce que vous savez,
11:52qu'il s'est suicidé après le procès.
11:54Mais qui a fait de ce procès
11:56un véritable acte de justice restaurative,
11:58où le soir-nec a demandé pardon,
12:01expliquait à chaque fois
12:02ses gestes,
12:04comment il faisait,
12:05ce qu'il pensait,
12:06son mécanisme.
12:06Est-ce qu'il avait l'air sincère
12:07quand il demandait pardon ?
12:08Ça, il n'y a que lui
12:10qui peut savoir dans sa tête.
12:12Mais qu'est-ce que vous ressentiez, vous ?
12:13Là, je préfère sincèrement
12:15ne pas y répondre,
12:16parce que là,
12:17c'est pardon aller vers les victimes.
12:18Moi, je ne suis pas sa victime à lui.
12:20Moi, ce qui m'intéressait,
12:21je ne veux pas m'exprimer
12:22à la place de ses victimes à lui,
12:24vis-à-vis de son pardon à lui,
12:26de lui demander pardon.
12:27Par contre,
12:27ce que je veux bien m'exprimer,
12:28c'est qu'est-ce que j'ai vu dans sa tête,
12:31et qui est différent de moi,
12:32victime,
12:33qui a peur d'être agresseur.
12:34Alors, qu'est-ce que vous avez vu, justement ?
12:35Ce que j'ai vu, c'est que moi,
12:37j'ai peur d'ouvrir la porte
12:39et de me dire,
12:40si ça se trouve,
12:41il y a Mr. Hyde
12:43qui se trouve en moi
12:44derrière cette porte,
12:46et lorsque j'ai, voilà,
12:48envie d'avoir des relations amoureuses,
12:51des relations intimes,
12:52j'ai peur d'ouvrir cette porte
12:53en me disant,
12:53il y a peut-être Dr. Hyde qui est derrière.
12:57Et lui, la différence,
12:58c'est qu'il sait,
12:59il est là, son Hyde,
13:01et il lui ouvre la porte volontairement.
13:04Il le protège,
13:06il le nourrit.
13:07Et ça, c'est fondamentalement différent
13:09entre...
13:10Alors, c'est moi qui vais le dire,
13:12donc je pense que son pardon,
13:14il n'est pas très sincère.
13:15Mais ça, c'est moi qui le dis,
13:16ce n'est pas vous.
13:16On est d'accord.
13:18Mais au cours du procès LeSquarnet,
13:20il y a quand même eu un effort,
13:21et notamment par l'avocat de LeSquarnet,
13:23d'ouverture.
13:25Effectivement, lui était très...
13:26Il parlait peu,
13:28de manière pas toujours très audible.
13:30On a vu que même dans son processus
13:34de discussion,
13:36il y avait encore des effets
13:37de perversité assez clairs.
13:39Mais en tout cas,
13:40ça a permis d'avoir un procès
13:42sur la longueur,
13:43dans lesquels les victimes
13:44ont aussi pu s'exprimer,
13:45et où lui n'a pas été
13:47dans une démarche
13:47de déni et de rejet.
13:49En tout cas, assez rapidement,
13:50il a reconnu les faits,
13:52et ensuite,
13:52les choses ont pu se dérouler
13:54avec un peu plus de sérénité.
13:55Mais après,
13:56il y a plein de choses à dire
13:56sur le procès en lui-même.
13:58Mais ce qui est important,
13:59c'est ça, je pense,
14:00pour Philippe,
14:01c'est de mettre la distance
14:02qu'il était venu rechercher.
14:04Et par ailleurs,
14:04tu dis que
14:06tu as peut-être un hide
14:07derrière la porte,
14:07alors que par ailleurs,
14:08tu as parfaitement conscience
14:09que le hide n'est pas là,
14:11en réalité.
14:12Et ça, c'est ce que disent
14:13aussi les spécialistes,
14:14c'est-à-dire que
14:15les hommes qui ont peur
14:16de devenir agresseurs
14:17et qu'ils le formulent,
14:17qu'ils sont en capacité
14:18de le formuler,
14:20ils sont déjà au contact
14:21de ce qu'ils ont vécu,
14:22de leur psychotrauma,
14:23et donc, quelque part,
14:24ils s'en préservent,
14:25ils s'en protègent.
14:26Oui, mais c'est tout
14:27le problème d'ailleurs
14:28du refoulement
14:29quand on est...
14:30Exactement.
14:32Avoir un fantasme,
14:33ce n'est pas un passage
14:34à l'acte.
14:34Et les spécialistes
14:35des agresseurs sexuels
14:36disent bien que
14:37ce qui préserve
14:38le passage à l'acte,
14:39c'est la capacité
14:40à formuler
14:40et de rentrer en thérapie.
14:41C'est en fait le soin.
14:43Voilà.
14:43Donc, il y a même
14:45des lignes ouvertes maintenant
14:46pour ce qu'on appelle
14:47les pédophiles abstinents,
14:48etc.
14:48La possibilité de formuler...
14:49J'avais rencontré
14:50une psychologue
14:51qui travaille justement
14:52en prison
14:53avec des personnes
14:55qui ont été agresseurs
14:57et elle me disait bien
14:59sur 10 agresseurs,
15:01il y en a 5
15:02qui sont insauvables.
15:04Dans le déni ?
15:05Oui,
15:06et puis qui sont
15:06de toute façon
15:06qui ne regrettent absolument pas.
15:08Parce que pour être sauvé,
15:09il faut regretter
15:10ce qu'on a fait.
15:10Sinon,
15:11si on s'en fout,
15:12ça veut dire
15:13qu'on est prêt
15:13à recommencer.
15:15Il y en a au moins
15:16la moitié
15:17qui sont de toute façon
15:18insauvables.
15:19Et donc,
15:20ça vous a fait du bien.
15:21Ah oui, énormément.
15:23ça m'a permis
15:24de me réconcilier
15:27en partie
15:28avec moi-même
15:28et avec mon corps.
15:31Accepter
15:31les signaux
15:32que m'envoie mon corps
15:33lorsque mon corps
15:34désire,
15:36et se dire
15:37que je peux
15:38les accepter
15:38parce que
15:39je ne vais pas
15:40agresser
15:41et donc
15:41cette réconciliation
15:43est importante.
15:44Et ça vous met
15:45plus à l'aise
15:45avec votre corps
15:46et j'imagine aussi
15:47avec le corps
15:48d'un ou d'une partenaire.
15:50parce qu'obligatoirement
15:52si on est plus à l'aise
15:53avec son corps,
15:54on se fait confiance
15:54et on ose
15:56se laisser aller
15:57dans une relation intime.
15:59C'est bien écrit
16:01dans le livre
16:03de Julien.
16:05j'ai eu énormément
16:06de difficultés
16:07comme vous pouvez
16:08avoir à la vie intime
16:09et surtout
16:10ces derniers temps
16:11et ça allait
16:12où les rares fois
16:14où j'ai essayé
16:15je faisais des malaises,
16:16je faisais des syncopes,
16:17je tombais dans les pommes,
16:19ça n'allait pas,
16:20je faisais des crises
16:20de tétanie
16:21parce qu'il y avait
16:21cette angoisse
16:22de se confronter
16:23en fait
16:24au désir,
16:25au plaisir
16:26et à la peur
16:27d'en être transformé
16:29mais négativement.
16:31Merci de votre témoignage,
16:34vraiment merci,
16:35merci beaucoup.
16:36Dans un instant
16:37on va parler d'autre chose,
16:38on va être avec notre
16:39SOS expert
16:40mais on continuera
16:42un petit peu après
16:44et on donnera la parole
16:46à ce moment-là
16:46à Gaël
16:47qui est un homme
16:48qui a aussi été agressé,
16:49qui a fait un grand travail
16:50et qui pourra peut-être
16:52d'ailleurs échanger
16:53avec vous Philippe
16:54parce que je crois
16:54qu'il a eu aussi lui
16:55par moment
16:57cette sensation
16:58de pouvoir être violent
17:00il nous racontera ça
17:00tout à l'heure.
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