Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 24 minutes
Avec Jean-Loup Mercier, Président et bénévole, de l’association Solidarité Paysans Poitou-Charentes
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##LA_VIE_EN_VRAI-2026-09-28##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03La détresse, c'est la souffrance des agriculteurs avec la sécheresse qu'ils ont vécu cet été également, l'explosion
00:10des prix des carburants.
00:11Ils sont de plus en plus nombreux à demander de l'aide.
00:14Selon les chiffres du ministère de l'Agriculture, au moins 10% des exploitations seraient aujourd'hui en grande difficulté.
00:20Jean-Louis Mercier, bonjour.
00:24Bonjour Jean-Louis Mercier.
00:26Bonjour.
00:26Et merci d'être avec nous sur Sud Radio ce matin.
00:28Vous êtes président bénévole de Solidarité Paysan, Poitou-Charentes.
00:33Solidarité Paysan, c'est un réseau national d'associations qui vient en aide aux agriculteurs en difficulté.
00:40Concrètement, déjà, expliquez-nous comment votre association les accompagne, les soutient, ces agriculteurs en difficulté.
00:47Alors, bonjour.
00:48D'abord, effectivement, Solidarité Paysan accompagne des agriculteurs en difficulté.
00:54Nous, nous les accompagnons sur toutes les facettes de leur vie, c'est-à-dire qu'autant sur le plan
01:01social que sur le plan économique, sur le plan technique.
01:05On essaye d'être à leur côté quand ils nous font appel pour essayer de les sortir de là.
01:14Parce que souvent, la problématique, c'est souvent qu'il n'y a pas qu'un problème technique.
01:19Il y a des problèmes familiaux, des problèmes qui viennent, comment dire, tromper un peu le bien-être et l
01:31'envie de se battre pour s'en sortir.
01:36De trouver les forces de s'en sortir, qui plus est, avec les difficultés qui s'ajoutent les unes aux
01:42autres, qui se multiplient.
01:43Votre réseau associatif a été créé en 1992. C'est bien cela, Jean-Louis ? Merci.
01:48Oui, c'est vrai.
01:49Est-ce que vous notez, cette année, une hausse des demandes d'accompagnement ? Est-ce que 2026 est une
01:55année à part, selon vous ?
01:57Alors, on ne peut pas dire ça complètement, mais effectivement, on a plus de cas que dans les années passées.
02:06Mais en même temps, quand on voit la situation, on ne s'en étonne pas trop.
02:14Comme vous l'avez dit en début, il y a les augmentations du prix de revient des matières premières.
02:22Alors, notamment par l'augmentation du pétrole qui, aujourd'hui, vient plomber complètement tous les intrants.
02:30Et puis, le réchauffement climatique qui, cette année, a passé un cap.
02:34Enfin, je crois que tous ceux qui sont sceptiques devraient quand même regarder un petit peu les choses.
02:41Et 2026 a vraiment été quelque chose d'horrible pour l'agriculture dans son ensemble.
02:47C'est ce que vous sentez quand vous recevez ces agriculteurs en difficulté qui viennent frapper à votre porte,
02:55à la porte, en l'occurrence, de cette association Solidarité Paysan ?
02:59Alors, ben oui. Là, aujourd'hui, toutes les productions sont concernées.
03:05Vous imaginez un peu les maraîchers, les difficultés qu'ils ont pu avoir aujourd'hui, cette année, à produire des
03:12légumes.
03:14Les éleveurs qui, aujourd'hui, n'ont plus de fourrage et qui veulent en acheter, le fourrage est hors de
03:19prix, souvent très loin.
03:21En fait, pour eux, ça ne vaut même pas le coup d'acheter du fourrage.
03:25Il vaut mieux qu'ils vendent leur bête, ce qui est quand même un peu dommage.
03:28On en est là aujourd'hui ? Vous avez des éleveurs qui sont obligés de vendre leur bête parce qu
03:31'ils n'ont pas assez de fourrage ?
03:33Ils n'ont pas de fourrage pour tenir l'hiver ?
03:34Oui, oui. On en est là, oui. Les fourrages ont quadruplé en prix depuis l'an dernier, donc forcément, et
03:42déjà, on n'en trouve pas beaucoup.
03:45Mais il a quadruplé depuis l'an dernier, donc comment voulez-vous qu'ils s'en sortent ? Ce n
03:49'est pas possible.
03:50Et les céréales, c'est pareil. Toutes les cultures d'été, tournesol, c'est des rendements catastrophiques.
04:00Voilà, on parle dans les céréales, on parle de rendements souvent inférieurs à 30, à 50 %, donc on n
04:07'est plus dans des petits chiffrages, on est dans des choses gravissimes.
04:13Gravissimes, ça veut dire qu'aujourd'hui, vous avez des agriculteurs qui viennent vous voir en vous disant, moi, de
04:19toute façon, j'arrête, je jette l'éponge, c'est terminé pour moi ?
04:23Il y en a. Alors nous, on essaie de les réconforter aussi, de leur dire qu'on va trouver une
04:28solution.
04:29Et qu'on va essayer de s'en sortir quand même. On n'est pas là pour...
04:34On est là, au contraire, pour essayer de garder sur le territoire des agriculteurs qui maintiennent une vie dans les
04:40campagnes, qui nous paraît quelque chose d'important.
04:45Ils en pensent quoi des aides débloquées par le gouvernement ?
04:48Alors on a cette prolongation de l'aide GNR au gasoil non routier pour les agriculteurs, ce plan de soutien
04:53de plus d'un milliard d'euros.
04:56Ils en pensent quoi ? Vous, vous êtes en contact avec eux directement.
04:58Comment ils ont réagi en apprenant que ces aides allaient être débloquées ?
05:02Ils ont un peu plus confiance en l'avenir ou pas du tout ?
05:06Alors je ne pense pas que ce soit le plan qui leur redonne confiance, mais malheureusement.
05:13Je vais vous donner un chiffre. Pour le département de la Charente, on a 1 500 000 euros pour 4
05:19500 agriculteurs.
05:21Vous faites la division, alors bien sûr, on va en enlever quelques-uns, on va trouver les plus diminuies.
05:29Mais je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'agriculteurs qui aient beaucoup plus de 1 000 euros.
05:33Et 1 000 euros sur une exploitation, c'est rien.
05:37Comment vous arrivez à redonner confiance finalement vous-même, Jean-Louis Mercier, à vous entendre ?
05:43Quand même, le tableau est très sombre.
05:45Comment vous arrivez, vous, avec votre association Solidarité Paysans,
05:49justement à leur redonner foi dans l'avenir et à les aider, justement à les soutenir pour qu'ils repartent
05:54de l'avant ?
05:57Eh bien, des beurres, c'est beaucoup plus facile à faire quand ils nous appellent très tôt.
06:02Mais ça, tous les gens qui accompagnent les autres vous diront la même chose.
06:06C'est-à-dire que quand on arrive tard dans les problèmes, c'est beaucoup plus compliqué.
06:13Bien sûr.
06:14Quand on n'a pas trop de retard et qu'on arrive déjà à ce moment-là, on arrive à
06:20trouver des solutions.
06:21On va voir le banquier, on va parfois faire des règlements judiciaires qui ne sont pas forcément non plus quelque
06:30chose d'immonde.
06:32Il y a tout le monde un droit d'avoir dans sa vie d'entrepreneur des petits moments difficiles.
06:38Et puis d'ailleurs, je voulais juste dire qu'il n'y a pas de honte à avoir des problèmes.
06:44Et il n'y a pas de honte à demander de l'aide.
06:49C'est en fait le plus important dans notre association et dans tous les gens qui accompagnent les autres.
06:56C'est effectivement qu'on puisse intervenir le plus tôt possible.
07:01Il n'y a pas de question de fierté à un moment.
07:02Si on a besoin d'aide, il faut y aller.
07:04C'est aussi simple que ça.
07:05Jean-Loup, merci.
07:06Je rappelle que vous êtes président de l'association Solidarité Paysans Poitou-Charentes.
07:10C'est un réseau national.
07:11Il y en a un peu partout dans toutes les régions.
07:13C'est l'association Solidarité Paysans.
07:16N'hésitez pas, si vous avez besoin, à les contacter.
07:18Jean-Loup, merci.
07:19Un grand merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
07:21Bonne journée à vous.

Recommandations