00:00Europe 1, Pascal Praud et vous.
00:04À 16h15, c'est votre émission du lundi au vendredi, coup de cœur, coup de gueule et nous inaugurons cette
00:11saison les personnalités politiques avec lesquelles vous allez pouvoir échanger durant toute l'année, année particulière.
00:17On est avec Sébastien Chenu, vous le savez, Astrid a 40 ans, elle habite en Bretagne.
00:22D'ailleurs, je ne vous ai pas demandé dans quelle ville vous habitez, Astrid ?
00:25À Rennes, à côté de Rennes.
00:27À Rennes, vous avez six enfants, votre mari est plombier et vous interrogez M. Chenu, vous regrettez que l'ERN
00:34ne sorte pas dans l'Europe.
00:36Vous êtes sur la position du Frexit qui est parfois défendue par Philippe de Villiers.
00:40Sébastien Chenu.
00:42Bonjour madame.
00:43Écoutez, moi d'abord je comprends le questionnement que vous pouvez avoir vis-à-vis de l'Union Européenne.
00:49Moi j'ai toujours été un eurosceptique, j'ai voté contre tous les référendums facilitant la création de ce type
00:57d'Union Européenne.
00:58Et c'est vrai qu'elle ne me donne pas satisfaction.
01:01Aujourd'hui dans le paysage politique, force est de constater que personne, en tous les cas dans les candidats à
01:06la présidentielle annoncés,
01:07pouvant possiblement candidater et en tous les cas ayant une chance non nulle d'être élu,
01:14personne ne présente, ne propose le Frexit. De l'extrême gauche à la droite patriote, personne ne propose le Frexit
01:24aujourd'hui.
01:26Il n'y a que le leuvent de Florian Philippot qui était d'ailleurs au Rassemblement National.
01:30Oui, alors c'est pour ça que j'ai précisé, personnalité politique pouvant aujourd'hui atteindre 500 signatures
01:33et étant en capacité de se qualifier pour la présidentielle.
01:37Il y a des acteurs politiques en France qui le proposent, mais aujourd'hui ils ne sont pas en capacité
01:42de pouvoir,
01:42en tous les cas probablement être candidats eux-mêmes et encore moins gagner cette élection présidentielle.
01:48Le coût politique d'un Frexit, il serait, et c'est ce qui nous avait amené à renoncer à la
01:52sortie de l'euro,
01:53il serait très important et c'est probablement ce qui a été le plus déterminant.
01:58C'est-à-dire qu'entre les nouvelles formalités, les droits de douane, la baisse des échanges avec les autres
02:04pays européens,
02:05on exporte chaque année plusieurs centaines, chaque trimestre même,
02:08puisque c'est examiné par trimestre, plusieurs centaines de milliards avec les autres pays européens,
02:14les perturbations dans les chaînes de production que ça pourrait engendrer
02:16nous ont amené à se dire qu'il fallait plutôt revoir les règles du jeu de l'Union européenne.
02:23Parce que l'Union européenne c'est vraiment ce qu'on en fait en réalité, on accepte ou pas des
02:26règles.
02:26Alors Emmanuel Macron, lui, il accepte toutes les règles, il veut être le meilleur élève,
02:29il accepte qu'on soit des contributeurs parmi les contributeurs les plus importants,
02:34qu'on ait une contribution nette, qu'on donne 25 milliards d'euros et qu'on nous en rende beaucoup
02:39moins.
02:40Donc il a accepté ces règles du jeu.
02:41Bah nous, on n'accepte pas ces règles du jeu et on a des leviers.
02:45Et on compte les utiliser, ces leviers.
02:47C'est compréhensible pour les gens.
02:47Cette affaire de données, on donne 25 milliards à l'Union européenne.
02:51Qui nous en redonne.
02:52Oui, alors ça, pour les gens, ils ne comprennent pas.
02:54Donc ces 25 milliards, on les donne pour qui ?
02:56On contribue. C'est la contribution de la France.
02:58La France contribue comme tous les pays.
03:00Elle a une contribution qui est calculée en fonction de sa richesse, de son PIB, etc.
03:05Donc on contribue à un budget commun.
03:06Et puis ensuite, l'Union européenne mène des politiques que nous pouvons et que nous ne manquons pas de contester.
03:12Elle mène des politiques, notamment par exemple en matière agricole.
03:15Nous, on considère qu'on préférait gérer nous-mêmes cet argent pour gérer notre politique d'aide à nos agriculteurs
03:21plutôt que l'Union européenne ne le fasse.
03:23On conteste le fait que l'Union européenne puisse mener la politique agricole.
03:27Donc il y a des domaines dans lesquels on pense que c'est plus simple que les États coopèrent entre
03:31eux.
03:32Il n'y a pas besoin de l'Union européenne pour venir interférer dans les échanges entre les États.
03:35Il y a des domaines dans lesquels on pourrait penser par exemple sur le narcotrafic et la gestion des frontières
03:40extérieures.
03:40Que si l'Union européenne se donnait les moyens, elle pourrait peut-être avoir une efficacité en cela.
03:45Il y a des domaines dans lesquels on pense que c'est aux politiques nationales,
03:49gestion de l'immigration par exemple, dans le cas des frontières nationales,
03:53et bien c'est aux États de décider qui a le droit d'entrer, sortir, rester sur le sol français.