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  • il y a 27 minutes
Ce mercredi 23 septembre, les risques existentiels sur l'intelligence artificielle devenue incontrôlable qui pourraient faire peser sur l'humanité des menaces ont été abordés par Anthony Morel, dans Culture IA, dans l'émission Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Voilà un petit jingle comme ça dans la figure le matin pour se réveiller.
00:03Anthony Morel en ce moment parle beaucoup des risques existentiels sur l'intelligence artificielle
00:08devenu incontrôlable, qui pourrait faire peser sur l'humanité des menaces.
00:13Peut-être que le vrai danger finalement c'est l'utilisation de l'IA par l'homme
00:19pour décupler ses capacités de nuisance quand même, on est bien dans cette ambiance.
00:24C'est ce qui ressort en tout cas d'un rapport publié par Anthropique.
00:26Oui, rapport qui fait un peu froid dans le dos, je dois vous le dire, qui fait à peu près
00:29150 pages
00:30et qui recense toutes les utilisations les plus extrêmes, les plus dangereuses de l'intelligence artificielle
00:36par des êtres humains. On ne parle pas d'une IA autonome devenu incontrôlable.
00:40Non, c'est des humains, j'allais dire des criminels en puissance, mais même pas forcément,
00:43ça peut être juste des gens inconscients, des gens qui testent aussi les limites de l'intelligence artificielle.
00:47Et c'est vrai que les résultats sont un peu effrayants.
00:50Alors, ceux qui font le plus peur, pardon d'ajouter à l'ambiance un petit peu anxiogène du moment,
00:54mais c'est pour tout ce qui concerne les armes biologiques.
00:58Anthropique recense au moins cinq cas où des scientifiques ont utilisé son intelligence artificielle,
01:04Claude, pour essayer de rendre des virus existants plus dangereux qu'ils ne le sont.
01:09Donc, il cite l'exemple de scientifiques qui ont utilisé Claude, par exemple,
01:11pour demander une subvention pour travailler sur un gain de fonction du chikungunya,
01:16donc pour rendre le chikungunya plus transmissible qu'il ne l'est déjà aujourd'hui.
01:20Ou encore ce scientifique qui a échangé des milliers de fois avec Claude
01:24sur une grippe aviaire hautement pathogène pour étudier des mutations
01:28qui permettraient au virus de devenir plus transmissible.
01:30On ne sait pas, attention, ça peut être des scientifiques qui veulent travailler
01:33sur des nouvelles générations de vaccins, mais on n'en sait rien.
01:35Donc, les comptes ont été supprimés.
01:37Il y a aussi l'utilisation de l'IA par des États à des fins de surveillance
01:40ou pour des applications de défense.
01:43Alors là, Anthropique cite le cas des services de renseignement du Mali
01:46qui ont utilisé Claude Code pour créer un système qui serait capable
01:49de surveiller 25 millions de cartes SIM pour pouvoir intercepter
01:53n'importe quelle conversation, n'importe quel SMS.
01:55Donc là, on est sur de la surveillance généralisée.
01:57Il cite également une équipe de développeurs basée en Russie
02:01qui a utilisé Claude pour concevoir des essaims de drones autonomes kamikazes.
02:04Donc ça, c'est dans le domaine de la défense.
02:06Et puis, il y a aussi tout ce qui est désinformation et opérations d'influence.
02:10Et là, le rapport cite une agence de pub française
02:13qui a utilisé Claude pour générer près de 9000 articles politiques
02:17divers et variés pour le compte de différents gouvernements.
02:20Anthropique parle de propagande as a service.
02:23Mais attendez, quand on demande des choses comme ça
02:25à l'intelligence artificielle qui sont aussi dangereuses,
02:27elle n'est pas censée refuser de répondre ?
02:30Si. Alors, en théorie, il y a des garde-fous.
02:32Effectivement, quand on pose des questions,
02:33notamment qui ont trait au sujet de sécurité informatique,
02:37d'armes biologiques,
02:38soit l'IA refuse tout net de répondre
02:40ou alors la réponse qui va être donnée va être rendue
02:43par un modèle d'IA moins performant
02:45pour qu'on ne puisse pas en faire grand-chose d'une certaine manière.
02:47Sauf que ces garde-fous, c'est toujours pareil.
02:50Ils sont contournables.
02:51Alors, Anthropique cite l'exemple d'un groupe armé au Yémen
02:54qui a voulu utiliser Claude
02:56pour l'aider à concevoir un missile à longue portée.
03:00Et donc, évidemment, si vous demandez à l'IA
03:02« Aide-moi à concevoir un missile à longue portée »,
03:03elle ne va pas vous répondre, elle va refuser.
03:05Sauf qu'en fait, on peut être beaucoup plus subtil que ça.
03:07Si vous fragmentez votre conversation
03:10en plein de mini-conversations
03:11avec des questions qui sont apparemment anodines,
03:14du genre « Aide-moi à corriger cet algorithme de navigation »,
03:16ça, on peut s'en servir pour un missile,
03:18mais on peut s'en servir pour tout à fait quelque chose d'autre.
03:20Et donc, du coup, si vous mettez plein de petites conversations anodines
03:23et qu'à la fin, vous les regroupez,
03:24en fait, l'IA ne voit pas forcément...
03:26Elle voit les pièces du puzzle,
03:27mais elle ne voit pas le puzzle global,
03:29elle ne voit pas l'objectif caché.
03:31Et donc, ça, ça permet d'atteindre des objectifs
03:33qui sont parfois inavouables.
03:34Là, on parle des cas qui ont été, entre guillemets,
03:38« attrapés » par Anthropique,
03:39mais certains sont probablement passés entre les mailles du filet.
03:41Bah oui, parce que si on additionne les politiques,
03:43les révolutionnaires, les criminaires, les testeurs et les inconscients,
03:45comme vous dites, ça fait quand même...
03:46Ça fait beaucoup.
03:47Ça commence à faire beaucoup de monde.
03:48Et dans ce cas-là, qu'est-ce qui se passe ?
03:49On prévient la police ?
03:50Alors oui, dans certains cas,
03:52la première étape, c'est que les comptes sont supprimés
03:54et on fait en sorte qu'ils ne puissent pas être recréés.
03:56Du genre, le compte sur le chikungunya,
03:58bon, s'il est supprimé et que le lendemain,
03:59il y a d'autres questions un peu bizarres sur le chikungunya.
04:01On dit « bon, bah non, c'est bizarre, on resupprime le compte ».
04:03Bon, très bien.
04:04Et effectivement, les forces de l'ordre peuvent être prévenues.
04:07Alors, c'est Open AI,
04:08c'est pas Anthropique qui avait expliqué tout leur processus.
04:10En gros, le fait que nos conversations sont en fait analysées en permanence
04:14et que s'il y a des choses un peu louches qui ressortent,
04:17eh bien, à ce moment-là, ça peut remonter jusqu'aux forces de l'ordre.
04:19En France, on a eu un cas il y a quelques mois
04:21où un homme a été arrêté par le RAID à Strasbourg
04:23après avoir demandé à Tchad GPT
04:25comment tuer un agent du renseignement.
04:27Donc voilà, ça fait partie aussi des utilisations
04:29de l'intelligence artificielle.
04:30Alors, le truc, c'est que lorsque ce sont des individus,
04:33c'est assez facile finalement.
04:35Lorsque ce sont des États qui se servent de l'IA,
04:37encore une fois, par exemple, à des fins de surveillance,
04:39qui est-ce que vous voulez prévenir ?
04:40C'est un peu compliqué.
04:41Et qui est-ce que vous voulez empêcher ?
04:42C'est beaucoup plus compliqué à gérer.
04:44Donc voilà, encore une fois,
04:45on parle beaucoup de ces IA,
04:46des dangers de l'IA devenus incontrôlables.
04:48Peut-être qu'un danger plus immédiat,
04:49c'est son utilisation par l'homme.
04:51Ça fait tout à fait peur ce que vous venez de nous dire.
04:53Désolé.
04:53En revanche, il faudrait maintenant parler de super-intelligence.
04:55Vous seriez gentil.
04:56Ah oui, c'est vrai.
04:57C'est Donald Trump qui a demandé ça.
04:58Mais oui.
04:58Voilà, à la tribune de l'ONU.
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