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  • il y a 7 semaines
Ce mercredi 9 septembre, un robot infirmier capable de faire des prises de sang autonomes qui vient d'être autorisé aux États-Unis, a été évoqué par Anthony Morel, dans Culture IA, dans l'émission Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et là aussi on parle santé avec vous Anthony. Est-ce que les robots peuvent résoudre une partie de la
00:04pénurie de personnels soignants dans les hôpitaux ?
00:07C'est une bonne question. Les Etats-Unis viennent d'autoriser un robot infirmier capable de réaliser des prises de
00:12sang de manière autonome.
00:14Oui c'est ça. Alors je ne sais pas si vous êtes prête psychologiquement à vous faire piquer par un
00:18robot parce que l'idée est quand même un peu effrayante.
00:20Il faut s'y faire. Déjà la piqûre, il faut s'y faire.
00:22Voilà. Mais justement c'est un peu mieux. Je vais vous expliquer. Alors c'est une réalité aux Etats-Unis.
00:26En fait l'autorité de santé là-bas a autorisé la mise sur le marché d'un robot qui s
00:31'appelle Aleta qui est capable de réaliser une prise de sang exactement comme le ferait une infirmière ou un infirmier
00:37humain.
00:38Alors quand je dis robot, il ne faut pas imaginer Terminator qui vous fait la prise de sang.
00:41En fait c'est une grosse boîte, une grosse machine couplée à un bras robotique et à un écran qui
00:45va vous guider pas à pas.
00:46Donc vous arrivez, vous vous installez, le robot va vous garotter, donc ce petit bras robotique.
00:51On va vous dire voilà détendez-vous, il n'y a pas de problème. Je ne sais pas si ça
00:55vous met plus en confiance.
00:56Et ensuite le robot va vous piquer. Alors en fait c'est une technologie de pointe pour détecter la veine
01:02et pas confondre avec une artère par exemple.
01:04C'est une technologie de lumière proche de l'infrarouge.
01:07Et donc le robot va venir mettre l'aiguille là où il le faut.
01:10Là où c'est assez malin c'est que le robot est conçu pour que vous ne voyez rien.
01:13C'est-à-dire que vraiment ça vous cache à la fois l'aiguille et le sang.
01:16Donc pour les gens qui sont bélénophobes, c'est le nom scientifique, des phobiques de l'aiguille, vous ne voyez
01:20rien.
01:21Si vous commencez à vous agiter, si vous êtes un peu stressé, évidemment la machine s'arrête, il n'y
01:24a pas de souci.
01:25Et en fait ça fonctionne très très bien.
01:26C'est-à-dire qu'évidemment avant cette mise sur le marché, il y a eu des essais cliniques.
01:29Et sur ces essais cliniques, 95% des prélèvements réussissent dès la première piqûre.
01:3490% des patients disent qu'ils ont eu autant ou moins mal qu'avec une prise de sang classique.
01:39Et la grande majorité de ceux qui l'ont testé sont prêts à recommencer.
01:43Donc preuve que ça fonctionne plutôt pas mal.
01:45Alors le robot en fait mêle l'infirmière au chômage.
01:48Oui, alors pas du tout en fait.
01:49C'est ce qu'on pourrait se dire de manière un peu intuitive.
01:52Mais déjà, il y a encore des infirmières ou des infirmiers dans la salle.
01:55C'est-à-dire que ça ne remplace pas complètement dans le sens où la piqûre, c'est pas seulement...
02:00C'est un peu comme la télémédecine.
02:01Oui, mais en fait, si vous voulez, ce n'est pas un geste purement technique.
02:04Il faut quand même qu'il y ait un humain pour accompagner les patients.
02:07Donc la différence, c'est que l'infirmier va pouvoir superviser plusieurs robots, plusieurs machines en même temps, deux, trois
02:11machines.
02:12Et donc évidemment, il y a des gains de productivité et d'efficacité.
02:14Et puis surtout, ce dont on se rend compte, c'est que la robotique est de plus en plus utilisée,
02:19j'allais dire, dans des domaines comme la santé, où on a une pénurie chronique de personnel.
02:24C'est vrai pour les infirmières, les infirmiers, les médecins.
02:26On peut donner d'autres exemples.
02:27Miroki, Miroki et Miroka, ce sont deux robots français qui sont conçus pour accompagner les patients et les infirmiers dans
02:35les hôpitaux.
02:36Miroka, c'est un petit robot humanoïde en fait.
02:38On va voir les images dans quelques secondes.
02:40Très mignon d'ailleurs.
02:40Et il va, par exemple, quand un patient est perdu dans l'hôpital, il va pouvoir le guider.
02:45On va aussi pouvoir lui donner des ordres.
02:46C'est-à-dire qu'on va pouvoir lui dire, tiens, va me chercher tel médicament, apporte-le vers la
02:50chambre 228.
02:51Et le robot va s'exécuter.
02:53Vous avez d'autres robots, je pense par exemple au Robert, un bear comme un ours, qui sont capables carrément
02:58de transporter des patients.
02:59Par exemple, de les sortir de leur lit pour les mettre dans une chaise roulante ou pour les mettre sous
03:03la douche.
03:04Ce qui évite aux infirmiers, aux infirmières de se casser le dos.
03:06Et en fait, c'est ça qui est incroyable avec la robotique médicale et pour les aides-soignants.
03:11C'est le fait qu'on va en fait enlever toutes les tâches qui sont les plus chronophages, les plus
03:15fastidieuses, les plus fatigantes.
03:17Et les soignants vont pouvoir se concentrer sur l'humain, sur ce qu'ils n'ont plus le temps de
03:21faire en fait, sur la vraie valeur ajoutée qu'ils ont.
03:23On délègue au robot la partie pénible et on gère la partie humaine.
03:27Plus on robotise l'hôpital, plus on crée aussi une nouvelle dépendance technologique.
03:32Question subsidiaire.
03:33Il se passe quoi si ces robots se font pirater ?
03:35Alors, on ne peut pas éluder le scénario d'horreur où un hacker prend le contrôle de l'aiguille dans
03:42le robot piqueur.
03:43Bon, là, ça peut faire un petit peu peur.
03:44En fait, ce n'est pas ça qui va se passer.
03:46Là où il y a un vrai enjeu, en revanche, c'est que ces robots, ils récoltent énormément de données
03:50sur notre santé.
03:51Le robot qui fait les prises de sang, il peut avoir évidemment des données sur votre groupe sanguin,
03:55éventuellement l'analyse sanguine et les résultats.
03:57Enfin, on peut avoir plein de choses comme ça.
03:58Et en fait, le problème, c'est qu'aujourd'hui, les hôpitaux, ça fait partie des cibles de choix pour
04:02les hackers.
04:02On a beaucoup parlé du piratage de la DGFIP, des impôts.
04:06Mais en réalité, l'un des autres maillons faibles dans l'espace public, ce sont les hôpitaux.
04:11Il faut aussi qu'alors qu'on a une robotisation croissante,
04:15qu'on ait plus de moyens qui soient mis sur la sécurisation informatique des hôpitaux.
04:19Sachant qu'en France, on n'est pas encore très en avance sur ces sujets-là.
04:23Parce qu'il y a aussi la question du retour sur investissement.
04:25Ces robots, ça coûte quand même cher.
04:27Dans un système de santé qui est plutôt en faillite,
04:29on n'a pas forcément les moyens de se les payer ou d'investir pour l'instant.
04:31Ça ne va pas arriver tout de suite.
04:32Voilà, c'est le cas aux Etats-Unis pour l'instant.
04:33Merci Anthony Morales.

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