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Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et candidat à l'élection présidentielle, demande "que la France prenne des mesures fortes, rapides pour pouvoir baisser le prix de l'essence et de l'énergie".

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Transcription
00:00A 7h49, Benjamin Duhamel, votre invité secrétaire national du Parti Communiste et candidat à l'élection présidentielle.
00:07Bonjour Fabien Roussel.
00:08Bonjour à toutes et à tous.
00:09Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:12On va parler dans un instant bien sûr du prix des carburants et de la colère sociale qui gronde.
00:15Mais d'abord je voudrais revenir sur ce que vous avez dit vendredi en sortant de la réunion à l
00:19'Elysée autour d'Emmanuel Macron
00:20sur la dégradation de la situation internationale et notamment la menace russe.
00:24Vous avez reproché au Président de la République de ne pas dialoguer avec Vladimir Poutine.
00:28Deux jours avant chez nos confrères de RMC, vous avez déclaré, je cite, que l'OTAN veut nous emmener dans
00:33un conflit de haute intensité
00:35expliquant aussi qu'un état d'esprit guerrier, là encore je vous cite, nous prive du gaz russe.
00:39Vous avez des relents de soviétisme, Fabien Roussel ?
00:43Vous êtes dans la caricature, monsieur Duhamel.
00:45Je vous ai cité, expressis vernis.
00:47Est-ce que vous dites la même chose du pape qui fait partie de ceux, des rares,
00:51qui vont dialoguer et avec Poutine et avec Zelensky pour trouver les voies d'un cessez-le-feu et d
00:57'un règlement des conflits ?
00:58J'entends pas le pape dire qu'il faut racheter du gaz russe.
01:00Mais est-ce que vous entendez le pape dire que le meilleur chemin vers la paix, c'est de ne
01:07pas alimenter la guerre ?
01:08Il l'a dit et j'espère qu'il va le redire samedi quand il va venir dans sa visite
01:13en France.
01:14Et il y a de plus en plus de voies qui s'élèvent dans le monde.
01:17Justement, aujourd'hui, nous sommes le 21 septembre, c'est la journée internationale de la paix dans le monde
01:22qui a été lancée par l'ONU en 45 et on est aujourd'hui, plus de 80 ans après, dans
01:29un monde où il n'y a jamais eu autant de conflits.
01:31130 guerres actuellement, 200 millions de personnes qui vivent sous la guerre ou sous occupation.
01:36Et ces guerres, beaucoup d'entre elles, elles sont liées à l'énergie.
01:40C'est une guerre pour mettre la main sur les voies de circulation, sur des ressources énergétiques, sur des matières
01:46premières.
01:46Les peuples en souffrent.
01:48Et concernant la guerre en Ukraine, j'y viens puisque c'est ça qui vous préoccupe et qui préoccupe beaucoup
01:53nos concitoyens aujourd'hui.
01:55C'est qu'il y a eu une violation du droit international il y a plus de 4 ans par
02:01la Russie et qui a envahi l'Ukraine.
02:04Et nous avons dénoncé dès le début le fait qu'il y avait un agresseur et un agressé.
02:094 ans et demi après, on en est où ?
02:11Et c'est ça que j'interroge aujourd'hui.
02:13Mais c'est ça que vous interrogez, Fabien Roussel.
02:15Simplement juste quand je vous entends bien...
02:16Si je ne peux pas répondre à vos questions parce que j'allais y venir, qui parle de guerre de
02:20haute intensité aujourd'hui ?
02:22Qui ?
02:22De guerre de haute intensité ?
02:24Oui, qui en parle ?
02:24Entre l'Ukraine et la Russie ?
02:25Oui, mais qui en parle aujourd'hui ?
02:27Tout le monde.
02:28Oui, tout le monde.
02:29Et donc, ce n'est pas moi qui met ce mot-là aujourd'hui dans ma bouche.
02:34Je cite les ministres de la Défense, des Armées...
02:36Vous dites, Fabien Roussel, que c'est l'OTAN qui veut nous emmener dans une guerre de haute intensité.
02:39Vous voyez bien que vous reprenez exactement les éléments de langage de la Russie
02:43consistant à expliquer que la guerre en Ukraine est le résultat d'une agressivité de la part de l'OTAN.
02:47Ce que je veux dire, c'est que 4 ans et demi après, les choix qui ont été faits et
02:51compris par l'OTAN de participer à une escalade guerrière, je le dis...
02:59C'est l'OTAN qui participe à une escalade guerrière ?
03:00Oui, parce que dans un conflit qui dure aussi longtemps, pour que ça continue, il ne faut que les deux...
03:05Mais allez-vous les escalades guerriers de l'OTAN ?
03:07Parce que, pardon, mais notamment, je crois que vous l'avez abordé à l'occasion de cette réunion à l
03:10'Élysée,
03:10quand un drone russe s'écrase sur l'aéroport de Leipzig en Allemagne et a failli faire des morts,
03:16si tant est que cet attentat avait réussi...
03:18Là, je ne crois pas que ce soit l'OTAN qui est derrière tout cela.
03:20Au fond, Fabien Roussel, ce qui est étonnant, c'est qu'à vous écouter,
03:25on a l'impression qu'il suffirait de dialoguer avec Vladimir Poutine pour que cette guerre s'arrête.
03:29Est-ce que vous avez eu le sentiment, ces quatre dernières années,
03:31que Vladimir Poutine a donné le moindre gage de volonté de discussion avec les pays européens et avec la France
03:36?
03:36Alors, à chaque fois que vous allez me couper, je vais vous laisser me couper.
03:40Voilà.
03:41Et si vous voulez...
03:42Vous savez, Fabien Roussel, c'est juste pour que vous répondiez aux réponses.
03:43Et si vous voulez faire des éditos au lieu de me poser des questions, vous me le dites.
03:47D'accord. J'essaie juste d'obtenir des réponses, Fabien Roussel.
03:49Ben, laissez-moi y répondre.
03:51Alors, allez-y.
03:53On est aujourd'hui dans une guerre qui dure depuis plus de quatre ans et demi.
03:56Et qui, semaine après semaine, fait de plus en plus de morts civiles, des deux côtés.
04:03Semaine après semaine, s'attaque à des raffineries, des deux côtés.
04:07À des oléoducs, aussi au Moyen-Orient.
04:09Mais on va rester en Europe.
04:11Et cette guerre a donc des conséquences de plus en plus dures sur les deux peuples,
04:16russes et ukrainiens, mais aussi sur nos vies, à nous, en France.
04:20Et j'interroge et je demande à ce que l'on s'interroge sur les choix qui ont été ceux
04:26de l'Union Européenne et de la France,
04:28de ne pas avoir créé les conditions de dialoguer avec les deux parties.
04:34Et le choix qui a été fait, ça a été de ne dialoguer qu'avec Zinansky,
04:37de ne pas dialoguer avec M. Poutine.
04:40Mais il a envie de dialoguer Vladimir Poutine ou pas, Fabien Roussel ?
04:43Est-ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer ?
04:46Et donc, de créer des conditions, de mettre autour de la table les deux parties.
04:50Vous savez, Fabien Roussel, on peut arrêter là cette interview.
04:52Si à chaque fois que je vous pose une question, vous n'y répondez pas.
04:54Pardon, mais là, je me mets à la place des auditeurs.
04:57J'essaye de façon tout à fait courtoise et loyale de vous poser des questions, vous n'y répondez pas.
05:02Est-ce que Vladimir Poutine, est-ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer avec
05:06les pays européens ?
05:07Alors, pourquoi les Etats-Unis et le Vatican font le choix de dialoguer avec lui ?
05:13Avec quel résultat ?
05:14Eh bien, justement, mais on fait quel autre choix ?
05:17Est-ce qu'aujourd'hui, les choix qui ont été faits par la France et l'Union Européenne
05:22fait que nous sommes aujourd'hui dans la diplomatie avec Poutine et Zinansky ?
05:28Non. Est-ce que les choix qui ont été faits jusqu'à maintenant,
05:31est-ce qu'ils ont contribué à ce que ce conflit se désamorce ?
05:35Non. Est-ce que les choix qui ont été faits jusqu'à maintenant
05:37ont fait que, justement, on parvient à une désescalade ?
05:40Non. Donc, je pose la question.
05:43Jusqu'où cela va-t-il aller ?
05:45Jusqu'où cela va-t-il aller ?
05:46Et le fait que les choix qui ont été faits, y compris de fournir des armes offensives...
05:52C'est quoi des armes offensives ?
05:54Des armes qui peuvent aller jusqu'à Moscou, jusqu'à l'intérieur des terres,
05:58fait que de plus en plus, l'Union Européenne et la France deviennent co-belligérants dans ce conflit,
06:03et que, en faisant ce choix-là, nous ne parvenons pas, nous ne faisons pas partie de la solution à
06:09ce conflit.
06:09Or, ce conflit, il a lieu chez nous, en Europe, nous en supportons les conséquences,
06:14et nous sommes même poussés par les Etats-Unis à faire cela,
06:17parce que les Etats-Unis profitent bien de ce conflit.
06:21Nous lui achetons les armes, nous lui achetons son gaz, très très cher,
06:25les Etats-Unis gagnent de l'argent, Trump compte ses billets,
06:28et nous, on souffre, et on en souffre beaucoup.
06:32Vous parlez, Fabien Roussel, des conséquences nationales pour nos concitoyens de ces conflits internationaux.
06:36Évidemment, c'est la flambée des prix du carburant.
06:39Vous proposez, ce sont vos propositions de candidats à l'élection présidentielle,
06:41de baisser la TVA sur l'essence de 20 à 5,5%,
06:44de baisser aussi ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie,
06:47pour faire baisser le prix à la pompe.
06:49Quand on voit des experts qui évoquent la perspective d'un prix du litre d'essence à 3 ou à
06:534 euros,
06:54est-ce qu'au fond, baisser les taxes, ce n'est pas une forme d'un côtaire sur une jambe
07:00de bois ?
07:00Est-ce que ça suffit, Fabien Roussel ?
07:02Bon, d'abord, encore une fois, si les causes de ces hausses de prix de l'énergie, c'est les
07:08guerres,
07:08il faut donc s'occuper de ces guerres et faire en sorte qu'elles cessent le plus rapidement possible.
07:13Donc je regrette le manque d'initiatives diplomatiques de la France,
07:16et je l'ai dit au président de la République.
07:17La deuxième chose, vous constaterez que d'autres pays dans l'Union Européenne
07:21ont fait le choix, justement, et l'Espagne.
07:25Et donc, c'est possible.
07:28Et donc, de la même manière, nous demandons, nous, à ce que la France
07:31prenne des mesures fortes, rapides, pour pouvoir baisser le prix de l'essence, de l'énergie,
07:37mais pas que.
07:38Il y a aussi, je pense au diesel pour nos agriculteurs,
07:41je pense au prix des loyers qui vont exploser cet hiver avec le gaz,
07:45je pense aussi au prix des fruits et légumes,
07:51puisque c'est un sujet pour la rentrée, je me suis rendu à Rungis,
07:54les prix des fruits et légumes explosent.
07:55Vous constatez, Fabien Roussel, que nous n'avons pas les mêmes marges de manœuvre financière,
07:59et on peut le regretter, vous allez sans doute me dire que c'est le bilan de 10 ans du
08:01macronisme,
08:02que les pays qui décident de ces bêtes de taxes.
08:05Donc c'est parfait, oui, je vous le confirme, oui.
08:09La France s'est mise dans une situation, dans une impasse budgétaire,
08:13il y a un budget qui arrive à l'Assemblée nationale,
08:14donc c'est possible de changer, c'est possible de changer de politique.
08:19Or aujourd'hui, le budget qui est proposé par M. Lecornu,
08:22c'est d'aller taper encore 6 milliards d'euros dans les poches des retraités,
08:25c'est d'aller prendre 2 milliards d'euros dans les poches des agents de la fonction publique,
08:30notamment les catégoriser,
08:31c'est d'aller taper dans les poches des gens malades,
08:34mais aussi des collectivités, des communes,
08:36il va y avoir des sénatoriales dans une semaine,
08:39j'espère que les élus vont savoir pour qui voter,
08:41parce qu'aujourd'hui on a un gouvernement et des candidats de droite et d'extrême droite
08:46qui demandent de faire encore plus les poches des collectivités,
08:49il va bien falloir réagir parce que les communes sont à l'os elles aussi.
08:53Et le résultat de cela, Fabien Roussel ?
08:54Ce budget, c'est le même principe que celui d'Emmanuel Macron en 2017 quand il est arrivé,
09:00c'est faire les poches des Français
09:02et continuer d'exonérer les plus riches,
09:05les grandes entreprises,
09:06de leur contribution juste à la solidarité nationale.
09:10Ce qui fait que vous appelez à la révolution dans la rue avant les urnes.
09:13Très concrètement, ça veut dire quoi ?
09:15Incroyable !
09:16Oui, peut-être qu'il y a aussi une forme de réminiscence.
09:19Incroyable !
09:19Il y a des bonnes révolutions à faire,
09:21même vous à France Souterre,
09:22vous devriez vous interroger sur les révolutions que vous devriez faire dans votre radio.
09:25Ça commence d'ailleurs.
09:26Mais oui, je vais même vous faire une confidence.
09:30Hier, j'ai été déjeuner chez des amis à Maubeuge,
09:33dans le Nord, dans la Vénoie,
09:35et sur un rond-point qui avait été occupé quelques heures auparavant,
09:39il y avait une pancarte où c'était écrit « révoltons-nous ».
09:44Révoltons-nous en gros.
09:45Eh bien, oui, il y a aujourd'hui une envie de se révolter.
09:49Mais juste une chose,
09:51quand les gens ont du mal à se nourrir,
09:53quand les gens ont du mal à se chauffer,
09:55à se déplacer,
09:56quand aller à son travail coûte trop cher,
09:58quand aller voir ses amis, ses enfants, ses parents ne devient plus possible
10:01parce que l'essence est trop chère,
10:03qu'est-ce que ça peut produire à votre avis ?
10:05Qu'est-ce que ça peut produire comme sentiment d'humiliation et de colère ?
10:09Chez chacun et chacune.
10:11Eh bien, c'est ça que je ressens aujourd'hui.
10:12Un tout dernier mot, Fabien Roussel.
10:13Et donc, cette envie de se révolter,
10:16elle est sincère.
10:17Fabien Roussel.
10:17Et elle est normale.
10:18Un tout dernier mot.
10:19Est-ce que quand on est candidat à l'élection présidentielle,
10:21la modération et la nuance, c'est important ?
10:25Qu'est-ce que vous entendez par là ?
10:26J'attends la suite.
10:27Des confrères de Marianne ont rapporté cette phrase
10:29que vous avez prononcée à la fête de l'Humar.
10:31« Patrick Pouyanné, le patron de Total,
10:32je vais le mettre au même niveau
10:33que ceux qui ont collaboré avec les nazis
10:35pendant la Seconde Guerre mondiale ».
10:36Est-ce que c'est digne d'un candidat à l'élection présidentielle ?
10:40C'est du niveau de la colère
10:42qu'expriment nos concitoyens aujourd'hui.
10:44De dire que Patrick Pouyanné
10:45fait l'équivalent des collabos avec les nazis ?
10:46C'est du niveau de la colère
10:47qu'expriment nos concitoyens
10:49quand ils voient que l'essence
10:51flirte avec les 3 euros le litre
10:53et que M. Pouyanné gagne
10:5520 millions d'euros par an.
10:58Et ça fait lui l'équivalent
11:00d'un collaborant avec les nazis ?
11:01Il gagne énormément d'argent.
11:03Son entreprise a fait 11 milliards d'euros de bénéfices
11:05en l'espace de 6 mois.
11:06Il va finir la fin de l'année à 20 milliards.
11:08Le coût de la baisse de la TVA,
11:10c'est entre 11 à 12 milliards d'euros.
11:13Et donc, il y a largement de quoi faire.
11:15Les profits qu'il fait sur la guerre sont illicites.
11:18Merci beaucoup, Fabien Roussel.
11:19Pas évident d'obtenir des réponses aujourd'hui.
11:21Merci d'être venu au micro-pensée.
11:22Et à tout à l'heure, Benjamin Duhamel.
11:24On se retrouvera pour le grand entretien.
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