00:00C'est un secret de Polychinelle. Dans cette émission, la plupart des humoristes vivent dans la crainte perpétuelle de notre
00:05tyrannique rédacteur en chef, Cyril Lacarière,
00:07que certains surnomment même le Pol Pot Potelet.
00:10Mais voilà, François Rollin n'est pas un humoriste comme les autres.
00:14Déjà, il ne débute pas dans le métier. Il y était déjà quand Cyril portait encore des couches.
00:17Et il y sera encore quand Cyril reportera.
00:20C'est pourquoi aujourd'hui, il a décidé de faire ce qu'aucun autre chroniqueur n'aurait osé.
00:24Défier l'autorité de Cyril pour changer en cours de saison le cahier des charges de sa chronique.
00:28Bonjour et bravo, François Rollin.
00:30Merci, merci mon bon Mathieu. Merci mes bons amis.
00:34Alors, je vais essayer de dire les choses simplement.
00:37Je dis bien essayer parce que, sans doute l'avez-vous remarqué, la simplicité à la base, ce n'est
00:42pas trop mon truc.
00:43Je dois fournir de gros, gros efforts pour faire simple, sinon je complique.
00:48Et même quand je fournis les efforts en question, il arrive encore que je complique au moment même où je
00:54caresse l'objectif consistant à faire simple.
00:57Bon, voilà l'affaire.
00:58Au début de la saison, vous m'avez proposé de consacrer cette saison qui était en train de débuter et
01:04qui, depuis l'heure, a déjà pas mal débuté,
01:06sans toutefois être arrivé à son terme ni même à la moitié de sa longueur,
01:09de la consacrer à chroniquer chaque vendredi l'élection présidentielle qui se profile.
01:14J'ai accepté, non sans difficulté, puisque vous m'aviez proposé une rémunération de 18 000 euros par chronique et
01:22que je n'ai finalement cédé que lorsque vous êtes grimpé jusqu'à 42 000 euros la minute.
01:28Mais j'ai accepté.
01:29J'ai, à l'heure où nous parlons, produits six chroniques conformes à la commande.
01:34Et je ne suis pas content.
01:36Je ne suis pas content de moi.
01:37Je ne suis pas heureux.
01:39Je suis mal à l'aise.
01:40Je ne m'en sors pas.
01:41Je n'aime pas mes chroniques.
01:43Et après réflexion, je sais pourquoi.
01:45C'est que mon identité, pour autant que j'en ai une, mais il paraît que c'est le cas,
01:50mon identité, c'est d'être drôle, pas forcément à se taper sur les cuisses, mais au moins un petit
01:55peu rigolo.
01:56Dans la fantaisie, l'absurde, la poésie, la légèreté.
01:59Je ne réussis pas à tous les coups, mais je réussis souvent, me disent les auditeurs.
02:04Et parfois même, je suis très rigolo.
02:08Mais ma drôlerie n'est jamais dans la méchanceté, dans la dénonciation, dans l'attaque des personnes, dans le dénigrement.
02:15Les chansonniers font ça très bien, mais moi, je ne suis pas chansonnier.
02:19Du reste, mon super grand ami François Morel me l'a bien redit mardi dernier au téléphone.
02:24Toi, tu n'es pas chansonnier.
02:27Mon rire à moi, je ne dis pas qu'il est supérieur aux autres.
02:31Je dis qu'il est différent.
02:32Il se nourrit de futilité, de frivolité.
02:35Il nage dans le dérisoire, à la recherche de petites perles d'humanité.
02:40Autant vous dire qu'avec cette campagne présidentielle, le comte n'y est pas.
02:44Cette campagne ne me fait pas rire.
02:46Je peux même dire qu'elle me coupe, franchement, l'envie de rire.
02:50Entre l'antisémitisme déchaîné de la meute LFI et de son leader Maximo,
02:56qui me fait redouter le retour des heures les plus sombres des années 30 et 40.
03:00Entre le populisme débridé du Rassemblement National,
03:04qui se vautre dans la démagogie et me fait craindre,
03:08entre autres, une régression sévère de la vie culturelle et artistique dans ce pays.
03:12un RN qui fait tout pour se payer l'image d'un parti respectable,
03:18mais dont le président tenait, il n'y a pas si longtemps,
03:21des propos antisémites tout aussi inquiétants que ceux de ses adversaires d'aujourd'hui.
03:25Entre la violence des mots et des débats, la conflictualisation permanente,
03:30la disparition de toute forme de nuance ou de pondération dans ce climat de haine et de mépris
03:37qui finit par opposer tout le monde à tout le monde,
03:39les pauvres aux riches, les chrétiens aux musulmans, les blancs aux pas blancs,
03:43les citadins aux ruraux, les végétariens aux omnivores, les jeunes aux vieux.
03:47Je n'ai pas envie de rire et je ne suis par conséquent pas capable de vous faire rire,
03:53ce qui était, comme je le rappelais il y a trois minutes, ma mission première.
03:56Voilà pourquoi, Mathieu, je jette l'éponge.
03:59Si vous souhaitez ma démission, je vous la donne sans barguigner.
04:03Alors merci les amis de jouer le jeu,
04:05de faire comme si on ne s'était pas parlé avant l'émission.
04:07Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
04:08Ménageons le suspect.
04:10Si au contraire, vous souhaitez me garder au sein de cette petite famille,
04:15je peux vous proposer non plus de vous faire rire de la campagne présidentielle,
04:19c'est au-dessus de mes forces,
04:20mais de vous faire rire pendant cette campagne et je dirais malgré elle.
04:25Je vais vous dire par exemple ce qui m'a fait rire ces jours derniers.
04:28Vous allez voir comme c'est bête.
04:29C'est un petit jeu découvert sur Instagram,
04:32au milieu de dizaines de séquences haineuses et anxiogènes autour de la présidentielle.
04:37Un petit jeu trouvé dans la story d'une personne que je ne connaissais pas,
04:41Laura Blangero de Bordeaux.
04:44Rendons à la femme de Tibère ce qui est à la femme de Tibère.
04:47Un jeu consistant à se rappeler des titres de films au hasard
04:51et à ajouter simplement du cul à la fin.
04:56Quelques exemples, mais vous pouvez jouer chez vous, c'est entièrement gratuit.
05:00La guerre des boutons du cul, Alice au pays des merveilles du cul,
05:04Harry Potter à l'école des sorciers du cul,
05:08autant on emporte le vent du cul,
05:11les visiteurs du cul,
05:12les bronzés du cul,
05:13les petits mouchoirs du cul,
05:18fantomasse des chaînes du cul,
05:20la règle du jeu du cul,
05:21les enfants du paradis du cul,
05:23à bout de souffle du cul,
05:25intouchables du cul,
05:26et pour finir par où on a commencé,
05:28le président du cul,
05:30Henri Verneuil,
05:30et les hommes du président du cul,
05:32Alain Pacul.
05:34Alors vous me gardez,
05:35vous avez un film en tête peut-être ?
05:36On en a de nombreux,
05:37je crois qu'on vous garde François Rollin
05:39parce qu'on va jouer à ce jeu très souvent je pense.
05:41Merci beaucoup François pour cette réorientation de chronique,
05:44on vous retrouve la semaine prochaine dans ZoomZoomZen.
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