00:00– Bonjour Mélanie, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité.
00:05La France décroche, c'est l'INSEE qu'il dit, chômage en hausse, croissance économique en baisse,
00:10consommation à l'arrêt, alors que nos voisins européens s'en sortent mieux.
00:13Certes, il y a le contexte international, mais est-ce la seule explication ?
00:16Mon invité aujourd'hui est Fabien Roussel, bonjour.
00:19– Bonjour M. Lottelier.
00:20– Secrétaire national du Parti communiste et candidat à l'élection présidentielle.
00:22Êtes-vous inquiet de la situation économique en France ?
00:25– Extrêmement inquiet, inquiet et en colère.
00:28Et ce que vous annoncez comme étude qui montre que la France est en déclin,
00:36est déclassée, c'est ce que nous ressentons toutes et tous.
00:40Et c'est bien pour ça que cette élection présidentielle, elle est importante,
00:43mais au-delà de ça, il va falloir agir maintenant.
00:46– Comment vous l'expliquez ce déclin que vous dites ?
00:48– Eh bien…
00:49– Qui est responsable ? C'est la situation internationale ?
00:51– La situation internationale, mais aussi les choix politiques
00:55qui ont été faits ces dernières années.
00:57La situation internationale, parce que le coût de la guerre,
01:00nous le payons nous en France.
01:02– De quoi les guerres vous parlez ?
01:03– Le coût de la guerre en Europe, notamment,
01:05que les États-Unis nous fait payer,
01:07et cette guerre qui dure depuis maintenant près de 5 ans.
01:10– Vous parlez quoi ? De l'Ukraine ?
01:12– Le coût de la guerre.
01:13Le coût de la guerre, ce sont les 6 milliards de plus
01:16que nous allons mettre dans le budget des armées.
01:18Le coût de la guerre, c'est le coût de l'énergie qui a décuplé
01:22depuis que cette guerre a commencé.
01:24Le coût de la guerre, c'est le gaz russe aujourd'hui dont nous sommes privés
01:27et qui fait que les Français vont subir une troisième fois une hausse du gaz.
01:31– Alors arrêtez-nous un instant là-dessus.
01:32Et je vous dis aujourd'hui, il faudrait revoir le blocus sur le gaz et le pétrole russe.
01:36– Je vais revenir sur le déclin de la France.
01:38– Le sentiment des Français aujourd'hui, c'est que nous sommes humiliés.
01:43Nous sommes humiliés, nous sommes trahis par des élites malhonnêtes et corrompues.
01:49Et nous avons besoin de retrouver…
01:51Non, non, nous avons besoin de retrouver de la grandeur, de la fierté,
01:56de redevenir une grande nation industrielle, agricole, mais aussi diplomatique.
02:01– Alors revenons, revenons.
02:02– Diplomatique, justement, parce que la question de la guerre nous coûte beaucoup.
02:06– Je voudrais m'arrêter sur ce point, justement, sur la guerre en Ukraine.
02:10Quelles conclusions vous en tirez ?
02:11Par exemple, qu'il faut revoir le blocus sur le gaz et le pétrole russe ?
02:16– Je vais vous dire, je ne vais pas revenir sur des points particuliers comme ceux-là.
02:21Je vais vous dire une chose plus ambitieuse que ça.
02:24Je pense qu'aujourd'hui, nous pouvons faire toutes les promesses que nous voulons,
02:29mais si nous ne relevons pas la question de la paix et de l'énergie,
02:33ces deux questions-là, si on ne relève pas le défi de la paix et de l'énergie,
02:37toutes les promesses seront caduques.
02:39– Donc, pour vous, il faut la paix en Ukraine avant tout ?
02:40– Il faut mettre tous les moyens possibles, comme d'ailleurs le pape Léon XIV l'appelle,
02:45il faut mettre tous les moyens possibles diplomatiques
02:48pour aboutir à un cessez-le-feu et mettre fin à cette guerre.
02:52Je vais même vous le dire…
02:53– Et ça permettra de faire baisser le prix du gaz ?
02:55– Mais je n'ai pas confiance dans les Américains qui vont décider à notre place
02:58et aller négocier avec Poutine.
03:00– Vous pouvez être très clair, je vais vous le dire.
03:01– Pour ceux qui nous regardent, si la guerre s'arrête en Ukraine,
03:03le prix du gaz et du pétrole baisseront.
03:05– Mais le coup… Oui, bien sûr.
03:08Arrêter cette guerre en Ukraine, c'est tout de suite retrouver des marges de manœuvre en France.
03:12C'est la diplomatie de la paix, c'est celle qui nous permettra
03:16de retrouver des marges de manœuvre dans notre pays.
03:18– Venons-en justement au prix qui augmente.
03:19Vous parliez du gaz, il y a le carburant, vous le voyez bien aussi.
03:21Vous demandez régulièrement au gouvernement de baisser les prix de l'essence,
03:24de l'électricité, du gaz. Comment ?
03:27– Mais d'abord parce que c'est urgentissime.
03:312,20 euros le diesel, quand des gens ont acheté une voiture diesel
03:35pour s'en payer moins cher leur essence.
03:36Ce n'est plus possible, les fils devant les stations essence reviennent.
03:39Je demande une chose, je demande tout de suite au gouvernement français
03:43de supprimer les certificats d'économie d'énergie
03:46qu'ils ont mis sur le litre d'essence depuis le 1er janvier.
03:49C'est 15 centimes par mois.
03:50Je demande tout de suite au gouvernement de baisser la TVA de 20% à 5,5%.
03:56– Ça fera de l'argent en moins dans les cases de l'État.
03:57– J'y viens. C'est tout de suite 30 centimes en moins sur le prix du litre d'essence.
04:03Je demande au gouvernement d'agir sur le groupe Total
04:06et le groupe Rubis qui desserre la Corse en essence,
04:09d'agir sur ces deux groupes pour que le prix de l'essence baisse.
04:13Et je vais même aller plus loin.
04:14Si le gouvernement n'agit pas dans les jours qui viennent,
04:17j'appelle les Français, j'appelle les Français à se mobiliser,
04:21comme nous avons su le faire en 2018 avec les Gilets jaunes.
04:24Je les appelle à se mobiliser sur les ronds-points,
04:27devant les sous-préfectures, devant les préfectures,
04:29devant tous les lieux de pouvoir, devant l'Élysée,
04:31devant Matignon, devant Matignon,
04:35pour qu'enfin, enfin ce gouvernement agisse.
04:38N'attendons pas les élections présidentielles.
04:40C'est maintenant qu'il faut qu'on se mobilise et que l'on appelle ce gouvernement à agir immédiatement.
04:46– Vous avez vu les appels à manifester qui circulent sur les réseaux sociaux,
04:49notamment pour une date du 17 octobre.
04:51Est-ce que vous vous inscrivez dans ce mouvement ?
04:52– Oui, et avant le 17 octobre.
04:55– Mais vous vous inscrivez aussi dans ce mouvement ?
04:57– Bien sûr, bien sûr.
04:58Je fais confiance à nos concitoyens.
05:00Et en même temps, je les appelle.
05:03Adressez-vous aux forces syndicales,
05:05adressez-vous aux forces politiques,
05:07pour que nous soyons ensemble.
05:09Je suis pour l'union du peuple de France sur ce sujet.
05:11Et avant le 17 octobre, le 15 septembre prochain,
05:15là, dans quelques jours,
05:16les énergéticiens eux-mêmes appellent à se mobiliser
05:20pour faire baisser les prix de l'énergie,
05:21pour reprendre la main sur la tarification de l'électricité et du gaz.
05:25Donc participons à toutes ces mobilisations.
05:28– C'est entendu.
05:29Il y a le débat sur le budget 2027 qui va commencer aussi.
05:31Ça, ça va être un autre enjeu,
05:32parce qu'il va falloir faire des grands choix
05:34pour l'année qui vient et certainement pour l'avenir.
05:36Et vous avez vu que Sébastien Lecornu
05:37a mis des pistes sur la table.
05:38Par exemple, abaisser la taxe exceptionnelle
05:41sur les entreprises qui font des gros bénéfices,
05:43plus d'un milliard et demi de chiffre d'affaires par an.
05:45Par exemple aussi, pourquoi pas,
05:47c'est des pistes sur la table,
05:48de geler les retraites les plus favorisées.
05:52Est-ce que là, quand vous entendez ça,
05:53vous dites vous, nous, on censurera ?
05:55Mais toutes ces pistes vont conduire
06:00à une nouvelle fois taxer les plus faibles,
06:03les plus précaires, les retraites moyennes.
06:07Parce qu'aujourd'hui, à partir de 3 000 euros,
06:09on est riche avec ce gouvernement.
06:11Moi, je veux taper plus haut.
06:12Je veux taper sur les 1 % les plus riches.
06:15Revenons sur l'essence.
06:16Monsieur Pouyanné, patron de Total,
06:19il gagne 1 million d'euros par mois.
06:22Son groupe va faire 20 milliards d'euros de bénéfices
06:25sur l'année.
06:26Rien que ces 20 milliards d'euros,
06:29ça permettrait tout de suite
06:30de prendre en charge la baisse
06:33de 2 points de TVA sur l'essence.
06:35Enfin, vous savez,
06:37ces profits sont illicites, illégales.
06:40Monsieur Pouyanné devrait être convoqué
06:42devant un tribunal.
06:43Ces gens-là sont malhonnêtes.
06:45Ils nous volent.
06:45Mais par contre, le gouvernement dit
06:47c'est aux Français de payer.
06:48C'est aux retraités de payer.
06:50Vous êtes en campagne pour la présidentielle.
06:53C'est la deuxième fois
06:53que vous vous présentez à la présidentielle.
06:54Pour vous, pas de problème
06:55pour avoir les 500 signatures, j'imagine.
06:57Oui, pas de problème.
06:57Par contre, le financement,
06:59ça coûte à peu près 16 millions
07:00une campagne présidentielle.
07:01Vous avez l'argent pour ça ?
07:02Les 16 millions, c'est pour les plus riches.
07:04Les plus riches, ils vont mettre 16 millions.
07:06Vous vous mettrez moins.
07:07C'est le plafond.
07:07Mais oui, parce que je suis un candidat
07:10qui va faire campagne
07:11avec ces moyens
07:12qui sont ceux
07:13de ceux qui me soutiennent.
07:14Je lance un appel à la souscription
07:16et ceux qui veulent que justement
07:18les propositions que je porte
07:20gagnent dans cette campagne
07:20qu'ils me soutiennent financièrement
07:22en respectant les plafonds.
07:23Vous avez besoin d'argent.
07:24Mais il y aura la campagne des riches
07:25qui vont avoir 16 millions d'euros.
07:27Et il y a la campagne
07:28de ceux qui défendent
07:29le monde du travail
07:30et le monde ouvrier.
07:30Vous avez donc besoin d'argent
07:32pour votre campagne ?
07:32Oui, bien sûr.
07:33Et vous ne faites pas confiance
07:33aux banques là-dessus ?
07:34Bien sûr, nous avons de quoi
07:35faire campagne.
07:37Mais pas à 16 millions.
07:38Mais bien sûr que non.
07:39Pas à 16 millions,
07:40ça c'est le budget des riches.
07:41Moi j'aimerais bien justement
07:42avoir une campagne
07:43sur un budget populaire
07:44qui s'appuiera sur le soutien
07:46du monde du travail
07:46que je vais défendre dans cette campagne.
07:48La France Insoumise
07:48fait le pari,
07:49Manuel Bonpart était là lundi,
07:50qu'une partie des électeurs
07:51qui avaient voté pour vous
07:52il y a 5 ans
07:52voteront directement
07:53pour Jean-Luc Mélenchon.
07:55Est-ce que c'est un risque
07:56que vous prenez en compte ?
07:59Excusez-moi,
08:00je ne comprends pas votre question
08:01et je vais vous dire...
08:02Si vous la comprenez très bien.
08:03Ce n'est pas mon sujet.
08:03Si vous la comprenez très bien.
08:05Oui, mais je sais,
08:06chacun va faire ping-pong là-dessus.
08:08Non, non, pas ping-pong là-dessus.
08:09Je ne jouerai pas.
08:10Est-ce que c'est un risque
08:10que vous avez pris en compte ?
08:12Il va y avoir 2, 3 candidats de gauche
08:17à cette élection présidentielle
08:19et je dirais tout simplement
08:21que le meilleur gagne.
08:23L'objectif,
08:24l'objectif,
08:25pour vous,
08:26l'objectif c'est qu'il y ait
08:29au moins 45% d'électeurs
08:31qui choisissent les candidats de gauche
08:33et à chaque fois
08:34que dans une élection présidentielle,
08:36la gauche a atteint
08:37ces 45, 50%,
08:39à chaque fois un candidat de gauche
08:41s'est qualifié au second tour.
08:42Je souhaite pouvoir être qualifié
08:43au second tour.
08:44C'est très clair.
08:44C'est ce que j'allais vous demander.
08:46J'allais vous demander
08:46quelles sont vos ambitions.
08:47Mais bien sûr,
08:48moi je défends mes idées.
08:49Moi je défends mes idées.
08:50Je souhaite...
08:51Vous y croyez ?
08:51Mais bien sûr,
08:52sinon je ne me présenterai pas.
08:53Ce que je veux dire,
08:54c'est qu'il faut passer
08:55de 2,2% de la dernière fois
08:56à 20%.
08:57Oui, bien sûr.
08:58Et c'est possible.
08:59Oui, bien sûr.
09:00Mais c'est les Français qui décident.
09:01Laissez la liberté de vote
09:02à nos concitoyens.
09:04Justement.
09:04Et si vous parlez au second tour,
09:12des mesures fortes
09:13contre la vie chère
09:14et surtout,
09:15porter une ambition
09:16pour la France
09:16que l'on retrouve
09:17notre grandeur.
09:18Première nation industrielle,
09:20redevenir une première nation agricole,
09:22redevenir en tête
09:22du classement PISA
09:23pour nos enfants.
09:25C'est cette ambition-là
09:25qu'on doit porter.
09:26Demain,
09:27protéger et produire les Français.
09:29ce sera un grand moment.
09:30Ce sera la fête de l'humanité.
09:31Ça dure tout le week-end.
09:32Vous allez tenir
09:32un grand discours
09:33sur la grande scène.
09:34Jean-Luc Mélenchon
09:35sera aussi
09:35à la fête de l'humanité.
09:37Est-ce que vous le croiserez ?
09:38Vous irez le voir ?
09:38Vous irez lui serrer la main ?
09:40Je vais croiser les Français.
09:41Je vais croiser les visiteurs
09:43de la fête de l'humanité.
09:44Je vais croiser d'abord,
09:45essentiellement.
09:45Mais si vous le croisez,
09:46vous lui direz bonjour.
09:47Oui, mais bien sûr.
09:49Ce sera l'occasion de jauger aussi.
09:50Mais on n'est pas des bêtes.
09:51Est-ce que ce sera l'occasion
09:51de jauger aussi
09:52qui est le plus fort,
09:54qui attirera le plus de monde
09:55devant sa scène ?
09:56Mais ce n'est pas ça le sujet.
09:57La question, c'est
09:58est-ce que les idées
09:59que nous allons défendre
09:59dans cette campagne
10:00vont l'emporter
10:01à être majoritaires ?
10:02Enfin, on va pouvoir
10:03se débarrasser
10:03du président de la République.
10:04Enfin, on va pouvoir
10:05mettre en place
10:06un programme de rupture,
10:07de changement.
10:09C'est l'heure
10:09de renverser la table,
10:11mais pas pour le chaos,
10:12pour porter une grande ambition
10:14pour la République
10:14et pour la France.
10:15Merci Fabien Roussel
10:16d'avoir accepté
10:17notre invitation
10:17dans les cas de vérité.
10:18Votre première matinale
10:19de rentrée,
10:20vous nous avez annoncé
10:21aujourd'hui
10:21que vous appeliez
10:22les Français
10:22à descendre dans la rue
10:23contre l'augmentation
10:26des prix de l'énergie.
10:27Merci beaucoup.
10:29Les cas de vérité
10:29reviennent lundi.
10:30À vous Mélanie.