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Dans son édito du 21/09/2026, Paul Sugy revient sur l'éviction de Charles Sapin de France Inter.

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00:00C'est News, il est 7h56, La Politique avec vous, Paul Sujit, journaliste au Figaro. Bonjour Paul.
00:04Bonjour Romain.
00:05La direction de France Inter a donc fini par plier face au syndicat de la radio publique
00:11et la direction a donc supprimé l'édito de Charles Sapin, Charles Sapin qui a quitté la radio,
00:16la radio publique France Inter. On en parle beaucoup ce matin forcément et vous vouliez aussi réagir.
00:22Oui parce qu'au fond on a eu sous les yeux un procès véritablement stalinien.
00:26Dans cette cabale contre Charles Sapin, c'est lui qui finalement a le mieux dit la chose.
00:29Il s'agissait d'une censure préventive contre sa personne, une neutralisation par précaution.
00:35Au fond ce qu'on a dit à Charles Sapin pendant deux semaines depuis l'intérieur des locaux de France
00:38Inter,
00:39c'est nous n'avons rien à vous reprocher à vous spécifiquement,
00:41mais nous nous méfions de ce que vous êtes, de là où vous vous tenez et donc de ce que
00:45vous pourriez peut-être dire.
00:47Le plus prudent ça n'est de ne pas vous donner la parole du tout.
00:50Au fond même en Allemagne de l'Est ou la RDA, on n'en était pas là,
00:53on attendait que la Stasi ait rassemblé des preuves du désalignement idéologique d'un journaliste
00:57avec la pensée du parti pour le mettre hors d'état de nuire.
00:59Maintenant les preuves sont devenues facultatives, les soupçons suffisent.
01:02Le plus scandaleux surtout c'est qu'une radio de service public reconnaisse qu'il y a bien une ligne
01:07du parti à respecter.
01:08Mais tout le problème c'est que vous avez dit service public et ça fait deux mots de trop.
01:11L'esprit de service n'a pas traversé un seul instant l'esprit des journalistes en grève
01:15qui ne se sont mis au service que de leur petit confort moral.
01:18Et quant à savoir si France Inter est encore une radio publique, la question se pose.
01:22Au fond on pourrait bien les privatiser, ça n'y changerait plus grand chose.
01:25Ils se sont privatisés tout seuls.
01:27Dans le fort interne de ceux qui ont mené la fronde, la radio est leur propriété
01:31et rien ni personne ne peut les obliger un instant à renoncer à leur certitude toute faite ou leur entre
01:36-soi douillet.
01:36Tant qu'il y aura des grèves à France Inter pour peser sur qui peut ou non y faire une
01:40chronique
01:41et surtout tant que la direction ne tiendra pas plus de quelques jours face à ces grèves,
01:45France Inter restera la propriété d'une minorité agitée de ses personnels qui y fait régner sa loi.
01:49En attendant, pour les Français, le spectacle est déplorable.
01:52Oui, j'essaye depuis quelques jours de me mettre un instant à leur place,
01:56c'est-à-dire de sortir la tête du microcosme médiatique parisien dont nous sommes bien sûr partie prenante
02:00si on regarde les choses d'un peu plus loin.
02:02Ce feuilleton au fond est contraire à tout ce qui devrait être l'idéal des journalistes.
02:07Les confrères qui se sont mis en grève ont réussi à ne parler que d'eux
02:10et à ne faire parler que d'eux pendant quelques jours.
02:13En fait, ils se gargarisaient de ne plus avoir à raconter l'actualité mais de devenir l'actualité.
02:18Si vous me permettez cette image, la maison de la radio, de Radio France,
02:22ça devrait être un observatoire dont les télescopes seraient braqués sur des astres lointains.
02:26Voilà ce que c'est qu'un média.
02:27Et pendant deux semaines, ça n'était plus qu'un laboratoire rempli de microscopes
02:31braqués sur le nombril des journalistes.
02:33Et d'ailleurs, remarquez comme cette grève n'est pas le seul phénomène qui prouve cette dérive.
02:38De plus en plus, les billets d'humeur des humoristes, aux analyses partiales des éditorialistes,
02:43au fond, les chroniques de cette radio France Inter surprennent par leur égotisme.
02:47On n'allume plus toujours la radio pour prendre des nouvelles du monde.
02:51On l'allume au fond comme si on disait
02:52« Bonjour, chers journalistes de France Inter, comment allez-vous ce matin ?
02:56Comment vous sentez-vous ? Vous avez passé un bon week-end ?
02:58Racontez-moi, comment va votre météo des émotions ce matin ?
03:01Ah non, vous êtes en pleine tempête émotionnelle.
03:03Vous avez un collègue à la machine à café qui n'est pas gentil.
03:06Il dit des choses avec lesquelles vous n'êtes pas d'accord.
03:07C'est très grave, ça...
03:09Vous voyez, on en est tous réunis à devoir maintenant prendre des nouvelles de nos journalistes.
03:13Ça devrait être l'inverse.
03:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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