00:00Je voulais qu'on écoute Louis Alliot, un peu plus tôt aujourd'hui, qui lui propose de baisser les taxes
00:04sur le carburant.
00:06Vous serez peut-être d'accord avec lui, Philippe Poutou ? On l'écoute.
00:08Il y a peu de chance.
00:10Il va être obligé de baisser les taxes, sinon l'économie s'arrêtera.
00:14Parce que je rappelle que l'essence, ce n'est pas un produit de luxe, c'est un produit de
00:18première nécessité.
00:20C'est un produit pour aller travailler, c'est pour aller chercher les enfants à l'école ou les amener
00:23à l'école.
00:24Ça concerne l'ensemble des Français, et c'est pour cela d'ailleurs que les aides ciblées ne sont pas
00:30adaptées à la situation,
00:31parce que la liste des personnes à aider aujourd'hui est tellement importante que finalement personne n'est content de
00:38ce qu'a mis en place le gouvernement.
00:40Donc il faudra baisser les taxes à l'identique de ce qu'ont fait certains pays européens.
00:45Baisser les taxes, est-ce qu'en baissant les taxes, on peut éviter derrière d'augmenter les impôts ?
00:53Alors effectivement, le problème c'est que si on avait comme d'autres...
00:55Si on baisse la TVA, est-ce que derrière il y aura des hausses d'impôts ? J'ai mieux
00:57reformuler ma question.
00:58D'autres pays l'ont fait, comme l'Espagne notamment. Pourquoi ? Parce qu'ils avaient des marges de manœuvre
01:03budgétaire qui n'étaient pas les nôtres.
01:05Les revenus que l'État tire des impôts sur les hydrocarbures sont environ 40 à 45 milliards.
01:10Évidemment, il ne s'agit pas de tout enlever, mais si on baisse la TVA, en fait, ce sont des
01:14milliards qui vont manquer très concrètement.
01:16En fait, on est au plus juste.
01:16Et donc, il y aura forcément des hausses d'impôts derrière ?
01:18Oui, c'est-à-dire qu'il faudrait trouver ailleurs, si jamais on a le droit, parce qu'il y
01:21a un problème européen, mais il faudrait trouver ailleurs d'autres économies ou d'autres hausses d'impôts.
01:26Mais non, parce que la consommation de carburant, elle baisse. Les prix sont tellement importants du fait des taxes que
01:30les gens ne consomment plus de carburant.
01:31Ils sont obligés de s'en priver et donc les recettes fiscales de l'État baissent.
01:34C'est un peu élastique, mais ce n'est pas très élastique.
01:37Vous avez fait la comparaison avec l'Espagne. Il y a 53% de taxes sur le carburant en France.
01:43Trois taxes principales, la TVA, la TICPE, la TVA sur la TICPE. On est le seul pays au monde à
01:47avoir créé une taxe sur la taxe.
01:49L'Espagne, ils sont à 35% de taxes sur le carburant. Le résultat, il est qu'ils ont un
01:54litre de carburant qui est à 1,75 aujourd'hui.
01:57Nous, le litre de carburant, il est à 2,20. Il va continuer à monter dans les prochaines semaines.
02:01Donc, évidemment qu'il faut baisser la TVA sur tous les produits de l'énergie, l'électricité, le fuel, le
02:06gaz et évidemment le carburant.
02:07Qu'est-ce que vous proposez, vous, Philippe Poutou, face à cette explosion des prix des carburants ?
02:11Sans la question de la TVA, en fait, on fait partie de ceux qui pensent que la TVA, c'est
02:15un impôt injuste et qu'il faut le supprimer.
02:17Alors, globalement. Donc, on pense qu'il faut par contre réorienter...
02:22Carrément le supprimer, on ne le baisse pas, on le supprime.
02:22C'est la suppression de la TVA qui est l'impôt le plus injuste, puisqu'en fait, c'est les
02:25pauvres qui le payent plus que les riches, encore une fois.
02:28Et on pense qu'il faut une fiscalité qui s'en prend très clairement et beaucoup plus clairement aux fortunes,
02:33que ce soit des fortunes professionnelles, des fortunes privées.
02:36Donc ça, c'est une chose. Après, c'est la question aussi du budget, parce qu'on en discute toujours
02:39comme ça, c'est assez fabuleux.
02:40Mais même dans les collectivités, encore une fois, c'est qu'en fait, le budget, ça devient juste une histoire
02:45de technique, de chiffres, une histoire uniquement financière.
02:48En réalité, le budget, c'est des choix politiques. Alors, plutôt que de commencer la discussion en disant, regardez, on
02:53a un déficit, on a une dette,
02:56on devrait commencer la discussion en disant, voilà, c'est quoi les besoins sociaux qu'il faudrait satisfaire ?
03:01Et voir combien ça nous coûterait. Exemple, puisqu'on parlait des services publics qui n'étaient pas démantelés,
03:07les services incendies, les pompiers, on a bien vu qu'il y avait largement assez de pompiers.
03:10Il y a urgence, non, à trouver un budget, Philippe.
03:13Non, non, mais je finis. Le truc, c'est qu'en fait, on a bien vu quand même que les
03:17gouvernements, et notamment les derniers,
03:19avaient bien contribué à démanteler les services incendies. Manque de pompiers, manque de canadaires.
03:24Et du coup, alors qu'on sait très bien qu'on va vers des crises climatiques et des incendies de
03:29plus en plus importants.
03:29Donc là, il y a quand même quelque part une sorte d'irresponsabilité du gouvernement qui veut nous faire croire
03:33que finalement,
03:33il répond comme il faudrait répondre. Donc en fait, la question du budget, c'est bien celle-là.
03:36C'est quoi les besoins ? Faisons l'état des lieux des services publics. On a bien vu que dans
03:40les hôpitaux, ça n'allait pas du tout.
03:41On a bien vu que dans l'éducation nationale, ça n'allait pas du tout. A la fois du manque
03:43de personnel, du manque de moyens.
03:45Et donc du coup, ce sont à la fois les malades et puis les enfants ou les jeunes qui sont
03:48en difficulté.
03:50Donc c'est ça. Et d'ailleurs, il y a une journée d'action bientôt, je crois que c'est
03:52le 29, où on voit comment les services publics vont se remobiliser,
03:55en tout cas tenter de se remobiliser pour contester justement toutes les attaques qui sont faites contre les services publics.
03:59Donc le budget, il devrait servir à ça. On a besoin de quoi ? Et on a besoin d'embaucher,
04:04on a besoin d'augmenter les salaires,
04:05on a besoin de développer, de construire des hôpitaux.
04:07Vous irez manifester, vous, Philippe Poutou, le 29 septembre, le 17 octobre aussi ?
04:12Le ?
04:13Le 17 octobre, il y a des appels de gilets jaunes. Est-ce que vous espérez le retour des gilets
04:16jaunes ?
04:16Oui, on aimerait bien que ça pète vraiment et que ça repète à nouveau.
04:19Et on aimerait bien effectivement qu'à la fois un mouvement des gilets jaunes, mais plus fort, on va dire
04:23un mouvement des gilets jaunes,
04:23fois 10 et que la colère, elle explose. Parce que là, il y a le gros déni, encore une fois,
04:29évidemment, il n'y a pas de misère, il n'y a pas d'égalité.
04:31Parce qu'il y a trop d'inégalités, il y a trop de cynisme, il y a trop de...
04:34Et c'est ça qui va permettre que ça aille mieux ?
04:35Ah ben nous, on pense que oui, parce que si c'est...
04:37Manifester est un droit, pas de souci, mais quand vous dites, vous appelez, vous appelez pas à manifester, là, vous
04:41appelez à ce que ça pète.
04:42Vous vous rendez compte dans quelle situation nous sommes déjà dans notre pays ?
04:45Oui, bien sûr.
04:45Et là, vous voulez nous pousser au précipice parce que...
04:47Ça fait 10 ans que vous êtes au gouvernement, que vous allez aggraver la situation.
04:5320 minutes, qu'on est ensemble en plateau, la seule proposition que vous avez faite en 40 minutes, c'est...
04:57Annuler la dette !
04:58Non, annuler la dette !
04:59Et que ça pète !
04:59Et oui, et nous, on est pour des explosions sociales, effectivement.
05:01Mais pardon, il y a eu l'élection présidentielle dans quelques mois.
05:05La République, elle est née d'une révolution, vous êtes tous...
05:07Ah super, on est des révolutions, on est issus de la révolution française, mais nous, on pense qu'il faut
05:10une autre révolution, effectivement.
05:12Et pas seulement une révolution dans les urnes, nous, on pense que la population doit se révolter.
05:16On pense qu'à partir du moment où elle se fait enlever le pouvoir de décider, à partir du moment
05:19où elle subit tous les contre-coups d'une crise du monde capitaliste,
05:21parce que c'est là où vous êtes responsable de rien, en fait.
05:23Vous gérez un système capitaliste, c'est de pire en pire, mais ils ne sont pas responsables.
05:29Vous soutenez bien Jean-Luc Mélenchon ?
05:30Pour la campagne, on soutient, on pense qu'il faut voter Mélenchon.
05:32Mais donc, voter Mélenchon à la présidentielle, est-ce que la révolution, entre guillemets, pour reprendre les termes, ça ne
05:37passe pas par là ?
05:37Nous, on pense clairement que le changement, il ne suffira pas.
05:40Nous, on pense qu'il faut tout faire pour empêcher une victoire de l'extrême droite, qui est quand même
05:44probable aujourd'hui, malheureusement.
05:46C'est un véritable danger, d'après nous, grâce aussi au macronisme.
05:49Donc, nous, on pense qu'il faut barrer la route au Front National.
05:54Donc, oui, effectivement, le mieux placé, c'est Mélenchon.
05:56Mais pas que le mieux placé, c'est aussi parce qu'il y a un programme de rupture antilibérale.
06:01Donc ça, on soutient et on pense que c'est hyper important.
06:04On peut se protéger.
06:05C'est un traite ambulant pour Marine Le Pen.
06:07Mais nous, bien sûr.
06:08Après, est-ce que ça pète ?
06:09Non, mais vous vous rendez compte qu'on le dit assez souvent.
06:12Non, non, non, je vais donner le micro.
06:14Et ça ne suffit pas à la victoire électorale.
06:15Nous, on pense qu'effectivement, il faudra qu'il y ait un renouveau du mouvement social, qu'il y ait
06:20une réorganisation, qu'il y ait une restructuration.
06:22Et au niveau des luttes syndicales, associatives, on pense effectivement que la population doit rentrer dans la rue.
06:27C'est un boulevard, ce genre de discours pour vous est un boulevard à Marine Le Pen.
06:30Mais ce genre de discours, M. Poutou qui le dit lui-même, qui est un allié pour la prochaine présidentielle
06:35de M. Mélenchon,
06:36c'est un slogan sur pattes pour Marine Le Pen.
06:40Appeler à ce que ça fait 50 minutes de débat depuis tout à l'heure.
06:45Alors, on est d'accord ou pas avec M. Carillon, mais en tout cas, on propose des choses.
06:49Et je dis simplement, M. Poutou depuis tout à l'heure, la seule chose qu'il a proposée, c'est
06:52la dette finalement, ça ne sert à rien, c'est une chimère.
06:55Et la deuxième proposition, c'est quoi ? Appeler à ce que ça pète.
07:00Il n'appelle pas à manifester, il n'appelle pas à revendiquer des droits.
07:03Mais bien sûr que ça me fait peur, M. Poutou.
07:05Parce qu'en fait, dans ce débat aujourd'hui qu'on doit avoir, c'est de proposer des choses.
07:08Pas appeler à ce que ça pète.
07:09Parce que là, je peux vous le dire.
07:10Pas ce que vous proposez.
07:11Vous dites qu'on va être Marine Le Pen, mais Marine Le Pen, elle vous regarde en mangeant du popcorn.
07:14Elle se dit, mais qu'ils continuent, qu'ils appellent à soulever la rue, et ça fait plus de voix
07:19pour moi.
07:19Moi, je le dis assez simplement.
07:20Aujourd'hui, il y a une responsabilité extrêmement forte.
07:23Que vous soyez avec Jean-Luc Mélenchon, très bien.
07:25Mais du reste de la gauche, du reste de la gauche, à se défaire enfin, une fois pour toutes, avec
07:30ces idées-là, c'est pas possible.
07:32Guillaume Carillon.
07:33Moi, je pense effectivement qu'on est dans une situation qui est très insurrectionnelle.
07:37Le climat social, il est brûlant.
07:39Et évidemment, je ne souhaite pas que ça pète.
07:40Le RN, vous êtes content.
07:42Attendez qu'il finisse.
07:43On n'est pas content, mais la colère sociale, évidemment qu'on la voit.
07:47Les Gilets jaunes, ils étaient sur les ronds-points en 2018, quand le litre de carburant, il était à 1
07:51,47.
07:52Mais encore une fois, il y a une élection en avril.
07:54Non, non, mais le sujet...
07:55Et ça sera très bien.
07:56Vous avez dit pas, pardon.
07:57Vous vous rendez compte ?
07:57Non, non, ça pètera la gueule.
07:58Vous vous rendez compte ?
07:59Il est en train de me dire, là, ça vous pètera la gueule.
08:01Il y a trop de colère.
08:02Mais oui, ça pètera.
08:03Ça vous pètera la gueule et ça sera très bien.
08:04Le sujet qui devrait obséder...
08:06Le sujet qui devrait obséder...
08:07Le sujet qui devrait obséder...
08:07Le sujet qui devrait obséder...
08:07Le sujet qui devrait obséder...
08:08Le sujet qui devrait obséder...
08:08Ça veut dire quoi ?
08:09Ça vous pètera la gueule en me regardant ?
08:11Vous vous rappelez le mouvement des retraites ?
08:12Mais ça veut dire quoi ?
08:12Toute la population n'était pas d'accord et vous l'avez imposé quand même.
08:15Pardon, vous parlez à quelqu'un qui s'est fait agresser sur le terrain parce qu'il était juste en
08:17train de coller des images.
08:18Je vois ça.
08:19Oui ?
08:19Donc c'est pas une image, monsieur Carayon.
08:20Est-ce que c'est pas un discours qui est poutou ?
08:22Est-ce que c'est pas un discours qui incite à la violence, justement ?
08:25Sur la goutonnez ?
08:26La violence, c'est intéressant la discussion.
08:27Là, on veut bien discuter de la violence.
08:29Nous, on pense que...
08:29Mais c'est vous qui l'a provoqué ?
08:30Oui, la société est ultra-violente.
08:32La violence, quand on voit le nombre de morts tuées par la police, par exemple, c'est une forme de
08:35violence.
08:36On peut en discuter aussi.
08:38Les gens qui meurent de maladies professionnelles, les décès au travail, tout ça.
08:44La violence, elle est là, de toute façon.
08:45La violence, elle est aussi...
08:46Et donc vous, vous menacez encore plus par-dessus ?
08:48En Israël, on voit la violence en massacrant tout un peuple.
08:51Bon, la violence, elle est dans le système.
08:52Non, non, mais c'est pas du mélange, ça.
08:53On revient sur le wat-ba-outisme israélien.
08:54Non, c'est juste pour montrer qu'on est dans une société qui, de fait, est violente.
08:58Alors nous, ce qu'on essaie de dire, c'est comment une population qui subit,
09:01à la fois par des conditions de plus en plus dures, de misère et tout ça,
09:05comment on se défend ?
09:06À partir du moment où un gouvernement, par exemple, ne veut rien entendre.
09:09On l'avait l'exemple.
09:09Et donc vous menacez.
09:10Non, avec l'exemple des retraites.
09:12L'exemple des retraites, c'est un exemple d'un gouvernement qui dit
09:14« Nous, on veut faire ça, quelle que soit la réponse à la population. »
09:16Donc c'est pour ça que nous, on pense que, effectivement,
09:18il faut que la population...
09:18C'est pas juste une histoire de violence.
09:20Il faut que la population redescende dans la rue, s'organise,
09:23se fasse entendre.
09:23Et c'est une histoire de rapport de force.
09:25Et nous, on pense que c'est ça.
09:26Oui, il faut que ça pète socialement.
09:27Il faut qu'on reprenne la rue et qu'on se défendre.
09:30Merci.
09:30Et qu'on s'auto-organise.
09:31C'est ça aussi.
09:31Et nous, on pense que c'est une perspective politique
09:33qu'on peut discuter, qu'on peut mettre en avant
09:35et qui est en tout cas indéfendable.
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