- il y a 7 semaines
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00et faire.
00:00Europe 1, le journal permanent.
00:03Bonsoir Frédéric Jean Chret.
00:04Bonsoir Maël, bonsoir à tous.
00:06Votre journal permanent sur Europe 1 à 18h30.
00:09Le niveau d'endettement de la France continue de se creuser.
00:12La dette publique atteint 119,3% du PIB en 2027.
00:20Des niveaux records, plus vus depuis 1995.
00:24Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle.
00:26Le président de Debout la France a fait sa rentrée politique dans l'Essonne.
00:29Il a redit sa volonté de sortir de l'Union Européenne
00:32pour établir les frontières et la primauté du droit français,
00:35mais aussi de l'OTAN.
00:36Il a également affirmé avoir un plan pour établir l'ordre et bloquer l'immigration.
00:40Philippe Brun riposte après avoir été suspendu à titre conservatoire
00:44par le Parti Socialiste et écarté de la primaire à gauche.
00:47Le député PS conteste les accusations de violences d'une ancienne collaboratrice
00:51et porte plainte pour dénonciation calomnieuse,
00:54se dit victime de rivalité interne au PS.
00:57Le Danemark salue l'accord contraignant,
00:59trouvé avec Donald Trump sur le Groenland.
01:01Washington obtient un contrôle permanent sur la sécurité du territoire autonome danois,
01:05ce qui interdit l'implantation de bases russes et chinoises sur ce territoire.
01:09Un accord qui sera signé la semaine prochaine à l'ONU.
01:12Un réservoir de carburant du géant pétrolier saoudien Aramco en feu.
01:16Il est situé près de l'aéroport international de Riyad.
01:18Les pompiers tentent d'éteindre les flammes.
01:20Les avisants de la capitale ont fait état d'explosion.
01:23Et Georges et Martine reprend provisoirement les commandes du championnat de moto GP
01:26après sa victoire sur la course sprint en Autriche devant son principal concurrent Marc Marquez.
01:31Demain, Martine partira en pôle devant Marquez à 14h.
01:33Merci Frédéric Joncheret.
01:35A tout à l'heure, 18h45, pour le retour du journal permanent.
01:42Toujours avec Raphaël Steinville, directeur adjoint de la rédaction du JDD.
01:45Toujours avec Antoine André, chef du service politique du JDD.
01:48Et puis pour quelques minutes encore, Nicolas Pauvre-Monti,
01:51directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
01:54On parle de cette étude, les scénarios démographiques de la France au XXIe siècle.
01:59Ce visage de la France sur lesquels les politiques ont encore une prise,
02:03si l'on en croit votre étude.
02:04Comment est-ce qu'on doit regarder, selon vous,
02:06on a l'impression sur ce sujet que les politiques l'appréhendent de façon idéologique et culturelle pour certains,
02:12d'autres plutôt d'un point de vue économique.
02:14Par exemple, pour essayer de mettre en cohérence la politique migratoire
02:17avec les besoins de l'économie française,
02:19si elle peut apporter une réponse face à certains métiers en tension,
02:23face à la problématique du financement des retraits, du déficit d'actifs également.
02:27Comment vous regardez tout ça, Nicolas Pauvre-Monti ?
02:29Il me semble que sur ce sujet, une part de la classe politique reste quand même dans une sorte de
02:32pensée magique.
02:33L'exemple type, c'est vraiment l'idée que l'immigration serait en mesure de sauver le système de retraite
02:38français à long terme.
02:40Il se trouve que les Nations Unies avaient travaillé sur ce sujet il y a déjà 25 ans.
02:44En l'an 2000, il y avait eu un grand rapport, dont le nom était un peu malheureux,
02:47ça s'appelait rapport sur les migrations de remplacement.
02:49On lit parfois sur Internet que l'ONU promeut le grand remplacement, ce n'est pas le cas.
02:53Simplement, l'ONU avait modélisé les flux migratoires qui seraient nécessaires dans les pays développés
02:57pour garder le ratio population d'âge actif, population retraitée stable.
03:01Dans un pays comme la France, ça nécessitait une immigration nette de 90 millions de personnes sur une moitié de
03:07siècle.
03:07Pourquoi ? Parce que simplement, les immigrés sont comme tout le monde, ils vieillissent,
03:10il faut faire rentrer de nouveaux immigrés plus nombreux, c'est une sorte de pyramide de Ponzi, si vous voulez.
03:14Je pense que dans cette campagne présidentielle, on gagnera à éteindre autant que possible ces slogans un peu usés,
03:20on gagnera aussi à éviter une forme de double pensée, qu'on trouve dans différents camps.
03:25Vous avez le bloc central qui vous dit qu'il faut restreindre le regroupement familial,
03:29mais on va augmenter l'immigration de travail.
03:31D'abord, le regroupement familial au sens strict, c'est plus grand-chose, c'est 5% des nouveaux flux.
03:36Quand on vous dit qu'on va restreindre un peu 5% des nouveaux flux, ce n'est pas grand
03:39-chose.
03:39Par ailleurs, il n'y a jamais d'immigration de travail sans immigration familiale.
03:42Donc, si vous augmentez l'une, vous augmentez l'autre.
03:44Avec des proportions particulières, si j'ose dire.
03:47Oui, c'est-à-dire que quand vous êtes, par exemple, un sans-papier régularisé pour motif de travail,
03:53au bout de 18 mois, vous êtes en mesure de faire venir à la fois votre épouse, mais aussi vos
03:57enfants mineurs.
03:58Et donc, un titre accordé peut en susciter deux ou trois autres.
04:01Et à gauche aussi, y compris parmi les voix les plus réalistes, il y aura un besoin de clarification.
04:05J'ai en tête François Ruffin, qui a eu des propos courageux il y a quelques semaines, même quelques mois,
04:09sur le fait que l'immigration de travail n'était pas à la panacée,
04:11mais qui est favorable, par exemple, à la poursuite du droit d'asile très nombreux qu'on a aujourd'hui.
04:16Il se trouve que la concurrence, la pression à la baisse sur les salaires qu'il souhaite éviter avec l
04:20'immigration de travail,
04:21il l'aura avec le droit d'asile s'il ne pense pas à l'immigration comme un tout.
04:24Moi, j'ai entendu Rix Zemmour, il y a quelques jours encore, rabrouer une journaliste sur ce thème précis.
04:28Elle avançait l'idée que la France aurait besoin d'immigrés pour faire tourner le pays, pour payer les pensions.
04:32Et lui, il bailait ça complètement en expliquant que les immigrés qui arrivent en France,
04:37eh bien, ceux qui travaillent et ceux qui cotisent, c'est une part absolument minime de ces flux de population.
04:41Qu'est-ce que vous en pensez ?
04:42C'est assez vrai, c'est-à-dire qu'il y a évidemment beaucoup d'immigrés qui travaillent en France.
04:46Il faut le rappeler, il y a des millions d'immigrés qui travaillent en France.
04:49Il n'en demeure pas moins, et on en revient à la comparaison européenne,
04:52que l'immigration en France est l'une des moins au travail de toute l'Europe.
04:55Le taux d'emploi, c'est-à-dire la part des immigrés récents en âge actif qui occupent effectivement un
05:00emploi, c'est 46%.
05:0346%, c'est le taux le plus faible de tous les pays de l'UE, c'est 23 points en
05:06dessous de la moyenne générale.
05:07Et ça a évidemment des répercussions de toute nature.
05:10Étant entendu par ailleurs que sur la question des métiers en tension que vous citiez,
05:13il y a un sujet qui devrait obséder nos responsables politiques,
05:16et qui est le vivier des 4 millions de personnes en France,
05:19qui sont soit au chômage, au sens strict, soit dans le halo du chômage.
05:23On a une situation structurelle de sous-emploi.
05:25Et le recours à une immigration de travail nombreuse et peu qualifiée,
05:28non seulement ne résoudrait pas cette question, mais aurait plutôt tendance à l'entretenir.
05:32Raphaël Stainville.
05:33Oui, est-ce que dans les semaines ou les mois à venir,
05:35l'Observatoire de l'immigration et de la démographie a vocation à juger et évaluer les programmes des différents candidats
05:42à l'aune justement de ces différents scénarios et de ce que leurs programmes pourraient produire ou non ?
05:48Et peut-être prendre position pour tel ou tel candidat ?
05:50Je suis moins sûr, mais est-ce que d'un point de vue presque scientifique,
05:54c'est quelque chose que vous envisagez ?
05:56Absolument.
05:57Alors, on se tiendra évidemment à la ligne à partisane qui est celle de notre institut depuis ses débuts.
06:02Néanmoins, nous publierons d'ici deux mois un livre blanc de l'immigration
06:05avec un ensemble de scénarios, cette fois-ci, programmatiques,
06:08ce qui peut être fait sur les grandes questions liées à l'immigration,
06:11l'asile, l'immigration familiale, l'attractivité sociale, l'immigration de travail.
06:15Et évidemment, un think tank, c'est toujours entre la recherche et l'influence.
06:19Notre rôle sera aussi d'évaluer explicitement les programmes des candidats
06:23à l'aune de ce qui nous semble devoir être fait pour le pays.
06:26Merci à vous Nicolas Pauvre-Romonti, directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie,
06:32d'avoir participé à cette Europe 1 Soir en direct.
06:35Raphaël et Antonin, vous restez avec moi.
06:37On débat ensemble jusqu'à 20h avec ce premier thème d'actualité.
06:41On l'a appris cet après-midi, France Interne ne va plus diffuser l'édito hebdomadaire
06:46du directeur adjoint de Valeurs Actuelles, Charles Sapin.
06:49Et ça a fait réagir dans la foulée Jordan Bardella, le président du Rassemblement National.
06:53Ça dit que le pluralisme n'existe plus et que, en réalité, la maison de la radio a été privatisée
06:58par la gauche
06:59qui déteste la démocratie, qui n'aime pas le pluralisme
07:03et qui considère qu'à partir du moment où vous êtes en désaccord avec eux,
07:06il ne peut pas y avoir d'opinion, je ne vais pas dire contraire, mais au moins d'opinion plurielle.
07:11Sur le service public, ça pose un véritable problème.
07:14Vous connaissez notre souhait de privatiser l'audiovisuel public
07:17parce que je crois que le contribuable français n'a pas lieu de financer un média
07:22qui devrait être un média respectueux de la liberté d'expression et du pluralisme
07:26qui est en réalité le porte-voix de la gauche.
07:30Réaction à l'annonce de France Inter et à la réaction de Jordan Bardella, Antonin André ?
07:34D'ailleurs, pour être tout à fait précis, France Inter avait évoqué une contre-proposition
07:39qui était que Charles Sapin débatte avec un contradicteur le dimanche matin
07:42et c'est Charles Sapin qui a fait le choix dans un message assez long
07:45de dire qu'il ne participerait pas à cette mascarade.
07:48Évidemment, ça pose problème à la fois dans le contexte d'un long rapport
07:54de Charles Laloncle et des auditions qu'il y a eu
07:57où était questionné le pluralisme dans l'audiovisuel public
08:00et dans le contexte d'une campagne présidentielle qui plus est.
08:03C'est sûr que cette impossibilité d'avoir une voix
08:06de tous les confrères que je connais, qu'ils soient de gauche ou de droite d'ailleurs,
08:10trouve extrêmement respectable.
08:11Charles Sapin est un journaliste qui est tout à fait respecté,
08:13qui est tout à fait rigoureux et qui travaille...
08:17Donc aujourd'hui, il rejoint la direction de Valeurs Actuelles.
08:20Avec le même cerveau ?
08:21Avec le même cerveau, ça ne disqualifie pas le travail qu'il a fait jusque-là
08:24et ça ne le disqualifie pas non plus professionnellement.
08:27Là où j'apporterai une toute petite nuance,
08:28c'est que je crois effectivement que certains syndicats sont très présents à Radio France
08:32et prennent en otage d'une certaine façon la direction
08:35qui n'est pas capable d'avoir un rapport de force et ça, on l'a vu là.
08:39Après, je relève aussi que le service public essaie de faire des efforts,
08:42je pense à France Télévisions, avec la présence de Jenny Bastier,
08:45dans l'heure de vérité, qui revient la semaine prochaine.
08:47Et des éditorialistes qu'on voit sur la chaîne Info de France Info.
08:50Ou Charles Sapin, il me semble, participer.
08:52Charles Sapin, absolument, c'est éditorialiste.
08:54Donc il y a encore des résistances qui paraissent assez anachroniques
08:58et notamment dans la Maison Honde,
08:59où moi j'ai passé quelques temps comme journaliste
09:02et où, à titre personnel, je mesurais, même à des postes moins exposés,
09:07à quel point les pesanteurs politiques syndicales
09:09sont extrêmement lourdes et résistantes à Radio France.
09:11Raphaël Staville, le pluralisme est-il définitivement impossible sur le service public ?
09:15En tout cas, à Radio France et plus précisément à France Inter,
09:19il semble aujourd'hui, avec finalement ce refus de Charles Sapin
09:24de se prêter au jeu de la direction,
09:26qui voulait, à défaut qu'il puisse continuer à faire un édito,
09:31se prêter à un débat,
09:33comme s'il fallait finalement s'empresser,
09:36décontaminer les idées nauséabondes de Charles Sapin.
09:40ça consacre finalement, moi je pense,
09:42une déviance de France Inter
09:45qui aujourd'hui s'interdit de toutes nuances.
09:48C'est-à-dire que si vous n'êtes pas un journaliste
09:53étant étiqueté de gauche,
09:55vous n'avez pas droit à la parole,
09:56ou en tout cas sans un certain nombre de précautions,
09:59visant finalement à avertir l'auditeur
10:02que, attention, cette parole est susceptible
10:04de faire saigner leurs oreilles.
10:06Donc, moi je pense qu'on est là face à une grave dérive
10:09de France Inter,
10:12une lâcheté finalement,
10:13la direction qui a cédé au chantage des syndicats.
10:17D'artistes également.
10:19D'artistes bien évidemment,
10:20mais d'abord de syndicats qui ont des moyens quasi illimités
10:24pour finalement contraindre la direction
10:26à suivre leur idéologie.
10:30Et c'est ça qui est dramatique,
10:31et qui finalement ne fait que relancer l'idée
10:33qu'il faut réformer l'audiovisuel public.
10:36Est-ce que ça doit aller jusqu'à la privatisation ?
10:39Comme l'évoque Jordan Bardella,
10:41ce sera probablement l'un des sous-débats de la présidentielle.
10:44Mais en tout cas, l'affaire Charles Sapin
10:46consacre la victoire de ceux qui finalement
10:50veulent une sorte d'entre-soi idéologique
10:52dans la radio publique.
10:54Et la jurisprudence que ça risque de créer
10:56pour quiconque souhaiterait inviter
10:57des profils comme celui de Charles Sapin
10:59sur le service public.
11:00Raphaël Antonin, vous êtes avec moi
11:02pour une quinzaine de minutes encore.
11:03Les débats de l'Europe 1 soir se poursuivent dans un instant.
11:05A tout de suite.