00:00C'est la première fois que j'ai eu quelque chose d'aussi rapide,
00:05une telle escalade de la violence et une injure purement gratuite.
00:09Elle, c'est Tara Euse Sarmini.
00:11Elle est entrepreneuse et suivie par plus de 30 000 personnes.
00:14Sur LinkedIn, le 26 août dernier, elle reçoit, par message privé,
00:17une proposition d'un autre entrepreneur.
00:20J'ai reçu un message de prospection.
00:21Le démarchage concernait un club d'entrepreneurs au nom très peu inclusif.
00:27J'avais indiqué poliment à l'auteur des messages
00:31qu'il était très peu probable que je rejoigne son club, Dobro.
00:36Et en fait, la réponse ne s'est pas faite attendre.
00:40Il m'insultait de connasse.
00:43Après cet échange et la réponse de Nicolas B,
00:45Tara décide de prendre une capture d'écran et de la partager avec son réseau.
00:49Mais l'affaire ne s'arrête pas là.
00:50Quelques jours plus tard, Nicolas B porte plainte et assigne Tara devant la justice.
00:54Il a obtenu ce qu'on appelle une procédure de référé heure à heure.
00:59Et donc, j'ai pu être assignée en 48 heures, à plus de 200 kilomètres de chez moi.
01:04Je l'ai découvert le soir même, du jour où l'audience s'était tenue.
01:08Et donc, j'ai appris qu'une audience s'était déroulée sans main.
01:12Le tribunal de Lille rend son verdict.
01:14La qualification d'atteinte à la vie privée est retenue,
01:17et plus précisément, d'atteinte au secret des correspondances.
01:20Le tribunal condamne Tara à verser 1500 euros à Nicolas B pour couvrir ses frais de justice,
01:25ainsi qu'une astreinte provisoire d'environ 200 euros par jour,
01:28tant que le poste n'a pas été supprimé.
01:30Nous avons contacté Nicolas B pour recueillir sa version,
01:33mais notre message est resté sans réponse.
01:35Il a publié un message d'excuse sur son compte, mercredi 16 septembre.
01:39Les termes que j'employais étaient déplacés, inutilement blessants, et je les regrette.
01:43Je lui présente sincèrement mes excuses pour ces mots,
01:45j'aurais dû répondre autrement, ou ne pas répondre.
01:48Plusieurs associations ont apporté leur soutien à Tara à travers un communiqué
01:52dans lequel elle dénonce notamment la justice qui se retourne contre les femmes qui dénoncent le sexisme.
01:58Tara a fait appel de la décision et une cagnotte en ligne a été lancée
02:01pour l'aider à couvrir ses frais de justice.
02:03Cette cagnotte servira à payer mes frais à moi de défense.
02:08Ça ne peut absolument pas couvrir les 1500 euros dont on parle,
02:12n'est la streinte.
02:14Mais en revanche, je me suis engagée à reverser à la Fondation des femmes,
02:20ce qui serait en excédent pour que d'autres personnes,
02:25d'autres femmes victimes de procédures Bayon puissent bénéficier de cet élan collectif.
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