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Retrouvez le replay de Hammett Week-end sur BFMTV.
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00:00Face à nos duelistes du vendredi, Raquel Garrido face à Tube Dual Denis, je vous laisse vous installer.
00:06On va juste avant revenir sur notre carnet de campagne 20-27, les meilleures images du jour.
00:13Regarde.
00:16Ça faisait presque trop longtemps qu'il n'y avait pas eu un nouveau candidat à la présidentielle.
00:22Alors hier soir, on a été surpris par un Éric Zemmour un peu trop bavard.
00:28Je ne suis pas politicien, je suis candidat à la présidence de la République.
00:32C'est une déclaration donc ce soir ?
00:34Non, mais vous comprenez ce que je veux dire.
00:35Vous êtes candidat à la présidentielle ce soir, Éric Zemmour.
00:38Vous avez compris, je serai candidat à la présidentielle.
00:40On a surtout compris que le candidat de Reconquête avait un champ lexical de prédilection.
00:48Immigration, remigration, immigration, la remigration, une immigration de remigration.
00:52Immigration partout, même là où personne ne l'attendait.
00:57Donc des robots à la place des immigrés, c'est ce que vous avez dit.
00:59Exactement, des robots à la place des immigrés.
01:01Donc par exemple, dans les EHPAD, le modèle, c'est un robot qui s'occupe d'une personne âgée.
01:06L'avenir c'est ça, c'est ce qu'on voit juste à côté de vous.
01:08Vous voyez que ça existe.
01:09Non, ça n'existe pas, c'est moi qui généreuse cette photo avec de l'intelligence artificielle.
01:12Ça existe en Chine et au Japon.
01:15Une petite tendance à parler trop vite, Éric Zemmour.
01:18Et celle-là, vous l'assumez totalement ?
01:20Évidemment, Madame Le Pen est une femme de gauche.
01:23Elle est socialiste en économie.
01:25Elle est progressiste sur les questions de société.
01:32Marine Le Pen appréciera depuis sa tournée des villes sinistrées.
01:37Après la Gironde et les incendies, Poma, dans l'Aude, frappé par une tornade fin août.
01:49Dans une pièce, dans les toilettes, la seule pièce où la tornade n'a pas traversé la maison.
01:55Au milieu des ruines, Marine Le Pen n'oublie quand même pas de démolir sa cible favorite
02:00au sujet de l'aide sur les carburants.
02:02Le risque que prend Emmanuel Macron en ne mettant pas en place cette solution,
02:07c'est le risque du blocage de l'économie.
02:09Un tacle glissé, même à 800 kilomètres de l'Elysée.
02:17Justement, quelques heures plus tôt...
02:20Alors, c'est ici, c'est ça ?
02:21Emmanuel Macron avait convié l'ensemble des chefs de parti
02:24aux candidats à la présidentielle
02:26pour évoquer les conflits internationaux et la crise énergétique.
02:31Bonjour, monsieur le Premier ministre, qu'allez-vous dire au président ?
02:38L'un d'eux a peut-être découvert ses futurs bureaux.
02:41Mais ça, ce sera pour mai prochain.
02:45En attendant, pas de passe-droit à la sortie.
02:49On attend, comme tout le monde, pour prendre la parole devant les journalistes.
02:54On révise, on s'apprête, pour finalement venir nous dire
02:59que cette réunion n'a pas servi à grand-chose.
03:02Le président n'a apporté aucune réponse sur le pouvoir d'achat
03:06ou sur la question des taxes sur les carburants.
03:08Ils nous disent en substance que le scénario d'un règlement rapide des conflits
03:12n'existe plus et que donc la crise risque de durer.
03:16Alors, messieurs, dames, les prétendants,
03:18toujours aussi motivés pour diriger le pays ?
03:26Voilà, 20-27 réalisés par nos équipes de Ligne Rouge.
03:30On va revenir sur le prix du gazole qui frôle les 3 euros litres dans certaines stations
03:35et le gouvernement qui insiste qu'il faut des aides temporaires, des aides ciblées.
03:38Elles seront prolongées au-delà du 30 septembre.
03:41Raquel Garrido, est-ce que la réponse du gouvernement est à la hauteur ?
03:44Non. Non. Là, je pense qu'on est dans une situation qui est absolument intenable.
03:50Le salaire des Français, le fruit du travail, part dans les gaz, les pots d'échappement.
03:57Ça part en fumée.
03:59Et l'État ne prend pas les mesures nécessaires.
04:03En fait, c'est possible de plafonner le prix au litre.
04:07C'est possible.
04:07L'État peut dire qu'il est interdit de vendre l'essence au-delà d'un certain montant.
04:14À discuter, bien sûr.
04:16Mais c'est possible.
04:17À la charge ensuite pour les entreprises.
04:20Non, non, non.
04:20C'est à la charge des entreprises de ne pas vendre au-delà de ce tarif-là.
04:25Pourquoi est-ce que ce serait aux Français de financer le fait que les entreprises pétrolières aient moins de bénéfices
04:34?
04:34C'est l'impôt à l'envers, en fait.
04:36Donc là, il y a une inaction de l'État qui est coupable.
04:411,4 milliard d'euros d'aides de carburant depuis le début de la guerre.
04:44Ça, c'est parce que pour l'instant, ce gouvernement ne prend la chose que sous l'angle de sa
04:49dépossession à lui.
04:50C'est-à-dire comment lui, en tant qu'État, il peut avoir moins de recettes.
04:53Ce n'est pas impossible d'avoir moins de recettes en ce qui concerne l'essence.
04:57Je ne dis pas le contraire.
04:58Mais ça ne peut pas être la seule possibilité.
05:01Il faut aussi aller toucher sur les marges, tout simplement.
05:05La limite de votre raisonnement, c'est que le marché du pétrole, c'est quand même un marché mondial.
05:09Et que si des entreprises pétrolières considèrent que vendre en France, c'est moins de 10 ans pour elles,
05:16elles peuvent se faire des marchés.
05:17Vous pensez vraiment ça ?
05:18Non, mais ça, c'est un argument qu'on entend depuis toujours.
05:21Les entreprises vont partir.
05:24On est un gros marché.
05:25Même Total, l'opération fait Total en limitant le prix à l'essence.
05:30Ils récupèrent des immenses parts de marché, ils récupèrent beaucoup de bénéfices.
05:35Bon, ils ne partent pas.
05:36Oui, d'accord.
05:37Et d'ailleurs, soit dit en passant pour Total, qui est une entreprise qui a été extrêmement attaquée ces dernières
05:40années,
05:41soit disant qu'elle n'était pas du tout vertueuse sur le plan moral, etc.
05:45On voit bien que je n'ai pas vu beaucoup de gens qui avaient beaucoup critiqué Total ou Patrick Pouyanné
05:50ces dernières années
05:51le féliciter publiquement pour cette opération qui sauve le pouvoir d'achat de pas mal de gens, clairement.
05:58Mais oui, je vais vous dire, le plus important, franchement, ce n'est pas ça, c'était juste une remarque
06:02économique de base,
06:06mais le spectacle auquel on assiste, et peut-être que d'ailleurs on sera d'accord,
06:11c'est celui de l'impuissance de la politique.
06:12C'est-à-dire que croire que dans un pays endetté jusqu'au cou et subissant un blocage d'un
06:21détroit à des milliers de kilomètres,
06:24dans un conflit où la France n'a aucune influence, je veux dire, ce n'est pas méchant avec la
06:30diplomatie française que de dire ça,
06:31ça se passe entre Donald Trump, l'Iran, quelques gros pays qui ne sont pas nous,
06:38on voit bien que l'affaiblissement de la France sur le plan diplomatique, l'affaiblissement de la France sur le
06:43plan budgétaire
06:44font que l'État n'a rien à proposer, et vous rajoutez par-dessus tout ça une crise politique
06:50qui fait que de toute façon il n'y aura pas de consensus pour une mesure soit très à gauche
06:55d'aide,
06:56soit très à droite de contournement de cette hausse du prix du pétrole.
07:01Je ne crois pas du tout que donner pas assez pour faire baisser l'essence de 5 centimes,
07:09et pourtant c'est très cher d'aider la baisse du carburant, c'est tout de suite très dispendieux.
07:15– Mais alors qu'est-ce qu'il faut faire, pardon ? Parce qu'il y a effectivement un contexte
07:19international très complexe.
07:20– Je vais être complètement fataliste, défaitiste, déprimant, mais en tout cas Sébastien Lecornu
07:27ne peut absolument rien faire par rapport à cette crise, à part des pis-alées, à part un peu de
07:32communication.
07:33– Là c'est quand même concret, faire des chèques pour les personnes dans le besoin, des gros rouleurs.
07:39– Non mais allez dire aux infirmières libérales, aux aides-soignantes, je ne sais quelles autres professions,
07:45que ces chèques vont suffire, ils vont vous prouver par A plus B que ce n'est pas du tout
07:49suffisant,
07:49que si vous voulez un tel niveau du prix du gazole ou du sans-plomb,
07:55ce n'est pas parce que tout d'un coup vous leur donnez une portion infinitésimale d'aide
08:00que ça va sauver leur modèle économique.
08:01Les gens, c'est une situation catastrophique, c'est un confinement énergétique,
08:05les gens ne peuvent plus sortir de chez eux.
08:07– On est tout à fait d'accord là-dessus, sur les faits que ça a sur les gens,
08:10mais ce qui n'est pas acceptable, c'est des gouvernants qui ne veulent pas gouverner.
08:13Je veux dire, s'ils ne veulent pas gouverner, ils se poussent.
08:16– Non mais gouverner, c'est pas mettre un sparadrap sur une fracture énorme.
08:22– Eh bien moi, quand je parle de plafonner les prix, ce n'est pas un sparadrap.
08:25Le plafonner les prix, c'est une mesure, qui est une mesure prise par l'exécutif,
08:30une mesure de décret où on dit, vous n'avez pas le droit,
08:34vous les acteurs économiques n'avez pas le droit de vendre l'essence
08:38plus que, je ne sais pas, 2 euros, 1,90 euros, 1,80 euros, 1,70 euros, il faut déterminer.
08:43Mais vous n'avez pas le droit de vendre au-delà de ce tarif-là.
08:45– Sauf que l'État ensuite doit compenser les...
08:48– Pourquoi il faudrait-il compenser ? Au nom de quoi ?
08:51– Dans le monde de Raquel Garrido, si vous voulez, l'étape de toute façon...
08:56– Ce n'est pas le monde de Raquel Garrido, c'est tellement dirigiste.
09:01– Pardon, on ne sera plus livrés parce que si les producteurs livrent en pays qui payent cher.
09:06– Mais ça n'est pas vrai, ça n'est pas vrai, nous sommes un grand marché.
09:09– Pour le moment, ce sont les salariés, les actifs qui supportent le financement des bénéfices de ces entreprises-là.
09:18– Écoutez, la France est le pays d'Europe qui est le deuxième record man de distribution de dividendes cette
09:27année.
09:27On a distribué en 2025 61 milliards d'euros en dividendes sur les entreprises cotées.
09:33Je ne parle que des entreprises cotées, donc ne m'expliquez pas que c'est normal que ce soit l
09:38'infirmière, le pêcheur, le bon rouleur.
09:41– Qui s'inscrivent à la Bourse d'Interdam, qui s'inscrivent dans d'autres marchés, qui délocalisent leurs sièges
09:48sociaux pour échapper à des pressions confiscatoires de l'État français.
09:53– Si toutefois l'action démocratique d'un État aboutissait à des comportements non patriotiques de la part de certaines
10:01entreprises en France ou de France,
10:04alors j'espère qu'on sera tous là ce jour-là ensemble pour dénoncer ces comportements non patriotiques.
10:09Mais vous ne pouvez pas donner comme acquis d'avance que ce comportement de délocalisation est un comportement normal.
10:17Ce n'est pas normal et en plus, moi je pense…
10:20– Mais si demain on vous enquiquine au plus profond de votre activité, de votre vie personnelle, etc., il y
10:25a un moment où vous avez peut-être envie de partir, non ?
10:27– Une entreprise, ce n'est pas la vie personnelle des actionnaires. C'est ça qu'il faut peut-être
10:32essayer de comprendre.
10:32– D'accord, mais les actionnaires, il y a un moment où ils payent leurs salariés, enfin bon, franchement, si
10:36vous voulez couler une boîte,
10:38elle n'a aucune raison de rester… – Si ce que vous pensez, c'est que les gouvernants ne peuvent
10:42faire rien d'autre dans la vie
10:44que de protéger les dividendes des actionnaires, à ce moment-là, on arrête les élections et on décide que c
10:50'est les actionnaires qui gouvernent.
10:52– Le seul truc que je vous dis, Raquel, c'est que si on fait preuve d'un tout petit
10:56peu d'honnêteté intellectuelle
10:57par rapport à ce problème de crise énergétique aujourd'hui…
11:00– Oui, on l'a déjà eu fait de plafonner les pieds de l'énergie.
11:03– Et donc ça a résolu tous les problèmes, durablement ?
11:05– Non, pas forcément durablement, mais c'est un paramètre important.
11:09– Non, mais vous savez très bien que là, on a affaire à des événements totalement structurels,
11:15c'est-à-dire à la fois une énorme crise diplomatique, enfin un conflit mondial qui nous échappe complètement,
11:21sur lequel la France n'a absolument aucune influence…
11:25– Et par ailleurs, une crise française du pouvoir d'achat qui a bien d'autres ramifications
11:35que l'aspect conjoncturel en ce moment du prix de l'essence.
11:38C'est une pression fiscale énorme, c'est notre incapacité à faire de la croissance,
11:43c'est les distorsions de niveau de vie entre la province et les métropoles, etc.
11:47– Et donc moi ce que je vous dis c'est que…
11:49– Vous prenez les dossiers, les uns après les autres, il y a des choses à faire,
11:55les uns après les autres, vous prenez les dossiers, on a des choses à faire.
11:59Si vous dites la société française, l'économie française est déprimée,
12:04est en train de rentrer, on y a deux doigts de la récession,
12:07c'est aussi précisément parce que vous avez à la tête de l'État
12:12des gens qui vous expliquent depuis des années qu'il ne faut que réduire l'investissement de l'État.
12:16– Alors c'est ce discours-là qui a abouti par exemple parce qu'on n'achète pas les canadaires…
12:20– Marine Le Pen, elle propose de baisser la TVA de 20% à 5,5% sur l'énergie,
12:27ça vous dites non, ce n'est pas la solution ?
12:29– Alors Marine Le Pen, elle a la position Macronie,
12:32c'est-à-dire on ne touche pas aux dividendes, on ne touche pas aux bénéfices,
12:36et en fait c'est aux contribuables français de financer la baisse de produits
12:42qui sont des produits de marché.
12:43Donc bon, oui effectivement ça ne m'étonne pas du tout de la part de Marine Le Pen,
12:48qui a par ailleurs accompagné ce gouvernement à chaque fois qu'il a fallu faire reculer l'État,
12:54et ce qui a abouti à la situation économique actuelle.
12:57De toute façon toutes les solutions de Marine Le Pen consistent à à chaque fois favoriser
13:01le fait qu'on creuse les déficits de l'État, qu'on vide l'État.
13:05– Là je vous rejoins parce que je ne suis pas sûr que si vous regardez
13:07toutes les mesures proposées par Marine Le Pen,
13:09et même je dirais la tonalité de ses discours, c'est la candidate la plus CAC 40 compatible
13:14ou profit des grandes entreprises.
13:18– Parce qu'en fait elle manie, elle a l'épine dorsale d'un serpent,
13:22donc en fait elle va vous dire je suis avec les retraités.
13:25– Ce n'est quand même pas la personnalité politique la plus protéiforme qui soit,
13:28mais…
13:29– Quand elle explique par exemple qu'il faut réduire…
13:31– Mais attendez, je vais juste terminer.
13:33– Non, en revanche, là où je vous rejoins, c'est qu'elle a une notion des déficits
13:38qui n'est pas exactement la même que Ravière Milley ou même Bruno Retaille en France,
13:42et qu'effectivement, elle en faisant ça, ça coûterait extrêmement cher aux caisses de l'État,
13:46et évidemment qu'elle ne vous dirait pas qu'il faut que cette baisse de la TVA
13:51et donc des recettes fiscales soit compensée immédiatement par une hausse de la fiscalité des Français,
13:55mais ce qui pourtant finira par être le cas, puisque à un moment l'État doit retrouver son argent.
13:59– Bien sûr, je suis d'accord avec vous, quand l'extrême droite vous dit…
14:02– Attention, parce qu'on est un peu trop d'accord là.
14:04– Quand l'extrême droite dit aux Français, on va par exemple rapprocher en matière de salaire le brut du
14:10net,
14:10donc baisser le salaire brut, donc voilà, c'est des baisses de salaire à la fin,
14:14on est appauvris en tant que salariés parce que notre salaire est baissé,
14:17et parce que si on n'a plus les cotisations pour se payer la retraite, pour se payer la santé,
14:21etc.,
14:21il faudra les payer de notre poche avec des cotisations à des entreprises privées.
14:26Donc en fait, elle se la joue, moi je suis plus sociale, je ne suis pas les milleilles,
14:29mais en bout de course, c'est la même chose, parce que ce qu'elle fait
14:32aurait des conséquences dévastatrices pour les salariés.
14:35De même sur le budget, quand elle dit je vais faire 125 milliards d'économie,
14:39parce que c'est un chiffre qu'elle brandit en ce moment,
14:40sans donner le début de commencement d'une explication,
14:43elle dit on va baisser un peu la cotisation à l'Europe.
14:46Le budget de l'État, aujourd'hui, je parle de l'État, c'est 458 milliards,
14:51donc si vous avez 125 milliards d'euros de réduction,
14:54on parle d'amputer l'État de plus d'un quart de son budget.
14:57Donc ça, ça n'est pas vrai, que ça n'affecte pas tous les services publics
15:00auxquels les Français ont droit et pour lesquels ils payent des impôts.
15:04Vous appelez à rejoindre ces mobilisations qui sont en train de se mettre en place,
15:09alors il y a le 29 septembre prochain, la fonction publique qui déjà,
15:13pour protester contre la demande du gel du point d'indice des fonctionnaires,
15:17qui propose de se mettre en grève.
15:20Il y a le 17 octobre des messages qui circulent de la part de Gilets jaunes.
15:25Il faut aller manifester ?
15:27La manifestation est une voie démocratique et normale de lutte.
15:31Ce qui m'inquiète, moi, c'est qu'en Ve République,
15:33il y a des outils institutionnels pour que le pouvoir exécutif écrase les mobilisations.
15:37On l'a vu lors de la mobilisation des retraites, par exemple,
15:40qui était très consensuelle.
15:4280% des Français étaient contre la loi de retraite borne.
15:45Et pourtant, elle s'est appliquée.
15:47Mais il n'en demeure pas moins que c'est notre liberté
15:49et aussi notre dignité qui est en cause.
15:52Et donc, oui, il faut se mobiliser.
15:54Moi, j'ai l'impression que ce qu'a fait aujourd'hui Emmanuel Macron,
15:56en convoquant tous les partis,
15:57c'est de faire véhiculer cette idée de fatalisme,
16:02que ce n'est pas de ma faute, on n'y peut rien,
16:04c'est les trois dormous, etc.
16:05Personne ne ferait mieux.
16:06Mais ça n'est pas vrai.
16:07Il s'est possible de faire autrement.
16:10Et le revendiquer en se mobilisant avec les syndicats dans la rue
16:13me paraît absolument, en effet, nécessaire.
16:16Il a aussi voulu faire part d'une réalité.
16:18Les finances publiques vont mal.
16:1954 milliards d'euros d'économies pour 2027,
16:22c'est ce qui a été établi par Sébastien Lecornu,
16:24avec un message.
16:25Tout le monde va mettre la main à la poche.
16:28Les fonctionnaires, les retraités.
16:30Est-ce que c'est courageux de la part du gouvernement ?
16:33Ça aurait été courageux si c'était vraiment 54 milliards d'économies.
16:36Mais c'est 40 milliards où on stoppe des dépenses
16:40qui auraient pu être supplémentaires si on avait maintenu des points d'indice, etc.
16:46Et 14 milliards d'économies réelles.
16:49Ce n'est pas afouera pour toujours reprendre la terminologie milléiste
16:57sur la gabegie d'argent public.
16:59Mais moi, je vais vous dire une chose,
17:01et franchement, ce n'est pas pour essayer de surjouer la fibre sociale.
17:05La vérité, c'est que gilets jaunes ou pas gilets jaunes,
17:09je ne sais pas si c'est les syndicats, les gilets jaunes,
17:12qui permettront de consolider ce mouvement
17:17ou de le rendre plus visible et plus compréhensible.
17:21Mais il faut quand même se rendre compte
17:23vraiment où on en est là maintenant tout de suite
17:26dans la vie des Français,
17:27dans leur crise du pouvoir d'achat,
17:28et je dirais même dans leur crise d'angoisse
17:30par rapport au sens de leur vie
17:33et de la société dans laquelle ils vivent.
17:37Pour la première fois en France,
17:38en tout cas, ça fait très longtemps,
17:40McDonald's voit ses chiffres de vente reculés.
17:43C'est-à-dire que les gens n'ont même plus
17:44de quoi se payer un Swissburger.
17:47Vous avez des infirmières,
17:49des assistantes, des aides à domicile,
17:52vous avez évidemment des sociétés de transport, etc.
17:55Des retraités avec des toutes petites retraites
17:57qui vivent un confinement énergétique.
18:01C'est le Covid du pouvoir d'achat.
18:03Donc partout dans le pays,
18:04vous avez par exemple des retraités
18:06qui juste ne sortent plus de chez eux,
18:08n'ont plus de vie sociale ou moins de vie sociale,
18:11n'ont pas ce plaisir de pouvoir aller faire
18:13les courses plus souvent, etc.
18:14Parce qu'ils ne peuvent même plus allumer leur voiture.
18:19Les permanences des députés sont prises d'assaut.
18:22J'ai parlé avec un député de la Creuse cette semaine.
18:24Alors je révèle que c'est un député UDR.
18:28Le député, il n'y a qu'un député en Creuse.
18:30Le député UDR de la Creuse
18:30qui s'appelle Bartholomé Lenoir, pour ne pas le citer.
18:34Je ne crois pas qu'il me parlait, qu'il avait un discours idéologique
18:36en me racontant la misère sociale à laquelle il était confronté en ce moment.
18:41Mais ça, le gouvernement, on a conscience, non ?
18:43Non, je pense que le gouvernement est tétanisé aujourd'hui.
18:52Avec les macronistes.
18:54Ou peut-être d'ailleurs qu'Emmanuel Macron s'en lave les mains,
18:57je ne veux pas lui faire de procès d'intention,
18:58mais la manière dont il a traité les Gilets jaunes,
19:00un grand débat, et puis après il a finalement tourné le dos à cette France-là.
19:03Il a mis des milliards sur la table, pardon, pour régler cette crise de Gilets jaunes.
19:06Oui, ça, c'était quoi qu'il en coûte du Covid.
19:10Mais je pense qu'on a une présidentielle
19:13qui arrive sur une espèce de chaudron social,
19:16de chasse au bout commissaire,
19:19de sentiments d'angoisse aussi.
19:20C'est-à-dire que les gens, pardon, je ne veux pas faire de l'anthropologie de comptoir,
19:24mais les gens aujourd'hui préfèrent avoir des chiens à des chats plutôt que des enfants,
19:26parce qu'ils se disent, si j'ai un enfant,
19:27alors dans quelle maternité je vais réussir à accoucher ?
19:30Dans quelle école je vais réussir à l'inscolariser ?
19:32Donc tout ça pour dire quoi ?
19:34Vous pensez qu'il va y avoir à nouveau un été social ultra chaud,
19:36qu'il y aura des manifs dans tous les sens ?
19:38Je pense que la tension sociale ne va pas être maîtrisable indéfiniment,
19:43et que les Français ne vont pas attendre gentiment le mois d'avril 2027
19:46pour s'exprimer d'une manière ou d'une autre,
19:48et laisser exploser, c'est même pas leur colère, mais c'est leurs angoisses.
19:52Et ça, je pense que c'est vertigineux sur le plan politique,
19:55à la fois pour ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui,
19:56et pour ceux qui prétendent à l'exercer demain.
19:59Je rappelle quand même que pour abolir finalement le mouvement des Gilets jaunes,
20:04il a fallu éborner des gens, arracher des mains,
20:08harceler d'amendes des milliers et des milliers de personnes.
20:12La souffrance juridique, le harcèlement qu'ont vécu les Gilets jaunes,
20:17ça a été terrible, et ça c'est le gouvernement Macroniste qui l'a fait,
20:20c'est Édouard Philippe qui l'a fait,
20:21parce qu'ils n'ont pas voulu,
20:23ils n'ont pas voulu que ce qu'exprimaient les Gilets jaunes,
20:25c'est-à-dire une revendication démocratique, d'abord le référendum d'initiative citoyenne,
20:30l'idée que ce n'était pas l'exécutif et au président de décider de tout,
20:32mais c'est au peuple français de décider,
20:34et d'autre part le rétablissement de l'ISF,
20:36c'est-à-dire la revendication fiscale que les plus puissants payent davantage.
20:40Les Macronistes, ça fait 4 ans qu'ils résistent à ça,
20:43plus que 4 ans, ça fait 6 ans, 8 ans qu'ils résistent à ça.
20:46Donc en fait, effectivement, ça suffit.
20:49Bon, je rappelle quand même que les Macronistes ont mis des milliards d'euros sur la table
20:53pour tenter justement de trouver des solutions à cette crise,
20:58pour contrebalancer un petit peu vos propos quand même,
21:01Raquel Garrido, avec un succès mitigé.
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