00:00Europe 1.
00:02Pascal Proé-Vous.
00:04A 16h49, c'est votre émission du lundi au vendredi sur Europe 1.
00:07Vous êtes au cœur de nos émissions, on est avec Géraldine, vous êtes sur l'antenne d'Europe 1.
00:10C'est vendredi, vous êtes peut-être sur la route d'ailleurs.
00:12Je ne sais pas s'il va faire très beau d'ailleurs ce week-end.
00:14Si, les températures remontent, il va faire de plus en plus chaud.
00:18Eh bien écoutez, là où vous êtes, soyez prudents d'abord.
00:21Et puis peut-être que vous allez prendre du bon temps,
00:23parce que le week-end c'est toujours un moment agréable, on peut se reposer.
00:27Franck, lui, ne se repose pas puisqu'il est transporteur, nous disait-il.
00:31Il a une cargaison particulière aujourd'hui puisqu'il a 132 cercueils dans son camion.
00:37Bonjour Franck, rebonjour.
00:39Rebonjour.
00:40Vous vouliez nous parler de votre vie au quotidien et des difficultés peut-être que vous rencontrez.
00:46Les difficultés, elles sont relativement simples.
00:48Il y a 6 mois en arrière, on payait le gazole 1,70€.
00:51J'ai eu encore aujourd'hui la chance, entre guillemets, de le faire chez Total à 2,25€.
00:57Donc merci M. Pouyanné de tenir ces tarifs-là encore autant qu'il peut.
01:03Et comme moi, je consomme 850 litres par semaine.
01:07Je vous laisse faire la multiplication, 60 centimes.
01:10C'est 400€.
01:11Ça fait 400€ de plus par semaine.
01:13Ça fait 510€, vous enlevez la TVA, ça fait 425€.
01:17Vous répercutez un peu chez les clients parce qu'on ne va pas répercuter la totalité.
01:24Contrairement à ce qu'on voudrait nous dire.
01:25Non, mais si, il faut que non.
01:27Les clients n'acceptent pas la totalité de l'augmentation.
01:32Et je perds.
01:33Oui, il me faut travailler plus.
01:35Voilà, travailler plus pour ne pas gagner moins.
01:37C'est une expression qui paraît juste...
01:40Vous êtes salarié de votre...
01:42Non, non, non, non, je ne suis pas trop salarié.
01:44Vous n'êtes pas trop ?
01:45Vous voulez, mais oui.
01:47Et vous avez combien de chauffeurs avec vous ?
01:50Combien de transporteurs ?
01:51On est deux, mais c'est largement assez.
01:53Parce que quand je discute avec des collègues qui ont des dizaines et des dizaines de cartes grises,
01:59c'est affolant.
02:00Les chiffres, ça donne le tournis, quoi.
02:02Bon, j'ai quand même l'impression que des camions, il y en a besoin.
02:07Et des camions pour transporter des marchandises, il y en aura toujours besoin.
02:10Enfin, il me semble que c'est un métier, par exemple, où l'intelligence artificielle ne va pas supplanter.
02:15Parce que pour aller d'un endroit à un autre et de transporter, par exemple, 132 cercueils,
02:21ce que vous avez dans votre camion aujourd'hui,
02:24c'est des métiers qui ne seront pas percutés par l'intelligence artificielle.
02:28Je ne sais pas, parce que vous pouvez tout mettre sur des trains, après.
02:32Ça peut se faire, mais c'est compliqué.
02:35C'est très compliqué.
02:36Et le camion reste quand même...
02:37Le camion se déplace à une vitesse moyenne de 67 km heure.
02:41On le sait dans la profession.
02:43Vous prenez un train, c'est 17 km heure.
02:46Ah bon ?
02:46On ne peut pas rouler de nuit.
02:48Ils ne peuvent pas rouler de nuit avec certaines trains de marchandises.
02:51Donc, des wagons se perdent.
02:53C'est assez folklorique, on va dire.
02:56Donc oui, on est...
02:57Mais c'est terrible, parce que ça va faire de la casse.
03:03Et qui dit de la casse, dit des petites entreprises qui vont fermer les portes.
03:08Et qui dit peut-être des divorces, des suicides.
03:10Enfin, tout ce qui s'insuit.
03:11Franck, vous avez quel âge ?
03:12Vous avez quel âge, Franck ?
03:1356 ans.
03:14Ça fait combien de temps que vous avez cette entreprise et que vous êtes chauffeur de pied ?
03:17Et vous aviez monté cette entreprise pour vous.
03:21C'est une bonne idée d'ailleurs de faire l'initiative personnelle.
03:24C'est toujours mieux peut-être que d'être salarié.
03:28Donc, votre travail, c'est d'aller chercher des clients ?
03:30C'est vous qui prospectez ?
03:31Non, j'ai mes clients.
03:32Je suis dans le métier, ce qu'on appelle un lignard.
03:34C'est-à-dire que toutes les semaines, je fais la même ligne entre le Massif Central et l'Alsace.
03:38D'accord ?
03:38Donc, j'ai mes clients ici, j'ai mes clients là-haut.
03:40Ah oui ?
03:40Donc, ces clients, vous les avez au fil des années ?
03:44Oui.
03:44Et donc, vous partez de quel...
03:46Vous habitez en Alsace ?
03:47Non, j'habite en Lozère.
03:48En Lozère et...
03:5048 membres.
03:52Donc, vous partez...
03:53Olivier, Olivier, je ne sais pas.
03:55Donc, vous allez toujours la même...
03:57Par exemple, quelle est la ville d'Alsace dans laquelle vous allez ?
04:00C'est toujours la même ou il n'y a plus de ville ?
04:02Je vais vider mes cercueils à côté de Hagenau, un village qui s'appelle Gunner Schopen.
04:07Bon, ben oui.
04:08Et donc, vous avez pris les cercueils là, en l'espèce, ceux qui arrivent à l'instant
04:11sur l'antenne.
04:12Vous avez 132 cercueils.
04:15C'est votre cargaison du jour.
04:17Vous les avez pris, ces cercueils, ils ont été fabriqués dans l'aviron.
04:20C'est la même usine qui les a fabriqués ?
04:23Oui, oui, c'est la même usine.
04:24Et là-haut, ils ont un dépôt.
04:25Je les dépose à leur dépôt.
04:26Et là-haut, ils les équipent.
04:27Et c'est les mêmes cercueils ou il y a des cercueils...
04:29Ah non, non, vous avez de tout.
04:31Il y a le cercueil cher.
04:33De tout, de tout.
04:34Bon.
04:34Et alors, vous allez donc les livrer à plusieurs...
04:39Non, non, à un seul dépôt.
04:41Un seul dépôt.
04:42Après, eux, ils les équipent, là-haut.
04:44Les poignets, le capitaux, enfin, je vous passe.
04:46Et après, ils les redistribuent chez les ponts de finale.
04:48Oui, ça, j'imagine qu'effectivement, ils ne vont pas aller chez Jardiland.
04:52Non, non, mais...
04:55Bon, ben, écoutez, rassurez-moi, vous ne transportez pas toujours des cercueils ?
05:00Non, non, non, mais ce qui est grave, c'est qu'on va se retrouver
05:04dans des situations financières extrêmement compliquées.
05:07Et encore, mon cas personnel, ce n'est pas grave,
05:09mais c'est moi, tous les gens qui ne pourront pas cet hiver se chauffer.
05:13Ce qui me fait vraiment mal au cœur.
05:14Oui, vous avez parfaitement raison.
05:16Et on a eu ça cette semaine, donc je souris,
05:18mais effectivement, la situation économique est difficile.
05:22Le chiffre d'affaires d'une entreprise comme la vôtre, par exemple, annuel ?
05:26Sur deux camions, on est à entre 370 et 400 000 euros la année.
05:32Alors, évidemment, il y a beaucoup de frais, par définition,
05:34parce qu'un camion, c'est cher, l'essence, c'est cher.
05:37Les frais que vous avez, c'est le camion, l'investissement,
05:39plus l'essence et plus l'entretien du camion ?
05:42Vous avez le camion, l'investissement du camion,
05:46vous avez l'essence, vous avez là où on a terriblement pris une hausse qui est terrible,
05:52ce sont les pneumatiques, parce que dérivés du pétrole.
05:54Oui, oui.
05:55Vous avez les charges patronales, les charges salariales,
05:59vous avez le péage, vous avez tout, quoi.
06:01Tout, tout, tout, tout.
06:02Vous avez des contrats d'entretien sur des camions qui nous permettent de...
06:05Mais ça va devenir très, très compliqué.
06:08Et encore plus compliqué, je termine avec ça,
06:10c'est pour les gens qui, vous savez,
06:12travaillent pour les conseils généraux ou les conseils régionaux.
06:15C'est-à-dire les routes, les bâtis, les infrastructures.
06:19Ils préfèrent assurer, les conseils régionaux et généraux préfèrent assurer le social
06:23pour avoir la paix, que plutôt faire travailler les entreprises.
06:27Merci, Franck.
06:28Vous travaillez ce week-end, là, ou vous êtes...
06:30Ou la semaine...
06:32Non, moi, je travaille à H24, moi.
06:34Ah, H24.
06:35Donc, vous allez rouler demain.
06:36Non, non, non, je suis chez moi.
06:38Je passe le week-end chez moi, mais j'ai d'autres occupations.
06:40D'accord.
06:41Bon, écoutez, merci, en tout cas, de ce témoignage.
06:43Il est 16h56, c'est la vie.
06:45Les Français sont comme ça.
06:47J'adore cette émission.
06:49Je vous en ai souvent parlé, il y avait cette émission à TF1 il y a quelques années.
06:52Les Français sont comme ça.
06:54Ça marchera encore aujourd'hui, ce genre d'émission.
06:57Écoutez les uns et les autres, c'est toujours formidable.
06:59On s'identifie, de toute façon.
07:0016h56, à tout de suite.
07:02Et Serge Guérin sera avec nous.
07:03Et oui, pour parler de ces 67% des parents qui disent manquer de moyens pour avoir un enfant
07:07de plus 0, 1, 80, 20, 30, 21, pour réagir avec Pascal Praud sur Europe 1.