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  • il y a 4 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, Pascal Praud reçoit Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.

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Transcription
00:00Bon, il est 9h30, on revient...
00:04Alors d'abord, il y a évidemment plein de façons de traverser l'existence,
00:09mais on peut, André Valigny, penser à ceux qui étaient avant nous et ceux qui seront après nous.
00:15Et avoir un lien avec ce pays charnel, identitaire, culturel, sensuel, tout ce que vous voulez.
00:24Et on a envie peut-être que cette culture perdure.
00:28Donc lorsque M. Pouvron-Monti nous dit qu'en 2070, ce n'est plus exactement le même pays que nous
00:37avons connu,
00:38est-ce que vous vous en fichez, parce que vous ne serez plus là en 2070 ?
00:42Est-ce que vous vous dites que c'est la vie, et puis il faut trouver un nouveau système ?
00:45Est-ce qu'il faut préserver, selon vous, une identité française à travers les ans ?
00:51D'abord, je veux dire qu'en écoutant Alexandre Devecchio,
00:55j'ai eu la confirmation que les projections ne sont pas toujours justes.
00:58Parce que ce que disait Powell dans le Figaro Magazine il y a 50 ans...
01:02C'était une question, serons-nous encore français ? Il y avait un point d'interrogation.
01:05Mais il disait, il y aura des enclaves étrangères, et il y en a aujourd'hui des zones de non
01:10-France.
01:10Alors les enclaves étrangères, ce sont ce qu'on appelle la ghettoïsation de certains quartiers,
01:14et ça, les politiques successives depuis 30 ans ou 40 ans ont abouti à ce que l'on voit.
01:19Des ghettos, on a concentré des populations étrangères, d'origine étrangère, et ça pose des problèmes.
01:23Donc les projections de M. Pouvromonti ne sont pas forcément justes, on verra.
01:28Souvent l'histoire démographique dément les projections.
01:32Mais il y a trois scénarios.
01:32Je confirme à André Valigny que toutes les projections démographiques ont vocation à se tromper.
01:36C'est-à-dire que c'est un travail extrêmement complexe, il peut se passer beaucoup de choses dans l
01:42'avenir.
01:42Ce travail est dans le champ maximal du plausible, sur les données dont on dispose aujourd'hui,
01:46et surtout notre logique de scénario a le mérite de démontrer que la trajectoire démographique de la France n'est
01:51pas écrite
01:52et que les choix politiques, parce que vous évoquez les choix politiques, auront un impact décisif
01:56sur ce que sera la population française et sa capacité de cohésion.
02:00Mais puisque vous évoquez le dossier Figaro Magazine d'il y a 40 ans,
02:03il y a évidemment, comme dans chaque projection, des choses qui ont été plus ou moins vérifiées,
02:07il y avait néanmoins certaines données qui étaient d'une précision remarquable,
02:09je pense notamment à la part de l'immigration dans les naissances.
02:12Dans le dossier du Figaro Magazine de 1985, il est écrit que, dans la trentaine d'années qui suivra,
02:17un tiers des naissances deviendra d'origine extra-européenne.
02:20Il se trouve que l'an dernier, en France, vous avez eu plus de 30% des naissances
02:24qui ont été issues d'au moins un parent né en dehors de l'Union européenne.
02:27Et donc, je pense qu'on gagnera à ne pas condamner excessivement ce travail qui était plutôt précoce.
02:31Non, attends, je termine. Le deuxième élément de ma réponse, d'abord je ne me condamne pas.
02:35Est-ce que ça vous inquiète ou est-ce que...
02:36Non, ce que je veux dire, c'est que, et je l'ai écrit d'ailleurs,
02:39et ça m'a valu quelques reproches dans mon camp politique, entre guillemets,
02:43je pense que la gauche, en France, comme elle l'a fait en Suède ou au Danemark,
02:48et comme elle doit le faire partout, y compris en Allemagne, ça commence,
02:51la France, la gauche, pardon, doit ouvrir les yeux sur l'immigration.
02:54Il faut la réguler, sans doute la réduire, la contrôler davantage.
02:57C'est une évidence. C'est une évidence.
02:59Georges Fénèque.
03:00Je vais me permettre une petite remarque, Nicolas, c'est que, moi d'abord,
03:05je n'aime pas entendre parler, interdiction de statistiques ethniques,
03:09je n'aime pas entendre parler non plus de race blanche pour qualifier la France,
03:13comme l'avait fait le général de Gaulle.
03:15Je n'aime pas ça.
03:16Je crois qu'il y a un élément qui vous échappe dans votre étude.
03:21C'est la capacité de la France à assimiler.
03:24Parce que pour moi, la France, c'est d'abord une culture,
03:26une identité culturelle.
03:29C'est ça. Est-ce que nous serons capables,
03:32en dehors du nombre, de la démographie,
03:34de faire en sorte que ces populations deviennent
03:36et se sentent véritablement françaises ?
03:39Et ça, vous ne pouvez pas chiffrer.
03:41Tu voulais répondre d'abord ?
03:43Oui, à l'exemple de l'Église.
03:43Je voulais répondre, parce que j'ai écrit un livre là-dessus.
03:46Je suis moi-même enfant de l'immigration italienne,
03:49et toi aussi, Nicolas.
03:51Ah oui, on a trois immigrations italiennes.
03:53D'Ovron-Monti, Devecchio, Valigny.
03:57Et donc, ça a fonctionné.
03:58C'était vous, c'était votre père ?
04:00C'est mon grand-père, déjà.
04:01Grand-père, André.
04:02Grand-père.
04:02Grand-père, et M. Pouvron-Monti ?
04:04Ariel Grand-père.
04:04Ariel Grand-père.
04:05Et moi, ma mère.
04:06Oui, votre mère est italienne ?
04:07Bien sûr.
04:08Ça a fonctionné parce que, d'une part,
04:10c'était une immigration européenne.
04:11Donc, malgré tout, l'assimilation était plus simple.
04:13Et ça a fonctionné aussi parce que les flux
04:15n'étaient pas disproportionnés.
04:17Je pense que Nicolas Pouvron-Monti
04:18prend en compte, justement, la politique
04:20et la capacité d'assimilation.
04:22Mais au-delà d'un seuil d'immigration,
04:24on ne peut plus assimiler.
04:25Je l'ai vécu dans le 93, dans les banlieues.
04:29À partir du moment où la population étrangère,
04:32justement, devient majoritaire,
04:34ce sont les codes sociaux-culturels
04:36des étrangers qui s'imposent.
04:38C'est pour ça que la première politique
04:40d'assimilation, c'est une politique
04:42d'immigration contrôlée.
04:43Et ce qu'il y a vraiment de très intéressant
04:44dans l'étude, c'est pas du tout
04:45une étude défaitiste,
04:47parce qu'il y a trois scénarios.
04:48Et le troisième, ça montre que,
04:49si la politique joue son rôle,
04:52l'immigration est contenue
04:53et est réduite à 30% à peu près
04:55de la population,
04:55ce qui est déjà énorme.
04:57Et dans ce cas-là,
04:58des politiques d'assimilation
05:00peuvent être menées,
05:00mais pas avec une population étrangère
05:02qui est majoritaire.
05:04Là, ça veut dire que le pays,
05:05tout simplement, n'est plus français.
05:06Oui, et ça, c'est une dynamique
05:08qu'on voit dès aujourd'hui.
05:09Pour compléter ce que dit Alexandre,
05:11vous voyez, Georges, depuis l'an 2000,
05:12le nombre de nouveau-nés
05:13dont les deux parents sont nés en France
05:15a baissé de 30%.
05:16Et dans le même temps,
05:17le nombre des naissances
05:18dont les deux parents sont nés
05:19hors de l'Union européenne
05:20a augmenté de 74%.
05:22Et quand, dans une société,
05:23vous avez une population native,
05:25comme on dit parfois,
05:26qui se rétracte,
05:27et une population issue
05:28de l'immigration récente
05:29qui est très dynamique,
05:30la pente naturelle,
05:31ça n'est pas celle de l'intégration,
05:32ça n'est pas celle de l'assimilation,
05:33et ça n'est certainement pas
05:34un cadeau à faire aux Français récenturés.
05:36Et c'est vrai que,
05:37mais vous n'êtes pas sûr,
05:38il n'y a pas à être sûr,
05:39parce que je vous connais,
05:40vous faites de l'angélisme,
05:41on voit bien l'assimilation,
05:43que ça ne marche pas,
05:43je ne vois pas pourquoi
05:44ça marcherait demain,
05:45puisque ça ne marche pas aujourd'hui.
05:46– Qu'en savez-vous ?
05:47– Mais qu'en savez-vous,
05:48on a reçu…
05:48– Et on a des vraies politiques
05:49d'intégration et d'assimilation.
05:51– Mais vous, franchement,
05:52mais Georges,
05:53vous êtes désolant,
05:55puisque vous ne tirez
05:56aucune leçon de rien.
05:58C'est ça qui me frappe,
05:59parce que qu'on fasse des erreurs,
06:01tout le monde en fait.
06:02Vous, non seulement,
06:03vous faites des erreurs…
06:04– On n'a pas su…
06:05– Mais vous…
06:06– Que je reconnais…
06:07– Mais pardonnez-moi, Georges,
06:09c'est pas qu'on n'a pas su,
06:11c'est impossible avec le nombre.
06:13– C'est là.
06:14– C'est impossible.
06:15Et c'est ce qu'avait dit
06:17François Mitterrand,
06:17le seuil.
06:18Donc ce qu'il faut aujourd'hui,
06:19c'est déjà,
06:20avec l'immigration qui est en place,
06:22effectivement faire le travail
06:23qu'on doit faire,
06:24mais stopper.
06:26Stopper,
06:26puisqu'on sait que ça ne marche pas.
06:28Stopper.
06:28– Aujourd'hui,
06:29on a l'impression économique
06:30de stopper.
06:30– Non, mais comment ?
06:32– On ne peut plus économiquement.
06:34– Mais ce que vous dites est faux.
06:35Moi, j'ai des grands patrons
06:36qui m'ont dit
06:36le contraire de ce que vous dites.
06:37Vous n'avez jamais dirigé
06:38une entreprise.
06:39J'ai des grands patrons
06:40que j'ai entendus hier,
06:42avant-hier,
06:42qui m'ont dit
06:43voilà,
06:43quand tu fais venir une immigration,
06:45ça fait baisser le salaire,
06:48ça fait baisser le revenu
06:49et effectivement,
06:50il faut encourager
06:50les Français à travailler.
06:52Donc ce que vous dites
06:52n'est pas juste.
06:54Ce que vous dites
06:54n'est pas juste, Georges.
06:56Je suis désolé de vous le dire,
06:57mais c'est ça faire de la politique.
06:58C'est changer les choses.
06:59C'est au moins
07:01tirer les conséquences
07:02de ce que nous avons eu.
07:03Ça ne marche pas.
07:05Donc il faut changer quand même.
07:07C'est tellement évident.
07:08Et vous, vous dites,
07:08ben non.
07:09En fait, c'est toujours
07:10l'angélisme des années 80.
07:11Il faut assimiler,
07:12c'est un vœu pute.
07:13Tu n'y arrives pas.
07:14Tu n'y arrives pas.
07:15Donc il faut arrêter.
07:16Il faut arrêter
07:16pour les raisons
07:17qui ont été dédits.
07:18Mais ce qui est triste,
07:18la responsabilité.
07:19Écoutez,
07:20ça fait 40 ans
07:21que j'entends ça.
07:22On réussira à retrouver.
07:23Allez, allez.
07:25Je vous assure,
07:26c'est terrible.
07:29Rachel Kat.
07:30Ce qui est triste,
07:31en fait,
07:32dans le constat,
07:32c'est que
07:33ça ne marche pas,
07:34c'est que ça ne marche plus.
07:36Moi, j'ai un côté polonais,
07:39de l'autre espagnol
07:40et extra-européen,
07:42Sénégal-Gambi.
07:44Mais c'est que ça a marché.
07:45Moi, mon père,
07:46qui vient du Sénégal,
07:47de la Gambie,
07:47il était bien plus français
07:49que certains français.
07:50C'est-à-dire que
07:51vous connaissez bien,
07:52c'est dans cette lignée
07:55de Senghor,
07:56de la langue française,
07:57du latin,
07:58etc.
07:59Donc, j'ai l'impression
07:59qu'il y a effectivement
08:01la capacité à faire commun,
08:03à faire du commun
08:04avec la population existante.
08:06Et puis,
08:06il y a un deuxième sujet
08:07qui est le vieillissement
08:08de la population aussi.
08:10C'est-à-dire qu'en fait,
08:11ce qui peut choquer
08:11dans les statistiques,
08:12c'est aussi ce vieillissement
08:13de la population.
08:15Merci, en tout cas,
08:16sauf si vous avez
08:16quelque chose à ajouter
08:18sur ce sujet.
08:19C'est-à-dire qu'il y a

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