00:00Bon, il est 9h30, on revient...
00:04Alors d'abord, il y a évidemment plein de façons de traverser l'existence,
00:09mais on peut, André Valigny, penser à ceux qui étaient avant nous et ceux qui seront après nous.
00:15Et avoir un lien avec ce pays charnel, identitaire, culturel, sensuel, tout ce que vous voulez.
00:23Et on a envie peut-être que cette culture perdure.
00:28Donc lorsque M. Pouvron-Monti nous dit qu'en 2070, ce n'est plus exactement le même pays que nous
00:37avons connu,
00:38est-ce que vous vous en fichez, parce que vous ne serez plus là en 2070 ?
00:42Est-ce que vous vous dites que c'est la vie, et puis il faut trouver un nouveau système ?
00:45Est-ce qu'il faut préserver, selon vous, une identité française à travers les ans ?
00:51D'abord, je veux dire qu'en écoutant Alexandre Devecchio,
00:55j'ai eu la confirmation que les projections ne sont pas toujours justes.
00:58Parce que ce que disait Powell dans le Figaro Magazine il y a 50 ans...
01:02C'est une question, serons-nous encore français ? Il y avait un point d'interrogation.
01:05Mais il disait, il y aura des enclaves étrangères, et il y en a aujourd'hui des zones de non
01:10-France.
01:10Alors les enclaves étrangères, ce sont ce qu'on appelle la ghettoisation de certains quartiers,
01:14et ça, les politiques successives depuis 30 ans ou 40 ans ont abouti à ce que l'on voit.
01:19Des ghettos, on a concentré des populations étrangères, d'origine étrangère,
01:22et ça pose des problèmes. Donc les projections de M. Pouvromonti ne sont pas forcément justes,
01:27on verra. Souvent l'histoire...
01:28Vous répondez à ça peut-être, Nicolas ?
01:30Souvent l'histoire démographique dément les projections.
01:32Mais il y a trois scénarios.
01:32Je confirme à André Valigny que toutes les projections démographiques ont vocation à se tromper.
01:36C'est-à-dire que c'est un travail extrêmement complexe,
01:40il peut se passer beaucoup de choses dans l'avenir.
01:42Ce travail est dans le champ maximal du plausible, sur les données dont on dispose aujourd'hui,
01:46et surtout notre logique de scénario a le mérite de démontrer que la trajectoire démographique de la France n'est
01:51pas écrite
01:52et que les choix politiques, parce que vous évoquez les choix politiques,
01:55auront un impact décisif sur ce que sera la population française et sa capacité de cohésion.
02:00Mais puisque vous évoquez le dossier Figaro Magazine d'il y a 40 ans,
02:03il y a évidemment, comme dans chaque projection, des choses qui ont été plus ou moins vérifiées,
02:07il y avait néanmoins certaines données qui étaient d'une précision remarquable,
02:09je pense notamment à la part de l'immigration dans les naissances.
02:12Dans le dossier du Figaro Magazine de 1985, il est écrit que, dans la trentaine d'années qui suivra,
02:17un tiers des naissances deviendra d'origine extra-européenne.
02:20Il se trouve que l'an dernier, en France, vous avez eu plus de 30% des naissances
02:24qui ont été issues d'au moins un par an né en dehors de l'Union européenne,
02:27et donc je pense qu'on gagnera à ne pas condamner excessivement ce travail qui était plutôt précoceur.
02:32– Attends, je termine. Le deuxième élément de ma réponse, d'abord je ne me condamne pas.
02:35– Est-ce que ça vous inquiète ou est-ce que…
02:36– Non, ce que je veux dire c'est que, et je l'ai écrit d'ailleurs,
02:39et ça m'a valu quelques reproches dans mon camp politique, entre guillemets,
02:43je pense que la gauche en France, comme elle l'a fait en Suède ou au Danemark,
02:48et comme elle doit le faire partout, y compris en Allemagne, ça commence,
02:51la France, la gauche, pardon, doit ouvrir les yeux sur l'immigration,
02:54il faut la réguler, sans doute la réduire, la contrôler davantage, c'est une évidence, c'est une évidence.
02:59– Georges Fénèque.
03:00– Je vais me permettre une petite remarque, Nicolas, c'est que,
03:04moi d'abord je n'aime pas entendre parler, interdiction de statistiques ethniques,
03:09je n'aime pas entendre parler non plus de race blanche pour qualifier la France,
03:13comme l'avait fait le général de Gaulle, je n'aime pas ça.
03:16Je crois qu'il y a un élément qui vous échappe dans votre étude,
03:21c'est la capacité de la France à assimiler,
03:24parce que pour moi la France c'est d'abord une culture, une identité culturelle.
03:28– C'est ça, est-ce que nous serons capables, en dehors du nombre,
03:33de la démographie, de faire en sorte que ces populations deviennent
03:36et se sentent véritablement françaises ?
03:39Et ça vous ne pouvez pas chiffrer.
03:41– Alors, tu voulais répondre d'abord ?
03:42– Oui, Alexandre de Végui.
03:43– Je voulais répondre, parce que j'ai écrit un livre là-dessus,
03:46je suis moi-même enfant de l'immigration italienne,
03:49et toi aussi Nicolas.
03:51– Ah oui, on a trois immigrations italiennes là,
03:53D'Ovron-Monti, Devecchio et Valigny.
03:57– Et donc ça a fonctionné, d'une part…
03:59– C'était vous, c'était votre père ?
04:00– C'était grand-père déjà.
04:01– Grand-père, André, grand-père, et M. Pouvron-Monti ?
04:04– Ariane grand-père.
04:04– Ariane grand-père.
04:05– Et moi ma mère.
04:06– Oui, ma mère est italienne ?
04:07– Bien sûr.
04:08– Ça a fonctionné parce que d'une part c'était une immigration européenne,
04:11donc malgré tout l'assimilation était plus simple,
04:13et ça a fonctionné aussi parce que les flux n'étaient pas disproportionnés.
04:17Je pense que Nicolas Pouvron-Monti prend en compte justement la politique
04:20et la capacité d'assimilation, mais au-delà d'un seuil d'immigration,
04:24on ne peut plus assimiler, je l'ai vécu dans le 93, dans les banlieues,
04:29à partir du moment où la population étrangère justement devient majoritaire,
04:34ce sont les codes socio-culturels des étrangers qui s'imposent.
04:38C'est pour ça que la première politique d'assimilation,
04:40c'est une politique d'immigration contrôlée.
04:43Et ce qu'il y a vraiment de très intéressant dans l'étude,
04:45c'est pas du tout une étude défaitiste, parce qu'il y a trois scénarios.
04:48Et le troisième, ça montre que si la politique joue son rôle,
04:52l'immigration est contenue et est réduite à 30% à peu près de la population,
04:55ce qui est déjà énorme.
04:57Et dans ce cas-là, des politiques d'assimilation peuvent être menées,
05:00mais pas avec une population étrangère qui est majoritaire.
05:04Là, ça veut dire que le pays, tout simplement, n'est plus français.
05:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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