00:07Il est 7h12 et vous êtes bien sur RMC et RMC Story.
00:11Objectif, 54 milliards d'euros d'économie.
00:15Voilà le montant faramineux ou ambitieux en tout cas des réductions pour 2027
00:19présentées par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:22Et bien sûr, il va falloir des efforts et des efforts partout.
00:25APL, retraité mis à contribution, train de vie de l'État réduit,
00:30et les fonctionnaires dont on va, dit le Premier ministre, geler la rémunération.
00:35Bonjour Luc Farré, secrétaire général de l'UNSA Function Publique.
00:39Comment vous prenez la chose ?
00:41Bien d'abord, pour moi, il y a deux mots qui viennent à l'esprit.
00:43C'est insupportable et c'est improductif.
00:47Et c'est les raisons, et je vous les expliquerai,
00:49pour lesquelles l'UNSA Function Publique appelle à une journée de mobilisation
00:53le 29 septembre pour répondre au Premier ministre et lui dire ça suffit.
00:57qu'il faut augmenter les salaires.
01:01On ne peut pas avoir une situation depuis 2023, la dernière augmentation des salaires,
01:06et donc ça veut dire 2024 rien, 2025 rien, 2026 rien, et maintenant 2027.
01:11Ça veut dire qu'évidemment, vous perdez du pouvoir d'achat, ça veut dire que le débat permanent...
01:17Oui, allez-y Emmanuel.
01:17Oui, juste, parce que là, il faut savoir de quoi on parle.
01:20Il y a le point d'indice.
01:21Le point d'indice, c'est ce qui sert de base, finalement, à la grille des salaires.
01:24Donc là, effectivement, vous avez raison, c'est gelé,
01:26et si on regarde depuis une quinzaine d'années,
01:29je crois qu'on est à moins 16% de baisse du pouvoir d'achat du point d'indice.
01:32Mais il n'y a pas que ça dans le salaire, dans la rémunération des fonctionnaires.
01:34Il y a aussi l'avancement, les primes, etc.
01:36Ce qui fait que le salaire réel, en réalité, a beaucoup moins baissé que ça.
01:40Mais il a baissé un tout petit peu.
01:41Je crois qu'on est à moins 0,5% sur les 15 dernières années.
01:45C'est juste et c'est faux.
01:46Et il faut absolument déconstruire ce que vous êtes en train d'expliquer.
01:51Aujourd'hui, la promesse, quand on travaille dans la fonction publique,
01:55c'est la promesse d'une carrière,
01:56et ça veut dire d'une progressivité dans la rémunération,
01:59afin que lorsque l'on parte à la retraite,
02:01on ait une retraite à peu près semblable,
02:04et souvent inférieure à celle des salariés.
02:07Donc aujourd'hui, ce que vous dites, c'est en partie vrai,
02:10mais c'est aussi en partie faux.
02:12Et donc nous, on dit, à l'UNSA,
02:14il faut absolument préserver la fonction publique,
02:17parce que la fonction publique, c'est un atout pour notre pays.
02:22Et je peux là encore le dire,
02:23il suffit de regarder ce qui s'est passé cet été.
02:25Cet été, nous avons les pompiers
02:27qui sont intervenus pour sauver un certain nombre de nos territoires,
02:34mais au-delà de nos territoires, de vies.
02:36Et pour pouvoir réussir à sauver des vies,
02:39on a été obligés d'évacuer.
02:41Pour évacuer, il a fallu organiser les évacuations.
02:44Tout ça, ce sont des agents publics qui sont mobilisés,
02:47et qui, de fait, ont fait leur travail,
02:49puisque nous avons peu que, malheureusement,
02:53des pompiers, à quel je rends hommage,
02:54qui sont décédés.
02:55Mais la population, il n'y a pas de morts.
02:58– A été sauvée, effectivement, grâce à eux.
03:02Et d'ailleurs, vous mentionnez les pompiers,
03:05ils demandent à avoir une rémunération plus juste,
03:07les policiers demandent à avoir une rémunération plus juste,
03:09et les profs demandent à avoir une rémunération plus juste.
03:12Et à ce moment-là, non seulement, effectivement,
03:13ils ne seront pas augmentés,
03:14mais on leur dit, on va tout geler.
03:16Cela dit, quand vous regardez les comptes de l'autre côté,
03:18ça permet d'économiser 2 milliards.
03:20Ce n'est pas rien, 2 milliards.
03:22– Alors, ce n'est pas rien, 2 milliards.
03:23Mais c'est aussi parce qu'il faut mettre en parallèle
03:27ce qui s'est passé durant les dix dernières années.
03:30Le président Macron et toute son équipe
03:32et tous ses gouvernements ont économisé
03:34ou ont diminué 60 milliards sur les impôts.
03:37Et ils ont placé des aides aux entreprises
03:40de façon très importante.
03:41Qu'est-ce qu'on dit aujourd'hui ?
03:42On nous dit, il ne faut pas augmenter les impôts.
03:45Peut-être qu'il ne faut pas augmenter les impôts,
03:46mais il faut regarder.
03:48Qu'est-ce qu'on a fait ?
03:49– Mais attendez, excusez-moi,
03:50j'ai un peu l'impression quand je vous entends
03:51que vous vivez en vase clos, en fait.
03:53– Pas du tout.
03:54– Non, mais attendez, je vais vous dire pourquoi.
03:55Est-ce que vous pensez, un,
03:56que les Français auraient compris
03:58que le seul secteur épargné
04:00par ces économies absolument stupéfiants
04:03sur certains points ?
04:04– Qui vont toucher la jeunesse,
04:05qui vont toucher évidemment une partie des retraités.
04:07Mais vous pensez que quelqu'un aurait compris
04:09qu'on épargne les fonctionnaires ?
04:10Et deuxièmement, moi je ne comprends pas
04:11ce qui vous choque.
04:12Pourquoi la fonction publique
04:14serait épargnée par ces demandes d'efforts ?
04:15– Vous voulez des privilèges pour les fonctionnaires ?
04:17– Absolument pas.
04:19Ce que nous souhaitons,
04:20et je l'ai dit tout à l'heure,
04:21j'ai dit deux mots.
04:22J'ai dit insupportable,
04:24et j'essaye de vous expliquer pourquoi,
04:26mais aussi improductif.
04:28– Alors pourquoi ?
04:28– C'est improductif pour plusieurs raisons.
04:31D'abord parce qu'on enlève du pouvoir d'achat
04:34à 6 millions de personnes.
04:36On va fixer le salaire pendant des années
04:39au niveau du SMIC pour plus d'un million d'agents.
04:42C'est des bas salaires.
04:43Et là, ce n'est pas aussi entendable.
04:46Et lorsque l'on baisse le pouvoir d'achat,
04:49et bien qu'est-ce qui se passe ?
04:50On rentre dans un cercle vicieux
04:52qui entraîne une baisse de la consommation,
04:55une baisse de la production,
04:57et donc de l'économie.
04:58Et nous, nous pensons qu'au contraire,
05:00il faut investir.
05:02Investir dans la fonction publique,
05:03et pas seulement dans les salaires.
05:05Investir dans la fonction publique,
05:07parce que c'est construire le pays pour demain.
05:10Et vous appelez donc à cette grande manifestation
05:13Journée Noire en perspective le 29 septembre.
05:16Vous espérez à ce moment-là faire plier le gouvernement.
05:19Sophie Binet parle d'un jour de colère.
05:22Sophie Binet, la patronne de la CGT.
05:24David nous appelle au 32-16.
05:26Depuis la Loire, vous êtes à Rive-de-Gillet.
05:28Bonjour David.
05:29Bonjour à tous.
05:31David, vous, vous avez d'autres idées
05:32pour faire des économies
05:34ou pour trouver de l'argent pour le budget ?
05:36Alors oui, trouver de l'argent, c'est vite fait,
05:38mais il y a 6 000 milliards qui sont bloqués
05:41sur les comptes des épargnants en France.
05:43Et moi le premier, d'ailleurs.
05:45Je n'ai pas les 6 000 milliards, je vous rassure.
05:47Non, mais vous en avez une petite partie, quoi.
05:49Voilà.
05:50Et en fait, c'est sur des livrets A à 1,5%.
05:54Pourquoi pas lancer un grand plan France
05:57et prendre 2 000 milliards
05:59et demander aux épargnants de les investir dans la France
06:04à 3-4%
06:05et en parallèle restructurer notre pays ?
06:08Et là, ça redémarrait.
06:10Et on les remplisseraient plus tard, les Français.
06:11Emmanuel ?
06:12Alors, vous avez raison, ça a été fait dans l'histoire.
06:14On a sollicité l'épargne des Français.
06:16Alors, le problème, c'est que ça a souvent été fait
06:18à des taux extrêmement coûteux, au final,
06:20pour l'État qui a remboursé très cher.
06:22Mais il y avait des idées qui avaient été lancées,
06:24par exemple, en 1981,
06:25qui étaient une forme d'emprunt obligatoire
06:26pour les plus aisés.
06:28C'est-à-dire qu'en gros,
06:28on leur demandait une contribution,
06:30mais on leur rembourserait.
06:31Il y a des moyens, effectivement,
06:32de mobiliser de l'argent.
06:33Mobiliser l'argent.
06:34En tout cas, vous, David,
06:35vous seriez prêt à...
06:36Amenez-moi à 3-4%
06:38et je crois qu'il y a beaucoup d'épargnants
06:41qui sont en train de nous...
06:43Beaucoup de gens investiraient.
06:45Et en parallèle,
06:46on restructure notre pays,
06:48on relance aussi l'économie
06:49parce que tout à l'heure,
06:50j'écoutais votre intervenant
06:52qui était contre le gel
06:54des salaires des fonctionnaires.
06:57Eh bien, moi, je suis complètement d'accord.
06:58Je suis complètement aussi d'accord
07:00que la relance économique,
07:02elle doit passer
07:03par la réoxygénation
07:07des entreprises.
07:07Il faut que les Français gagnent suffisamment.
07:10Et les dépenses aussi.
07:11Voilà.
07:11Et là, ça va relancer la natalité.
07:14Il faut relancer l'économie par là.
07:16J'ai qu'une envie, David,
07:18c'est de vous suivre et de vous croire.
07:19Parce qu'effectivement,
07:20on a l'impression que ça réoxygène,
07:22comme vous dites.
07:23Ça coûte un peu d'argent quand même.
07:24Mais ça coûterait quand même de l'argent.
07:26Alors ça déplacerait le moment où ça coûte.
07:28Merci en tout cas, David.
07:29Et merci à vous, Luc Farré.
07:30Vous êtes donc secrétaire général
07:32de l'UNSA fonction publique.
07:33Je le rappelle,
07:34le 29 septembre,
07:35votre appel immédiat
07:37à cette grande manifestation
07:38Journée Noire.
07:39Effectivement,
07:41avec les appels
07:42des autres syndicats également.
07:44Vous n'hésitez pas,
07:45comme David,
07:45vous nous appelez au 32-16.
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