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00:01RMC, le choix de la rédaction.
00:0317 millions d'automobilistes sont en situation de précarité parce qu'ils n'ont pas d'autres alternatives que la
00:09voiture pour se déplacer,
00:10pour aller au travail, faire leurs courses, ils font beaucoup de kilomètres et ils sont forcément très impactés par la
00:15hausse des prix des carburants.
00:16C'est 2 millions d'automobilistes de plus qu'en 2024 selon le baromètre WeMove 2026.
00:21Bonjour Anna Jojard.
00:23Bonjour.
00:23Vous êtes notre correspondante dans le sud-est et vous vous êtes rendue dans les Alpes de Haute-Provence, département
00:28où la voiture est presque indispensable Anna.
00:31Oui parce que c'est un département en majorité rurale et montagneux où entre les trajets domicile, travail, aller chercher
00:37les enfants à l'école, les rendez-vous médicaux,
00:39les kilomètres défilent très vite, des kilomètres faits en voiture pour l'essentiel de ces habitants qui confient tous une
00:45vraie dépendance à leur véhicule.
00:47On ne peut rien faire si on n'a pas de voiture.
00:49Elle est indispensable, les transports en commun c'est trop compliqué.
00:52En fait on est un peu prisonniers parce qu'on est obligés de prendre la voiture mais ça nous coûte
00:57un prix fou et c'est le budget essentiel du foyer alors qu'avant non.
01:03Justement j'ai fait le calcul avec ces automobilistes et pour la plupart leurs voitures leur coûtent plus de 300
01:08euros par mois environ.
01:10Carburant, assurance et frais de réparation compris, tout ça c'est sans compter évidemment le prix d'achat de leur
01:15véhicule.
01:16300 euros par mois c'est énorme.
01:17Est-ce que ça veut dire Anna que les gens que vous avez rencontrés doivent rogner sur d'autres dépenses
01:21ou pas ?
01:22Et bien c'est ce que fait régulièrement Célia, 20 ans, elle habite à Digne-les-Bains, elle gagne moins
01:26de 800 euros par mois et sa voiture représente près de la moitié de son budget mensuel.
01:31C'est malheureux dire mais il y a eu des mois où je ne faisais rien parce que je faisais
01:34toutes les réparations sur ma voiture.
01:35Sinon c'est tout bête mais le fait d'aller par exemple au dentiste à Aix c'est 100 kilomètres
01:39à peu près.
01:40On sait que pendant le mois il ne faut pas qu'on utilise trop la voiture pour pouvoir avoir de
01:42l'essence pour aller faire ce rendez-vous.
01:43C'est ce restreint pour pouvoir aller à des rendez-vous importants comme le dentiste à Aix.
01:47Et ce que raconte Célia, on le voit bien dans le baromètre WeMove qui estime que près d'un Français
01:53sur quatre s'est privé fréquemment de loisirs l'année dernière pour financer ses trajets du quotidien.
01:57Mais il y a encore plus grave, 12% des Français qui ont renoncé à se rendre à des soins
02:02de santé pour continuer de financer leur trajet.
02:05J'ai justement rencontré Manon, elle habite un tout petit village dans les montagnes où il faut faire 20 minutes
02:10de voiture au minimum pour la moindre course.
02:13Alors parfois elle renonce d'elle-même à prendre certains rendez-vous médicaux.
02:16Si demain je devais aller voir un allergologue, je sais qu'il y a peut-être une heure, une heure
02:20et demie de route pour aller faire un allergologue.
02:22Franchement je ne le fais pas, je ne fais que pour mes enfants et mon mari.
02:25Mais moi je laisse tomber parce que franchement je n'ai même plus envie, je n'ai même plus de
02:27courage.
02:27Vous en venez à délaisser votre santé pour ça ?
02:30Oui, franchement oui.
02:31Et Anna, ça a aussi des conséquences lourdes pour le monde du travail ?
02:35Oui, par exemple, toujours dans les Alpes-de-Haute-Provence, moins de 3% des actifs peuvent prendre les transports
02:41en commun pour aller travailler.
02:43Les salariés du département parcourent donc 36 km en moyenne par jour en voiture pour se rendre sur leur lieu
02:49de travail.
02:50Un trajet qui n'est pas toujours pris en charge par l'employeur et qui revient cher à la fin
02:54du mois.
02:55Les organisations syndicales et patronales du département ont d'ailleurs signé un communiqué commun où ils regrettent cette situation.
03:01Et ces conséquences, écoutez Sylvain Moretti, c'est le secrétaire général de l'Union départementale CGT 04.
03:06On a une partie de l'activité qui se fait sur le département, qui est une activité saisonnière, qui génère
03:10des déplacements encore plus conséquents.
03:12Et donc c'est difficile pour un salarié de prendre un emploi quand la réalité c'est qu'on va
03:16travailler pour rien gagner.
03:17Nous la solution qu'on propose, c'est un accord interprofessionnel qui prend en compte les frais de déplacement des
03:23salariés
03:24pour leur permettre de ne pas commencer leur journée en payant pour les travailleurs.
03:28Et selon l'étude, 10% des Français auraient renoncé à un emploi, une formation ou même à y postuler,
03:34faute de pouvoir s'y rendre.
03:36Merci beaucoup Anna, Anna Jojard dans le Sud-Est.
03:38Jean-Baptiste est en ligne avec nous, on est dans le Gers. Bonjour Jean-Baptiste.
03:41Oui bonjour.
03:42Jean-Baptiste, vous êtes surveillant pénitentiaire et pour vous rendre au travail, vous faites 140 km par jour.
03:48C'est ça.
03:49Ça nécessite de renier sur d'autres dépenses dans votre quotidien Jean-Baptiste ?
03:54En fait, comme je disais au standard, j'ai la chance plus ou moins d'avoir la carte totale énergie.
04:02Je ne sais pas si je peux faire la pluie ou pas.
04:03Bon du coup, ça me plafonne à 1,99€ le gasoil, mais ça me fait quand même à chaque fois
04:09que je vais à la pompe 140€ de carburant.
04:12Et pour moi, ça représente une semaine de course pour toute la famille.
04:16Et donc, on est obligé de se limiter plus ou moins.
04:20Vous vous limitez comment Jean-Baptiste ? Matériellement, ça se présente comment ?
04:25C'est-à-dire pour la carte ?
04:26Non, les limitations, c'est quoi ? C'est les loisirs, la santé, l'alimentation ?
04:31C'est surtout, oui, c'est l'alimentation.
04:33On va aller dans les hard discounts.
04:38Et puis voilà, on prend les premiers prix.
04:39On prend les prix Ecopus, les machins.
04:41On arrête les marques.
04:44Je voyais effectivement que les marques distributeurs marchent très très fort en ce moment.
04:49Évidemment, on va tous chercher les petits prix en bas de l'étagère.
04:53C'est ça, on va rogner sur la qualité ou sur la quantité aussi.
04:57Et on mange plus de pâtes qu'avant.
05:00Plus de pâtes et plus de patates.
05:02Vous avez précisé, Jean-Baptiste, surveillant pénitentiaire,
05:04que pour vous, il n'y avait pas de télé de travail, évidemment.
05:07Merci de votre appel, Jean-Baptiste.
05:08Je vous remercie.
05:09Merci, bon courage, Jean-Baptiste, dans le Gers.
05:11Voilà, encore un département où, au niveau de transport en commun,
05:13ça peut être assez limité.
05:14Et où on a besoin de la voiture, évidemment,
05:16comme 17 millions de précaires automobiles.
05:18On va les appeler comme ça.
05:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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