- il y a 2 heures
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :
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00:10Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Il est spécialiste en diplomatie et plaidoyer environnemental dans les Outre-mer.
00:19Damien Nicolas est notre invité aujourd'hui.
00:21Lui qui revient tout juste de l'Académie de la mer de Monaco,
00:24où était notamment évoquée la question des algues sargasses.
00:27Il nous parlera justement de la gestion de ce fléau, algues dont le volume est cette année 4 fois plus
00:34important qu'en 2025.
00:36De Miami à la Martinique, les littoraux suffoquent une fois encore, la faune marine se meurt et les populations payent
00:44un lourd tribut.
00:45Les Outre-mer s'assèchent à l'image de l'Hexagone qui traverse une sécheresse historique
00:49avec les trois quarts des départements en situation de crise.
00:52Antilles, Guyane et même la Réunion, pourtant en plein hiver, manque cruellement d'eau.
00:59Et puis retour sur la 11e conférence des îles du Pacifique consacrée à la conservation de la nature.
01:05Le rendez-vous se tenait en Nouvelle-Calédonie.
01:07400 représentants d'une vingtaine de pays et territoires du Pacifique réunis
01:11pour trouver des réponses communes face au changement climatique.
01:20Bonjour Damien Nicolas.
01:21Bonjour Karine Basse.
01:22Je suis ravie de vous avoir sur le plateau de C'est pas si loin.
01:24Vous avez 26 ans, vous êtes guadeloupéen et vous avez fait de l'adaptation climatique des territoires insulaires,
01:30le fil rouge de votre parcours.
01:31Qu'est-ce qui vous a conduit à cette urgence si jeune ?
01:34Alors je dirais que le déclencheur en fait, ça a été la saison cyclonique de 2017.
01:40Avec l'ouragan, les ouragans, Irma et Maria, deux catégories 5 qui ont vraiment frappé assez fortement les îles du
01:46Nord.
01:47Saint-Martin, Saint-Martélémy.
01:48Saint-Martélémy, la Guadeloupe, mais aussi Montserrat, Antigua.
01:53Donc toutes ces îles qui étaient vraiment en première ligne de ces effets.
01:58Et je me suis rendu compte de cela parce que j'avais dans ma classe au lycée.
02:02Vous étiez au lycée à ce moment-là ?
02:03On va dire des déplacés environnementaux, des réfugiés climatiques, même si ce n'était pas vraiment cela.
02:08De Saint-Martin qui était venu et en fait, ça a été un choc de me dire que ça pouvait
02:13nous concerner nous aussi en tant qu'ancier.
02:15Et donc après le lycée, vous commencez par la philosophie avant de vous lancer vers les sciences politiques et politiques
02:20publiques.
02:22Est-ce que vous diriez que le climat c'est tout cela ?
02:24C'est tout autant une affaire de philosophie que de justice et de responsabilité ?
02:27Alors le climat c'est très interdisciplinaire, c'est à la fois la direction de justice climatique, donc la philosophie.
02:33C'est aussi le droit pour pouvoir mettre en œuvre la gouvernance, mais c'est aussi la science, la technique,
02:38donc l'ingénierie.
02:39Donc je dirais que toutes les disciplines sont bonnes puisque le combat, c'est un combat qui est là pour
02:44transformer le monde pour le meilleur.
02:46En tout cas qui est censé effectivement.
02:47Vous avez travaillé à Trinédale et Tobago, Damien Nicolas, au sein de l'association des États de la Caraïbe.
02:53De là, vous avez compris l'évidence d'une coopération régionale.
02:57On en a beaucoup parlé cette semaine dans « C'est pas si loin ».
03:00Et non plus seulement un regard tourné vers Paris, ce qui est encore beaucoup le cas, notamment du côté des
03:05Antilles où vous vivez.
03:07Effectivement, il y a un enjeu d'intégration de ces Outre-mer dans leurs bassins régionaux.
03:11Et les organisations telles que l'association des États de la Caraïbe, donc l'AEC, sont là également pour faire
03:17valoir ce besoin de coopération et d'intégration.
03:20La région Guadeloupe avait à cet effet une vice-présidence de la Commission de la mer des Caraïbes qui visait
03:25à se charger de la problématique des sargasses.
03:29– Dont on va parler tout à l'heure, bien sûr.
03:31– Voilà, effectivement.
03:32– Vous travaillez d'ailleurs sur ce que vous appelez une paradiplomatie climatique. De quoi s'agit-il exactement ?
03:38– Alors, c'est un terme qui, on va dire, a évolué dans la recherche pour parler justement de l
03:45'apport des territoires dits non indépendants,
03:49encore attachés, on va dire, à une métropole, donc territoires d'outre-mer, territoires associés, etc.,
03:54dans leur coopération environnementale, parce que les États insulaires, les territoires insulaires sont en première ligne du changement climatique
04:01et donc il y a un enjeu de diplomatie pour ces territoires et la France en fait partie,
04:06on sera dans les prochaines semaines avec la COP à venir en Turquie sur le changement climatique.
04:14– Quand on parle de coopération régionale, Damien Nicolas, à quel point, selon vous, les territoires ultramarins doivent,
04:21je ne sais pas si le terme est approprié, mais se détacher de la France ?
04:25Pour justement s'intéresser et s'attacher à ce qui se passe dans leur bassin, pour trouver des solutions communes
04:29?
04:29À quel point ? Jusqu'où ?
04:31– Alors, je ne dirais pas qu'il s'agit de se détacher, je pense qu'il s'agit d
04:33'être vraiment en complémentarité,
04:35puisqu'il y a des compétences qui sont partagées et que l'État, tout comme ces territoires d'outre-mer
04:40en fait,
04:41doit être en mesure d'avoir une approche de coopération qui soit en fait gagnant-gagnant.
04:46C'est-à-dire que lorsqu'on va sur une coopération au niveau des bassins régionaux,
04:49il y a des coûts bénéfices qui peuvent être créés lorsque ces territoires s'engagent avec des partenaires caribéens,
04:54mais également au niveau de l'État, il s'agit aussi au niveau de la France,
04:58de comprendre comment ces territoires, par cette intégration régionale,
05:02contribuent à faire vivre les valeurs justement de la République.
05:04Et aussi de repenser peut-être, on va dire, des questions plus profondes telles que de justice,
05:11peut-être réparatrice au niveau de ces territoires sur les questions environnementales et aussi postcoloniales.
05:17– En tout cas, on va les détailler, ces réalités climatiques,
05:20Damien Nicolas et la sécheresse dont on va parler maintenant,
05:22fait partie de ces thématiques sans frontières.
05:25À la Réunion, le déficit de pluie est donc désormais qualifié d'historique,
05:30et ce n'est pas mieux en Martinique ou en Guadeloupe à plus de 13 000 kilomètres de là.
05:34Une fois encore, l'actualité vient nous rappeler combien toutes nos réalités s'entrecroisent.
05:39Extrait.
05:40– Sur l'île, la saison des pluies a été préoccupante.
05:45De novembre 2025 à avril 2026,
05:48on constate un déficit de 45% en moyenne par rapport à l'année précédente.
05:54Depuis 60 ans, seule la saison 2018-2019 a fait pire.
05:58– C'est même depuis des mois sans plus, c'est une année.
06:03Depuis l'année dernière, on n'a pas eu plus ce que ça l'a dit.
06:06Parce qu'avant, c'était l'endroit le plus pluvieux dans l'île de la Réunion.
06:11Ces dix dernières années, c'est une catastrophe d'année en année.
06:15Et cette année, elle est encore plus catastrophique.
06:19– Moi, dans mon temps, on connaît comme tes petits marmailles.
06:22J'ai 60 ans, je suis sorti à voir mes 60 ans.
06:24Quand j'avais 12 ans, 13 ans, 15 ans,
06:27l'IVA, c'était toujours la pluie à Saint-Lazie.
06:30Et cette pluie-là a disparu.
06:38– Le déficit pluviométrique est aussi visible dans les zones urbaines.
06:43À Saint-Denis, nous rencontrons Maëlle Nico.
06:46Cette docteure en urbanisme et aménagement du territoire
06:48nous emmène sur le seuil de la rivière Saint-Denis.
06:52Ici, le manque d'eau est criant.
06:53– C'est vrai qu'on ne se rend pas trop compte.
06:57Là, le niveau, il est déficitaire.
06:59Donc, ça veut dire qu'il y a beaucoup moins d'eau que la moyenne.
07:03Quand on dit 300 litres secondes, en fait, ça veut dire quoi ?
07:07En fait, c'est ça, là.
07:09Et du coup, il faut s'imaginer qu'en moyenne,
07:13c'est censé être 600 litres secondes.
07:16Donc, deux fois plus que ce qu'on voit là, maintenant.
07:20– Damien Nicolas, ce qu'on vient de montrer sur l'île de la Réunion
07:23n'est qu'une illustration de ce qui se passe ailleurs aussi,
07:25outre-mer, en France, en Inde.
07:28Est-ce que, quelque part sur la planète, à votre connaissance,
07:31un pays, un territoire est pleinement opérationnel
07:34face à ce changement climatique ?
07:35Ou alors, est-ce qu'on est tous encore comme figés,
07:38dépités face à ce qui se passe ?
07:40– Alors, c'est vrai qu'il y a des territoires,
07:41ou des États qui sont des territoires qui sont pilotes,
07:44puisqu'ils sont souvent en première ligne
07:45face à ce changement climatique.
07:46Et les territoires dits d'outre-mer
07:49sont visiblement amenés à s'adapter
07:51le plus tôt possible face à ces questions.
07:53Donc, au niveau de la Réunion,
07:55mais aussi, on pense à Mayotte,
07:57où la Guadeloupe, la problématique de l'accès à l'eau
07:59est déjà quelque chose de structurant.
08:01Mais avec le changement climatique,
08:02quelque chose qui va être d'autant plus poignant,
08:04puisqu'on va avoir besoin de mieux s'adapter,
08:07mieux gérer aussi les modèles de gouvernance,
08:10de la ressource en eau.
08:11Donc, à mon sens, on est sur des territoires
08:14qui, bien avant, par exemple, des pays dits du Nord,
08:17on a cette nécessité de s'adapter le plus tôt possible.
08:20– Lorsque les moyens sont limités,
08:22qui doit payer l'addition ?
08:23Les collectivités, l'État, les grands pays émetteurs ?
08:26– Alors, c'est la question de quel est le principe
08:29que l'on va chercher à appliquer.
08:30Est-ce qu'on parle de pollueurs-payeurs ?
08:32Est-ce que l'on parle aussi sur une approche
08:33d'être redistributive au niveau des différentes capacités,
08:36les moyens de certains d'agir sur la question ?
08:39– En fait, ça, c'est la vraie complexité
08:41de ce qu'on appelle la justice climatique.
08:42– La justice climatique, précisément.
08:43– En fait, qui paie, en fait, qui est responsable.
08:47– Qui pollue, qui subit et qui paie.
08:49– Et qui met en œuvre, surtout.
08:50Comment on agit, ça, c'est la vraie question.
08:52On peut avoir l'argent et puis ne pas savoir
08:53comment on met en œuvre tout cela.
08:55– Effectivement.
08:56En tout cas, ce reportage dont on a montré un extrait,
08:57il montre aussi quelque chose de très concret.
08:59lorsque l'eau vient à manquer, il faut souvent choisir
09:02entre tourisme, agriculture, consommation des habitants.
09:05Est-ce que l'adaptation au changement climatique
09:07va aussi consister à déterminer qui a la priorité sur l'eau ?
09:10– Justement, il faut pouvoir mettre en œuvre des arbitrages.
09:13Dans cet extrait, on voit également que, par exemple,
09:16il y a un agriculteur qui va jongler
09:18avec ses activités touristiques.
09:19Et donc, à mon sens, cela montre aussi qu'il faut,
09:22au niveau socio-économique, peut-être, avant de dire planification,
09:25comment on va penser, en fait, sur le territoire,
09:28les usages primaires et puis les usages secondaires.
09:30– Oui.
09:31Vous avez aussi beaucoup insisté,
09:33lorsqu'on a préparé cette émission,
09:34sur les limites de l'adaptation, Damien Nicolas.
09:38Mais alors, quelles sont-elles, ces limites ?
09:39Jusqu'où peut-on s'adapter ?
09:41À partir de quand faut-il d'ailleurs accepter
09:43que certaines activités ne pourront tout simplement
09:45plus fonctionner comme avant ?
09:46– Alors, c'est vrai qu'on a une actualité assez récente
09:49sur, on va dire, le dépassement de l'objectif 1.5
09:53qui avait été fixé par l'accord de Paris.
09:54Et c'est vrai que, ce n'est pas pour rien,
09:57c'est-à-dire qu'il y a vraiment, on a des zones sur la planète
10:02qui ne risquent justement de devenir inhabitables.
10:04Et donc, à ce niveau-là, au niveau politique,
10:06on aura des conséquences en termes de migration climatique,
10:09en termes aussi d'effets concrets sur la santé humaine
10:12et si sur peut-être même la souveraineté de certains pays.
10:14Donc, à mon sens, lié à l'adaptation au changement climatique,
10:18c'est une bonne chose.
10:19Elle doit être pensée en complémentarité
10:20avec toujours l'objectif d'atténuer les effets
10:22que nous continuions d'avoir sur le changement climatique,
10:24sur le climat, mais surtout, en fait,
10:27comprendre qu'il y a aussi des limites,
10:29cette adaptation que, par exemple,
10:30on l'a vu avec Shido sur Mayotte.
10:33Il y a des phénomènes extrêmes auxquels
10:35on ne peut pas, à un certain seuil,
10:38en fait, on ne peut plus s'adapter.
10:39– Damien Nicolas, ce qu'on essaie de mettre en exergue
10:41dans cette émission, jour après jour,
10:43c'est les réalités communes,
10:44les réalités qui s'entrecroisent,
10:45quelque chose qui se passe à Mayotte, justement,
10:49ou en Nouvelle-Calédonie,
10:50concerne aussi le bassin d'Arcachon ou la Martinique.
10:52Quelles solutions pouvons-nous tous et toutes
10:55mettre en commun sur nos territoires ?
10:57– Alors, je pense que déjà,
10:59entre les territoires d'outre-mer,
11:01l'enjeu, c'est déjà de dialoguer.
11:02Nous avons beaucoup en commun,
11:04en particulier sur le Pacifique,
11:05des problématiques d'érosion du littoral,
11:07mais aussi une histoire autour de la mer
11:09que peut-être au niveau de la Caraïbe,
11:11nous n'avons pas,
11:11parce qu'il y a un trauma historique
11:12qui est lié justement peut-être à la déportation.
11:14Mais aussi sur la Caraïbe,
11:16nous avons une connaissance également
11:19de comment s'acclimater
11:21vis-à-vis des phénomènes extrêmes
11:23que sont les cyclones,
11:24au niveau du bassin amazonier aussi,
11:25au niveau d'une richesse biodiversitaire.
11:27Donc, les territoires d'outre-mer
11:28ont cette capacité,
11:30cette opportunité d'interagir.
11:32Puis, nous sommes francophones aussi.
11:33Je pense qu'il y a des opportunités
11:36que nous devons saisir
11:37et à mon sens,
11:38c'est pour cela que la société civile
11:39doit être la première à s'organiser.
11:42Moi, ça a été vraiment
11:42ce qui m'a permis de mieux comprendre
11:44comment prendre ma place dans ce monde,
11:46comment justement devenir un acteur
11:48de la justice climatique.
11:50Allez, on passe aux sargasses
11:51et ça tombe bien
11:52puisque vous revenez de Monaco à ce sujet.
11:55Imaginez un peu en mai dernier,
11:56plus de 37 millions de tonnes de sargasses
11:59observées par satellite
12:00formaient une sorte de ruban continu
12:02depuis les côtes de l'Afrique de l'Ouest
12:05jusqu'au Golfe du Mexique.
12:06Cette année encore,
12:07la Caraïbe, le Mexique, la Florine,
12:09partout des littoraux
12:10noyés sous les algues.
12:11Extrait.
12:13L'algue est devenue une menace
12:15pour l'activité économique
12:16et accentue le ralentissement
12:19en basse saison.
12:20Les sargasses, en général,
12:21elles arrivent juste avant
12:22le rond-point de Saint-Anne.
12:24Avant, il y avait une base nautique
12:24qui a malheureusement dû fermer.
12:27Et du coup, c'est pour ça
12:28qu'il y a une forte odeur de sargasses
12:29quand on arrive dans le bourg de Saint-Anne.
12:31Et ensuite, il arrive quand même
12:32assez fréquemment
12:33qu'elles arrivent sur la plage du Bourg,
12:34mais comme c'est la plage, je pense,
12:35la plus touristique de Guadeloupe,
12:36les sargasses sont immédiatement ramassées.
12:38Donc là, on n'a pas ce problème-là.
12:41Sur certains secteurs,
12:42l'agent immobilier
12:43dit avoir constaté
12:44une baisse de la fréquentation.
12:46Or, moins de touristes
12:47veut dire moins de rentabilité
12:48pour les investisseurs.
12:51Nous, on a remarqué
12:52sur certains secteurs
12:52qui sont vraiment impactés
12:53par les sargasses
12:54et qui étaient vraiment
12:55à connotation touristique
12:56qu'il y avait en fonction des biens
12:58des baisses allant de 5 à 10 %
13:00du taux d'occupation.
13:01On a beaucoup d'acheteurs étrangers
13:03qui achètent ici,
13:04non seulement pour le cadre,
13:05mais aussi pour la rentabilité.
13:06Donc quand on a une baisse
13:07du taux d'occupation,
13:08forcément, on a une valeur vénale.
13:10C'est la valeur des biens immobiliers,
13:11c'est la valeur du marché immobilier
13:13qui, du coup, baisse.
13:18Ce qui inquiète Patrick Vialcollé,
13:21le président de la Chambre de commerce
13:22et d'industrie de Guadeloupe,
13:24c'est que les épisodes à répétition
13:26finissent par fragiliser
13:28le tissu économique.
13:29Près d'un millier d'entreprises
13:31seraient aujourd'hui concernées
13:32pour un coût de 30 à 40 millions d'euros par an.
13:36Une estimation qui ne prend en compte
13:38que les fermetures
13:39et pas le changement de matériel.
13:42Damien Nicolas,
13:43vous dites une chose assez forte
13:44sur les sargasses.
13:45On ne peut pas se limiter
13:46à essayer de gérer les effets de crise.
13:49Est-ce que depuis 15 ans,
13:50c'est précisément ce que font
13:52les autorités compétentes,
13:53gérer la crise ?
13:54Alors, je dirais qu'en fait,
13:55qu'on a eu progressivement
13:56une sortie de cette logique de crise
13:57vers une approche de planification.
13:59Et c'est ce que démontre,
14:01en tout cas,
14:01le bilan des deux derniers plans sargasses.
14:04On va sur le troisième plan sargasse.
14:06La grande difficulté sur ce phénomène,
14:09c'est que c'est quelque chose
14:09d'assez nouveau.
14:11Avec 15 ans de recul,
14:12on se dit toujours que c'est nouveau ?
14:13C'est quand même au niveau
14:15d'une problématique environnementale
14:17aussi conséquente
14:18qui concerne un bassin aussi large.
14:21En fait, nous, nous voyons les impacts
14:22au niveau de nos nitoraux sur une plage.
14:24Mais en réalité,
14:24les sargasses,
14:25c'est une problématique régionale.
14:26Et donc, à ce niveau-là,
14:27il faut qu'il y ait une réponse
14:28qui puisse s'adresser à ce niveau-là.
14:31C'est vrai que pour nos concitoyens,
14:33ça peut paraître paradoxal
14:34puisque l'on voit ces impacts-là
14:35au quotidien.
14:36Mais en réalité,
14:38la pose de barrages
14:39sur plusieurs milliers d'euros,
14:40on parle de kilomètres.
14:42Lorsque l'on parle aussi sur…
14:43En fait, la vraie difficulté
14:45sur cette politique,
14:47on va dire,
14:47de gestion de sargasses,
14:48c'est la coordination
14:49entre les différents acteurs
14:51parce qu'il y a des impacts
14:52au niveau sanitaire,
14:53au niveau environnemental,
14:54au niveau touristique
14:54et au niveau aussi biologique,
14:56environnemental.
14:57Et elle prend du temps,
14:57cette coopération.
14:59Et ce que vous réclamez déjà
15:00dans un premier temps,
15:01c'est un cadre juridique commun.
15:03Mais aujourd'hui,
15:04Damien Nicolas,
15:04les sargasses,
15:05c'est quoi ?
15:05C'est un déchet ?
15:06C'est une pollution ?
15:07C'est une ressource naturelle ?
15:08C'est quoi ?
15:09Alors justement,
15:09il y a un flou juridique
15:10qui n'a pas encore été clarifié.
15:12Déjà au niveau national,
15:13au niveau français,
15:14nous avons une difficulté à…
15:16En tout cas,
15:17une nécessité d'adresser
15:20cette qualification au niveau juridique.
15:21C'est le travail parlementaire
15:23qui est en cours.
15:24Au niveau international aussi,
15:25il y a cette difficulté
15:26à savoir comment reconnaître
15:27les sargasses
15:28puisqu'en non-international,
15:29elles peuvent faire valoir,
15:31on va dire,
15:31un statut d'espèce protégée.
15:33Mais je pense par exemple
15:34à un territoire,
15:35un État phare
15:36qui est le Mexique
15:38qui a vraiment essayé
15:39d'aller définir,
15:41par exemple,
15:42ils ont fait rentrer
15:42les sargasses
15:43dans le code de la pêche.
15:46Mais du coup,
15:47si le Mexique a réussi
15:48à faire ça,
15:48que d'autres territoires
15:49dans la Caraïbe,
15:50Barbade,
15:51Sainte-Lucie,
15:51ont avancé
15:52sur la valorisation,
15:53qu'est-ce que l'absence
15:54de définition
15:55des algues sargasses
15:57empêche encore
15:58de faire aujourd'hui ?
15:59Alors,
16:00est-ce que ça empêche
16:02quelque chose ?
16:02Alors,
16:03je dirais qu'en fait,
16:06elle empêche déjà
16:07de pouvoir identifier,
16:11avoir une valuation économique,
16:12en particulier sur les questions
16:13de compensation financière.
16:15Ça,
16:15c'est le vrai sujet.
16:16On parle par exemple
16:17dans l'extrait
16:19de cette perte
16:20en tout cas
16:20de valeur immobilière,
16:22mais plus largement
16:23sur l'impact
16:24plein d'acteurs,
16:24notamment touristiques.
16:25Et à mon sens,
16:26on ne peut pas aller
16:27sur des questions
16:27de dynamisation
16:28si on n'a pas,
16:29on va dire,
16:29un cadre.
16:30Par exemple,
16:30au niveau français,
16:32les sargasses ne sont pas
16:33identifiés comme un risque
16:34au niveau des assurances
16:35puisqu'elles ne peuvent pas
16:36rentrer l'une autre
16:37du régime de catastrophe naturelle.
16:39Donc,
16:39on voit bien
16:40que cette qualification juridique,
16:42elle permet d'avoir accès
16:43à nos nouvelles portes
16:44pour les financements.
16:45Est-ce que vous pensez
16:46que le changement climatique
16:48va inévitablement
16:49changer la donne
16:49à ce niveau aussi ?
16:50Je vous pose la question
16:51parce que depuis 2021,
16:53chaque été,
16:54le Pays Basque
16:55tremble lui aussi
16:56à cause d'algues.
16:56Ce sont des micro-algues toxiques
16:58qui pourrissent littéralement
16:59la vie des habitants
17:01de ce côté de la France.
17:03Et est-ce que vous pensez
17:04que le fait que tout le monde,
17:06petit à petit,
17:07se mette à subir les algues,
17:08les moustiques,
17:09le manque d'eau,
17:10que tout ça,
17:11le fait que ça devienne
17:11commun à toute la planète,
17:13ça pourra changer la donne
17:14et ça pèsera justement ?
17:15Alors c'est vrai
17:15que depuis la pandémie
17:17de la COVID-19,
17:18on a une approche
17:18qu'on appelle
17:19l'approche Une Santé
17:20qui montrait
17:21qu'on a une connexion
17:21entre les différentes
17:23interactions à la fois
17:24humaines, animales,
17:24environnementales.
17:25Et donc ces problématiques
17:27telles que d'éutrophication,
17:28telles que liées
17:29aux algues toxiques
17:30et polluantes,
17:31eh bien démontrent
17:32qu'en fait qu'il faut
17:32avoir une approche holistique
17:34et non pas seulement
17:35soit focalisée sur l'humain
17:37ou l'animal,
17:37mais qu'on prend aussi
17:38la donnée environnementale.
17:39Et pour revenir
17:40sur les questions
17:40de compensation financière,
17:42à mon sens,
17:43en fait on a souvent
17:44la focale sur des phénomènes
17:45climatiques extrêmes
17:46comme les oragons,
17:46les cyclones
17:47ou même naturels
17:48comme les séismes.
17:48Ça c'est assez facile
17:49d'aller chercher
17:50des financements là-dessus
17:51parce qu'en fait,
17:52derrière,
17:54l'acteur économique
17:54a directement cherché
17:55à réinvestir.
17:56Alors que sur les sargasses,
17:58c'est beaucoup moins spectaculaire
17:59et en fait ça coûte,
17:59mais ça coûte sur autant long.
18:01Donc la question,
18:01c'est comment envoyer
18:02le bon signal aux investisseurs,
18:03comment envoyer le bon signal
18:04aussi aux acteurs
18:05pour qu'on se mobilise ensemble.
18:07– En tout cas,
18:08puisque vous parlez
18:08de coopération,
18:10Damien Nicolas,
18:11on va en venir
18:11à cette 11e conférence
18:13des îles du Pacifique.
18:14Elle s'est achevée
18:15il y a une semaine
18:16en Nouvelle-Calédonie
18:17et l'idée était à la fois
18:18simple et très concrète,
18:20partager ce qui fonctionne
18:21et construire
18:22une réponse commune.
18:23Nous étions présents.
18:25On en parle
18:25juste après cet extrait.
18:26Regardez.
18:28Votre présence
18:29témoigne de la force
18:30de nos liens
18:31et de notre résolution commune
18:34face aux défis écologiques
18:35majeurs de notre temps.
18:38Cette volonté
18:39de travailler ensemble
18:40était au cœur
18:41d'une conférence
18:42qui a réuni 400 représentants
18:44issus d'une vingtaine de pays
18:45et territoires du Pacifique.
18:48Objectif,
18:49mettre en commun
18:49revendications et priorités
18:51et faire émerger
18:52un discours commun
18:53qui sera porté
18:54lors des futurs
18:55grands rendez-vous internationaux.
18:57On aura un porte-drapeau
18:59du Pacifique
18:59qui sera l'Australie
19:00qui ira prochainement
19:02pour la prochaine COP
19:03en Turquie.
19:05Donc l'objectif
19:05c'est de commencer
19:06à dire
19:07on va rassembler nos affaires
19:09pour mettre dans un panier
19:10qui sera porté
19:11par les pays du Pacifique.
19:17On est les plus touchés.
19:18On est victimes ensemble
19:19des changements climatiques,
19:21de la déperdition
19:22de nos espèces,
19:23de notre biodiversité.
19:24Sinon, il faut prouver
19:25les bons mots,
19:26les mots qui parlent,
19:26les mots qui touchent
19:27et les mots aussi
19:28qui motivent,
19:29qui exhortent les uns
19:30et les autres
19:30à sortir de leur posture
19:32pour aider.
19:33Aider celles et ceux
19:35qui sont les plus touchés
19:37par justement
19:37ce dérèglement climatique.
19:45C'est précisément cela
19:46le modèle que vous défendez
19:47depuis le début de l'émission
19:48Damien Nicolas,
19:49la coopération.
19:51Parmi les engagements pris
19:52lors de cette 11e conférence
19:53des îles du Pacifique,
19:54qu'est-ce qui vous paraît nouveau
19:55ou important ?
19:56Alors je dirais que ce qui a changé
19:58au niveau de la coopération internationale
20:00plus généralement,
20:00c'est la certitude
20:02d'une géopolitique
20:03avec les contraintes
20:04qu'on a vues notamment
20:04au niveau de la nouvelle géopolitique américaine
20:07et donc on voit ces impacts
20:10sur le multilatéralisme climatique
20:12plus généralement
20:13et sur cette coopération
20:17au niveau du Pacifique.
20:19Il y a à mon sens
20:19un gage de trois aspects
20:21qui sont importants.
20:22C'est déjà rappeler
20:24que ce sont des territoires
20:25qui historiquement
20:25ont toujours protégé
20:26l'environnement
20:27mais aussi qu'en fait
20:28ils sont les plus vulnérables
20:29face aux effets
20:29de changement climatique.
20:30On en est à la onzième édition
20:32de cette conférence
20:33des îles du Pacifique.
20:35Est-ce que vous diriez
20:35que cette région du monde
20:36est en avance
20:37sur le reste de la planète
20:38en matière de coopération justement ?
20:40Alors effectivement
20:41il y a un leadership
20:41qui est historique.
20:42Cette déclaration
20:43dans le cadre
20:44de cette coopération
20:45elle est dans un programme régional
20:47de protection
20:48de l'environnement
20:49au niveau de l'Océanie
20:50qui démontre en fait
20:52qu'il y a vraiment
20:52un savoir-faire
20:53et un savoir-être
20:54et puis aussi une compréhension
20:55que la protection
20:56de l'environnement
20:57est indissociable
20:58en fait de l'expression
21:00des cultures
21:01de ces pays en fait
21:02de leur langue
21:03et de leur savoir-être.
21:05Ces grandes déclarations politiques
21:06en tout cas
21:08forcées de constater
21:08qu'elles produisent rarement
21:09de l'action
21:10ou alors peut-être
21:10trop peu de la vie de certains
21:11et puis se pose aussi
21:13la question
21:13de l'adaptabilité
21:14d'un territoire à l'autre.
21:15Est-ce qu'une solution
21:16imaginée en l'occurrence
21:17en Nouvelle-Calédonie
21:18peut réellement inspirer
21:19la Bourgogne
21:20ou la Réunion
21:21ou alors est-ce que les réalités
21:22sont trop différentes ?
21:23Alors je dirais
21:24que la question
21:25c'est que le principe
21:26de base
21:27ce qu'on implique
21:28c'est
21:28alors cette conférence
21:31elle s'ancre aussi
21:32dans la prochaine
21:34dans la prochaine COP
21:36biodiversité
21:36qui aura lieu
21:36en Arménie
21:37et donc là
21:38on voit bien
21:38qu'il y a un cadre mondial
21:39sur lequel tout le monde participe
21:40mais encore une fois
21:41au niveau régional
21:42et local
21:42il faut comprendre
21:43quels sont les besoins
21:44en fait des acteurs
21:45en termes de gouvernance
21:46c'est-à-dire qu'au niveau
21:47de la Nouvelle-Calédonie
21:48par exemple
21:49ils souhaitent être
21:49en territoire pilote
21:50sur ces questions-là
21:51puis ils se sont bien compris
21:52que sur leur territoire
21:53ils ont des besoins
21:54en termes d'agroforesterie
21:55en termes de gestion gérable
21:56de la pêche
21:57en termes également
21:58de résilience climatique
22:00de leur récif corallien
22:02donc en fait
22:02ces impératifs
22:04doivent toujours être retranscrits
22:06au niveau local
22:06pour meilleure implémentation
22:07Qu'est-ce qui vous fait penser
22:09qu'on peut encore changer les choses ?
22:11Alors je dirais que
22:12certes l'actualité nous démontre
22:14qu'il y a une grande incertitude
22:17mais si je m'engage
22:19et si nous nous engageons toujours
22:20dans cette voie
22:21pour un avenir meilleur
22:23c'est parce que
22:25on a survécu quelque part
22:27un certain nombre
22:28de traumas
22:31liées notamment
22:32à l'histoire coloniale
22:34parce que
22:35ces dégradations environnementales
22:37elles ont aussi
22:37on va dire
22:38un passif
22:39c'est-à-dire que
22:40à mon sens
22:41pour faire face
22:41aux changements climatiques
22:42il faut aussi prendre
22:43en acte justement
22:45les préjudices
22:47environnementaux historiques
22:48et en Outre-mer
22:49on a des exemples
22:49on sait par exemple
22:51au scandale sanitaire
22:52et environnemental
22:53de la chlordécone
22:54également
22:55aux essais nucléaires
22:56en Polynésie
22:57on peut également penser
22:58à l'extractivisme
23:00minier
23:01dans les territoires
23:02du Pacifique
23:02mais aussi en Guyane
23:03donc à mon sens
23:04faire
23:06faire oeuvre
23:07enfin en tout cas
23:08penser
23:09un avenir en commun
23:11face aux changements climatiques
23:12en Outre-mer
23:12c'est aussi travailler
23:13sur la démocratie
23:14environnementale
23:15en revenant
23:15sur ces préjudices
23:16environnementaux historiques
23:17Regardez le passé
23:19pour avancer au lieu
23:20Exactement
23:20On va terminer
23:21avec votre photo du jour
23:22Damien Nicolas
23:22photo que je découvre
23:23en même temps
23:24que nos téléspectateurs
23:25la voici
23:25de quoi s'agit-il ?
23:27Alors il s'agit
23:29d'une photo
23:31montrant justement
23:32la réussite
23:33du projet climat
23:34de Bonner
23:34qui est un Outre-mer
23:35néerlandais
23:36qui est situé
23:37dans les Antilles
23:38néerlandaises
23:39et donc il s'agit
23:40d'un premier cas
23:42d'une affaire
23:43opposant justement
23:44en Outre-mer
23:45avec sa métropole
23:47les Pays-Bas
23:47sur la question
23:48de la justice climatique
23:49et donc il a été mis
23:50en exergue
23:51une question de discrimination
23:52face au changement climatique
23:53dans le fait que
23:56le tribunal a jugé
23:57que les Pays-Bas
23:58n'adaptaient pas suffisamment
23:59les habitants de Bonner
24:02face au changement climatique
24:04en comparaison
24:05à ce qui se faisait
24:06justement sur les Pays-Bas
24:08et donc ça peut aussi
24:09valoir
24:10on va dire
24:11de jurisprudence
24:12pour notamment
24:12les autres Outre-mer
24:13français
24:14mais aussi d'autres Outre-mer
24:15à travers le monde
24:16puisque ça permet
24:17de comprendre justement
24:18que la question
24:19de justice climatique
24:19ne se définit pas
24:20que aux affaires internationales
24:21mais s'inscrit aussi
24:22dans une paradiplomatie climatique
24:24au niveau des Outre-mer
24:26Vous avez choisi
24:27de consacrer votre carrière
24:28à des territoires
24:29dont vous nous expliquez
24:29qui sont parmi les premiers
24:30confrontés au bouleversement climatique
24:32ça vous donne parfois
24:33le sentiment
24:33de travailler contre la montre ?
24:35Alors je dirais que
24:36oui bien sûr
24:37qu'on a l'impression
24:38que le temps nous est compté
24:40mais je pense que
24:41c'est justement
24:43dans ce temps
24:44qu'il nous reste
24:44que nous avons
24:45la possibilité
24:47de faire de grandes découvertes
24:49parce que c'est toujours
24:49dans ces retranchements
24:50que l'humanité a su s'en sortir
24:52encore une fois
24:53lorsqu'on regarde le passé
24:55on comprend en fait
24:56comment certains mouvements civiques
24:57ont réussi à avoir
24:59des victoires
25:00des succès
25:00à mon sens
25:01ce n'est pas assez différent
25:02qu'on parle
25:02sans changement climatique
25:03il faut simplement comprendre
25:04que nous sommes dans une phase
25:05en tout cas
25:06des choses
25:07où il y a
25:08un certain nombre de challenges
25:09et que nous devons
25:11confronter ces défis
25:12avec le
25:13à la fois de l'optimisme
25:14mais beaucoup de réalisme
25:15De l'optimisme surtout
25:16en tout cas
25:17c'est ce qui vous caractérise
25:18Merci infiniment
25:19Damien Nicolas
25:20d'être venue sur le plateau
25:21de C'est pas si loin
25:22Merci à vous
25:24de votre fidélité
25:25à C'est pas si loin
25:26replay et podcast
25:28sont évidemment
25:28à votre disposition
25:30sur France.tv
25:31sur toutes les plateformes audio
25:32Je vous souhaite
25:34un excellent week-end
25:35et je vous dis
25:36à la semaine prochaine
25:36même lieu
25:37même heure
25:38sur France Télévisions
25:48Sous-titrage Société Radio-Canada
25:50Sous-titrage Société Radio-Canada
25:52Sous-titrage Société Radio-Canada
25:56Sous-titrage Société Radio-Canada
26:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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