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  • il y a 2 heures
L'automne c'est le moment de la récolte des châtaignes en Corse , l'ile est la première région de France pour cette activité, nous irons ensuite en Catalogne dans un village qui a inspiré le maître Antoni Gaudi, enfin une découverte de l'ile volcanique de la Gomera aux Canaries. Année de Production :

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00:05L'automne, c'est le moment de la récolte des châtaignes en Corse.
00:08L'île est la première région de France pour cette activité.
00:11Nous irons ensuite en Catalogne, dans un village qui a inspiré le maître Anthony Gaudi.
00:17Enfin, une découverte de l'île volcanique de la Gomera au Canary.
00:20Bienvenue dans Méditerranéo.
00:45En Corse, le châtaignier n'est pas qu'un arbre, c'est une institution, un pilier de l'identité insulaire,
00:50surnommée à juste titre l'arbre à pain ou l'arbre de vie.
00:53Avec ses 31 000 hectares, l'île de beauté s'impose, comme la première région castanée-école de France, un
01:00titre qui témoigne d'une histoire riche et d'un savoir-faire ancestral.
01:14À l'heure où la forêt s'embrase, avant que les sommets ne blanchissent à l'arrivée des premiers frimas,
01:21réapparaît une activité ancestrale profondément ancrée dans de nombreuses régions de l'île.
01:27Dans la vallée de la Gravone, sur la commune de Taverre, la famille Dazi perpétue la tradition.
01:34Ici, la récolte se fait encore à la main, dans un esprit d'entraide, hérité des anciens, l'ayout.
01:40On aide les amis et puis c'est coutume, il faut travailler, il faut aider les jeunes, parce sinon tout
01:46va se perdre.
01:48Les gens vont plus le faire. Et puis ayout, ça veut dire aider vraiment. Ayout, c'est aider, aider les
01:54autres.
01:54Les amis, la famille. Donc ce qui est agréable aussi, c'est que les enfants jouent le jeu tous les
01:59ans.
01:59C'est les mêmes personnes qui viennent, donc ils s'y prêtent aussi. Et c'est quelque chose à faire
02:04perdurer.
02:05Et c'est convivial, un moment de partage. Donc on attend ça avec impatience tous les ans.
02:10C'est bien mon bébé !
02:12Nous, ça fait 4 ans qu'on vient et qu'on aide Audrey. Depuis, voilà, parce que comme ça, ça
02:17va plus vite pour eux. Et puis c'est convivial, on est tous entre nous et on partage.
02:23Dans les filets sont rassemblées les châtaignes, encore enfermées dans leur bog.
02:27Elles sont très très grosses.
02:29Chacun participe au travail, du ramassage au tri, avec un rôle bien défini.
02:37Ils ont enlevé pas mal de feuilles et de bog. Donc maintenant, il n'y a plus que le tri.
02:41Vous prenez les plus belles, les plus charnues.
02:43On les met dans le seau et tout ce qui reste, ça partira aux baisses.
02:46Alors là, c'est le fruit qu'il faut garder parce qu'il est bien, il est charnu, il est
02:50bon.
02:50Et celle-ci avec les petits trous, on jette tout ça parce qu'en fait, il y a du vert
02:54et c'est pas bon.
02:56Et ça part où ça ?
02:57Ça, c'est les cochons qui vont les manger.
02:59On perd rien, tout est bon.
03:02Sans cette ailloute, ce serait impossible pour nous.
03:04C'est vraiment, là c'est une journée, on travaille à peu près 6 heures dans la journée, mais on
03:10est une vingtaine.
03:11Et franchement, avec toutes ces petites mains, on arrive à finir la récolte.
03:15Si on n'avait pas les amis et la famille, ce serait impossible.
03:18Pour la famille Odatsi, l'essentiel est ailleurs.
03:21Transmettre en savoir-faire, préserver un patrimoine et faire vivre une tradition qui traverse les générations.
03:28C'est lourd ?
03:30Quand même, hein.
03:31S'il y en a, il y a certains filets qui sont plus lourds que d'autres.
03:34Le filet, c'est comme un petit drap, un grand drap, excusez-moi.
03:38C'est comme un grand drap, deux personnes aux extrémités.
03:41Et chacun plie son côté et après, on passe et on les attache.
03:46C'est devenu une passion, oui, c'est devenu une passion.
03:49On arrive en même temps à transmettre aux jeunes générations ce qui est important, ce qui se passe sur notre
03:53territoire, ce qui se fait chez nous.
03:56Ils apprennent énormément de choses et puis on passe un bon moment en famille aussi.
03:59Un peu plus bas dans la vallée, sur les contreforts du village de Coutoli-Cortica, une autre famille transmet ce
04:06savoir.
04:08Chez les Pierlovis, avec le temps, on s'est modernisé.
04:12La récolte est mécanique.
04:14En fait, c'est un aspirateur.
04:16Le tuyau est tenu à la main et on aspire l'intégralité de tout ce qui se trouve dans le
04:22filet, à savoir les feuilles, les bogues et les châtaignes.
04:26Les feuilles sont éjectées, les bogues passent dans une écaleuse et la châtaigne est extraite de cette bogue.
04:32Il y a un gain de temps, on se fatigue beaucoup moins.
04:35C'est quand même un confort de travail qui n'est pas négligeable.
04:39Malgré cette technologie, les inquiétudes demeurent.
04:42Pas beaucoup de châtaignes, vraiment une mauvaise pollinisation.
04:46Les dérèglements climatiques, les ravageurs ont fragilisé les récoltes.
04:51Moi, dans les années 2000, avant le cynips, je tournais à 5-6 tonnes de farine de châtaigne.
04:57Je suis tombé à 500 kilos, une tonne, dans le meilleur des cas.
05:03Il y a des châtaigneraies que je ne ramasse plus parce que c'est plus rentable, il n'y a
05:08plus rien.
05:09Le métier est compliqué.
05:11Face au cynips et devant les enjeux écologiques, Karine Franck, responsable de la filière AOP Châtaigne, vient au chevet des
05:19castanéiculteurs.
05:21Voilà, ça ce sont les anciennes galles de cynips.
05:24Voilà, donc il y en a quand même quelques-unes sur cette branche.
05:27Le cynips est aujourd'hui maîtrisé dans les châtaigneraies grâce à l'introduction de notre insecte, le Taurimus sinensis.
05:36On est très inquiets, on est très inquiets parce qu'on voit que les choses évoluent très rapidement.
05:42Il n'y a plus cette stabilité d'avant les années 2000.
05:47Aujourd'hui, chaque année, on sait qu'il va arriver quelque chose.
05:51Et aujourd'hui, elle accompagne l'un des plus jeunes visages de la profession, Marie-Lydie Fraçade.
05:58Karine, déjà, heureusement qu'elle est là parce que quand on a une question, on appelle Karine des suites.
06:02Elle est là pour nous aider et pour répondre à toutes nos questions tout le temps.
06:07À 22 ans, la jeune bastelliquaise ne manque pas de tempérament.
06:11Ma toute première farine, je n'étais même pas majeure.
06:14J'étais même pas majeure, j'allais encore à l'école.
06:16Quand on est attaché à sa terre et qu'on sait que les arbres, c'est nos anciens qui les
06:20ont plantés et que c'est eux qui nous ont laissé cet héritage,
06:23on se dit pourquoi ne pas l'exploiter, pourquoi pas continuer à faire ce qu'eux faisaient il y a
06:28des années en arrière
06:29et essayer d'être un peu à leur hauteur, même si on n'y sera jamais, on n'y arrivera
06:34pas.
06:35Moi, j'ai essayé et je ne me suis jamais arrêtée.
06:41Les premiers fruits sont amenés aux séchoirs du village.
06:48À partir de ce moment, un long processus démarre.
06:52C'est que le début du travail, en quelque sorte, pour arriver au bout du processus de la farine,
06:59mais c'est déjà une très belle partie accomplie.
07:03Et puis bon, d'entendre qu'elle commence à sécher correctement, c'est vrai que je suis contente.
07:12Après avoir séché durant trois semaines,
07:18les châtaignes vont être décortiquées.
07:25En fait, décortiquées, ça nous permet d'enlever les deux pots.
07:28Donc on passe, là on a l'exemple, une châtaigne qui sort du séchoir,
07:32et ça c'est une châtaigne qui sort de la machine,
07:34donc qui a été décortiquée, et on voit qu'elle est toute propre maintenant,
07:38et elle est prête à partir au four.
07:40Au bord d'un cours d'eau, il est temps maintenant d'aller au moulin,
07:44et de retrouver un rouage essentiel de la transformation, la farine.
07:48Et c'est au four que nous retrouvons le meunier Antoine Crouchial.
07:53Alors là, on a passé la châtaigne au four pour le fameux biscuitage.
07:59Ça enlève les derniers petits pourcents d'humidité.
08:01Pour la conservation, c'est beaucoup mieux,
08:05et ça donne un petit goût supplémentaire.
08:09Biscuitée, la châtaigne va être broyée.
08:18La pièce est envahie par la poussière de farine, les parfums s'exhalent.
08:23C'est un travail de précision.
08:25Plus c'est fin, plus va se dégager des arômes.
08:30C'est entre ces murs, patinés par le temps, que la magie opère.
08:42Est-ce qu'elle est bonne ?
08:46Très bonne.
08:48C'est une farine qui va plaire aux consommateurs.
09:03Changement de décor, direction la maternelle d'Echika Soarelle.
09:08On va goûter ça ?
09:10La châtaigne, elle est dans la bogue.
09:14Mieux comprendre l'arbre symbole de l'île, c'est le cours pour les tout-petits.
09:18Parce qu'ici, le fruit, on le découvre dès son plus jeune âge.
09:22C'est un fruit emblématique sur notre île.
09:26On fait des petits acteliers autour de la châtaigne avec les enfants,
09:29donc pour leur transmettre notre culture.
09:32Il faut dire qu'historiquement, la châtaigne a nourri des générations de Corses.
09:36L'arbre à pain, comme on le surnomme, a vu sa culture se développer à grande échelle
09:42sous l'impulsion des Génois au XIIIe siècle.
09:45À cette époque, la République de Gênes impose même aux habitants
09:49de planter plusieurs châtaigniers chaque année.
09:51Et depuis, le fruit est resté dans le cœur des Corses.
09:56C'est ici, sur ce champ de foire à Bocognane, qu'on la célèbre le mieux chaque année.
10:02En trois jours, plus de 20 000 visiteurs se pressent devant les stands
10:05des producteurs et des artisans.
10:07Je pense qu'un rendez-vous, ça doit être celui-là.
10:11On se bat pour ça.
10:12Redonner aux Corses l'envie de retrouver les pratiques anciennes
10:16et les savoir-faire anciens.
10:18Sous le chapiteau des midis, on se bouscule pour voir tourner à la force des bras
10:22la fameuse poulante à deux châtaignes.
10:27On met de l'eau à bouillir et une bonne pincée de sel.
10:33Et après, on lance la farine au fur et à mesure.
10:37C'est très physique et il faut se relayer justement rapidement
10:42parce que sinon, on arrive à bout de force.
10:45Et c'est là, même moi, j'ai des cloques.
10:49Donc c'est quand même très, très physique.
10:52Malgré l'attachement des Corses, pour les producteurs, la réalité économique est tout autre.
10:57Les ventes sont en berne.
10:59La farine n'est plus cuisinée au quotidien dans les foyers insulaires.
11:02Moi, c'est plus dans mes habitudes, c'est vrai.
11:04Alors que je l'aime bien, mais mes fils, je ne sais pas, ils ne l'aimaient pas trop.
11:07Ce n'est pas dans mes habitudes de consommation.
11:10Je ne produis pas, je ne fais rien avec.
11:11Dans cette boutique de vente directe, le constat est sans appel.
11:15Ça remonte un peu, ça se stabilise ?
11:19Moi, je pense qu'il y a quand même un déclin qui s'affirme d'année à l'année.
11:24Tous les ans, on produit un peu moins et on a quand même, il faut l'avouer, quelques difficultés de
11:30vente.
11:30La châtaigne doit aujourd'hui se réinventer pour séduire de nouveaux consommateurs,
11:35alors même que ses qualités sont largement reconnues.
11:37Sa farine sans gluten possède d'excellentes propriétés nutritionnelles.
11:42Il faut réapprendre à la cuisiner de façon très simple.
11:45La Corse est vraiment un pays de châtaignerie.
11:48Les Corses ont été un peuple du châtaignier.
11:50Il faut qu'il le reste en termes, effectivement, patrimonial, mais en termes d'avenir.
11:55Et effectivement, ça passe aussi par le renouveau de la consommation de châtaigne et de farine.
12:00Et c'est tout l'enjeu de la filière.
12:02Trouver sa place dans les nouvelles habitudes des ménages, tout en faisant face au dérèglement climatique.
12:09Car derrière le fruit à coque, il y a tout un patrimoine.
12:18Préserver le châtaignier, c'est aussi protéger les paysages et les traditions de cette Corse éternelle.
12:32Abit 100 mètres d'altitude, loin de l'agitation barcelonaise,
12:36le Bergueda, région montagneuse et rurale des Prés-Pyrénées-Catalanes,
12:40offre un contraste saisissant.
12:42C'est ici au cœur de paysages que se révèle un héritage moderniste inattendu,
12:46les Jardins Artiga, œuvre d'Antoni Gaudi.
12:49Ce site, véritable joyau architectural, constitue l'attraction phare de la Pobla de Lilette.
13:04Dans le nord de la Catalogne, là où le fleuve Lobregat serpente entre forêt et montagne,
13:10se trouve la Pobla de Lilette.
13:11Un petit village de la comarque de Bergueda,
13:14au cœur d'une nature luxuriante, marquée par un important passé industriel.
13:26Nous nous trouvons dans la serra des Calaras,
13:31la montagne du Calaras,
13:33où se situaient les mines de charbon qui alimentaient l'ancienne usine Aslande,
13:37fondée par Eusebihuel.
13:43Ici, parmi les vestiges des mines et des anciennes usines,
13:46on pensait depuis longtemps que l'un des bâtiments les plus insolites de la région
13:50était l'œuvre d'Antoni Gaudi.
13:52Une hypothèse longtemps débattue,
13:54finalement confirmée l'année du centenaire de sa mort,
13:57lors de l'année Gaudi, dédiée aux plus illustres représentants du modernisme catalan.
14:07Il s'agit d'un bâtiment commandé par Eusebihuel à Antoni Gaudi
14:11pour héberger les techniciens et les ingénieurs
14:14qui travaillaient dans les mines de charbon.
14:16A chaque hausse de la production de ciment,
14:19la demande en charbon augmentait,
14:21ce qui rendait nécessaire la réactivation des mines.
14:23Comme cet endroit est éloigné de Pobla de Lilette,
14:27Eusebihuel a décidé d'y faire construire un bâtiment
14:29destiné à les loger.
14:31C'est ainsi que de nombreux techniciens et ingénieurs
14:34sont venus s'installer dans la région.
14:37Ce chalet a été construit au début du siècle dernier,
14:40à une époque où les mines de charbon soutenaient
14:42la croissance économique de la région.
14:45Gaudi, industriel et mécène, était un ami de Gaudi
14:48et lui a commandé plusieurs de ses œuvres les plus célèbres.
14:52Édifié à un peu plus de 1300 mètres d'altitude au cœur de la forêt,
14:56il a été officiellement attribué cette année à l'architecte catalan
14:59à l'issue d'une étude menée par Galdrick Santana,
15:02directeur de la cathédra Gaudi de l'Université Polytechnique de Catalogne,
15:06et cela à la demande du département de la Culture de la Généralitate de Catalogne.
15:11Deux années ont été nécessaires pour mener à bien les analyses,
15:14les comparaisons et les vérifications documentaires.
15:20Pendant de nombreuses années, il n'avait pas été prouvé
15:23que ce bâtiment était l'œuvre de Gaudi, même si tout le monde s'en doutait.
15:27Le directeur de la cathédra s'est appuyé sur plusieurs éléments
15:30pour en reconnaître la paternité.
15:32L'un d'eux est la présence, encore visible aujourd'hui,
15:34de pierres qui formaient une structure rectangulaire.
15:38Il s'agissait d'un espace où étaient entreposés des explosifs destinés aux mines.
15:42Et cette même forme a été retrouvée dans d'autres œuvres de Gaudi.
15:48Construit sur un plan rectangulaire,
15:50avec des fenêtres conçues pour résister aux chutes de neige,
15:54le bâtiment reflète la hiérarchie professionnelle typique des mines de l'époque.
15:59Le rez-de-chaussée, plus froid et plus humide,
16:01était réservé au personnel de service.
16:03Le premier étage, au cadre, et le deuxième, aux techniciens.
16:10Au premier étage, l'étage intermédiaire où nous nous trouvons actuellement,
16:15on vivait mieux, c'était le mieux isolé.
16:18C'est là que logeaient les dirigeants les plus importants,
16:21car l'étage inférieur coupait le froid et l'humidité,
16:24tandis que celui du dessus protégeait du vent,
16:27créant ainsi une sorte de chambre thermique.
16:34Le maître du modernisme catalan a signé ce projet,
16:37mais n'en a pas supervisé la réalisation.
16:41Selon le directeur de la cathédra Gaudi, Galdrick Santana,
16:45Anthony Gaudi n'aurait pas revendiqué la paternité de cette œuvre
16:49parce que des modifications avaient été apportées par rapport au projet initial.
16:55Il ne s'agissait plus vraiment de son projet,
16:57et probablement c'est pour cette raison qu'il ne l'a pas reconnue comme telle.
17:01Il existe d'autres théories.
17:03On sait que, pendant de nombreuses années,
17:05Gaudi a dressé des listes de ses œuvres,
17:08puis qu'à un certain moment, il a cessé de le faire.
17:11C'est pourquoi certaines réalisations attendent encore aujourd'hui
17:14d'être officiellement attribuées à lui.
17:16Cela peut s'expliquer par le fait qu'il travaillait sur de nombreux projets en même temps
17:20ou qu'il se consacrait presque exclusivement à la Sagrada Familia.
17:25Les habitants du village situé dans les Pyrénées pré-catalanes
17:29ont toujours pensé que ce bâtiment était l'œuvre de Gaudi.
17:32Pour étayer cette hypothèse,
17:34ils pouvaient s'appuyer sur une photographie conservée
17:36au centre d'études de Lilette,
17:38qui montre Gaudi à la Pobla.
17:43Cette étude confirme ce que nous avons toujours su.
17:47Elle a été accueillie avec beaucoup de joie,
17:49car notre village a toujours été lié à la figure d'Antoni Gaudi.
17:55De génération en génération,
17:57on a toujours raconté que Gaudi était venu ici.
18:00Les personnes âgées, qui ne sont plus parmi nous,
18:03disaient l'avoir vu.
18:07Le lien entre Gaudi et le village ne se limite pas à ce bâtiment.
18:11Pendant son séjour,
18:12l'architecte a été hébergé par la famille Artiga,
18:15des industriels du textile et amis de Guelles.
18:18A la fin de son séjour,
18:19pour les remercier, Gaudi a dessiné leur jardin.
18:25Ici, nous disposons de nombreuses preuves.
18:28Dans ces jardins,
18:29on retrouve toutes les caractéristiques présentes dans ces réalisations,
18:33comme l'imitation de la nature,
18:35l'arc caténaire et le symbolisme religieux,
18:38avec par exemple les quatre évangélistes.
18:41C'est pourquoi il ne fait aucun doute
18:43que ces jardins ont été conçus par Antoni Gaudi.
18:50Le parc suit le cours de la rivière
18:52et se caractérise par des arches courbes,
18:54des ponts de pierre et des grottes artificielles.
18:57Un cadre pittoresque
18:58qui rappelle certaines œuvres de Barcelone.
19:02Le maire plaît de lui
19:03pour une reconnaissance officielle également des jardins.
19:10Je tiens à souligner qu'une étude
19:12pour la reconnaissance des jardins d'Artiga est en cours.
19:15Elle est menée par le ministère de la Culture
19:17qui avait commandé une première étude.
19:21Bien sûr, l'une ne va pas sans l'autre.
19:23Et du coup, si la villa est l'œuvre de Gaudi,
19:26c'est aussi le cas pour les jardins.
19:29Par ailleurs, à l'occasion de ce centenaire,
19:32le village a organisé des événements et des rencontres.
19:35Tout tourne autour d'un personnage
19:36qui, dans ses montagnes, n'a jamais été oublié.
19:50La Gomera est l'une des sept îles des Canaries
19:53situées à 2000 km des côtes européennes.
19:55C'est ici que Christophe Colomb
19:57a entamé son voyage vers les Indes en 1492
20:00et a finalement découvert l'Amérique.
20:02Avec sa forêt préhistorique,
20:04l'une des rares encore préservées dans le monde,
20:06ses dauphins et sa langue sifflée, le Silbo,
20:08l'île volcanique de la Gomera
20:10est un vestige des temps anciens.
20:21Perdue dans l'océan Atlantique,
20:24dans l'archipel des Canaries,
20:25la Gomera est une île volcanique
20:28où l'on voyage dans le temps.
20:31Au nord, des orgues de roches émerveillent les visiteurs.
20:36Certains s'élèvent à plus de 80 mètres de hauteur.
20:42C'est impressionnant, c'est éblouissant,
20:45on se sent tout petit devant cette nature incroyable.
20:48C'est vraiment un paysage spectaculaire,
20:52c'est le bon mot.
20:54Ces imposantes falaises se sont formées
20:57lorsque la lave du volcan s'est figée au contact de l'eau.
21:01Pour comprendre les origines de l'île,
21:04nous partons en randonnée avec Audrey.
21:07Cette guide française est installée ici
21:09depuis plus de dix ans.
21:13On ne voit seulement qu'une petite partie de l'île,
21:16tout le reste est immergé.
21:18Toutes les îles canaries sont des îles volcaniques
21:20qui n'ont jamais été connectées au continent.
21:24Et la Gomera est vieille de près de 10 millions d'années.
21:30C'est authentique, je dirais.
21:34L'accès est si difficile
21:36qu'on se retrouve dans des zones sauvages
21:38que l'homme n'a pas abîmées.
21:45Une île qui attire les amoureux de la nature.
21:50Il profite ici d'une vingtaine de zones protégées.
21:55Derrière les sommets culminant à 1500 mètres d'altitude,
22:01une mer de nuages enveloppe le plus grand parc de l'île,
22:05Gara Ronay.
22:08Jacinto connaît tous les secrets des 4000 hectares du parc
22:11inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
22:16Ce qui est génial ici, c'est la nature.
22:18Et surtout le fait qu'elle vous transporte
22:20dans des lieux très lointains,
22:22à des époques très anciennes,
22:24jusqu'aux forêts de l'ère tertiaire
22:26qui occupait par exemple la France.
22:313000 espèces cohabitent dans cette forêt luxuriante
22:34grâce à la position idéale de l'île.
22:39L'influence des alizés vient dans cette direction.
22:42Ils apportent l'humidité et font que tout est vert.
22:46Regardez les arbres.
22:47Ils ont une robe verte
22:48et ce sont les mousses qui captent l'humidité.
22:52La flore ici est introuvable en Europe méridionale.
22:56L'observer est un privilège pour ces touristes.
23:01C'est un peu magique ici.
23:04On peut voir des visages.
23:06Des fois, c'est un peu comme Harry Potter.
23:08Vous ne trouvez pas ?
23:13Chaque année, 500 000 visiteurs bravent l'humidité
23:16dans ce lieu hors du temps.
23:19Ce qui caractérise la Gomera, ce sont ces montagnes.
23:22La différence entre une île avec un terrain escarpé
23:25et une île sans relief est totale.
23:27Pourquoi ?
23:28Parce qu'ici, tout est beaucoup plus hétérogène.
23:31Les communications sont compliquées.
23:33Chaque village a sa façon de parler.
23:35Chaque vallée a pratiquement son propre climat,
23:38son propre écosystème.
23:40Un autre symbole de l'île
23:45a failli disparaître dans les années 70.
23:49Le silbo,
23:51un langage sifflé vieux de 2000 ans.
23:57Là, je viens de dire bonsoir et bienvenue.
24:02Ramon l'utilise au quotidien.
24:07Le silbo sert à communiquer sur de longues distances.
24:10Il traverse les vallées et résonne,
24:12ce qui permet de l'entendre.
24:14Autrefois, les anciens s'en servaient pour communiquer.
24:16Aujourd'hui, les enfants l'apprennent à l'école.
24:23Cet après-midi-là,
24:25Roudian emmène ses élèves
24:26pour un cours pratique du langage sifflé
24:28le plus utilisé au monde.
24:30Pour cela,
24:32il se dirige vers le sommet de la montagne,
24:34là où l'écho porte le plus loin.
24:38Le silbo est une matière obligatoire
24:42dans toutes les écoles de l'île.
24:43Donc, les élèves,
24:45presque toutes les semaines,
24:46ont des cours de silbo gomero.
24:50Je vais siffler,
24:52tu vas me répondre.
24:53Je vais te donner un ordre
24:54et toi, si tu me comprends,
24:55tu siffles en retour, ok ?
24:58J'ai compris.
25:06Ça se mange ?
25:08Oui.
25:12L'apprentissage du silbo
25:14est obligatoire pour les élèves de l'île
25:16jusqu'en classe de seconde.
25:21Le plus important,
25:22c'est de connaître les voyelles.
25:23Le A et le E,
25:24ce seraient les notes médianes.
25:25I, c'est la plus aiguë,
25:27et le O et le U sont les plus graves.
25:33Ça, c'est le I.
25:35Et comment tu fais le A ?
25:41Depuis 2009,
25:43le silbo est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
25:47Une richesse de plus à protéger sur la Gomera,
25:51celle que l'on surnomme l'île magique.
26:03Méditerranéo est terminée pour cette semaine.
26:05À bientôt pour de nouvelles découvertes en Méditerranée.
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