00:00Aujourd'hui en France, deux questions. Lorsqu'on vous écoute, il y a un grand sentiment d'impuissance,
00:06notamment pour le quotidien des Français. Est-ce que vous diriez quand même qu'il y a de l'espoir,
00:12en quelque sorte, pour tous nos compatriotes ? Et puis vous évoquiez à l'instant cette guerre menée par la
00:18Russie.
00:19Est-ce qu'il y a eu jusqu'ici des menaces très concrètes sur notre territoire français ?
00:24Et comment envisagez-vous d'éventuelles futures discussions avec Vladimir Poutine, par exemple ?
00:30Les contacts avec la Russie ont toujours été maintenus au niveau des services.
00:35Tout ce qui s'est passé et les attaques hybrides des dernières semaines n'ont jamais donné lieu à des
00:41messages de prévention ou d'alerte.
00:44Donc ce que je veux dire par là, c'est que nous avons subi des attaques informationnelles, nous avons subi
00:49des attaques cyber,
00:50elles ont été documentées, attribuées, et nous savons, là aussi elles ont été attribuées, qu'il y a eu plusieurs
00:55attaques très claires, physiques, dans l'espace européen.
00:59Le jour où on sera attaqué physiquement, on ne nous préviendra pas, je préfère vous le dire, ça ne marchera
01:03pas comme ça.
01:04Il n'y a pas eu de message d'alerte pour dire qu'ils allaient attaquer à l'Ive-Siche.
01:07Donc c'est pour ça qu'il faut de la vigilance, mais oui, nous avons déjà été l'objet d
01:11'attaques hybrides, je vous en ai déjà rendu compte,
01:14plusieurs d'entre elles ont été attribuées, et oui, ce risque, il existe, il est réel, et la menace a
01:19été rehaussée.
01:21Et donc face à ça, on agit. Pour ce qui est des prix, nous sommes mobilisés et nous agissons.
01:27Vraiment, c'est l'inverse qu'il faut comprendre de ce que j'ai dit. On agit ces derniers mois
01:31par les actions diplomatiques qu'on conduit pour pouvoir rouvrir.
01:34Nous ne sommes pas des parties prenantes à ce conflit. Ce n'est pas une action française ou européenne qui
01:38a conduit à fermer Hormuz.
01:39Donc à cet égard-là, on n'est pas au premier rang d'une action possible. On ne va pas
01:43arrêter un conflit qu'on a mené.
01:45Nous ne sommes pas ceux qui ont attaqué. Mais nous, on agit en proposant des solutions de déminage ou d
01:50'escorte, premier point.
01:51On agit en multipliant les approvisionnements et les accords de sécurisation, et ça, c'est très important,
01:57parce qu'il y a des pays cet été, l'été dernier, qui ont manqué de jet fuel et qui
02:00ont dû réguler leur trafic aérien.
02:02Nous, nous arrivons à les sécuriser, et donc cette action, elle est très importante pour que, justement,
02:08tout au long de l'hiver, on ait une sécurité d'approvisionnement.
02:11Cette sécurité d'approvisionnement ne se fera pas toute seule sur les produits les plus sensibles.
02:16Donc là, on agit. Ensuite, on agit en européen pour pouvoir produire plus, sécuriser davantage et trouver les flexibilités.
02:23Ça, c'est de l'action, avec, là aussi, un impact qui aura sur les prix.
02:27Et ce qu'on est en train de faire, à la fois à Hormuz et aux côtés de nos partenaires
02:32saoudiens sur Yambou,
02:34pour aider à ce que ça rouvre, ça a un impact, parce que, comme je le disais,
02:38la guerre a commencé fin février dernier. Il y a eu tout de suite un impact sur les prix.
02:42Mais on a réussi, quand le trafic avait repris ou qu'on avait trouvé des voies de contournement,
02:48à ce que les prix soient plus bas qu'aujourd'hui.
02:50Donc c'est ces efforts-là, qui ne sont pas le règlement complet de la guerre,
02:53mais l'accompagnement de ces efforts qui vont nous permettre de faire rebaisser les prix à la pompe.
02:57Donc ce qui est important de comprendre, c'est que nous sommes mobilisés,
03:01on aura des résultats sur la sécurité d'approvisionnement,
03:04comme les prix dans les semaines et les mois qui viennent.
03:06Mais on n'a pas la totalité du problème en main,
03:08parce que ce n'est pas nous qui détenons la clé d'Hormuz.
03:10Mais là-dessus, on agit.
03:12La France et l'Europe sont à la manœuvre, et nous pouvons faire des choses,
03:16et nous en avons fait ces dernières semaines.
03:18Parce qu'aussi, on est plutôt des vecteurs de paix,
03:20et qu'on a des partenaires qu'on a beaucoup engagés ces dernières années,
03:24qui sont aussi nos fournisseurs.
03:26Et comment on peut sécuriser les approvisionnements ?
03:28C'est parce qu'on a été aux côtés de l'Irak dès qu'elle est sortie de la guerre,
03:31en étant les premiers à faire la conférence de Bagdad.
03:34C'est parce que nous, on a mis des systèmes et qu'on a défendu
03:36les Émirats et les Qatar quand ils ont été attaqués il y a quelques mois.
03:39C'est parce qu'on avait ici l'Arabie saoudite et qu'on est aussi des partenaires.
03:43C'est grâce à ça qu'on sécurise nos approvisionnements.
03:46Donc ça, c'est notre action internationale européenne.
03:48Et puis le gouvernement, il agit aujourd'hui aussi
03:50pour accompagner les filières et les ménages,
03:53et il continuera de le faire dans les semaines et les mois qui viennent,
03:56mais en analysant la situation.
03:58Mais il ne faut pas que le débat public
03:59vienne tout de suite se concentrer
04:01en quelque sorte comme si la flambée des prix
04:05n'était que le résultat de décisions intérieures nationales.
04:07Ce n'est pas vrai.
04:09Et si on fait ça, on fera des erreurs extrêmement importantes
04:12et on va dépenser énormément d'argent public
04:14que nous n'avons pas
04:15pour régler une situation que nous subissons
04:18et que nous importons.
04:19Donc vous voyez bien que ce n'est pas la meilleure réponse.
04:23Et donc face à cette émotion, face à la colère,
04:25face parfois au désespoir qu'ont certaines familles
04:27et que je ressens avec eux
04:30parce que cette situation, elle est intenable,
04:33je veux leur dire qu'on agit
04:34et on peut avoir des résultats.
04:36Mais on agit avec méthode, en analysant la situation
04:39et en le faisant de la manière la plus efficace possible.
04:43Voilà.
04:44Je vous remercie beaucoup, mesdames et messieurs.
04:45J'aurai l'occasion, comme je l'ai dit,
04:47de revenir auprès de vous
04:48à l'issue des initiatives des prochains jours,
04:51sans doute en deuxième partie de semaine prochaine.
04:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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