Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 15 heures
Le 14 septembre, la commission d'enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire auditionnait Vincent Peillon, ancien ministre de l’Éducation nationale (mai 2012 – avril 2014). En juin 2026, le Sénat a lancé une commission d’enquête consacrée aux violences dans le périscolaire. La sénatrice LR de Paris Agnès Evren en est la rapporteure. La commission est née du scandale du périscolaire à Paris, révélé en avril 2026. Au 31 août 2026, 195 agents de la ville ont été suspendus, dont 74 pour violences sexuelles. Vincent Peillon a détaillé devant les sénateurs sa réforme des rythmes scolaires mise en place en 2013. Elle fait passer la semaine de quatre à quatre jours et demi en maternelle et en élémentaire. En 2017, un décret a permis aux maires d'y déroger. Cette réforme est décriée, car elle a fait soudainement augmenter les besoins des collectivités en animateurs périscolaires. Revivez leurs échanges. Année de Production :

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, bienvenue dans 100% Sénat, l'émission qui vous emmène au cœur du travail parlementaire.
00:00:16Les sénateurs poursuivent leurs travaux en commission avec cette commission d'enquête sur les violences commises dans le périscolaire.
00:00:22L'ancien ministre de l'éducation nationale de François Hollande, Vincent Péion, a été interrogé
00:00:27car il est l'artisan de la réforme des rythmes scolaires, une réforme qui a conduit à modifier le temps
00:00:33périscolaire.
00:00:34Vincent Péion a pointé notamment le manque de formation des animateurs. On regarde.
00:00:39Merci monsieur le ministre d'avoir répondu à la demande de participer à cette audition de notre commission de la
00:00:47culture, d'éducation et de la communication
00:00:49dans le cadre de cette mission de formation d'Agnès Séveraine et les rapporteurs
00:00:53et qui est doté du pouvoir d'une commission d'enquête.
00:00:59Donc nous entamons cette semaine avec de nombreuses auditions, dont celle de Vincent Péion,
00:01:04qui, vous le savez mes chers collègues, a été ministre de l'éducation nationale de 2012 à 2014.
00:01:10Monsieur le ministre, vous avez porté le programme de refondation de l'école républicaine.
00:01:15Parmi les nombreuses mesures que contenait ce programme, la réforme de la formation des enseignants,
00:01:23la création des réseaux d'éducation prioritaires, la mise en place d'un conseil supérieur des programmes,
00:01:29le dispositif plus de maîtres que de classes.
00:01:32Mais se trouve également dans votre programme et dans votre politique le retour de la semaine des 4 jours et
00:01:39demi.
00:01:39Il s'agissait alors de revenir sur le décret de 2008 qui avait instauré la semaine de 4 jours.
00:01:46L'un des aspects majeurs de cette nouvelle organisation de la semaine de l'élève du primaire
00:01:52était la mise en place d'activités en lien avec les collectivités territoriales et le secteur associatif.
00:01:59Vous aviez en effet indiqué à l'automne 2012 qu'aucun enfant ne sera hors de l'école avant 16h30.
00:02:07Cette réforme a ainsi profondément marqué le service public du pays scolaire en France
00:02:13et a participé à son développement dans de nombreuses communes.
00:02:18A la rentrée de 2014, date de la généralisation de la réforme,
00:02:21le nombre d'accueils pré-scolaires a bondi de 30% par rapport à l'année précédente.
00:02:26C'est la raison pour laquelle il nous a semblé important de vous auditionner.
00:02:32Je préside aujourd'hui cette séance à la demande du président Laffont retenu par ailleurs.
00:02:39Nous sommes ainsi partagés les très nombreuses auditions publiques que notre rapporteur a demandées.
00:02:45Avant de laisser la parole à notre rapporteur pour des questions liminaires,
00:02:51je rappelle qu'un faux témoignage devant notre mission d'information dotée des pouvoirs de commission d'enquête
00:02:56serait passible des peines prévues aux articles 434, 13, 14 et 15 du Code pénal.
00:03:03Je vous invite ainsi à prêter serment, M. le ministre, de dire toute la vérité,
00:03:08rien que la vérité, en levant la main droite et en disant « je le jure ».
00:03:12Je précise également qu'il vous appartient, le cas échéant, d'indiquer vos éventuels liens d'intérêts
00:03:17ou conflits d'intérêts en relation avec l'objet de la commission d'enquête.
00:03:22Je pense qu'il n'y en a pas.
00:03:23Enfin, cette audition est diffusée en direct sur le site Internet du Sénat.
00:03:27Je cède immédiatement à la parole à notre rapporteur, Annie Séverine.
00:03:33Merci, M. le Président.
00:03:35Merci à vous, M. le ministre, de votre présence aujourd'hui.
00:03:39Et je remercie également notre président de la commission, Laurent Laffont,
00:03:42d'avoir permis d'organiser ses auditions malgré la suspension parlementaire,
00:03:46puisque, comme vous le savez, les travaux du Sénat ne reprendront qu'au mois d'octobre.
00:03:50Alors, nous avons tenu, en effet, M. le ministre, à vous auditionner,
00:03:52parce que, vous le savez, le périscolaire est au cœur d'une crise majeure,
00:03:57avec des révélations qui ont été faites sur des violences commises contre des enfants
00:04:02dans des accueils périscolaires.
00:04:05Et ces révélations ont montré plusieurs dysfonctionnements qui se répètent d'ailleurs à l'échelle nationale
00:04:15en termes de recrutement, en termes de contrôle, en termes d'encadrement,
00:04:19en termes de formation, en termes d'organisation du périscolaire.
00:04:22Et donc, l'objectif de cette commission d'enquête, c'est justement d'examiner toute la chaîne de protection
00:04:27et d'établir un peu, comment dire, de se pencher sur les responsabilités des collectivités,
00:04:34de l'éducation nationale et, bien évidemment, de la police et de la justice.
00:04:40Parce que, comme je le répète souvent, Paris est un cas exceptionnel par l'ampleur des affaires,
00:04:44puisqu'il y a 235 enquêtes pénales.
00:04:46Mais pour autant, Paris n'est pas une exception.
00:04:48SOS Périscolaire, qui est ce collectif d'alertes de parents d'élèves,
00:04:53a identifié 73 départements concernés par des défaillances sur tous les sujets dont je parlais,
00:05:00formation, recrutement, contrôle, organisation du périscolaire.
00:05:03Et donc, nous allons vous poser des questions aujourd'hui,
00:05:07parce que, comme notre président de séance vient de le dire,
00:05:10vous avez été le ministre qui a porté la réforme des rythmes scolaires,
00:05:15avec le passage de la semaine de 4 jours à 4 jours et demi
00:05:18et la création des activités périscolaires.
00:05:21L'objectif affiché était pédagogique, mieux respecter les rythmes de l'enfant
00:05:25et alléger ses journées de classe.
00:05:29Si cette réforme n'est évidemment pas responsable des violences commises par certains adultes,
00:05:34elle a, il est vrai, et ça a été dit par Max Brisson à l'instant,
00:05:36profondément transformé l'organisation du temps de l'enfant et fait du périscolaire
00:05:41un moment éducatif à part entière, avec des dizaines de milliers d'enfants
00:05:46pris en charge chaque jour par des personnels qui ne relèvent pas directement de l'éducation nationale.
00:05:52Avec le recul, nous voulions donc vous poser plusieurs questions,
00:05:56et je vous pose la première, et naturellement, mes collègues ici présents
00:05:59vous poseront également des questions.
00:06:01D'abord, monsieur le ministre, sur la conception de la loi,
00:06:04selon vous, avait-on à l'époque suffisamment réfléchi à la question essentielle
00:06:09du recrutement et de la formation des agents.
00:06:12La mise en œuvre de la réforme a eu un double impact.
00:06:14D'une part, le nombre d'enfants fréquentant le périscolaire a fortement augmenté.
00:06:19Comme vous le signalez d'ailleurs dans vos réponses que vous m'avez adressées,
00:06:22je vous en remercie.
00:06:24Ce nombre a plus que doublé en quelques années.
00:06:26On est ainsi passé de 840 000 enfants de primaire qui fréquentent le périscolaire en 2012
00:06:32à 2,6 millions d'enfants en 2015-2016.
00:06:37D'autre part, un certain nombre de communes ont saisi l'occasion de cette réforme
00:06:41pour revoir l'organisation et les modalités de déclaration de leur périscolaire.
00:06:46En effet, les collectivités ont le choix, ou non, de déclarer leur périscolaire à la CAF
00:06:51pour le temps du matin, du midi et du soir.
00:06:55Et si elles le font, elles sont alors soumises à des critères de contrôle et de taux d'encadrement.
00:06:59Je prends l'exemple précis de Paris.
00:07:02Paris a fait passer le temps méridien à l'occasion de la réforme des rythmes scolaires
00:07:06sous le régime de l'accueil déclaré des mineurs.
00:07:09Et ce simple changement de régime déclaratif, sans modification significative
00:07:13du nombre d'enfants accueillis à la cantine, a conduit à y affecter 6 000 agents
00:07:18chaque jour au lieu de 5 700 en 2012.
00:07:22Par ailleurs, l'accueil périscolaire relève de la compétence des collectivités.
00:07:28Toutefois, face à cette évolution majeure qu'a représenté la réforme des rythmes scolaires,
00:07:32l'État les a-t-il suffisamment accompagnés, à la fois sur le plan financier et le plan humain ?
00:07:38Voilà mes deux premières questions.
00:07:42Monsieur le ministre.
00:07:46Merci, monsieur le président.
00:07:47Merci, madame la rapporteure.
00:07:49Messieurs les sénateurs,
00:07:52vous vous intéressez à un sujet, je dois dire, très difficile
00:07:58et certainement très douloureux
00:08:01pour de nombreuses familles,
00:08:03évidemment les enfants victimes,
00:08:06mais aussi, je dois dire, pour tous les personnels
00:08:08qui travaillent autour de l'enfance
00:08:10et qui sont, je crois aujourd'hui, profondément troublés et affectés
00:08:15par les révélations
00:08:16et les informations
00:08:18dont nous disposons maintenant.
00:08:22Je vous disais avant cette séance,
00:08:25madame la rapporteure,
00:08:26c'est en 1987
00:08:28que j'ai commencé à m'occuper
00:08:29dans une école normale d'instituteurs
00:08:31de la Nièvre, de l'enfance
00:08:32et de l'enfance en difficulté.
00:08:34Ces sujets existaient déjà.
00:08:37J'avais à la fois des enfants
00:08:39qui étaient maltraités,
00:08:40parfois c'est l'éducation nationale
00:08:42qui les repérait
00:08:43parce qu'ils étaient maltraités dans les familles.
00:08:46C'est aujourd'hui encore,
00:08:47la procureure vous l'a dit,
00:08:48près de 90% quand même
00:08:51des sujets.
00:08:52Et ça embolise aussi la chaîne pénale.
00:08:55C'est l'éducation nationale
00:08:57qui repérait ça
00:08:57avec les capacités qui sont la sienne,
00:09:00les siennes.
00:09:01Et c'était aussi
00:09:04des fonctionnaires
00:09:05qui n'étaient pas à la hauteur de leur mission
00:09:07et qui exerçaient sur leurs enfants,
00:09:09sur les enfants, des violences.
00:09:11Alors là, il faudrait aussi,
00:09:13parce que j'ai vu des émissions,
00:09:14j'ai écouté les propos,
00:09:15il faut, dans la tâche très difficile
00:09:17qui est la vôtre
00:09:18et qui sera de proposer des améliorations,
00:09:20faire très attention
00:09:21à ne pas amalgamer
00:09:23un certain nombre de violences,
00:09:25de ce que nous appelons des violences.
00:09:27Ce qui est terrible
00:09:28et ce sur quoi nous avons des signalements,
00:09:30il n'y a pas de difficultés.
00:09:31Ce sont des violences sexuelles
00:09:34à l'égard du mineur
00:09:35et puis des violences.
00:09:37Mais vous le savez,
00:09:39hausser le ton,
00:09:41parler plus fort,
00:09:41j'ai entendu certains exemples.
00:09:43Je me souviens d'avoir été
00:09:44à l'école primaire parisienne
00:09:45dans un très bon quartier
00:09:46dans les années,
00:09:47ça date un peu,
00:09:48j'aurais l'âge d'être sénateur aujourd'hui.
00:09:53On tendait les doigts
00:09:54pour recevoir des coups de règle.
00:09:56J'ai eu les oreilles rouges
00:09:57et j'ai été mis au coin.
00:09:58Bon, on voit bien
00:09:59ce que cela entraînerait aujourd'hui.
00:10:03Donc, il faut faire la part
00:10:05de ce qui est très grave,
00:10:07de ce qui l'est un peu moins
00:10:08et faire attention
00:10:09à ce qui relève
00:10:10de qualifications pénales
00:10:11ou d'autres formes
00:10:13de rappel à l'ordre.
00:10:16Je crois que ces situations
00:10:20sont donc,
00:10:21comme d'ailleurs toute l'histoire
00:10:22de l'enfance que vous devez connaître,
00:10:23sont des situations
00:10:24qui ne sont pas spécifiquement nouvelles,
00:10:27mais par rapport auxquelles
00:10:29nous progressons
00:10:30et nous avons une sensibilité accrue
00:10:32et nous ne tolérons plus
00:10:34un certain nombre de choses.
00:10:35La procureure vous a dit d'ailleurs
00:10:36que quand émerge
00:10:37un certain nombre de signalements,
00:10:39eh bien à ce moment-là,
00:10:40d'autres vont arriver
00:10:41et tant mieux.
00:10:42La parole se délivre
00:10:43comme sur des tas d'autres sujets
00:10:44que nous avons vécu
00:10:45ces dernières années,
00:10:45les violences faites aux femmes,
00:10:47etc.
00:10:48Pour moi, je vous le dis
00:10:49au fond, philosophiquement,
00:10:50étant donné mon engagement
00:10:52depuis maintenant près de 50 ans,
00:10:54il y a des gens
00:10:55qui contestent ces progrès.
00:10:56Et en disant,
00:10:57nous enquiquine avec tout ça.
00:10:58Je pense que c'est profondément
00:11:00un progrès.
00:11:01Et c'est pour ça
00:11:02que je réponds
00:11:02avec beaucoup de plaisir
00:11:03à votre commission,
00:11:05y compris dans ma maison de cœur
00:11:07et d'adoption
00:11:08qu'est l'éducation nationale.
00:11:10Nous devons,
00:11:10nous devons,
00:11:11c'est notre responsabilité,
00:11:13j'ai été fonctionnaire
00:11:14plus de 40 ans de ma vie,
00:11:15nous devons faire
00:11:16toute la lumière
00:11:17sur ces questions
00:11:18et donner des réponses
00:11:20les plus adaptées possibles
00:11:22au sujet qui se propose à nous.
00:11:24C'était vrai il y a 40 ans,
00:11:25où il y a commencé,
00:11:26c'est encore plus vrai aujourd'hui.
00:11:28Et là,
00:11:29la représentation nationale
00:11:30par votre intermédiaire
00:11:31a un rôle à jouer.
00:11:33Dans le contexte de 2012,
00:11:36et par rapport
00:11:37à la réforme
00:11:38des temps scolaires,
00:11:39c'est un sujet
00:11:40qui reste d'actualité
00:11:41parce que c'est un sujet,
00:11:43à mon avis,
00:11:43d'intérêt national.
00:11:45en 2012,
00:11:47il se fait que
00:11:48le temps scolaire
00:11:49est passé
00:11:50à 4 journées
00:11:51seulement depuis 4 ans,
00:11:54dans des conditions
00:11:55que nous n'avons pas
00:11:56à délibérer ici,
00:11:57mais qui ne sont pas
00:11:57d'une clarté absolue,
00:11:58y compris pour
00:11:59les principaux acteurs.
00:12:01Ça met la France
00:12:02dans une situation singulière.
00:12:04La France n'a que 144 jours
00:12:06d'école publique
00:12:07à donner à ses enfants.
00:12:09Aucun d'entre nous adultes
00:12:10n'a vécu
00:12:11un tel appauvrissement
00:12:12du temps public
00:12:13et du temps scolaire.
00:12:14Nous allions à l'école,
00:12:16au minimum,
00:12:17pour les plus jeunes,
00:12:184 jours et demi,
00:12:19mais pour les plus anciens,
00:12:205 jours.
00:12:21Et dans la plupart
00:12:22des pays du monde,
00:12:23c'est encore le cas,
00:12:24j'ai des petits-enfants
00:12:25qui vivent à l'étranger,
00:12:27certains vont à l'école
00:12:286 jours par semaine.
00:12:31La France se retrouve donc
00:12:33en train de décrocher,
00:12:35elle continue de le faire,
00:12:37d'ailleurs,
00:12:37dans les études internationales
00:12:39concernant les compétences
00:12:40fondamentales,
00:12:40et elle a une spécificité,
00:12:43un accroissement
00:12:43des inégalités
00:12:44que vous comprendrez aussitôt
00:12:46et qui est lié
00:12:46au temps scolaire.
00:12:48Lorsque l'État
00:12:49ou le service public
00:12:51ne prend pas en charge
00:12:52le temps des enfants,
00:12:53il convient que les familles
00:12:54le fassent.
00:12:55C'est ce qui se passe,
00:12:56par exemple,
00:12:56le mercredi matin libéré.
00:12:58Et là,
00:12:58vous l'avez vu dans les chiffres
00:12:59que j'ai d'ailleurs fournis
00:13:00à la rapporteure,
00:13:02nous avons la situation
00:13:03que ceux qui ont les moyens
00:13:04peuvent leur trouver
00:13:05des activités,
00:13:06et tant mieux.
00:13:07Mais ceux qui ne l'ont pas
00:13:08n'ont rien d'autre
00:13:09que la télévision
00:13:10et sont absents.
00:13:11Et donc,
00:13:12ce que signale l'OCDE
00:13:14en permanence dans les études,
00:13:15la France et le pays
00:13:16où il y a la corrélation
00:13:18la plus étroite
00:13:19entre le niveau social
00:13:20des parents
00:13:20et la réussite scolaire
00:13:21est liée aussi
00:13:22à cette question.
00:13:23Donc,
00:13:23défaut de performance globale,
00:13:25défaut d'excellence
00:13:27de nos élèves
00:13:28et accroissement
00:13:28des inégalités.
00:13:30Ce qui fait que ce sujet,
00:13:31quand j'arrive,
00:13:33étant moi-même,
00:13:34ça ne se fait plus beaucoup,
00:13:35mais un enseignant
00:13:37depuis plus de 20 ans
00:13:37ayant formé moi-même
00:13:38les instituteurs autrefois,
00:13:40comme je le rappelais,
00:13:41je suis dans la situation
00:13:43consensuelle
00:13:44où le ministre
00:13:44qui me précède,
00:13:45Luc Châtel,
00:13:46ayant vu le problème,
00:13:47a organisé
00:13:48une grande concertation.
00:13:50Cette concertation
00:13:51a conduit à dire
00:13:52qu'il faut revenir
00:13:53à la semaine
00:13:54de 4 jours et demi.
00:13:56Mme Tabarro,
00:13:57qui n'est pas plus
00:13:57que M. Châtel
00:13:59de ma famille politique,
00:14:01Mme Tabarro
00:14:02a, au nom du Parlement,
00:14:03mené une mission
00:14:04dans laquelle
00:14:04elle a des propos
00:14:05extrêmement sévères
00:14:06sur la semaine
00:14:07de 4 jours.
00:14:08L'Académie de médecine,
00:14:10elle n'est pas une bande
00:14:11de pinniclés,
00:14:12s'est prononcée
00:14:14en disant
00:14:14qu'il faut à tout prix
00:14:15revenir, etc.
00:14:16Et puis,
00:14:17le réseau
00:14:18des villes éducatives
00:14:19qui existe encore
00:14:20a réuni
00:14:21dans ce qu'on a appelé
00:14:22l'appel de Bobigny
00:14:24un certain nombre
00:14:25d'acteurs de l'école
00:14:26et du périscolaire,
00:14:27je pense aux grandes associations
00:14:28d'éducation populaire,
00:14:30mais il y avait aussi
00:14:31les syndicats,
00:14:31nous aurons l'occasion
00:14:32d'y revenir,
00:14:33pour dire
00:14:34qu'il faut à tout prix
00:14:35revenir à 4 jours et demi.
00:14:36Donc, cette question
00:14:37était, si vous voulez,
00:14:38d'une certaine façon
00:14:40acquise
00:14:41par l'ensemble
00:14:42de ceux
00:14:42qui s'intéressent,
00:14:43on va dire,
00:14:44à l'école.
00:14:45Et je n'ai eu d'ailleurs
00:14:46aucun débat
00:14:47de fond
00:14:48de contradiction
00:14:49avec les uns
00:14:50et les autres.
00:14:51Je note,
00:14:52parce que c'est intéressant
00:14:53sur le fonctionnement
00:14:54de notre pays,
00:14:55que les deux
00:14:56plus récentes consultations,
00:14:58celles à la demande
00:14:59de l'actuel président
00:15:00de la République
00:15:01du Comité économique,
00:15:03social et environnemental
00:15:04sur les rythmes
00:15:05de l'enfant,
00:15:06vous savez,
00:15:06on a tiré au sort
00:15:06150 personnes,
00:15:07etc.,
00:15:08comme ça se fait aujourd'hui,
00:15:10autour à une démocratie
00:15:11très ancienne,
00:15:12a conclu
00:15:13à 5 jours,
00:15:14plein,
00:15:15avec évidemment
00:15:16une réorganisation,
00:15:17on y viendra
00:15:17des temps pédagogiques.
00:15:19Et je lisais la semaine
00:15:20dernière,
00:15:21alors que vous m'aviez
00:15:22déjà convoqué,
00:15:22que le haut commissariat
00:15:23au plan,
00:15:24sans doute une instance
00:15:25tout à fait éclairée,
00:15:27après avoir travaillé
00:15:28sur ces questions,
00:15:28en venait aussi à dire
00:15:29qu'il faut à tout prix revenir
00:15:31à la semaine de 4 jours et demi.
00:15:32Bon,
00:15:33vous auditionnerez mon collègue
00:15:35Jean-Michel Blanquer,
00:15:36qui lui-même avait dit
00:15:37que ça n'a pas été fait
00:15:38dans l'intérêt des enfants,
00:15:39mais il est vrai que,
00:15:42suite à ce que nous avons fait
00:15:44entre 2012
00:15:45et pour ce qui me concerne 2014,
00:15:48tout le monde est d'accord,
00:15:49mais personne ne le fait.
00:15:52Alors pourquoi ?
00:15:53D'abord,
00:15:55je crois qu'il y a
00:15:56une petite difficulté
00:15:59à prioriser véritablement
00:16:01l'intérêt des enfants.
00:16:03Pour la première fois
00:16:04dans la loi française,
00:16:05j'avais inscrit,
00:16:05ce qui me semblait,
00:16:06je vous le dis,
00:16:07de strict bon sens,
00:16:08donc assez cartésien,
00:16:09la priorité aux primaires.
00:16:10Pourquoi ?
00:16:11Parce que les difficultés
00:16:12qu'on trouve
00:16:13et qui s'accroissent,
00:16:13vous l'avez vu
00:16:14avec les derniers résultats
00:16:15pizards au collège,
00:16:17eh bien,
00:16:17elles se préparent avant.
00:16:19Ça commence d'ailleurs
00:16:20dès la maternelle,
00:16:21dont j'ai refait les programmes,
00:16:22re à nouveau l'accueil
00:16:23des moins de trois ans
00:16:24pour le bain linguistique
00:16:25de ceux qui sont
00:16:26en milieu social défavorisés.
00:16:29Et évidemment,
00:16:30l'école primaire.
00:16:32Comment peut-on,
00:16:33dans notre pays,
00:16:35se gargariser
00:16:35de la priorité aux primaires
00:16:37alors qu'on n'accorde
00:16:38que 144 jours de classe
00:16:39aux primaires ?
00:16:40Vous voyez bien parfois
00:16:41que l'esprit
00:16:42ou la règle
00:16:44de non-contradiction
00:16:45n'est pas respectée
00:16:45par les plus hautes instances.
00:16:47On est contre
00:16:48la réduction du temps de travail,
00:16:49je peux le comprendre,
00:16:50je n'entre pas dans ces débats,
00:16:51mais pour les enfants,
00:16:52on est tout à fait pour.
00:16:54On est tout à fait pour.
00:16:55Et le monde entier
00:16:56nous regarde en disant
00:16:57qu'est-ce que c'est
00:16:58que cette affaire ?
00:16:59Nouveau non-respect
00:17:00de la règle
00:17:00de non-contradiction.
00:17:01Donc la priorité
00:17:02à un moment très difficile,
00:17:03c'est de se dire
00:17:04qu'il faut être capable
00:17:07de recruter des enseignants.
00:17:08Ce n'était déjà pas facile.
00:17:11Il faut mettre des enseignants
00:17:13devant les élèves.
00:17:14Pas facile.
00:17:15Il faut créer des dispositifs
00:17:17qui permettent,
00:17:18là où il y a des difficultés,
00:17:20d'y remédier
00:17:21le plus possible.
00:17:22À l'époque,
00:17:22c'était les réseaux d'aide
00:17:24qu'on appelait RASED
00:17:24et c'est le plus de maîtres
00:17:27de classe
00:17:27que nous avons mis en place
00:17:28et qui a été malheureusement
00:17:30supprimé sans aucune évaluation
00:17:31alors qu'il semblait fonctionner
00:17:34à l'agrément de tous.
00:17:35Et que nous avions déjà,
00:17:36à l'époque,
00:17:37des évaluations
00:17:38sur le dédoublement des CP
00:17:40puisque Luc Ferry
00:17:40en avait fait d'ailleurs en France
00:17:42une première expérimentation.
00:17:43J'avais lu deux études
00:17:44à l'étranger
00:17:45qui montraient
00:17:46que ce n'était pas inintéressant
00:17:48pour des tas de raisons
00:17:48mais que ce n'était pas
00:17:49une solution
00:17:50car justement
00:17:50on ne changeait pas
00:17:51les pédagogies.
00:17:52Enfin,
00:17:53ce qui est l'élément
00:17:55le plus important
00:17:56et qu'on va retrouver
00:17:56pour les éducateurs,
00:17:57c'est la formation des maîtres,
00:18:00ce qu'on appelle
00:18:00l'effet maître.
00:18:02Il faut savoir
00:18:02que dans toutes les études
00:18:04que nous avons de pédagogie
00:18:05et sur le résultat des élèves,
00:18:07ce qui fait le plus de différence
00:18:09c'est l'effet maître.
00:18:10Ça veut dire
00:18:11recruter des gens,
00:18:12bien les former.
00:18:13Je vous a dit
00:18:14que la chose suivante
00:18:15qui n'est pas assez dite
00:18:16de façon très simple
00:18:17donc je vous l'ai dit
00:18:17de façon très simple.
00:18:18J'ai quitté
00:18:19les écoles normales
00:18:20en 1990
00:18:21quand elles se sont transformées
00:18:22en IEFM.
00:18:24A l'école normale,
00:18:25au moment où je la quitte
00:18:26après la réforme
00:18:28Chevènement
00:18:28qui était tout à fait remarquable,
00:18:30recrutement à Bac plus 2,
00:18:32deux ans de formation professionnelle
00:18:34dans une école payée,
00:18:36des promotions de 30,
00:18:37bien encadrées
00:18:38à côté d'une école d'application
00:18:39et une alternance
00:18:41entre les cours théoriques
00:18:43que j'assurais pour la plupart
00:18:44et la pratique sur le terrain
00:18:46avec les maîtres formateurs.
00:18:47Et en deux ans,
00:18:48on pouvait avoir des gens
00:18:50qui étaient capables
00:18:50d'enseigner,
00:18:51à lire, écrire, compter, etc.
00:18:53Lorsqu'on a supprimé ça
00:18:55et confié aux universités
00:18:57cette formation des maîtres,
00:18:59on s'est trouvé
00:19:00dans une situation
00:19:01où,
00:19:02et je l'ai vu,
00:19:03y compris comme ministre
00:19:03sur le terrain
00:19:04quand j'ai mis en place
00:19:05les formations,
00:19:06quelqu'un qui fait
00:19:07une licence de biologie,
00:19:09une licence de géographie,
00:19:10est recruté,
00:19:11envoyé parfois directement
00:19:12dans une classe
00:19:14sans avoir eu
00:19:15la formation spécifique,
00:19:16la formation spécifique
00:19:18qu'il faut avoir
00:19:18pour enseigner en primaire.
00:19:20Tout l'enjeu
00:19:21pour ce pays
00:19:22qui reste d'actualité
00:19:24avec la réforme
00:19:24qu'avait souhaité
00:19:26un certain nombre de ministres,
00:19:27dont moi,
00:19:28qui a relancé Gabriel Attal
00:19:29et qui n'est toujours pas parvenu
00:19:30à bon port,
00:19:31mais que l'actuel ministre
00:19:32veut mener à bon port,
00:19:33c'est un recrutement
00:19:34à trois années,
00:19:36deux années de formation
00:19:37payée
00:19:38avec des stages
00:19:39sur le terrain
00:19:40et spécifiques.
00:19:41On n'enseigne pas
00:19:42les mathématiques
00:19:43en terminale
00:19:43comme on enseigne
00:19:44à lire et écrire
00:19:44et compter
00:19:45dans un CP.
00:19:46C'est un métier particulier.
00:19:48Et c'est là
00:19:49que les choses
00:19:49commencent à décrocher.
00:19:50Donc quand j'arrive,
00:19:52mon obsession,
00:19:54priorité aux primaires,
00:19:55essayer de remettre
00:19:56de l'excellence
00:19:57dans le système,
00:19:57un peu d'ordre aussi
00:19:58car nous avions déjà
00:19:59des désordres,
00:20:01laïcité et autres.
00:20:03Mais les deux grandes réformes,
00:20:05c'est la formation
00:20:06des enseignants,
00:20:07les ESPE.
00:20:09Il faut quand même
00:20:10imaginer que
00:20:10pas nécessaire
00:20:11s'était trouvé
00:20:13sous la contrainte
00:20:13de les supprimer.
00:20:14Et moi,
00:20:15j'ai la chance
00:20:16de pouvoir remettre
00:20:16y compris l'année de stage
00:20:17parce que dans les 60 000 postes
00:20:20que le président Hollande
00:20:21avait donnés à l'école
00:20:22et qui ont beaucoup compté
00:20:23dans le scrutin de 2012
00:20:24vu la situation à l'époque,
00:20:26eh bien en réalité,
00:20:27je n'ai pas besoin
00:20:27de tous ces postes.
00:20:28Donc j'en donne d'ailleurs
00:20:29aux supérieurs
00:20:30et j'en utilise immédiatement
00:20:31pour la formation
00:20:32des enseignants
00:20:33et l'année de stage
00:20:34que moi comme professeur
00:20:35j'avais eue
00:20:36et qui est absolument essentielle.
00:20:37Vous ne pouvez pas
00:20:38commencer votre première année
00:20:39après le cours
00:20:39à 18 heures de cours
00:20:41ou une classe pleine.
00:20:42Il faut se former.
00:20:43Et donc ça,
00:20:44c'est déjà quelques milliers
00:20:45de postes
00:20:46comme le dispositif
00:20:46plus de maître que de classe.
00:20:47Et puis,
00:20:48la réforme des temps scolaires
00:20:49qui n'est pas dans la loi
00:20:50de refondation,
00:20:51c'est le fond d'amorçage
00:20:52qui est un décret particulier
00:20:53pour essayer de redonner
00:20:54du temps scolaire
00:20:55aux enfants.
00:20:57Voilà.
00:20:58Alors,
00:20:59à partir de là,
00:21:00il y avait beaucoup
00:21:00d'autres sujets,
00:21:01le lycée professionnel,
00:21:03la liaison école-collège,
00:21:06l'arrivée du numérique
00:21:07et nous avons traité
00:21:08tous ces points.
00:21:09Mais l'axe central
00:21:10me semble être celui-là.
00:21:12Et donc,
00:21:13nous nous engageons
00:21:14dans la réforme
00:21:15des temps scolaires.
00:21:16Alors là,
00:21:17je dois vous dire,
00:21:19mais vous le savez,
00:21:20ça n'a pas été
00:21:21une partie de plaisir.
00:21:22D'abord,
00:21:23et c'est le seul point
00:21:25que je conteste
00:21:25du rapport du Sénat
00:21:26de 2017,
00:21:27qui est un rapport
00:21:28remarquable,
00:21:29et là encore,
00:21:29comme vous le savez,
00:21:30qui n'a pas été conduit,
00:21:31Gérard Longuet,
00:21:33l'ami Jean-Claude Carles,
00:21:34par des proches politiques.
00:21:36Ce rapport fait bien
00:21:37la part des choses,
00:21:38mais il commet une erreur,
00:21:39je crois.
00:21:40C'est qu'il dit
00:21:40qu'il n'y a pas eu
00:21:41de concertation.
00:21:42Et ça, je crois
00:21:43qu'il faut vraiment
00:21:43réfléchir à ça.
00:21:45Jamais une réforme
00:21:46n'a été autant concertée.
00:21:48Et c'est peut-être
00:21:49son point faible.
00:21:50Elle a été concertée,
00:21:51je viens de le dire,
00:21:52en amont,
00:21:53parce qu'il y avait eu
00:21:54des tas de commissions
00:21:55qui ont duré des mois,
00:21:56des années de consultations.
00:21:57J'ai noté d'ailleurs
00:21:58qu'on recommençait.
00:21:59On ne cesse
00:22:00de se concerter
00:22:01sur les rythmes scolaires.
00:22:02C'est eux, machin.
00:22:03Le problème,
00:22:03à un moment politique,
00:22:04c'est qu'il faut prendre
00:22:05des actes
00:22:06et avoir du courage.
00:22:08Donc, concertation maximum.
00:22:11Personnellement,
00:22:12étant appelé
00:22:13à ces fonctions,
00:22:13le sachant,
00:22:14j'avais consulté
00:22:15très en amont
00:22:16de 2012
00:22:17avec ceux qui m'entouraient,
00:22:19les principaux acteurs.
00:22:20consensus était établi,
00:22:22collectivité locale,
00:22:23conseils généraux
00:22:24qui sont très concernés
00:22:25par la question
00:22:25très épineuse
00:22:26des transports
00:22:27qui a été pour nous
00:22:27un très gros problème.
00:22:29Des petits problèmes
00:22:29comme ça en apparence
00:22:30de rien du tout
00:22:31deviennent des problèmes
00:22:32considérables
00:22:32quand il s'agit
00:22:34de mettre les choses
00:22:35en oeuvre.
00:22:35Et bien entendu,
00:22:36les syndicats d'enseignants.
00:22:39Avec des demandes
00:22:40toujours contradictoires
00:22:42car nous tombons
00:22:43sur cette vieille question
00:22:44comment construire
00:22:44un intérêt général
00:22:46en additionnant
00:22:47des intérêts particuliers.
00:22:48Ça peut être le problème
00:22:49des concertations.
00:22:50Alors des fois,
00:22:51ça déçoit les gens
00:22:52parce qu'on les concerte
00:22:52et qu'on ne sait pas
00:22:53ce qu'ils nous ont dit.
00:22:54Mais si on veut essayer
00:22:54de concilier tous les points de vue,
00:22:56on arrive parfois
00:22:56à amodier
00:22:57ou en tout cas
00:22:58à abîmer
00:22:59l'intérêt général.
00:23:01À ce moment-là,
00:23:02il a lancé
00:23:03une grande consultation
00:23:04à la demande
00:23:05du Premier ministre.
00:23:06Je n'étais pas
00:23:07totalement favorable
00:23:08pour vous dire tout.
00:23:09Qui prend l'été ?
00:23:10Je n'étais pas favorable
00:23:11pour une raison
00:23:12qui n'a jamais été dite.
00:23:13C'est que le SNIPP,
00:23:14syndicat enseignant du primaire,
00:23:15m'avait averti
00:23:17que 90%
00:23:18des hussards noirs
00:23:19de la République
00:23:19étaient des hussards,
00:23:21qu'elles avaient été
00:23:21recrutées à Bac plus 5,
00:23:23que la sociologie
00:23:23n'était plus la même
00:23:24et que beaucoup
00:23:25avaient choisi ce métier
00:23:26pour s'occuper
00:23:26de leurs enfants
00:23:27le mercredi matin.
00:23:28Et donc,
00:23:29ils auraient un problème.
00:23:30Ils étaient favorables
00:23:30pour des raisons pédagogiques.
00:23:32Ils avaient signé
00:23:32la plaie de Bobigny
00:23:33à la réforme,
00:23:34mais ils souhaitaient
00:23:35qu'elle se fasse vite
00:23:36et avec, évidemment,
00:23:38un accompagnement,
00:23:39j'y reviendrai,
00:23:40financier.
00:23:41rendre les choses dilatoires,
00:23:44complexifier considérablement,
00:23:45les maires ont eu
00:23:46à s'en rendre compte,
00:23:47le travail des syndicats
00:23:48sur le terrain
00:23:49avec les enseignants
00:23:49à qui nous demandions
00:23:51de revenir
00:23:52une demi-journée
00:23:53sans leur donner
00:23:54à quel métier
00:23:55on fait ça.
00:23:56Quoi que ce soit,
00:23:57j'ai obtenu
00:23:57au bout de quelques mois
00:23:58une prime de 400 euros.
00:23:59Donc,
00:24:00le Premier ministre,
00:24:00Jean-Marc Ayrault,
00:24:01décide qu'il y aura
00:24:02cette consultation.
00:24:02Elle est organisée
00:24:03de façon tout à fait considérable
00:24:05avec des centaines de personnes,
00:24:07tous les acteurs,
00:24:08donc vous voyez,
00:24:09concertation.
00:24:10Ce qui concerne l'enfant
00:24:11était présidé à l'époque,
00:24:12mais je l'avais pris
00:24:13en tant que médecin,
00:24:14elle n'était pas politique
00:24:14à l'époque,
00:24:15par Agnès Buzyn
00:24:16qui a d'ailleurs fait son travail
00:24:17de façon tout à fait remarquable
00:24:20et la réflexion
00:24:23sur les rites scolaires
00:24:24s'inscrit dans une réflexion
00:24:25sur l'enfant.
00:24:26Il y avait quatre grands groupes
00:24:27et c'était Christian Forestier
00:24:28que nous avons perdu malheureusement
00:24:29l'année dernière
00:24:31qui présidait cette affaire,
00:24:32lui qui l'avait déjà fait
00:24:34pour mon prédécesseur
00:24:36car contrairement à une idée
00:24:37souvent convenue,
00:24:38y compris sur ma propre personne,
00:24:40je crois à la continuité de l'État,
00:24:41tout n'est pas polémique
00:24:42et il me semblait judicieux
00:24:44ici comme ailleurs
00:24:45de poursuivre une politique éducative
00:24:46et de montrer
00:24:47que ce n'était pas systématiquement,
00:24:49cela a été un peu après mon départ,
00:24:50la chasse aux sorcières.
00:24:52Et donc,
00:24:52j'avais demandé à Christian Forestier,
00:24:54d'autant plus que le temps
00:24:56des réformes scolaires
00:24:56est un temps à dix ou quinze ans.
00:24:58Il n'y a pas un pays
00:24:59qui a réussi sa mue éducative
00:25:00qui n'a pas inscrit
00:25:01une action dans la durée.
00:25:03On pensait d'ailleurs
00:25:04que j'aurais du temps à l'époque.
00:25:06Donc,
00:25:07nous nous trouvons
00:25:07dans cette grande concertation
00:25:11et nous répondons
00:25:12à un certain nombre de demandes.
00:25:14Maintenant,
00:25:15j'en viens à votre sujet
00:25:16de préoccupation,
00:25:17est-ce que les gens
00:25:17se rendaient compte
00:25:18que nous allions modifier totalement ?
00:25:20Évidemment.
00:25:21Et d'ailleurs,
00:25:22nos amis les maires
00:25:23dont je dois dire aujourd'hui,
00:25:25moi,
00:25:25je n'ai jamais été élu local,
00:25:26tout le monde me voit comme...
00:25:28ont été absolument remarquables,
00:25:31époustouflants.
00:25:32Ils ont été mes interlocuteurs
00:25:34les plus sérieux
00:25:34sur la chose éducative.
00:25:36Et d'ailleurs,
00:25:37lisez le communiqué
00:25:38de l'Association des maires de France,
00:25:40je crois qu'il est en 14 ou 15 points,
00:25:43suite à leur consultation,
00:25:44de 4 000 maires
00:25:45s'étant engagés
00:25:46dès début 2013,
00:25:47donc avant le congrès de novembre,
00:25:48dans la réforme,
00:25:50tous les points
00:25:50qui pouvaient soucier un ministre
00:25:52connaissant à peu près son affaire
00:25:53et ses collaborateurs,
00:25:55tous les points sont notés.
00:25:56Jamais sur un ton
00:25:57vindicatif, négatif,
00:25:59les maires étaient
00:26:00pour cette réforme,
00:26:02mais ils demandaient
00:26:03qu'on les accompagne
00:26:04et qu'on leur donne
00:26:05les conditions de la réussite.
00:26:07Parmi les conditions
00:26:08de la réussite,
00:26:09Madame Evren,
00:26:09c'est un sujet
00:26:10qui vous préoccupe
00:26:11à juste titre,
00:26:12il y avait cette question
00:26:13des taux d'encadrement
00:26:14des animateurs.
00:26:15Donc nous savions
00:26:16que nous avions un problème,
00:26:17il est tellement évident,
00:26:18il est arithmétique,
00:26:21de recrutement,
00:26:22d'encadrement,
00:26:24de formation
00:26:26des animateurs.
00:26:27Les associations
00:26:30accompagnatrices
00:26:30de l'école
00:26:31qui sont nombreuses
00:26:31dans ce pays,
00:26:32les CEMEA,
00:26:34les Hauts-Lagrange,
00:26:35la Ligue de l'enseignement,
00:26:37enfin tout ce que vous voulez,
00:26:38avaient été mobilisées
00:26:39spécifiquement,
00:26:40y compris,
00:26:41j'étais allé les rencontrer
00:26:42individuellement
00:26:43et je leur avais demandé
00:26:44de s'engager.
00:26:46Les CAF ont eu au début,
00:26:48donc les caisses
00:26:49d'allocations familiales
00:26:50chargées évidemment
00:26:53d'accompagner ce mouvement
00:26:54et de dispenser de l'argent,
00:26:57étaient assez,
00:26:59comment dirais-je,
00:27:00à la fois les mieux informés
00:27:03et pas les plus récalcitrantes,
00:27:05ce ne serait pas le terme,
00:27:06mais les plus inquiètes,
00:27:07disons,
00:27:07d'un certain nombre d'évolutions.
00:27:08Les demandes des maires,
00:27:10je les ai mises
00:27:10dans les questions
00:27:11que je vous ai données
00:27:11pour que les choses soient claires
00:27:13face à l'histoire,
00:27:14étaient de deux ordres.
00:27:15l'argent,
00:27:16absolument légitime,
00:27:18absolument légitime.
00:27:19On ne peut pas dire
00:27:21nous allons nous occuper
00:27:22des enfants dans public
00:27:24et ne pas mettre d'argent.
00:27:26J'ai eu à batailler très dur
00:27:28pour obtenir 300 millions d'euros.
00:27:30Je dis aujourd'hui
00:27:31que cette somme était
00:27:33absolument ridicule
00:27:34par rapport aux besoins.
00:27:36Les estimations minimums,
00:27:38vous savez d'ailleurs
00:27:39celles de mon prédécesseur,
00:27:40étaient d'un milliard.
00:27:42En réalité,
00:27:43vous voyez aujourd'hui,
00:27:44vous entendez les chiffres valsés,
00:27:45vous voyez ce qu'est
00:27:46la dette française,
00:27:46vous vous interrogez,
00:27:47j'ai appartenu à la Cour des comptes
00:27:49les cinq dernières années
00:27:50sur la dépense,
00:27:52300 millions pour tous
00:27:53les enfants de France
00:27:54s'occuper d'eux
00:27:55en dehors du temps scolaire,
00:27:56ça n'était pas
00:27:57la bonne dimension.
00:27:58Et ça nous a coûté très cher
00:28:00et ça nous coûte encore
00:28:01très cher.
00:28:02Car une réforme ratée,
00:28:03malheureusement,
00:28:04eh bien, elle aubert.
00:28:05Après, tout le monde a peur
00:28:06d'y revenir.
00:28:07Et donc, les enfants
00:28:08sont livrés dans ce pays,
00:28:09il faut le dire,
00:28:09à eux-mêmes.
00:28:11On s'en occupe 144 jours par an,
00:28:14dans de très mauvaises
00:28:14journées de classe
00:28:15et le reste du temps,
00:28:17débrouillez-vous.
00:28:18Il n'y a pas un pays du monde
00:28:18qui fait ça.
00:28:19Notre avenir est sacrifié.
00:28:22Alors,
00:28:23la première chose
00:28:24que demandent les maires,
00:28:25c'est de l'argent.
00:28:26Nous obtenons 50 euros
00:28:27pour tous,
00:28:2740 pour ceux qui sont
00:28:28en dotation de solidarité
00:28:29urbaine ou rurale,
00:28:31spécifique,
00:28:32sans jamais,
00:28:32c'est la bagarre
00:28:33que demandent les maires,
00:28:34on l'irait leur communiquer,
00:28:35je les ai communiqués aussi,
00:28:38pour dire que ça va être pérennisé,
00:28:40l'État a du mal.
00:28:41Merci et Récalcitrant,
00:28:43et d'ailleurs,
00:28:43le président Macron
00:28:45a définitivement tué
00:28:46cette réforme,
00:28:47le jour où il a dit
00:28:47que ça ne sera pas pérennisé,
00:28:49c'est-à-dire,
00:28:50je crois,
00:28:50en 2019,
00:28:51après l'avoir déjà abîmé
00:28:53par le décret de 2017.
00:28:54Donc,
00:28:55cette affaire a été réglée.
00:28:56Vous ne pouvez pas demander
00:28:57à un maire,
00:28:58et alors,
00:28:59imaginez
00:28:59ce que le rapport
00:29:00Cartron,
00:29:01sénatrice,
00:29:02vice-présidente du Sénat,
00:29:03remis au Premier ministre,
00:29:04montrait,
00:29:04les efforts faits
00:29:05par les maires
00:29:06pour être au rendez-vous
00:29:07de 2013 et 2014.
00:29:09Moi,
00:29:10j'ai vu,
00:29:10y compris les maires ruraux,
00:29:12à l'époque,
00:29:13qui voyageaient beaucoup avec moi,
00:29:14on allait sur le terrain,
00:29:15des gens faire des choses
00:29:17éblouissantes,
00:29:18parce que le maire
00:29:19qui est dans son village,
00:29:20dans sa ville,
00:29:21il connaît ses administrés,
00:29:23il les aime,
00:29:24il veut le bien.
00:29:25Il y a quelques exceptions.
00:29:26J'ai croisé
00:29:26quelques grands maires de France
00:29:27qui m'ont dit des choses
00:29:28que je ne répéterai pas ici,
00:29:29qui étaient honteuses.
00:29:30Mais globalement,
00:29:31la grande majorité des maires
00:29:33et souvent de communes,
00:29:35soit rurales,
00:29:36ce n'était pas facile,
00:29:37et c'est bien montré
00:29:38dans le rapport Cartron,
00:29:39d'ailleurs,
00:29:39ils ont été imaginatifs,
00:29:40ils se sont mis en réseau,
00:29:41ils ont trouvé des...
00:29:42et ils ont mis en place
00:29:43des activités périscolaires.
00:29:45Ils avaient un avantage
00:29:47sur la ville,
00:29:47souvent,
00:29:48madame la rapporteure,
00:29:50c'est qu'ils avaient des locaux,
00:29:51parce qu'il faudra
00:29:52qu'on parle aussi
00:29:52de cette question
00:29:53qui est la difficulté
00:29:55auxquelles on n'avait pas
00:29:56suffisamment songé,
00:29:57peut-être,
00:29:57ou en tout cas,
00:29:58qui était difficile
00:29:58à surmonter
00:29:59dans un certain nombre d'endroits,
00:30:00et on a vu les querelles
00:30:01de partage
00:30:02sur les locaux.
00:30:03Donc,
00:30:04de l'argent,
00:30:04ça fut très largement insuffisant
00:30:06et jamais sécurisant,
00:30:08puisque ça n'était pas
00:30:09prolongé dans le temps.
00:30:10Et puis,
00:30:11deuxièmement,
00:30:11sur la filière
00:30:12des accompagnateurs,
00:30:17des éducateurs,
00:30:18c'était la demande des maires
00:30:19que nous changions
00:30:20les taux d'encadrement,
00:30:22à la fois pour les moins
00:30:23de 6 ans
00:30:24et les plus.
00:30:26Nous l'avons fait,
00:30:27la pédale sur le frein,
00:30:29dans l'idée que c'était
00:30:30un peu comme fond d'amorçage,
00:30:31c'était un amorçage,
00:30:32une réforme,
00:30:33il faut la lancer,
00:30:34ils en avaient besoin,
00:30:35mais nous ne l'avons pas
00:30:36inscrit dans le marbre
00:30:37en disant,
00:30:37nous y reviendrons
00:30:38quand la filière
00:30:39de formation,
00:30:39de recrutement,
00:30:41vous verrez d'ailleurs,
00:30:41je vous ai envoyé des textes,
00:30:42y compris des associations
00:30:43qui disent,
00:30:44on va recruter,
00:30:45on va former,
00:30:45elle est bafale,
00:30:46etc.,
00:30:47se sera mis en place.
00:30:49Voilà ce qu'étaient
00:30:50les demandes des maires
00:30:51qui ont été exaucées.
00:30:53Vous avez,
00:30:53je ne l'ai pas mis
00:30:54dans ce que je vous ai envoyé,
00:30:55c'est monté,
00:30:56la décision finale
00:30:57que j'avais évidemment négociée
00:30:58a été portée par Jean-Marc Ayrault,
00:31:00le Premier ministre lui-même,
00:31:01dans un entretien avec Pélissard
00:31:02et vous avez un communiqué
00:31:03de presse à la sortie
00:31:04qui dit,
00:31:04voilà les deux points,
00:31:05mais bon,
00:31:06je vous ai redonné le point,
00:31:07nous avons obtenu
00:31:08les taux d'encadrement,
00:31:09nous avons obtenu l'argent.
00:31:10Et d'ailleurs,
00:31:11ma visite au Congrès des maires
00:31:12de novembre 2013,
00:31:13que tout le monde appréhendait,
00:31:15personne à part moi
00:31:15ne voulait y aller,
00:31:17se finit tout à fait agréablement.
00:31:20Je vous ai d'ailleurs communiqué
00:31:21les tables rondes
00:31:23présidées par Waron et Gennevard
00:31:25à l'époque
00:31:26qui ont été d'une qualité,
00:31:27je le redis,
00:31:28tout à fait remarquable.
00:31:29On n'était pas dans la polémique,
00:31:30mais dans régler les problèmes.
00:31:32Je voudrais quand même
00:31:33attirer vos attentions
00:31:34et je vais me taire,
00:31:35parce que c'est le grand danger,
00:31:36c'est que je ne peux pas me taire,
00:31:38sur une chose.
00:31:39Vous dites,
00:31:40suivez,
00:31:40le grand malheur de cette affaire
00:31:42dont je m'étais ouvert
00:31:43au président de la République
00:31:44et au Premier ministre,
00:31:45c'est que je suis le ministre
00:31:46de l'Éducation nationale.
00:31:47C'est la passion de ma vie,
00:31:49vous le savez sans doute,
00:31:50et j'ai une approche
00:31:52qui vient de très loin,
00:31:54qui est de l'instruction.
00:31:56Quand Chevelman refait
00:31:57les instructions officielles,
00:32:00pour la maternelle,
00:32:01vous lirez,
00:32:01la première phrase,
00:32:02c'est l'école,
00:32:03en instruisant,
00:32:04éduque à la liberté.
00:32:05J'ai commenté cette phrase
00:32:06devant des instituteurs
00:32:07pendant des années,
00:32:08je peux faire une année
00:32:08sur cette phrase,
00:32:09évidemment,
00:32:09tout est dedans.
00:32:10Je n'ai jamais séparé
00:32:11l'instruction de l'Éducation.
00:32:13Comme ministre
00:32:14de l'Éducation nationale,
00:32:15je suis convaincu
00:32:16que mon travail,
00:32:17je vous l'ai dit,
00:32:18c'est d'améliorer
00:32:19le niveau scolaire
00:32:20de tous les enfants de France.
00:32:21Car en France,
00:32:22on croit qu'il faut
00:32:22une petite élite
00:32:23contre les autres.
00:32:24Non,
00:32:24les pays qui réussissent
00:32:25le mieux
00:32:25ont des élites larges,
00:32:27plus larges que les nôtres,
00:32:28et c'est tout le monde
00:32:29qui progresse ensemble.
00:32:30Ce n'est pas l'excellence
00:32:32contre la masse,
00:32:33c'est tout le monde.
00:32:35Mais mon problème,
00:32:35c'est le mercredi matin,
00:32:36c'est le temps scolaire.
00:32:38Vous savez que nous avons
00:32:38plus d'heures
00:32:39d'apprentissages fondamentaux
00:32:40en France
00:32:41que dans les pays
00:32:42qui nous entourent.
00:32:43Presque 200 heures
00:32:44avec certains pays.
00:32:45Nous n'avons pas
00:32:46un défaut de lire,
00:32:47écrire, compter
00:32:47en termes de temps.
00:32:49C'est en termes
00:32:49de méthode d'apprentissage
00:32:51et c'est en termes
00:32:52de qualité du temps scolaire.
00:32:54Évidemment,
00:32:56moi,
00:32:56j'ai assisté à ça.
00:32:57Des cours de lecture
00:32:58ou de mathématiques
00:32:58à 16 heures
00:32:59en fin d'après-midi
00:33:01sur des enfants
00:33:01de 7 ans ou 6 ans.
00:33:02Après une journée,
00:33:03ils se lèvent tôt,
00:33:04etc.
00:33:04Ça n'a aucun sens.
00:33:06Donc moi,
00:33:07mon objet,
00:33:07c'était la reconquête
00:33:08du mercredi matin.
00:33:10Et évidemment,
00:33:11si j'habitais au pays
00:33:12des bisounounours,
00:33:13j'aurais fait même
00:33:13encore beaucoup plus.
00:33:15Mais déjà,
00:33:15le mercredi matin,
00:33:16pas comme temps périscolaire.
00:33:18C'est avant
00:33:18que c'était du temps
00:33:19laissé aux familles.
00:33:20Moi,
00:33:20c'est la reconquête
00:33:21républicaine et publique
00:33:22d'un temps scolaire,
00:33:24pas périscolaire.
00:33:26Mais vu que c'est compliqué,
00:33:27le ministre
00:33:28de l'Éducation nationale
00:33:29se retrouve,
00:33:29et c'est là
00:33:30que je m'adresse
00:33:30au président
00:33:30et au Premier ministre,
00:33:32à devenir le ministre
00:33:34du périscolaire.
00:33:35Tout le monde
00:33:35ne m'interroge jamais
00:33:36sur la formation
00:33:37des enseignants.
00:33:37C'est ma spécialité.
00:33:38Je suis le seul ministre
00:33:39qui a enseigné
00:33:39aux instituteurs
00:33:40dans ce pays
00:33:41il y a 30 ou 40 ans.
00:33:42C'est mon travail.
00:33:44J'étais psychologue
00:33:45de l'enfant,
00:33:45j'ai enseigné
00:33:46la psychologie cognitive,
00:33:47les apprentissages
00:33:48aux instituteurs,
00:33:49j'ai fait ça.
00:33:49Donc,
00:33:50ce qui est comme philosophe aussi,
00:33:51c'est ma préoccupation.
00:33:53Et on me parle
00:33:54en permanence
00:33:54des ateliers ceci,
00:33:55des ateliers cela,
00:33:56qui relèvent
00:33:57des collectivités locales.
00:33:58Au mois d'août
00:33:59de l'année 2012,
00:34:02après une querelle
00:34:03dans le Parti Socialiste
00:34:03qui avait mobilisé
00:34:04beaucoup d'esprits,
00:34:05je me tourne
00:34:06vers le Premier ministre
00:34:07et je lui dis
00:34:08que j'étais numéro 3
00:34:09du gouvernement
00:34:10étant donné
00:34:10la priorité aux scolaires,
00:34:12et je lui dis
00:34:13qu'il y a un problème,
00:34:13il faut faire
00:34:15une réunion
00:34:17interministérielle.
00:34:18Tout le monde
00:34:18est concerné,
00:34:19la ville,
00:34:20la culture,
00:34:20etc.
00:34:21Et le Premier ministre
00:34:22n'a jamais organisé
00:34:23cette réunion.
00:34:25Le ministère
00:34:25de l'Éducation nationale,
00:34:26j'ai joint pour vous parler
00:34:27encore d'anciens fonctionnaires,
00:34:29se retrouve
00:34:29à devoir gérer
00:34:30l'école,
00:34:31c'est quand même
00:34:31son job,
00:34:32mais en même temps
00:34:33la pré-école
00:34:34et il est le seul
00:34:35interlocuteur
00:34:36des collectivités locales,
00:34:37comme quand je vais
00:34:38au congrès de l'AMF
00:34:38où je suis le seul
00:34:39à discuter de ça
00:34:40avec les maires.
00:34:42Bon, tant mieux,
00:34:42j'aime bien discuter
00:34:43avec les maires.
00:34:43Enfin, c'est une curiosité,
00:34:45car le projet
00:34:46de réforme
00:34:47du temps scolaire,
00:34:47c'est un projet
00:34:49global
00:34:50qui concerne
00:34:51l'ensemble
00:34:52des temps de l'enfant,
00:34:53l'éducation nationale
00:34:54qui a assumé
00:34:55ses responsabilités
00:34:56et jusqu'au bout,
00:34:57il faut bien le dire,
00:34:57mais aussi tous les autres.
00:34:59Et d'ailleurs,
00:35:00politique de la ville,
00:35:01ministère de la culture,
00:35:02ministère de la jeunesse
00:35:02et des sports
00:35:03qui est signataire
00:35:04des PEDT
00:35:05et un certain nombre
00:35:06d'autres ministères
00:35:07qui voulaient évidemment,
00:35:08évidemment à l'intérieur
00:35:09avec les collectivités locales,
00:35:11participer à ce travail.
00:35:12Ça n'a pas été fait
00:35:13et je crois que ça a été
00:35:13un grand préjudice aussi.
00:35:15Il fallait que tout le monde
00:35:16s'engage
00:35:17et que les décisions
00:35:18soient prises
00:35:18au bon niveau.
00:35:20Le ministère
00:35:20de l'éducation nationale,
00:35:21je le dis dans la conclusion
00:35:22du texte,
00:35:23a été laissé un peu seul.
00:35:25Il fallait donner davantage
00:35:26de moyens aux enseignants
00:35:27et on avait le temps
00:35:28dans les ESPE
00:35:29de faire des maquettes
00:35:30de formation
00:35:31où ils pouvaient travailler
00:35:32avec les éducateurs
00:35:32qui est un problème de ce pays
00:35:33dont vous allez sans doute
00:35:34me parler.
00:35:35Il fallait donner plus d'argent
00:35:37aux communes
00:35:38et il fallait donner
00:35:39du temps à la réforme.
00:35:41Du temps,
00:35:41non pas pour la décider.
00:35:43En République,
00:35:44ce n'est pas du temps
00:35:44pour la décider
00:35:45et tout le monde va sur l'agora
00:35:46et on discute
00:35:47et chacun amène son.
00:35:48Du temps pour la mettre en oeuvre.
00:35:50Du temps pour la mettre en oeuvre.
00:35:51Et d'ailleurs,
00:35:52ça a été pour les communes
00:35:53quelque chose de terrible.
00:35:55Quand on repart en arrière,
00:35:57beaucoup de communes
00:35:58qui s'étaient engagées
00:35:59sont totalement désarçonnées
00:36:01puisqu'elles avaient fait
00:36:02un effort considérable.
00:36:03Je vous rappelle
00:36:03que plus de la moitié
00:36:04des communes de France
00:36:05ont fait des projets éducatifs
00:36:06du territoire.
00:36:07C'est une nouveauté terrible
00:36:08en termes de concertation.
00:36:10Et ça m'a coûté très cher
00:36:11avec les syndicats enseignants
00:36:12puisqu'on donnait
00:36:13aux collectivités locales
00:36:14un pouvoir
00:36:15qu'elles n'avaient pas jusque-là
00:36:16dans l'organisation
00:36:18de la vie des enfants,
00:36:19incluant l'éducation nationale
00:36:21dont ce n'était pas la culture.
00:36:22Donc tout le monde devait évoluer.
00:36:23Mais on se retrouve
00:36:24dans la situation
00:36:25où à ce moment-là,
00:36:28ces communes
00:36:29qui ont engagé de l'argent,
00:36:30qui ont totalement modifié
00:36:32leur mode d'organisation,
00:36:34qui ont recruté
00:36:35parfois des animateurs,
00:36:37qui sont en train
00:36:37de les former,
00:36:39se retrouvent à faire
00:36:40marche en arrière
00:36:40sous la pression aussi
00:36:41évidemment des parents
00:36:42et des enseignants.
00:36:43Donc c'est vraiment
00:36:44une réforme qui malheureusement,
00:36:46et c'est vraiment dommage
00:36:48pour le pays,
00:36:48n'a pas pu aller jusqu'au bout
00:36:50par le décret amont
00:36:52qui permettait des week-ends
00:36:54de deux jours et demi.
00:36:55C'est le pire en termes éducatifs.
00:36:56Les gens se sont rués.
00:36:57Nous sentons que les choses
00:36:59sont finies.
00:37:00Mon ami, collègue
00:37:01que vous avez auditionné
00:37:01en 2017,
00:37:03Jean-Paul Delahaye,
00:37:04qui a été directeur général
00:37:05de l'enseignement scolaire,
00:37:06démissionne.
00:37:07L'école, c'est sa passion.
00:37:09Il a commencé dans une école
00:37:10il y a 40 ou 50 ans,
00:37:12comme moi.
00:37:12Il n'a jamais quitté l'école.
00:37:14À partir de là,
00:37:15les choses ne cessent
00:37:15de détériorer
00:37:16avec des gens
00:37:16qui tiennent des discours,
00:37:17mais qui malheureusement,
00:37:18dans la plupart des cas,
00:37:19font l'inverse de ce qu'ils disent.
00:37:21Nous avons toujours
00:37:22144 jours
00:37:23d'état de concertation
00:37:24et on l'a vu encore
00:37:26avec les résultats PISA,
00:37:27même s'ils ne sont pas
00:37:27seulement français.
00:37:28Il y a vraiment
00:37:29un problème d'évolution générale
00:37:31et nous avons toujours
00:37:32le même décrochage
00:37:33et les mêmes inégalités.
00:37:34Donc cette question
00:37:35n'est pas derrière nous,
00:37:36et c'est là que vous serez utile.
00:37:37Elle est devant nous.
00:37:40Madame la Porte,
00:37:41pour d'autres questions.
00:37:42Merci, M. le ministre.
00:37:43C'était en effet très éclairant
00:37:45de vous entendre
00:37:46et de se replonger
00:37:47il y a 13 ans
00:37:48avec les chiffres de l'OCDE
00:37:49et les chiffres actuels de PISA.
00:37:51C'est-à-dire qu'encore aujourd'hui,
00:37:52on a un des systèmes éducatifs
00:37:54les plus inégalitaires
00:37:55au niveau européen
00:37:56puisque, encore hélas,
00:37:58trop de déterminismes sociaux
00:38:00pèsent sur notre système éducatif
00:38:02et sur l'avenir de nos jeunes.
00:38:03Et c'est pour moi un vrai sujet
00:38:05de voir à quel point aujourd'hui
00:38:06l'ascenseur social est resté en panne.
00:38:08Et donc, vous considérez-vous,
00:38:10dans votre vision du périscolaire,
00:38:11qu'en fait, ça n'est pas
00:38:12un temps de garde
00:38:13mais un temps éducatif.
00:38:15Si c'est un temps éducatif,
00:38:18alors pourquoi est-ce qu'il n'a pas
00:38:19les mêmes exigences
00:38:20en termes de qualification,
00:38:22en termes de formation,
00:38:25en termes d'encadrement, je dirais ?
00:38:30Pourquoi ?
00:38:31Pourquoi ?
00:38:32Je vais vous poser une question
00:38:33très, très importante.
00:38:34Ce n'est pas un temps éducatif
00:38:36au sens du temps scolaire.
00:38:37Vous, vous éduquez vos enfants,
00:38:38ce n'est pas un temps scolaire.
00:38:39Vous êtes quand même dans l'éducation,
00:38:40vous n'êtes pas dans l'instruction.
00:38:43Le temps périscolaire,
00:38:44donc les activités qu'on fait après,
00:38:46c'est comme quand vous amenez vos enfants,
00:38:47alors je vais faire des blagues,
00:38:48mais enfin,
00:38:49au poney,
00:38:50à la musique,
00:38:51etc.
00:38:51C'est-à-dire,
00:38:52ce n'est pas des instituteurs
00:38:53qui apprennent,
00:38:54ce sont des activités différentes,
00:38:56artistiques, sportives, etc.
00:38:57C'est ça que nous voulons,
00:38:58qui se font d'ailleurs
00:38:59dans beaucoup d'autres pays
00:39:00l'après-midi,
00:39:00c'est ça que nous voulions offrir
00:39:02aux enfants de France,
00:39:04que nous voulions.
00:39:05Mais vous l'avez dit vous-même,
00:39:06oui,
00:39:07sauf qu'on a multiplié par trois,
00:39:08ça a été détruit depuis.
00:39:09On commence à avoir des résultats
00:39:11et ceux qui viennent pour des raisons
00:39:12honnêtement très polémiques
00:39:13et idéologiques,
00:39:14parce qu'ils disent dans leurs déclarations
00:39:15qu'ils sont favorables
00:39:16aux quatre jours et demi,
00:39:17les suppriment,
00:39:18parce qu'ils ont peur,
00:39:19en fait,
00:39:19de ces mouvements qui sont nés.
00:39:20Ces mouvements sont nés
00:39:21et sont très importants,
00:39:22vous le savez,
00:39:23et a fait reculer tout le monde,
00:39:25y compris le gouvernement socialiste,
00:39:27qui explique mon départ.
00:39:28Ces mouvements sont nés
00:39:30des différentes raisons
00:39:31que j'ai essayé de vous exposer,
00:39:33c'est-à-dire les difficultés
00:39:34accumulées par le fait
00:39:36du manque de moyens,
00:39:37donc les difficultés
00:39:38dans lesquelles on mettait,
00:39:39le manque de volonté politique,
00:39:40sans doute,
00:39:40ça existe aussi
00:39:41pour les grandes réformes éducatives,
00:39:43pensons au collège unique,
00:39:44mais aussi l'absence
00:39:49de capacité
00:39:51à résoudre la question
00:39:52des enseignants.
00:39:53Car, dans ce que vous dites,
00:39:54justement,
00:39:54les enseignants sont très sensibles,
00:39:56ça n'est pas la même chose
00:39:57d'être professeur
00:39:57et d'être animateur.
00:39:59Et vous savez très bien,
00:40:00surtout vous qui êtes élu à Paris,
00:40:01qu'un des grands conflits
00:40:02où je suis allé
00:40:04avec le recteur de l'époque
00:40:05me confrontait dans des...
00:40:07C'était houleux,
00:40:09des centaines de gens
00:40:10qui relaient encore aujourd'hui.
00:40:11Quand je passe devant
00:40:11une école primaire parisienne,
00:40:13parfois, j'ai les colibés,
00:40:14je suis obligé de m'arrêter,
00:40:15de discuter,
00:40:16de leur expliquer.
00:40:17Parce qu'une des grandes questions
00:40:18pour les enseignants,
00:40:19qui est une question
00:40:20que je prends sérieux, moi,
00:40:21c'est la question
00:40:22de ne mélangeons pas
00:40:24les métiers.
00:40:25Nous avons déjà
00:40:26un problème de dignité.
00:40:28Vous nous payez mal.
00:40:29Vous nous recrutez
00:40:30n'importe comment
00:40:31ces dernières années.
00:40:32Et en plus,
00:40:32maintenant,
00:40:32vous nous prenez
00:40:33pour des animateurs,
00:40:34vous ne faites pas la différence.
00:40:35Si vous connaissez bien
00:40:36la maternelle,
00:40:37et je n'en doute pas,
00:40:38la salle de classe de maternelle,
00:40:39moi,
00:40:40qui est consacrée
00:40:41aux maternelles
00:40:41beaucoup de temps,
00:40:44comme professeur,
00:40:45pas comme ministre,
00:40:46mais après aussi,
00:40:47vous entrez dans une salle
00:40:48et vous voyez tout de suite
00:40:49le coin lecture.
00:40:50C'est une salle
00:40:51qui est organisée
00:40:52autour des apprentissages,
00:40:53les groupes,
00:40:54etc.,
00:40:54parce que tout se construit.
00:40:57Et quand quelqu'un d'autre
00:40:58vient dans la salle
00:40:59qui n'a pas la même qualification
00:41:01sous,
00:41:02et qui n'est pas sous
00:41:03la responsabilité
00:41:04de l'enseignante,
00:41:04puisqu'elle a quitté la salle,
00:41:06là,
00:41:06on a eu des frictions terribles.
00:41:07Nous savions,
00:41:08comme quand on fait
00:41:09la jonction école-collège,
00:41:11où on doit réunir
00:41:11des capétiens,
00:41:12des agrégés.
00:41:12Il faut du temps
00:41:13pour changer les mentalités
00:41:14plus souvent
00:41:15qu'on ne s'en donne.
00:41:16Mais il y avait
00:41:17quelque chose à faire
00:41:18comme ça se fait ailleurs.
00:41:19Il faut respecter
00:41:20les enseignants.
00:41:22Il fallait trouver
00:41:22toutes les solutions possibles.
00:41:23Mais il faut aussi
00:41:24respecter les animateurs.
00:41:26Parce que comment
00:41:27on ferait
00:41:27pour ne pas respecter
00:41:28des gens
00:41:29à qui nous confions
00:41:29nos enfants ?
00:41:30Je suis grand-père
00:41:30et père de jeunes enfants.
00:41:32Et donc,
00:41:32je les confie
00:41:33dans la ville de Paris
00:41:34à des animateurs
00:41:34toutes les semaines.
00:41:35Pas respecter des gens
00:41:36à qui nous confions
00:41:37des enfants de 3 ans,
00:41:384 ans,
00:41:385 ans,
00:41:396 ans.
00:41:39Il y a des défaillances.
00:41:41Vous allez les identifier,
00:41:43vous allez proposer
00:41:44des remèdes.
00:41:44Mais il y a aussi
00:41:45des centaines de milliers,
00:41:46le ministre actuel
00:41:47l'a rappelé à juste titre,
00:41:49d'animateurs
00:41:50qui font excellemment
00:41:51leur travail,
00:41:52comme dans tous
00:41:52les services publics
00:41:53français d'ailleurs,
00:41:54et dans les crèches aussi.
00:41:56Donc,
00:41:56il ne faut pas jeter
00:41:57sur tous le propre.
00:41:59Le problème
00:42:00que vous dites
00:42:01est juste.
00:42:02C'est-à-dire,
00:42:03dans ce pays,
00:42:04on ne comprend pas,
00:42:05on a parlé
00:42:05de la formation
00:42:06des enseignants,
00:42:06il faut y revenir.
00:42:07C'est un coût.
00:42:08Moi,
00:42:08j'avais heureusement
00:42:09la possibilité
00:42:10de mettre ces postes
00:42:12qui, d'ailleurs,
00:42:13ont été pris
00:42:13par mon successeur
00:42:14parce que lui,
00:42:15il n'avait pas de moyens
00:42:16pour la formation
00:42:17des enseignants.
00:42:18Mais il faut faire
00:42:19la même chose
00:42:19avec les éducateurs.
00:42:20Il faut que nous montions
00:42:22le niveau qualitatif
00:42:23de recrutement,
00:42:24ce qui veut dire,
00:42:25c'est terrible,
00:42:26vous allez examiner Paris,
00:42:28mais j'espère aussi Marseille
00:42:29et quelques autres cas
00:42:30qui étaient toujours
00:42:31aux quatre jours
00:42:31et dans lesquels
00:42:32il y a quelques histoires,
00:42:34ce qui veut dire,
00:42:36nom de Dieu,
00:42:36les payer,
00:42:38les considérer,
00:42:39les accompagner.
00:42:41Quel métier ?
00:42:42Vous avez des enfants.
00:42:44Vous allez dire
00:42:45à votre enfant
00:42:45au lieu qu'un petit peu
00:42:46tu vas devenir animateur.
00:42:48Moi, j'ai connu une époque,
00:42:49il y a 20 ou 30 ans,
00:42:50c'était un vrai métier.
00:42:52À l'époque,
00:42:52d'ailleurs,
00:42:53où ça changeait ce pays,
00:42:54il y avait des colonies
00:42:54de vacances.
00:42:55Tout ça a été fait strictement
00:42:57et les gens
00:42:57qui se consacraient
00:42:58à ces questions
00:42:59dans les réseaux aussi,
00:43:00d'ailleurs,
00:43:00beaucoup plus florissants
00:43:02à l'époque,
00:43:04péri-éducatifs,
00:43:05les grandes associations.
00:43:07Il faut revenir à ça.
00:43:08Dans la grande détresse française
00:43:10et les difficultés
00:43:11de nos enfants,
00:43:12il y a ces questions
00:43:12de tout le temps
00:43:13après la classe
00:43:14et je l'indique
00:43:15puisque je viens de dire
00:43:16au passage
00:43:16des colonies de vacances.
00:43:18C'est une catastrophe
00:43:20et ça devrait être
00:43:21une action pilotée
00:43:22au niveau
00:43:22d'un président
00:43:23de la République.
00:43:23on ne peut pas laisser
00:43:25les enfants de France
00:43:25deux mois
00:43:26au bas de leurs immeubles
00:43:27pour les quartiers populaires.
00:43:29Quand on partait
00:43:29dans le Vercors
00:43:30ou qu'on partait,
00:43:31etc.,
00:43:31qu'on sentait le chant
00:43:32des partisans
00:43:32et qu'on fréquentait
00:43:33des gens
00:43:33qui avaient une autre culture,
00:43:35des gamins devenus
00:43:36de milieux modestes
00:43:37vous disaient
00:43:37ça a changé ma vie.
00:43:39On m'a emmené au cinéma,
00:43:40on m'a fait lire un livre,
00:43:41on parle d'intégration
00:43:43tout le temps
00:43:43et on passe sa vie
00:43:44à séparer les gosses.
00:43:45C'est ça qu'on fait
00:43:46de plus en plus.
00:43:48Et on a tué
00:43:48ces colonies de vacances
00:43:49qui étaient comme
00:43:50le bon périscolaire
00:43:52un système.
00:43:53Donc,
00:43:54il faut requalifier,
00:43:56on est en train
00:43:57de le faire,
00:43:57nos enseignants,
00:43:58les revaloriser,
00:43:59rendre ce métier attractif,
00:44:01on ne s'en sortira
00:44:01pas autrement,
00:44:02mais il faut aussi
00:44:03avoir une vraie filière
00:44:05et j'espérais,
00:44:06honnêtement,
00:44:06il n'y a plus de dix ans
00:44:07que je suis parti,
00:44:08quand je lance ça,
00:44:09et d'ailleurs,
00:44:09je vous ai donné
00:44:10certains éléments,
00:44:11nous espérons
00:44:12que les gens
00:44:13vont prendre la mesure
00:44:15qu'il faut former
00:44:16des animateurs
00:44:17en France.
00:44:18Moi, je préfère dire
00:44:19des éducateurs
00:44:20c'est un métier
00:44:21qui suppose
00:44:21de connaître
00:44:21la psychologie
00:44:22de l'enfant,
00:44:23d'être contrôlé,
00:44:23etc.
00:44:25Je m'interromps
00:44:26parce que sinon,
00:44:26je ne vous laisse pas
00:44:27poser la question.
00:44:27Absolument,
00:44:28non, non,
00:44:28mais c'est très intéressant.
00:44:29Dernière question.
00:44:30Voilà,
00:44:31et après,
00:44:31je vais passer la parole,
00:44:32mais vous avez
00:44:33tout à fait raison,
00:44:34en fait,
00:44:35sur l'objectif
00:44:38de déprécarisation
00:44:39de ces animateurs
00:44:41qui, pour 90%,
00:44:42font un travail
00:44:43exceptionnel.
00:44:44C'est important
00:44:44de le redire.
00:44:45Sur les colonies
00:44:46de vacances,
00:44:47là aussi,
00:44:47je ne peux que
00:44:48vous donner raison.
00:44:48J'ai passé mon enfance,
00:44:50moi,
00:44:50j'ai grandi en banlieue
00:44:51à Fontenay-sous-Bois,
00:44:53dans une banlieue communiste,
00:44:55justement,
00:44:55où le maire
00:44:57proposait des colonies
00:44:58et je suis allée au ski.
00:45:00Enfin,
00:45:00c'était absolument essentiel
00:45:02et à l'époque,
00:45:02en effet,
00:45:03c'est là où j'ai
00:45:04beaucoup de tristesse
00:45:05vis-à-vis de certains parents
00:45:07qui craignent aujourd'hui
00:45:07pour l'intégrité physique
00:45:08de leur enfant
00:45:09quand ils les déposent
00:45:11dans un lieu sacré,
00:45:12c'est un lieu sacré,
00:45:13c'est l'école,
00:45:14quand bien même,
00:45:15et c'est ce que vous disiez,
00:45:15en fait,
00:45:16il y a ces directions
00:45:17bicéphales
00:45:17qui font qu'en fait,
00:45:19ce sont les mêmes locaux,
00:45:20mais avec des responsabilités
00:45:21juridiques totalement différentes
00:45:23où le scolaire
00:45:24dépend de l'éducation nationale
00:45:25et le périscolaire
00:45:26dépend des collectivités
00:45:27et qu'en fait,
00:45:28on sent bien
00:45:29qu'on n'arrive pas
00:45:29à faire projet commun
00:45:31et que quand tout va bien,
00:45:32il n'y a pas de sujet,
00:45:34mais ça cohabite,
00:45:35mais quand ça ne va pas bien,
00:45:36c'est là où parfois
00:45:37on assiste à ces zones grises,
00:45:38ces dilutions des responsabilités
00:45:40qui font que nous,
00:45:40ce qu'on veut,
00:45:41c'est terrasser
00:45:41justement toutes ces violences
00:45:43physiques, sexuelles et verbales
00:45:45à l'intérieur de l'école
00:45:47et il est vrai,
00:45:48tous ces pédocriminels
00:45:49qui profitent de ces interprisées
00:45:50de dilutions des responsabilités
00:45:53pour pouvoir agir.
00:45:55Donc, qu'est-ce que vous pensez
00:45:55justement de cette double responsabilité,
00:45:57de cette double casquette
00:45:58qui fait qu'on est
00:45:59dans un lieu sacré
00:46:00mais qu'on va expliquer aux parents
00:46:01qu'en fait,
00:46:02ça n'est pas de la responsabilité
00:46:03de l'éducation,
00:46:04les animateurs dépendent
00:46:05justement des collectivités,
00:46:08des mairies.
00:46:09Et pour les parents,
00:46:10c'est une frontière
00:46:10totalement artificielle.
00:46:12Ils ne la comprennent pas.
00:46:13Ils considèrent qu'au moment
00:46:14où l'enfant est déposé
00:46:16à l'école,
00:46:17il doit être en sécurité
00:46:19du matin au soir
00:46:21et peu importe
00:46:22les responsabilités juridiques.
00:46:23Comprenez que ça,
00:46:24pour les parents,
00:46:24c'est incompréhensible en fait.
00:46:28D'abord, je suis entièrement d'accord
00:46:29avec votre constat.
00:46:32On voit bien que nous avons un sujet...
00:46:35J'ai écouté vos précédentes auditions.
00:46:37J'ai été, vous le savez,
00:46:3818 ans parlementaire.
00:46:39Donc, je vois la difficulté
00:46:40de votre exercice.
00:46:42Votre objectif,
00:46:43c'est retisser la confiance.
00:46:44Pas pour du blabla,
00:46:46en trouvant les vrais points
00:46:48qui permettent
00:46:49qu'il y ait cette confiance
00:46:50qu'elle soit fondée.
00:46:51Le danger,
00:46:52quand on mène des commissions,
00:46:53j'ai présidé la mission
00:46:55la plus longue
00:46:55de la Vème République
00:46:56contre la délinquance financière,
00:46:59c'est que le rapport
00:47:01qu'on a aux institutions
00:47:02amène à accroître
00:47:03la perte de confiance.
00:47:04Donc, on a un chemin de crête
00:47:06entre se tourner vers les magistrats,
00:47:07les policiers,
00:47:08les enseignants,
00:47:08les institutions,
00:47:09dans le fond,
00:47:10et dire,
00:47:10il faut faire mieux,
00:47:11vous n'avez pas bien fait,
00:47:12et en même temps,
00:47:13retisser la confiance.
00:47:14Donc là, vraiment,
00:47:14c'est compliqué
00:47:17et vous aurez cette difficulté.
00:47:18Fondamentalement, je crois,
00:47:20vous savez,
00:47:20je vais vous prendre
00:47:20un exemple très simple.
00:47:23J'arrive à l'éducation nationale
00:47:24et je dis,
00:47:25moi, j'ai été professeur certifié,
00:47:26professeur agrégé,
00:47:27j'ai enseigné pour les instituteurs,
00:47:28j'ai enseigné à l'université.
00:47:30J'arrive, je dis,
00:47:31tout ça, c'est insensé.
00:47:32C'est le même enfant
00:47:33qui démarre
00:47:33et qui va aller au bout.
00:47:35Donc, arrêtez de ne pas vous parler.
00:47:36Donc, je ne veux plus
00:47:37que dans les réunions
00:47:37où le ministre arrive,
00:47:38il y ait les capétiens
00:47:39quelque part,
00:47:40les agrégés à côté,
00:47:41arrêtez cette ségrégation,
00:47:43je ne la veux pas à l'école,
00:47:43je ne la veux pas.
00:47:44Et chaque fois que j'allais
00:47:45quelque part,
00:47:46quelqu'un me rappelait récemment,
00:47:47je vais à Toulouse,
00:47:48il y a deux amphis pleins,
00:47:49c'est au moment
00:47:49où je remets en place la formation.
00:47:51Eh bien, les autorités locales
00:47:52ont mis dans un amphi
00:47:55les certifiés
00:47:56qui, eux,
00:47:57n'ont le droit
00:47:57qu'à la retranscription
00:47:59par télévision
00:47:59et dans l'autre,
00:48:00les agrégés
00:48:01qui bénéficient.
00:48:02Pourquoi je vous dis ça ?
00:48:03Parce que quand
00:48:04vous touchez
00:48:05à l'éducation nationale,
00:48:06vous touchez
00:48:06à l'esprit d'un pays,
00:48:08vous touchez aux racines,
00:48:09vous touchez aux mentalités.
00:48:10Donc, il y a ce que vous changez,
00:48:12les crayons,
00:48:13les programmes,
00:48:14les choses
00:48:15où vous pouvez décider comme ça,
00:48:16mais les mentalités,
00:48:17elles ne suivent pas nécessairement.
00:48:18Il faut beaucoup de temps.
00:48:20Et un des projets
00:48:21des ESPE
00:48:22et de la remise en place,
00:48:24c'est que nous savions
00:48:24que pour rapprocher
00:48:26les professeurs des écoles
00:48:29des animateurs,
00:48:30il fallait aussi modifier
00:48:31la formation.
00:48:32Vous comprenez ?
00:48:33Des professeurs des écoles
00:48:34pour qu'ils apprennent
00:48:36dans leur formation
00:48:37et nous l'avons fait
00:48:37avec Jean-Paul Delay
00:48:38et regarder les maquettes,
00:48:39à comprendre ce qu'est un éducateur,
00:48:41à voir comment on gère
00:48:42les temps différents,
00:48:43chacun à sa place.
00:48:44Je dis bien,
00:48:45je le redis,
00:48:45parce que sinon,
00:48:46ça ne marche pas.
00:48:47Ce n'est pas le même métier.
00:48:49Et d'ailleurs,
00:48:49dans la thèse,
00:48:50les enfants sont fatigués.
00:48:51Nous avons beaucoup entendu.
00:48:54Lorsque...
00:48:54Alors, il y a différentes études
00:48:55qui ont toutes relativisées,
00:48:56mais ce qui m'amusait moi,
00:48:58ce qui m'intéressait,
00:49:00non seulement la boulimie
00:49:01des parents,
00:49:02qui est de rajouter
00:49:03des activités,
00:49:03des activités aux enfants,
00:49:04pas nécessairement
00:49:05les coucher à la bonne heure
00:49:06le soir,
00:49:06mais lorsque nous avons mis
00:49:08en place les activités
00:49:09périscolaires,
00:49:10il y a eu une volonté
00:49:11de qualitatif.
00:49:12Alors, le gosse,
00:49:13il sortait,
00:49:14il avait échec
00:49:15pendant un quart d'heure,
00:49:16machin pendant un quart d'heure,
00:49:17parce que c'était au croisement
00:49:19de choses qu'on ne se savait pas gérer,
00:49:20de demandes parentales,
00:49:21de peur de ne pas être au niveau.
00:49:23Et donc,
00:49:23des enfants,
00:49:24où nous,
00:49:25nous comptions au contraire
00:49:25une respiration,
00:49:27un moment de repos
00:49:28par rapport aux apprentissages fondamentaux,
00:49:29mais on peut faire des choses,
00:49:31devenaient un moment
00:49:31où on les mobilisait
00:49:33exagérément.
00:49:34Donc,
00:49:34cette articulation
00:49:36que notre pays doit trouver,
00:49:37les autres pays l'ont trouvée,
00:49:38entre éducation et instruction,
00:49:40on va dire,
00:49:41entre éducateurs et professeurs,
00:49:43elle est à rechercher,
00:49:44elle est inévitable,
00:49:45parce que vous l'avez dit,
00:49:46elle est incompréhensible
00:49:47pour les parents.
00:49:48Donc,
00:49:48il faut bien le faire,
00:49:49mais ça suppose
00:49:50des évolutions lentes,
00:49:52et en particulier,
00:49:53de travailler avec le corps enseignant,
00:49:55les sécuriser,
00:49:56et leur donner toutes les garanties
00:49:57que leur métier
00:49:57n'est pas remis en cause.
00:49:59C'est pour ça d'ailleurs
00:50:00que la concertation
00:50:01avait été très difficile à Paris,
00:50:03parce que 80% des enseignants
00:50:05étaient archi-opposés
00:50:06à cette réforme.
00:50:09J'ai participé à des réunions,
00:50:11où, en fait,
00:50:12ils s'inquiétaient,
00:50:13en fait,
00:50:13de l'arrivée de personnels étrangers
00:50:15à l'éducation nationale,
00:50:16en fait.
00:50:17Il y a aussi,
00:50:18pour l'étape,
00:50:19des associations,
00:50:20où, en fait,
00:50:21c'était probablement,
00:50:22vous voyez,
00:50:22une inquiétude et une angoisse,
00:50:24je me suis replongée
00:50:25dans toute la reprise de l'époque,
00:50:26c'était un front uni du syndicat.
00:50:29Il y en avait déjà.
00:50:29Alors, il y a des choses,
00:50:30quand vous êtes en responsabilité,
00:50:31que vous devez entendre,
00:50:34et ce que vous dites là,
00:50:35il faut l'entendre.
00:50:36Il y a des choses
00:50:37qui étaient de nature
00:50:38très méprisante
00:50:39à l'égard des éducateurs,
00:50:41comme à l'égard,
00:50:42je vois maintenant,
00:50:42les ADSEM font le ménage
00:50:43dans les écoles.
00:50:44On profite pour vous poser
00:50:45la question de la formation aussi,
00:50:47M. le ministre.
00:50:48Je vous pose aussi la question
00:50:48de la formation et du BAFA.
00:50:50Alors,
00:50:50vous me posez la question
00:50:51de la formation.
00:50:52On a plutôt baissé,
00:50:53je le reconnais,
00:50:54à la demande,
00:50:55je le redis,
00:50:56les niveaux d'exigence,
00:50:57vous l'avez vu,
00:50:58à la fois sur le nombre,
00:51:01le taux d'encadrement
00:51:02et les diplômes
00:51:03qui permettaient
00:51:04d'encadrer
00:51:05des accueils collectifs.
00:51:07Et ça, c'était
00:51:08dans une version
00:51:08qui était provisoire
00:51:10pour amorcer cette réforme.
00:51:13Mais, vous savez,
00:51:15moi, j'ai l'expérience actuelle
00:51:16de vous ne pouvez pas
00:51:20précariser et maltraiter,
00:51:21on l'a dit au moment du Covid,
00:51:23la France qui vient de Seine-Saint-Denis,
00:51:25qui nous nettoie dans les hôpitaux
00:51:26quand on est malade,
00:51:27qui vide nos poubelles
00:51:28et qui s'occupe
00:51:29de garder nos mômes.
00:51:30On ne peut pas les traiter
00:51:31comme on les traite
00:51:32et après dire,
00:51:33ah, il y a des problèmes.
00:51:33Je ne dis pas du tout
00:51:34que c'est eux
00:51:34qui font les problèmes.
00:51:35Mais quand on comprendra
00:51:37dans ce pays
00:51:38que les gens
00:51:39qui font ces tâches essentielles
00:51:41doivent être payés
00:51:43normalement
00:51:43ou convenablement,
00:51:44parce que
00:51:46un des acquis
00:51:47des dix dernières années,
00:51:48si je peux me permettre,
00:51:49la théorie du ruissellement,
00:51:50c'est que ça ne marche pas.
00:51:51D'accord ?
00:51:51Ça marche à l'envers.
00:51:53Donc, il y a eu
00:51:53des enrichissements
00:51:54et des appauvrissements.
00:51:55On voit lesquels.
00:51:57Les classes laborieuses,
00:51:59on va parler comme ça
00:52:00à l'ancienne,
00:52:01les classes laborieuses
00:52:02qui font les travaux
00:52:03de soins
00:52:03auprès des personnes âgées.
00:52:05Scandale à venir,
00:52:05comme vous a dit
00:52:06la procureure.
00:52:06On a déjà eu le scandale,
00:52:07mais on en aura plus.
00:52:09L'accompagnement des enfants
00:52:10en situation de handicap.
00:52:11Je me souviens
00:52:12de m'être battu
00:52:12pour essayer de donner
00:52:13un statut.
00:52:14J'ai réussi
00:52:15même pas 5%
00:52:16de ce qu'on devait faire.
00:52:17Et depuis,
00:52:18c'est la même situation.
00:52:19Et vous voyez
00:52:19comment l'école inclusive
00:52:20pose des problèmes
00:52:21méga partout.
00:52:23Et les gens
00:52:24qui sont chargés
00:52:25de s'occuper
00:52:26de nos enfants,
00:52:26disons à partir de 15 heures
00:52:27dans un certain nombre de cas,
00:52:29mais enfin,
00:52:30ils doivent être qualifiés,
00:52:32observés,
00:52:33formation continue
00:52:34et payés décemment
00:52:35comme quand on exerce
00:52:36un métier de cette nature.
00:52:38Tant qu'on n'a pas fait ça,
00:52:39et je reconnais
00:52:40que ça n'a pas été fait,
00:52:41et je le regrette,
00:52:43et je pense d'ailleurs,
00:52:45je veux le redire,
00:52:47je pense que l'État
00:52:48a une responsabilité
00:52:49ou disons l'État
00:52:50dans sa version politique
00:52:51dans l'absence
00:52:52de continuité
00:52:53des politiques.
00:52:53Parce que nous savons tous
00:52:55quand on lutte
00:52:55contre le harcèlement,
00:52:56quand on veut améliorer
00:52:57les pratiques
00:52:58du numérique à l'école,
00:53:00quand on veut
00:53:03faire en sorte
00:53:04que l'école
00:53:05se rapproche
00:53:05de l'entreprise
00:53:06et en tout cas
00:53:06que les enfants
00:53:07des lycées professionnels
00:53:08n'aient jamais
00:53:09une réforme
00:53:10ces 2 ans,
00:53:113 ans,
00:53:114 ans,
00:53:115 ans.
00:53:12La formation
00:53:13des enseignants
00:53:13c'est aussi
00:53:1415 ans
00:53:15pour mettre en place
00:53:16une bonne formation
00:53:16des enseignants.
00:53:18Et là,
00:53:18tous les 2-3 ans,
00:53:19on avait le changement,
00:53:19je peux vous donner
00:53:20les textes,
00:53:21y compris sur le financement
00:53:22pour les collectivités locales,
00:53:23qui sont désappointées,
00:53:26désarçonnées,
00:53:26sans compter la complexité.
00:53:28Si vous lisez bien
00:53:28le rapport
00:53:29de Cartron,
00:53:30mais il y avait aussi
00:53:31le rapport du Sénat
00:53:31qui le dit bien,
00:53:34bagarre terrible
00:53:34pour essayer
00:53:35d'expliquer à certains,
00:53:36dont nos amis de la CAF,
00:53:38qu'ils pouvaient essayer
00:53:38de simplifier un tout petit peu,
00:53:40car c'est comme pour le RSA
00:53:41ou d'autres choses,
00:53:43il y a plein de gens
00:53:43qui y renonçaient,
00:53:44plein de mairies
00:53:45qui y renoncent
00:53:45parce qu'ils n'ont pas
00:53:46les moyens
00:53:47de faire les papiers
00:53:48pour obtenir les aides.
00:53:50Donc là,
00:53:51il faut mesurer
00:53:52qu'il faut du temps
00:53:53et si c'est une des conclusions
00:53:56parmi d'autres
00:53:57de votre commission,
00:53:58vous rendrez service au pays.
00:54:00Ces gens-là
00:54:01qui s'occupent des enfants
00:54:03en dehors des enseignants
00:54:05doivent être...
00:54:06Bien sûr,
00:54:06il faut les contrôler,
00:54:07mais en contrepartie
00:54:08et pour prendre les bons,
00:54:10parce que c'est une vraie question,
00:54:12il faut être capable
00:54:13de leur donner
00:54:13un statut,
00:54:15une formation
00:54:15et une formation,
00:54:17je le dis,
00:54:17ça concerne aussi les enseignants,
00:54:18même si on me dit
00:54:18que ça s'est un peu amélioré,
00:54:20une formation qui doit être continue
00:54:21sur les enfants.
00:54:22Il faut des rappels
00:54:22tout le temps,
00:54:23tout le temps,
00:54:23tout le temps.
00:54:24On ne prend pas des enfants
00:54:25quand on a 22 ans
00:54:26et puis on ne voit personne
00:54:26jusqu'à 60.
00:54:27Ça, ce n'est pas possible.
00:54:29Merci, monsieur le ministre.
00:54:30Monsieur le sénateur
00:54:31de Seine-Saint-Denis,
00:54:32Adelzienne.
00:54:35Merci, monsieur le président,
00:54:36madame la rapporteure.
00:54:37Monsieur le ministre,
00:54:38merci pour votre présence
00:54:39ce matin
00:54:40et d'avoir pris le temps
00:54:40de nous redonner
00:54:42des éléments de contexte
00:54:43sur la manière,
00:54:45les raisons,
00:54:45le pourquoi du comment
00:54:46cette réforme
00:54:47des rythmes scolaires,
00:54:48cette réforme
00:54:50du péris scolaire
00:54:51et pourquoi est-ce
00:54:52qu'à un moment donné,
00:54:53et moi,
00:54:53j'étais à l'époque
00:54:55habitant à Saint-Ouen,
00:54:56en Seine-Saint-Denis déjà,
00:54:57et cette question
00:54:58de la réforme
00:54:58des rythmes scolaires
00:54:59était venue aussi
00:55:00répondre à un besoin
00:55:01que nous voyons,
00:55:02que nous avions vu à l'époque,
00:55:03parce qu'il y avait
00:55:03cette problématique
00:55:04des 4 jours,
00:55:054 jours et demi.
00:55:05Vous avez beaucoup parlé
00:55:06des problématiques
00:55:07d'inégalité également,
00:55:09vous avez parlé bien sûr
00:55:10de la Seine-Saint-Denis,
00:55:11vous avez parlé
00:55:11du monde rural aussi
00:55:12où les maires
00:55:13étaient en attente,
00:55:14en besoin de réponses,
00:55:15d'accompagnement
00:55:16pour permettre
00:55:17à leur population,
00:55:18à leurs enfants
00:55:20d'obtenir des temps
00:55:22qui leur permettent,
00:55:23on a parlé d'éducatif,
00:55:24vous avez fait le lien
00:55:24entre péris scolaire
00:55:25et éducatif,
00:55:26mais ces moments
00:55:26d'émancipation,
00:55:27de compréhension,
00:55:28d'accès à la culture,
00:55:29d'accès à des activités
00:55:30sportives,
00:55:31qui sont des choses
00:55:33qui me parlent énormément,
00:55:34et de remettre en perspective
00:55:35cette démarche universelle,
00:55:36vous l'avez dit,
00:55:37pour que nous ayons
00:55:38cette promesse républicaine
00:55:39d'une école
00:55:39qui s'adresse à tous
00:55:40ses enfants,
00:55:41et vous avez parlé en creux
00:55:42des problématiques aussi
00:55:43des écoles inclusives,
00:55:45des enfants en situation
00:55:46de handicap,
00:55:47et comment est-ce qu'aujourd'hui
00:55:49cette problématique,
00:55:50elle est plus que jamais
00:55:51d'actualité.
00:55:51Ma question va être très simple
00:55:53aussi par rapport
00:55:53à votre propos liminaire
00:55:55sur le rôle
00:55:56et l'accompagnement
00:55:57et le soutien des maires.
00:56:00En France,
00:56:01vous avez parlé
00:56:01de ce communiqué de presse
00:56:02de l'AMF,
00:56:03quand on a essayé
00:56:04de le retrouver,
00:56:06vous avez parlé
00:56:07des enjeux
00:56:09qui, j'ai bien compris,
00:56:104000 maires
00:56:10avaient signé ce communiqué
00:56:12de presse
00:56:13de l'Association
00:56:14des maires de France.
00:56:15Est-ce que,
00:56:16dans la démarche
00:56:16que vous aviez initiée
00:56:17à l'époque,
00:56:18ces propositions étaient...
00:56:20Vous avez parlé
00:56:21de 14 propositions,
00:56:22si je ne dis pas de bêtises.
00:56:23Pouvez-vous un peu
00:56:24les expliciter ?
00:56:25Pouvez-vous nous dire
00:56:26ensuite comment elles avaient
00:56:27permis d'accompagner
00:56:28la démarche
00:56:29et la politique volontariste
00:56:30que vous voulez mener
00:56:31du point de vue
00:56:32de cette réforme
00:56:34des rythmes scolaires ?
00:56:35Et enfin,
00:56:35vous avez évoqué en creux,
00:56:36est-ce que vous pouvez
00:56:37le détailler un petit peu,
00:56:38cette problématique
00:56:38des filières de recrutement,
00:56:40mais également
00:56:40de la dimension formation.
00:56:41Parce qu'aujourd'hui,
00:56:42et je conclurai là-dessus,
00:56:43les auditions
00:56:44que nous avons pu mener
00:56:45depuis plusieurs semaines
00:56:47sous l'égide
00:56:47de notre président
00:56:48et de notre rapporteur,
00:56:49cette question
00:56:50des filières de recrutement
00:56:51et de formation,
00:56:52de donner un statut,
00:56:53a été peut-être
00:56:54un des grands oubliés
00:56:55dans la réforme
00:56:56qui a été menée
00:56:57et qui aujourd'hui
00:56:59nous met dans une situation
00:57:00dans laquelle nous débattons.
00:57:03Bon,
00:57:04alors d'abord,
00:57:04c'est 4000 maires
00:57:05qui n'ont pas signé
00:57:06un communiqué.
00:57:07Le communiqué,
00:57:07il est de l'AMF,
00:57:09mais c'est 4000 maires
00:57:10qui avaient mis en place
00:57:11à la rentrée 2013,
00:57:12qui font un retour
00:57:12d'expérience
00:57:13à Pellissard et Léniel,
00:57:15qui sont dans la situation
00:57:16que j'ai oublié
00:57:16de préciser budgétaire,
00:57:18qui est compliquée.
00:57:19Léniel,
00:57:20qui était toujours
00:57:21l'éternel trésorier
00:57:22de l'AMF,
00:57:22disait qu'il y a
00:57:23un effet de ciseau
00:57:24parce que nous trouvons
00:57:25des finances publiques
00:57:25assez dégradées
00:57:26en 2012,
00:57:27comme souvent nous arrivons,
00:57:28et le ministre Moscovici,
00:57:31sous la responsabilité
00:57:33du président de la République,
00:57:34est quand même obligé,
00:57:35à part l'école,
00:57:36de tailler un peu
00:57:38dans les...
00:57:38Et donc,
00:57:39vous le savez toujours,
00:57:41protection sociale,
00:57:42collectivité locale,
00:57:42budget de l'État.
00:57:44Et donc,
00:57:45Léniel parle
00:57:45d'un effet de ciseau.
00:57:47On vous demande
00:57:48d'engager de l'argent
00:57:48sur les collectivités locales,
00:57:50mais de l'autre côté,
00:57:51on n'améliore pas
00:57:52vos dotations globales
00:57:54de fonctionnement.
00:57:56La question que vous soulevez,
00:57:57elle est,
00:57:59à mon avis,
00:58:00le point noir,
00:58:00et peut-être,
00:58:01je serai à votre place,
00:58:02la chose à approfondir
00:58:03et qu'on vient d'évoquer
00:58:04avec madame la rapporteure,
00:58:06c'est,
00:58:07devant la difficulté
00:58:08de cette mise en place,
00:58:10on se rend compte
00:58:11que les diplômes traditionnels
00:58:12d'animateurs,
00:58:13le BAFA,
00:58:14celui qui permet d'encadrer,
00:58:15etc.,
00:58:16sont quand même
00:58:16assez sélectifs.
00:58:17Il y a une très,
00:58:18très grande augmentation
00:58:19quand vous regardez
00:58:20du nombre de BAFA délivrés,
00:58:21etc.,
00:58:21dans les deux années
00:58:22qui suivent.
00:58:24Mais j'ai donné
00:58:26à madame la rapporteure
00:58:27un certain nombre
00:58:28des quelques évaluations
00:58:30dont nous disposons,
00:58:31par le conseil
00:58:32d'évaluation de l'école,
00:58:34par, je crois,
00:58:36les CAF aussi,
00:58:37enfin,
00:58:37on a très peu.
00:58:38Il faut que vous ayez
00:58:39en tête,
00:58:40parce que vous parlez
00:58:41beaucoup d'évaluation
00:58:42et que vous avez raison,
00:58:43que la réforme,
00:58:44en réalité,
00:58:45se dégrade dès 2014
00:58:46et n'existe plus en 2017.
00:58:48Donc,
00:58:48on n'a rien eu le temps
00:58:50de faire,
00:58:50mes amis,
00:58:51rien eu le temps
00:58:52de faire.
00:58:53On a eu le temps
00:58:53de faire un aller-retour
00:58:54avec un président
00:58:55qui dit deux ans
00:58:56sans m'avoir prévenu
00:58:57au passage.
00:58:58Donc,
00:58:58pour moi,
00:58:58c'était un an.
00:58:59Donc,
00:58:59j'écoute le congrès
00:59:00des maires,
00:59:00ça n'a pas été délibéré.
00:59:02Donc,
00:59:02nous n'avons...
00:59:03Et là,
00:59:03ceux qui ne voulaient pas
00:59:04de la réforme sont...
00:59:06Il va y avoir
00:59:06les élections municipales.
00:59:08Ne perdez jamais en tête
00:59:08la vie politique française.
00:59:10Ils se disent,
00:59:10là,
00:59:10on a un sujet magnifique
00:59:12pour essayer
00:59:13de regagner
00:59:14quelques mairies.
00:59:14Donc,
00:59:15tout ça part en capilotade
00:59:16et les sujets
00:59:17de grande qualité
00:59:18que vous évoquez,
00:59:18qui sont l'intérêt général
00:59:19et l'intérêt de l'enfant,
00:59:20se passent évidemment
00:59:22complètement.
00:59:22Mais moi,
00:59:23j'avais travaillé là-dessus
00:59:24avec le ministère de la Culture
00:59:25avant même l'élection
00:59:26et en particulier
00:59:27à l'époque
00:59:27avec Aurélie Philippetti
00:59:28qui a été professeur
00:59:30et avait une vision
00:59:31et aussi un moment,
00:59:33ce qui n'est pas toujours inutile
00:59:34dans ce monde politique.
00:59:37Nous avions aussi
00:59:38à mobiliser
00:59:39le monde de la culture
00:59:40avec les fameux intermittents
00:59:41et tout cet argent
00:59:42qui est...
00:59:43Ça n'a jamais été recherché
00:59:44véritablement.
00:59:45Dans le plan langue,
00:59:46il avait fait ça autrefois langue.
00:59:47La possibilité
00:59:48de faire venir
00:59:49dans les écoles
00:59:50des nombreux,
00:59:52on va dire,
00:59:53artistes
00:59:53qui aujourd'hui vivent
00:59:54parfois quand ils n'ont pas
00:59:55de spectacle d'allocation
00:59:57mais qui pourraient venir
00:59:58peut-être être utiles
00:59:59dans ces écoles
01:00:00lorsqu'il s'agit
01:00:01de faire de la peinture,
01:00:02de la danse,
01:00:03etc.
01:00:04Tout ça
01:00:04qui était vraiment
01:00:05une réflexion
01:00:06que nous avons eue
01:00:06avec qui était médecin,
01:00:08la ministre de la Jeunesse
01:00:09et des Sports
01:00:09de l'époque,
01:00:10vous savez,
01:00:11qui était aussi
01:00:11avec une expérience
01:00:12de terrain
01:00:13puisqu'elle était maire
01:00:13de Rouen,
01:00:14Valérie Fourneron,
01:00:15maman,
01:00:15maman qui avait vécu
01:00:16un drame,
01:00:17nous avions beaucoup,
01:00:18parce que c'est une question
01:00:19que pose la rapporteure
01:00:20à Justitut,
01:00:21réfléchit à ça
01:00:21et nous voyons
01:00:22que ce pays
01:00:23a les ressources
01:00:23de le faire en fait.
01:00:25Il a les ressources.
01:00:26Simplement,
01:00:26elles n'ont pas été mobilisées
01:00:27et si vous l'avez bien noté,
01:00:30ça n'était pas gentil
01:00:30de ma part de dire
01:00:31que la réunion
01:00:32interministérielle
01:00:33n'a pas été faite.
01:00:34C'est un sujet
01:00:35majeur
01:00:36que sur un sujet
01:00:37qui n'est pas un sujet
01:00:38seulement
01:00:39éducation nationale,
01:00:40il n'y ait jamais eu
01:00:41de réunion interministérielle,
01:00:43dit beaucoup
01:00:44pour ceux qui connaissent
01:00:45le fonctionnement
01:00:45de l'État.
01:00:46Voilà,
01:00:47c'est un fait
01:00:48et malheureusement
01:00:49devant nous,
01:00:49nous avons,
01:00:50je crois,
01:00:51toujours cette question
01:00:53et vous dites d'ailleurs
01:00:54que c'est un point noir,
01:00:55enfin que c'est
01:00:56une boîte noire,
01:00:58ça l'était déjà
01:00:59un peu à mon époque
01:01:00et si je dois reconnaître
01:01:01des responsabilités,
01:01:02c'est évident
01:01:03que ça n'a pas été bien fait
01:01:04à ce moment-là.
01:01:04J'étais un peu
01:01:05à reculons aussi
01:01:06sur les taux d'encadrement
01:01:07mais ça reste
01:01:08un sujet d'actualité.
01:01:09La question
01:01:10de la valorisation
01:01:11des éducateurs
01:01:13est dans les drames
01:01:14que j'ai vus
01:01:15et que j'ai pu constater
01:01:16personnellement,
01:01:17physiquement,
01:01:17car je me suis rendu
01:01:18dans quelques écoles
01:01:19où je peux encore
01:01:20être accueilli.
01:01:23Il y a un problème
01:01:24considérable,
01:01:25évidemment,
01:01:27des éducateurs
01:01:28dans ce pays
01:01:28ou des gens
01:01:29qui vont assumer
01:01:29ces tâches
01:01:30parce qu'on a créé
01:01:32ce qui n'est pas
01:01:33un métier dans le fond,
01:01:34ce qui n'est pas
01:01:34une filière,
01:01:34justement.
01:01:35On n'a pas créé
01:01:35de métier,
01:01:36on n'a pas créé
01:01:36de filière
01:01:37et donc,
01:01:39ce sujet va émerger
01:01:40aussi,
01:01:40je vous le dis,
01:01:41parce que ça va très mal
01:01:42en ce moment
01:01:42sur les enfants
01:01:43en situation de handicap
01:01:43et je connais bien
01:01:44les problèmes de surdité.
01:01:46Les enfants-là,
01:01:46on a des cas
01:01:47qui sont absolument
01:01:48épouvantables.
01:01:48Mais je le redis,
01:01:50ce pays continue
01:01:51de ne pas vouloir.
01:01:53J'ai vu beaucoup
01:01:54d'argent circuler
01:01:54ces dernières années.
01:01:55Vous avez vu
01:01:56le poids de notre dette,
01:01:57vous avez vu
01:01:57notre décrochage
01:01:58par rapport aux autres.
01:01:59Je vous le dis,
01:02:00ça n'a pas été,
01:02:01et cet argent
01:02:02n'est pas allé
01:02:02aux enfants de France.
01:02:04Les choix de ce pays,
01:02:05ça n'est pas son avenir,
01:02:07ni sa recherche,
01:02:08ni ses enfants,
01:02:09ni les investissements
01:02:11d'avenir.
01:02:12C'est autre chose.
01:02:13Et c'est redoutable
01:02:15parce qu'il faut mesurer,
01:02:17moi,
01:02:17je ne suis pas un homme
01:02:17du sécuritaire,
01:02:19mais quand vous voyez
01:02:20les fractures
01:02:21d'une société
01:02:21comme la nôtre,
01:02:22ne garder les enfants
01:02:23à l'école
01:02:24que 144 jours par an,
01:02:27alors là,
01:02:27vraiment,
01:02:28c'est une irresponsabilité
01:02:30de la...
01:02:31Je vois qu'on est
01:02:32contre les écrans.
01:02:33Bravo.
01:02:35Mais enfin,
01:02:35si vous les gardez
01:02:36un peu plus à l'école,
01:02:37ils feront aussi
01:02:37un peu moins à l'écran.
01:02:38Quel pays ne garde
01:02:40ses enfants
01:02:40que 144 jours par an ?
01:02:42Aucun.
01:02:43La moyenne,
01:02:44c'est 190.
01:02:46C'est 50 jours
01:02:49accompagnés
01:02:49par des adultes qualifiés,
01:02:51sortis de son milieu
01:02:52quand il est déliquescent.
01:02:54Bon.
01:02:55Alors,
01:02:55et cette injustice,
01:02:57elle est terrible
01:02:58parce qu'en réalité,
01:02:59nous tous ici,
01:03:00je pense,
01:03:01peut-être pas vous,
01:03:02madame,
01:03:02qui êtes plus jeunes,
01:03:03ou peut-être pas vous,
01:03:04monsieur le sénateur,
01:03:05qui m'avez l'air jeune,
01:03:06vous, madame,
01:03:07mais nous avons eu école.
01:03:09Nous avons eu école
01:03:10le samedi matin.
01:03:11Nous avons eu école.
01:03:12Et même le samedi après-midi,
01:03:14monsieur le ministre.
01:03:14Mais bien sûr,
01:03:14moi aussi,
01:03:15malheureusement,
01:03:15j'osais pas le dire,
01:03:16c'est 70, la réforme.
01:03:17Bon.
01:03:18On commence à être marqués,
01:03:19mon ami.
01:03:20Mais voilà la réalité des choses.
01:03:23C'est le principe
01:03:24de l'immoralité.
01:03:25Je ne donne pas aux autres
01:03:26ce que je me donne
01:03:26à moi-même.
01:03:28Je me suis donné cette...
01:03:29Et je passe ma vie à dire
01:03:30le niveau baisse.
01:03:31Les enfants ne sont plus
01:03:32ce qu'ils sont.
01:03:33Enfin,
01:03:34commencer par donner
01:03:35du temps public
01:03:36et scolaire aux enfants
01:03:37avec des personnels formés.
01:03:38Ça coûtera un milliard.
01:03:40Regardez les comptes publics.
01:03:41C'est pas ce milliard-là
01:03:42qui va creuser la dette.
01:03:44Merci, monsieur le sénateur
01:03:46d'Henri-Loire.
01:03:47Jean-Gérard.
01:03:47Merci, monsieur le président.
01:03:49Monsieur le ministre,
01:03:50moi, je suis effectivement
01:03:51un scolaire
01:03:52qui a connu l'école
01:03:53des USA,
01:03:54noire de la République.
01:03:56Merci de votre analyse.
01:03:57En perspective,
01:03:58qui met en lumière
01:03:59avec précision et franchise
01:04:00la politique changeante
01:04:02de l'état en matière
01:04:03d'éducation
01:04:03qui donne le tournis
01:04:04aux élus.
01:04:05La réforme des temps scolaires
01:04:07a été une réforme
01:04:10marquante
01:04:10dans la vie
01:04:11des écoles,
01:04:11même si,
01:04:12à mon sens,
01:04:12parfois,
01:04:13l'intérêt de l'enfant
01:04:14a marqué le pas
01:04:16devant la volonté
01:04:17des familles,
01:04:18je dirais,
01:04:18le confort des familles.
01:04:20Les mères se sont appliquées
01:04:21à la mettre en œuvre
01:04:22au mieux
01:04:23en mettant en place
01:04:24les crédits nécessaires
01:04:25aux activités
01:04:27périscolaires
01:04:27en investissement
01:04:28et en fonctionnement
01:04:29en complément durable
01:04:31de l'amorce financière
01:04:32initiale limitée,
01:04:33comme vous l'avez dit,
01:04:34par l'État.
01:04:35Je l'ai vécu
01:04:36comme maire,
01:04:37j'ai connu
01:04:37l'urgence
01:04:38de l'élaboration
01:04:39du projet éducatif
01:04:40territorial,
01:04:41la difficulté
01:04:42de démarrage
01:04:43pour recruter
01:04:43des animateurs
01:04:44et surtout
01:04:45le fait de bâtir
01:04:47les activités
01:04:48périscolaires
01:04:48adaptées
01:04:49à chaque établissement
01:04:50avec les équipes
01:04:51éducatives.
01:04:53Cependant,
01:04:54ma question,
01:04:54avec le recul du temps,
01:04:56M. le ministre,
01:04:56ne pensez-vous pas
01:04:57qu'il eût fallu
01:04:58que l'État fixât
01:04:59dès le départ
01:05:00de la réforme
01:05:01un cadre national
01:05:02en vue
01:05:03d'un recrutement
01:05:04sécurisé
01:05:05des animateurs
01:05:06par les communes ?
01:05:08Et aujourd'hui,
01:05:09ne pensez-vous pas
01:05:10que c'est une priorité
01:05:11dans la situation
01:05:12que nous connaissons,
01:05:12même si les problèmes
01:05:14budgétaires
01:05:14ne le facilitent pas ?
01:05:20D'abord,
01:05:22puisque vous parlez
01:05:23de sincérité,
01:05:24je peux avoir
01:05:25ce regret.
01:05:26Dans un monde
01:05:30qui était le monde réel
01:05:31et pas le monde idéal,
01:05:33on m'a assez reproché
01:05:34d'être un philosophe
01:05:35en politique
01:05:36et un idéaliste,
01:05:38personne ne voulait le faire,
01:05:40mais il fallait le faire.
01:05:42Et là,
01:05:42je parle du cadre
01:05:43dont vous ne parlez pas
01:05:44de ma réforme.
01:05:45Pourquoi ?
01:05:45Pour la raison
01:05:46que je vous ai dite.
01:05:47Nous sommes en difficulté budgétaire.
01:05:49Il y a un ministère
01:05:50qui obtient de l'argent,
01:05:51c'est l'Éducation nationale.
01:05:53Mais il n'obtient pas d'argent,
01:05:54il obtient 60 000 postes.
01:05:57D'accord ?
01:05:57Parce que la guerre
01:05:58avec les prédécesseurs,
01:05:59c'était les suppressions de postes.
01:06:00Donc il faut essayer
01:06:01de transformer les 60 000
01:06:02en argent.
01:06:04Je ne peux pas le faire.
01:06:06Donc ce que je peux faire,
01:06:07c'est mettre en place
01:06:08la formation des enseignants,
01:06:10le plus de maîtres que de classes,
01:06:11dont je pense que le pays
01:06:12a fait une énorme erreur
01:06:13en supprimant ce dispositif,
01:06:15l'accueil des moins de 3 ans,
01:06:16voilà, des choses comme ça,
01:06:17les réseaux d'aide, etc.
01:06:19Mais nous ne disposons pas.
01:06:20Tout le travail interministériel
01:06:22sur l'animation
01:06:22ne relève pas
01:06:23du ministère de l'Éducation
01:06:24et relevé d'une décision
01:06:25du Premier ministre
01:06:26de nous réunir.
01:06:27Ce que nous faisions
01:06:28à titre personnel,
01:06:29mais enfin,
01:06:30on a quand même besoin
01:06:30des arbitrages de Matignon
01:06:31pour être capables
01:06:33de mettre tout sur la table.
01:06:34Mes conseillers spécialisés
01:06:36dans ces questions,
01:06:37en particulier Marianne Debrunov,
01:06:38qui avait vraiment
01:06:40vécu une année épouvantable,
01:06:41passer sa vie à courir
01:06:42entre la CAF,
01:06:43la DGCL, etc.,
01:06:45pour essayer parfois,
01:06:46partout,
01:06:46de colmater.
01:06:48Mais en réalité,
01:06:49c'est le ministère d'Éducation
01:06:50qui portait des choses
01:06:51qu'il ne relevait pas.
01:06:52D'ailleurs,
01:06:52qui est l'interlocuteur des maires ?
01:06:54C'est moi.
01:06:55Est-ce qu'il est normal
01:06:56que ce soit le ministre
01:06:56de l'Éducation tout seul
01:06:58qui soit l'interlocuteur des maires ?
01:07:00J'avais à refaire
01:07:00les maquettes de recrutement
01:07:01des enseignants,
01:07:02les programmes scolaires,
01:07:03le conseil supérieur des programmes,
01:07:04le conseil d'orientation.
01:07:05Je vous épargne la vie du ministre
01:07:07quand il veut réformer.
01:07:08Mais bon,
01:07:09au moins,
01:07:10il fallait accompagner les autres.
01:07:11Et je pense que vous mettez
01:07:12le doigt sur quelque chose,
01:07:13ce serait formidable,
01:07:14que vous puissiez établir.
01:07:17Alors là,
01:07:17il faudrait vraiment travailler
01:07:18avec les spécialistes,
01:07:19jeunesse et sport, etc.
01:07:21Il faut travailler
01:07:22sur les qualifications,
01:07:24les formations,
01:07:25les qualifications
01:07:26des éducateurs
01:07:28et les collectivités locales.
01:07:30Et vous parlez
01:07:31de cadre national.
01:07:32Qu'est-ce qu'ont demandé
01:07:33les collectivités ?
01:07:34En réalité,
01:07:34elles ont demandé
01:07:35l'assouplissement du cadre
01:07:36qui existait.
01:07:37Car, excusez-moi,
01:07:38il y avait un cadre.
01:07:3910 enfants pour un animateur,
01:07:4114 enfants,
01:07:42et elles nous ont dit
01:07:43est-ce qu'on pourrait...
01:07:44Et vous voyez bien,
01:07:45je vous ai communiqué
01:07:45les documents,
01:07:46qu'une des bagarres
01:07:47que j'ai eues
01:07:48avec mes amis élus,
01:07:49c'était que ça,
01:07:50ça marchait sur les 3 heures,
01:07:52parce qu'on parle de 3 heures.
01:07:53On ne parle pas,
01:07:54on a l'impression
01:07:54que moi,
01:07:55j'ai juste bougé 3 heures,
01:07:56mes amis,
01:07:57le reste de la vie.
01:07:58Du coup,
01:07:59il se disait
01:08:00qu'il faudrait
01:08:00qu'on ait les mêmes dérogations
01:08:01sur ce qui ne sont pas
01:08:02les 3 heures
01:08:03de la réforme des rythmes scolaires.
01:08:04C'est-à-dire
01:08:04tous les autres
01:08:06accompagnements d'élèves
01:08:07qui existent déjà
01:08:07dans les mairies.
01:08:08Il se disait
01:08:08pourquoi pas en profiter
01:08:09puisque ça nous coûtera
01:08:10moins cher.
01:08:12Logique que je comprends.
01:08:13Mais il y avait
01:08:13un cadre national
01:08:14qu'on a assoupli,
01:08:15j'ai souhaité
01:08:15qu'il ne le soit
01:08:16que temporairement,
01:08:17parce que ça posait
01:08:18quand même quelques problèmes,
01:08:20mais on n'a pas mis
01:08:20en place derrière
01:08:21et je le regrette,
01:08:22mais ça ne peut être
01:08:23qu'interministériel
01:08:24avec jeunesse et sport au centre,
01:08:26une formation rigoureuse
01:08:29pour les élus.
01:08:30Et là,
01:08:31je trouve,
01:08:31pour avoir participé
01:08:33à des travaux parlementaires,
01:08:34si vous arrivez
01:08:34à profondir cette question
01:08:35avec les différents intervenants,
01:08:37parce qu'évidemment,
01:08:38il faut mouiller tout le monde,
01:08:39les collectivités locales,
01:08:40etc.,
01:08:41voir comment on peut faire,
01:08:42ce sera quelque chose
01:08:43de très important.
01:08:44Parce que dans ce que disait
01:08:45la rapporteure,
01:08:46une des questions
01:08:47que vous avez à résoudre,
01:08:47c'est la confiance.
01:08:49Et pour que cette confiance
01:08:50revienne
01:08:51et que ça ne gangrène
01:08:52pas tout le système.
01:08:53Parce que vous savez,
01:08:53quand tout est peint en noir,
01:08:54le déclin de l'Occident,
01:08:55ça finit toujours mal.
01:08:56Ça finit par 39.
01:08:58C'est-à-dire,
01:08:58plus on peint en noir,
01:08:59plus c'est les gens
01:09:00qui aiment le noir
01:09:00qui, finalement,
01:09:02et qui jouent
01:09:02sur les peurs françaises,
01:09:04comme on dit,
01:09:04pour venir à leur fin
01:09:06en disant tout va mal,
01:09:07tout, etc.
01:09:07Donc, il faut aussi
01:09:09proposer des solutions,
01:09:10avoir de l'optimisme,
01:09:11dégager l'avenir,
01:09:12donner de l'espérance.
01:09:13Donc, on a cet équilibre
01:09:14dont je vous parlais au départ.
01:09:16Et je crois que ça,
01:09:17ça fait partie
01:09:17des choses importantes,
01:09:18y compris quand on a
01:09:19un taux de chômage
01:09:20qui remonte à 8,5.
01:09:21Parce que j'avais
01:09:21cette préoccupation.
01:09:22J'ai été très proche,
01:09:23vous le savez,
01:09:23les uns et les autres,
01:09:24de Jospin.
01:09:25Et nous avons eu
01:09:25très longtemps
01:09:26cette préoccupation.
01:09:27C'est que c'est aussi
01:09:28des débouchés
01:09:29pour nos jeunes.
01:09:31C'est un vrai métier
01:09:32pour nos jeunes.
01:09:33Vous me permettez
01:09:34une petite incise.
01:09:37Où commence le problème ?
01:09:39Lorsque vous allez
01:09:40à l'école,
01:09:41y compris le samedi après-midi,
01:09:42M. le Président Brisson,
01:09:44les instituteurs,
01:09:45ils habitent leur village
01:09:46et viennent des milieux sociaux
01:09:48dans lesquels ils enseignent.
01:09:49Et ils s'occupent de l'UFC
01:09:50et ils font le sport
01:09:51le samedi.
01:09:52Et ils prennent
01:09:52des heures supplémentaires
01:09:53pour faire les travaux après.
01:09:55L'instituteur,
01:09:57il est du même milieu
01:09:58que ses élèves,
01:09:58social,
01:09:59c'est ce qu'on appelle
01:09:59la promotion républicaine,
01:10:01d'accord ?
01:10:01Et il habite
01:10:02avec ses élèves.
01:10:04Les réformes
01:10:06qui ont eu lieu,
01:10:06l'évolution de la société,
01:10:07sans doute,
01:10:08mais le Bac plus 5
01:10:09sans pré-recrutement,
01:10:10j'avais mis en place
01:10:11des pré-recrutements,
01:10:12ça fait quand même
01:10:13que les instituteurs
01:10:15n'appartiennent plus,
01:10:16les professeurs des écoles,
01:10:18les professions féminisées,
01:10:19n'appartiennent plus
01:10:20au milieu de leurs élèves.
01:10:22D'accord ?
01:10:22Ça, on l'a statistiquement.
01:10:23Regardez les catégories CSP
01:10:24des époux.
01:10:26Donc, je suis
01:10:27dans une lointaine banlieue,
01:10:28je suis dans un bourg rural,
01:10:30celui qui vient m'enseigner,
01:10:31qui prend la voiture,
01:10:32il n'habite pas là.
01:10:33Donc, il n'est pas là
01:10:34pour m'engueuler le soir
01:10:35quand je fais des graffitis,
01:10:36il n'est pas là
01:10:36pour m'amener au foot,
01:10:38il n'est pas là pour...
01:10:394h30,
01:10:40il s'en va.
01:10:41D'accord ?
01:10:42Bon.
01:10:43Eh bien, celui-là,
01:10:44il ne me ressemble pas.
01:10:46Or, le premier principe éducatif,
01:10:47c'est la mimésie,
01:10:48c'est l'imitation.
01:10:49Je vois un homme
01:10:50qui est mon instituteur,
01:10:51c'est Camus,
01:10:52et je me dis,
01:10:52je voudrais être comme celui-là.
01:10:54Il vient du même milieu que moi,
01:10:55on n'a pas d'argent,
01:10:56on n'a pas de ceci,
01:10:57mais je peux devenir ça.
01:10:58Il est respecté dans le village.
01:11:00On a cassé cette chaîne,
01:11:02y compris, vous vous souvenez,
01:11:03du point de vue de sous
01:11:04des instituteurs,
01:11:04les secrétaires de mairie.
01:11:06Donc là aussi,
01:11:07c'est quelque chose
01:11:07d'absolument fondamental,
01:11:09c'est-à-dire qu'on doit retrouver
01:11:12aussi un maillage,
01:11:13on peut le faire avec les éducateurs,
01:11:14dans les quartiers.
01:11:15D'ailleurs, Macron,
01:11:16excusez,
01:11:16je suis toujours trop bavard,
01:11:17mais finalement,
01:11:18j'aime bien la politique,
01:11:19même si je me suis retiré
01:11:20il y a plus de 10 ans.
01:11:22Quand ils suppriment les aides
01:11:24aux associations,
01:11:25vous avez vu la catastrophe de 2017
01:11:26parce que ce qui restait
01:11:27dans les quartiers
01:11:28qu'ils pouvaient encore faire
01:11:30un petit peu,
01:11:30et ils ont été obligés
01:11:31de remettre,
01:11:32un petit peu de tissu social,
01:11:33c'était les gars
01:11:34qui étaient là, présents,
01:11:36le mercredi après-midi,
01:11:37le machin,
01:11:37pour s'occuper des gosses
01:11:39quand personne ne s'en occupe.
01:11:41Et ça, ça vit avec
01:11:42les collectivités locales
01:11:43et avec les assos subventionnés.
01:11:45Oui, je suis désolé,
01:11:45c'est des emplois aidés.
01:11:46Mais si vous supprimez,
01:11:48vous supprimez
01:11:49tout ce tissu social français
01:11:50qui fait que ça tient
01:11:51encore un peu.
01:11:52Et quand vous le supprimez,
01:11:53ça ne tient plus.
01:11:54Merci.
01:11:55Je vais, avec l'accord
01:11:56de mes collègues,
01:11:57sortir un petit peu
01:11:58de mon rôle de président
01:11:59et vous poser
01:12:00deux, trois questions
01:12:01supplémentaires.
01:12:03Et d'abord,
01:12:04vous dire que votre audition
01:12:05n'est pas bavarde,
01:12:06elle nous apporte beaucoup.
01:12:08Et je voudrais peut-être
01:12:10vous dire que,
01:12:12comme professeur,
01:12:13j'ai enseigné le samedi matin
01:12:14avec une écoute
01:12:16tout à fait exceptionnelle
01:12:17de mes élèves,
01:12:19avec une ambiance,
01:12:21dans le lycée,
01:12:22qui était tout à fait propice
01:12:24à la qualité des apprentissages
01:12:26et à la qualité
01:12:27de la transmission.
01:12:29Et puis,
01:12:30en vous écoutant,
01:12:31je peux rappeler
01:12:32quelques séances
01:12:33de l'inspection générale
01:12:34quand je vous écoutais parler
01:12:36de Ferdinand Buisson.
01:12:37Voilà,
01:12:38je ferme la page
01:12:39de mes...
01:12:40plus personnelles.
01:12:42Ce que j'allais vous demander,
01:12:43monsieur le ministre,
01:12:44vous avez fait un parallélisme
01:12:47qui nous fait un peu froid
01:12:48dans le dos
01:12:49pour l'avenir
01:12:49de nos enfants,
01:12:51entre les problèmes
01:12:52qui se posent déjà devant nous,
01:12:55le périscolaire,
01:12:57mais aussi l'école inclusive.
01:12:58à force de ne pas avoir
01:13:01préparé ces filières,
01:13:03créé les conditions
01:13:05d'accès,
01:13:06de qualité,
01:13:07on a généré,
01:13:08à la fois des populations précaires,
01:13:09mais aussi certainement
01:13:10une pénurie
01:13:11dans les recrutements
01:13:11qui peut générer ensuite
01:13:13les drames
01:13:14que nous abordons,
01:13:16même si on l'a fait
01:13:17avec vous,
01:13:18en les replaçant
01:13:19dans le contexte
01:13:21du système périscolaire.
01:13:24Vous avez dit avec force
01:13:25quelque chose
01:13:26qui m'a beaucoup marqué
01:13:26et que l'on n'avait
01:13:27peut-être pas assez entendu
01:13:28et vous l'avez répété
01:13:29à chaque fois
01:13:30que j'ai pu prendre la parole
01:13:31que notre pays
01:13:33est un pays
01:13:33où le temps de classe
01:13:36est parmi les plus faibles
01:13:37et très faibles
01:13:38et est en décalage complet.
01:13:42Moi, je n'ai pas du tout
01:13:42le souvenir que j'ai,
01:13:44vous voyez,
01:13:44de toutes les polémiques
01:13:46qui ont marqué
01:13:48votre réforme.
01:13:49Votre objectif était là.
01:13:51Je crains
01:13:52qu'il n'ait pas passé
01:13:53le cap
01:13:54de ce qui a été imprimé.
01:13:57Et c'est pourtant
01:13:58peut-être
01:13:59le vrai sujet
01:14:00de celui du temps
01:14:02que nos enfants
01:14:04passent
01:14:04avec un maître
01:14:05dans des apprentissages.
01:14:08Et cela explique
01:14:09certainement
01:14:10beaucoup de choses.
01:14:11Même si le déclassement
01:14:12de PISA
01:14:12peut-être global,
01:14:14nous nous déclassons
01:14:14plus vite que d'autres.
01:14:16Alors,
01:14:17d'abord,
01:14:18une question
01:14:19qui regarde le passé
01:14:21avant d'aller devant nous,
01:14:23de regarder devant nous,
01:14:25d'abord,
01:14:27instruits
01:14:28de tout ce que vous avez
01:14:29vécu depuis,
01:14:31auriez-vous fait
01:14:31la même chose ?
01:14:33Ou seriez-vous
01:14:33davantage
01:14:34passé en force
01:14:35sur le fait,
01:14:36après tout,
01:14:36de revenir
01:14:37à des services
01:14:37d'enseignement
01:14:39qui étaient
01:14:40ceux qui existaient
01:14:41au début
01:14:41de la décennie
01:14:43précédente ?
01:14:44Fallait-il créer
01:14:44ce système
01:14:46que beaucoup de maires
01:14:47– j'étais élu local,
01:14:49je n'étais pas un consénateur –
01:14:50vivaient comme une sorte
01:14:52d'usine à gaz
01:14:52dans laquelle
01:14:53on les avait enfermés ?
01:14:55Pouvait-on faire plus simple
01:14:56où les conditions politiques,
01:14:58syndicales
01:14:59et celles du pays
01:15:00n'étaient pas réunies
01:15:02sans parler aussi
01:15:03de cette société
01:15:05des loisirs
01:15:05à laquelle les professeurs
01:15:06participent,
01:15:07les parents aussi,
01:15:08et où la pression sociale
01:15:09est tout à fait considérable ?
01:15:11Deuxièmement,
01:15:12puisque le sujet
01:15:13est devant nous
01:15:14et qu'au-delà
01:15:16des effets
01:15:17de votre réforme,
01:15:19d'ailleurs,
01:15:19aujourd'hui,
01:15:21mise de côté
01:15:21à l'exception
01:15:22de quelques municipalités,
01:15:25le vrai sujet
01:15:26qui se pose à nous
01:15:27n'est-il pas celui
01:15:29d'une unité
01:15:31de temps
01:15:31– ce qui a été apporté
01:15:32par Mme la Porteure –
01:15:34dans lequel les enfants
01:15:35sont confiés
01:15:36à ce qui est pour eux
01:15:37l'école,
01:15:39enfin,
01:15:40ce qui est pour les parents
01:15:41l'école,
01:15:41ils ne se posent pas
01:15:42tant de questions
01:15:42de savoir qui fait la cuisine.
01:15:44Il y a un toit,
01:15:45un lieu,
01:15:47un lieu dans lequel
01:15:48ils ont encore confiance,
01:15:49un lieu qui est emblématique
01:15:50de notre République,
01:15:52auquel ils sont confiés,
01:15:53y compris en ruralité,
01:15:55dans un département
01:15:55comme le mien,
01:15:56très tôt le matin,
01:15:57pour être recherchés
01:15:58très tard le soir.
01:16:00Ainsi est notre vie,
01:16:01celle aussi des professeurs
01:16:03dont vous parliez
01:16:03tout à l'heure.
01:16:06Et sur ce lieu,
01:16:07ne manque-t-il pas
01:16:08un pilote ?
01:16:09Le compartimentage,
01:16:10vous avez dit,
01:16:11chacun a sa place,
01:16:12oui,
01:16:13en termes de compétences.
01:16:14Mais faut-il pas
01:16:15un pilote
01:16:16pour coordonner
01:16:17tout cela
01:16:18et pour redonner
01:16:19une unité
01:16:20de lieu
01:16:21à ce temps d'école
01:16:22où le temps de classe
01:16:24n'est qu'une petite partie
01:16:25du temps d'école ?
01:16:34Il y a ce projet éducatif
01:16:38de territoire
01:16:38sur lequel vous n'êtes pas
01:16:39revenu dans vos questions
01:16:41était quand même
01:16:42quelque chose
01:16:43qui devait harmoniser
01:16:45ces différents temps
01:16:47et ça donnait
01:16:48un rôle nouveau au maire
01:16:49qui n'a pas toujours été facile
01:16:50avec les équipes enseignantes,
01:16:52mais devait permettre
01:16:54justement d'avoir
01:16:55cette cohérence.
01:16:56Je crois qu'il a été
01:16:59plutôt bien mis en oeuvre,
01:17:01en tout cas,
01:17:01les évaluations qu'on a.
01:17:03Il y avait aussi
01:17:03ce comité de suivi
01:17:05qui a duré trois ans
01:17:05par la rectrice
01:17:07Moulin,
01:17:09civile.
01:17:10ça a été quand même
01:17:11un instrument
01:17:12qui demeure d'ailleurs
01:17:12qui est la première fois
01:17:13où des gens
01:17:15se posaient la question
01:17:16de tous les temps
01:17:17de l'enfant
01:17:17en même temps,
01:17:18ce qui est devenu d'ailleurs
01:17:19une banalité,
01:17:19mais c'est quelque chose
01:17:20d'important.
01:17:21Ce qui est plus grave
01:17:22dans ce que vous dites
01:17:23et qui m'oblige
01:17:24de le dire,
01:17:25c'est que ce pays
01:17:26a fait un choix,
01:17:28ne pas payer ses enseignants.
01:17:31Mais pour ne pas payer
01:17:32ses enseignants,
01:17:32il a fait un autre choix,
01:17:34diminuer leur temps de travail.
01:17:35Parce que qu'est-ce qui se cache
01:17:36derrière la semaine
01:17:37de quatre jours ?
01:17:38On va parler frangeux.
01:17:40C'est que ne pouvant pas
01:17:41augmenter ou ne voulant
01:17:42pas augmenter les enseignants,
01:17:43on baisse leur temps de travail.
01:17:45Vous me parliez du samedi,
01:17:46mais les enseignants
01:17:47de l'époque ont 30 heures
01:17:48hebdomadaires.
01:17:49On est descendu à 27,
01:17:51puis 26,
01:17:52puis 24.
01:17:53Et je ne sais pas pourquoi
01:17:54un de mes ex-directeurs
01:17:56de cabinet,
01:17:57qui devait mal me connaître,
01:17:58c'est pour ça que je m'en suis séparé,
01:17:59a dit que dans les négociations,
01:18:01j'avais promis au syndicat 23.
01:18:03Vous me voyez promettre 23.
01:18:05Par contre,
01:18:06j'ai certains prédécesseurs
01:18:07qui ont monnayé.
01:18:07Ça vous explique beaucoup de choses
01:18:09sur la semaine de quatre jours.
01:18:10L'impossibilité d'obtenir de Bercy
01:18:12ou de leur président
01:18:13des augmentations
01:18:13par de la réduction
01:18:14du temps de travail
01:18:15que les mêmes dénonçaient
01:18:16sur toutes les estrades de France.
01:18:18Voilà la vérité,
01:18:20monsieur le sénateur.
01:18:22Ce pays a choisi
01:18:23de mal payer ses enseignants.
01:18:26Petits efforts ont été faits,
01:18:28je le reconnais,
01:18:28les dix dernières années,
01:18:29mais plus de 20 % de différence
01:18:31et en milieu de carrière,
01:18:32un peu plus
01:18:32par rapport à nos voisins,
01:18:36mais a réduit le temps de travail.
01:18:37Je suis le seul ministre
01:18:39dans ce pays
01:18:40qui ait revu
01:18:41le temps d'enseignement
01:18:43des enseignants.
01:18:43Je ne l'ai fait que pour les REP+,
01:18:45mais ce qu'on appelle
01:18:47le temps de service,
01:18:48nous l'avons redégocié.
01:18:49Essayez de le faire
01:18:50avec les syndicats,
01:18:51vous verrez,
01:18:51c'est assez coton.
01:18:52Et si j'avais pu,
01:18:54c'était mon idée,
01:18:55je l'aurais vu.
01:18:56J'ai fait un livre
01:18:57avec monsieur Darkos
01:18:58il y a maintenant 20 ans,
01:19:00on parle comme ça maintenant,
01:19:01il y a 20 ans,
01:19:02dans lequel je disais,
01:19:04parce que c'est un sujet d'actualité
01:19:05à cause de la question démographique,
01:19:07dans lequel je ne préconise pas
01:19:09que nous dépensions plus d'argent.
01:19:12Je préconise qu'on dépense
01:19:13mieux notre argent.
01:19:15Et je peux indiquer
01:19:16beaucoup, beaucoup,
01:19:17beaucoup de façons de le faire.
01:19:19Vous savez,
01:19:20les enseignants mal payés,
01:19:21bon,
01:19:22en contrepartie,
01:19:23je suis dans une école rurale
01:19:25avec un président de la République.
01:19:27Nous sommes face
01:19:28à trois institutrices cadragénaires,
01:19:30le président de la République
01:19:31et le ministre,
01:19:32nouvellement installé.
01:19:32Vous savez,
01:19:33quand vous gagnez les élections,
01:19:34il y a toujours six mois,
01:19:35pas mal.
01:19:35Après, c'est plus dur.
01:19:37Et les trois institutrices
01:19:39disent au président,
01:19:39enfin, ce type-là,
01:19:40à côté de vous,
01:19:41le ministre de l'Éducation,
01:19:42c'est un fou,
01:19:43il faut l'enfermer,
01:19:44il faut le neutraliser,
01:19:45il faut le reformer.
01:19:46Pourquoi, madame ?
01:19:47Le président connaissait
01:19:48son sens de l'humour,
01:19:49il rigole un peu,
01:19:50et qui fait,
01:19:51pourquoi ?
01:19:52Enfin, quand même,
01:19:52c'est un garçon très raisonnable,
01:19:53il a fait de bonnes études,
01:19:54oui, mais enfin,
01:19:57mercredi matin,
01:19:58monsieur le président,
01:19:59mais quoi,
01:19:59mercredi matin ?
01:20:00Ben, mercredi matin,
01:20:01nous avons choisi ce travail
01:20:02parce que nous occupons
01:20:03de nos enfants.
01:20:04Le président,
01:20:05qui ne manque pas d'humour,
01:20:06disait,
01:20:06ah, je croyais que vous aviez
01:20:06choisi ce métier
01:20:07pour vous occuper
01:20:08des enfants des autres.
01:20:10Mais on était sur quelque chose
01:20:12qui est une vérité.
01:20:14Le responsable,
01:20:14à l'époque du SNI-UPP,
01:20:16vient me voir avant 2012,
01:20:18avant que j'engage la réforme.
01:20:20Il me dit,
01:20:20monsieur le ministre,
01:20:21il a eu un collectif budgétaire
01:20:22avec 1 000 postes supplémentaires
01:20:23dans l'été.
01:20:24Il savait qu'on ne lui voulait
01:20:25pas du mal.
01:20:26Monsieur le ministre,
01:20:26il y a un problème.
01:20:27Voilà nos dernières études.
01:20:2888 % féminin,
01:20:30augmentation CSP plus 5.
01:20:32Je l'avais vu, d'ailleurs,
01:20:32dans mon propre quartier,
01:20:33nous habitons,
01:20:34monsieur le sénateur,
01:20:35avec une augmentation,
01:20:38les catégories socioprofessionnelles
01:20:39des maris et des enseignants.
01:20:40Ce n'est plus les hussards noirs
01:20:42dont vous parliez.
01:20:42Donc, c'est aussi un métier,
01:20:44finalement,
01:20:44assez agréable
01:20:44qui permet d'avoir du temps
01:20:45pour soi.
01:20:46Donc, il est lucide,
01:20:48niverné et lucide.
01:20:49Et elle me dit,
01:20:50il faut que cette réforme
01:20:50aille très vite.
01:20:51C'est comme ça
01:20:52que ça se passe
01:20:52avec les syndicats.
01:20:53On va protester très fort
01:20:54pendant un mois et demi.
01:20:56On sait que vous avez raison.
01:20:57Et hop.
01:20:58Essayez quand même
01:20:59de trouver une petite prime.
01:21:00Faites un petit quelque chose.
01:21:02Mettez du gazole
01:21:02dans le moteur.
01:21:05Parce que quand même,
01:21:06les gens en rural,
01:21:07ça, c'est des trucs...
01:21:08Il ne faut que savoir.
01:21:09C'est 2,25 à la pompe,
01:21:10aujourd'hui.
01:21:11Vous demandez à une institutrice
01:21:13ou à un professeur des écoles
01:21:14qui est à 30 ou 40 km
01:21:15de son école,
01:21:16quand vous êtes en devenir,
01:21:17le matin,
01:21:18ce n'est pas des gens
01:21:19qui gagnent des milliers et des cents.
01:21:20Que là-haut,
01:21:21on ne soit pas capable
01:21:22de penser qu'il faut
01:21:23un petit coup de pouce.
01:21:23J'ai obtenu 400 euros
01:21:25au bout de plusieurs mois.
01:21:27Pas mensuel, hein.
01:21:28Annuel.
01:21:29Et Najat Vallaud-Belkacem
01:21:31a pu le porter à 1,200
01:21:32au bout de quelques années.
01:21:32Bon, l'affaire,
01:21:33elle était réglée.
01:21:34Il n'y avait plus de risque scolaire.
01:21:35C'était mort.
01:21:35Bon.
01:21:36Donc ça, ça n'est pas...
01:21:37Voilà.
01:21:37Donc le fond de l'affaire,
01:21:38M. Brisson,
01:21:39M. le Président,
01:21:40c'est que ce pays
01:21:41a choisi de ne pas payer
01:21:42ses enseignants.
01:21:43Et pour ne pas payer
01:21:43ses enseignants,
01:21:44il a choisi
01:21:44de ne pas donner de cours
01:21:45à ses enfants.
01:21:46Voilà comment ça s'est passé.
01:21:47Et si vous prenez
01:21:48depuis 1910,
01:21:51depuis 1910,
01:21:52le temps scolaire,
01:21:53c'est très intéressant,
01:21:53ces cours.
01:21:54Ça ne cesse de descendre,
01:21:56de descendre,
01:21:56de descendre.
01:21:58Bon.
01:21:59Et évidemment,
01:22:00c'est un sujet majeur.
01:22:02Allez, regardez,
01:22:02je vous le dis,
01:22:03j'ai un petit fils
01:22:03qui vit à l'étranger,
01:22:04il a six jours de classe.
01:22:06Mais c'est pas mal
01:22:06pour les parents, hein.
01:22:07Aujourd'hui,
01:22:08mais c'est sympa quand même.
01:22:09Ils vous le prennent
01:22:10six jours par semaine,
01:22:10ça vous permet
01:22:11de faire des trucs, hein.
01:22:12Bon.
01:22:13Ici,
01:22:13si vous n'avez pas de moyens,
01:22:15parce que
01:22:17nous habitons un quartier,
01:22:18tout va bien.
01:22:19Bon.
01:22:20Mais quand vous êtes
01:22:20dans des quartiers
01:22:21où tout va pas bien,
01:22:22il n'y a rien à faire.
01:22:23Et dans les fiertés
01:22:25que j'ai eues,
01:22:25je vous l'indique quand même,
01:22:26parce que je remercie
01:22:27aussi les maires,
01:22:28plus de 75%
01:22:29des élus locaux
01:22:30qui ont mis en place
01:22:31le temps périscolaire
01:22:32l'ont fait avec la gratuité.
01:22:34C'était une question majeure
01:22:35soulevée par les gens.
01:22:36Est-ce qu'on paye
01:22:37ou est-ce qu'on paye pas ?
01:22:38Et encore à Paris,
01:22:39où les situations
01:22:40sont très contrastées,
01:22:41parce que
01:22:42beaucoup d'énormes problèmes,
01:22:43mais il n'y a pas
01:22:44que des problèmes.
01:22:45Il y a des enfants
01:22:45qui me disent
01:22:46j'ai éveil musical
01:22:47qui n'existait pas.
01:22:49Éveil musical,
01:22:49il fallait aller
01:22:50à la Scola Cantorum
01:22:51ou au Conservatoire
01:22:52à 3 000 euros l'année.
01:22:53Bon.
01:22:54J'ai éveil musical,
01:22:55il y a vraiment des gens
01:22:55qui viennent me faire de la musique.
01:22:57Ça,
01:22:57c'est un endroit.
01:22:58Il y a vraiment,
01:22:59il y a des vocations
01:22:59qui se sont créées,
01:23:01comme d'ailleurs
01:23:01les pré-recrutements
01:23:02d'enseignants.
01:23:03Mais si vous voulez
01:23:04l'axe central
01:23:05de votre question,
01:23:06c'est nous avons diminué
01:23:07le temps public
01:23:08d'enseignement
01:23:09pour ne pas payer
01:23:10les enseignants.
01:23:12Et les syndicats
01:23:13ont ça sur le...
01:23:14Parce que dans les difficultés
01:23:15que j'ai eues avec les syndicats,
01:23:16il y avait d'une part
01:23:17la place
01:23:17que je donnais au maire
01:23:18et il y avait le fait
01:23:20qui était incompris
01:23:20à cause des 60 000 postes
01:23:22que l'on ne pouvait pas
01:23:23demander à des gens
01:23:24de revenir
01:23:24et ne pas les payer.
01:23:25Ça n'existe dans aucun métier.
01:23:29Merci M. le ministre.
01:23:31Il n'y a pas d'autres questions.
01:23:33Nous vous remercions,
01:23:34je crois,
01:23:36tous ensemble
01:23:36de la qualité
01:23:37des échanges
01:23:38que vous nous avez permis.
01:23:39Je pense que le rapporteur
01:23:40trouvera pas mal d'idées
01:23:42pour nourrir son rapport.
01:23:44Voilà pour cette audition
01:23:46de l'ancien ministre
01:23:47de l'Éducation nationale
01:23:48Vincent Péillon.
01:23:49Cette semaine,
01:23:50la commission d'enquête
01:23:51s'est aussi penchée
01:23:52sur le cas spécifique
01:23:53des violences périscolaires
01:23:54à Paris.
01:23:55Au 31 août,
01:23:56il y a eu au total
01:23:57195 suspensions
01:23:59d'animateurs périscolaires
01:24:00dont 74 pour suspicion
01:24:02de violences sexuelles.
01:24:04Ça c'est à Paris.
01:24:05Les explications
01:24:05en longueur
01:24:06de l'ancienne maire de Paris
01:24:07Anne Hidalgo
01:24:08étaient donc très attendues
01:24:09et elles ont eu lieu
01:24:10à mardi.
01:24:11Anne Hidalgo
01:24:11a exprimé
01:24:12des regrets immenses.
01:24:14On regarde un extrait.
01:24:15Mes premières paroles
01:24:16seront bien sûr
01:24:17pour toutes les petites parisiennes
01:24:19et les petits parisiens
01:24:20victimes de prédateurs sexuels
01:24:22dans l'enceinte de l'école
01:24:24et dans le cadre
01:24:25des activités périscolaires.
01:24:27Ces paroles vont aussi
01:24:29directement à leurs parents.
01:24:31Je veux dire ici
01:24:32que pour moi
01:24:33c'est une douleur
01:24:34et une blessure
01:24:35que de savoir
01:24:36que des enfants
01:24:37étaient victimes
01:24:37de prédateurs sexuels
01:24:39alors que leurs parents
01:24:40nous les avaient confiés
01:24:41et que nous en avions
01:24:43la responsabilité.
01:24:44Je veux donc dire
01:24:45à toutes les victimes,
01:24:46à leur famille,
01:24:47toute ma compassion,
01:24:49dire mes regrets
01:24:50immenses pour ce qu'elles ont subi.
01:24:52J'ai été et je suis
01:24:53du côté des victimes.
01:24:55Lorsque des adjoints
01:24:56qui m'étaient proches
01:24:57ont été mis en cause
01:24:58dans des faits
01:24:58délictueux ou criminels,
01:25:00ce qui a été le cas,
01:25:01ma main n'a pas tremblé.
01:25:03Je les ai démis
01:25:04de leur responsabilité
01:25:05et j'ai saisi le parquet
01:25:06afin de dénoncer
01:25:07les faits dont j'avais connaissance.
01:25:09Et si nous sommes ici
01:25:10devant vous aujourd'hui,
01:25:11c'est parce que
01:25:12nos institutions,
01:25:14méritent Paris,
01:25:15collectivité locale,
01:25:16éducation nationale,
01:25:17police, justice,
01:25:19malgré les actes posés
01:25:21et malgré la conscience réelle
01:25:23des abus sexuels
01:25:24dont sont victimes
01:25:24nos enfants dans notre pays,
01:25:26nos institutions ont failli
01:25:28dans la protection
01:25:29de nos enfants.
01:25:30Et c'est un échec collectif.
01:25:32Et nous avons un devoir
01:25:34de vérité.
01:25:35Et c'est ce devoir de vérité
01:25:36que je veux accomplir
01:25:37devant vous
01:25:38afin de permettre aux victimes
01:25:40d'obtenir réparation
01:25:42et de se reconstruire.
01:25:44C'est le respect
01:25:45que nous leur devons.
01:25:46Certains d'entre vous
01:25:47ici au Sénat
01:25:48sont également des élus locaux,
01:25:50ont été maires
01:25:51et savent que le rôle du maire
01:25:53c'est de protéger
01:25:54les habitants
01:25:55quelle que soit
01:25:55la taille de la commune
01:25:56et quelle que soit
01:25:58d'ailleurs
01:25:58la couleur politique
01:26:01du maire.
01:26:02J'ai été première adjointe,
01:26:04vous l'avez dit,
01:26:04pendant 13 ans,
01:26:05maire de Paris
01:26:06pendant 12 ans,
01:26:0725 années
01:26:07durant lesquelles
01:26:08nous avons connu
01:26:09beaucoup d'épreuves
01:26:10à Paris
01:26:11et où j'ai en permanence
01:26:12cherché à protéger
01:26:13les parisiennes
01:26:14et les parisiens.
01:26:15Sous mon mandat
01:26:16et à ma connaissance,
01:26:17je peux le dire,
01:26:18la ville et son administration
01:26:19ont appliqué la loi.
01:26:21Oui, la loi Payon
01:26:22du 8 juillet 2013
01:26:24a modifié
01:26:24les rythmes scolaires
01:26:25en consacrant
01:26:26le principe
01:26:27de la semaine
01:26:27de 4 jours et demi.
01:26:28Et à Paris,
01:26:29oui,
01:26:30pendant la campagne
01:26:30des municipales
01:26:31de 2013,
01:26:32j'avais annoncé
01:26:33que si j'étais
01:26:33élue maire de Paris,
01:26:35je mettrais en oeuvre
01:26:36cette réforme.
01:26:37Et d'ailleurs,
01:26:38je l'ai fait
01:26:39après mon élection.
01:26:41Mais au-delà
01:26:41de l'obligation légale,
01:26:43c'était pour moi
01:26:44et pour mon équipe
01:26:45un choix d'égalité,
01:26:46je veux le dire ici,
01:26:47permettre à tous les enfants,
01:26:48notamment à ceux
01:26:49dont les familles
01:26:50n'ont pas les moyens
01:26:50de financer
01:26:51les activités culturelles
01:26:52ou sportives
01:26:53après l'école,
01:26:54d'y avoir
01:26:55un accès gratuit.
01:26:56C'était aussi
01:26:56un choix social
01:26:57et d'égalité
01:26:58entre les femmes
01:26:59et les hommes
01:26:59pour permettre aux familles,
01:27:00donc aux femmes,
01:27:02de mieux concilier
01:27:02les temps de vie
01:27:04et de travail.
01:27:05D'ailleurs,
01:27:05la Chambre régionale
01:27:06des comptes,
01:27:07le rapport vous a été remis
01:27:08dans un rapport
01:27:09du 25 juillet 2025
01:27:10portant sur l'école
01:27:12à Paris
01:27:12de 2019
01:27:14à 2025,
01:27:15évalue positivement
01:27:16cette mise en place
01:27:17du périscolaire.
01:27:19Et cette politique publique
01:27:20a été renforcée
01:27:21au fil de deux ans.
01:27:22Mais quelques chiffres
01:27:23sur la réalité parisienne.
01:27:24A la rentrée 2025,
01:27:27620 écoles à Paris
01:27:28accueillant 101 299 élèves,
01:27:3239 214 accueillies
01:27:35dans 267 écoles maternelles
01:27:37ou polyvalentes,
01:27:3862 085 enfants accueillis
01:27:41dans 270 écoles élémentaires
01:27:43ou polyvalentes.
01:27:44Ce sont 10 259 professionnels,
01:27:48dont 4 290 vacataires
01:27:51qui ont travaillé
01:27:52pour le périscolaire parisien.
01:27:53Le budget de fonctionnement
01:27:55de la Dasco,
01:27:55puisque ce sont des questions
01:27:56que vous m'avez posées,
01:27:58s'élevait en 2025
01:27:59à 259 millions d'euros.
01:28:02C'est la fin de cette audition
01:28:03d'Anne Hidalgo,
01:28:04l'ancienne maire de Paris.
01:28:05Une audition qui a duré
01:28:07au total plus de deux heures
01:28:09et qui est à retrouver
01:28:09en intégralité
01:28:11et en replay
01:28:11sur notre site internet.
01:28:13100% Sénat,
01:28:14c'est fini pour aujourd'hui.
01:28:15Merci beaucoup de votre fidélité.
01:28:16Merci de nous avoir suivis.
01:28:18Très bonne journée
01:28:18sur Public Sénat.
01:28:19Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:21Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:27Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:29Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:29Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:30Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations