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Une conférence présentée par Hervé Joly, directeur de recherche au CNRS

La défaite de juin 1940 entraîne une perturbation considérable des transports de voyageurs en France. Il y a bien sûr des obstacles géopolitiques – les conventions d’armistice, la division du pays en zones et la domination maritime britannique –, mais la principale contrainte est la pénurie de carburants, liquides en particulier. L’entre-deux-guerres a été marqué par un recours massif au pétrole, avec le développement de l’automobile, de l’autobus urbain, de l’autocar rural, de l’autorail ferroviaire, des paquebots au Diesel et de l’aviation commerciale. Toutes ces nouvelles motorisations sont remises en cause par l’interruption des approvisionnements pétroliers extérieurs, dont la France est entièrement dépendante. Il lui faut faire avec de maigres stocks quand ils ne sont pas confisqués par l’occupant. Hervé Joly retrace ici la manière dont les différents modes de transport se sont adaptés et celle dont les Français se sont, malgré tout, beaucoup déplacés, pour le meilleur ou pour le pire.

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Transcription
00:07Bonjour à tous. Pour cette première conférence du Comité d'Histoire de la saison 2026-2027,
00:19consacrée aujourd'hui à la thématique transport, on est très heureux d'accueillir au Comité d'Histoire
00:26Hervé Joly, qui est directeur de recherche CNRS au laboratoire Triangle, laboratoire à l'Université de Lyon.
00:37C'est le consortium universitaire qui s'appelle comme ça désormais, le consortium de l'Université de Lyon.
00:43On est très heureux d'accueillir Hervé Joly pour une présentation de son dernier livre, qui est ici,
00:581940-1944. Alors ça peut paraître curieux, en définitive, d'inviter un historien sur cette période,
01:05en plus une période si courte, en définitive, quatre ans. Qu'est-ce que c'est quatre ans ?
01:09Oui, sauf que c'est évidemment quatre ans décisifs dans l'histoire des transports en France, en définitive,
01:16et Hervé Joly le montre très bien dans cet ouvrage, puisque c'est pas forcément connu de tous.
01:25On connaît les rationnements, on connaît les tickets, on connaît moins toute la politique,
01:30et c'est ça qui nous occupe au ministère, de réglementation des transports, précisément,
01:35puisqu'en fait, entre 40 et 44, pas dessus, mais on peut pas circuler en automobile comme on souhaite.
01:41Il faut faire partie de professions réglementées, listées, dans un décret signé, ou en tout cas,
01:51au nom du maréchal Pétain, puisqu'on est sous l'état de Vichy, avec d'ailleurs des statistiques
01:58assez intéressantes lorsqu'on s'intéresse à la logique de transition écologique et de transition énergétique,
02:03puisqu'on est passé, en basse 100, en consommation de pétrole, on est passé de 100 à 8, 5, quelque
02:12chose comme ça.
02:13Donc là, c'est la transition énergétique forcée, donc c'est intéressant, quelque part, c'est quelque chose qui est
02:19devant nous,
02:20je veux dire, espérons que ça sera pas aussi rapide, parce que c'est vrai que les chiffres que vous
02:26présentez,
02:26si je dis pas de bêtises, c'est entre 38 et 40, donc en fait, vraiment, en deux ans, la
02:30basse 100 qui tombe à 8, ça pique quand même.
02:33En termes d'approvisionnement énergétique, et du coup, comment on se déplace ?
02:38Comment être mobile dans la France occupée ?
02:43Il y a évidemment la question des contrôles, etc., mais c'est pas le cœur de ce qui nous intéresse,
02:48c'est vraiment comment se déplacer dans la France occupée ?
02:51Alors, dans le livre, Hervé Joly commence, et c'est très pédagogique en ce sens, par mode.
02:58Donc, on commence avec les automobiles, avec la route, avec le chemin de fer,
03:04ensuite, on passe aussi par la bicyclette, la marche à pied, effectivement,
03:09et après, on rentre plus, effectivement, dans des analyses qui sont intéressantes
03:14et qui, là, nous occupent au premier plan au ministère,
03:17puisque c'est comment organiser la pénurie, comment se déplacer,
03:22et aussi avec une mention particulière, parce que c'est assez rare qu'on le fasse,
03:25sur les ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale, ou du moins, la France occupée,
03:29plutôt la France occupée, c'est les mobilités maritimes qui sont traitées en tant que telles,
03:35et ça, c'est vraiment important de le noter, parce qu'on l'oublie toujours.
03:40Aussi, les ports, aussi, naviguer de port en port n'était pas si évident, en fait,
03:44aussi sur la période, et donc, vraiment, cet ouvrage est extrêmement intéressant,
03:50et c'est pour ça que je souhaitais que Hervé Joly nous le présente,
03:53parce qu'en fait, je crains que ça ne soit pas que de l'histoire sur bien des sujets,
04:00et en tout cas, je pense qu'on peut tirer des réflexions
04:04qui peuvent nourrir des perspectives, on va le dire comme ça.
04:09Donc, merci beaucoup, Hervé Joly, d'être présent aujourd'hui.
04:12Donc, je vous laisse la parole pour 45-50 minutes,
04:16et on suivra ensuite avec des échanges avec la salle et en ligne,
04:19puisqu'on est suivi dans les DDT, DDTM et Dreal.
04:22D'accord, merci beaucoup, Benoît.
04:25Bon, ben, merci d'être là, de prendre le temps sur votre pause déjeuner.
04:31Alors, effectivement, je vais essayer rapidement de présenter ce livre.
04:35Alors, je ne pourrais pas évoquer tous les aspects,
04:38mais je vais essayer de résumer, d'évoquer les aspects les plus importants.
04:43Donc, l'idée, c'est de s'intéresser, effectivement, au transport et à leur mode,
04:47mais aussi, ce qui est un peu une nouvelle tendance de l'historiographie,
04:51à s'intéresser aux mobilités individuelles et collectives.
04:54Alors, effectivement, dans une période particulière, celle de l'occupation.
04:57Alors, j'appelle l'occupation, sachant qu'une partie de la France n'est pas occupée jusqu'en novembre 1942,
05:02mais on verra que les contraintes qui pèsent sur elle sont à peu près les mêmes.
05:07L'étude porte sur la seule métropole, amputée de l'Alsace-Moselle, annexée à l'époque.
05:15La situation des colonies est trop diverse et complexe pour être appréhendée,
05:18même si je les évoque, notamment pour les transports maritimes et aériens
05:22dans leur liaison avec la métropole.
05:24L'étude s'arrête à la libération, même si elle n'est, bien sûr, cette libération,
05:29pas marquée par un retour immédiat à la normale dans les transports.
05:33Or, l'impact des pénuries va subsister encore un certain temps.
05:40Alors, la période est marquée par des contraintes géopolitiques évidentes, bien sûr,
05:45qui limitent les déplacements, mais aussi, Benoît a fait déjà l'allusion,
05:50par des contraintes énergétiques.
05:54Alors, effectivement, c'est l'idée du livre que je n'ai pas conçue que comme historien.
06:02C'est aussi un précédent intéressant pour notre époque, faire brutalement, presque sans pétrole,
06:07même si celui-ci n'avait pas à l'époque l'importance en termes de consommation qu'il a aujourd
06:13'hui.
06:14C'est aussi un livre qui a été conçu dans ses débuts pendant la crise sanitaire,
06:20qui a aussi impacté, entraîné une forte restriction des mobilités.
06:25Et donc, l'idée aussi de ce livre, c'est quelles leçons peut-on tirer de cette période très particulière
06:33de l'occupation ?
06:34Est-ce qu'il y a des pistes pour une indispensable décarbonation de nos transports et de nos mobilités ?
06:39Alors, les contraintes géopolitiques.
06:45Évidemment, dès la déclaration de guerre en septembre 1939,
06:49les déplacements vers l'Allemagne deviennent impossibles.
06:54La SNCF interrompt son trafic vers l'Allemagne.
06:58Air France, qui a déjà des vols commerciaux, interrompt ses vols vers Berlin et Bucarest.
07:04Avec la défaite de juin 1940, c'est évidemment à l'inverse le trafic vers les îles britanniques qui s
07:09'arrête.
07:11En revanche, les voyages vers l'Allemagne ou l'Italie redeviennent possibles.
07:16Et ce, vers les pays neutres, Suisse, Espagne, Portugal.
07:21Le reste, au moins jusqu'en novembre 1942, est l'occupation de la zone sud.
07:26Les règles de l'armistice et la division de la France en zone, que vous voyez sur cette carte,
07:30entraînent des restrictions fortes.
07:32Difficulté, bien sûr, de franchir la ligne de démarcation entre la zone nord occupée et la zone sud non occupée.
07:39Restriction des retours vers les zones interdites frontalières, en particulier.
07:44Mais un point important, c'est qu'il n'y a pas de restriction de principe au voyage dans chaque
07:50zone.
07:50On peut voyager assez librement, on va voir comment, aussi bien dans la zone nord que dans la zone sud.
08:03Deuxième contexte important, qui va être beaucoup plus important, comme l'a dit Bonovaio, dans ce que je vais évoquer,
08:12les pénuries énergétiques.
08:14Alors, il s'agit d'abord des pénuries de charbon.
08:17La France, qui a toujours été dépendante d'importations extérieures pour l'ensemble de son charbon,
08:25perd ses importants approvisionnements de charbon importés de Grande-Bretagne et également de Belgique.
08:35Et même une partie de sa production du Nord-Pas-de-Calais est détournée directement vers l'Allemagne.
08:39Donc, la France perd plus d'un tiers de sa production de charbon, relance des exploitations plutôt dans le sud
08:47de la France.
08:47Bon, la situation n'est pas aussi dramatique que celle du pétrole, où là, la France importait, avant la guerre,
08:5499% de sa consommation.
08:59Et il y avait 1% qui venait, en plus, du gênement de Peschelbronn en Aljace, qui se retrouve en
09:05Allemagne annexée, donc qui est aussi perdue.
09:07Et en plus, ce pétrole était importé, pour l'essentiel, hors d'Europe, Irak, Amérique du Sud, etc.
09:14Le blocus britannique entraîne l'arrêt de ces importations.
09:18Le pays se retrouve dépendant de quelques livraisons qui passent par l'Allemagne, qui arrivent au compte-gouttes de Roumanie.
09:25Et sinon, on doit tenir, pour l'essentiel, sur les stocks, mais des stocks qui, comme aujourd'hui, étaient un
09:31peu prévus pour quelques mois d'une consommation normale.
09:34Donc, en gros, vous voyez, la baisse, notamment pour le carburant automobile extrêmement spectaculaire, des contingents disponibles entre 38 et
09:4341,
09:44qu'on doit faire avec moins de 10% de la consommation habituelle, plutôt même de près de l'ordre
09:54de 5%.
09:55Alors, quel est l'impact sur les transports ?
10:00Le charbon pèse encore beaucoup dans les transports, avec, bien sûr, dans le ferroviaire, les machines à vapeur,
10:08qui représentent encore plus des trois quarts du trafic, et une bonne part du trafic fluvial et maritime.
10:18Il y a de la motorisation électrique dans les années 30, avec les tramways dans beaucoup de villes,
10:26mais ils sont en déclin, puisque la période des années 30 a été marquée par la fermeture ou réduction de
10:39nombreux réseaux.
10:40Donc, vous voyez, la France avait, dans les années 20, plus de réseaux de tramways qu'elle en a aujourd
10:48'hui,
10:48bien plus, dans des villes moyennes, qui n'en ont pas encore aujourd'hui.
10:55Mais la période des années 30 avait été marquée par de nombreuses fermetures,
11:00soit complètes de réseaux dans des villes moyennes, et même à Paris, en 1938,
11:07ou au moins par la réduction, avec la fermeture de certaines lignes.
11:15Et on a bien, en revanche, une électrification qui commence à se faire,
11:20qui a commencé à se faire depuis le début du XXe siècle, des lignes ferroviaires,
11:25notamment banlieues parisiennes et surtout grandes lignes,
11:29mais cette électrification est très lente, réduite à la région sud-ouest pour l'essentiel,
11:35la ligne Paris-Bordeaux en particulier, un peu plus de 3000 kilomètres sont électrifiés,
11:41soit au moins de 8% du réseau SNCF.
11:45Alors, le pétrole occupe, dans l'ensemble des transports, une place croissante dans les années 30,
11:53le développement de l'automobile, bien sûr,
11:56le remplacement massif des tramways et des chemins de fer d'intérêts locaux
12:00par des autobus et des autocars,
12:05évidemment pour les marchandises, par des camions,
12:08le recours massif à l'autorail par la SNCF
12:13pour les lignes secondaires, c'est la fameuse Michelin,
12:18le passage pour la navigation
12:22aux chaudières mazoutes
12:25ou même à la motorisation diesel
12:28et puis, bien sûr,
12:31le développement de l'aviation commerciale
12:33qui est entièrement dépendant du pétrole.
12:38Alors, un mot sur l'importance croissante
12:40de l'automobile dans les années 30.
12:43En 1938, on en est à 1,8 million de voitures particulières
12:48pour 42 millions d'habitants.
12:51On est évidemment très, très loin
12:52des quelques 40 millions de véhicules immatriculés aujourd'hui,
12:57même si on est passé entre temps à 67 millions d'habitants.
13:00L'automobile restait un luxe,
13:04mais un luxe important
13:06parce que, certes,
13:08c'est 1,8 million de véhicules,
13:12de voitures particulières en 1938.
13:15Il concerne les classes aisées
13:17qui vont s'en servir pour un usage de loisirs,
13:21sorties familiales, vacances, etc.
13:24Mais l'usage de l'automobile
13:27ne se réduit pas au loisir
13:31si, globalement, les ouvriers n'en ont pas.
13:36L'automobile est aussi très répandue
13:39dans les professions indépendantes
13:41qui se déplacent.
13:43On peut penser aux médecins,
13:45aux notaires, aux curés, à la campagne,
13:50mais aussi aux milieux commerçants,
13:52artisans, voire paysans.
13:55Il y a tout un usage professionnel de l'automobile
13:59qui s'est beaucoup développé.
14:01L'automobile joue un rôle essentiel
14:03dans le ravitaillement du monde rural.
14:07Ceux qui profitent de l'automobile
14:11sont plus nombreux que ceux qui en possèdent.
14:13En cas d'urgence, par exemple,
14:15on a toujours un voisin
14:16qui peut emmener à l'hôpital,
14:21en automobile.
14:24Alors, en juin 40,
14:27juin-juillet 40,
14:29avec la défaite,
14:32les restrictions à la circulation automobile
14:36qui existaient déjà depuis septembre 39.
14:39La France, comme elle était dépendante
14:42d'importation pour le pétrole
14:44et qu'elle souhaitait prioriser le pétrole
14:51pour l'armée,
14:53avait déjà introduit certaines restrictions
14:54à la circulation automobile,
14:56des bons d'essence,
14:57en particulier dès septembre 39,
14:58mais les restrictions deviennent
15:00beaucoup plus fortes après la défaite.
15:03Dès juillet 40,
15:04les autorités d'occupation
15:06et les préfets multiplient
15:07les décisions locales
15:08de restriction du trafic.
15:09Et une loi de Vichy,
15:12dès le 27 août 40,
15:14alors loi, entre guillemets,
15:15puisque qui n'a évidemment pas été adoptée
15:17par le Parlement,
15:18généralise ces restrictions
15:20à l'ensemble du pays.
15:22Et cette loi prévoit
15:23que la circulation automobile
15:25est suspendue
15:26à l'obtention d'une autorisation spéciale
15:29dont ne peuvent bénéficier
15:30que les véhicules strictement indispensables
15:32au fonctionnement des services publics
15:34ou d'intérêts publics,
15:35aux services de ravitaillement
15:37et aux exploitations
15:39présentant un intérêt essentiel
15:41pour la vie du pays.
15:43Alors, reste évidemment
15:44un débat qu'on a reconnu
15:46il n'y a pas si longtemps
15:47à définir ce qui va être
15:48un intérêt essentiel.
15:50Beaucoup de professions
15:51vont plaider
15:53l'intérêt essentiel
15:54avec plus ou moins de succès.
15:57Mais un point important,
15:59c'est que c'est l'autorisation
16:01qui est l'exception.
16:02Le principe est que,
16:03normalement,
16:04une automobile doit rester au garage
16:05dans la période.
16:07Et l'autorisation de circuler
16:09ne peut pas être auto-attribuée,
16:11comme c'était le cas en 2020,
16:13il va falloir l'obtenir
16:14des autorités préfectorales.
16:16Et en plus,
16:17à ces autorisations
16:18d'utiliser un véhicule
16:19va s'ajouter un contingentement
16:20de l'essence.
16:21On attribue des quotas de litres
16:24à chaque utilisateur.
16:26Alors, un arrêté du 29 ou 40
16:28va appliquer la loi immédiatement
16:31aux véhicules automobiles
16:32circulant à l'essence
16:33et au gasoil
16:37avec la restriction supplémentaire
16:39que pour les véhicules
16:41qui ne relèvent pas
16:42des services publics
16:43et qui circulent
16:44pour des besoins jugés
16:46indispensables,
16:46les autorisations ne seront données
16:47qu'à titre temporaire.
16:49Au départ,
16:50les motorisations alternatives
16:51sont donc pour l'instant
16:53non limitées,
16:54qu'elles soient
16:55au gaz de ville,
16:56à l'acétylène,
16:57au gazogène
16:58ou à l'électricité.
17:00Mais ce n'a duré pas,
17:01car en décembre,
17:02l'existence de l'autorisation
17:03est étendue
17:04aux véhicules automobiles
17:05de toute catégorie.
17:06Parce qu'en fait,
17:07les pénuries ne touchent pas
17:08que l'essence,
17:09pas question non plus
17:10de gaspiller les autres matières,
17:12gaz de ville,
17:13charbon de bois
17:13ou électricité.
17:15Et en plus,
17:16tous les véhicules autorisés
17:17nécessitent,
17:18comme tout ce qui circule,
17:19des lubrifiants
17:20qui sont également en pénurie.
17:21Et puis,
17:22s'y ajoutent aussi
17:23les pénuries de pneumatiques
17:25avec l'arrêt
17:26des importations
17:28de caoutchouc naturel.
17:29Alors,
17:30les pénuries ne touchent pas
17:31que la circulation automobile.
17:34Dès 40,
17:34les transports
17:35par autocar
17:36et autobus
17:36sont largement à l'arrêt.
17:38Déjà,
17:38en septembre 1939,
17:39ils avaient été affectés
17:40par les réquisitions militaires
17:41que l'armée avait saisi
17:44de nombreux véhicules
17:46de transport.
17:47Donc,
17:48ces véhicules
17:49sont largement à l'arrêt
17:50en juillet 40,
17:51faute d'essence,
17:53sauf à se convertir
17:54à des modes de transport
17:56alternatifs,
17:57comme le gazogène.
18:00Vous avez ici
18:01un exemple
18:02de bus
18:03à gazogène
18:03à Lyon
18:05qui va devenir
18:06la principale alternative
18:07dans la période.
18:09Bon,
18:09évidemment,
18:10ce n'est pas tout à fait
18:11ce qu'on peut considérer
18:12aujourd'hui
18:12comme une motorisation
18:13d'avenir.
18:14Ce n'est pas très écologique.
18:15Ça implique...
18:16C'est très polluant,
18:18même si c'est du bois
18:20et du charbon de bois.
18:22Ça entraîne
18:23notamment beaucoup
18:24d'abattage de bois
18:26et c'est peu pratique.
18:27Ça nécessite
18:28une longue préparation
18:30adaptée
18:31à des courts trajets
18:32et avec aussi
18:33un déficit de puissance
18:34qui fait que les autocars
18:35à gazogène,
18:36par exemple,
18:36sont peu adaptés
18:37dans les zones montagneuses.
18:40Les autorails
18:41de la SNCF
18:42et des chemins de fer
18:43d'interrol locaux
18:44sont tous aussi
18:46à peu près à l'arrêt,
18:47sauf quelques-uns
18:48qui vont aussi être
18:50convertis au gazogène,
18:51mais avec peu de succès
18:52parce que, justement,
18:53la puissance est insuffisante.
18:54Le transport fluvial
18:56et maritime
18:57est aussi freiné.
18:58Alors, pour les bateaux
18:59qui étaient passés
19:00aux vapeurs mazoutes,
19:01on essaye de faire
19:02de la rétroconversion
19:03en rétablissant
19:05les chaudières au charbon.
19:07Évidemment,
19:08pour ceux qui sont déjà
19:09passés au moteur diesel,
19:10c'est impossible.
19:12Bon, pour le trafic maritime,
19:15le sol qui concerne
19:16les passagers
19:17et qui m'occupent,
19:19le trafic est de toute façon
19:20restreint.
19:21Tout s'arrête
19:22sur le littoral
19:23mer du Nord-Manche-Atlantique.
19:25Il n'y a plus de trafic
19:26que depuis les côtes
19:27méditerranéennes.
19:28Et si l'Afrique du Nord
19:30ou l'Afrique occidentale
19:34restent des destinations
19:35sûres jusqu'en novembre 1942
19:37et le débarquement
19:38allié en Afrique du Nord,
19:39les autres destinations,
19:40notamment vers l'extrême-orient,
19:42sont beaucoup plus aléatoires
19:43avec des risques
19:44d'arraisonnement
19:45par la marine britannique.
19:46après novembre 1942,
19:49débarquement allié
19:49en Afrique du Nord,
19:50tout le trafic maritime
19:51s'arrête,
19:52sauf vers la Corse,
19:54où il va se prolonger
19:55jusqu'en septembre 1943
19:57et la libération de l'île,
20:00avec quelques risques quand même,
20:02puisqu'en mai 1943,
20:04un paquebot sera torpillé
20:06entre Ajaxio et Nice,
20:07faisant 137 victimes.
20:10Le trafic aérien,
20:11évidemment sans alternative
20:13de carburant,
20:14est lui aussi fortement freiné,
20:15mais d'abord pour des raisons
20:16géopolitiques.
20:17La convention d'armistice
20:19commence d'abord
20:20par une interdiction générale
20:21de principe
20:22de faire voler un avion
20:23en France occupée,
20:25sauf autorisation spéciale
20:26de l'occupant.
20:28L'occupant ne va accorder
20:29cette autorisation
20:30qu'en zone non occupée
20:32et vers le continent africain
20:34ou au sein de celui-ci.
20:36Et donc,
20:36à partir d'octobre 1940,
20:40Air France rétablit,
20:42c'est assez peu connu,
20:43des vols intérieurs
20:46avec des avions de ce type,
20:48avec une liaison circulaire
20:50quotidienne dans les deux sens,
20:52Marseille-Toulouse-Vichy-Lyon-Marseille,
20:56des vols Marseille-Ajaccio-Marseille-Alger,
21:00d'où ensuite sont desservis
21:02l'ensemble de l'Afrique du Nord,
21:03de l'Afrique équatoriale
21:04et occidentale française.
21:06Ces vols intérieurs
21:08tendront à se restreindre
21:09par manque de carburant
21:10dans les deux années suivantes,
21:11avant de s'interrompre totalement
21:13en novembre 1942
21:15avec l'occupation
21:17de la zone sud.
21:19La France libre,
21:20elle, reprend des vols
21:22dès cette époque
21:23avec les avions d'Air France
21:25qui étaient
21:26en sa possession,
21:28dans les avions
21:29qui la rallient,
21:31mais ça se fait
21:32indépendamment
21:33de la direction parisienne
21:34d'Air France
21:34et des autorités de Vichy.
21:37De toute façon,
21:38on arrivait en novembre 1942
21:40à des pénuries
21:40de carburant aviation
21:41telles
21:42qu'Air France
21:43n'aurait pas pu très longtemps
21:44continuer son trafic.
21:47Alors,
21:48revenons à l'automobile.
21:50Des restrictions
21:50très sévères
21:52de circulation
21:53sont mises en place
21:57avec des restrictions
21:58qui vont aller croissantes
21:59au fil de la période
22:03avec des autorisations
22:06de circuler
22:08qui sont accordées
22:10ou refusées.
22:11On voit ici
22:12des exemples
22:13dans la Creuse.
22:15Là,
22:15il s'agit en l'occurrence
22:16d'agriculteurs
22:18qui essayent
22:19de plaider
22:20qu'ils ont
22:20des livraisons
22:21à faire
22:22et pour l'un,
22:22ça marche,
22:23pour l'autre,
22:23ça ne marche pas.
22:25On arrive,
22:26l'objectif en 1943
22:29est d'autoriser
22:31173 véhicules
22:32pour 100 000 habitants,
22:35ce qui ne ferait plus
22:36que 70 000 véhicules
22:39autorisés
22:39pour toute la France
22:40sur 1,8 million
22:41au départ.
22:43Alors,
22:43on va avoir
22:43des débats infinis
22:44sur les professions
22:45qui peuvent être
22:46autorisées à circuler
22:47avec des interprétations
22:49qui peuvent varier
22:50selon les départements.
22:51On estime,
22:52par exemple,
22:52souvent qu'un épicier
22:54qui peut se faire livrer
22:55n'a pas besoin
22:55de voiture.
22:57On va débattre
22:58sur savoir
22:58est-ce qu'un notaire,
22:59un comptable,
23:00un assureur
23:01a besoin d'une voiture.
23:03Les autorisations
23:04sont aussi restreintes
23:05dans le temps
23:06et dans l'espace.
23:07Dans le monde rural,
23:09on va s'efforcer
23:09d'autoriser
23:10au moins un véhicule
23:11par commune,
23:12un professionnel
23:13qui le justifie,
23:16avec pour mission
23:17d'assurer
23:18les éventuelles urgences
23:19pour d'autres habitants,
23:21hospitalisations par exemple.
23:22Les maires disposent
23:24pour cela
23:24d'un volant d'autorisation
23:26dit omnibus
23:27à distribuer
23:28pour la journée
23:28pour quelqu'un
23:29qui aurait une urgence.
23:31Les autorisations aussi
23:33ne sont pas permanentes.
23:34Elles ne sont souvent
23:35valables que dans la journée,
23:36parfois que certains jours,
23:38en semaine,
23:41et pas la nuit.
23:43Les autorisations
23:45ne sont aussi valables
23:46souvent que pour
23:47un territoire restreint,
23:48un arrondissement,
23:49un département,
23:50éventuellement,
23:51si on a de la chance,
23:51les départements
23:52limitrophes.
23:53Le principe
23:54est d'essayer
23:55de prohiber
23:56tout détournement
23:56d'un véhicule
23:57à des fins privées.
23:59Il y a de nombreux contrôles,
24:00d'autant plus
24:00qu'il n'y a peu
24:01de circulation
24:01sur les routes,
24:02donc c'est assez facile
24:03de contrôler
24:04et il y a beaucoup
24:05de contrôles
24:06qui sont faits
24:07par les gendarmeries
24:08pour la bonne application
24:11des autorisations
24:12et des restrictions
24:13de circulation.
24:14Par exemple,
24:16voyager
24:16avec une femme
24:18comme passagère
24:19est d'emblée suspect
24:20puisque les femmes
24:22n'étant pas supposées
24:22travailler sous le régime
24:23de Pétain,
24:25si on voyage
24:26avec une femme,
24:27c'est qu'on suppose
24:27que ce n'est pas forcément
24:28à des fins professionnelles,
24:31d'autant plus
24:31si ce n'est pas
24:33l'épouse régulière,
24:35évidemment.
24:36Comme ça,
24:36certains se sont fait coincer.
24:39Être contrôlé aussi
24:40en transportant
24:42des victuailles
24:42et suspects
24:43puisqu'on est censé
24:44le faire
24:46pour des raisons
24:47professionnelles.
24:49On restreint aussi
24:51les cylindrés
24:52pour moins consommer
24:53d'essence.
24:53Ils ne sont autorisés
24:54à circuler
24:55que des véhicules
24:56de moins de 14 chevaux
24:57puis moins de 12 chevaux.
24:58Mais à chaque fois,
24:59les textes prévoient toujours
25:00sauf dérogation.
25:01Et le nombre
25:03de demandes
25:04de dérogation
25:04est considérable.
25:05Plein de gens plaident
25:06que malheureusement,
25:07leur véhicule
25:07fait 18 chevaux
25:08et qu'ils ne peuvent
25:09pas s'en passer,
25:10etc.
25:10donc demandent
25:11une dérogation.
25:14Donc,
25:15les autorisations
25:16sont souvent
25:18accordées.
25:19Notamment,
25:20les autorités
25:21se les accordent
25:22à elles-mêmes.
25:22On voit que
25:23préfets,
25:24ministres,
25:25hauts fonctionnaires,
25:26etc.
25:27sont souvent
25:28les premiers
25:28à circuler
25:30avec de gros véhicules
25:31jusqu'à 32 chevaux
25:32et à bénéficier
25:34de faveurs.
25:36Alors,
25:37un grand espoir
25:38qui a eu lieu
25:39à l'automne 40,
25:42avec la limitation
25:42des seules voitures
25:44au départ
25:45de la circulation
25:46des seules voitures
25:47à essence,
25:48on constate
25:50un engouement
25:51pour la voiture électrique
25:57qui devient
25:59un...
26:01on a l'idée
26:01que ce véhicule
26:02va pouvoir
26:03se répandre
26:04et représenter
26:05une alternative.
26:06le gazogène,
26:07lui,
26:08on l'envisage
26:08plutôt
26:09parce qu'il est lourd
26:10pour les véhicules
26:11utilitaires.
26:13Alors,
26:13la voiture électrique
26:14n'est pas une nouveauté
26:15à l'époque
26:16en France.
26:17Elle avait été,
26:19on l'oublie
26:20parfois,
26:21une concurrente
26:23sérieuse
26:24aux véhicules
26:24à essence
26:25dans les années
26:251890,
26:26au moment
26:26du développement
26:28des premières
26:29automobiles,
26:29parce qu'à l'époque,
26:31elle était perçue
26:31comme plus facile
26:32à démarrer,
26:33notamment,
26:33pas de manivelle,
26:34où on n'avait pas
26:35de démarreur
26:35sur les voitures,
26:37donc la voiture
26:38électrique,
26:38c'était plus simple,
26:39mais rapidement,
26:41après quelques années,
26:42le match
26:44essence électrique
26:45a été perdu
26:46par l'électrique
26:46parce que
26:47les faibles performances,
26:49problème que l'on connaît
26:50bien de vitesse
26:51et surtout
26:52d'autonomie
26:53du véhicule électrique,
26:56l'avaient marginalisés
26:57par rapport
26:57à l'essence.
26:58Alors,
26:59il existait encore
26:59dans l'entre-deux-guerres
27:00des constructeurs
27:01de véhicules électriques,
27:02mais c'était
27:03plutôt pour des usages
27:05spécifiques,
27:07notamment
27:07dans des locaux
27:08intérieurs
27:10comme
27:10des camionnettes
27:12ou des chariots
27:12élévateurs
27:13dans des
27:14entrepôts,
27:15etc.
27:16Un peu aussi
27:18dans le ramassage
27:19des ordures urbaines,
27:20il y avait
27:21quelques véhicules électriques,
27:24mais
27:24pas d'automobiles
27:25particulières.
27:27Et
27:27si l'on se préoccupait
27:28dans les années 30
27:29de développer
27:30pour des raisons
27:31d'indépendance extérieure
27:33les carburants nationaux,
27:35qui était un grand thème
27:36des années 30,
27:38c'était plus
27:38avec à l'époque
27:39des carburants
27:41à base d'alcool,
27:42notamment
27:42ce qui permettait
27:43par ailleurs
27:44d'écouler
27:45les surplus
27:46de la vigne.
27:48Alors,
27:48à l'automne 40,
27:49l'électrique
27:50revient en force
27:52et les constructeurs
27:54automobiles
27:54ou d'autres industriels
27:55multiplient
27:56les prototypes
27:57de véhicules
27:58et prévoient
27:59d'en produire
28:00des milliers.
28:00On en fait
28:01des promotions,
28:03on en offre
28:04à des personnalités
28:05du régime,
28:05à des stars
28:06de cinéma,
28:07mais cette illusion
28:08retombe vite.
28:09D'une part,
28:11on avait aussi
28:11essayé de transformer
28:12des véhicules
28:14à essence
28:14en véhicules électriques,
28:16mais ils sont
28:17souvent trop lourds,
28:19donc ça ne marche
28:20pas très bien.
28:21Et puis,
28:21quand on a la construction
28:22de véhicules neufs
28:24comme celui-ci,
28:26plus léger,
28:27ils vont souffrir
28:28évidemment
28:28des pénuries
28:29de toutes sortes,
28:30notamment de plomb,
28:32à l'époque,
28:32elles n'étaient pas
28:33en lithium,
28:33de plomb
28:34pour les batteries.
28:36Et évidemment,
28:37avec ces batteries
28:38en plomb,
28:39les performances
28:40restaient médiocres.
28:43Finalement,
28:44face aux pénuries,
28:46en juillet 1942,
28:47l'État va interdire
28:49définitivement,
28:51pendant la période,
28:52la fabrication
28:53de voitures,
28:55de tourisme électrique.
28:57seuls 700 véhicules
28:59ont été mis en service
29:00entre 40 et 42.
29:02Et l'image
29:03de la motorisation
29:04électrique
29:06en a été
29:08durablement affectée
29:09parce que ça s'est fait
29:10dans des conditions
29:10qui n'étaient pas très bonnes
29:11avec des performances
29:12technologiques
29:15pas extraordinaires.
29:16Et on peut penser
29:17que ça pèse encore
29:18jusqu'à aujourd'hui
29:19dans les mémoires
29:21par rapport à certaines réticences
29:22sur le véhicule électrique.
29:25Alors,
29:26autre transformation
29:28de la période,
29:30le retour en grâce
29:30du tramway.
29:32À défaut de voitures
29:33ou d'autobus,
29:34le tramway devient
29:35dans les zones urbaines
29:36le seul mode de transport
29:39et zone urbaine,
29:40le tramway souvent
29:41s'étendait
29:42assez loin
29:43dans les agglomérations,
29:44parfois jusqu'au monde rural.
29:47Mais pour que ce tramway
29:49roule sous l'occupation,
29:51il faut que les installations
29:52existent encore.
29:52dans les villes
29:54où les réseaux
29:54avaient disparu
29:55dans les années 30,
29:56c'est souvent impossible.
29:58On a envoyé à la ferraille
30:00le matériel roulant,
30:01les rails ont été
30:05déférés
30:05ou sont
30:07sous le goudron des routes
30:09et les lignes électriques
30:11aériennes ont été démontées
30:12si elles n'ont pas été volées.
30:15Et même là
30:16où les réseaux subsistent,
30:18il n'est pas toujours possible
30:19de rétablir les circulations
30:21sur les lignes
30:22qui ont été abandonnées
30:23à l'autobus.
30:24On fait ce qu'on peut,
30:26mais on rétablit
30:27quand on peut
30:28et au moins
30:29on fait rouler
30:30là où ça
30:31avait continué
30:32de rouler
30:33avec, évidemment,
30:35faute de concurrence,
30:36un succès considérable.
30:37La fréquentation
30:38atteint des records,
30:40mais on roule
30:41dans de mauvaises conditions.
30:43les rames
30:44qui souvent
30:45sur les réseaux
30:46de l'époque
30:47ne sont pas renouvelées
30:48depuis les origines
30:49du tramway électrique
30:51au tournant
30:52des années 1900
30:54sont de plus en plus vétustes,
30:56sont mal entretenues
30:57avec le manque
30:58de lubrifiant
30:59et le tramway
31:01finit aussi
31:01par être victime
31:02des pénuries.
31:04Il faut,
31:05dans les années
31:05de 1943-1944,
31:07restreindre
31:07la consommation
31:08d'électricité.
31:09On supprime
31:10des arrêts,
31:10des portions finales
31:11de lignes,
31:12des circulations
31:13certains jours
31:13comme le dimanche
31:14ou en soirée.
31:17Même chose à Paris
31:18où le métro
31:22voit aussi
31:23sa circulation restreinte
31:24avec de nombreuses
31:25lignes fermées.
31:27Alors,
31:27cette relance
31:28paradoxale
31:29du tramway
31:30sous l'occupation
31:32avec ce succès
31:33de fréquentation
31:34mais dans de mauvaises conditions
31:35va affecter
31:37encore plus
31:38l'image du tramway
31:39et
31:41ce tramway
31:42associé
31:43au temps
31:43de pénurie
31:43ça va être
31:44quelque chose
31:44dont on va se réjouir
31:45de se débarrasser
31:46au plus vite
31:46dans l'après-guerre
31:48pour une fermeture
31:49quasi complète
31:50de l'ensemble
31:51des réseaux
31:51et son remplacement
31:53par
31:54des autobus.
31:56Alors,
31:56il y avait
31:57dans certaines villes
31:59une alternative
32:00qui s'était développée
32:01au tramway
32:02c'était
32:02déjà dans les années
32:0330
32:03c'était le trolleybus
32:04qui lui
32:05n'a pas besoin
32:06de rails
32:06seulement de lignes
32:08électriques
32:08aériennes
32:09on avait commencé
32:11à en implanter
32:12avant la guerre
32:13dans des villes
32:14comme Rouen
32:14ou Lyon
32:15où à l'époque
32:17les autobus
32:18à essence
32:19peinaient
32:19à remplacer
32:22les tramways
32:22sur les lignes
32:23pentues
32:23les autobus
32:24n'arrivaient pas
32:25à grimper
32:26donc on avait
32:27installé
32:28ces trolleybus
32:29sous l'occupation
32:30les projets
32:30de trolleybus
32:31vont se multiplier
32:32dans un certain
32:33nombre de réseaux
32:33de villes
32:34soit comme alternative
32:36à des tramways
32:37qui sont à bout de souffle
32:38soit pour remplacer
32:40les autobus
32:42qui ne circulent pas
32:43faute d'essence
32:43mais là encore
32:45avec les pénuries
32:45pour la construction
32:47de matériel
32:47ou pour les installations
32:48aériennes
32:49il faut notamment
32:50du cuivre
32:50dont on manque
32:51pour le fil
32:52vont retarder
32:54les lancements
32:55autre succès
32:57dans la période
32:59celui du train
33:00mais là encore
33:02un succès paradoxal
33:04il faut rappeler
33:05que la SNCF
33:06fondée le 1er janvier
33:071938
33:08avait passé
33:10ces deux années
33:11ces deux premières
33:13années d'existence
33:14loin de l'image
33:16d'un service public
33:17triomphant
33:17à se battre
33:19avec les départements
33:20pour dans le cadre
33:21des plans de coordination
33:23multiplier
33:24les fermetures
33:25de lignes secondaires
33:26au trafic
33:27de voyageurs
33:28l'idée était
33:29de restreindre
33:30la concurrence
33:31des autocars
33:32qui s'étaient beaucoup
33:33développées
33:33dans les années 30
33:37pour les compagnies
33:38ferroviaires
33:39de restreindre
33:41cette concurrence
33:43sur les lignes
33:43principales
33:44en laissant
33:45aux compagnies
33:46exploitantes
33:47en échange
33:47les lignes
33:48non rentables
33:49l'idée c'était
33:50vous ne nous faites
33:50plus concurrence
33:51sur les grandes lignes
33:52qui nous intéressent
33:52vous ne faites plus
33:55de Paris-Lyon
33:58de Paris-Deauville
34:00etc
34:00et en revanche
34:02on vous laisse
34:03pour l'autocar
34:04plein de lignes
34:05ferroviaires
34:06qui ne nous intéressent
34:07plus
34:07et fin 39
34:1011 000 km de lignes
34:12soit 27%
34:13du réseau SNCF
34:16sont concernés
34:17ont vu
34:18l'arrêt du trafic
34:20voyageur
34:20et pour les lignes
34:23secondaires
34:24qu'elles ne ferment pas
34:25la SNCF
34:26avait mis en place
34:27ces autorails
34:29ces autobus
34:31sur rails
34:33avec
34:35qui revenaient
34:36moins cher
34:37temps de préparation
34:38beaucoup moins long
34:39que la machine à vapeur
34:40un seul conducteur
34:43et si les conseils généraux
34:46l'actuel conseil départementaux
34:49se plaignent des fermetures
34:51de lignes secondaires
34:53par la SNCF
34:54eux-mêmes
34:55ces conseils généraux
34:56font bien pire
34:57avec les réseaux
34:58de chemin de fer
34:58d'intérêt local
34:59qu'ils exploitent
35:01en concession
35:02dans les années 30
35:04ils ont
35:05voulu réduire
35:06leurs subventions
35:07à ces réseaux déficitaires
35:08et les compagnies exploitantes
35:11les ont arrêtées
35:12massivement
35:12en partie
35:13ou en totalité
35:14selon le département
35:16et là
35:17ça va même plus loin
35:18puisque
35:18comme le trafic marchandise
35:20n'était qu'accessoire
35:21sur ces chemins de fer
35:22d'intérêt locaux
35:23qui sont souvent
35:24des chemins de fer
35:25assez proches
35:25des tramways
35:26qui circulaient souvent
35:27sur les routes
35:27elles-mêmes
35:28par exemple
35:29et bien
35:30comme la circulation marchandise
35:32n'était qu'accessoire
35:32sur ces lignes
35:33quand on arrête
35:34le trafic voyageur
35:35en général
35:35c'est tout le trafic
35:36qui s'arrête
35:37et du coup
35:37on remplace
35:39ces lignes
35:39par des autocars
35:40et le matériel
35:41est très souvent
35:43démonté
35:46mais problème
35:48là encore
35:49déjà en septembre 39
35:50les autocars
35:52ont été
35:53réquisitionnés
35:53par l'armée
35:54et en juillet 40
35:55ils ne circulent plus
35:56la SNCF
35:57on lui demande
35:58de reprendre
35:59une circulation voyageur
36:00sur les lignes
36:01qu'elle avait abandonnées
36:03mais ça ne l'arrange pas
36:03du tout
36:04parce qu'ils ont eu
36:05beaucoup de mal
36:05à faire accepter
36:06les fermetures
36:07sur de nombreuses
36:08lignes secondaires
36:08et ils n'ont surtout
36:09pas envie
36:10d'avoir fait
36:11tous ces efforts
36:11pour rien
36:12pour devoir
36:13rétablir
36:14leur trafic
36:15déjà qu'en plus
36:16sur beaucoup
36:17de lignes secondaires
36:18que la SNCF
36:20exploitait encore
36:20elle ne peut plus
36:22utiliser ses autorails
36:24faute d'essence
36:25qu'il faut relancer
36:25de la circulation vapeur
36:28plus coûteuse
36:29la SNCF
36:30n'a surtout pas envie
36:31de reprendre
36:33des circulations voyageurs
36:35sur les lignes
36:35arrêtées aux voyageurs
36:36elle ne manque pas
36:37de locomotive
36:38elle avait hérité
36:39des anciens réseaux
36:4015 000 locomotives
36:41mais souvent
36:42ces locomotives
36:43sont en mauvais état
36:44vétustes
36:45et puis grosse consommatrice
36:47de lubrifiant
36:47qui manque aussi
36:49et donc
36:51lorsque la SNCF
36:52contrainte et forcée
36:53va accepter
36:54de reprendre
36:54des trafics
36:55sur des lignes
36:55voyageurs abandonnées
36:56elle va le faire
36:57à minima
36:58avec les fameux
37:00trains mixtes
37:01MV
37:01marchandises voyageurs
37:03où en fait
37:04on se contente
37:05une ou deux fois par jour
37:06d'accrocher
37:07une voiture voyageur
37:09au train de marchandises
37:09qui circule
37:10de toute façon
37:12mais alors
37:12ça donne des circulations
37:13extrêmement lentes
37:14et erratiques
37:15dont les usagers
37:16se plaignent beaucoup
37:17parce que les horaires
37:18sont souvent un peu
37:19fantégistes
37:21et donc
37:23ça va donner
37:23là encore
37:24une image
37:25très négative
37:25du train
37:26et du côté
37:28des chemins de fer
37:29d'intérêt local
37:30c'est le même problème
37:31que pour les tramways
37:32lorsqu'on a arrêté
37:33toute exploitation
37:34c'est souvent difficile
37:34faute de matériel
37:36et d'installation
37:36de la redémarrer
37:38mais au moins
37:39pendant la période
37:40comme pour les tramways
37:41pour l'ensemble
37:42des chemins de fer
37:42tout ce qui roule
37:44est pris d'assaut
37:45et les chemins de fer
37:47retrouvent une fréquentation
37:49qu'ils n'avaient plus connue
37:50depuis 1930
37:52alors
37:52là aussi
37:54on va quand même
37:54souffrir de pénurie
37:55j'ai évoqué
37:56les lubrifiants
37:57le charbon
37:58même si la SNCF
37:59est client prioritaire
38:00n'est quand même
38:00pas en abondance
38:02donc on va réduire
38:03aussi un peu
38:03les fréquences
38:04et du coup
38:05les taux d'occupation
38:07atteignent des records
38:08inégalés
38:09puisqu'on passe
38:12en gros
38:12de 80 voyageurs
38:13par train
38:14en moyenne
38:14à plus de 400
38:15à la fin de la période
38:16parce que
38:17évidemment
38:18comme il y a
38:19moins de trains
38:20qui roulent
38:20et il n'y a pas
38:20d'alternative
38:22il y a un monde fou
38:23dans les trains
38:24on voyage
38:25dans de mauvaises conditions
38:26entassés
38:26dans les couloirs
38:27ce qui affecte
38:28aussi
38:29l'image du train
38:30alors
38:31la vogue
38:32du vélo
38:37comme circulation
38:38alternative
38:41le vélo
38:42avait connu
38:42un essor
38:43dans les années 30
38:44et d'ailleurs
38:45ça expliquait
38:46un peu
38:46la désaffection
38:47du tramway
38:48j'ai parlé
38:48du remplacement
38:49des tramways
38:49par l'autobus
38:50mais il y avait
38:50aussi le fait
38:51que les gens
38:54se déplaçaient
38:56plus volontiers
38:57à vélo
38:59dans les années 30
39:00de manière générale
39:02aussi
39:02il y avait
39:02plus de déplacements
39:03d'où
39:05on se déplaçait
39:07aussi plus à pied
39:07les femmes
39:09notamment
39:09parce qu'elles ont
39:10des tenues
39:10moins engoncées
39:12la mode évolue
39:14et donc
39:14on marche
39:15ou on pédalait
39:16déjà
39:17un peu plus
39:20et la question
39:22du partage
39:22des chaussées
39:23avec l'automobile
39:23commençait
39:24dans les années 30
39:24à se poser
39:25certaines villes
39:26avaient commencé
39:27à introduire
39:28des voies cyclables
39:29le vélo
39:30devient un mode
39:31de transport
39:34très utile
39:36très pratiqué
39:37mais
39:39
39:39on ne va pas
39:41en profonde
39:41il n'y a pas
39:41de politique publique
39:42du vélo
39:43parce que
39:43de toute façon
39:44la question
39:44du partage
39:45de la chaussée
39:46ne se pose pas
39:48la chaussée
39:49est largement
39:50libérée
39:50de ses utilisateurs
39:52à moteur
39:54donc le vélo
39:55se fromeut
39:56un peu
39:58tout seul
39:59on compte
40:01beaucoup
40:01de nouveaux
40:02utilisateurs
40:02quotidiens
40:03notamment
40:03dans les classes
40:04favorisées
40:05qui auparavant
40:07pouvaient circuler
40:08en voiture
40:10seul
40:11problème
40:13on n'a
40:14quand même
40:14que 8,5 millions
40:16de vélos
40:16en circulation
40:18ou existants
40:19pas toujours
40:20en très bon état
40:21pour 40 millions
40:22d'habitants
40:22et les pénuries
40:24de matière
40:24vont là aussi
40:25limiter
40:25l'expansion
40:26du parc
40:28et également
40:29l'entretien
40:30des vélos
40:30existants
40:31notamment
40:31on manque
40:32de caoutchouc
40:33pour les pneus
40:34et les chambres à air
40:35là aussi
40:36de lubrifiant
40:36pour les chaînes
40:38et donc
40:40les vélos
40:41deviennent
40:41un bien
40:41prisé
40:42sous l'occupation
40:43ce qui explique
40:44que les vols
40:46se multiplient
40:47et l'antivol
40:48devient un accessoire
40:50indispensable
40:50on ne peut plus
40:51se permettre
40:51de laisser son vélo
40:52comme on en avait
40:53l'habitude
40:54même dans une petite ville
40:57
40:59quelque part
41:00sur une place
41:01pour aller faire
41:01ses courses
41:03les utilisateurs
41:04se mettent à faire
41:05des distances
41:06considérables à vélo
41:07on fait parfois
41:08des dizaines de kilomètres
41:09pour aller se ravitailler
41:10à la campagne
41:10pour aller voir des parents
41:11et tous ces utilisateurs
41:14parfois inexpérimentés
41:16subissent des accidents
41:18les chutes fatales
41:19sont nombreuses
41:21et
41:23même s'il n'y a plus
41:24beaucoup de voitures
41:25qui roulent
41:26le peu qui roule
41:27roule souvent très vite
41:28et du coup
41:29on a des collisions
41:30parfois aussi
41:31très graves
41:32mais là encore
41:34cette relance
41:35forcée du vélo
41:36ne sert pas forcément
41:37durablement
41:37son image
41:38en l'associant
41:39à une période
41:41de pénurie
41:41qu'on s'empressera
41:42d'oublier
41:43après la guerre
41:44le progrès
41:44après la guerre
41:45ça sera
41:45de pouvoir rouler
41:47enfin en voiture
41:50alors dans la deuxième partie
41:52pour finir
41:54j'évoque
41:55donc plus
41:56les mobilités
41:58en montrant
42:00à quel point
42:00malgré les contraintes
42:02elles restent multiples
42:03elles profitent
42:05ces mobilités
42:05à ceux
42:06qui sont prioritaires
42:07les dignitaires
42:09du régime
42:10j'ai un chapitre
42:10sur les déplacements
42:11des ministres
42:12de Vichy
42:12qui se déplacent
42:13beaucoup
42:14parce qu'ils sont
42:14ministres à Vichy
42:15mais leurs administrations
42:16sont encore restées
42:17en partie à Paris
42:18dans ce ministère
42:19on se déplace
42:21entre le 7ème arrondissement
42:23et la Défense
42:26mais c'est un peu moins loin
42:27mais Vichy-Paris
42:27c'était assez loin
42:28donc on s'y déplace
42:30en voiture
42:31en train spécial
42:32et même un temps
42:33il y aura un avion spécial
42:34qui sera introduit
42:35exception au fait
42:36que Vichy
42:38ne peut pas faire
42:38voler d'avion
42:39en zone occupée
42:41pour permettre
42:43aux ministres
42:44d'aller
42:45de Vichy-Paris
42:46Déplacement
42:47j'évoque aussi
42:48le déplacement
42:48de tous les professionnels
42:49les entrepreneurs
42:50les médecins
42:51toutes ces catégories
42:52qui finissent
42:53par obtenir le droit
42:54de circuler en voiture
42:56mais j'évoque aussi
42:58les déplacements
42:59dans d'autres domaines
43:01qui pourraient apparaître
43:02comme relevant
43:03du superflu
43:05le régime de Vichy
43:06qui a du mal
43:07à fournir du pain
43:08à sa population
43:09essaie quand même
43:10de lui fournir aussi
43:11des jeux
43:11et ces jeux
43:13ça peut être
43:14tout ce qui relève
43:14du culturel
43:16de la vie culturelle
43:18qui reste très actif
43:19sous l'occupation
43:20cinéma
43:21théâtre
43:21musical
43:22tourne à plein
43:23à peine affecté
43:24par les pénuries
43:25d'électricité
43:27ou de chauffage
43:28qui restreignent
43:29un peu les ouvertures
43:30en fin de période
43:30et en province
43:33toute cette activité
43:34culturelle
43:34jusque dans les villes
43:36petites ou moyennes
43:37nécessite évidemment
43:39beaucoup de déplacements
43:40d'artistes
43:40de troupes
43:41d'autant que
43:42ces artistes
43:44ou ces troupes
43:44théâtrales
43:45sont très souvent
43:46parisiennes
43:48à l'époque
43:50et
43:52alors jusqu'au printemps
43:531943
43:54la ligne de démarcation
43:55reste pour ces artistes
43:56un obstacle important
43:57les tournées parisiennes
44:00restent plutôt
44:00dans la zone nord
44:01et ce sont des tourneurs
44:04marseillais ou niçois
44:05qui vont plutôt
44:05couvrir la zone sud
44:07tout le monde
44:08ou presque
44:09repose sur le train
44:10pour se déplacer
44:13l'autocar
44:14qui avait commencé
44:15à être adopté
44:16dans les années 30
44:16par certaines compagnies
44:18théâtrales
44:18par exemple
44:19doit être abandonné
44:20à l'exception
44:21d'une compagnie
44:22qui a un privilège
44:23qui est la compagnie
44:24du Reguin
44:25créée par Christian Casatzus
44:27qui a le soutien
44:29du régime
44:29pour défendre
44:30un théâtre
44:30de répertoire
44:31de qualité
44:32et qui lui
44:33jusqu'en juin 1944
44:35va pouvoir
44:36faire circuler
44:37ses troupes
44:37avec des autocars
44:39on les voit ici
44:40c'est la couverture du livre
44:42les autres compagnies
44:43ou artistes
44:43voyagent en train
44:44avec les difficultés
44:46qui sont bondées
44:47qu'il y a des restrictions
44:47au transport du matériel
44:49donc on doit limiter
44:49les décors
44:50qu'on transporte
44:51et que ces trains
44:52arrivent souvent en retard
44:53parfois après le début
44:54de l'heure prévue
44:55pour leur présentation
44:56et la vie d'artiste
44:58consiste plus que jamais
44:59à passer sa vie
45:00dans le train
45:01avec des voyages
45:02interminables
45:05et les tournées
45:06barrées
45:06par exemple
45:07dans le domaine du théâtre
45:08écument
45:08avec leur théâtre de boulevard
45:10toutes les villes françaises
45:11jusqu'aux petites villes
45:13et même
45:14je consacre
45:15quelques pages
45:16dans le livre
45:16au cirque
45:16qui un temps
45:17à l'arrêt à Paris
45:19réussissent à reprendre
45:20quelques tournées
45:20en 1942-1943
45:21et obtiennent
45:22des trains spéciaux
45:24pour transporter
45:24leur matériel
45:25et leur ménagerie
45:27j'évoque aussi
45:29les nombreux déplacements
45:30suscités par les compétitions sportives
45:34si les sports mécaniques
45:36s'arrêtent immédiatement
45:37les autres sports individuels
45:40ou collectifs
45:40continuent
45:42les compétitions nationales
45:44sont au départ
45:45désorganisées
45:46mais elles reprennent
45:46dès la saison 40-41
45:48au moins en football
45:49seul sport collectif
45:51à être à l'époque
45:52professionnel
45:54avec simplement
45:55des championnats
45:56qui vont être divisés
45:57entre zones
45:58au départ
45:59entre zones sud
46:00et zones nord
46:01parce qu'on ne peut pas
46:02pour les matchs
46:03franchir la ligne
46:04des démarcations
46:05il n'y a qu'éventuellement
46:06pour une finale
46:07entre les champions
46:08des deux zones
46:09au printemps
46:10qu'on peut avoir
46:12une autorisation
46:14en 43-44
46:16avec l'assouplissement
46:17d'un ligne de démarcation
46:18les championnats nationaux
46:19sont rétablis
46:20tout cela nécessite
46:21de très nombreux déplacements
46:23qui se font
46:24comme c'était déjà le cas
46:25avant-guerre
46:25toujours en train
46:26mais dans des conditions
46:28évidemment de plus en plus pénibles
46:31et le championnat
46:32de football
46:34par exemple
46:34va s'achever
46:35très difficilement
46:36début juin 44
46:38et organiser des matchs
46:40devient quelque chose
46:40de complètement aléatoire
46:41et complexe
46:42quand on a des matchs
46:43entre Nice et Lens
46:44comment vont-ils arriver
46:45à se déplacer
46:47alors le gros souci
46:49ce sera d'arriver
46:49à finir le championnat
46:50pour désigner le champion
46:51et c'est seulement
46:53le 11 juin 44
46:54vous voyez que
46:545 jours après le débarquement
46:56qu'on réussit
46:57ce que Lens
46:58après un match
46:58contre l'équipe du Lyonnais
47:01qu'on a organisé
47:02sur terrain neutre
47:02à Paris
47:03pour limiter le déplacement
47:05réussit à gagner
47:06les quelques points
47:07qui lui manquaient
47:08pour obtenir le titre
47:09et puis les quelques derniers matchs
47:11ne seront pas joués
47:13évidemment
47:13avec la période
47:14et ces déplacements
47:16se retrouvent aussi
47:18à l'échelle régionale
47:19et départementale
47:20au niveau amateur
47:22se retrouvent
47:23dans tous les autres
47:24sports collectifs
47:26ça fait énormément
47:27de déplacements
47:28tous ces championnats
47:29continuent
47:29et parfois
47:30les préfets
47:31autorisent l'usage
47:32d'autocar
47:32quand les liaisons
47:33ferroviaires
47:34sont trop difficiles
47:35entre certaines villes
47:37par exemple
47:38des clubs
47:39d'entreprises
47:40arrivent à avoir
47:41l'autorisation
47:42d'utiliser
47:42l'autocar
47:43ou le camion
47:43de l'entreprise
47:44pour transporter
47:45les joueurs
47:45etc
47:46du côté
47:47des courses cyclistes
47:48si le Tour de France
47:50s'interrompt
47:51les courses cyclistes
47:53professionnels
47:53comme amateurs
47:54continuent
47:55très activement
47:56seulement pour des courses
47:57d'un jour
47:58qui nécessitent
47:59moins de véhicules
48:00suiveurs
48:02donc les coureurs
48:03font des paris-tours
48:04des paris-camp
48:05et même des paris-roubaix
48:07en revenant
48:08dans la capitale
48:09en train
48:10le dimanche soir
48:13autre déplacement
48:14qui peut apparaître
48:16superflu
48:17mais qui existe
48:17dans la période
48:18c'est
48:20le tourisme
48:21qui
48:22bon
48:23s'il était plutôt
48:23l'apanage
48:24des catégories aisées
48:25avant la guerre
48:26malgré les congés
48:27payés de 1936
48:28on sait que tout le monde
48:29ne part pas en vacances
48:30mais ce tourisme
48:32ne va pas disparaître
48:33sous l'occupation
48:34on ne doit plus
48:35guère en vacances
48:35à l'étranger
48:36c'est devenu compliqué
48:38mais on part
48:39encore largement
48:40en France
48:41avec la contrainte
48:42de la ligne
48:42de démarcation
48:43et des restrictions
48:44d'accès au littoral
48:45atlantique
48:45pour les habitants
48:46de la zone nord
48:47et les parisiens
48:48en particulier
48:48et donc
48:49on va avoir
48:51de nouvelles destinations
48:52qui sont offertes
48:53pour les parisiens
48:54devient
48:57à la mode
48:58d'aller
48:58dans le Perche
48:59en Anjou
49:00en Touraine
49:01et vous voyez
49:02dans ce journal
49:04de 1942
49:06on se pose la question
49:08des vacances
49:09mais où
49:09on évoque
49:11le bocage
49:12normand
49:12et la Suisse
49:13normande
49:14on ne peut pas
49:14aller sur la côte
49:15mais on peut aller
49:15on propose
49:17un certain nombre
49:17d'hôtels
49:18où aller
49:19dans cette période
49:21pendant l'été 1942
49:24alors évidemment
49:24on s'y rend
49:25plutôt
49:26en train
49:28et la SNCF
49:29met même en place
49:30des trains supplémentaires
49:31pour les périodes
49:32de vacances
49:32les habitants
49:33de la zone sud
49:34eux comme les Lyonnais
49:36peuvent continuer
49:37à profiter
49:37des Alpes
49:38ou de la Méditerranée
49:39on fait du ski
49:40sous l'occupation
49:41il faut savoir
49:42qu'il n'y a jamais eu
49:43de restriction
49:45indépendamment
49:45de la difficulté
49:47de passer
49:47la ligne de démarcation
49:48mais dans chaque zone
49:49il n'y a pas eu
49:49de restriction
49:50au voyage en train
49:51on n'a pas
49:52à justifier du motif
49:53lorsqu'on prend
49:54un billet de train
49:55la seule chose
49:56qu'a faite la SNCF
49:57face à l'affluence
49:59c'est pour les périodes
50:00de grand départ
50:01à partir de 1942
50:02de mettre en place
50:03des réservations
50:04obligatoires
50:05qui n'existaient pas
50:06ce qui se fait
50:07aujourd'hui
50:08pour les TGV
50:09et sur d'autres trains
50:10dont on a l'habitude
50:11mais qui longtemps
50:13n'ont pas existé
50:14à la SNCF
50:14mais ces réservations
50:16obligatoires
50:16fonctionnent
50:17comme aujourd'hui
50:18sur le principe
50:19du premier arrivé
50:19premier servi
50:20il n'y a pas
50:20de client prioritaire
50:23alors si les grands hôtels
50:25des stations huppées
50:26sont en partie fermés
50:28faute de clientèles
50:30étrangères fortunées
50:31tu avais l'habitude
50:32de les occuper
50:33dans les années des 30
50:34les journaux
50:35donc on l'a vu
50:36font la promotion
50:37d'établissements
50:38plus modestes
50:38qui restent ouvertes
50:39et par ailleurs
50:40les aubergenesses
50:41les campings
50:42qui existent déjà
50:44dans la période
50:44restent disponibles
50:45on publie en 1942
50:46un guide des campings français
50:50et ça
50:51ça concerne
50:52plutôt
50:52les classes moyennes
50:53les classes supérieures
50:55mais dans les milieux
50:56populaires
50:57on n'est pas non plus
50:57immobile
50:58on va continuer
50:59d'aller en vacances
51:00par exemple
51:01en famille
51:02dans ses origines rurales
51:03et en plus
51:04on fait d'une pierre
51:05deux coups
51:06quand on va voir
51:07ses parents
51:08à la campagne
51:09on en profite
51:09pour se ravitailler
51:11donc la période
51:12n'est pas
51:14marquée
51:15par l'immobilité
51:16malgré les restrictions
51:17je consacre aussi
51:19un chapitre
51:19aux nombreuses
51:20mobilités forcées
51:21qui mobilisent
51:23des moyens
51:23surtout ferroviaires
51:24importants
51:25on pense bien sûr
51:25aux convois
51:26vers les camps
51:27de la mort
51:28depuis Drancy
51:28mais aussi
51:29à tous les convois
51:30entre les camps
51:30français au préalable
51:32et aux déportés
51:33politiques
51:34résistants
51:34aux travailleurs
51:35forcés
51:36en Allemagne
51:37qui vont vers l'Allemagne
51:39aux prisonniers
51:40de guerre
51:41tout cela
51:42mobilise énormément
51:43de moyens
51:44de transport
51:46le chemin de fer
51:47sert aussi
51:48j'évoque aussi
51:49dans un autre chapitre
51:50à la résistance
51:51qui en est
51:52une grande utilisatrice
51:54à l'image
51:55de Jean Boulin
51:56qui va passer
51:58sa vie
51:58sous l'occupation
51:59jusqu'à son arrestation
52:00dans les trains
52:03entre Avignon
52:04où il réside
52:05Montpellier
52:05où vit sa mère
52:06Lyon
52:07où il a son bureau
52:07clandestin
52:08Nice
52:09où il exploite
52:09une galerie d'art
52:10qui lui sert
52:10de couverture
52:11et même Paris
52:12où il se rend
52:13parfois
52:14sous une fausse identité
52:17la période
52:18donc
52:18si elle a permis
52:19une relance
52:20du transport collectif
52:21et des mobilités douces
52:22on marche
52:23et on pédale beaucoup
52:24n'a pas aidé
52:25pour la suite
52:26en associant
52:27finalement
52:27négativement
52:28ces mobilités
52:30à une période
52:30de pénurie
52:31la SNCF
52:33s'est empressée
52:34après la guerre
52:34d'arrêter
52:35les circulations
52:35qu'elle avait reprises
52:37souvent sous cette forme
52:38dégradée
52:39de trains
52:40marchandises voyageurs
52:43les chemins de fer
52:44d'intérêt locaux
52:44et les tramways
52:45se sont arrêtés
52:46en masse
52:46on a pratiquement
52:48fermé
52:48dans les quelques années
52:49qui ont suivi la guerre
52:50tout ce qui existait
52:51comme réseau
52:52et le vélo
52:54a été un peu ringardisé
52:56pendant cette période
52:58mais la période
52:59a montré
53:00malgré
53:01les conditions
53:02de voyage
53:03très difficiles
53:04l'extraordinaire
53:04aspiration
53:05à la mobilité
53:08aujourd'hui
53:09certaines solutions
53:11mises en place
53:12dans de mauvaises conditions
53:13sous l'occupation
53:14comme la voiture électrique
53:15ou le vélo
53:16redeviennent à la mode
53:18mais on voit bien
53:20quand même
53:22certaines réticences
53:23dans les populations
53:25qui ne sont peut-être
53:26pas totalement étrangères
53:27comme je disais déjà
53:27à cette mémoire
53:29des années noires
53:30voilà
53:31et bien merci beaucoup
53:32Hervé Joly
53:33merci beaucoup
53:34nous vous retrouvons
53:35pour la prochaine conférence
53:37du comité d'histoire
53:38le 6 octobre
53:39donc
53:39dans un mois
53:41où nous
53:42inviterons
53:43cette fois-ci
53:44Christophe Bounod
53:45qui est professeur
53:48d'histoire contemporaine
53:49de la université
53:50Bordeaux-Montagne
53:51qui viendra
53:52pour nous parler
53:53de l'électrification
53:54de la France
53:55et de l'Europe
53:56du 19ème
53:57à nos jours
53:58c'est un programme
54:00en soi
54:00puisqu'il vient
54:01de sortir
54:02un ouvrage
54:03somme
54:03qui traite
54:04de l'histoire
54:05de l'électrification
54:06donc
54:07c'est aussi en lien
54:08avec
54:08Electrification la France
54:09le programme
54:10ministériel
54:12interministériel
54:13donc
54:14à l'heure
54:15où le Premier ministre
54:17a appelé
54:18à un grand plan
54:20d'électrification
54:21du pays
54:22c'est intéressant
54:23de revenir
54:24sur
54:25l'histoire
54:26singulière
54:27j'insiste là-dessus
54:28l'histoire singulière
54:29de l'électrification
54:30en France
54:30puisque la France
54:31a été un des pays
54:32pionniers
54:32et on l'a évoqué
54:34dans la conférence
54:35aujourd'hui
54:35la ouïe blanche
54:37comme on l'appelait
54:37effectivement
54:38les barrages hydrauliques
54:39en particulier
54:39dans les Alpes
54:40ça a assuré
54:42quand même
54:42beaucoup des besoins
54:44français
54:44pendant longtemps
54:46enfin juste
54:47dans les années 20
54:47où ça couvrait
54:49beaucoup de besoins
54:50d'électricité
54:50et aujourd'hui encore
54:52ils sont là
54:53ces barrages
54:54d'ailleurs il y a
54:56tout un sujet
54:56sur leur exploitation
54:57actuellement
54:58mais par qui
55:00voilà
55:00mais donc
55:01je vous donne rendez-vous
55:03donc le 6 octobre
55:04donc à Christophe Bounod
55:05et ce sera en partenariat
55:06avec le comité d'histoire
55:08de l'électricité
55:10et de l'énergie
55:11qui dépend de la fondation EDF
55:13mais qui est indépendant
55:15pour autant
55:16scientifiquement
55:17voilà
55:17à dans un mois
55:18et merci beaucoup
55:19merci
55:19merci
55:20merci
55:20merci
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