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  • il y a 27 minutes
Regardez le débat entre Sylvie Matelly, économiste, professeure associé au sein du Centre for Global Risks de Skema Business School, et Christian Makarian, éditorialiste au "Point".
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 14 septembre 2026.

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00:0018h, 20h, c'est RTL Soir.
00:04Il y a 6 mois, honnêtement, peu de gens savaient où se trouvait le détroit de Hormuz.
00:09Depuis le 27 février, le monde entier a les yeux rivés sur cette porte d'entrée sur le golfe Persique.
00:15Son blocage par l'Iran a provoqué une crise énergétique, la hausse des prix du pétrole et l'inflation.
00:21Mais une nouvelle inquiétude a surgi le week-end dernier, après la prise du détroit de Babel Mandeb
00:28par des alliés de l'Iran, les rebelles Houthis, ce détroit donne accès à la mer Rouge qui relie l
00:34'Asie à l'Europe.
00:35Alors faut-il craindre une paralysie du trafic maritime et une panne du commerce mondial ?
00:40Pour en débattre, dans les grands esprits se rencontre.
00:43Sylvie Matéli, économiste, professeure associée au sein du Centre for Global Risks de Schema Business School.
00:49Bonsoir.
00:50Bonsoir.
00:50Et Christian Macarian, éditorialiste international au Point.
00:54Bonsoir.
00:54Bonsoir.
00:55D'abord, Christian Macarian, est-ce qu'on peut commencer par expliquer qui sont les Houthis ?
00:59Alors, ce sont des chiites, mais pas de la même famille de pensée ou de la même famille spirituelle que
01:05les chiites iraniens.
01:06Mais ils sont quand même amis.
01:09Ils reconnaissent, si vous voulez, le portrait du groupe 5 imams, ce qui n'est pas le cas des chiites
01:15d'Iran, d'Irak ou du Liban,
01:17qui en reconnaissent 12, c'est pourquoi on les appelle les chiites duodécima.
01:21Il n'empêche qu'il y a une solidarité fantastique, puisque ces Houthis se trouvent donc au sud de l
01:28'Arabie Saoudite, sunnites parmi les sunnites, puisque c'est le pays qui détient les lieux saints.
01:34Et la tentation pour l'Iran de manipuler des frères de religion face à l'Arabie Saoudite, qui traditionnellement était
01:45un adversaire de l'Iran,
01:47eh bien, ça a donné le résultat que l'on sait.
01:49Et je terminerai en disant que ce sont des proxys pour l'Iran low-cost.
01:55Ils ne coûtent vraiment pas cher, beaucoup moins cher que le Hezbollah à entretenir.
01:59Et ils sont drôlement efficaces.
02:01Ils viennent de le prouver en s'emparant de la ville de Moka, sur le détroit, enfin pas loin du
02:07détroit.
02:07Des petites îles du détroit.
02:08Et de plusieurs îles au milieu de la mer, ce qui bloque complètement la situation, s'ils ont envie de
02:14le faire.
02:15Et par ailleurs, depuis quelques jours, ils mènent des attaques en Arabie Saoudite.
02:18Ils ont bombardé des infrastructures pétrolières.
02:20Riyad a dû fermer son néoléoduc, ce qui a immédiatement fait grimper le prix du baril au-dessus des 100
02:26dollars.
02:26Au-dessus des 100 dollars, oui.
02:27107 ou 108 dollars.
02:28Pourquoi attaquent-ils l'Arabie Saoudite maintenant, alors ?
02:32Alors, ils attaquent l'Arabie Saoudite parce que l'Arabie Saoudite s'est empêtrée dans une politique extrêmement confuse
02:41et qui a manqué de résolution et qui elle-même faisait suite à un soutien aux forces gouvernementales du Yémen
02:48et qui était en situation d'échec.
02:51Il faut bien voir que cet abcès que représente le conflit intra-yéménite
03:00est quelque chose sur lequel toutes les puissances de la région se sont greffées.
03:05L'Arabie a soutenu le gouvernement anti-Houthis
03:09et les Houthis ont trouvé comme soutien les Émiratis, les Émirats arabes unis.
03:13Donc, l'Arabie Saoudite a combattu les Émirats alors que c'est un allié, sur ce terrain-là en tout
03:19cas,
03:19alors que c'est un allié partout ailleurs de l'Arabie.
03:22Donc, c'est assez compliqué comme situation et l'Arabie emporte une certaine responsabilité.
03:29Sylvie Matelli, ils ont donc pris le contrôle du détroit de Babel-Mandeb
03:34qui donne sur la mer Rouge.
03:36La mer Rouge, ça relie l'Asie à l'Europe.
03:39Il y a le fameux canal de Suez au bout.
03:42C'est un détroit qui est très important pour le commerce international ?
03:45C'est un détroit qui est très important pour le commerce international
03:48puisque 15% du trafic passe par là et en particulier entre l'Asie et l'Europe.
03:54Et je crois que c'est 30% du transport de conteneurs.
03:58Donc, vous voyez, c'est quelque chose d'assez important.
04:00Et puis surtout, ça vient s'ajouter au détroit d'Hormuz,
04:04ça vient s'ajouter au droit de douane de Donald Trump,
04:07enfin à tous ces événements extrêmement importants
04:10qui aujourd'hui visent quand même et ont des conséquences sur l'économie mondiale.
04:15C'était une route de secours,
04:17notamment pour les produits d'Arabie Saoudite,
04:21depuis que le détroit d'Hormuz est bloqué ?
04:23Ça a été une route de secours, effectivement,
04:25également pour les GNL Qatari.
04:29Ça peut être contourné, on peut trouver une autre route de secours,
04:32mais la route de secours, pour le coup, c'est le Cap de Bonne-Espérance.
04:35Et là, ça veut dire que vous rajoutez 10 jours minimum de transport,
04:38plus des coûts d'assurance, plus des coûts liés à toute la logistique
04:42qui est nécessaire pour parcourir de plus longues distances.
04:45Parce que ça veut dire aujourd'hui que les bateaux font le tour de l'Afrique
04:49pour pouvoir livrer les conteneurs.
04:52Il l'avait d'ailleurs déjà fait par le passé.
04:55Oui, tout à fait.
04:56Quand un bateau de conteneurs s'était effectivement bloqué,
05:01coincé dans le canal de Suez et bloqué le canal de Suez.
05:05Et aussi, quand les outils envoyaient des drones sur les bateaux
05:08après le 7 octobre, au début de la guerre à Gaza, c'est ça ?
05:11C'était entre 2023 et 2024, après Gaza.
05:16Et à l'occasion de Gaza, pour riposter contre les Israéliens,
05:21les outils se sont inscrits, là encore, dans une logique de proxy de l'Iran.
05:25Et ils ont attaqué des bateaux.
05:27Ils ont reçu d'ailleurs des missiles et des frappes américaines.
05:30Mais ensuite, les États-Unis ont, détranchement, transigé avec les outils.
05:36Je ne dirais pas qu'ils les ont épargnés,
05:37mais ils ont évité de les écraser davantage.
05:42Ce qui fait que...
05:42D'abord, ils ont commencé par les bombarder, quand même.
05:44Oui, ils ont commencé par les bombarder.
05:45Par protéger le trafic.
05:46Mais c'est ce que je disais tout à l'heure sur le manque de résolution.
05:49C'est que Donald Trump, sitôt arrivé, a bien fait comprendre à ses amis saoudiens
05:53qu'il ne souhaitait pas mettre la main, puis le coude, puis le bras
05:58dans un nouveau bourbis au Moyen-Orient.
06:00Donc, on a laissé faire les outils.
06:03Et aujourd'hui, comme on vient de le dire, ça fait deux des trois
06:07qui s'orientent vers le nord et vers l'Europe, qui sont fermés.
06:13Celui de Bab el-Mandeb, peut-être encore plus important pour la Chine,
06:17parce que ce sont des produits manufacturés.
06:20Et la Chine, véritable supermarché du monde, qui passe par là
06:24et qui ensuite franchissent le canal de Suez.
06:26C'est Bab el-Mandeb, en arabe, ça veut dire la porte des lamentations.
06:30En vérité, c'est la porte de l'Europe, la porte maritime de l'Europe
06:35en provenance d'Asie.
06:38Sylvie Matély, une fois que ces deux des trois sont coupés,
06:42qu'est-ce qu'il reste comme voie possible pour l'Arabie Saoudite
06:45pour sortir ces produits du pays ?
06:48Alors, l'Arabie Saoudite avait des oléoducs, bien évidemment,
06:52ou en tout cas, ils avaient intensifié le trafic par cette voie.
06:56C'est vrai que la situation devient extrêmement compliquée
06:59et que ça suppose d'allonger et surtout, ça renchérit le coût du transport maritime
07:04parce que vous avez des coûts supplémentaires d'assurance
07:08et forcément, beaucoup de difficultés.
07:11Alors justement, est-ce qu'il faut s'attendre à une nouvelle hausse,
07:14encore supérieure du pétrole notamment ?
07:17Alors, c'est difficile à dire à ce jour, très probablement,
07:20mais rappelez-vous, quand le détroit d'Hormuz a été bloqué,
07:23le directeur de l'Agence internationale de l'énergie
07:26avait expliqué que c'était le plus gros choc,
07:28et c'est clairement un choc d'offres,
07:30le plus gros choc qui ait jamais connu l'histoire récente du pétrole.
07:35Il expliquait que c'était beaucoup plus important
07:36que le choc pétrolier des années 70.
07:38En réalité, les économies ont été relativement résilientes.
07:42Et alors, faut-il y voir une explication aujourd'hui de la prudence
07:46de toutes les grandes organisations internationales
07:49dans les prévisions qu'elles font ?
07:50Puisque le FMI a révisé ces prévisions,
07:54mais en les maintenant assez stables
07:56et prévoit une croissance économique à 3% en 2026,
07:59donc des effets assez limités,
08:01et une augmentation du prix du pétrole
08:02qui ne dépasserait pas les 120 dollars.
08:04C'est énorme, c'est déjà énorme,
08:06mais ça reste relativement sous contrôle.
08:09En tout cas, on pourrait imaginer beaucoup plus.
08:12Et de la même manière,
08:13la Banque Centrale Européenne, la semaine passée,
08:15bien qu'ayant relevé ses taux,
08:17et d'ailleurs a relevé ses taux,
08:19en expliquant que l'inflation pouvait,
08:21effectivement, le risque était plus fort sur l'inflation
08:23que sur la croissance économique.
08:24Donc c'est difficile aujourd'hui de percevoir ce qu'il va se passer,
08:27parce que vraisemblablement,
08:28on avait été beaucoup trop pessimistes
08:31au moment du blocage du Détroit d'Hormuz.
08:33Il ne faudrait pas pêcher par excès d'optimisme aujourd'hui,
08:36mais en tout cas, les prévisions restent
08:38pas aussi catastrophiques qu'on pourrait l'attendre.
08:42Christian Margarian,
08:42malgré les attaques des derniers jours,
08:44il y a des compagnies de transport maritime
08:46qui ont fait passer leur navire
08:48en leur demandant d'éteindre leur transpondeur
08:51pour passer sous les radars,
08:53en fait, et ne pas se faire repérer.
08:54C'est très risqué.
08:56Ce n'est pas étonnant ?
08:57Alors, c'est très risqué,
08:59mais on voit bien qu'il y a une perversité
09:01dans la situation actuelle.
09:03C'est-à-dire que l'Iran fait pression sur les outils
09:06pour que le Détroit de Bab el-Mandeb
09:08soit modulable à souver,
09:11tantôt fermé, tantôt ouvert,
09:14pour continuer à faire avancer de l'autre côté
09:18les négociations sur le Détroit d'Hormuz.
09:20Je schématise et je caricature,
09:22mais pour qu'on comprenne mieux,
09:24si les Américains lâchaient un peu de lait
09:26sur le Détroit d'Hormuz,
09:27alors les Iraniens demanderaient aux outils
09:32d'être un peu plus compréhensifs
09:36ou coulants sur le Détroit de Bab el-Mandeb.
09:39Si, au contraire, les Américains sont intransigeants
09:42sur le Détroit d'Hormuz,
09:43alors on rajoutera la clôture ou la fermeture
09:46du Détroit de Bab el-Mandeb.
09:47C'est un élément de modulation
09:49que l'Iran essaie de manier
09:53selon une dialectique et une géopolitique
09:57tout à fait propre au régime de terre.
10:00Même si les prix n'atteignent pas
10:02des niveaux exceptionnels,
10:03qu'on aurait pu imaginer, Sylvie Matteli,
10:06les prix du pétrole grimpent quand même aux Etats-Unis,
10:08alors qu'on est à moins de deux mois
10:09des fameuses élections de mi-mandat,
10:11les mid-term.
10:13Trump, il peut se permettre d'attendre, vous pensez ?
10:16Depuis plusieurs mois, on explique
10:18que Trump ne peut pas se permettre
10:20de trop jouer et de trop parier
10:23sur le fait que l'Iran cède
10:27parce que les élections à mi-mandat,
10:29on s'aperçoit que les semaines passent
10:31et Trump reste tout aussi déterminé,
10:34voire tout aussi imprévisible.
10:36Je pense que le mot est mieux trouvé
10:38et sans vraiment se donner les moyens
10:41de trouver des solutions à cette affaire-là.
10:44Donc, quelque part, je serais tentée
10:46de vous répondre, on verra, on verra.
10:48C'est vrai que la situation devient
10:50extrêmement difficile aux Etats-Unis
10:51et pas que.
10:52En Europe aussi, on a une augmentation
10:54des prix à la pompe
10:56qui est quand même significative.
10:57C'est vrai que la situation devient
10:59assez compliquée
11:00et que l'inflation augmente
11:03aux Etats-Unis également
11:05et la colère d'une partie
11:07de la population, très clairement.
11:09Merci, Sylvie Matelier et Christian Macarian
11:11d'être venus débattre
11:13dont les grands esprits se rencontrent.
11:15A présent, je vous propose
11:16d'entendre le meilleur de nos invités,
11:17de nos humoristes, de nos auditeurs,
11:18le meilleur de la journée.
11:19C'est la story RTL de Florian Gazan.
11:21On va tout de suite.
11:22Bonne soirée sur RTL.
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