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  • il y a 7 minutes
Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, évoque l'état de la justice. «Le système judiciaire français est plein de contradictions», déplore-t-il.

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Transcription
00:00Vous avez d'un côté un système inquisitoire français, un système accusatoire anglo-saxon.
00:06Nous avons choisi le contradictoire, ni la rapidité, ni l'efficacité, rien.
00:12En fait, un système plein de contradictions.
00:15Vous ne pouvez pas en même temps avoir un code pénal qui est prison pour tout et pour tous,
00:18donc impossible à appliquer, et pourtant il est d'interprétation stricte, article 2,
00:23et puis immédiatement dire, ah bah oui, mais comme ce n'est pas possible,
00:25nous allons faire alternative aux poursuites, puis alternative aux peines,
00:29puis classement sans suite, voilà.
00:31La gestion du ministère de la Justice, à son corps défendant, il faut bien le signaler,
00:35c'est la gestion comptable.
00:37Il y avait dans les années 70 14 millions de crimes et délits en France,
00:41essentiellement des contraventions et des chèques impayés.
00:44L'idée générale était soit de créer des tribunaux, des greffiers et des postes de magistrats pour gérer le flux,
00:49soit de décriminaliser, dépénaliser, contraventionnaliser et classer sans suite.
00:53Le débat a eu lieu, le ministère de la Justice n'en est pas caché,
00:56et le Parlement de l'époque en a discuté, et il a tranché sur le thème,
01:01on n'a pas déjà les moyens de, retombons à 2 millions de crimes et délits.
01:05C'était l'objectif.
01:072 millions de crimes et délits, en fait, on mélange,
01:09et vous voyez d'ailleurs souvent dans l'appareil statistique,
01:11que j'ai traité pendant longtemps pour arriver à enfin en sortir quelque chose,
01:16parce qu'on noyait les chiffres entre le crime et le vol de chéquier,
01:20ça faisait 1, et l'appareil statistique faisait 1 égale 1, sauf que ce n'est pas vrai.
01:24Un crime, un viol, une attaque aux mineurs.
01:26Donc tout était sur la même étagère.
01:27Tout était sur la même étagère.
01:29Donc on a dit, on va sortir ça, et d'abord je veux savoir combien il y a vraiment de
01:32victimes en France,
01:33enquête de victimation.
01:34Nous l'avons mise en place, contre l'avis de tout le monde,
01:37contre l'avis de tout le monde, avec le soutien inédit,
01:39M. Carrech et M. Pendreau, un socialiste et un RPR,
01:42qui ont forcé l'État à admettre qu'ils ne savaient pas tout,
01:45et que l'enregistrement des plaintes n'était pas la vérité.
01:47Enquête de victimation a révélé qu'il y en avait deux fois plus que ce qu'on savait.
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