00:00Comment ?
00:00Europe 1, le journal permanent.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 19h31, le rappel des titres avec Frédéric Joncherelle.
00:07Bonsoir Hélène, bonsoir à tous.
00:09Le logement et le pouvoir d'achat parmi les priorités de Marine Le Pen, si elle accède à l'Elysée.
00:13Dans son discours de rentrée, la candidate du RN a assuré, les Français seront prioritaires chez eux.
00:19Avec nous, aucun Français ne perdra de droit et elle a fustigé le macronisme.
00:23Il est injuste qu'un État vous prenne tout, la question c'est où passe l'argent ?
00:27Éric Zemmour ne se dévoile pas concernant ses ambitions présidentielles.
00:31Lors des universités d'été de reconquête à Port-Marley en région parisienne,
00:35le président du parti s'est affiché dans la peau d'un candidat sans se déclarer.
00:39Il a réaffirmé son idée de remigration, d'immigration négative.
00:43Il ne se fie plus de fermer les frontières, il faut inverser le mouvement, a-t-il déclaré.
00:48Tiers de mortier sur la police et les pompiers, voitures brûlées, départ de feu près d'un magasin,
00:53d'une maison, du département et d'une antenne de proximité du conseil départemental de la Mayenne.
00:58Des violences urbaines ont eu lieu à Laval dans la nuit de vendredi à samedi.
01:02Aucun blessé a déploré, aucune interpellation pour l'heure.
01:05L'équipe de France féminine de basket veut sa revanche.
01:08Les Bleus retrouvent les Etats-Unis à 20h en finale du Mondial,
01:11deux ans après leur défaite sur le gong en finale des Jeux Olympiques de Paris.
01:15Et fin ce soir de la deuxième journée de Top 14 avec un derby de la Garonne entre Toulouse et
01:20l'Union Bordeaux-Bègles.
01:21C'est à suivre à 21h05 sur Canal+.
01:23Merci Frédéric, on vous retrouve à 19h45 pour le journal permanent.
01:32Toujours entouré de mes débatteurs Jules Torres et Sébastien Ligné.
01:36Alors pour commencer, nous allons parler de cette grève à France Inter.
01:39Alors je vous propose d'écouter ce matin, c'était l'heure de l'édito de Charles Sapin.
01:43C'était à 7h42 sur France Inter.
01:46Vous écoutez France Inter.
01:56Voilà, c'était l'édito de Charles Sapin de ce matin.
02:02Alors c'est exceptionnel, quand vous tapez édito Charles Sapin sur Google,
02:05vous tombez sur le site de Radio France.
02:07Vous cliquez sur la politique vue par Charles Sapin du dimanche 13 septembre 2026.
02:12Et quand vous cliquez, il est littéralement écrit « Erreur 404 ».
02:16Zut, la page que vous cherchez n'existe pas, elle s'est perdue sur les ondes.
02:20Bon, tout ça pour dire, Charles Sapin n'a pas fait son édito ce matin.
02:23Quelle est votre réaction ?
02:25Sébastien Ligné.
02:26On a envie d'en rire, évidemment, si ce n'était pas aussi dramatique.
02:29Et si toute cette polémique ne résumait pas l'emprise d'une petite caste sur l'audiovisuel public.
02:35C'est-à-dire qu'on assiste en réalité à une privatisation.
02:38Alors pas forcément la privatisation dont on avait envie, mais c'est une privatisation idéologique.
02:43C'est-à-dire que ceux qui pensaient, et j'en faisais partie, j'étais un petit peu naïf certainement,
02:47ceux qui pensaient qu'au moment de la commission d'enquête menée par Charles Aloncle,
02:51les révélations étaient tellement fortes, la pression populaire politique était tellement forte,
02:56que je m'attendais à ce qu'il y ait une prise de conscience au sein de Radio France et
03:00de l'audiovisuel public.
03:01Et qu'à la rentrée 2026, année présidentielle en plus, les choses se passent différemment
03:06et qu'il y ait des signes d'ouverture et qu'on sente une envie de changement et de plus
03:11de pluralisme.
03:12Et au fond, peut-être que le souhait de la direction de faire venir Charles Sapin,
03:15ça répondait peut-être un petit peu à cette idée de dire,
03:17bon, la commission a levé quand même certains lièvres et en effet on devait changer.
03:22Le problème, c'est que même si la direction change d'avis,
03:25on voit bien que ce n'est pas la direction qui dirige l'audiovisuel public.
03:28Ce sont les syndicats, ce sont les journalistes et eux, ils ne changeront jamais.
03:32Donc c'est pour ça que je pense qu'il faut privatiser Radio France et l'audiovisuel public
03:36parce que c'est la seule manière, au fond, de changer les choses.
03:40Vous pouvez changer de dirigeant, ça ne change pas grand-chose, les journalistes sont toujours là.
03:42Alors, Jules Thores, dans son édito cette semaine,
03:45Sophia Aram mettait vraiment, je trouve, le meilleur argument au centre.
03:48C'est-à-dire que les journalistes et les chroniqueurs de France Inter
03:50sont tellement fébriles sur leurs idées,
03:53ils ne sont tellement pas solides sur leurs appuis
03:54qu'en fait, tout pluralisme leur est insupportable.
03:57Rendez-vous compte, quelqu'un qui pourrait un petit peu le connaître,
03:59qui est objectivement quelqu'un de centre droit,
04:01qui, je pense, ne votera jamais au-delà d'Edouard Philippe,
04:04eh bien, suscite une levée de bouclier de la part de France Inter
04:07pour un édito qui est placé à 7h42 le dimanche,
04:10donc on n'est quand même pas sur la meilleure exposition.
04:12Et moi, je constate, en regardant, parce qu'il faut le dire aux auditeurs,
04:15mais dans les studios d'Europe 1,
04:16on a le droit à des télévisions,
04:18vous avez notamment TF1 et France 2,
04:19et les chaînes d'information en continu,
04:22équivouage sur France Info actuellement.
04:24Donc, France Info, on pourrait dire que c'est la cousine de France Inter.
04:29Eh bien, Charles Sapa, qui est en train de débattre avec Rocaia Diallo.
04:32Donc, je trouve absolument lunaire.
04:33C'est France Inter.
04:48Et voilà, ce n'est pas quelqu'un qui a brillé par les polémiques ces dernières années.
04:52Il n'y a pas de papiers qui ont choqué.
04:53Et même s'il y en avait, ce serait illégitime.
04:56Mais je trouve que, voilà, le plus dingue, je trouve cette image absolument dingue,
04:59de Charles Sapa qui est actuellement sur France Info,
05:01pendant que France Inter est en grève à cause de lui.
05:03Alors, je le précise également,
05:04300 personnalités, dont Annie Ernaud, Yann Arthus Bertrand,
05:07Josiane Balasco réclame dans une tribune le retrait, bien sûr, de Charles Sapin.
05:12Et alors, Sébastien Ligné, vous avez mentionné Charles à l'oncle.
05:14Moi, je voudrais vous parler du livre de Charles à l'oncle,
05:16« Je jure de dire toute la vérité »,
05:17qui sort le 30 septembre prochain aux éditions Fayard.
05:20Il promet de révéler les pressions, les menaces de mort,
05:23les passages aux messageries cryptées, les tentatives d'achat.
05:26Est-ce que vous pensez que ce livre va faire l'effet d'une bombe
05:28et qu'on va apprendre beaucoup de choses ?
05:29Je pense que ça fera l'effet d'une deuxième bombe,
05:32parce que je pense que les travaux de sa commission d'enquête
05:34ont déjà été une énorme bombe.
05:36On n'avait jamais autant parlé de la question de l'eau visuelle publique.
05:40Et d'ailleurs, je pense que la question d'une privatisation ou non
05:43de l'eau visuelle publique va être un thème de la campagne électorale.
05:46Et ça, c'est uniquement grâce au travail de la commission
05:50et des futures révélations dans son livre.
05:52Et donc ça, je pense qu'il faut le mettre au crédit de Charles à l'oncle,
05:54qui s'est saisi d'un dossier que tout le monde jugeait enflammable.
05:57Tout le monde disait dans le milieu politique,
05:59« Oh là, attends, qu'est-ce que tu vas mettre les mains là-dedans ?
06:02C'est une secte, c'est... »
06:06« Tu vas avoir des problèmes, tu vas avoir des pressions politiques, économiques,
06:10du pouvoir institutionnel, ne mets pas ton nez là-dedans.
06:13Il y en a d'autres qui ont essayé, ils ont eu des problèmes. »
06:15Et lui, il l'a fait courageusement.
06:17Il ne s'est pas transformé du jour au lendemain en espèce de militant zélé
06:20qui expliquait sur tous les plateaux qu'il voulait privatiser le domaine public.
06:24Ce n'est absolument pas son idée.
06:25D'ailleurs, dans les conclusions de son rapport, il ne parle pas d'une privatisation,
06:29mais il parle plutôt d'une révolution de l'intérieur,
06:33qui je pense est une position tout à fait respectable.
06:37Mais on voit bien que...
06:38Moi, j'étais sur sa position aussi, d'ailleurs.
06:40Je pense qu'il ne fallait pas privatiser,
06:42mais je pense que l'affaire Charles-Sapin montre qu'on ne peut plus rien faire aujourd'hui.
06:47Si on prend les conclusions de Charles Lalonde,
06:50vous ne pouvez pas les appliquer aujourd'hui.
06:51Parce que la moindre volonté de changer,
06:54ne serait-ce que d'un iota, la ligne éditoriale de Radio France,
06:59c'est les syndicats, c'est la grève, c'est le blocage total.
07:02Vous ne pourrez rien faire.
07:04Mais moi, ce n'est pas ce que j'avais forcément retenu du rapport de Charles Lalonde.
07:06Parce qu'encore une fois, quand il essayait de démêler le vrai du faux
07:11sur le pluralisme et le manque de pluralisme,
07:14surtout dans l'audiovisuel public,
07:15Delphine Ernotte, qui a été auditionnée deux fois, je le rappelle,
07:17faisait intervenir soit son secrétaire général,
07:19soit disait qu'elle allait produire une réponse.
07:21Mais c'est difficile dans le sens où c'est quelque chose de très objectif.
07:23Moi, ce que j'ai surtout retenu de la commission d'enquête de Charles Lalonde
07:26et de son rapport, c'est les gabegies abyssales de l'audiovisuel public
07:29avec une externalisation massive,
07:32plus d'un milliard pour des maisons de production.
07:34Ça peut poser des questions avec des personnalités
07:38qui bénéficient de frais de bouche absolument dingues,
07:41des frais de taxi absolument dingues,
07:43des salaires miroblancs,
07:44des polémiques comme notamment le majestique à Cannes
07:47pour une grande partie de la rédaction de France Télévisions.
07:50Donc moi, j'avais surtout retenu ça.
07:51Et pour lui, c'était évidemment très compliqué
07:53parce que le problème de ce que nous oblige à faire aujourd'hui
07:56l'audiovisuel public, c'est de faire des listes finalement.
07:58C'est de compter, de dire,
07:59il y a tant de personnes de droite, tant de personnes de gauche.
08:01Alors que normalement,
08:02en tout cas, c'était la volonté au départ,
08:04quand il y a eu la création de l'audiovisuel public,
08:05c'était de ne pas compter,
08:06c'était d'avoir un audiovisuel public
08:08qui est représentatif des Français.
08:10Mais quand vous regardez aujourd'hui,
08:12que ce soit dans les chroniqueurs politiques,
08:13que ce soit dans les invités,
08:14ou que ce soit encore plus dans les humoristes,
08:17ils penchent tous à gauche pour ne pas dire à l'extrême gauche.
08:19Donc ils nous obligent à faire une sorte de liste
08:21et à dire qu'aujourd'hui,
08:23être de droite sur France Inter, c'est impossible.
08:26Jules Torres et Sébastien Ligné,
08:27je vous propose d'ouvrir une page politique.
08:29Désormais, aujourd'hui, la droite nationale était en meeting
08:31avec Marine Le Pen qui était à Hénin-Beaumont
08:34et Éric Zemmour qui était au Port-Marli.
08:37Alors Marine Le Pen a prononcé son premier discours de campagne.
08:40Jules Torres, dans votre article pour le journal du dimanche,
08:42vous dites qu'elle cherche à réunir deux Frances.
08:44On se rappelle, il y a deux semaines,
08:45elle était à Roland-Garros
08:46et aujourd'hui, elle a parlé à la France d'Hénin-Beaumont.
08:48Oui, on nous promettait un discours de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont
08:52qui est dans son fief,
08:53où Steve Brioua a été réélu à 77%
08:55lors des dernières municipales en mars.
08:58C'est une terre, évidemment, de bassin minier,
08:59une terre très sociale.
09:00Et c'est vrai que Marine Le Pen,
09:02on l'avait plutôt entendue dans cette rentrée,
09:04notamment lors du débat du MEDEF il y a donc 17 jours,
09:07plus sur la question de la dette,
09:08sur la question de la règle d'or,
09:10sur les 125 milliards d'économies
09:12qu'elle voudrait réaliser pendant son quinquennat
09:14si évidemment elle est élue
09:16à la prochaine élection présidentielle en 2027.
09:18Et c'est pour ça qu'il y a une deuxième jambe,
09:20il y a la jambe de la rigueur budgétaire,
09:23pour ne pas dire de l'austérité budgétaire
09:24qui était la sienne dans le début de cette campagne.
09:26Et là, c'est son retour à Hénin-Beaumont
09:28avec un discours beaucoup plus social.
09:30Et elle est allée là où on ne l'attendait pas,
09:32c'est-à-dire sur la question de l'immobilier,
09:33avec des propositions qui peuvent ne pas paraître comme sexy.
09:37Là, si je vous dis abrogression du ZAN,
09:40le DPE, le SRU,
09:42ce n'est pas forcément quelque chose de très sexy,
09:44mais c'est extrêmement concernant,
09:46notamment pour des Français
09:47qui vivent une crise de logement sans précédent.
09:49Donc je trouve assez malin
09:50que Marine Le Pen décide, en effet,
09:52d'aller sur ce terrain-là,
09:53parce qu'il y a deux jambes,
09:54c'est les deux jambes du Rassemblement National.
09:56C'est à la fois essayer
09:57d'aller vers l'électeur de droite plus classique
10:00qui est davantage intéressé
10:01par la baisse de la dépense publique,
10:03par la question des impôts,
10:04et aussi l'électorat historique du Rassemblement National,
10:08beaucoup plus social,
10:09beaucoup plus porté sur la fin du mois.
10:11Il est 19h41,
10:12nous allons continuer de parler
10:13de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour
10:15dans Europe 1 Soir.
10:16Ne bougez pas tout de suite.
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